Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 7 mars 2019

Sisters, de Michelle Adams.

Sisters

L'ouvrage:
À l'âge de trois ans, Irène Harringford a été abandonnée par ses parents. Ils l'ont envoyée vivre chez sa tante, la soeur de son père. Celle-ci s'est chargée de la fillette à reculons. Irène n'a plus eu de contacts avec ses parents. Elle en a eu avec sa soeur aînée, Éléonore, celle qu'ils ont gardée...

Trente ans après, Éléonore téléphone à Irène pour lui dire que leur mère est morte. Elle souhaite que sa soeur vienne assister aux funérailles. Celle-ci, espérant que son père lui dira peut-être enfin les raisons de son abandon, fait le voyage de Londres à Horton, petit village écossais.

Critique:
Ce roman m'a plu. Comme je pinaille souvent, j'ai quelques reproches à lui adresser, mais ces éléments sont très loin d'avoir gâché ma lecture. Ils m'ont juste un peu agacée. Par exemple, étant donné le comportement d'Éléonore, ainsi que certains de ses propos, on comprend assez vite pourquoi Irène a été abandonnée. C'est un peu dommage, mais il fallait bien que l'auteur nous donne un petit os à ronger. De plus, elle se rattrape, car on ne sait pas tout tout de suite. J'ajoute qu'à la place des parents, j'aurais fait une chose bien plus horrible que je n'aurais même pas considérée comme telle. J'ai conscience qu'ils ont opté pour ce qu'ils estimaient être la solution la moins mauvaise, mais me connaissant, j'aurais fait quelque chose de très discutable. Aurais-je pu me débrouiller avec ma conscience, par la suite? Sûrement, étant donné ce qu'on apprend au fil des pages.

Si j'ai regretté de connaître une partie de la solution avant que l'auteur n'abatte toutes ses cartes, j'ai trouvé que le roman ne traînait pas. Michelle Adams s'attache d'abord à nous montrer la psychologie des deux soeurs. Elle fait cela très bien. Ensuite, un événement inattendu survient, et il est la raison pour laquelle les choses s'accélèrent. À partir de ce moment, la romancière a bien su faire monter la tension et le suspense, et je n'ai rien deviné avant qu'elle ne le décide. Il y a un détail qui pourrait être vu comme une incohérence, mais l'écrivain parvient à peu près à l'expliquer.

Comme souvent, j'aurais souhaité davantage d'explications concernant un élément, et aussi au sujet de l'après. Mais cela n'est pas un énorme manque.

À un moment, Irène explique qu'elle ne peut pas vivre avec sa soeur, mais ne peut pas non plus l'exclure totalement de son existence. Quant à moi, je ne sais pas si j'aurais souhaité qu'Éléonore fasse partie de ma vie, même avant de tout savoir sur son compte...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

J'avais apprécié le jeu de cette comédienne dans «La forme de l'eau», mais j'avais regretté qu'elle fasse une voix particulière à un personnage. Ici, elle modifie bien moins sa voix, elle a trouvé le moyen pour que cela cadre avec les personnages, que cela ne soit pas exagéré. D'autre part, elle est bien entrée dans la peau des divers protagonistes, exprimant bien leur peur, leur colère, leur désarroi...

Tous les chapitres commencent par un passage musical. Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, je n'aime pas du tout qu'il y ait de la musique dans un livre audio. Cela ne fait que retarder la suite du récit, selon moi, et cela enlève de la fluidité à l'ensemble.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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145 lectures

lundi, 4 mars 2019

La veuve, de Fiona Barton.

La veuve

L'ouvrage:
Angleterre, juin 2010. Glenn Taylor vient d'être renversé par un bus. Les journalistes assaillent sa veuve, Jane. Maintenant que Glenn est mort, elle peut parler, dire ce qu'elle sait quant à ce dont son mari fut soupçonné deux ans auparavant.

