Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 2 janvier 2020

Sauvez-moi, de Jacques Expert.

Sauvez-moi

L'ouvrage:
Mars 1990. Nicolas Thomas a passé trente ans en prison pour avoir assassiné plusieurs jeunes femmes. Il vient d'être libéré. Au même moment, le 36 Quai des Orfêvres est sur une affaire de viols dont certaines victimes ont été tuées.

Critique:
J'étais assez en colère après avoir lu «Hortense», et je ne voulais pas tenter un autre roman de Jacques Expert. Mais le résumé de celui-là m'a tentée, alors j'ai décidé d'essayer. Ce roman m'a plu. Comme je suis pénible, j'ai quelques reproches, mais je sais que certains ne sont pas vraiment justifiés. Par exemple, je suis déçue que les choses aient tourné ainsi pour tels personnages... presque pour tous, en fait. Certes, mais malheureusement, tout cela est extrêmement réaliste. Tout ce qui arrive dans ce livre, si affreux soit-ce, pourrait arriver dans la vie. J'aurais voulu que cela se passe autrement, mais le fait que tel personnage souffre et que tel autre ne souffre pas n'est pas une incohérence, ce n'est pas invraisemblable.

Mon deuxième reproche est davantage recevable. Je vais le formuler sans dévoiler des éléments clés, donc certains le trouveront peut-être sibyllin. Un personnage avoue quelque chose. Par la suite, le lecteur a la preuve que ce personnage a menti. Je me suis demandé pourquoi il avait menti, car cela ne pouvait lui apporter que des désagréments. Je me suis répondu à moi-même que le personnage avait besoin de prétendre cela afin d'être estimé par sa famille. Quant à l'auteur, il n'aurait pas dû préciser que le personnage avait dit des choses qui faisaient qu'on ne pouvait mettre son aveu en doute, puisqu'après, il nous apprend que l'aveu est un mensonge...

Outre cela, l'intrigue est bien menée. Rapidement, on sait à quoi s'en tenir concernant une chose importante. Et pourtant, on ne s'ennuie pas du tout. L'histoire se poursuit, et même si on sait, on se demande comment va se passer ceci et puis cela, etc. On est toujours tenu en haleine, du moins, cela a été mon cas. De plus, mise à part la petite incohérence concernant l'aveu d'un personnage, je n'ai rien trouvé qui ne cadre pas avec l'intrigue. Bien sûr, un lecteur tatillon se demandera pourquoi certains personnages n'ont pas mis leur histoire par écrit, mais cela n'aurait rien changé, et le fait qu'ils ne l'aient pas fait n'est pas une incohérence.

Malheureusement, je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, car cela révélerait des éléments clés, mais je peux dire qu'il y en a un que je n'ai pas senti dès le départ. Je suis contente d'avoir tout de suite eu raison. J'ai d'ailleurs été étonnée que personne ne doute jamais de ce personnage. Cependant, cela se comprend. Il m'était facile de dire cela, n'aimant pas du tout le protagoniste en question.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié Florian Wormser dans «Dans la neige». Ici, il n'a pas démérité. Il a une voix qui ne se prête pas du tout à des effets pour les rôles féminins, et heureusement, il n'en fait pas du tout. Bien sûr, il monte un peu sa voix pour ces rôles, mais n'exagère absolument pas. Parfois, un personnage ayant l'accent marseillais parle. Le comédien a pris cet accent de manière très naturelle.

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49 lectures

lundi, 30 décembre 2019

The starter wife, de Nina Laurin.

The starter wife

L'ouvrage:
Claire a vingt-sept ans. Voilà deux ans qu'elle est mariée à Byron Wescott, quarante-sept ans, professeur de littérature. Elle tente de faire publier son premier roman, et d'en écrire un deuxième. Tout semble aller pour le mieux, mais un jour, la jeune femme reçoit un étrange mail qui lui glace le sang, et lui fait remettre certaines choses en question.

