Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 27 août 2020

Série Erlendur Sveinsson, tome 2: Les roses de la nuit, d'Arnaldur Indridason.

Les roses de la nuit

L'ouvrage:
Le cadavre d'une jeune fille est retrouvé sur la tombe d'un homme politique originaire des fjords. Erlendur et Sigurdur Oli enquêtent.

Critique:
Ce roman m'a plu. On suit davantage Erlendur que dans le premier tome de la série. Cela fait que je me suis un peu attachée à lui. Il est sympathique, même si certains de ses côtés sont un peu dérangeants. D'ailleurs, s'il n'y avait pas de côtés dérangeants, il ne serait pas crédible.
À la toute fin du tome 1, on apprend que malgré les grandes différences de caractère entre Erlendur et Sigurdur Oli, les deux hommes s'entendent bien. Dans ce tome, il y en a quelques exemples, lorsque tous les deux se moquent d'Herbert, et en une ou deux autres occasions.
Quant à moi, je ne sais pas encore trop quoi penser de Sigurdur Oli. J'ai l'impression qu'il a une haute opinion de lui-même, mais c'est surtout ce que pense Erlendur. Je verrai si les tomes suivants en dévoilent un peu plus sur lui.

L'enquête m'a intéressée parce qu'elle paraissait simple, et pourtant, elle n'est pas si facilement résolue. L'intrigue ne souffre pas de temps morts. En peu de pages, l'auteur décrit et explore la psychologie des personnages, et le lecteur sait rapidement à quoi s'en tenir sur eux. Étrangement, je n'arrive pas à avoir une opinion tranchée concernant Birta (la victime). Mon esprit maniaque pencherait plutôt pour ne pas l'apprécier, à cause d'une chose, mais c'est surtout parce que je sais que je ne ferais jamais cette chose, et que j'ai toujours un peu de mépris envers ceux qui la font, surtout sans raisons.

Quant aux autres personnages, je me suis pliée à ce que désirait l'auteur: appréciant les appréciables, détestant les détestables. De ce fait, j'aurais voulu qu'Herbert souffre davantage. Ce n'est pas lui, le pire, mais dans le roman, on a tout le loisir de voir comme il est vénal, méchant, et stupide.
Quant à Janus, je ne peux pas trop en parler pour ne pas trop en dévoiler, mais j'ai compris toutes ses motivations.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse pour les éditions Audiolib.

Encore une fois, il m'a plu de retrouver Jean-Marc Delhausse dont j'apprécie la lecture. Ici, il n'a pas démérité.

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lundi, 24 août 2020

Série Erlendur Sveinsson, tome 1: Les fils de la poussière, d'Arnaldur Indridason.

Les fils de la poussière

L'ouvrage:
Islande.
Ce jour-là, Palmi va voir son frère, Daniel, qui réside dans un hôpital psychiatrique. On prévient le jeune homme que son frère est agité, et menace de sauter par la fenêtre. Malgré les tentatives de Palmi pour le calmer, Daniel finit par se défenestrer. Puis, Palmi apprend que son frère recevait, depuis peu, des visites autres que les siennes.
Au moment où Daniel se suicidait, un professeur de collège était brûlé vif chez lui.

Critique:
Après avoir tenté un livre (le tome 5) de la série mettant en scène le policier Erlendur Sveinsson, et l'avoir trouvé trop «contemplatif», je pensais ne plus lire de romans d'Arnaldur Indridason. J'ai quand même essayé «Ce que savait la nuit», et comme il m'a plu, j'ai décidé de lire la série Erlendur Sveinsson dans l'ordre. Ce tome 1 m'a plu. L'auteur s'arrange pour ne pas faire mariner son lecteur tout en ne lui donnant pas tout de suite toutes les clés de l'énigme. Cela commence avec ces deux morts, et rapidement, Palmi (il est davantage présent qu'Erlendur) qui enquête sur la mort de son frère, découvre certaines choses. Sans créer un rebondissement à toutes les pages, Arnaldur Indridason fournit un fil au lecteur, et celui-ci n'a qu'à tirer dessus, à l'instar de Palmi. Au cours de ses recherches, celui-ci rencontrera des personnages que l'auteur a pris le temps de creuser, comme Elena.

