Apaiser nos tempêtes

L'ouvrage:
Anna Walters est étudiante. Lorsqu'elle découvre qu'elle est enceinte, elle panique: elle ne se pense pas faite pour être mère, en tout cas, pas à ce moment-là.
Cerise est lycéenne. Lorsqu'elle découvre qu'elle est enceinte, elle est perdue, ne sachant trop à qui confier ce qui lui arrive.
Anna et Cerise vivent cette nouvelle de différentes manières.

Critique:
Voilà longtemps que j'ai appris que quand on n'aimait pas un livre, il fallait redonner une chance à son auteur, si on était attiré par un autre de ses livres. Cela a été mon cas pour Jean Hegland. Je n'ai pas aimé «Dans la forêt», mais j'ai senti qu'«Apaiser nos tempêtes» me plairait. Je suis contente d'avoir deviné juste.

Jean Hegland nous montre l'évolution d'Anna et de Cerise, de leur entourage, etc. Elles ne regrettent pas les choix qu'elles ont faits, même si Anna n'est pas vraiment à l'aise en y repensant. C'est logique. Je pense que j'aurais agi comme elle à sa place, mais je ne sais pas si cela aurait fini par me contrarier, ou me peser, etc.
Avec leurs enfants, Anna et Cerise agissent, je pense, comme toutes les bonnes mères. Anna m'a fait sourire, car au moment où l'un de ses neveux est en pleine crise d'adolescence, elle est persuadée qu'il doit être possible de lui parler, que sa fille (celle d'Anna) n'agira jamais ainsi... On retrouve aussi ce genre d'idées chez Cerise lorsque sa mère lui dit que Melody ne voudra pas rester avec elle pour toujours. J'imagine que beaucoup de jeunes mères pensent comme nos héroïnes à ce moment-là.

Plus tard, j'ai été déçue de l'attitude d'un personnage (je ne dis pas lequel, ne voulant pas trop en dévoiler) car je me disais que ce personnage saurait voir la situation de sa mère, et comprendrait. Jean Hegland ayant fait agir ce protagoniste autrement, j'ai d'abord pensé qu'elle tombait dans le cliché. Pourtant, c'est plus complexe que cela. Certes, le personnage est arrivé dans la phase où il se cherchait, où il souhaitait s'affranchir des contraintes, où il pensait tout savoir sur l'humain et ses comportements, mais s'il a fait telle ou telle chose, c'est dû à son caractère. Ce n'est pas parce qu'on voit sa mère se décarcasser pour faire au mieux avec peu qu'on va forcément en tirer des leçons.

Cerise et Anna sont toutes les deux sympathiques. J'ai l'impression que l'autrice nous montre davantage l'intimité du coeur de Cerise. Certes, c'est elle qui subit un cataclysme. On peut interpréter ses réactions à deux niveaux. On peut penser qu'elle est admirable, voire héroïque. Mais aussi, on peut en vouloir à l'autrice de dépeindre un tel personnage, sachant qu'à la place de Cerise, on ne serait pas si admirable. Pendant ma lecture, j'ai oscillé entre les deux. Cependant, j'ai quand même fini par ne rien reprocher à la romancière, car le personnage n'a rien qui sonne faux. De plus, lorsqu'elle cède au désespoir, rien n'est mis en scène, rien n'est exagéré.

Anna prend moins de place (moralement) que Cerise, mais sa petite famille est comme un havre de calme pour le lecteur. Certes, lorsque Lucy a peur ou fait un caprice, ce n'est pas paisible, mais la vie d'Anna est bien moins secouée que celle de Cerise.

Ce livre fait partie de ceux dont j'aimerais qu'il ait une suite. Ou bien, j'aurais souhaité qu'il soit beaucoup plus long...

La préface du roman est très intéressante. L'autrice explique ses intentions, la gestation du roman, ce sur quoi elle s'est documentée.

Étant pinailleuse, je reprocherai à la romancière de faire partie des nombreuses gens qui emploient incorrectement le mot «alternative».

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maia Baran.

Cette comédienne fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Ici, elle a naturellement interprété une galerie de personnages sans exagérer, et sans être trop sobre. Qu'il s'agisse de l'adolescente mal léchée, de la fillette fâchée ou désespérée ou contrite, de la jeune femme enthousiaste ou pleine de doutes, Maia Baran a toujours le ton approprié. Mon pinaillage ne prenant jamais de repos, je regrette qu'elle fasse partie des personnes qui se mettent à dire «klaxone» pour «klaxon» (le nom commun, et non le verbe).

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