Critique:
Ma lecture de ce roman n'a pas été absolument comme d'habitude. Au bout de quelques chapitres, cela m'a rappelé un autre roman que j'appellerai «***» afin de ne donner aucun indice. Je n'ai pas du tout pensé que Nina Laurin avait copié sur l'auteur de «***», elle n'est donc pas à blâmer. Seulement, la situation de Claire semblait être la même que celle de l'héroïne de «***». Je me suis donc mise à espérer que cela se terminerait un peu de la même manière. Souhaitant brûler des étapes, j'ai fait quelque chose que je fais très rarement: j'ai lu l'épilogue. Ce qu'on y apprend ne me plaisant pas, j'ai pesté après l'autrice. Je pensais abandonner ce roman, mais j'ai écouté des débuts de chapitres. Ceux-ci m'ont fait comprendre deux choses: premièrement, je me suis dit que Nina Laurin avait sûrement fait encore mieux que ce que j'espérais. Deuxièmement, j'ai pensé que j'allais pouvoir lire la suite en connaissant la solution. Cela pourrait me permettre de guetter les indices, voire de tenter de prendre l'autrice en défaut. Ce genre de paris est très risqué de la part d'un auteur. Je peux dire que Nina Laurin s'en sort très bien. Il y a trois points sur lesquels je tique un peu (le premier, je l'ai d'ailleurs lu alors que je ne savais pas à quoi m'en tenir), mais ces points n'ont pas perturbé ma lecture.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ma lecture n'a pas du tout été gâchée par le fait que j'avais entendu où voulait en venir la romancière avant de lire la majorité du roman. C'est un des rares livres où je suis contente d'avoir su à quoi m'en tenir avant. Pour moi, cela signifie que l'autrice est très forte. Bien sûr, j'ai tout fait pour en savoir plus au bout de quelques chapitres, donc de toute façon, si j'avais dû blâmer quelqu'un, cela aurait été moi. Je dis que l'écrivain est très forte parce que même si je savais ce que je n'aurais pas su si je n'avais pas écouté des débuts de chapitres avant d'y arriver de manière linéaire, j'étais tenue en haleine, voulant savoir comment ceci et cela se passerait, espérant que tel personnage souffrirait beaucoup... De plus, il y a quand même des choses que j'ignorais. À un moment, j'ai recommencé à pester parce que je croyais qu'un personnage se confiait à quelqu'un d'autre que celui auquel j'avais pensé au départ. Je me disais que cela rendait le tout bancal, que ça décrédibilisait le protagoniste... et puis je me suis aperçue que je m'étais fait avoir par un autre personnage. ;-) Cela m'a beaucoup plu, parce que l'autrice m'a bernée sans déloyauté. Bien sûr, on pourrait pinailler sur sa manière de faire, mais j'ai trouvé cela bien amené.

Autre chose fait que tout en cherchant à duper son lecteur, la romancière lui donne des indices. Là, elle risque gros, mais ces indices, elle est obligée de les donner. Sinon, à la fin, tout aurait été incohérent. Je trouve qu'elle a bien amené les choses parce qu'à un moment, on ne sait plus trop ce qu'il faut croire: on sait ceci et cela, mais tel protagoniste se comporte comme ci et comme ça, ce qui contredit l'impression qu'on a de lui. Et à mesure que les choses se dévoilent, tout prend sens, même ce qui semblait contradictoire.
De plus, même si je savais certaines choses, la romancière a réussi à me surprendre. J'ai deviné un fait très peu de temps avant qu'elle ne le dévoile, et je me suis trouvée bien bête de ne pas l'avoir compris avant.

Dans ce livre, Nina Laurin étudie avec force détails un esprit malade. C'est très effrayant parce qu'on ne pourra s'empêcher de se mettre à la place de ceux que le personnage persécute, et d'espérer que cela ne nous arrivera jamais. Ce qui est un peu rassurant (en tout cas, dans ce roman), c'est que l'esprit malade fait des erreurs. Ses plans ne sont pas parfaits. Le lecteur voit ces erreurs, et est ravi quand certains autres les voient également. En espérant que s'il existe des gens aussi gravement atteints, ils feront de très grosses erreurs bien avant de causer tant de dégâts...
Une autre bonne chose est que l'autrice nous montre les côtés vulnérables de l'esprit malade. Oui, c'est un affreux personnage qui mérite mille très longs supplices, mais ce personnage a souffert, et souffre. Quand les romanciers font ainsi, j'en arrive toujours à la même conclusion: la souffrance n'est pas une excuse pour devenir bourreau, que ce soit dans les livres ou dans la vie.