La plupart des révélations tombent à point nommé, car elles relancent l'intrigue, et sont dévoilées avant que le lecteur (en tout cas, moi) ne les devine. À un moment, j'ai eu peur qu'un aspect de l'intrigue ne révèle une incohérence. Mais l'auteur n'est pas tombé dans cet écueil. C'est plutôt moi qui n'ai pas poussé le raisonnement assez loin. D'ailleurs, la non incohérence cadre davantage avec le caractère de la personne qui tire les ficelles.

Comme je le disais, dans ce tome, on voit peu Erlendur. Je l'ai apprécié, mais j'ai peur qu'il soit un genre de copie d'Harry Bosch. Je verrai bien en lisant la suite. De plus, je lui ai préféré Palmi, et c'est plutôt ce dernier que j'aurais aimé suivre, surtout après ce qu'il décide de faire vers la fin...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse pour les éditions Audiolib.

Jean-Marc Delhausse fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, il n'a pas démérité. J'ai trouvé dommage qu'il ait dû reproduire le zozotement de Palmi, mais il y était obligé. En outre, il l'a fait sans exagérer.
J'ai trouvé dommage que le comédien fasse des petits silences entre le mot «chapitre» et le numéro du chapitre.

Finalement, j'ai de la chance d'avoir commencé par être allergique à cet auteur, car si je l'avais tout de suite apprécié, je n'aurais pas pu lire cette série dans l'ordre lue par Jean-Marc Delhausse. Audiolib n'a pas sorti les romans dans l'ordre chronologique, et ils ne sont pas encore tous sortis.

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jeudi, 20 août 2020

Tombent les anges, de Marlène Charine.

Tombent les anges

L'ouvrage:
Cécile Rivère est gardien de la paix. Un jour, lors d'une intervention, elle entend une femme appeler à l'aide. Cependant, l'appartement d'où cela proviendrait est vide. Le lendemain, la locataire de l'appartement est retrouvée: elle a été tuée trop loin de l'endroit pour que Cécile ait réellement pu l'entendre. La jeune femme est poussée à prendre un congé par son supérieur. Alors qu'elle tente de se reposer chez sa soeur, et envisage très sérieusement de démissionner, le capitaine Kermarec fait appel à elle pour une enquête: Audrey, une jeune infirmière qui, à première vue, s'est suicidée.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai deviné certaines choses, ce qui ne m'a pas empêchée de trouver que Marlène Charine ne traînait pas du tout. Par exemple, j'ai un peu analysé certains indices qui étaient donné avec l'air de ne pas y toucher, et j'ai trouvé quelque chose avant que l'autrice ne le dise. Étant donné qu'elle a développé ses personnages et leur psychologie, savoir cela avant ne m'a pas du tout dérangée.

J'ai très bien compris Cécile. Je pense que si j'avais vécu ce qu'elle a vécu, je réagirais comme elle. J'ai apprécié qu'à travers ce personnage et la réaction de certains autres (Kermarec, Agathe), la romancière suggère qu'il ne faut pas toujours fermer toutes les portes, que ce qui paraît irrationnel peut, parfois, avoir lieu. En tout cas, en ce qui concerne le phénomène dont Cécile fait l'expérience, j'ai toujours pensé qu'il n'était pas impossible...

La structure du livre m'a un peu dérangée: entre les chapitres contant l'enquête, on voit Audrey avant sa mort. Pourquoi pas? Cependant, j'ai été gênée par le fait que ce passé n'est même 'pas chronologique. De plus, si certaines choses s'expliquent, je pense que Marlène Charine aurait dû insister sur les raisons qui poussent Audrey à obéir. Certes, elles ne sont pas valables, mais encore faudrait-il que le lecteur les connût. Bien sûr, on peut les imaginer, car on comprend très vite qu'Audrey est tombée sur quelqu'un qui est passé maître dans un certain «art», et qu'elle a très vite été complètement subjuguée, mais le tout me paraît quand même bancal.

Malgré la grande tension distillée au long du roman, il y a de petits instants de répit, notamment lorsque l'équipe de Kermarec plaisante, et lorsque Cécile accepte de baisser quelque peu sa garde. J'espère que l'autrice renouera avec cette équipe de policiers. Bien sûr, si elle le faisait, il faudrait qu'elle soit précautionneuse quant à la psychologie de son héroïne. Cécile parviendrait-elle à se débarrasser de certains traumatismes tout en restant crédible? Au contraire, serait-elle engluée dans ces traumatismes? J'imagine que l'autrice s'en sortirait très bien. J'espère qu'elle essaiera, et qu'elle n'en profitera pas pour ajouter une couche de douleur à la vie de son héroïne...

