Ce que savait la nuit

L'ouvrage:
Le cadavre d'un homme, disparu depuis trente ans, émerge d'un glacier islandais. Konrad, policier à la retraite, reprend l'enquête, poussé par le principal suspect qui nie être coupable aussi farouchement que trente ans auparavant.

Critique:
J'avais abandonné l'idée de lire des romans d'Arnaldur Indridason, après avoir tenté «L'homme du lac» sans parvenir à le finir. Cependant, le résumé de celui-ci m'a tentée, et j'ai décidé (comme d'habitude) d'écouter mon instinct. Bien m'en a pris, car ce livre m'a plu? et je compte tenter (dans l'ordre, cette fois) la série dont «L'homme du lac» est le tome 5.

Le roman part sur quelque chose de classique: une affaire non élucidée qui remonte à la surface, un policier marqué par cette affaire, un suspect qui nie Être le coupable... Ces éléments sont bien exploités, car ils ne m'ont pas du tout ennuyée. À cause du chapitre 2, le lecteur se doute très vite que le principal suspect est innocent. D'autres choses viennent rapidement renforcer cette impression. Cela non plus ne m'a pas agacée, parce qu'il restait quand même la possibilité que le suspect soit coupable (cela pouvait se faire sans rendre le reste incohérent).

Le roman démarre lentement, mais ce n'est pas une lenteur pénible. L'auteur présente l'affaire, son personnage principal, etc. Ensuite, rien ne traîne. Au milieu de l'enquête, par petites touches, Arnaldur Indridason en révèle davantage sur Konrad. Celui-ci a eu le temps de s'attirer la sympathie du lecteur, et le fait qu'il ne soit pas parfait la renforce, car on s'identifie à lui, même si on lui reproche certains détails.
S'il est quelque peu classique (certains pans de son passé sont douloureux), cet aspect ne m'a pas dérangée, car Konrad ne joue pas les pauvres malheureux, et assume ses méfaits, même si c'est un peu tard pour l'un d'eux. D'autre part, l'auteur ajoute certaines notes d'humour lorsque le personnage principal côtoie ses petits-enfants.

À un moment, le romancier utilise la ficelle qui consiste à proposer un suspect qui, au final, n'a pas commis le meurtre. Je n'aime pas cette ficelle, mais je ne la reproche pas ici, parce que l'écrivain fait cela très finement. En outre, ce suspect a quand même des choses à se reprocher.

Moi qui me demande toujours ce que je ferais à la place de tel personnage, je pense que j'aurais réagi exactement comme Herdis, à la fin.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Martin Spinhayer fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Que ce soit pour la narration ou pour les personnages, son interprétation est toujours sans failles. Il modifie à peine sa voix pour les rôles féminins, ce qui fait que ce n'est pas affecté. Il rend, sans difficultés apparentes, les sentiments des personnages.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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