Après l'incendie

L'ouvrage:
Virginie, 1918. Diana Cook, dix-huit ans, va assister aux bals des débutantes de la saison. Ses parents espèrent qu'elle ferrera un bon parti. En effet, s'ils possèdent Saratoga, la plus belle maison de l'état, voire du pays, leur fortune décline. S'ils veulent pouvoir garder la maison, Diana doit épouser un homme riche. La jeune fille sait quel est son rôle. Elle n'en veut pas à ses parents, car elle aussi souhaite garder Saratoga.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'en ai été agréablement surprise. En effet, même si j'ai aimé les livres de Robert Goolrick que j'ai lus, j'ai tellement été traumatisée par «Féroces» que mon envie de tenter ses ouvrages se teinte de peur. Cet auteur n'étant jamais mièvre, il peut écrire une fresque familiale avec une histoire d'amour sans que cela soit niais.

Au départ, j'imaginais que les choses tourneraient mal: Diana veut pêcher un gros poisson, mais elle est quand même un peu naïve... Allait-elle se transformer en une femme froide et amère? Robert Goolrick a choisi une autre route qui m'a paru bien plus vraisemblable que ce que j'avais imaginé, car ce qui arrive est plus nuancé. Bien sûr, ce chemin n'est pas de tout repos pour l'héroïne, et on est forcément triste que cela tourne ainsi, mais tout est réaliste.

Plus tard, dans la deuxième partie de son existence (également la deuxième partie du roman) l'héroïne vit d'autres choses, et même si, parfois, je n'étais pas d'accord avec sa façon d'agir, je la comprenais.

Je n'ai pas apprécié Ashton. S'il aimait sa mère, comme il le dit, il aurait pris le temps de réfléchir, et n'aurait pas eu une attitude aussi détestable à un certain moment. On me dira que je suis peut-être trop sévère envers lui, parce qu'avant d'être détestable, il fait tout pour que Diana soit heureuse. De plus, l'héroïne se remémore souvent que lorsqu'il était petit, elle n'avait pas su être à la hauteur. Certes, mais il dit lui-même que ce qu'il ne veut pas accepter est peut-être ce qu'il faut à sa mère pour être heureuse. En outre, je l'ai trouvé bien prompt à se laver les mains de ses vilains actes, puis à réclamer quelque chose comme un sale gosse capricieux.

Le roman ne souffre pas de temps morts, mais le prologue est mal placé. C'est un de ces prologues qui gâchent la lecture en en disant trop sur l'intrigue. Il y a 29 chapitres et un épilogue. Le prologue devrait, en fait, être le chapitre 30. Précédant tout juste l'épilogue, il aurait été au bon endroit.
Je me suis aussi un peu ennuyée lorsque le romancier s'attarde sur Rose. Ce personnage ne me plaisait pas. Quant à Lucius, je l'ai apprécié, et à la place de Diana, je lui aurais peut-être accordé ce qu'il souhaitait. Après tout, ce n'était pas grand-chose, et il n'était pas méchant.

Il y a un fait que l'auteur aurait dû expliquer. Comment deux personnages font-ils pour en retrouver un troisième, après un certain événement?

Le roman est suivi de la nouvelle «Trois lamentations». Elle aborde des thèmes qui, malheureusement, sont toujours d'actualité: le racisme, le rejet de ceux qui ne font pas partie des élèves populaires... Le narrateur, lui, ne s'embarrasse pas de la couleur de peau ou du fait que telle personne n'est pas populaire. Ce qu'il fait, dans l'intention d'abolir les barrières, se révèle très maladroit dans le cas d'une personne, mais surtout à cause de la manière dont cela a été pris par ceux qui en ont été témoin. Je ne sais pas comment il aurait pu agir pour clouer le bec de tous ces idiots. Il est sympathique que son acte ait été bénéfique à une autre personne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie. Colette Sodoyer lit «Après l'incendie», et «Trois lamentations» est lue par Xavier Percy.

Après avoir entendu Colette Sodoyer lire une partie de l'audiodescription du film «Les innocentes», je me méfiais d'elle, parce que j'avais trouvé qu'elle en faisait trop. Mes craintes ont très vite été balayées. Elle a très bien rendu les sentiments et les émotions des personnages, sans jamais prendre un ton affecté. Moi qui me demandais pourquoi Audiolib et Lizzie faisaient appel à elle, je l'ai compris en lisant «Après l'incendie».

Il m'a plu de retrouver Xavier Percy. J'avais aimé sa lecture du roman «Une femme simple et honnête». Ici, il ne m'a pas déçue. Son intonation est toujours adéquate.

J'ai trouvé dommage qu'il y ait de la musique au début de beaucoup de chapitres.
Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Quelques chapitres sont coupés en deux.

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