Romans policiers, thrillers, suspense

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samedi, 21 octobre 2017

La fille d'avant, de J. P. Delaney.

La fille d'avant

L'ouvrage:
Jane Cavendish est maintenant l'heureuse locataire du One Folgate Street. Après quelque temps, elle apprend que la dernière personne qui y a habité plus de quinze jours s'appelait Emma Matthews, et qu'elle est morte dans cette maison, trois ans plus tôt. Les circonstances de ce décès étant obscures, Jane se demande si elle ne devrait pas tenter d'en apprendre davantage sur la jeune femme.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu.
Les chapitres alternent: maintenant (Jane) et avant (Emma). En bonne pinailleuse, j'ai craint des longueurs au début. L'auteur montre d'abord la découverte de la maison par les deux jeunes femmes, puis Jane marchant inconsciemment dans les pas d'Emma... Cela me plaisait, mais j'avais peur que cela s'enlise. C'est à ce moment que, par petites touches, JP Delaney modifie le scénario auquel je commençais à m'attendre. L'un des protagonistes montre d'autres facettes de sa personnalité, et s'éloigne de l'idée que je m'en faisais.
Ensuite, même si j'ai perçu certaines choses, je n'ai pas compris où j'allais jusqu'à ce que l'auteur le décide. Les différents indices glanés au cours du récit montrent des nuances. C'est une des forces de l'intrigue. Telle personne est inquiétante, ce n'est pas forcément pour cela qu'il faut lui mettre tous les malheurs de la création sur le dos. Certains ont des zones d'ombre, cela ne fait pas d'eux des meurtriers ou des malades. J'ai particulièrement aimé que l'auteur rappelle à son lecteur qu'il ne suffit pas que quelqu'un affirme quelque chose avec conviction pour que cela soit vrai. On le sait, mais certains romans (celui-là en fait partie) montrent qu'on peut toujours être manipulé si on ne fait pas preuve d'esprit critique. Là encore, lorsqu'on finit par pouvoir démêler le vrai du faux, tout est nuancé. La faute ne revient pas à un seul personnage, sauf dans un cas précis que vous découvrirez.

JP Delaney parvient à faire monter l'angoisse du lecteur concernant cette étrange maison que loue Jane. D'abord, il y a toutes ces règles édictées par Edward Monkford, le propriétaire. C'est surtout leur nombre qui est effrayant. Certaines d'entre elles ne sont pas farfelues, comme par exemple, le fait de devoir retirer ses chaussures dans la maison. Bien sûr, il est déplacé et dérangeant qu'un propriétaire exige cela de son locataire. Parmi les éléments perturbants, il y a également le questionnaire à remplir lorsqu'on postule à la location de cette habitation. Ci-dessous l'une des questions.
«Votre fille est en train de se noyer en mer. Alors que vous vous précipitez pour la sauver, vous découvrez qu'une dizaine d'autres enfants court le même danger un peu plus loin. Vous pouvez sauver votre fille immédiatement ou voler au secours de tout le groupe, ce qui peut prendre un certain temps. Que choisissez-vous?
Vous sauvez votre enfant.
Vous sauvez les dix autres enfants.»
Ensuite, des rumeurs macabres circulent autour de la construction de cette demeure. Enfin, parfois, elle semble s'animer et montrer à celle qui l'habite qu'elle la rejette...

J'ai apprécié que la psychologue ne soit pas pompeuse, sûre d'elle, etc. Elle paraît humaine, veut vraiment aider ses patients. Bien sûr, elle colle des façons de faire à des schémas qu'elle a appris à reconnaître et a déjà vus dans son métier, mais elle ne le fait pas de manière péremptoire, et examine réellement les données qu'elle a.

J'ai été surprise de découvrir que, dans la civilisation japonaise, tant de poissons se mangeaient alors qu'ils étaient encore vivants. Cela fait que j'apprécie moins cette civilisation.

J'ai aimé la manière dont Jane résout son différend avec l'hôpital. En cette occasion, elle se montre fine, intelligente, et pense au bien commun. Elle est un peu comme ça dans tout le roman.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais j'en dévoilerais trop si je le faisais. Je le recommande!

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu et Floriane Muller.

Je connaissais déjà Ingrid Donnadieu que je suis toujours ravie de retrouver. Ici, elle n'a pas démérité. Elle parvient à modifier quelque peu sa voix sans que cela fasse affecté pour certains rôles. D'autre part, à un moment, Jane, terrorisée, appelle à l'aide. La comédienne a su doser la peur, ne s'est pas époumonée, mais n'a pas non plus crié tout bas (ce que je déteste et ce que fait souvent Emily Woo Zeller, comédienne américaine). Bref, l'interprétation d'Ingrid Donnadieu est, comme d'habitude, vivante, naturelle, et subtile.

