lundi, 31 juillet 2017

Ashes ashes, de Jo Treggiari.

Ashes ashes

L'ouvrage:
Après qu'un virus a décimé la population, Lucy Holloway, seule rescapée de sa famille, tente de survivre depuis au moins un an. C'est alors qu'elle rencontre quelques survivants. Épuisée d'être seule, effrayée par les redoutables balayeurs qui enlèvent n'importe qui n'importe quand, Lucy se joint à cette petite bande.

Critique:
Globalement, ce roman m'a plu. Pourtant, il ne se démarque pas vraiment. Jo Treggiari a repris les ingrédients du genre, et en a fait un roman post-apocalyptique. L'héroïne est impétueuse, comme ses consoeurs du genre. Cependant, elle ne m'a pas agacée. À un moment, elle veut combattre les balayeurs contre toute raison. Malgré son entêtement insensé, j'ai très bien compris son point de vue. Je n'ai pu m'empêcher de la comparer à Katnis, l'héroïne de «Hunger games». Je l'ai trouvée plus humaine, car moins grandiloquente.

Il y a une ressemblance un peu trop forte à mon goût avec «Les chroniques lunaires». Je pense à ce qui concerne l'héroïne et le virus, son sang... Je parle de ce que j'ai lu, mais si ça se trouve, d'autres livres utilisent ce schéma. J'espère que non, car cela peut devenir lassant.

Certains rebondissements ne sont pas de vraies surprises. Par exemple, ce que fait Del à un moment... Dans le même ordre d'idées, il est un peu gros que Lucy et Aiden acceptent une tasse de café de leurs ennemis sans sourciller.
C'est la même chose en ce qui concerne certaines découvertes quant aux balayeurs. La traque qui a lieu vers la fin relance l'intérêt du lecteur, mais en fait, rien de ce qui la concerne n'est vraiment surprenant.
Je pense que c'est surtout dû au fait que ce roman arrive après d'autres qui ont déjà utilisé ces ficelles.

Quant à l'histoire d'amour, elle s'insère assez bien dans l'intrigue. Elle n'est pas gênante comme elle peut l'être dans «Hunger games». En outre, elle fait partie des topoï du genre.

Ma chronique n'est pas vraiment positive. J'ai pourtant passé un bon moment avec ce roman dans lequel je me suis facilement plongée, qui allie aventure, énigmes, personnages sympathiques...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Oasis Audio.

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lundi, 12 juin 2017

The immortalist, de Scott Britz.

The immortalist

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
La virologue Cricket Rensselaer-Wright revient aux États-Unis, après un séjour en Afrique. Elle se rend à l'institut de recherches où exerça son père. Non loin, habitent son ancien mari (Hank) et leur fille (Emmy). C'est à cette occasion que la jeune femme revoit son mentor, également ami de son défunt père: Charles Gifford. Celui-ci lui demande de rester pour assister à la loterie qui aura lieu dans cinq jours et qui désignera cent personnes pouvant se faire injecter le vecteur Methuselah, gène de l'immortalité, mis au point par Gifford.

Critique:
J'ai aimé cette lecture, mais les défauts du roman font que je ne le recommanderai pas.

Dans ce genre de thrillers, le lecteur est supposé s'attacher au héros ou à l'héroïne. Ici, ce rôle revient à Cricket. Il est bon qu'elle ne soit pas parfaite afin de ne pas être terriblement agaçante, mais les défauts qu'a choisi de lui attribuer l'auteur la montrent comme quelqu'un de très bête, à mon avis. Elle n'a pas été une bonne mère pour Emmy, et soudain, elle débarque et entend jouer son rôle. C'est très bien, mais quelqu'un qui aurait décidé d'être une bonne mère aurait commencé par s'installer dans la ville, et aurait voulu essayer de mieux connaître sa fille en la laissant dans son environnement. Que nenni! Cricket, qui semble très capricieuse, veut que sa fille parte avec elle immédiatement. Bien sûr, cela énerve Emmy qui répète à sa mère sur tous les tons qu'elle ne souhaite pas partir avec elle pour plusieurs raisons, la principale étant que Cricket a été tellement absente (même lorsqu'elle était encore mariée au père d'Emmy) que l'adolescente a l'impression de ne pas la connaître. Cricket (qui n'a peut-être pas connecté tous ses neurones) s'obstine, pique des colères, puis se lamente parce qu'Emmy ne veut plus la voir. Cela ne la rend pas particulièrement sympathique.
Il y a bien un moment où elle se repent pour ses mauvaises actions, mais pour moi, cela vient un peu tard. On dirait que l'auteur a pensé: «Bon, maintenant, il faudrait que sa fille se mette à l'aimer. Oui, mais alors, il faudrait qu'elle reconnaisse à quel point elle a été c****.» D'autre part, notre héroïne (et pas seulement elle) pense qu'un adultère moral est moins grave qu'un adultère physique. À partir du moment où il n'y a pas eu fusion des corps, le fait de l'avoir ardemment souhaité importe peu...

