Blitz, tome 1: Black out

L'ouvrage:
2060.
Les historiens étudient les grands événements sur place. Ainsi, Polly se prépare à partir pour Londres en 1940. Quant à Mérope, elle est dans un manoir à la campagne, étudiant les conditions de vie et les réactions des enfants évacués. Michael, lui, a plusieurs missions à effectuer: son projet étant l'étude de cas où des personnes passe-partout ont accompli des actes héroïques pendant la seconde guerre mondiale. Tout irait bien si, au collège de Balliol, des choses étranges ne se produisaient pas. Par exemple, on a reprogrammé l'ordre dans lequel Michael effectuera ses missions, on demande aux historiens de préciser systématiquement avec combien de temps de décalage par rapport à la date et l'horaire prévus ils arrivent...

Critique:
Cette série fait apparemment partie d'un cycle. Elle est précédée d'une autre série en deux tomes. Si j'ai bien compris en lisant «Blackout», il est bien de commencer par la première série, mais elles peuvent se lire indépendamment. On comprend sûrement mieux certains clins d'oeil quand on les a lues dans l'ordre, mais ce n'est pas très grave. Je souhaitais les lire dans l'ordre. La première série existe bien en audio anglais, mais je n'aime pas la lectrice du tome 1.

J'ai beaucoup apprécié ce tome 1. D'abord, l'auteur met ses protagonistes dans une ambiance particulière. C'est bien sûr son but. Pour moi, elle y réussit très bien. Ensuite, chacun est à un point différent, chacun donne la priorité à un aspect de la guerre, ce qui fait que l'auteur en évoque plusieurs facettes. Elle s'attarde sur le comportement des gens de plusieurs couches de la société. Tout cela est très intéressant. Il semble que la romancière se soit beaucoup documentée. Cela donne l'impression d'y être.

Par ailleurs, ce sont des historiens. Ils doivent sans cesse être prudents afin de ne pas alterner le cours de l'histoire. (Ils ont apparemment essayé, dans l'autre série, et se sont aperçus qu'il ne le pouvaient pas, car cela causaient d'autres réactions qui pouvaient engendrer des dégâts.) À ce sujet, il y a peut-être une petite incohérence. Mérope, par exemple, est engagée comme domestique dans un manoir où elle peut étudier les enfants évacués. Jusqu'à quel point ne change-t-elle pas le cours de l'histoire? Elle prend la place de quelqu'un qui, de ce fait, fera peut-être autre chose, qui conduira à d'autres réactions, etc. Connie Willis se protège en partie en expliquant que si ce que veut faire l'historien va modifier le cours de l'histoire, il est empêché de se rendre à la période à laquelle il désire aller. Soit...

Avant de partir, les historiens ont une préparation. Ils peuvent même se faire implanter certaines données. J'ai trouvé cela très pratique, mais souvent, comme ils ont une mission pointue, ils se concentre sur un endroit et une période, et ignorent des choses qui devraient faire partie de leur culture. Je suppose que c'est ce qui arrive quand on se spécialise... Seulement, ici, c'est un peu gros: on dirait que les historiens ne savent vraiment rien en dehors de la période étudiée.

À un moment, j'ai cru me perdre un peu, car il y a certains personnages que je ne relie pas à l'intrigue principale. Finalement, ce n'est pas grave: je me laisse porter par l'histoire.

À la fin de ce tome 1, on assiste à une espèce de jeu de pistes que certains trouveront peut-être un peu lent. Quant à moi, il ne m'a pas déplu. Je me mettais à la place des personnages, et j'imaginais leur désarroi au milieu de ces temps chaotiques.

Éditeur: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cécile Guérin pour l'association Valentin Haüy.
C'est le premier livre enregistré par cette lectrice que j'écoute. J'ai beaucoup apprécié sa voix. Pour moi, elle a toujours trouvé le ton approprié. En outre, je tiens à la remercier de n'avoir pas tenté de prononcer certains mots à l'anglophone. Par exemple, je pense qu'un autre lecteur aurait tenté de mettre un accent pour dire «Dunworthy». Elle n'a pas essayé, et le prononce Doeunworty. Certains diront peut-être qu'elle l'a peut-être trop francisé. Pour ma part, je trouve que ce n'est pas affecté, alors qu'une prononciation plus ou moins voire carrément à l'anglophone m'aurait agacée.
Pour sa mission, Mérope s'appelle Eileen. Parfois (au début), la lectrice accroche, et dit Ellen. Cela ne m'a pas vraiment gênée parce que cela ne dure pas, et que je pardonne beaucoup de choses à ceux qui ne tentent pas de prendre un accent pour les mots et noms propres étrangers.

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