Tout le bleu du ciel

L'ouvrage:
Émile a vingt-six ans. Il souffre d'un Alzheimer précoce. Il lui reste, au mieux, deux ans à vivre. Il ne veut pas que sa famille et ses amis souffrent en le voyant s'étioler. Il ne veut pas finir sa vie dans un hôpital. Alors, il passe une petite annonce: il souhaite voyager, et être accompagné. Une jeune femme, Joanne, lui répond, et part avec lui en camping-car sans lui poser de questions sur sa maladie. Elle lui laisse choisir l'itinéraire, est taciturne...

Critique:
Si je n'avais pas déjà lu «Les lendemains», j'aurais certainement ignoré «Tout le bleu du ciel», car je déteste les romans où on sait dès le départ que le personnage principal est condamné par une maladie. Ayant aimé «Les lendemains» malgré les thèmes délicats qu'il aborde, je me devais de tenter «Tout le bleu du ciel». Ce roman m'a plu, même si je déteste toujours les livres où on sait dès le départ que le personnage principal est en sursis.

Le lecteur se doute très vite que Joanne est une cabossée de la vie, et que ce départ est comme une fuite pour elle. On apprend son histoire petit à petit, au gré des souvenirs qu'elle partage. Quant à Émile, son présent est teinté de retours en arrière qui font qu'il réfléchit à son passé. Comme dans tout roman, il y a des personnages que le lecteur apprécie davantage que d'autres. Quant à moi, je n'ai trouvé aucun côté positif à Laura. Quant à Léon, j'ai l'impression qu'il n'a pas compris tous les torts qu'il a eus.
Émile et Joanne sont, à l'instar de l'héroïne de «Les lendemains», obligés de composer avec une terrible situation. L'autrice jalonne la route de ses personnages d'agréables rencontres. Cela est réconfortant, surtout pour quelqu'un comme moi qui pense que beaucoup d'êtres humains ne valent pas la peine. Je dois reconnaître que des personnes comme celles dépeintes par Mélissa da Costa existent également. D'ailleurs, elle ne montre pas uniquement de gentilles gens. Il n'y a qu'à voir le passé de nos héros.

Au fil des expériences qu'elle décrit, et des citations recueillies par Joanne et son père, la romancière s'efforce de montrer à son lecteur qu'il faut prendre la vie du bon côté, ou tout au moins, qu'il ne faut pas se laisser submerger par les coups durs qu'on subit. Être triste et ressasser ses pertes, c'est gaspiller son temps et son énergie, je le sais, et je suis d'accord avec Mélissa da Costa, même si ce sage précepte n'est pas toujours simple à appliquer. Je lui adresserai quand même une petite critique. Par l'intermédiaire de Joanne, elle fait très souvent référence à «L'alchimiste», de Paulo Coelho. C'est le livre préféré de notre héroïne. Je peux comprendre pourquoi, seulement, j'en veux à Paulo Coelho concernant ce roman, et j'ai la rancune extrêmement tenace. Quand «L'alchimiste» est sorti, tout le monde en a parlé, tout le monde l'a encensé. Je l'ai donc lu. Quelle ne fut pas ma rage lorsque j'ai découvert que l'auteur bénéficiait d'un triomphe qu'il ne méritait pas! En effet, cette histoire, il ne l'a absolument pas inventée. Elle vient d'une légende. Certes, il y a ajouté des choses pour en faire un petit roman, mais je n'ai lu nulle part qu'il disait qu'il s'était inspiré d'une légende qu'il avait rallongée. Il l'aurait dit, je lui en aurais peut-être moins voulu. C'est du propre de prôner la sagesse et la bonté, et de piller une légende sans citer sa source. Les sources sont citées sur Wikipédia, mais ce n'est pas écrit en début ou en fin de roman (en tout cas pas dans les versions que j'ai eues entre les mains) ce qui fait que je l'ai découvert en lisant le roman, parce que je connaissais la légende.

Le livre est long, mais l'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Quand j'ai vu que la fin approchait, j'ai pensé que finalement, le roman n'était pas assez long. J'aurais bien passé davantage de temps avec les personnages.

Je ne sais pas du tout ce que j'aurais fait à la place de Joanne, mais je pense qu'elle a agi au mieux, car elle est parvenue à respecter à la fois la volonté d'Émile et sa famille, alors que cela semblait être impossible.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bruno Meyère.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai apprécié sa lecture. Il ne tombe jamais dans le larmoyant, ce qui aurait gâché le roman. Il adopte toujours le ton adéquat. Pour les rôles féminins, il modifie un peu sa voix, mais il n'exagère pas, ce qui fait que son jeu reste naturel. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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