Ada

L'ouvrage:
Ada est une intelligence artificielle mise au point par et pour la société Turing. Son objectif premier (une sorte d'entraînement avant de lui assigner une autre mission) était d'écrire un roman à l'eau de rose. Elle s'acquitte de sa tâche, mais apparemment, certains éléments ne sont pas au point. C'est alors qu'Ada disparaît. Franck Logan est le policier chargé de l'enquête.

Critique:
Je ne sais pas trop pourquoi, mais je m'attendais à un thriller échevelé. Ce n'est pas le cas, mais cela ne m'a pas gênée ou déçue. D'ailleurs, je ne sais pas vraiment comment l'auteur se serait débrouillé d'un thriller échevelé. Il prend le temps de présenter Ada au lecteur. On s'identifiera à Franck qui est aussi novice que nous, et à qui différentes personnes travaillant chez Turing vont expliquer comment a été conçue l'intelligence artificielle, comment elle «se comporte», etc. Ensuite, le romancier montre en détails la vie de Franck. À ce moment, je me suis demandé pourquoi il était si présent. Cela ne me déplaisait pas, mais je ne m'y attendais pas. Par exemple, on assiste à une de ses séances de création d'haïkus, on découvre sa famille, etc.

Certaines scènes sont assez drôles, notamment lorsque Franck décortique le livre écrit par Ada. Antoine Bello s'est amusé à reproduire les codes de ce type de livres de manière presque caricaturale, tout en y insérant d'hilarantes malfaçons dues au fait qu'Ada n'est pas totalement au point. Au-delà des romans de gare, il évoque l'écriture: comment elle peut être détournée, marchandée, frelatée. De plus, les événements contés dans «Ada» font réfléchir aux conséquences de la rapacité de certains. À court terme, ce serait ce qu'entrevoit Franck, mais à long terme, l'abrutissement des masses s'étendrait. Je ne peux pas trop en dire, mais tout est bien développé et analysé.

Quant à ce qui est révélé au policier, je ne l'ai pas vu venir, tout comme lui. Pourtant, il est certaines choses logiques auxquelles j'aurais dû m'attendre. Cela veut dire qu'avec moi, l'auteur a réussi son pari: je me suis laissée porter, sans chercher plus loin.

La fin m'a plu. Bien sûr, j'aurais aimé savoir quelle solution est la bonne, mais le romancier fait en sorte que le lecteur ne soit pas frustré.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Roger Guillard pour la Ligue Braille.
J'aime bien ce lecteur à la voix douce et sympathique. Il est peut-être un peu sobre, mais met le ton approprié. Sur la fin de l'ouvrage, il m'a semblé qu'il disait une ou deux fois un mot pour un autre, comme «opinions» à la place d'«options». Je sais que cela arrive lorsqu'on est très pris par la lecture, et qu'on ne s'en rend pas toujours compte.

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