Ask me

L'ouvrage:
Aria Morse a dix-sept ans. Depuis qu'elle a douze ans, si on lui pose une question, elle répond la vérité, même si elle ne la connaissait pas juste avant qu'on la questionne. Il y a d'ailleurs certaines réponses qu'elle ne connaît que parce qu'on vient juste de l'interroger. C'est un don. Elle le voit comme un mauvais sort. En effet, il lui est impossible de mentir lorsqu'on lui pose une question. Voilà pourquoi elle a souvent son lecteur MP3: lorsque ses camarades et ses professeurs posent des questions, elle ne veut pas les entendre.
Un jour, Jade, une fille de sa classe, disparaît.

Critique:
J'ai bien aimé le début du roman. Le don d'Aria est ainsi fait qu'en plus de dire la vérité, elle répond assez souvent de manière étrange. Tout cela fait qu'elle n'a pas d'amis. On s'attache donc à elle et on comprend qu'elle souffre de cette situation. De plus, ses grands-parents (chez qui elle vit) sont attachants.

Ensuite, on apprend assez vite ce qui est arrivé à Jade. Je me suis alors demandé comment l'auteur allait faire pour poursuivre son histoire sans traîner. C'est là que cela se transforme en polar un peu trop classique à mon goût, renfermant une très grosse ficelle employée avec de gros sabots. L'auteur prend un certain risque: celui que le lecteur devine qui est le «méchant». Malheureusement, je l'ai très vite deviné. À partir de ce moment, j'ai trouvé que les choses traînaient beaucoup, et que Kimberly Pauley en faisait trop. Par exemple, lorsque quelqu'un pourrait poser une question qui approcherait trop Aria de la solution de l'énigme, quelque chose vient interrompre l'échange. En outre, je n'ai pas compris pourquoi la police prenait au sérieux un appel anonyme. Je n'ai pas non plus compris pourquoi Aria accordait si facilement sa confiance à une personne. Certes, c'est expliqué: c'est la seule personne qui essaie de voir au-delà des apparences, et Aria a besoin d'amis. D'accord, mais alors pourquoi ne fait-elle pas confiance à l'autre personne qui essaie de se rapprocher d'elle? Sûrement parce que cette autre personne est étrange, mais Aria devrait savoir mieux que personne qu'il ne faut pas s'y arrêter. De plus, il est un peu gros qu'elle ne décode pas la solution de l'énigme dans sa réponse saugrenue, puisque cette réponse utilise un mécanisme qu'elle connaît. Bien sûr, quand on est impliqué (comme le sont les personnages), il est fréquent qu'on ait le nez sur la solution, et qu'on ne la trouve pas. J'ai été profondément agacée parce que je l'ai tout de suite trouvée, et parce qu'à mes yeux, Aria se comportait comme une sotte.

Si le début du roman m'a enthousiasmée par son originalité et ses personnages attachants, j'ai été très déçue que la suite soit si bancale et poussive.

Remarque annexe:
Si ce livre est traduit un jour, je me demande comment sera traduite la réponse en forme de poème d'Aria.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions Blackstone audio.