American rigolos

L'ouvrage:
Bill Bryson est journaliste américain. Après vingt ans passés en Angleterre, il est revenu vivre aux États-Unis. Ce livre est un recueil de chroniques écrites pendant les premières années après son retour.

Critique:
En général, je ne suis pas adepte de chroniques, car j'ai toujours peur de m'ennuyer. J'ai essayé ce livre parce que le résumé disait qu'il était drôle, et parce que j'aime beaucoup la lectrice qui l'a enregistré. Je n'ai pas regretté d'avoir donné une chance à Bill Bryson. Le résumé ne fait pas de publicité mensongère: ce livre est vraiment drôle. Son auteur semble d'ailleurs prôner l'humour dans beaucoup de situations.

Ces chroniques sont le fruit de son observation. Ayant vécu loin de son pays pendant longtemps, c'est comme s'il le redécouvrait. Il pose un regard neuf et amusé sur la société américaine. Il y va peut-être parfois un peu fort, mais il faut reconnaître qu'il voit juste et analyse bien les comportements qu'il décrit. Par exemple, il explique (dans plusieurs chroniques) que les Américains sont des assistés. Ils n'ont plus d'efforts à faire pour se déplacer, on leur invente pléthore d'objets pour leur faciliter la vie (le tourniquet à cravates me laisse perplexe tant il est un appel à la fainéantise), on ne leur montre pas assez que les États-Unis n'est pas le seul pays au monde (d'où leur absence de culture), etc. Bien sûr, Bill Bryson ne pouvait pas passer son chemin concernant la malbouffe. Il s'emploie donc à expliquer l'immense choix de nourriture «chimique» que proposent les supermarchés. Tout cela est écrit de manière vivante, fluide, drôle. Bill Bryson manie très bien l'ironie, entre autres. Beaucoup d'aspects de la vie aux États-Unis sont exposés avec, selon moi, bon sens.

L'auteur n'hésite pas à être lui-même victime de son humour. Il évoque sans ambages sa maladresse chronique, son amour des expériences hasardeuses voire dangereuses. En outre, il passe pour quelqu'un qui râle beaucoup.

D'autre part, l'auteur parvient à faire rire ou réfléchir en évoquant des événements quotidiens. Par exemple, le récit d'une des journées de la famille à la mer est assez amusant, alors que la chose est banale. La chronique évoquant la journée des présidents m'a interpellée, car j'ai aimé que le journaliste passe en revue certains présidents, surtout ceux qui s'illustrèrent par leur inertie. Le passage sur Hoover m'a bien plu: je me dis que le chroniqueur n'a pas tort.

Il y a quand même certaines chroniques qui m'ont paru un peu exagérées. Par exemple, Bill explique que son coiffeur ne lui fait jamais la coupe qu'il demande. Pour l'illustrer, il raconte une séance. Même si le récit est caustique, j'avais envie de lui dire qu'à sa place, il y a longtemps que j'aurais changé de coiffeur. Certains écoutent leurs clients, et font ce qu'ils demandent. J'ai également tiqué lorsque Bill (avec son humour coutumier) râle après les ordinateurs. Même s'il n'a pas tout à fait tort, il y a un peu de mauvaise foi dans ses assertions. Il fait partie de la multitude de gens qui, malheureusement, n'a pas été formée comme il le fallait à l'informatique. En effet, si beaucoup de gens ne s'en sortent pas, c'est parce que l'utilisation de l'outil informatique nécessite une formation qu'ils n'ont pas eue. Je pense que Bill Bryson est assez futé pour le savoir.

Le récit de la location de voiture peut paraître exagéré: assurances pour ceci et cela, suppléments pour d'autres choses (dont la possibilité de savoir où se trouve la voiture), etc. Cependant, je pense que tout est vrai.

Éditeur: Payot et Rivages.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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