Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 2 novembre 2020

La fille derrière la porte, de Patricia Hespel.

La fille derrière la porte

L'ouvrage:
Emmy n'a plus goût à rien depuis que son mari l'a quittée pour une autre femme, et que, quelque temps plus tard, il a emmené leurs deux enfants en vacances prolongées, loin d'elle. C'est alors qu'elle rencontre Léna, sa voisine depuis peu. Celle-ci lui propose de l'aider à remonter la pente. Ce soutien inattendu est une aubaine pour Emmy. Cependant, l'amitié et l'aide de Léna ne vont pas sans contreparties.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai lu des chroniques sur Babelio, car le résumé me faisait craindre un livre comme celui que m'a raconté mon mari (don j'ai oublié le titre) dans lequel les deux amies agissent de manière incohérente. Certaines chroniques de Babelio m'ont rassurée à ce sujet. Cependant, quelques remarques m'ont fait craindre que l'autrice ait fait quelque chose que de plus en plus d'auteurs font, et qui me déplaît de plus en plus. Heureusement pour moi, j'avais la chance de pouvoir demander si Patricia Hespel faisait cela à quelqu'un qui avait lu le roman: la comédienne qui l'a enregistré. Après qu'elle a dissipé mes craintes, je me suis lancée dans cette lecture.

D'une manière générale, le roman m'a plu. L'autrice a utilisé une trame et certaines idées que j'ai déjà vues ailleurs, mais cela ne m'a pas gênée parce qu'elle a su créer tension et suspense. L'une des chroniques que j'ai lues disait qu'il ne se passait rien. Je ne comprends pas trop pourquoi l'auteur de cette chronique a écrit cela... Ne pas apprécier tel ou tel élément, soit; dire qu'il ne se passe rien, pour moi, c'est faux. On ne peut même pas dire qu'au début, les choses sont très lentes.
Au départ, la proposition d'aide de Léna donne à penser qu'on va assister à la naissance d'une belle amitié. Puis, peu après, Léna commence à révéler d'étranges côtés d'elle-même. J'ai d'ailleurs été étonnée qu'Emmy n'ait pas reculé en en découvrant certains (je pense surtout à la scène du sauna).

J'ai apprécié que l'autrice ne fasse pas mariner le lecteur concernant la personnalité de Léna, ne retarde pas le moment d'expliciter qui est le personnage principal du prologue. À ce sujet, le questionnement reste assez longtemps pour être intéressant et ne pas être casse-pieds.

Même si la trame a un petit parfum de déjà vu, les rebondissements et la solution (dont une partie est expliquée par petites touches au long du roman) recèlent des surprises, et sont cohérents. Beaucoup de personnages sont peu reluisants... Ce n'est pas très étonnant, étant donné ce qui leur est arrivé, mais j'espère qu'à la place de certains, j'aurais réagi différemment.

L'intrigue est bien menée, les rebondissements arrivent à propos, certaines choses (pas seulement le fait de savoir qui est impliqué dans le prologue) ne traînent pas assez pour devenir de désagréables éléments.

Je n'ai pas aimé ce qu'implique la toute fin. Je n'aime pas ce genre de choses à la fin des romans et des films. Cependant, ici, c'est davantage préparé que dans d'autres romans. Objectivement, c'est même logique. Il aurait été étonnant que cela n'arrive pas. Donc cela ne m'a pas plu, mais que cela arrive est légitime. Le fait que ce ne soit pas du tout tiré par les cheveux sauve l'autrice à mes yeux. En outre, cela ne veut pas forcément dire que le personnage en question deviendra une brute sanguinaire: cela signifie que ce personnage aura une vie «mouvementée»...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

Comme d'habitude, la comédienne a relevé le défi. Sans affectation, elle a joué les sentiments des personnages (pas facile lorsqu'il s'agissait de Léna) tout en apportant certaines nuances nécessaires. Par exemple, certaines répliques sont dites par un personnage à la fois triste et saoul. La comédienne a su montrer cela de manière convaincante dans son ton. C'est la même idée lorsqu'une petite fille (souvent effrayée) s'exprime.

