Les

L'ouvrage:
Juin 1942.
Bee, onze ans, vit sous la protection de Pauline depuis la mort de ses parents. Elle a une marque de naissance sur le visage. Certains s'en moquent. Pauline lui dit que c'est un diamant, et qu'elle l'a eu après avoir été embrassée par un ange. Pauline et Bee travaillent pour un forain, Ellis.
Un jour, l'univers de la fillette se fissure: Pauline doit partir.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «The wonder of Charlie Anne», j'ai sauté sur l'occasion de lire «Beholding Bee». Je trouve dommage que Kimberly Newton Fusco ne soit pas traduite en français, car ses romans pour la jeunesse pourraient, selon moi, être lus par des collégiens.

Sans être aussi charismatique que Charlie Anne, Bee retiendra l'attention du lecteur. On s'identifiera à elle. J'ai apprécié son évolution au long du roman. Pétrifiée, au début, par les attaques des gens, elle finit par s'adapter... J'avoue avoir particulièrement apprécié ce qu'elle fait à Francine. J'ai d'ailleurs pesté après Ruth-Ellen qui dit qu'il faut être gentil avec Francine qui souffre. Comme le comprend très bien Bee, les choses sont plus complexes que cela. Francine exprime son mal être en étant détestable; son mal être n'est pas une raison pour la laisser faire. En outre, avant de riposter par le seul langage que comprenne Francine, Bee a tenté de lui donner une leçon «à la régulière».
Tel un personnage de dessin animé ou de conte, Bee ne va pas sans ses animaux. J'ai apprécié cela. C'est un petit plus. Par ailleurs, ces animaux aident la fillette à évoluer, à se responsabiliser.

Le lecteur comprend vite ce qu'il y a à savoir quant à madame Swift et madame Potter. À lui de l'interpréter comme il le souhaite, mais il semblerait qu'il n'y ait rien à interpréter: il faut accepter les événements comme les raconte l'héroïne. Ces deux vieilles dames semblant sortir d'un conte de fées m'ont tour à tour amusée, attendrie, agacée... D'une manière un peu maladroite, elles contribuent à l'évolution de la narratrice. Elles agissent parfois de façon exaspérante, mais elles ne font rien au hasard. Leur excentricité (surtout celle d'Abigail) fait partie de leur charme.

La mère de Ruth-Ellen et Bobby sont mes personnages favoris. Ouverts, humbles, compréhensifs, ils sont comme de bons anges pour Bee. Je n'ai pas vraiment apprécié Pauline. Certes, elle protège Bee, mais ne cherche pas à aller contre les souhaits d'Ellis. En outre, elle n'hésite pas à faire confiance au premier venu qui présente bien, se moquant éperdument, voire méprisant quelqu'un juste parce qu'il s'occupe des cochons. Au lieu de s'attacher aux apparences, elle aurait dû faire attention à la manière dont chacun traitait Bee. Celui qui lui était indifférent n'était peut-être pas celui en qui il fallait croire aveuglément... On aurait pu penser qu'elle tirerait des leçons de son expérience, mais à la fin, il faut encore que Bee lui explique, lui raconte des choses... Notre héroïne semble plus évoluée que Pauline.

Un roman d'apprentissage, une enfant en quête de la force intérieure qu'elle ignore posséder (au début), des personnages attachants...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ariadne Meyers pour les éditions Listenning Library.
J'aime bien Ariadne Meyers dont la voix et le jeu me plaisent. Ici, je mettrai un petit bémol: j'ai trouvé qu'elle faisait des voix trop chevrotantes à madame Swift et à madame Potter. Comme je l'ai déjà dit, dans la réalité, je connais très peu de personnes âgées ayant une voix chevrotante.

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