Vous allez me dire que je pinaille, que le plus important, c'est cette histoire de gène de l'immortalité. Soit. Seulement, là encore, Scott Britz a un peu gâché ce qui aurait pu ne pas l'être. D'abord, le lecteur un peu futé sait qu'il y aura forcément des complications. Ensuite, l'auteur donne trop d'indices: dès que la première complication arrive, je savais qui l'avait causée. Je savais à quoi c'était lié. Les personnages le découvrent assez tard. Attendre cette trouvaille est un peu long. En plus, rien ne les pousse à chercher de ce côté, sauf... l'instinct de Cricket. Comme elle me tapait passablement sur le système, le fait que son seul instinct ait raison m'a un peu agacée.

Il y a d'autres étrangetés. Par exemple, si on fait chauffer quelque chose au micro-ondes, puis qu'on ouvre le micro-ondes tout de suite après, je suppose que des vapeurs de ce qui a chauffé se répandent aux alentours. Notre virologue y fait chauffer ce qu'elle considère être un dangereux virus, et personne n'est protégé (même pas elle) lorsqu'elle ouvre le micro-ondes ensuite. Cherchez l'erreur.
Si on peut comprendre que l'obstination de Gifford l'emmène très loin, voire jusqu'à la folie, alors on aura du mal à comprendre ce qu'il pense à la fin. Ce n'est pas très logique, étant donné sa conduite tout au long du roman.

En fait, j'ai aimé lire ce roman, mais je me rends compte que je n'en tire pas grand-chose de positif... J'ai suivi avec intérêt la lutte et les recherches de Cricket pour vaincre ce virus inconnu et foudroyant. J'ai apprécié certains personnages, comme Hank, le docteur Wagner (qui est perdu dans ses recherches et en est parfois comique), Emmy qui n'a pas la langue dans sa poche, et semble bien plus équilibrée que sa mère...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Simon and Schuster Audio.

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lundi, 12 décembre 2016

Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes.

Des fleurs pour Algernon

Note: ma chronique porte sur le roman. Ce dernier fut écrit après la nouvelle.

L'ouvrage:
Des scientifiques ont mis au point une technique pour développer l'intelligence. Après l'avoir testée sur une souris du nom d'Algernon, ils veulent un humain pour cobaye. Aiguillonnés par miss Kinnian, une institutrice qui donne des cours à des adultes attardés, ils choisissent Charlie Gordon. Celui-ci a un QI de 70 et une énorme envie d'apprendre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Daniel Keyes aborde plusieurs thèmes avec justesse. Par exemple, les conséquences de l'opération faite à Charlie sont nombreuses. Certes, son intelligence croît, mais cela lui fait découvrir certaines réalités qui le blessent. Il s'est tissé un cocon de bien-être où les choses semblaient simples et où il pensait avoir des amis, et il se rend compte que c'est bien plus complexe. Lorsqu'il comprend que ses soi-disant amis se moquent de lui, il en souffre. Seulement, lui-même se montre parfois condescendant envers ceux qui n'ont pas sa capacité à assimiler et à comprendre. L'auteur ne veut pas dire que l'intelligence apporte la méchanceté, car Alice, elle, n'est jamais moqueuse ou injuste.
Quant aux différents docteurs et savants, Charlie leur en veut de ne voir en lui qu'un cobaye témoignant de leur réussite. Il est vrai qu'on aurait pu s'attendre à davantage d'humanité de leur part, mais ils ne sont pas toujours obsédés par leurs résultats. En outre, l'un d'eux invite Charlie à se pencher sur les circonstances, sur la vie du savant qui semble le plus antipathique. Il est quand même vrai que ces hommes manquent d'empathie, et si Charlie est là pour le leur faire remarquer, Algernon, elle, ne le peut pas.

