Borowitz broie du noir

L'ouvrage:
Jared Borowitz, physicien de renom, devient grincheux. Il en a assez de ce qu'il pense être la crétinerie des gens. Il ne supporte pas certaines croyances, qu'en bon physicien, il ne peut que rejeter, et est exaspéré que des gens y ajoutent foi. Sa compagne, Katherine, voit bien que le monde agace Jared, mais sent que le sujet est difficile à aborder avec lui.
C'est alors qu'il est dans cet état d'esprit que plusieurs événements vont bouleverser sa vie.

Critique:
Ayant adoré «Meyer et la catastrophe», je ne pouvais pas passer à côté du premier roman de Steven Boikey Sidley. Je l'ai beaucoup aimé, également. La façon de faire de l'auteur est un peu pareille, bien qu'il ne se passe pas du tout la même chose dans les deux romans. Le décor est planté, on voit Jared évoluer: son travail, sa vie privée, ses amis, etc. Steven Boikey Sidley est un des rares romanciers qui parvient à m'intéresser en s'attachant au quotidien de ses personnages. Pendant un moment, tout comme dans «Meyer et la catastrophe», on ne sait pas trop où tout cela va mener. Je ne me suis pas du tout ennuyée parce que le style de l'auteur est vivant, et qu'il montre des personnages intéressants. Sans vouloir avoir quelqu'un comme Ryan pour ami, j'ai trouvé drôle d'observer ses actes, de lire ses répliques, etc. J'ai également apprécié la scène du déjeuner chez Nora, la mère de Jared. Elle est comme une parodie de caricature, puisque Nora et son fils savent très bien à quoi s'en tenir, quant au petit spectacle auquel ils se livrent pour la plus grande joie du lecteur.

Borowitz ne parvient pas à lâcher prise, à prendre la vie comme elle vient. Alors, celle-ci va se charger de lui montrer où est l'essentiel. Tout comme dans «Meyer et la catastrophe», l'auteur passe d'une histoire bon enfant à quelque chose de subitement beaucoup plus sérieux et grave. Ce contraste fait qu'on ressent encore plus la tension de la situation, et qu'on se dit que ce genre de choses n'arrive pas qu'aux autres.

Je n'ai pu m'empêcher de comparer Jared à Meyer parce qu'on retrouve certaines choses chez l'un et l'autre: leur vivacité d'esprit, les personnages truculents qui les entourent... Il finit par leur arriver des choses qui vont les secouer et perturber leur univers. J'ai trouvé Meyer plus humble. Pétri de certitudes, ne laissant aucune place au hasard, ne pensant pas qu'il pourrait ignorer un paramètre important, Jared manque de franchir une limite sans retour. Le pire est qu'il ne se ravise pas, il faut qu'on l'empêche de commettre l'irréparable. Cela fait réfléchir. Son attitude m'a déplu, mais comment aurais-je réagi à sa place? Je pense que cela ne peut être pardonné, malgré le fait qu'il était persuadé qu'il aurait agi dans l'intérêt du groupe, mais si je m'étais conduite comme lui, n'aimerais-je pas qu'on me pardonne? Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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