L'ouvrage:
Milla Strachan sait que son mari la trompe depuis longtemps. En outre, son fils adolescent la rabroue et la rabaisse sans arrêt. Un jour, la coupe déborde, et elle décide de déménager.

Critique:
La plupart des romans de Deon Meyer sont atypiques. Il y a toujours quelque chose qui les démarque. Celui-ci ne fait pas exception. L'auteur a même réussi à me perdre et à me faire douter de lui. Je me disais qu'il avait lancé trop de pistes, évoqué trop de personnages, qu'il n'arriverait jamais à nous expliquer comment se terminent les choses pour chacun! Pourtant, il y parvient. Bien sûr, j'aurais aimé avoir quelques renseignements supplémentaires, mais concernant l'intrigue, rien n'est bâclé, tout est dit (même si certains éléments sont un peu rapides).

J'ai apprécié Milla. D'abord, elle est très lucide. Elle ne tente jamais de trouver des excuses à son fils, par exemple. Ensuite, elle a le courage de repartir de zéro, puis de faire d'autres choses dont je ne l'aurais pas crue capable. J'ai toujours approuvé qu'elle agisse de telle ou telle manière. Il y a juste une chose que je n'ai pas comprise la concernant, mais cela ne tient pas à son caractère ou à un de ses actes. C'est un aspect de l'intrigue. (Je ne dirai pas ce que c'est pour ne pas dévoiler un élément important.) Je suis reconnaissante à l'auteur d'avoir fait cela, mais ce n'est pas très logique...

Dans ce roman, nous retrouvons Lemmer, ce qui m'a beaucoup plu. Ce personnage m'a été aussi sympathique que dans «Lemmer l'invisible». Il traîne encore le passé qui l'a façonné, et qui, parfois, le fait agir inconsidérément. À la fin, il semble que l'histoire dans laquelle il s'est embarqué ne sois pas achevée. J'espère que Deon Meyer en a écrit la suite, ou l'écrira...

On retrouve également Mat Joubert. Là encore, cela m'a plu, car j'apprécie ce personnage. Comme d'habitude, il fait preuve de rectitude, d'adresse dans son métier... J'aime bien que sa femme le pousse à faire quelque chose, sachant qu'ils peuvent se le permettre, et qu'il s'épanouira davantage ainsi.
Au détour de certaines pages, on a aussi des nouvelles de Benny Griessel... ;-)

Milla, Lemmer, et Mat sont tous trois le point de départ d'une intrigue différente, dont (le lecteur le devine rapidement) certins points finissent par se rejoindre. Si j'ai apprécié Milla et ce qu'elle vit, certains aspects de l'intrigue se rapportant au milieu dans lequel elle évolue m'ont déplu. C'est surtout le fait de retrouver Janina Mentz, ses sbires (comme Tiger Mazibuko) et ses façons de faire qui m'ont déplu. Je n'aime pas du tout ce personnage.
J'ai été davantage passionnée par ce que vivent Lemmer et Mat, car dans ces parties, rien ne m'a ennuyée. De plus, je n'ai rien deviné concernant leurs «enquêtes», ce qui m'a fait plaisir.

Je suis étonnée parce que sur le site d'Audible, il est dit que ce roman est le volume 5 de la série «Benny Griessel». En plus de tomes mal classés (je n'ai d'ailleurs toujours pas compris sur quoi se basait ce classement), Audible insère, parmi les livres où on voit Griessel, un roman où on ne le voit pas du tout. Mat parle un peu de lui, mais il n'apparaît jamais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Comme je m'y attendais, le comédien n'a pas démérité. Son jeu reste irréprochable.