D'autre part, l'opération permet à Charlie de retrouver des souvenirs enfouis dans son inconscient et de les analyser avec ses facultés décuplées. Là encore, il se demandera si c'est une bonne chose, car il connaîtra le comportement de ses parents envers lui. Pour ma part, je n'ai pas compris sa mère. Certes, elle a commencé par refuser de voir la vérité, puis a voulu se débarrasser du problème. Certains la verront peut-être comme perdue, impuissante. Je lui en ai plutôt voulu, car elle aurait, avant tout, dû être une mère.

Par différents biais, Daniel Keyes soulève une question qu'on retrouve dans certains romans de science-fiction: n'est-il pas dangereux de «jouer» avec ce qu'on ne maîtrise pas, en l'occurrence le cerveau?

Remarque annexe:
Je n'ai pas vraiment compris pourquoi une souris femelle avait un prénom masculin. Ou bien, Algernon est-il un prénom mixte?

Éditeur: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bertrand Baumann pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Bertrand Baumann fait partie des lecteurs que je retrouve avec plaisir. Sa lecture est fluide et vivante. Pour ce roman, il n'avait pas la partie facile. En effet, au début, le narrateur a un QI de 70, et cela transparaît forcément dans ce qu'il dit (écrit en l'occurrence) et dans sa manière de le dire (l'écrire). Bertrand Baumann a trouvé le juste milieu quant à cette interprétation. À l'entendre, on sent cela, mais il ne le caricature pas. Je le souligne parce que je pense que ce n'est pas facile à faire, d'autant que j'ai essayé de lire ce roman, il y a quelques années, et que le lecteur bénévole qui l'a enregistré (pour une autre bibliothèque sonore) surjouait, à mon avis, caricaturant Charlie lorsqu'il avait un QI de 70. Cela m'a fait poser le roman.
D'autre part, au début es à la fin, Charlie fait beaucoup de fautes d'orthographe. Le lecteur en explique quelques-unes (les plus grosses, les plus récurrentes), mais ne s'arrête pas toutes les cinq secondes pour signaler une faute. Il a su trouver la dose d'informations à donner pour que l'auditeur ait une bonne idée des fautes sans que cela ne gêne la lecture.
Enfin, j'ai déjà râlé parce que je trouvais qu'il prononçait les noms anglophones de manière trop marquée: ici, j'ai trouvé que cela allait. Là aussi, il a trouvé le juste milieu.

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lundi, 5 septembre 2016

Danger, parking miné!, de Serge Brussolo.

Danger, parking miné!

­L'ouvrage:
Il y a les hypernommés qui vivent sur les toits des immeubles. Il y a les anonymes qui vivent au sol. Ces deux clans vont bientôt s'affronter. Chacun s'y prépare.

Critique:
Mon avis est mitigé quant à ce roman. J'ai adoré les idées exploitées. Brussolo imagine un microcosme où n'existeraient plus que deux «religions» ou même «sectes». Les anonymes le sont devenus parce qu'à leur avis, avoir une identité (et tout ce qui va avec) faisait qu'ils étaient facilement repérables. Je n'ai pu m'empêcher de penser que cette idée est présente dans la tête de certains à cause du fait qu'actuellement, il est très facile de «tracer» quelqu'un. Tout est de plus en plus dématérialisé. C'est une bonne chose, mais cela fait que nous sommes plus faciles à «surveiller»... Cette idée est d'autant plus intéressante que le livre est sorti en 1986. Brussolo poussait déjà le raisonnement très loin, comme il le fait souvent.

J'ai également aimé la description de l'état d'esprit des anonymes et des hypernommés. Ils vont loin dans le fanatisme (comme le font les sectes). Par exemple, les anonymes vont jusqu'à faire élever leurs enfants par des personnes différentes. Au début, c'est untel, puis on passe à un autre, puis à un autre... Quant aux hypernommés, ils chérissent l'identité au point d'accoler d'autres noms à celui qu'on leur donne à la naissance.
Ces deux exemples ne sont qu'une infime partie des idées développées ici.

D'autre part, si ces deux clans sont assez effrayants, ils feront immanquablement sourire le lecteur. Comment ne pas rire à la lecture des noms ridicules dont s'affublent les hypernommés? Noms qu'ils arborent fièrement comme des étendards, ce qui accentue le rire. Comment ne pas rire en découvrant l'horreur d'un anonyme qui entendrait ou lirait un nom?! Quant aux cérémonies de marquage et de purification, outre le fanatisme dont elles dégoulinent, il est amusant de lire ce genre de discours, prononcé tout à fait sérieusement. Enfin, le fait que l'auteur les mette en parallèle n'est pas innocent. Il montre que si les deux clans sont sectaires, ceux qui les observent ne sont pas mieux.