Je ne connaissais pas du tout Floriane Muller. Globalement, son jeu m'a plu, mais je m'aperçois que je n'ai pas grand-chose à en dire.

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jeudi, 12 octobre 2017

Maintenant qu'il est trop tard, de Jessica Warman.

Maintenant qu'il est trop tard

L'ouvrage:
Nuit du nouvel an, 1986. Tabitha, quatre ans, est enlevée. Sa soeur (Samantha, sept ans), et Rémi (ami de celle-ci) voient la chose se produire. Ils vont immédiatement prévenir leurs parents qui festoient ensemble. Ils ont reconnu le ravisseur. C'est Steven, le petit ami de Gretchen, la soeur aînée de Samantha et Tabitha.
Dix ans plus tard, les familles impliquées restent marquées par le drame.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je suis un peu étonnée qu'il soit pour la jeunesse, car je l'ai trouvé assez dur moralement.

L'auteur fait quelque chose qu'en général, je n'aime pas: des louvoiements entre le passé proche (il y a quelques mois), le présent (été 1996), et le passé (dix ans plus tôt). Ici, cela ne m'a pas gênée parce que cela n'engendre pas de lenteurs ou de redondances (ce qui est souvent le cas dans les romans où les auteurs agissent ainsi). D'une manière générale, je n'ai pas trouvé de temps morts. Il n'est pas facile de parler de l'intrigue, parce qu'il faut en dévoiler le moins possible. Jessica Warman parvient à créer une ambiance oppressante. Les personnages se débattent dans leur mal être, dans les non-dits, les malentendus... L'auteur a l'art d'amener les rebondissements. Je pense surtout à la scène que Samantha et Remy surprennent: Gretchen pleurant dans les bras d'Abby et avouant son impuissance, suivie de la découverte que font les adolescents.

Samantha (la narratrice) explique comment sa famille a vécu l'après. Entre dépressions, palliatifs, dérivatifs, chacun s'en sort comme il peut. L'héroïne semble être celle qui gère cela le mieux. À un moment, lors d'une séance avec un groupe de soutien, les parents de l'adolescente expliquent qu'ils seront soulagés lorsque le meurtrier de leur fille sera exécuté. Noah (l'un des participants) leur dit que cela ne changera rien à leur douleur. C'est une question effrayante. En effet, on imagine que le fait que la justice agisse apportera au moins un peu de soulagement. Mais qu'en est-il si cela ne change rien?

J'ai compris la forme de justice que voulaient exercer les personnages, mais je me demande si avant, il n'aurait pas fallu faire parler le coupable.

Un roman aux protagonistes travaillés, à l'ambiance saisissante, à l'intrigue aboutie.

Éditeur: Pocket jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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54 lectures

jeudi, 21 septembre 2017

L'oiseau crocodile, de Ruth Rendell.

L'oiseau crocodile

L'ouvrage:
Ève et sa fille (Liza) vivent dans la dépendance de Shrove, le manoir des Tobias. Un matin, Ève réveille Liza et lui dit qu'il est temps pour elle de partir. Désemparée, mais sachant qu'il n'y a pas d'autres solutions, Liza s'en va. Elle rejoint son petit ami, Sean, à qui elle raconte pourquoi elle a dû s'enfuir. Le début de cette histoire remonte à douze ans plus tôt, alors que Liza avait quatre ans.

Critique:
Ce roman m'a plu, pourtant, il contenait des ingrédients propres à m'agacer. D'abord, il y a l'alternance entre le passé et le présent. En général, je trouve cela ennuyeux, artificiel... souvent, cela engendre des répétitions, et les deux parties de l'histoire sont inégales... Pour moi, Ruth Rendell a évité tous ces écueils dans «L'oiseau crocodile». Le plus important n'est pas tellement les meurtres. Si on rassemble habilement les éléments, on en a la clé presque dès le début. Ce qui compte, c'est la psychologie d'Ève et de Liza. Le récit est lent, mais cela n'est absolument pas gênant, car chaque page enrichit l'image que le lecteur a des deux femmes. L'une ne peut sortir d'une idée fixe, idée renforcée par une chose qu'elle a vécue; l'autre découvre que la vie n'est pas contenue dans le manoir de Shrove. Liza fascine à cause de la manière dont elle a été élevée. Sa façon de s'adapter au monde qui l'entoure dans le présent est parfois déconcertante. Par exemple, cela ne la dérange pas d'aller prendre frauduleusement un bain dans un hôtel. Elle a besoin d'être propre, et pour elle, cela passe avant tout.
À travers Liza, l'auteur soulève certaines questions. Est-on préconditionné par son éducation? Peut-on se libérer d'un carcan qui pousserait à ne reproduire que ce qu'on connaît? Elle y répond concernant Liza, mais elle montre aussi que tout dépend du caractère de la personne. En effet, la question pourrait aussi se poser pour Ève. On me rétorquera qu'elle a dû faire face à quelque chose de plus traumatisant que Liza. Certes, mais il semble que plus le temps passe, plus elle s'enfonce. Si on la comprend au début, son évolution est assez inquiétante.