Je tiens à remercier Camille Lamache. Depuis ma première chronique d'un livre enregistré par elle («À sa place», d'Ann Morgan), elle m'a toujours aidée, notamment en m'épelant des noms propres («Yggdrasil»), en me conseillant (encore ces jours-ci à propos de «La fille derrière la porte») quant à mes attentes par rapport à certains livres qu'elle a enregistrés, en échangeant avec moi après que j'ai lu tel ou tel roman interprété par elle... Tout cela avec patience, chaleur et bonne humeur! J'espère qu'elle enregistrera encore beaucoup de livres qui me tenteront. J'aurai ainsi le plaisir d'entendre son travail (toujours soigneux), mais aussi la joie de nouveaux échanges avec elle, échanges toujours riches et constructifs!

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112 lectures

jeudi, 29 octobre 2020

Bonfire, de Krysten Ritter.

Bonfire

L'ouvrage:
Voilà dix ans qu'Abby Williams a quitté Barrens, le petit village d'Indiana où elle a grandi. Elle est devenue avocate en droit environnemental à Chicago. Aujourd'hui, elle est chargée d'enquêter sur Optimal, la plus grosse société, donc le plus gros employeur, de Barrens. Abby doit découvrir si Optimal est polluante au point d'être à l'origine des problèmes de santé de certains habitants. Retournant aux sources, et se penchant sur son douloureux passé, la jeune femme ne va pas tarder à assembler certaines pièces du puzzle...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me suis très rapidement identifiée à Abby qui souhaite, grâce à cette affaire, se sentir plus sereine quant à son passé. Je me suis parfois demandé comment il se faisait qu'elle n'ait pas été davantage perturbée. Quand on lit ses souvenirs, on voit que son enfance et son adolescence ont vraiment été horribles. Elle n'avait personne pour la soutenir, le mal venait de tous les côtés... De toute façon, la psychologie d'Abby est bien analysée.

L'intrigue est bien menée. Il n'y a pas de temps morts. La tension et le suspense sont habilement dosés. En outre, à la fin, toutes les réponses sont données. Je ne vais donc pas dire (comme je fais souvent) qu'il faudrait un chapitre supplémentaire. Il y a quand même un détail qui pourrait être une incohérence. Abby se souvient d'une chose de son passé, et par la suite, elle arrive à connecter cette chose avec ce qui est arrivé. Comment se fait-il qu'à l'époque, elle n'ait pas creusé davantage? Certes, étant donné sa situation, il lui était plus simple de tout occulter. Donc qu'elle n'ait pas creusé est une semi-incohérence.

L'autrice s'arrange pour présenter plusieurs coupables possibles, et on voit rapidement ces ficelles. Cela ne m'a pas fait râler parce que c'est bien amené et bien fait. De plus, je suis contente parce que j'ai soupçonné les bonnes personnes, donc cela m'incite davantage à ne pas protester.

J'espère découvrir d'autres romans de cet auteur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Chaque fois que je lis un roman lu par cette comédienne, je me souviens que j'ai été un peu sévère avec elle sur certaines chroniques, et je m'en veux un peu. En tout cas, ici, elle a joué les sentiments des personnages sans affectation, et n'a pas pris une voix exagérément grave pour les rôles masculins...

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98 lectures

lundi, 26 octobre 2020

Les soeurs du mal, d'Alice Clark-Platts.

Les soeurs du mal

L'ouvrage:
En juillet 1997, les soeurs Bowman, Lila (dix ans) et Rose (six ans) ont torturé et tué une enfant de deux ans. Lila a été arrêtée, et Rose a été déclarée trop jeune pour être jugée responsable. Dix-neuf ans plus tard, alors que Rose et son petit ami, Johnny, sont en vacances dans un hôtel du Devon, une fillette, dont les parents sont également clients de l'hôtel, disparaît.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai regardé les chroniques sur Audible. L'une disait que certaines questions restent sans réponses, qu'il aurait fallu un chapitre supplémentaire les donnant. Comme je fais souvent ce reproche, j'ai parié que je penserais comme l'auteur de la chronique. En effet, on se demande ce qu'il y avait sur la «preuve» envoyée à l'un des personnages. J'imagine bien quelque chose, mais il aurait fallu être sûr que c'était probant. Donc l'autrice aurait dû dire ce qu'il y avait exactement. En outre, qu'est-il advenu de cette «preuve»?
À la toute fin, on ne peut pas être absolument sûr de ce que ressent Johnny, et on ne peut pas vraiment savoir si le personnage qui lui parle (dont je tairai le nom) a raison ou si, au contraire, prétend certaines choses pour que Johnny ne puisse rien contre lui.