Si les idées développées m'ont beaucoup plu, si j'ai ri de voir la dégénérescence de ces hommes, l'histoire m'a laissée indifférente, tout comme les personnages. C'est peut-être voulu de la part de l'auteur. En tout cas, ce roman est à lire pour ses idées.

Éditeur: Vauvenargues.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 11 août 2016

Écarlate, d'Hillary Jordan.

Écarlate

L'ouvrage:
États-Unis, dans le futur.
Hannah Payne est condamnée pour s'être fait avorter. En outre, elle a refusé de donner le nom de son amant. Pour cela, elle fera trente jours de prison, et sa couleur de peau sera génétiquement modifiée: elle sera rouge (la couleur du sang fraîchement versé) pendant seize ans.

Critique:
Ce roman m'a plu, mais je l'ai trouvé inégal. D'abord, j'ai aimé la manière dont Hillary Jordan utilise la science-fiction pour servir son propos. Ici, le rouge est la couleur de l'infamie. Il est impossible à un criminel de cacher ce qu'il est puisque sa couleur parle pour lui. En outre, il est très facile de savoir de quoi s'est rendue coupable telle ou telle personne.

Ensuite, j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur montre les dangers du fanatisme. Hannah ne peut pas tout de suite rentrer chez elle, et va dans un centre où on fait culpabiliser les «pensionnaires», où on les tyrannise, tout cela au nom de Dieu. Tour à tour d'un doucereux sadisme et d'une implacable dureté, les dirigeants déploient des trésors d'énergie pour façonner leurs victimes. Jouant sur leur culpabilité, leur envie de bien faire, de trouver la paix et la rédemption, ils leur assènent des ordres qui sont autant de preuves de leur extrême fermeture d'esprit. Tout est finement analysé par l'auteur.

J'ai également apprécié le fait qu'Hannah voie très bien ce qui arrive à sa soeur et tente de la protéger, malgré tout, même si celle-ci n'a pas encore assez souffert pour admettre qu'il faudrait qu'elle prît ses jambes à son cou en faisant fi des conventions.
D'une manière générale, les épreuves font que notre héroïne se penche sur sa condition et les mentalités de ses semblables. Petit à petit, elle mûrit et comprend certaines choses. Bien sûr, c'était déjà en germe en elle puisqu'elle refusait d'accepter tout ce qu'on lui présentait comme vérités universelles.

C'est ensuite que j'ai trouvé le livre moins intéressant, à partir du moment où Hannah fraie avec ceux que j'appelle les «résistants». D'abord, je trouve ces résistants brossés à trop grands traits. Ils ne sont pas vraiment crédibles. Les simili histoires d'amour ne m'ont pas plu... pour moi, cela montre des personnages sans personnalités qui s'entichent des premiers venus. On me ressortira le vieux cliché qui veut que si la situation semble désespérée, on vit à cent à l'heure, quitte à se jeter dans les bras de tel ou telle. Justement, cela fait cliché. L'une de ces histoires est là pour qu'Hannah voie un personnage et une situation sous un autre angle, mais j'ai trouvé que c'était très mal amené, même si la leçon qu'en tire Hannah est bonne.
En outre, pourquoi sauver uniquement Hannah et certaines filles dans son cas? C'est expliqué, mais je n'ai pas été convaincue.
De plus, j'ai trouvé que les parties avec les résistants traînaient.

Enfin, Hannah m'a beaucoup agacée, à faire passer un personnage (qui n'a pas été vraiment bien dans l'histoire) avant un autre (qui, lui, a surtout pensé à elle). Je ne le lui pardonne pas, car elle est ainsi jusqu'au bout, et c'est, à mon avis, une chose assez importante.

Je suppose qu'une partie de ce roman est une allusion modernisée à «La lettre écarlate», de Nathaniel Hawthorn. Maintenant, cela me paraît évident, mais je n'y aurais pas pensé sans le titre français (j'ai lu ce livre en anglais), qui, je trouve, est bien choisi. Le titre original parle d'un aspect plus insidieux, et qui court tout au long du roman, alors que le titre français pointe un aspect plus flagrant.

Éditeur français: 10/18.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Heather Corrigan pour les éditions Highbridge Audio.

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