Les situations décrites dans ce roman pourraient susciter des débats passionnants...

Éditeur: Calmann Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Amesse pour la Ligue Braille.

Je pense que ce lecteur n'enregistre plus de livres. J'ai bien aimé son interprétation. Il fait ce qu'il faut. J'ai trouvé dommage qu'il tente de faire le «r» anglophone pour certains noms propres. On voit bien que cela ne lui est pas naturel.

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jeudi, 7 septembre 2017

À sa place, d'Ann Morgan.

À sa place

L'ouvrage:
Helen et Ellie sont jumelles. Ellie est un peu lente, fait des bêtises... Un jour, Helen, la meneuse, a l'idée d'un jeu. Pour le reste de la journée, elles vont se faire passer l'une pour l'autre. Chacune se coiffe comme l'autre, s'habille comme l'autre, Helen fait répéter Ellie... Cela fonctionne. Mais lorsqu'Helen en a assez du jeu, Ellie refuse de lui rendre sa place. Le calvaire d'Helen ne fait que commencer...

Critique
Ce livre m'a tout de suite attirée, mais m'a également effrayée. Je me suis demandé comment Ann Morgan allait s'en sortir. Comment Ellie pourrait-elle réellement prendre la place de sa soeur, étant donné qu'elles étaient très différentes? Par exemple, scolairement, comment Ellie pouvait-elle progresser au point d'être au niveau d'Helen? Tout cela est expliqué. Je ne sais pas si l'explication me convainc tout à fait, mais elle est vraisemblable grâce à des circonstances, d'autres faits que l'auteur a su amener. Ce que j'ignore, c'est à quel point elle s'est documentée et à quel point elle a spéculé quant à ce que peut faire notre cerveau lorsqu'on est face à un traumatisme, puis à ce qu'on considère comme une échappatoire.

On peut aussi se demander comment Margaret, la mère des jumelles, ne s'est pas aperçue de l'échange. Pourquoi n'a-t-elle pas cru Helen lorsque celle-ci clamait être elle-même? Ça aussi, c'est expliqué. Et malheureusement (mais heureusement pour la crédibilité de l'intrigue), c'est extrêmement convaincant... C'est préparé, très bien amené... si l'auteur n'avait pas fini par le dire, j'aurais râlé, car c'était une évidence.

Certaines choses sont un peu moins bien expliquées. Par exemple, pourquoi Helen ne parvient-elle pas à se faire entendre? Certes, elle est trop impliquée et laisse ses émotions prendre le dessus. Cela peut se comprendre. Cependant, son but étant de prouver qu'elle est elle-même, pourquoi ne parvient-elle pas (scolairement, par exemple) à être comme avant? Tout comme pour Ellie, des éléments de réponse sont donnés, mais leur crédibilité est discutable.

Certains trouveront peut-être étrange (voire artificiel) que les jumelles se soient à ce point accrochées à un prénom. Pourquoi Helen ne pouvait-elle pas transformer la Ellie qu'elle était censée être en Helen? Pourquoi le prénom la bloquait-il à ce point? Pourquoi transcendait-il Ellie lorsqu'elle a pu être Helen? Cela s'explique par le fait que les jumelles étaient très jeunes, attachées à leurs repères et au sens de ces repères, mais aussi par le fait que leur éducation avait été très chaotique. Tout en acceptant cette explication, je me dis quand même qu'Helen aurait peut-être pu surmonter le prénom.

Un autre épisode est mal expliqué. Celui où Helen veut montrer qui elle est devant Mary. Ellie retourne la chose à son avantage, mais comment se fait-il que Mary soit dupe? Pourquoi ne va-t-elle pas chercher Helen au bout de quelques minutes? Surtout si elle pense que c'est Ellie, celle-ci ayant la réputation d'être fragile.

