Blitz, tome 2: All clear

L'ouvrage:
Mike, Polly et Mérope se sont aperçus que quelque chose se détraquait dans le continuum temporel, puisque leurs fenêtres de saut ne s'ouvrent plus. Ils sont persuadés d'avoir influé sur le cours de l'histoire, et ne savent pas comment réparer. Ensemble, ils vont chercher comment retourner en 2060.

Critique:
Je ne sais pas pourquoi «Blitz» a été coupé en deux tomes. La réponse doit se trouver entre épaisseur du roman et histoire de gros sous. En tout cas, il faut lire «Blitz» comme si c'était un seul livre.

La quête des personnages peut paraître lente. Quant à moi, je ne me suis pas ennuyée. D'abord, Connie Willis continue de dépeindre avec beaucoup de détails, la vie à l'époque du blitz. Cela m'a beaucoup intéressée. J'ai trouvé que les personnages étaient un peu plus épais que dans le tome 1... En outre, je m'imaginais à leur place.
Polly m'a un peu agacée, car on a l'impression qu'elle croit tout savoir, qu'elle veut tout maîtriser, et pense à en être la seule capable. Elle est toujours réticente à partager ses opinions avec les autres quant à leur situation, sous prétexte que cela leur fera mal. J'ai l'impression qu'elle voit Mérope comme une petite gourde. Michael est un peu comme ça, mais moins... Quant à Mérope, elle peut paraître un peu perdue et facilement déstabilisée, vite apeurée, mais on le serait à moins.
On finit par apprécier les terribles Hodbin. C'est voulu...

Il y a quand même des choses que j'ai trouvées lentes. Par exemple, les passages avec Ernest. Ils ont une raison d'être, tant historique qu'au niveau de l'intrigue, mais je les ai trouvés trop nombreux et trop lents.
L'auteur délaye aussi les choses lorsque Dunworthy se rend compte de ce qui arrive, et tente d'aller chercher ses historiens. On attend plusieurs chapitres avant de voir ce qu'il devient... Pareil lorsque Colin se rend au musée de la guerre... C'est fait exprès pour faire durer le suspense, mais c'est un peu artificiel. Au long du roman, il y a d'autres choses de ce genre. C'est un peu agaçant. En outre, certaines sont peu crédibles... Par exemple, la manière dont Daphné et Sir Godfrey retardent le moment de livrer des informations cruciales. Ils ne le font pas exprès, mais ils voient bien (surtout Godfrey) que c'est urgent... La manière dont l'auteur s'y prend pour retarder le moment où on relie Mary au reste est également assez grosse...

Petit à petit, la théorie qu'échafaudent nos personnages glisse, et on se retrouve avec une théorie contraire. Les deux cohabitent pendant un instant, puis l'une l'emporte. Personnellement, je préfère celle qu'a choisie Connie Willis. Je me souviens avoir pesté après certains (comme Stephen King) qui arrivaient à une conclusion que je trouve frileuse. Elle est peut-être plus «confortable» pour les esprits rationnels, mais elle enferme trop les choses, je trouve. Dans un livre de science-fiction ou de fantastique, pourquoi ne pas s'autoriser à penser à une autre réalité? C'est justement parce qu'elle n'existera jamais, et que nous le savons, qu'elle peut être admise dans un roman de cet acabit.

En cherchant l'orthographe de noms sur le net, je suis tombée sur une chronique négative du tome 1 suivie de commentaires. La plupart étaient dépréciateurs. Du coup, j'ai comparé ces ressentis avec le mien. Je n'ai pas lu beaucoup d'autres romans de ce genre. Ces personnes semblaient en avoir lu davantage que moi. Cependant, «Blitz» était comparé à un roman de Priest, au détriment de «Blitz». Je n'ai pas lu ce roman, mais je me souviens m'être ennuyée, et n'avoir pas fini «Le monde inverti», de Priest. Certains ont également comparé avec Philip K Dick. J'ai lu peu d'ouvrages de cet auteur, mais effectivement, les deux styles sont totalement différents, Philip K Dick étant bien plus concis que Connie Willis, son style étant plus direct. On peut d'ailleurs (contrairement à ce que pensent certains) apprécier les deux, ce qui est mon cas. Ensuite, il était dit que les dialogues de «Blitz» étaient très mauvais. Je les ai trouvés vivants... Parfois, ils contribuent à la lenteur du roman, c'est vrai. Il était également dit que les personnages étaient peu épais. Je les ai trouvés assez crédibles, mais en effet, ils auraient peut-être mérité d'être davantage creusés. Il semble que Connie Willis se soit davantage attardée sur la description de la vie à l'époque, et sur celle de ce qui se passe avec le continuum temporel. Beaucoup de commentateurs ont dit que ça ne démarrait jamais. Je les ai trouvés durs... Un commentateur a dit qu'il suffisait que les historiens aient un portable, et puissent l'utiliser pour que le tour soit joué. Je n'y avais pas pensé, parce qu'il me semble qu'il est admis qu'on ne peut pas apporter des objets dans une période où ils n'ont pas encore été inventés. Cependant, l'auteur aurait peut-être pu le dire... Stephen King le fait dans «22/11/63». Il était également dit qu'il valait mieux lire «Sans parler du chien». Je ne demande pas mieux, mais je souhaiterais lire «Le grand livre» avant, et il a été enregistré par une lectrice dont je n'apprécie pas le jeu. Espérons qu'une association le fera enregistrer... par une personne et non à la voix de synthèse.

Afficher Je dévoile une partie de la fin.Masquer Je dévoile une partie de la fin.

Je suis apparemment passée à côté d'un élément. À la fin, Polly comprend quelque chose à propos de Colin, et se dit que c'est pour ça qu'il savait que Mérope ne rentrait pas, et que c'était pour ça que Mérope l'avait appelé «mon cher enfant». Colin sait que Mérope ne rentre pas parce qu'il a rencontré Binnie en 1995, et que celle-ci leur a dit où les trouver en 1941. Et elle leur a également dit que Mérope ne rentrerait pas. Il semble que Polly ait compris autre chose. Qu'a-t-elle compris?

Éditeur: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cécile Guérin pour l'association Valentin Haüy.
Là encore, j'ai apprécié la lecture de Cécile Guérin. Je ne sais pas si elle a eu des remarques, mais à un moment, elle prononce Djonatane pour Jonathan, alors que dans le tome 1, elle disait Jonathan. Puis, elle ne doit pas être à l'aise, car elle dit Djonathan, puis Jonathan.
De plus, lorsque les personnages jouent «La belle au bois dormant», elle indique les citations (les paroles de la pièce) en disant «entre guillemets». J'ai déjà expliqué pourquoi, à mon avis, il était dommage de faire ainsi. Cependant, là encore, je me demande si la lectrice n'aurait pas eu des remarques, des demandes pour qu'elle le fasse, car elle ne le fait qu'à ce moment-là, alors qu'il y a beaucoup d'autres passages avec des citations, notamment lorsque sir Godfrey parle.

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