Captive

L'ouvrage:
En 1843, Grace Marks, seize ans, a été arrêtée pour complicité dans deux meurtres. Lors de son procès puis de son emprisonnement, elle a plusieurs fois changé sa version des faits, a dit être amnésique, a eu des phases pendant lesquelles on la croyait folle... Le docteur Simon Jordan, spécialiste dans l'étude des maladies mentales, souhaite découvrir la vérité. C'est ainsi qu'il a de longs entretiens avec la prisonnière, et lui fait raconter son histoire.

Critique:
Le synopsis de ce roman m'a tout de suite tentée, et j'en attendais peut-être trop. J'ai d'abord eu du mal à y entrer. Cela a commencé à m'intéresser à partir du moment où Grace raconte son histoire (vers le chapitre 12 sur 53). De plus, j'ai été très agacée par le fait que l'autrice nous conte aussi la vie de Simon. Je ne voulais connaître que l'histoire de Grace, et les déboires de Simon (que sa mère veut marier, et qui se rapproche de sa propriétaire) m'ont cassé les pieds. Cela m'a étonnée de moi, car habituellement, j'aime que les auteurs ne nous montrent pas les personnages comme les policiers, les avocats ou les médecins uniquement absorbés par leur travail, comme s'ils n'avaient aucune vie en dehors. Je pense que dès le départ, j'ai trouvé Simon terne, et que de ce fait, sa vie ne m'intéressait pas. En outre, l'histoire de Grace était plus attrayante.

La romancière s'étant basée sur des faits réels, elle ne peut pas nous en dire davantage que ce qui s'est passé. Voilà pourquoi nous ne pouvons être sûrs de la culpabilité ou de l'innocence de Grace. Là où Margaret Atwood a parfaitement réussi, selon moi, c'est dans sa «création» de ce que la jeune femme raconte à Simon, de ce qu'elle pense (certains chapitres sont narrés par elle), dans ce qu'elle ressent. Le personnage est convaincant, et le lecteur a envie d'y croire. Quant à moi, j'en ai eu d'autant plus envie que seul son récit m'intéressait. Je ne sais pas trop quoi penser de la séance d'hypnose à laquelle elle est soumise. Je m'y connais trop peu pour savoir si elle a pu être «possédée» le temps de cette séance, si elle a pu feindre, etc. Je n'en ai donc pas vraiment tenu compte. Certes, cela m'arrangeait, car je souhaitais croire tout ce qu'elle racontait à Simon.

À la fin, l'héroïne nous conforte dans l'impression qu'il faut se méfier de tous, que rien n'est simple. En effet, l'avidité et la délectation de Jim à entendre les terribles moments de la vie de Grace sont dérangeantes. De plus, la narratrice laisse entendre que Simon était un peu comme ça. Peut-être exagère-t-elle, mais Simon lui-même était un peu ambigu quant à ce qu'il ressentait.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Fidèle à elle-même, Élodie Huber a joué sans surjouer. En bonne pinailleuse, je regrette qu'elle ait prononcé Saïmone pour Simon. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de trop longs blancs. Certains sont entre les chapitres, ce qui est normal, mais certains sont à l'intérieur d'un chapitre entre deux phrases de la même scène. De toute façon, pour une allergique aux silences comme moi, ils sont tous trop longs. ;-)

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