Arlington Park

L'ouvrage:
Arlington Park est un petit village. L'auteur raconte la journée de certaines de ses habitantes.
Elle commence par Juliet qui s'éveille après un cauchemar où son mari, Benedict, ne l'a pas aidée. Elle se souvient de la soirée de la veille, et réfléchit sérieusement à sa situation.

Critique:
En général, j'aime bien ce genre de structures: des personnages qu'on voit évoluer, puis que l'on voit ensemble. Ici, mon sentiment est mitigé. Il me semble que certains personnages sont brossés à trop grands traits pour qu'on s'y attache vraiment. En outre, au moins trois femmes d'Arlington Park expriment un profond mal-être sur le thème: «j'ai épousé quelqu'un qui ne me correspond pas, ne me comprend pas, je suis malheureuse». On a plus envie de leur taper dessus que de les plaindre.
Juliet a trouvé grâce à mes yeux, même si son «éveil» est un peu brutal, et si ses dires sont un peu exagérés. À côté de cela, j'ai aimé qu'on la voie faire son métier, y mettre de la passion, tenter de véhiculer certaines idées. J'ai été déçue de ne pas la retrouver davantage.

J'ai eu le même sentiment quant à Amanda. J'ai eu l'impression qu'on la laissait en plan, et qu'elle aurait eu encore beaucoup de choses à dire. Surtout qu'elle semblait moins aigrie que certaines autres.

C'est surtout Maisie et Christine qui m'ont agacée. Elles pleurnichent sur leur sort, jouent les martyres, mais ne font rien pour changer les choses. Christine est peut-être pire que Maisie.
À l'instar de Maisie, je n'ai pas aimé Stéphanie. Elle a l'air trop sûre d'elle, et un peu condescendante.

Le roman ne décrit qu'une journée. De ce fait, rien n'est réglé à la fin. C'est normal, la structure veut cela. Soit, mais cela ne m'a pas plu. Je pense que certains personnages auraient dû être davantage approfondis, qu'on aurait dû les voir plus longtemps qu'une journée. Il me semble que la structure ne va pas vraiment avec ce que voulait dire Rachel Cusk. On voit bien qu'elle aurait eu davantage à dire sur certains personnages. En outre, d'autres sont à peine esquissés...
Cette impression d'inachevé et de redite est regrettable, car Rachel Cusk aborde des thèmes intéressants, et souvent avec finesse. Son style est fluide. Ses phrases sont bien tournées, certaines sont percutantes. Ce qu'elle dit est bien vu, bien analysé.

Éditeur: éditions de l'Olivier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Roland Dufour pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de réentendre ce lecteur à la voix dynamique et sympathique. Là encore, il met le ton approprié, maîtrisant un texte qui n'est pas forcément facile à lire à voix haute.

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