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Voici les quelques éléments qui me font un peu tiquer:
Pendant une partie du roman, Nina Laurin fait en sorte que le lecteur croie que c'est Claire qui est harcelée par la personne qui s'adresse à Byron en disant qu'elle a fait ceci et cela. Donc, au début, on croit que c'est une mystérieuse inconnue qui a volé la bague que Claire a oubliée sur le lavabo du restaurant. Plus tard, Claire (Tracy) et Byron vont dans ce restaurant, et la jeune femme est mal à l'aise à cause de la bague. Lorsqu'elle pense que son mari va lui en parler, au départ, on se dit: «Elle a peur qu'il lu rappelle sa négligence.» Après avoir fini le livre, on pense: «En fait, au restaurant, elle croyait que Byron allait lui raconter que Colleen avait perdu la bague ancestrale, et elle (Tracy) avait peut-être peur de se trahir.» Seulement, au moment où Byron décide d'aller justement dans ce restaurant, elle dit: «And for a moment, I let myself imagine that maybe, just maybe, he forgot and forgave. That the ancestral ring gone from the family forever because of me is not such a big deal.» Quand on ignore la vérité, on se dit naturellement que Tracy espère que son mari lui a pardonné sa négligence. Mais quand on a fini le livre, que faut-il penser du passage que j'ai cité? À ce moment du roman, Tracy ne sait pas encore que Byron sait qu'elle a volé la bague de Colleen. Donc pourquoi s'inquiète-t-elle de cela au moment d'aller au restaurant où la bague a été volée par elle?

La seconde chose un peu discutable concerne Sarah. Tracy explique que c'est elle qui l'a dissuadée de continuer de voir Byron, mais comment a-t-elle fait, puisque Sarah raconte qu'elle a reçu des courriers électroniques de rejet de Byron lui-même? Tracy ne pouvait pas pirater le compte de Byron à ce moment-là...

Enfin, il semblerait que ce soit Chrissie qui ait tué Tracy. Il est un peu étonnant que blessée comme elle l'était, elle ait eu la force de frapper assez fort. À cause de ce que voit Tracy, on peut imaginer que c'est Emily qui, arrivant à ce moment-là, s'est emparée du marteau, et lui a donné le coup de grâce, mais c'est un peu gros. Pourquoi Byron ne s'en est-il pas chargé lui-même? Du reste, quand a-t-il prévenu Emily? Pourquoi a-t-il attendu qu'elle arrive, alors que Tracy était à terre:...

Un roman réussi (malgré les trois points qui me font un peu tiquer), des situations oppressantes, des personnages bien décrits et analysés, une intrigue bien menée...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Molly Parker Myers pour les éditions Mulholland Books.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Son intonation est toujours adéquate, et dans ce livre, elle avait fort à faire avec les différentes émotions (souvent fortes) des personnages. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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57 lectures

jeudi, 26 décembre 2019

Au scalpel, de Sam Millar.

Au scalpel

Note:
Ce livre est le volume 4 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Une nuit, Karl reçoit un appel désespéré de Lipstick. Elle est enfermée dans la salle de bains d'une chambre d'un hôtel de luxe, et l'occupant de la chambre veut défoncer la porte. Apparemment, il souhaitait que Lipstick fasse certaines choses, et celle-ci a refusé. Karl vole à son secours...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les tomes précédents. Quelques points m'ont un peu gênée, mais ce sont des détails. Le premier concerne Dorothy. Lorsqu'elle raconte des éléments de sa vie à Tara, elle parle de ses grands-parents. Entre ce qu'elle dit et ce que dit Tommy à Karl, il semblerait que du côté maternel, Dorothy ait quatre grands-parents au lieu de deux. De ce fait, je me suis dit, pendant tout le reste du roman, qu'on allait finir par apprendre que Tommy et Thérésa n'étaient pas les grands-parents de l'enfant, mais des voisins très proches d'elle moralement.