Ann Morgan s'est attachée à la psychologie des personnages, montrant les multiples conséquences d'événements, de malentendus engendrés par des non-dits, dont on ne peut pas se relever, surtout si on n'est pas aidé. J'ai trouvé cela très bien exposé. Helen est la narratrice, de ce fait, on profite moins du point de vue d'Ellie. L'auteur en montre un aperçu lors de la scène où celle-ci, adolescente, va provoquer Helen qui écoute de la musique dans la voiture, mais aussi grâce à la lettre écrite par la femme qu'elle est devenue. (Au sujet de cette lettre, l'auteur exagère un peu. Souhaitant faire durer le suspense, elle retarde beaucoup l'ouverture de l'enveloppe et la lecture de son contenu. Je ne lui en veux pas trop parce qu'elle comble cela par des éléments intéressants, mais je n'ai pas aimé la ficelle. (Dans les rares moments où on entrevoit Ellie, on comprend confusément (à l'instar d'Helen) qu'elle aussi souffre. Par la suite, sachant tout ce qu'il y a à savoir, je me suis demandé comment elle avait pu se contrôler à ce point. Il aurait peut-être fallu qu'on la voie davantage, que l'auteur la montre dégringolant, car il n'est pas très logique qu'elle ait pu à ce point donner le change sur une si longue période. On a de petits aperçus de sa faiblesse lorsqu'Eloïse dit certaines choses à Helen, mais il en aurait fallu davantage.

Les chapitres alternent le passé et le présent. En général, je n'aime pas cela, car l'une des deux époques est souvent moins intéressante que l'autre, et puis je n'aime pas les récits non linéaires. Dans la vie, il n'y a pas d'alternance passé présent. Ici, cela m'a moins dérangée que chez certains autres. J'ai été gênée au moment où Helen raconte un épisode heureux de son passé, car son présent nous a déjà montré qu'il s'est mal terminé, même si on ignore comment cela se fait. De plus, il y a une correspondance qu'une structure linéaire aurait établie de manière plus marquée (telle qu'elle est ici, il faut que le lecteur soit plus attentif). Je parle de ce que la grand-mère dit (à demi-mot) à Helen. Quelques chapitres plus loin, on en entend à nouveau parler, et on assemble certaines pièces... L'auteur ne confirme jamais explicitement cette déduction, mais elle souhaite que le lecteur la fasse. Cela n'excuse en rien la victime présumée, mais cela donne un élément de plus au lecteur afin qu'il se forge une idée de ce personnage.

J'ai lu quelques avis avant de commencer le roman. Certains se plaignent de la fin. Une personne en a même été extrêmement déçue, et pour elle, cela gâche le livre. Apparemment, ces personnes attendaient un revirement de situation, un rebondissement, une chute qui remette tout en question. Je tiens à remercier l'auteur de ne pas avoir tenté cela. J'ai été tellement déçue par des fins qui se voulaient ainsi, et qui, à mes yeux, ne parvenaient qu'à gâcher le tout (Exemples: «Hortense», de Jacques Expert dont la fin révèle des incohérences; «Ma vie pour la tienne», de Jodi Picoult; et tant d'autres!) qu'à l'inverse des personnes qui attendaient cela, je l'aurais détesté. C'est un roman psychologique. C'est tout au long de la narration qu'on découvre, peu à peu, des indices, des éléments d'analyse. Le dernier rebondissement (si on peut appeler cela ainsi) est ce que j'aurais reproché à la romancière de n'avoir pas fait. D'autre part, on peut voir les tout derniers mots comme une sorte d'évolution, d'acceptation, de compréhension: c'est moi qui me construis, ce n'est pas mon prénom et ce qu'il implique pour les autres. Pour moi, ce livre n'était pas fait pour une fin spectaculaire. Celle inventée par Ann Morgan est préparée. Rien dans le roman ne laisse supposer une chute. Donc, si vous recherchez cela, passez votre chemin.

Malgré certains aspects discutables, ce livre est un coup de coeur!