Critique:
Ce roman m'a bien moins plu que «La coupure», mais je l'ai aimé. Le thème principal est abordé à outrance par beaucoup d'écrivains. De ce fait, pour moi, il n'y avait pas grand-chose de nouveau, d'autant que l'auteur n'introduit rien qui démarquerait un peu son roman des autres évoquant ce sujet. De plus, si les personnages sont intéressants (surtout Jane et Bob), ils m'ont bien moins interpellée que ceux de «La coupure» (où ma préférence allait à Emma et Angie).

L'un des points positifs est l'ambiguïté de l'un des personnages. Je me suis rapidement demandé si ce protagoniste ne se jouait pas de tous. Concernant cela, la romancière amène finement les choses. Elle maintient l'ambiguïté le temps qu'il faut sans que cela soit pesant, et se sort de toutes les situations qu'elle rend étranges. À la fin, aucune question ne subsiste, rien n'est bâclé, et Fiona Barton est cohérente avec le reste de son roman. Elle n'a pas lancé de faux indices à tort et à travers qui, à la fin, se révèlent inexplicables. Je le souligne parce que certains auteurs font cela, et c'est très pénible. Fiona Barton, elle, ne se moque pas du lecteur.

Kate m'a encore plus agacée que dans «La coupure». Quelle charognarde insensible!!! Elle ne pense qu'à son contrat, à son article... Même si je pense que Jane a mal interprété certaines choses, Kate a été stupide de ne pas lui avoir fait lire l'article avant. Ainsi, Jane, sachant parfaitement ce qu'elle avait écrit, pouvait demander que ceci ou cela soit corrigé, et de toute façon, cela aurait empêché qu'elle se mette en colère, par la suite, en pensant savoir ce que disait l'article. J'ai donc été satisfaite lorsqu'elle jette Kate comme une malpropre. L'auteur a beau expliquer que certaines personnes ayant été interviewées par Kate, dans des affaires passées, ont été très heureuses de son travail et gardent contact avec elle, je l'ai trouvée particulièrement désagréable et suffisante ici. Comme je l'ai dit dans une autre chronique, je sais bien que tous les journalistes ne peuvent pas être comme celle imaginée par Julia Dahl, mais puisque Fiona Barton vante le côté humain de sa création, elle aurait dû le faire ressortir.

Ce roman étant antérieur à «La coupure», et mettant également Kate en scène, j'ai eu peur qu'avoir lu «La coupure» avant «La veuve» me desserve. Or, cela n'a pas été le cas. Il est possible que Kate se rappelle l'affaire de la veuve Taylor dans «La coupure» et l'évoque de manière à en donner la conclusion (elle le fait concernant une ou deux affaires), mais si c'est le cas, je l'ai oublié.

Même si le thème principal est (selon moi) trop abordé dans les romans policiers, le livre ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage.

Je râle souvent quand je trouve des fautes de syntaxe dans les romans ou dans l'audiodescription de certains films. De ce fait, je m'attache aussi à pointer ce qui, pour moi, est bien fait. Ici, non seulement je n'ai pas repéré d'erreurs de syntaxe, mais la traductrice, Séverine Quelet, n'a pas fait une faute qui, malheureusement, se répand. Elle a écrit «elle se le rappelle», alors que beaucoup commettent l'erreur d'écrire ou de dire «elle s'en rappelle».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Eve Dufresne pour les éditions Lizzie.

Ce roman a exactement la même structure narrative que «La coupure»: les chapitres alternent les points de vue, et celui d'un seul personnage est relaté à la première personne du singulier. Je pensais donc que comme pour «La coupure», l'éditeur audio ferait enregistrer ce livre à plusieurs voix, et qu'Anne Tilloy interpréterait les chapitres du point de vue de Kate. Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas été fait ainsi. D'autre part, Marie-Eve Dufresne fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle s'est arrangée pour adopter une intonation qui montre, sans exagération, l'ambiguïté du personnage dont je parle plus haut. Son ton est toujours approprié. Je regrette seulement qu'elle ait tenté de prononcer certains noms à l'anglophone: Terry en faisant le «r» anglophone, Saïmone pour Simon...

