jeudi, 8 avril 2021

La prisonnière du ciel, de serge Brussolo.

L'ouvrage:
Une jeune femme tombe du ciel, et s'écrase dans la piscine d'un hôtel de Tokyo. Sa chute est d'une telle violence que tous ses organes se brisent. Seulement, elle ne meurt pas. Elle est récupérée par Evguéni. Les circonstances étant extrêmement incongrues, celui-ci tient à savoir ce qui se cache derrière cela. Il va mettre Peggy Meetchum sur cette mission.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Si «L'homme de la banquise» contenait un peu de science-fiction, «La prisonnière du ciel» est bâti sur ce genre. Comme la plupart du temps avec Brussolo, on ne s'ennuie pas. L'énigme que pose d'abord cette jeune femme tombée du ciel est vite remplacée par celle que pose ce à quoi elle s'était laissée prendre. À partir de là, l'auteur joue avec les nerfs de Peggy, et entre ce qu'elle vit et ce qu'elle découvre, le lecteur a de quoi passer un bon moment. Le suspense est au rendez-vous, et rien n'est incohérent.

Ce qui arrive permet à Brussolo de développer des idées à la fois effrayantes, fascinantes, et loufoques. Il n'y a que lui qui puisse me faire rire et frémir à la fois. Il évoque (comme dans d'autres romans) la folie à grande échelle, et c'est très réaliste.

Finalement, il est expliqué pourquoi l'affrontement que j'attendais à la fin de «L'homme de la banquise» n'a pas eu lieu. Cela permet au romancier de prolonger la tension concernant une certaine chose. Cependant, à la fin de «La prisonnière du ciel», on en est au même point concernant ce sujet.

J'apprécie toujours Peggy, même si, là encore, je la trouve moins «elle-même» que dans les trois premiers romans l'évoquant.

J'ai été déçue par certains romans de Brussolo parmi les plus récents, je suis donc contente de me plonger dans la série «DESSTROY» dans laquelle je retrouve l'auteur un peu plus en forme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anika pour Littérature Audio, avec l'aimable autorisation de serge Brussolo.

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118 lectures

jeudi, 1 avril 2021

L'homme de la banquise, de Serge Brussolo.

L'ouvrage:
On demande à Peggy Meetchum de retrouver un corps enfoui sous la glace en montagne. D'autres grimpeurs plus expérimentés qu'elle ont été pris en défaut. Ce travail est très bien payé. Manquant d'argent, Peggy accepte la mission.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai d'abord été contente de retrouver Peggy Meetchum, même si j'ai été un peu déçue qu'elle semble moins travaillée que dans les trois romans précédents la mettant en scène.
J'ai également apprécié que l'intrigue soit pleine de surprises. La mission confiée à Peggy en début d'ouvrage n'est qu'une toute petite partie de ce qui arrive. Cette mission ne sert qu'à précipiter notre héroïne dans d'autres aventures. Outre ce genre de rebondissements, l'auteur fraie ici avec la science-fiction. Cela m'a un peu déroutée, au départ, parce que pour moi, les romans évoquant Peggy Meetchum n'ont aucun rapport avec ce genre, mais pourquoi pas? De plus, si les possibilités et les effets secondaires apportés par les nanoparticules sont de la science-fiction, il me semble que ce n'est pas si éloigné de notre société que cela.

J'ai également aimé retrouver la description de ce qui arrive dans une ambiance glacée. Cela contribue aux rebondissements du récit.

Si un habitué de Brussolo sait très bien que le romancier sait créer de très méchants personnages, en général, le lecteur finit par peu côtoyer ces individus. Ici, c'est quelque peu différent. Brussolo met une très méchante sur notre route, et c'est à nous de voir ce qu'on ressent exactement pour elle. Elle est détestable, mais ce qui lui arrive peut éveiller la sympathie du lecteur à son égard. Quant à moi, je ne l'ai pas appréciée. De plus, j'ai compris qu'elle souhaite se venger, mais elle m'a tout de suite paru moins digne de compassion quand elle a décidé de ne pas s'en prendre aux véritables responsables de son malheur. Elle aurait été plus facile à apprécier s'ils avaient été sa cible.

