Burning down the house

L'ouvrage:
La famille Zane se trouve réunie pour le mariage de l'un d'eux. À partir de là, nous la suivons sur à peu près un an.

Critique:
Ce roman m'a plu. De prime abord, la famille Zane n'est pas très sympathique. Cela commence avec Jonathan qui a trompé sa fiancée avec la nounou de ses demi-frères, et qui a cessé seulement parce que celle-ci a été congédiée. Ensuite, il y a Alex, la soeur de Jonathan, qui souffre d'un mal être perpétuel, et semble s'y complaire. En général, si je n'apprécie pas les personnages principaux, j'ai du mal à aimer le livre. Ici, cela n'a pas été ainsi, car l'auteur donne le ton dès le début, et on voit qu'elle-même n'apprécie pas beaucoup Jonathan. Quant à Alex, j'ai oscillé entre compassion et envie de la secouer.

D'autres personnages sont sympathiques. On suit beaucoup Poppy, dix-sept ans, nièce et fille adoptive de Steve Zane, le patriarche. Au début, je la trouvais un peu superficielle, très bornée, et il me semblait qu'elle mettait un point d'honneur à avoir des problèmes. Ensuite, j'ai compris qu'elle était plutôt perdue, et que malgré la sincérité de l'amour paternel de Steve, elle n'avait jamais vraiment trouvé sa place. Il n'est pas facile d'être bien dans cette étrange famille. Chacun semble ne pas vraiment s'intéresser aux autres. Et puis, Steve, pensant bien faire, va provoquer un manque de communication, désespérant ainsi Poppy. Le mal être croissant de la jeune fille et ce qu'il lui fait faire, montre qu'une vérité dévastatrice est souvent préférable à un mensonge par omission.

Outre Poppy, Félix se démarque, d'abord par sa très grande maturité, ensuite parce qu'il éprouve des sentiments. Il est très attachant, et atypique. Il n'est pas à sa place dans cette indifférence générale, mais s'en accommode. Il se rapproche instinctivement de Poppy, celle qui, justement, a davantage de sentiments (du moins les exprime-t-elle) que les autres. Félix trouve aussi un certain équilibre auprès de Neva, la nounou qui remplace celle circonvenue par Jonathan. Neva est également un personnage très fort. Parvenant à ne pas sombrer, elle évolue constamment.

Je n'ai pas apprécié Patricia. Je l'ai trouvée terne. On me dira qu'elle est assortie aux Zane.

Dès le départ, l'auteur fait de petits apartés indiquant que tel personnage prépare sa chute ou que tel événement déclenchera quelque chose. C'est adroitement fait, car même si cela donne de petits indices, cela ne révèle ni ce qui arrive ni comment cela arrive.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Si j'ai trouvé le jeu et l'intonation de Cassandra Campbell aussi bons que d'habitude, j'ai un reproche à lui adresser pour ce roman. Sous prétexte que Neva est russe et que Patricia est italienne, elle leur fait des accents qui, pour moi, ne sont pas naturels. Neva étant arrivée aux États-Unis à l'âge de dix ans, cela m'étonnerait qu'elle ait conservé un accent. Quant à Patricia, elle avait vingt ans, donc ça se discute. Néanmoins, il ne me semble pas que l'auteur précise qu'elles ont un accent. Dans ce cas, il est encore moins logique que le lecteur en fasse un. Je sais que la comédienne n'est pas forcément à blâmer. C'est peut-être l'éditeur qui lui a demandé de faire ainsi. Dans tous les cas, pour moi, ce n'est pas une bonne initiative.

Acheter « Burning down the house» en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)