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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154 lectures

lundi, 11 février 2019

Fractures, de Franck Thilliez.

Fractures

L'ouvrage:
2007. Alice Dehaene a vingt-cinq ans. Voilà un an qu'elle suit une thérapie avec le docteur Luc Graham. Ce matin-là, il veut la soumettre à un test, qui, pense-t-il, pourra l'aider à faire ressortir des éléments nécessaires à sa guérison. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu. Au beau milieu de l'expérience, Alice prend peur, et s'enfuit.

Critique:
Si j'ai été déçue par les derniers romans de Franck Thilliez que j'ai lus (c'étaient également les derniers édités, à ce moment-là), si les suivants ne m'ont pas du tout tentée, il y a un moment que je veux lire «Fractures», qu'il a publié bien avant de se mettre à faire du trop spectaculaire, selon moi. Comme je m'y attendais, ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, je ne me suis pas ennuyée, donc aucun remplissage, aucun temps mort. Bien sûr, l'auteur retarde certaines découvertes, mais ce n'est pas grave parce que le récit est toujours captivant. J'avais deviné quelque chose, puis j'ai pensé que je m'étais complètement trompée, puis j'ai compris que j'avais raison. Cela ne m'a pas du tout gênée. Au contraire, cela veut dire que l'auteur a réussi à me berner, ce qui est très bien. Certains éléments peuvent être devinés assez rapidement (comme l'identité du catatonique), mais cela non plus n'est pas dérangeant, parce que c'est voulu. Il y a un élément que j'aurais dû trouver... et dont je n'ai pas su recoller les morceaux. Pourtant, l'auteur ne fait rien pour embrouiller les choses, il ne donne pas de faux renseignements... Je me suis dit que j'étais bébête de ne pas avoir compris cette solution, mais en même temps, j'ai été très contente qu'en restant simple et sans user d'artifices déloyaux, l'auteur parvienne à me damer le pion.

Malgré tous ces points positifs, il me semble avoir trouvé une incohérence. Dans le prologue, l'auteur dit quelque chose. Le lecteur se base sur cela pour le reste du roman. Cependant, il n'est plus question de cet élément par la suite, du moins plus comme on s'y attendrait. Il aurait pourtant été facile à Franck Thilliez d'expliquer la disparition de ce paramètre, après nous avoir fait croire, au long du roman, qu'il était toujours là...

À travers certains personnages, le romancier aborde un thème qui fascine et effraie à la fois. Je n'en donnerai pas la nature exacte pour ne pas gâcher les découvertes, mais il s'agit de plonger au coeur du cerveau, et de découvrir comment certains «s'arrangent» lorsqu'ils sont confrontés à des situations traumatisantes. Je suis tombée sur le même cas de figure (moins exploré cependant) dans «The niht child», d'Anna Quinn.] J'imagine que les auteurs se sont documentés, et j'aimerais savoir jusqu'où ils ont raison. J'ai également vu ces théories exposées dans d'autres livres et films, donc je me doute qu'elles n'ont pas été inventées. C'est sûrement ce qui m'effraie le plus... Pour en savoir davantage, il faudrait sûrement que je lise des ouvrages théoriques sur le sujet...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maia Baran.
Je connais peu cette comédienne qui enregistre assez régulièrement, mais qui (malheureusement pour moi) n'a pas lu beaucoup de livres qui m'ont tentée. J'avais apprécié son jeu dans «1Q84», tout en trouvant qu'elle en faisait un peu trop pour la vieille femme. Ici, je l'ai trouvée parfaite. Quels que soient les personnages et quelles que soient les émotions qu'ils expriment, elle joue sans prendre une voix affectée, sans en faire trop. C'est un tour de force, car il est assez difficile pour une femme d'apporter la dose de jeu adéquate lorsqu'elle fait parler des hommes, et que ceux-ci sont en proie à de forts sentiments.

