L'ouvrage:
Caroline est mariée, a trois enfants. Un jour, elle reçoit un e-mail d'une inconnue nommée Sela. La jeune femme affirme être sa demi-soeur.

Critique:
Ce roman m'a plu. Les chapitres alternent les points de vue de Caroline et de Sela. Les deux jeunes femmes sont attachantes, et à mesure qu'on avance dans le roman, on se rend compte que chacune a, pour différentes raisons, un lourd fardeau à porter. Caroline va voir s'ouvrir les cicatrices des conséquences d'événements arrivés douze ans auparavant. Quant à Sela, c'est encore plus délicat. Les dés semblent pipés dès que le lecteur sait à quoi s'en tenir. Lorsque Walt met ces mots sur les actes de Sela, je suis même allée plus loin que lui, pensant que les «plans» de Sela auraient pu être encore plus machiavéliques. Bien sûr, je ne le croyais pas, la connaissant, mais les autres personnages auraient pu aller aussi loin que moi dans leur raisonnement.

Dès le début, je n'ai pas apprécié Hanna. Je sais que je suis injuste, car elle est la première victime de toute l'histoire, et qu'en plus, je ne sais pas du tout comment j'aurais réagi à sa place. Je la blâme pour tout ce qu'elle a fait (notamment et surtout à Caroline) mais je ne suis pas du tout sûre qu'à sa place, j'aurais été propre.

Certains éléments paraîtront peut-être un peu gros. Pour moi, il y en a surtout deux. Il n'est pas absolument crédible que Sela fasse si bien la différence entre deux «réalités» (je le dis ainsi pour ne pas trop en dévoiler). On m'objectera que je ne suis pas à sa place, et que ce genre de choses est possible. Certes, on l'expérimente tous plus ou moins, mais pas au point de Sela... Le deuxième élément qui me paraît discutable est ce que finit par faire Hanna. Cela s'explique, mais pour moi, cela ne va pas à son caractère. Là aussi, on pourra me rétorquer que des personnes s'étant battues, voire compromises, pour obtenir quelque chose, peuvent, par la suite, se remettre en question.

Pour moi, le roman ne contient pas de temps morts. L'autrice décrit bien ses personnages et leur psychologie, les événements s'enchaînent avec fluidité.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell et Natalie Naudus pour les éditions Macmillan.

Le jeu de Cassandra Campbell est toujours aussi bon.
Quant à Natalie Naudus, je ne la connaissais pas. J'ai apprécié son jeu, mais quelque chose m'a agacée. À la fin de certains mots, elle ajoute des «e». Cela m'a d'autant plus étonnée qu'il me semblait que seuls les francophones faisaient cela. J'ai trouvé cela assez énervant. Ce n'est pas une comédienne vers laquelle j'irai volontiers.