Il m'a semblé que ce roman n'avait pas de fin. En fait, le lecteur s'attend à une confrontation, et elle n'a pas lieu. J'ai commencé à lire la suite, et rien n'y dit que la confrontation s'est passée pendant le temps écoulé entre les deux tomes. J'espère en savoir plus au long de ma lecture...

Éditeur: Vauvenargue.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 25 janvier 2021

La mer sans étoiles, d'Erin Morgenstern.

La mer sans étoiles

L'ouvrage:
Zachary Ezra Rawlins est en train d'écrire une thèse sur les jeux vidéo. Féru de lecture, il fréquente souvent la bibliothèque. Un jour, il emprunte «Doux chagrin», un mystérieux livre dont le nom de l'auteur n'est écrit nulle part. En le lisant, il découvre qu'un chapitre raconte un moment de son enfance. Très intrigué, il va tenter de comprendre...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, j'ai douté, car les passages de «Doux chagrin» (ils alternent avec le présent de Zachary) me paraissaient difficiles à suivre, me semblant décousus. En fait, je n'ai eu aucun souci pour me retrouver dans ce qui, au départ, m'apparaissait comme un labyrinthe. Le mystère ne vient pas de ce que lecteur patauge, mais plutôt de l'aspect onirique du roman. Et cet aspect est extrêmement intéressant. Erin Morgenstern s'ingénie à jouer avec certains genres: conte (merveilleux, distorsion du temps, éléments récurrents...), légende (anecdotes semblant mythiques), suspense (plusieurs énigmes se posent), aventure, tout cela baigné d'onirisme. Pour son lecteur, elle ouvre certaines portes, afin qu'il réfléchisse aux possibilités qui se présentent à lui dans la vie, au quotidien, à sa façon d'appréhender tel événement. L'autrice parsème son roman de clins d'yeux (les uns explicites, les autres discrets) à «Alice au pays des merveilles». Il y a peut-être aussi une allusion à la série «Le cimetière des livres oubliés» de Carlos Ruiz Zafón.

À un moment, la romancière a dû penser que le lecteur allait tirer une conclusion hâtive concernant quelque chose. Alors, elle imagine un personnage qui tente de faire croire à Zachary que cette chose arrive justement. J'ai trouvé cela très bien fait, car j'avais justement peur que la chose en question soit la solution de l'énigme, et je me préparais à pester, car je déteste cette ficelle. J'ai donc bien ri de la manière dont l'autrice m'a rassurée sur ce point.

Pour moi, la fin appelle une suite. Mais c'est surtout parce que j'aimerais retrouver certains personnages, et qu'ils soient réunis. Je ne sais pas trop quelles aventures l'autrice pourrait leur faire vivre, mais il me plairait que Kat rencontre Dorian, par exemple, et que Zachary et eux soient les personnages principaux de la suite. Bien sûr, il semble que c'est ce qui va arriver, mais ce serait sympathique qu'Erin Morgenstern nous le montre.

Ce roman regorge de thèmes, de façons de penser, de magie (oups, Mirabelle me dirait que c'est un gros mot)... Je sais que ma chronique est trop fade pour lui rendre justice comme il le mérite, mais écrire davantage en profondeur signifierait trop en dévoiler. Donc si vous n'avez pas lu ce roman, laissez-vous tenter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Dekoninck pour les éditions Lizzie.

Emmanuel Dekoninck fait partie des comédiens qu'il me plaît de retrouver parce qu'il a toujours le ton adéquat. Pour ce livre, à mon avis, autre chose entre en jeu. Emmanuel Dekoninck a la voix parfaite pour interpréter ce type de romans où les genres sont mélangés, et où tout baigne dans une ambiance onirique. Donc, je pense que le choix de ce comédien pour ce roman a été plus que judicieux, car outre son grand talent, il a la voix pour.