Petite digression qui, je l'espère, ne vous cassera pas trop les pieds. Quand j'ai regardé les sorties Audiolib de février, j'ai pesté parce qu'Adeline Chetail a enregistré le Mary Higgins Clark: en effet, je n'aime pas du tout cette romancière, mais rêve de lire des romans lus par Adeline Chetail. Donc, en pestant et ressassant l'injustice qui me frappait (Mouarf mouarf mouarf! ;-) ), j'ai pensé: «Mais pourquoi ils n'ont pas fait lire «Fractures» à Adeline Chetail! Maia Baran aurait pu enregistrer «Dernière danse»! Ils n'avaient qu'à les interchanger!» Je sais que les choses sont bien plus complexes que cela. Il est évident qu'on ne choisit pas un comédien pour un livre en pensant qu'il pourrait aussi en lire un autre, et qu'on pourrait échanger ce comédien avec celui qui lit l'autre livre. J'imagine qu'Adeline Chetail a été choisie pour «Dernière danse» parce que l'héroïne est une adolescente, et que cette comédienne se glisse facilement dans la voix d'adolescentes. De ce fait, elle n'aurait pas eu la voix (le registre vocal) pour enregistrer «Fractures». Je n'ai qu'à lire l'autre roman qu'a interprété Adeline Chetail («L'empire de sable»), (Ici, imaginez une longue digression que je vais vous épargner à propos du fait qu'en anglais, ce roman a été enregistré par... Andi Arndt.), et espérer qu'elle en enregistrera d'autres.

Je continue en ajoutant une autre digression, tant que j'y suis: j'ai un peu le même souci avec Florine et Noémie Orphelin. J'aimerais qu'elles lisent davantage, et que leurs lectures me tentent. J'aimerais même (si possible) qu'elles lisent un livre à deux, et qu'en début de ce livre, soit précisé laquelle fait quel rôle. Cela me guérirait peut-être de ma confusion. En effet, je ne parviens pas à dire qui est Florine et qui est Noémie...

Pour en revenir à «Fractures», maintenant que je l'ai entendu brillamment interprété par Maia Baran, je ne l'imagine enregistré par personne d'autre! J'espère aussi que Maia Baran enregistrera d'autres romans qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%: le chapitre 57 est sur deux pistes.

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lundi, 14 janvier 2019

Anatomie d'un scandale, de Sarah Vaughan.

Anatomie d'un scandale

Ce livre sort en audio mercredi 16 janvier.

L'ouvrage:
Angleterre, fin 2016. James Whitehouse, sous-secrétaire d'état, est accusé de viol par son assistante, Olivia. Sa femme, Sophie, est d'autant plus choquée que peu de temps auparavant, James a dû lui avouer une liaison de cinq mois avec ladite Olivia. Sentant son couple voler en éclats, Sophie ne sait pas si elle pourra être un soutien sans failles pour son mari lors du procès.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Sarah Vaughan présente ses personnages, et expose leur psychologie au long du roman. Certains chapitres sont racontés du point de vue de James, d'autres de celui de Sophie, et ceux à la première personne sont narrés par Kate (l'avocate d'Olivia). Cela permet à la romancière de montrer tous ces points de vue, le ressenti de chacun lors de moments cruciaux...

Une ficelle qui ne me plaît pas est utilisée. Le récit du procès est entrecoupé de scènes appartenant au passé des protagonistes. C'est quelque chose dont je me passerais volontiers. Certains auteurs s'en tirent assez bien pour que cela ne m'agace pas. Ici, c'est plus complexe. Je n'ai pas aimé: j'aurais préféré que le passé soit conté au départ, puis qu'au bout de quelques chapitres, on en arrive au présent. Néanmoins, je comprends que Sarah Vaughan ait procédé ainsi, parce que cela lui a permis de créer au moins un rebondissement que je n'ai pas vu venir.

