L'ouvrage:
Clémence s'installe dans une maison avec jardin. Elle commence à travailler dans une boulangerie. Elle espère trouver la paix.

Critique:
Je me méfiais un peu de ce roman, car je n'ai aimé que «Six fourmis blanches» de Sandrine Collette. Je suis contente d'avoir tenté «Ces orages-là».

La romancière explore les conséquences d'un traumatisme qui, malheureusement, se produit bien plus souvent que ce qu'on croit. Étant donné certaines actualités, on peut imaginer que le cas de Clémence est répandu... L'autrice entre parfaitement dans la peau de son personnage. Elle raconte sa douleur, sa terreur, sa colère, son envie de s'en sortir. En décrivant sa personnalité, et même sa constitution, elle explique comment Clémence a été piégée. Elle nous dit pourquoi la jeune femme n'a pas tout de suite eu la force de se battre. Elle nous explique la peur de ne pas être à l'abri, la peur que tout recommence, la peur d'être sans ressources face à la cause de tout le mal. Elle nous raconte les petites notes d'espoir lorsque Clémence parvient à évoluer un peu, ou à faire quelque chose dont elle ne se sentait pas le courage. Elle nous montre toutes les tournures que peuvent prendre une histoire, qu'elle soit imaginée par un écrivain ou vécue. Et puis, elle place quelques éléments sur le chemin de son personnage. L'un d'eux est Gabriel, cabossé par la vie. À son sujet, Sandrine Collette décrit très bien ce qu'on ressent face à un deuil qu'on ne parviendra jamais à faire. Quant aux deux autres éléments auxquels je pense, je n'aurais pas cru que la romancière ferait ainsi. L'un d'eux est habilement préparé à la fois par les renseignements donnés par l'autrice, et par l'un des choix de Clémence.

À la fin, l'écrivain pose une question extrêmement délicate. C'est une question à tiroirs ou à double entrée. Je ne peux pas l'écrire ici pour ne pas divulguer un élément clé. Cependant, elle tourne dans ma tête. Je suis en partie d'accord avec Clémence, mais concernant l'autre partie, je ne sais pas quoi penser. Si, dans le cas de Clémence, cela peut se comprendre, penser cela peut donner lieu à des dérives...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Bouvet.

Je connais peu Marie Bouvet. J'avais apprécié son jeu dans «My absolute darling» et dans «Rien ne t'efface» (même si elle intervient très peu). Ici, son interprétation n'a fait que me conforter dans mes sentiments. Il n'a pas dû être simple de trouver le juste milieu entre jeu et sobriété. Ce roman ne peut pas être lu à haute voix à la légère. Marie Bouvet a toujours le ton adéquat. Elle laisse entendre émotions et sentiments, et n'exagère jamais.