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est le premier roman que je lis enregistré par cette lectrice. Je vais en lire d'autres, car j'apprécie sa voix et sa lecture vivante sans fioritures.

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jeudi, 13 août 2020

1793, de Niklas Natt och Dag.

1793

L'ouvrage:
Suède, 1793. Cardell, vétéran de la guerre russo-suédoise (il y a perdu un bras) travaillant en tant que boudin (c'est-à-dire qu'il aide la police), découvre, dans le lac Fatburen de Stockholm, un cadavre atrocement mutilé. Le chef de la police confie l'affaire à Cecil Winge, un ancien magistrat. Cardell, choqué par la découverte de ce corps sans bras ni jambes, décide d'aider Cecil à mener l'enquête.

Critique:
J'ai commencé par me méfier de ce roman, ayant peur que la révolution française (et donc la politique) y joue une trop grande part. Heureusement, j'ai quand même essayé ce livre. La révolution est, bien sûr, évoquée, et ce contexte 'est pas étranger aux événements, mais tout s'imbrique très bien, et l'auteur n'en fait pas trop.

J'ai d'abord apprécié Cardell et Cecil. Leur psychologie et leurs motivations sont bien exposées par l'écrivain. À cause de ce qu'il a vécu, Cardell semble en quelque sorte «désespéré», au départ. J'ai eu peur qu'il ne soit pas de taille à supporter les retombées de l'enquête. Je suis contente d'avoir eu tort.

L'intrigue est bien menée. J'ai beaucoup apprécié de m'être trompée sur quelque chose, et que l'auteur n'ait absolument rien fait pour me fourvoyer. ;-) En effet, quand on lit des thrillers, on échafaude (parfois trop tôt) un tas de théories... Au début de la deuxième partie, j'ai immédiatement pensé savoir qui était le narrateur. Mon impression était renforcée par le fait que l'auteur ne donnait aucun indice qui allait dans le sens de ce que je pensais... Hé oui... normal, puisque ce que je pensais était erroné. ;-) D'ailleurs, Niklas Natt och Dag ne met jamais de faux indices, ne propose jamais de faux coupables. Son roman contient suspense et rebondissements sans besoin de cet artifice des fausses pistes.

Je me suis longtemps demandé quel serait le rapport entre le personnage que nous découvrons dans la troisième partie et les événements du début. Là encore, l'auteur a finement joué. Sans grandiloquence, sans ennuyer le lecteur (il était impossible de trouver le temps long en compagnie d'Anastina) il a assemblé toutes les pièces au moment adéquat. Ce qui arrive à Anastina était, apparemment, habituel à l'époque. Il est assez effrayant de voir la vitesse avec laquelle la jeune fille a été condamnée, alors qu'aucune preuve ne l'incriminait. Elle fait partie des personnages qu'il me plairait de retrouver. Cependant, je ne pense pas que Niklas Natt och Dag pourrait écrire une suite, car un événement du roman rend cela impossible... ou presque.

Je me suis demandé ce que j'aurais fait à la place de Cecil à la fin. On ne peut que comprendre ses motivations, mais je ne peux m'empêcher de désapprouver son acte. Pourtant, n'importe quelle personne normale l'approuvera. En fait, je l'approuve et le désapprouve à la fois. Je suis tordue... ;-)

J'ai hâte de lire un autre roman de cet auteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer pour les éditions Lizzie.

Martin Spinhayer fait partie des comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Il a joué sans être trop sobre ni surjouer, et n'a pas fait d'horribles effets de voix pour les rôles féminins. J'espère qu'il enregistrera davantage de livres.

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jeudi, 30 juillet 2020

Chez nous, de Louise Candlish.

