Ce qui ne tue pas

L'ouvrage:
Ce soir-là, après un appel à l'aide, la police doit intervenir chez Marc North. Dans la chambre principale, deux corps sont découverts. L'un est le cadavre d'un homme. L'autre, une femme, est en pleine crise de nerfs. Elle avoue tout de suite qu'elle a tué l'être qui est à ses côtés.

Critique:
Presque dès le début du roman, je me suis demandé comment l'autrice ferait pour que le lecteur ne s'ennuie pas. En effet, la femme avoue tout de suite son meurtre. Heureusement, Rachel Abbott ne se moque pas de son lecteur. Son intrigue ne traîne pas, et elle maîtrise ses rebondissements. Bien sûr, quelqu'un comme moi trouvera qu'il y a un peu trop de retournements de situation, mais à y bien réfléchir, la romancière ne pouvait pas faire autrement, son but étant de surprendre son lecteur, et les coups de théâtre étant réalistes. Je dois dire que je me serais passée du tout dernier rebondissement, car j'aurais voulu que l'un des personnages souffre davantage. Certes, l'autre personnage (celui qui va encore souffrir) mérite ce qui lui arrive, mais je me dis que ce personnage a déjà beaucoup souffert (peut-être pas assez, diront certains), et que l'autre pas assez. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et il est évident que l'autrice veut que son lecteur réfléchisse là-dessus. Qui des deux personnages est le plus à blâmer? Peut-être sont-ce les deux. J'imagine que la plupart des lecteurs me trouveraient sévère envers l'un des deux, mais ce personnage m'a déplu dès le départ.

Les autres rebondissements m'ont paru pertinents. Chacun pousse le lecteur à penser à tel ou tel personnage en tenant compte d'un nouveau paramètre. Je suis contente que Rachel Abbott m'ait dupée concernant l'un des personnages. Celui-là, je l'avais très vite catalogué, et pourtant... En général, un livre ayant trop de retournements de situations m'agace, car l'auteur surenchérit dans le grandiloquent. Ici, j'ai trouvé que l'écrivain maîtrisait très bien le tout. Cela fait qu'elle décrit très bien la psychologie de chacun de ses personnages. De plus, deux protagonistes font vraiment froid dans le dos, parce qu'ils sont répugnants, mais éveillent également la compassion... On me dira que d'autres ont fait cela. Certes, mais Rachel Abbott l'a très bien fait, à mon avis.

Au long de l'histoire, on voit les policiers chargés de l'enquête. Ils suivent le procès, et en parallèle, on apprend ce qui arrive dans leur vie. Ces passages m'ont moins plu, parce que la vie de Stéphanie (la policière) m'intéressait bien moins que celles des personnages de l'intrigue principale. On retrouve souvent ce genre de choses dans les romans de ce genre, et je les trouve très bien, parce qu'il est normal qu'on ne voie pas les policiers ne faire qu'enquêter. Ici, c'est la première fois que cela m'a agacée, parce que pour moi, Stéphanie ne fait pas partie des personnages principaux. Son histoire m'a quand même plu, avec le recul, mais la romancière a mis tellement de suspense dans l'intrigue principale qu'au long de ma lecture, je ne voulais pas dévier de cette intrigue

Après que mon mari a lu «La disparue de Noël», il me l'a raconté, ce qui m'a donné envie de le fuir (le livre, pas mon mari ;-) ). Lorsque j'ai eu l'occasion de lire «Ce qui ne tue pas», j'ai eu peur d'avoir affaire à quelque chose qui me déplairait à cause de ce qui arrive dans «La disparue de Noël». Je suis contente d'avoir donné sa chance à ce roman que j'ai beaucoup aimé, même si j'ai un peu moins apprécié la toute fin. À un moment, j'ai souri, parce que j'ai pensé que «Ce qui ne tue pas» avait été écrit par une Jodi Picoult en creux: il y a beaucoup de coups de théâtre, dont un final censé tout changer, comme chez Jodi Picoult. Mais en général, chez Picoult, les personnages sont presque tous «gentils». Chez Rachel Abbott, ce n'est pas le cas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié la lecture de cette comédienne dans «Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie». Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue très bien les sentiments des personnages, notamment la colère et le désespoir. Je trouve un peu dommage que parfois, pour les hommes, elle modifie un peu trop sa voix, car pour moi, cela n'est pas naturel, mais elle ne le fait pas pour chaque réplique masculine.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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