ADN

L'ouvrage:
Islande, 2015. Ce matin-là, la police est appelée parce que deux enfants se sont réveillés enfermés dans leur chambre, et sont sortis de chez eux par la fenêtre. Dans la maison, leur mère est trouvée morte: elle a été atrocement mutilée. Quant à leur soeur, Margrét, elle demeure introuvable. C'est Huldar, le policier qui dirige l'équipe chargée de l'enquête, qui finit par découvrir l'enfant... sous le lit de sa mère. La fillette a été témoin du meurtre.

Critique:
J'ai pris ce roman avec une certaine méfiance, parce que les meurtres macabres me fatiguent. La seule raison pour laquelle j'ai tenté «ADN» est qu'il a été enregistré par une lectrice que j'aime beaucoup. Je devrais la remercier, car ce livre (dont j'imaginais qu'il me ferait soupirer d'ennui) m'a beaucoup plu. Outre une intrigue qui, pour moi, ne souffre pas de temps morts, ce roman contient des personnages attachants. Bien sûr, Margrét suscitera beaucoup d'empathie. Son monde s'écroule, et des inconnus lui posent des questions sur la nuit effrayante qu'elle a vécue et qui a détruit son univers. Quand elle se ferme, si on est déçu de ne pas avoir d'autres indications sur ce qu'a dit ou fait le meurtrier, on comprend cette petite fille qui ne sait plus en qui avoir confiance. J'ai été contente qu'elle finisse par trouver une véritable alliée qui ne pourra pas la décevoir. J'espère que dans les tomes suivants, elle reverra son amie. La série étant consacrée à Freyja et Huldar, si on voit Margrét par la suite, ce sera peu, mais cela n'est pas impossible, et me plairait. Pour cela, il faudrait encore que le frère de Freyja ne soit pas en mesure de récupérer l'amie de Margrét... Voyons la suite quand elle sortira. J'ai aussi beaucoup aimé ce que fait Margrét à la toute fin. C'est un personnage très attachant.

Karl m'a été sympathique. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement intéressant, mais pour moi, il vivait avec une souffrance qu'il gérait comme il pouvait, et qui a éveillé ma compassion. Je n'ai pas du tout apprécié son frère, ne comprenant pas pourquoi il était si distant. J'imagine que c'était sa manière de gérer sa propre souffrance. Cependant, il n'a pas éveillé ma compassion parce qu'il la fait payer à Karl qui n'y était absolument pour rien.

Souvent, les policiers de ce genre de romans ont un lourd et douloureux passé avec lequel ils tentent de composer. Cela m'agace. J'ai donc aimé que ce ne soit pas le cas d'Huldar. Certes, il doit vivre avec un ou deux éléments problématiques, mais il ne doit pas traîner des casseroles de tristesse et de souffrance dans son sillage. Je l'ai apprécié. Il tient à bien mener son enquête, n'est pas particulièrement ambitieux, reconnaît ses torts (il lui arrive de mal agir... notamment concernant les femmes), il ne tente pas de passer pour un super héros... En gros, il a ses bons et ses mauvais côtés, ce qui me l'a rendu sympathique.

J'ai également apprécié Freyja. À travers son travail, j'ai découvert les méthodes utilisées concernant les interrogatoires d'enfants témoins d'événements délicats. Quant à Freyja en tant que personne, elle m'a plu, et j'espère la découvrir davantage lors des tomes suivants.

À la fin du prologue, j'ai pensé qu'une certaine chose arriverait fatalement. Par la suite, j'ai pu constater que j'avais raison. Sinon, rien ne traîne, tout se tient, rien n'est bâclé. Il y a un rebondissement qui est éculé, et qui ne bernera pas le lecteur, mais ses répercussions ne durent pas, et elles permettent à la police de découvrir un indice. De ce fait, je ne reproche pas ce rebondissement à l'auteur.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Appréciant la lecture de Martine Moinat, j'ai tenté ce livre alors qu'il ne m'attirait pas trop. Il m'est souvent arrivé de faire ainsi, et lorsqu'il s'est agi de romans enregistrés par cette lectrice, j'ai souvent eu (comme ici) de bonnes surprises. J'espère que si les tomes suivants sortent en français, elle les enregistrera.

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