Chez nous

L'ouvrage:
Vendredi 13 janvier 2017. Ce jour-là, Fiona (dite Fi) Lawson rentre chez elle pour trouver... un couple en train d'emménager, les Vaughan. Ils lui assurent que la maison leur a été vendue. Fi et son mari (Bram) en étant propriétaires, la jeune femme s'affole. Bram reste injoignable. Le monde de Fi s'écroule.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai un peu regretté que la structure soit ce qu'elle est, mais cela fait durer le suspense, donc je comprends que l'autrice ait agencé son roman ainsi. Cela commence par le présent (le 13 janvier 2017), puis nous sont contés les événements qui ont mené à cela. Ces chapitres sont entrecoupés d'autres racontant la suite de la journée du 13 janvier 2017. La romancière décrit et explore bien la psychologie de ses personnages, donc j'ai réussi à faire abstraction de la structure.

Dans ce genre de romans, il y a des rebondissements. Parfois, l'auteur en fait trop, et les rebondissements, en s'accumulant, tuent l'effet qu'ils devraient avoir. Ici, ce n'est pas le cas. Il y a une réponse que j'aurais dû deviner, parce que quand je suis arrivée au moment où Louise Candlish la donne, je me suis dit: «Mais oui! Tel personnage avait dit telle chose! C'était un indice!» Je suis contente, car l'indice a été assez finement placé pour que je ne le décortique pas. ;-)

À la toute fin, j'ai souri parce que j'ai failli ne pas comprendre une chose. Lorsque le livre s'est terminé, j'ai pensé: «Bon, au moins, les choses s'achèvent comme le souhaite tel personnage.» Et puis, trente secondes après, j'ai pensé: «Ah, mais en fait, non, parce que...» J'ai également apprécié cela: portée par la certitude de l'un des personnages et l'assurance d'un autre, j'ai commencé par ne pas voir ce que sous-entendait la toute fin. J'imagine que c'est voulu. En tout cas, j'espère, car sinon, ça veut dire que mon mari a raison, et que je suis une andouille. ;-) J'aimerais bien savoir si lui saurait tout de suite à quoi s'en tenir.

Ce qu'implique cette fin m'amène à un reproche: j'aurais souhaité quelques chapitres supplémentaires afin que le lecteur sache exactement à quoi s'en tenir sur le sort des personnages. Certes, on le devine, car c'est préparé, mais j'aurais voulu voir comment la romancière aurait agencé tout cela. De plus, j'aurais voulu savoir ce qu'il advient d'un personnage sur lequel j'aurais aimé avoir davantage de renseignements... Bien sûr, l'autrice a préféré écrire une fin brutale, et laisser le lecteur imaginer le reste, mais j'aurais préféré lire ce reste.

Les personnages principaux, Bram et Fi, m'ont été sympathiques. Bien sûr, il y a eu des moments où j'ai traité l'un ou l'autre de crétin pour diverses raisons, mais il m'ont davantage inspiré de la compassion. Je me disais qu'à la place de l'un d'eux, j'agirais autrement. Certes, mais qu'aurais-je réellement fait si j'avais été à sa place...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie.
Jean-Pierre Leblan lit les passages narrés par Bram, Sylvie Jacob lit ceux contés par Fi, et Vincent Ropion lit les chapitres dans lesquels les points de vue de Fi et Bram sont rapportés par un narrateur omniscient.

Je connaissais Vincent Ropion pour ses doublages. C'est une voix de mon enfance et de mon adolescence. Son interprétation est sans failles, comme je m'y attendais. Il met toujours le ton approprié. Que Fi soit déboussolée, que Merle soit réconfortante ou directive, qu'un personnage dont je tairai le nom s'exprime avec colère ou mépris, Vincent Ropion rend parfaitement les états d'âme de chacun. En outre, il ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

Je ne connaissais pas les deux autres comédiens. Je connaissais le nom Sylvie Jacob (car je l'ai vu dans des distributions de versions françaises de séries étrangères), mais je n'ai pas dû beaucoup entendre sa voix. Sa lecture m'a également plu. C'est la même chose concernant Jean-Pierre Leblan. Chacun a bien rendu les émotions des personnages sans cabotiner.
Je regrette que les trois comédiens aient fait des blancs entre le numéro du chapitre, la date, l'annonce du nom de la personne ou le lieu où elle était... Sylvie Jacob, qui énonce des durées, fait même des blancs entre l'annonce des heures et des minutes, puis des minutes et des secondes. Je le dis pour ce livre parce que cela faisait davantage de blancs que d'habitude, mais d'une manière générale, je déteste les silences dans un livre.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

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