Il ne m'est pas facile de dire ce que je pense des personnages, parce que cela vous donnerait trop d'indices sur qui agit comment. Je peux quand même dire que j'ai compris Kate. Outre ce qu'elle est devenue et son besoin d'aider les faibles, j'ai aimé les remarques qu'elle fait dans le premier chapitre concernant la société. Je peux également dire que j'aurais souhaité que le personnage que je n'aimais pas soit davantage puni, à la fin. Soit, certaines choses donnent à penser que ce protagoniste sera enfin traité comme il le mérite, mais j'aurais voulu y assister. ;-)

Le récit du procès est bien mené, la plupart du temps par Kate. Le lecteur respire au rythme de la narratrice, absorbe ses remarques quant aux témoignages, à l'avocate de James, aux jurés... Tout cela m'a plu.

Remarque annexe:
Je regrette que la plupart du temps, le mot «colledge» n'ait pas été traduit. Il existe «université» ou «campus». Certes, ce dernier mot est le même en anglais, mais on l'emploie en français. Je ne sais pas du tout si c'est un anglicisme, mais en tout cas, le mot «colledge» n'est pas utilisé en français.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marcha Van Boven (pour les chapitres à la troisième personne) et Claire Tefnin (pour ceux narrés par Kate).

J'ai été contente de retrouver Marcha Van Boven. Comme dans les rares romans enregistrés par elle que j'ai lus, son intonation est toujours appropriée, et elle ne force pas le trait quand il s'agit des rôles masculins. Elle a très bien interprété le dépit, la colère, le découragement, ou encore la tristesse.

Claire Tefnin lit pour Audiolib depuis plusieurs années. Cela fait donc un moment que je souhaite l'entendre davantage que sur des extraits de quelques minutes, car à l'écoute de ceux-ci, j'ai pensé que c'était une comédienne talentueuse. J'ai donc été ravie d'être enfin tentée par un livre dont elle avait enregistré une partie. Je n'ai pas été déçue par son interprétation. Elle est très bien entrée dans la peau du personnage de Kate, montrant subtilement dès le début, le désarroi que celle-ci ressent lorsqu'elle ne peut pas aider une victime.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 10 janvier 2019

L'autre soeur, de Cylin Busby.

L'autre soeur

L'ouvrage:
Pennsylvanie. À l'âge de quinze ans, Sarah Morris a disparu. On ne sait pas ce qu'il est advenu d'elle. Cela fait quatre ans à présent. C'est alors qu'une jeune fille, trouvée dans une rue de Floride, dit être Sarah. Les parents sont aux anges d'avoir retrouvé leur fille. Nico, la cadette, ne sait pas trop quoi penser. Sarah a toujours été méchante avec elle, tant verbalement que physiquement. Elle ne souhaite pas que son cauchemar recommence.

Critique:
Avant de taper cette chronique, j'en ai lu une d'une personne qui regrettait d'avoir lu ce livre juste après «Angie, treize ans, disparue», parce qu'elle les avait comparés, et avait trouvé le roman de Liz Coley plus complexe. Je me souviens avoir beaucoup aimé ce livre sur le moment, mais je m'étonne toujours quant à la réelle possibilité que ce qu'il expose puisse arriver... En outre, je ne sais pas trop pourquoi cette personne a comparé ces deux livres. Pour moi, ils n'ont pas beaucoup de rapports. D'après ce que j'ai compris, la chroniqueuse a fait un parallèle à cause de la relation entre soeurs. Or, dans «Angie, treize ans, disparue», ce genre de relations n'existe pas. On n'est pas du tout dans ce cas de figure... On retrouve seulement le thème de l'enfant disparu qui revient, mais on le trouve aussi dans «Fleur de cimetière», «Souviens-toi de moi comme ça», et d'autres. Ce n'est pas une raison pour comparer tous ces romans, car tout s'y passe différemment après le retour de l'enfant.