L'autre point discutable est un minuscule détail. Dans les premiers tomes, il est dit que le nom de famille de Naomi est Kirkpatrick. Dans «Au scalpel», cela devient Killpatrick.

Karl et Naomi sont toujours aussi sympathiques. Le détective est tourmenté par son passé, mais aussi par certains éléments de son présent. Malgré cela, il tente d'aller de l'avant, et agit toujours de manière à aider les plus faibles.

Je me suis demandé pourquoi Scarman n'avait pas accompli son noir dessein concernant Dorothy dès le départ. Je ne le souhaitais absolument pas, mais cela ne cadrait pas avec le personnage. À ce sujet, Sam Millar aborde un thème qui, je pense, va finir par être galvaudé à force d'être si abondamment utilisé dans les livres. J'ai déjà fait cette remarque dans des chroniques de romans abordant ce thème.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Malgré ses côtés très sombres, l'humour se glisse ici et là. Tout comme dans les tomes précédents, le lecteur est tenu en haleine. Entre suspense et ambiance oppressante, on n'a pas le temps de s'ennuyer. J'ai imaginé toutes sortes de conclusions à ce roman (surtout concernant Karl et Scarman) et je suis contente de ce que l'auteur a choisi de faire.

Ce qui arrive à la toute fin est également un point discutable. À la fin du tome 3, on comprend que la personne dont il est question n'est presque plus lucide, donc il est un peu gros que cette personne ait pu décider de faire ce qu'elle fait à la fin de «Au scalpel». En effet, cela a nécessité un minimum de préparation...

D'après ce que j'ai lu sur Wikipédia, il n'y a pas d'autres tomes à cette série. J'espère que c'est seulement une pause, et que Sam Millar en écrira d'autres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans les tomes précédents, le comédien adopte toujours le ton approprié, et ne cabotine jamais.

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70 lectures

lundi, 23 décembre 2019

Un sale hiver, de Sam Millar.

Un sale hiver

Note:
Ce livre est le volume 3 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, ce tome («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Ce matin-là, Karl trouve, sur le seuil de chez lui, une main. La police va enquêter, et le détective va garder un œil sur cela, car il aimerait savoir qui a déposé cette main à sa porte, et pourquoi.
En parallèle, une jeune femme, Jemma Doyle, lui demande de retrouver son oncle, Thomas Blake.

Critique:
«Un sale hiver» m'a plu, tout comme les deux premiers tomes de la série. Là encore, l'auteur crée une énigme dont il donne rapidement certaines réponses, ainsi, le lecteur connaît certains éléments, et tente d'imaginer ce qui manque. Ce qui m'a plu, c'est que même si j'avais deviné des choses (que j'ai trouvées parce que l'auteur l'a bien voulu) je n'avais pas compris quel était le mobile. En outre, à un moment, quelque chose que je ne parvenais pas à caser dans l'enchaînement des faits est arrivé. J'ai eu beau chercher, je n'arrivais pas à tout assembler. Lorsque j'ai eu la réponse, je me suis dit que j'avais été stupide, et que c'était évident. Soit, mais je n'ai pensé cela qu'après avoir eu la solution. ;-) Pour moi, cela montre encore que l'auteur a habilement joué. D'autre part, malheureusement, les faits qui ont mené à cette série de meurtres sont très réalistes.

Comme dans les deux autres romans, Sam Millar saupoudre les éléments angoissants d'une petite dose d'humour. Ici, par exemple, c'est l'apparition de Sean, le facteur, qui est plusieurs fois source de rire. Il y a d'autres scènes amusantes, bien sûr. Une chose m'a un peu fait tiquer. Parmi les scènes plus légères, il y a un genre de dialogue amoureux entre Karl et Naomi. Ayant lu le tome 3 immédiatement après le tome 2, je me suis aperçue que ce passage était pratiquement la copie d'un passage du tome 2. Cela m'a déplu.

