Celle qui marche la nuit

L'ouvrage:
Juillet 2017. À cause du travail de son père, Malo, quinze ans, doit quitter Paris et ses amis pour un petit village aux environs de Nîmes. Non seulement l'adolescent est triste de perdre ses repères, mais il ne se sent pas à l'aise dans la maison achetée par son père. Outre l'impression étrange qu'il ressent, il s'avise que sa petite sœur (Jeanne, cinq ans) a un curieux comportement...

Critique:
Ce roman a satisfait la fan de Delphine Bertholon que je suis. D'abord, la romancière est très bien entrée dans la peau d'un adolescent. Je pense que beaucoup en feraient trop s'agissant de cela. Le personnage est attachant. On éprouve d'abord de la sympathie pour lui qui doit abandonner une vie qu'il aime, et se retrouve parachuté dans un endroit où il commence par s'ennuyer. Ensuite, Malo est le seul qui se préoccupe vraiment de ce qui arrive à Jeanne. Les parents finissent par s'en rendre compte, mais après qu'il les a forcés (en quelque sorte) à l'écouter. Puis, lorsqu'il se rend compte de la gravité de ce qui arrive, il accepte de promettre d'aider celle qui en a besoin, alors qu'il digère à peine l'étrangeté de la chose... Bref, dans tout ce qu'il fait (même ce qu'il finit par qualifier d'action «débile») il est sympathique, car il veut bien faire.
D'une manière générale, les autres personnages aussi sont sympathiques.

Le livre est court. C'est ce qui a failli m'arrêter. Pourtant, les choses ne sont pas bâclées. Comme j'appréciais les personnages, j'aurais été contente qu'il y ait quelques chapitres supplémentaires, mais ils n'auraient pas été nécessaires.
Le thème principal a été utilisé dans d'autres romans. Cela m'a un peu fait craindre de trouver du remâché ou du mal amené. Heureusement pour moi, l'histoire ne se transforme pas en un cauchemar horrifiant, et rien n'est mal amené. On ne pourra s'empêcher de se demander ce qu'on aurait fait à la place du personnage coupable. J'espère que j'aurais agi autrement. Je l'imagine, mais on ne peut en être sûr que si on y est confronté...

L'autrice est assez forte pour distiller de la tension, et l'alléger de temps en temps avec de petites notes d'humour. Par exemple, Malo et Agathe discutant du cadeau offert par cette dernière, ou certaines réflexions amusantes et à propos de l'adolescent.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Batteau pour l'association Valentin Haüy.

Le lecteur a une voix sympathique. En outre, sa lecture n'est ni trop sobre ni exagérée. Il met toujours le ton approprié. Je ne le connaissais pas: je vais chercher d'autres livres qu'il a enregistrés.

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