En commençant le roman, j'ai espéré qu'on ne découvrait pas une certaine chose, parce qu'à mon avis, c'était un rebondissement trop convenu, et donc terne. Malheureusement, mes craintes se sont avérées justes. On me dira que sans cela, l'autrice n'aurait pas pu écrire un livre palpitant. Peut-être, mais pour moi,cela ne l'a pas vraiment été, puisque je m'attendais à cet élément tout en le redoutant. En outre, Alice Clark-Platts est allée encore plus loin dans l'horreur. Je ne peux pas dire que tout cela soit mal ficelé. Cela ne m'a pas plu, mais à cause de l'oppression, du mal-être, du dégoût que cela engendre. Et justement, ce sont les sensations que la romancière cherche à susciter. Je devrais plutôt lui tirer mon chapeau, car elle y parvient très bien. Cependant, je me dis que ce qu'elle a «inventé» existe sûrement dans la vraie vie, et cela me révulse trop. J'aimerais que cela puisse être cantonné aux romans, mais malheureusement, ce n'est pas le cas.

Je me rends compte que je suis obligée de conseiller un roman que je n'ai pas aimé, mais justement parce que l'écrivain a atteint son but, même si cela ne me plaît pas. Il est rare que je me retrouve dans ce genre de paradoxes. :-)
Donc je conseille ce roman à ceux qui, à l'inverse de moi, ne sont pas des chochottes, et ne craignent pas de découvrir des côtés extrêmement sombres de l'âme humaine.

J'aurais voulu davantage de justice, mais là encore, ce qui arrive reflète la vie. En pinaillant, on pourrait dire qu'il n'es pas logique que le personnage détenant la preuve dont je parle plus haut ne l'ait pas fait parvenir aux autorités. C'est une minuscule incohérence.

Sur Audible, une autre personne disait qu'elle avait décroché à la moitié du livre. Là, je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas trouvé de lenteurs.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, l'interprétation de Manon Jomain m'a plu. Son jeu est toujours naturel, que ce soit pour la narration ou le ton des personnages en proie à de forts sentiments.

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92 lectures

lundi, 19 octobre 2020

Ne te perds pas en chemin, de Margaret Mizushima.

Ne te perds pas en chemin

L'ouvrage:
Cet après-midi-là, Adrienne (une employée des Sources Chaudes qui prodigue également des massages aux animaux, et est la petite amie du shérif adjoint) devait travailler quelques heures à la clinique vétérinaire de Cole Walker. Elle ne se montre pas. Les heures passent, et elle ne donne pas signe de vie...

Critique:
Si j'ai aimé le tome 1 de cette série, j'ai davantage apprécié sa suite. Les personnages sont bien installés, ont pris leurs habitudes les uns avec les autres, c'est sympathique de les voir évoluer ensemble. De plus, on apprend autre chose sur le passé de Mattie, chose dont je ne me doutais pas du tout.

L'intrigue du tome 1 m'a plu, mais j'étais un peu déçue d'avoir décrypté un indice; celle du tome 2 m'a semblé mieux ficelée. Les enquêteurs ne vont pas dans la bonne direction du premier coup, mais moi non plus. Je n'ai trouvé que lorsque l'autrice l'a décidé. J'ai également apprécié que tout ne soit pas concentré sur le travail des policiers. Il m'a plu de retrouver Cole au travail et dans sa vie privée. À ce sujet, pour l'instant, la romancière ne s'essouffle pas. Bien sûr, ce n'est que le tome 2, il faudra voir ce que donne la suite.

J'ai apprécié que Margaret Mizushima n'ait pas englué un personnage dans son ressentiment, et que ce protagoniste se soit montré plus sympathique envers notre héroïne que dans le tome 1. J'avais peur qu'il campe sur ses positions, et finisse par avoir l'air extrêmement ridicule et stupide.

Comme dans le tome 1, j'ai beaucoup aimé voir Mattie et Robo au travail: leur complicité, leur respect et leur grand attachement l'un envers l'autre...

La fin n'est pas absolument satisfaisante pour les personnages, mais tout ne peut pas toujours bien se terminer.

