Après la fin

Si vous n'avez pas lu «Derrière la haine», ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Huit ans ont passé. Tiphaine et Sylvain élèvent Milo qui a maintenant quinze ans.
C'est alors qu'une femme et ses deux enfants viennent s'installer dans la maison mitoyenne. Certaines cicatrices, mal refermées, menacent de ce rouvrir.

Critique:
Je ne sais pas si Barbara Abel aurait dû écrire une suite. Pour moi, elle n'apporte pas grand-chose. J'ai quand même été ravie de lire que les choses ne s'étaient pas passées comme l'avait prévu Tiphaine. J'ai été ravie de lire qu'elle souffrait chaque jour davantage. Cependant, Milo souffre également...

À part cela, j'ai trouvé que le roman était poussif. Ce qui arrive avec les nouveaux voisins semble être une pâle rediffusion de certains éléments de «Derrière la haine». Bien sûr, il ne se passe pas la même chose, mais j'ai eu l'impression que ça piétinait. Et puis, il y a certaines scènes similaires, comme celle où Nora retrouve son fils que Tiphaine est allée chercher alors qu'elle ne le devait pas. Il était prévisible que Milo soit attiré par Inès, que Nacim fasse resurgir les vieux démons de Tiphaine...

D'autre part, l'auteur a usé de procédés discutables pour arriver à ses fins. Par exemple, Nora accepte un engagement, puis, juste après, se souvient qu'à cause de cela, il lui faut quelqu'un pour s'occuper de Nacim.
Ensuite, après un certain événement, je n'ai pas compris pourquoi Nora refusait d'aller raconter à la police ce qui était arrivé. Je n'ai pas compris d'où venait sa panique. Bien sûr, personne ne pouvait corroborer ses dires, mais elle n'avait aucune raison d'agir en coupable.
Il est également gros que Nora soit aveuglée par la peur au point de ne pas entendre ce que lui dit Alexis lorsque celui-ci lui fait part de ses découvertes.
D'une manière générale, j'ai trouvé que le roman se traînait. On retrouve d'ailleurs ce procédé de suspense artificiel que je reprochais dans «Derrière la haine»: le prologue raconte un moment crucial, et le chapitre 1 démarre quelques semaines plus tôt.
Il est discutable que quelqu'un sentant un piège se refermer ne tente pas plus vigoureusement de s'en extraire. (Je parle de ce qui arrive dans le dernier chapitre.) Bien sûr, quand on panique, on n'a pas tous ses moyens, mais tout de même...
Enfin, si les choses finissent par se passer comme l'a souhaité l'un des personnages, il est curieux que l'auteur n'ait pas songé à munir ce personnage de gants... et qu'elle ait terminé son livre sur une fin qu'elle croyait inéluctable.

Éditeur: Fleuve Éditions.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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