Les

L'ouvrage:
C'est une soirée comme les autres dans la famille Tremont. Ben et Sandy terminent leur repas, leur fille (Ivy) est dans sa chambre. C'est alors que Nick et Harlan (deux prisonniers en fuite) entrent chez eux.

Critique:
Ma première pensée après avoir terminé ce roman a été: Karine Giébel a fait mieux dans «Purgatoire des innocents». L'idée de départ est bonne. Lorsqu'elle est bien exploitée, elle tient le lecteur en haleine. D'ailleurs, au début, Jenny Milchman y parvient. Seulement, elle a voulu créer trop de rebondissements, et pour ce faire, n'a pas hésité à insérer des incohérences. Par exemple, il est logique qu'Ivy soit en colère après sa mère lorsqu'elle découvre un certain fait, mais cela ne devrait pas la rendre bête au point d'informer les bourreaux de quelque chose d'essentiel. D'autre part, à un moment, Sandy parvient à atteindre un téléphone. Elle se dit qu'elle ne va pas appeler la police parce que celle-ci est déjà venue. Elle appelle la personne qui, pense-t-elle, pourra peut-être les aider. D'abord, même si Nick est occupé à parler à Harlan, il n'est pas crédible qu'il ne se rende compte de rien (surtout qu'il a anticipé certains autres gestes qui étaient moins prévisibles). Ensuite, il n'est absolument pas logique que Sandy appelle la personne en question et pas la police! Il y a d'autres incohérences qui affadissent le roman.

D'une manière générale, l'intrigue perd vite de sa force. Les personnages agissent souvent en dépit du bon sens (comme le montrent certains de mes exemples), plusieurs rebondissements sont gros, il y a des redondances... On n'avance pas vraiment. En outre, je n'ai pas aimé la toute fin dont un élément rappelle la fin de mauvais films d'horreur. Bien sûr, on n'a aucune certitude, mais un gros doute plane.

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, sauf peut-être Ben et Harlan. Sandy et Ivy m'ont beaucoup agacée. Sandy a quand même les circonstances atténuantes, étant donné son passé. Quant à Nick, l'auteur nous le montre détestable, puis il semble qu'elle change d'idée, et veuille montrer un côté de lui qui attirerait la compassion. Cela n'a pas fonctionné sur moi, j'ai trouvé cela trop gros.

Il y a quelques retours en arrière sur l'enfance de Nick, ce qui fait que le lecteur comprend pourquoi les choses sont ainsi par la suite. J'ai apprécié que l'auteur n'ait pas choisi le thème galvaudé de l'enfant maltraité. Ici, c'est plus compliqué.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susie Berneis pour les éditions Dreamscape.