L'auteur étant anglaise, l'éditeur audio a demandé à la comédienne qui a enregistré le roman de préciser le titre et l'éditeur papier originaux. Je trouve que c'est une très bonne chose. J'espère que désormais, cela sera fait pour tous les romans étrangers publiés par Audible.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'ai beaucoup apprécié le jeu de la comédienne. Elle modifie à peine sa voix pour les hommes, ce qui fait que cela reste naturel. Elle sait prendre une voix de fillette. Elle joue très bien «les voix» (vous verrez desquelles il s'agit), changeant très rapidement (et sans difficultés apparentes) d'intonation. Elle joue à merveille la colère, la peur, etc. Elle fait certaines liaisons pas forcément nécessaires (comme pour «papier aluminium»), mais étant une fan des liaisons, et déplorant que beaucoup les délaissent, ce n'est pas moi qui irai le lui reprocher.
J'ai regretté qu'elle prononce des noms propres comme Mary en faisant le «r» à l'anglophone, ce qui, pour moi, n'est pas naturel dans un texte en français.
Je ne comprenais pas pourquoi, parfois, elle prononçait Ellie avec un «h» au début. Non seulement ce «h» n'est pas commun dans la prononciation française, donc je le trouve incongru dans un texte en français, mais ici, le prénom ne commence pas par un «h»... Elle m'a expliqué qu'après l'échange, le prénom Ellie était écrit différemment, héritant du «h» d'Helen, et que l'éditeur audio avait voulu le retranscrire de façon sonore. Si je comprends ce qu'a voulu faire l'auteur (Ellie ne voulait plus être elle-même, mais ne parvenait pas vraiment à être sa soeur), je n'en vois pas l'utilité. Le souhait de l'éditeur audio est logique, et peut-être suis-je la seule que cette prononciation gêne. J'avoue que j'aurais préféré une note de l'éditeur audio expliquant les différences orthographiques. (Je suppose qu'après l'échange, Helen s'écrit Ellen.) Il est vrai qu'en anglais, la prononciation de ces prénoms est naturellement différente.

Je croyais découvrir Camille Lamache avec ce livre audio. Or, pendant tout le roman, j'ai trituré mon cerveau en me demandant où je l'avais déjà entendue. Elle n'a pas de fiche sur DSD, et sa voxographie n'est pas sur son site. Il y a bien des extraits dans la rubrique «démos», mais cela ne me rappelle rien. Son CV en ligne remonte (pour les séries) à 2015 ou 2016, et je pense l'avoir entendue il y a bien plus longtemps, sûrement dans une série. Normalement, je pourrai bientôt cesser de torturer mon cerveau et mes éventuels lecteurs, car la comédienne va mettre sa voxographie sur son site.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Il y a six pistes d'environ dix chapitres chacune.

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lundi, 7 août 2017

As night falls, de Jenny Milchman.

Les

L'ouvrage:
C'est une soirée comme les autres dans la famille Tremont. Ben et Sandy terminent leur repas, leur fille (Ivy) est dans sa chambre. C'est alors que Nick et Harlan (deux prisonniers en fuite) entrent chez eux.

Critique:
Ma première pensée après avoir terminé ce roman a été: Karine Giébel a fait mieux dans «Purgatoire des innocents». L'idée de départ est bonne. Lorsqu'elle est bien exploitée, elle tient le lecteur en haleine. D'ailleurs, au début, Jenny Milchman y parvient. Seulement, elle a voulu créer trop de rebondissements, et pour ce faire, n'a pas hésité à insérer des incohérences. Par exemple, il est logique qu'Ivy soit en colère après sa mère lorsqu'elle découvre un certain fait, mais cela ne devrait pas la rendre bête au point d'informer les bourreaux de quelque chose d'essentiel. D'autre part, à un moment, Sandy parvient à atteindre un téléphone. Elle se dit qu'elle ne va pas appeler la police parce que celle-ci est déjà venue. Elle appelle la personne qui, pense-t-elle, pourra peut-être les aider. D'abord, même si Nick est occupé à parler à Harlan, il n'est pas crédible qu'il ne se rende compte de rien (surtout qu'il a anticipé certains autres gestes qui étaient moins prévisibles). Ensuite, il n'est absolument pas logique que Sandy appelle la personne en question et pas la police! Il y a d'autres incohérences qui affadissent le roman.

D'une manière générale, l'intrigue perd vite de sa force. Les personnages agissent souvent en dépit du bon sens (comme le montrent certains de mes exemples), plusieurs rebondissements sont gros, il y a des redondances... On n'avance pas vraiment. En outre, je n'ai pas aimé la toute fin dont un élément rappelle la fin de mauvais films d'horreur. Bien sûr, on n'a aucune certitude, mais un gros doute plane.

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, sauf peut-être Ben et Harlan. Sandy et Ivy m'ont beaucoup agacée. Sandy a quand même les circonstances atténuantes, étant donné son passé. Quant à Nick, l'auteur nous le montre détestable, puis il semble qu'elle change d'idée, et veuille montrer un côté de lui qui attirerait la compassion. Cela n'a pas fonctionné sur moi, j'ai trouvé cela trop gros.

Il y a quelques retours en arrière sur l'enfance de Nick, ce qui fait que le lecteur comprend pourquoi les choses sont ainsi par la suite. J'ai apprécié que l'auteur n'ait pas choisi le thème galvaudé de l'enfant maltraité. Ici, c'est plus compliqué.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susie Berneis pour les éditions Dreamscape.

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