Il y a quand même un petit détail qui, pour moi, était un indice concernant un élément secondaire, c'est ce que Sophie pense de Bruno. Je suis contente parce que j'avais raison, et que je n'avais pas trouvé comment ce détail prendrait de l'importance. J'ai beaucoup aimé ce qu'a fini par en faire Margaret Mizushima.

C'est là que nous arrivons au moment fatidique de la complainte de la livrophile. Les tomes suivants ne sont pas encore sortis. Vais-je avoir la patience de les attendre, ou finirai-je par les lire en version originale, malgré mon besoin maniaque de continuité (tant au niveau de la langue que de la lectrice)?

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Tout comme dans le tome 1, le talent de Flora Brunier ne s'est pas démenti. Parfois, elle a dû jouer certaines nuances (une pointe de larmes dans la voix de Mattie, un brin d'insolence et de ressentiment dans celle d'Angie), et elle s'en est très bien tirée.

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101 lectures

jeudi, 15 octobre 2020

Les sentiers de l'oubli, de Margaret Mizushima.

Les sentiers de l'oubli

L'ouvrage:
Timber Creek, petit village du Colorado. Mattie Cobb, lieutenant de police, vient d'achever sa formation dans l'unité cynophile de Denver. Elle est déjà très attachée à son équipier, le berger allemand Robo. Pour leur première enquête, ils sont appelés près d'une cabane dans la forêt. La garde forestière a repéré des allées et venues suspectes, et ce jour-là, une grande tache de sang ne fait que renforcer ses craintes. Robo s'élance tout de suite sur une piste. Ils tombent sur un bouvier bernois blessé montant la garde auprès... d'un cadavre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture en entier, car elle en dit trop. Heureusement pour moi, je l'ai lue longtemps avant de me lancer dans le roman, ce qui fait que j'en avais oublié une grande partie. C'est en la relisant pour avoir l'orthographe de certains noms propres que je me suis aperçue qu'elle en disait trop.

L'enquête n'est pas forcément pleine de tension de bout en bout, mais l'autrice maîtrise ses effets. Les rebondissements sont à propos. Il y a bien un ou deux faux indices, mais je les ai pardonnés à la romancière, car ils étaient plausibles. De plus, un autre indice aiguille le lecteur vers la solution. J'ai été un peu déçue que l'héroïne ne le décrypte pas rapidement, surtout parce que moi, je l'ai décrypté. Cependant, elle est excusable, car l'explication qu'elle trouve au départ se tient.

Les personnages principaux sont attachants. Mattie fait son travail avec coeur. Quant à sa vie privée, elle n'est pas calme à cause du passé qui la tourmente. À ce sujet, j'imagine que les choses vont avancer dans le tome 2 de la série.
Cole et ses filles sont très sympathiques. J'ai un peu peur qu'à leur propos, la romancière s'essouffle un peu si Cole ne parvient pas à concilier un peu mieux sa vie privée et son travail.
C'est Robo que j'ai trouvé le plus attachant. Il a même réussi à me faire sourire, alors que la situation était très tendue, car il frétillait de joie à l'idée de s'occuper d'un «méchant». J'ai apprécié que la romancière ne montre pas que Mattie et Robo ont une relation absolument parfaite. Ils sont très attachés l'un à l'autre, complices, respectueux l'un de l'autre, mais parfois, Robo tente de dominer certaines situations. J'ai du mal à le croire, car pour moi, les animaux sont parfaits (hahaha) mais je sais que c'est la vérité. Cela m'a rappelé le témoignage de Shreve Stockton racontant son amitié avec un coyote. Celui-ci cherche les limites, et elle ne parvient pas à les lui imposer.

La romancière analyse bien la psychologie de ses personnages, leurs sentiments, leurs émotions.

Je vais me hâter de lire le tome 2. En anglais, il y a d'autres tomes. J'espère qu'ils sortiront en français, et bien sûr, en audio. Si cela n'arrivait pas, je pourrais les lire en anglais, car j'apprécie le jeu de la lectrice, mais j'aimerais bien qu'il y ait une certaine continuité.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'apprécie la voix et le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle modifie sa voix (à peine, et non à outrance) pour les rôles masculins, elle joue les sentiments des personnages sans cabotiner.

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