J'ai apprécié la toute fin. En lisant l'avant-dernier chapitre, j'espérais que quelque chose viendrait démantibuler les plans du «méchant», et la fin montre qu'heureusement, cela a été fait. Le personnage que j'appelle «méchant» ici m'exaspère depuis le tome 1. J'aimerais que sa sœur et lui reçoivent une bonne leçon. À la fin de ce tome, il y a quelque chose, mais je m'attends à davantage...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans les tomes précédents, le jeu du comédien n'est ni trop sobre ni affecté. Il adopte toujours le ton adéquat sans surjeu ni effets de voix désagréables. Je sais que je me répète, mais je n'ai pas grand-chose d'autre à dire, donc je répète que l'interprétation est bonne. :-)

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86 lectures

jeudi, 19 décembre 2019

Le cannibale de Crumlin Road, de Sam Millar.

Le cannibale de Crumlin Road

Note:
Ce livre est le volume 2 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Géraldine Ferris demande l'aide de Karl: sa soeur de dix-sept ans, Martina, a disparu depuis un mois.

Critique:
Ce deuxième tome m'a beaucoup plu. Le premier était sombre, celui-ci l'est davantage. Karl vit des événements très durs, et accepte de faire, plusieurs fois, des choses qui le mettent en danger. L'intrigue finit par être liée à la vie privée du détective, ce qui fait que tout est exacerbé, et que certains (dont Karl) sont à fleur de peau. Si notre héros est menacé dans le tome 1, dans le tome 2, c'est bien plus réel. En effet, on n'est pas sûr que la personne qui tente de lui faire peur pour qu'il abandonne l'affaire du tome 1 aurait mis ses menaces à exécution. Dans «Le cannibale (...)», on n'a aucun doute.

Comme dans «Les chiens de Belfast», on retrouve le thème de la police corrompue. Bien sûr, tout n'est pas aussi manichéen que ce que pense Karl (il n'y a qu'à voir la fouille de la prison pour le comprendre) mais il est évident que Wilson (pour ne citer que lui), n'est pas très enthousiaste à l'idée d'ennuyer une personne si empressée à faire des dons à la police.

Il est un personnage qu'on ne rencontre que dans ce tome, et qu'à mon avis, seul Karl juge à sa juste valeur. Bien sûr, je sais que ce personnage a fait des choses répréhensibles, mais son comportement, dans «Le cannibale (...)», en fait un héros. De plus, je comprends ses raisons d'en vouloir à ce point à Wilson et à McKenzie.

Tout comme dans «Les chiens de Belfast», il n'y a pas de temps morts. On peut même dire qu'à partir du moment où Karl rencontre Jésus (pour le tourner ainsi tout en ne dévoilant rien), les événements s'enchaînent, et pendant tout le reste du roman, Sam Millar tient son lecteur en haleine.
Le prologue n'est pas de ceux qui gâchent la lecture. Là encore, il est là pour que le lecteur sache rapidement ce qu'il cherche, et il ne dévoile pas des éléments arrivant plus tard.
J'imaginais une fin davantage «giébélesque» (si je puis le tourner ainsi). Cela ne signifie pas que tout sa termine bien: certains éléments sont très durs, mais je pense que Karine Giébel aurait fait pire, et j'imaginais Sam Millar prenant cette direction. Donc même si j'aurais préféré que tel personnage soit sauvé, que tel autre souffre pendant des heures et des heures, et que Karl ne doive pas affronter quelque chose de terrible (cet élément est préparé au long du roman) à la fin, je suis contente que l'auteur ait sauvé quelques meubles.

Remarque annexe:
Lynne accuse Karl d'être responsable de ce qui est arrivé à leur fille, mais c'est elle, la véritable coupable. Son mensonge entraîne un tas de conséquences désastreuses. Je regrette que cela ne lui ait pas été dit. Peut-être le sera-ce dans l'un des deux romans suivants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans le tome 1, le jeu du comédien est naturel, sans fioritures. Il joue très bien les différents sentiments des personnages, et se fond très bien dans l'ambiance distillée par Sam Millar.

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