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279 lectures

jeudi, 5 novembre 2020

Le petit paradis, de Joyce Carol Oates.

Le petit paradis

L'ouvrage:
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont mis au point un plan réduisant les risques que cela arrive à nouveau. L'héroïne, Adriane Strohl, dix-sept ans, évolue donc dans un monde où, entre autres, peu de choses sont enseignées. Après qu'elle a posé trop de questions dans un discours qu'elle devait prononcer à l'occasion de l'obtention d'un prix, elle est envoyée en exil en 1959.

Critique:
Depuis plusieurs années (pas loin de vingt), je souhaite lire Joyce Carol Oates tout en me méfiant d'elle. Certains résumés de ses romans m'attiraient, mais à entendre vanter sa pertinence, je craignais qu'elle ne soit comme Philip Roth et Nancy Huston: beaucoup les encensent, et je ne les supporte pas. Je me suis lancée dans ce roman parce que le résumé me tentait, mais aussi parce qu'il est enregistré par Andi Arndt, dont j'apprécie beaucoup le jeu, et qui, malheureusement pour moi, lit peu de romans qui me tentent. Ce roman m'a plu, j'essaierai donc d'autres écrits de cette autrice.

Lorsqu'Adriane commence à décrire la société dans laquelle elle vit, on se rend vite compte qu'on est dans une sorte de totalitarisme. D'autres ont décrit ce genre, et certains ont fini par m'ennuyer. Ici, cela n'a pas été le cas. Le thème et la façon de l'aborder a beau avoir été plusieurs fois exploité, Joyce Carol Oates a su faire en sorte que sa description, tout en rappelant des choses connues, soit originale.

L'héroïne m'a tout de suite été sympathique. Au départ, son but n'est absolument pas d'être subversive. Elle veut seulement satisfaire sa curiosité naturelle. Elle sait comment faire pour ne pas être remarquée, mais n'y parvient pas toujours. Elle sait que creuser certaines choses est risqué, mais elle n'imagine pas que les questions qu'elle se pose peuvent être vues comme subversives. Lorsqu'elle se retrouve dans une université en 1959, elle garde cette candeur.
Il y a une scène à la fois grave et drôle: celle de la machine à écrire...

J'ai apprécié que Joyce Carol Oates ne nous montre pas le monde de 1959 comme parfait par rapport à celui où évoluait Adriane avant. Elle s'attache à montrer les mauvais côtés du monde post 11 septembre, mais aussi certaines aspérités de celui des années 60. Par exemple, elle évoque un chercheur qui travaille à l'université où va son héroïne. Ce professeur veut prouver les effets positifs des choses comme les électrochocs, la lobotomie, etc. Pendant longtemps, on a usé et abusé de ces méthodes, et à mon avis, ceux qui les utilisaient savaient qu'elles ne causaient que dommages.

L'intrigue suit son cours sans temps morts, sans incohérences. Cependant, à la fin, certaines questions restent. En fait, soit c'est moi qui n'ai pas tout compris, soit l'autrice reste nébuleuse sur certains éléments à dessein. Par exemple, que signifie la rencontre d'Adriane et de celui que j'appellerai docteur Cosgrove? J'en ai bien une idée, mais j'aurais voulu que tout soit expliqué en détails. Qu'est-il arrivé à Wolfman? Là encore, je pense savoir, mais si cela est possible, pourquoi Cosgrove, lui, est-il toujours vivant?... Adriane finira-t-elle par se souvenir? D'ailleurs, que se passera-t-il au moment où son exil prendra fin? Donc, comme pour d'autres romans, j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires. Là, il y a un goût d'inachevé. Il n'empêche que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Éditeur français: Points.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions Harper Audio.