«L'autre soeur» m'a donc beaucoup plu. Certaines chroniques disent qu'on se pose une question pendant une grande partie du roman. Pour moi, on ne se la pose pas longtemps. On sait très vite ce qu'il en est. À mon avis, c'est voulu par Cylin Busby. Ce n'est pas du tout une maladresse de sa part, étant donné la manière dont c'est fait. Cela ne m'a pas du tout gênée de savoir cela.

Nico raconte le présent de la famille (avec quelques incursions dans le passé). Entre ces chapitres, de petits passages sont racontés par Sarah. Elle évoque ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a souffert... Je me suis très vite attachée aux deux héroïnes. Chacune déclenche de l'empathie. On sent que chacune souhaite s'en sortir, et être aimée pour ce qu'elle est.

L'auteur décrit avec réalisme ce par quoi passent les parents de Sarah après sa disparition. Même si j'éprouvais de la compassion, la mère m'agaçait parfois. Pourquoi voulait-elle que Nico assiste aux événements en même temps qu'eux à chaque fois que la police pensait avoir retrouvé Sarah? Pourquoi a-t-elle fait confiance à Azul, alors qu'il semblait évident que celle-ci souhaitait seulement gagner de l'argent? Il est vrai qu'Azul n'a pas dit que des niaiseries lorsqu'elle a été consultée, mais elle n'a quand même pas dit grand-chose...

À l'instar d'autres personnages, je n'ai pas pu apprécier Paula. Je l'ai trouvée garce du début à la fin. J'ai été contente que la dernière fois qu'elle tente de nuire, monsieur Morris rappelle qu'il y a un défaut dans son témoignage.

Certains éléments auraient peut-être dû être davantage développés, car il y a des choses que je n'ai pas vraiment comprises.

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J'ai bien compris que Nico n'a pas vu Sarah tomber dans le lac, mais puisqu'elle a vu son sweat-shirt, comment se fait-il qu'elle n'ait pas vu le corps dans le vêtement? Si j'ai bien compris, elle a vu le sweat-shirt couler et se remplir d'eau. Comment se fait-il que Sarah n'ait pas été visible dedans?... Nico finit par admettre que Sarah a réellement dû tomber. Soit. Mais comment est-ce arrivé? C'est Nico qui était sur le point de tomber. Elle a entendu sa soeur dire son prénom d'un air horrifié, justement, pense-t-elle, parce qu'elle était sur le point de tomber.. Comment se fait-il qu'au moment où elle s'en sort seule, ce soit Sarah qui tombe?

Un autre élément m'a paru incongru. Comment se fait-il qu'une personne si peu respectueuse de la loi que l'était la personne qui a été la mère d'accueil de Liberty n'ait pas été arrêtée, et ait pu continuer à être mère d'accueil? Elle l'était encore lorsque Liberty est partie.

Ce roman pose certaines questions sur l'évolution du caractère de chacun, les raisons qui poussent telle personne à agir de telle manière, les choses qu'on n'ose pas s'avouer ou auxquelles on n'arrive pas à faire face...

Remarque annexe:
J'aime bien la solution qu'un psychologue propose à Sarah lorsqu'elle pense aux mauvaises choses qui lui sont arrivées. Il lui dit de penser à autre chose, comme si elle changeait de chaîne avec la télécommande de la télévision.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Erin Spencer et Arielle Delisle pour les éditions Harper Audio.

Après avoir lu ce roman, j'aurai peut-être moins tendance à confondre ces deux comédiennes... À voir... J'espère donc ne pas me tromper en disant qu'Erin Spencer a lu les chapitres racontés par Nico, et qu'Arielle Delisle a lu les petits passages narrés par Sarah. En tout cas, leur jeu m'a plu. Elles ont su rendre les sentiments des personnages sans trop en faire.

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