J'ai été contente de retrouver Andi Arndt et son jeu «cool, calm, and clear», tel que défini sur son site et dans sa signature. Là encore, elle ne m'a pas déçue, et a parfaitement illustré cette définition.

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lundi, 20 juillet 2020

Métro 2035, de Dmitry Glukhovsky.

Métro 2035

Note: Ce roman est la suite de «Métro 2034».

L'ouvrage:
2035. Les moscovites vivent toujours dans les stations du métro. Un jour, à la surface, Artyom a entendu un signal radio. Il espère donc qu'il existe d'autres survivants, et peut-être même, des endroits de la Terre qui ne seraient pas soumis aux radiations. De ce fait, il se rend tous les jours à la surface, et envoie des signaux radio, espérant une réponse. À VDNKH, on le prend pour un fou.
Un jour, Homère entre en contact avec lui, et lui dit qu'il est vrai qu'il y a des survivants ailleurs.

Critique:
Ce troisième tome de la série m'a beaucoup plu. J'ai retrouvé Artyom et Homère avec plaisir. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à la place d'Artyom: personne ne veut l'écouter, et il s'évertue à ne pas abandonner ses semblables. Il paraît ne jamais se lasser de se répéter, voyant pourtant qu'il est décrié, voire davantage...
J'ai compris Homère qui, sans être une mauvaise personne, finit par expliquer à Artyom ce que veulent les gens. Homère n'est pas du tout à blâmer, à l'inverse d'autres personnages qui disent aimer les autres et les assujettissent, mais il finit par se résigner à faire ce qu'il peut pour que tout le monde ait une vie à peu près correcte... Oui, mais elle n'est pas si bonne que ça, cette vie...

Quant à l'intrigue, elle est bien menée. Il y a des rebondissements: ils arrivent à propos, et l'auteur n'exagère pas. Il ne s'amuse pas à faire d'inimaginables coups de théâtre qui gâcheraient tout. Ses «révélations» sont plutôt crédibles quand on sait comment peuvent se comporter ceux qui tiennent le pouvoir... De plus, même si la vie souterraine n'est pas bonne, certains ne veulent surtout pas la quitter. Comme le dit le père adoptif d'Artyom, ils ont leurs repères, ils ne peuvent pas s'en séparer pour un «peut-être».

Pendant son périple, Artyom découvre forcément la manière de vivre des stations dans lesquelles il passe. Là encore, je pense que l'auteur n'exagère pas. Il est logique que tel élément fasse que les choses tournent de telle manière. Je n'ai pas été surprise qu'Artyom rencontre l'extrême pauvreté (illustrée, entre autres, par le premier possesseur de la poule). D'une manière générale, l'auteur décrit très bien les comportements de cette société et de ceux qui la dirigent. Il soulève donc d'intéressantes questions...

L'évolution des relations entre Artyom et Anna m'a un peu interpellée. Au départ, j'ai à peu près compris pourquoi Artyom ne veut plus vivre avec Anna, mais ensuite, j'ai trouvé son évolution un peu étrange. Elle m'a plu parce que je préfère quand ça se termine bien, et parce qu'Anna m'a été sympathique, mais je ne l'ai pas vraiment comprise.

Le roman a une véritable fin, mais cette fin ne ferme pas la porte à une suite. Je ne sais pas trop ce qui arriverait, parce qu'Artyom, s'il veut aider les autres, n'est pas stupide. De plus, je pense que l'auteur a très bien (donc suffisamment) exploré la psychologie des uns et des autres (que ce soit en groupe ou de manière individuelle). Cependant, je pense qu'il ne serait pas impossible qu'il y ait une suite.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.

Dans ce tome 3, Julien Chatelet a dû jouer une galerie de personnages et de sentiments. Il n'avait pas la partie facile, et s'en est très bien tiré: jamais trop sobre, jamais affecté, son ton est toujours adéquat.

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