Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 20 juin 2019

Les illusions, de Jane Robins.

L'ouvrage:
Callie et Tilda sont jumelles. Tilda est actrice, Callie travaille dans une librairie.
Un jour, Tilda présente son petit ami (Félix) à sa soeur. Celle-ci passe de sympathiques moments avec le couple. Mais certains éléments la mènent à penser que Félix manipule Tilda, et est violent envers elle.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Callie en est la narratrice. Au départ, j'ai imaginé que Jane Robins allait reprendre un thème (la violence conjugale physique et morale) et montrer jusqu'où cela peut aller. Cela me plaisait, même si cela ne m'apprenait rien de plus que ce que je savais, car le récit était palpitant. Si l'autrice ne nous dit rien de nouveau sur le thème, elle montre rapidement que son roman ne parlera pas uniquement de cela. À cause de ses craintes pour sa soeur, Callie fait certaines rencontres qui la mèneront dans un autre engrenage. On découvre aussi sa vie professionnelle et sentimentale. Et puis, par des retours en arrière, elle nous en apprend davantage sur Tilda et elle-même. Je n'aime pas les récits contenant des retours en arrière, et ici, le fait de ne pas toujours lire le présent de l'héroïne m'a beaucoup agacée, mais ces incursions dans le passé ne sont pas inutiles.

À mesure que l'intrigue avance, Callie découvre des choses, des événements déroutants arrivent... J'ai d'ailleurs été très déçue que l'un d'eux soit indiqué dès le départ, dans un prologue là pour faire saliver le lecteur, et qui a eu (comme d'habitude) l'effet inverse sur moi. Il aurait mieux valu qu'on apprenne cet événement au moment du récit où il a lieu, et pas dans un prologue qui ne fait que «spoiler» un élément clé.

À un moment, je me suis mise à soupçonner tout le monde d'être responsable de l'événement en question, mais également d'autres choses. Par exemple, j'imaginais que tel personnage était le véritable auteur de la lettre que Tilda écrit à Callie, etc. Callie elle-même n'est pas irréprochable. J'ai notamment été très gênée par son besoin de faire une certaine chose qui dénote une personne pas très nette. Bien sûr, cette chose est expliquée, à la fin, mais je n'ai pas été convaincue. Je sais que sur ce point, c'est moi qui suis trop sévère: l'attitude de Callie et ses raisons sont sûrement bien pensées.

La solution de l'énigme ne m'a pas trop étonnée, mais elle cadre parfaitement avec le reste, et n'a pas besoin de surprendre pour faire froid dans le dos. J'ai été un peu déçue de la décision de Callie dans le dernier chapitre, mais je sais qu'elle ne pouvait pas faire autrement...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëla Le Devehat pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. J'ai apprécié sa voix (pas trop grave et légèrement voilée) ainsi que son jeu. Elle est très bien entrée dans la peau des personnages, n'a pas pris d'horribles voix caricaturales pour les rôles masculins, et a très bien joué les émotions de chacun: peur, colère, désespoir... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir!

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13 lectures

jeudi, 23 mai 2019

Mauvais garçons, de Linwood Barclay.

 Mauvais garçons

L'ouvrage:
Zack Walker est maintenant journaliste. En ce moment, il observe le travail d'un détective privé (Lawrence Jones) pour son prochain article. L'ancien policier surveille des truands qui cambriolent des boutiques. C'est au cours d'une de ces surveillances que Zack lui raconte que sa fille, Angie (dix-huit ans), est embêtée par un adolescent de son âge. Zack ne sait pas vraiment si le garçon lui semble être un danger pour Angie ou pour lui-même qui serait obligé de voir sa fille grandir.

Critique:
Moi qui me suis lassée des polars «classiques» de Linwood Barclay, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les Walker. Ce qui change, c'est que les romans mettant cette famille en scène sont majoritairement drôles. Zack est toujours obsédé par la sécurité, par ceux dont on ne se méfie pas assez... Il est un aimant à ennuis, car on le retrouve partout où il y en a. Il s'en attire aussi en se lançant dans des expéditions rocambolesques et en se transformant en détective du dimanche.

L'auteur a créé du comique de répétition, avec, par exemple, les allusions récurrentes à la garde-robe peu attrayante de Zack.
Même lorsque notre héros est en très mauvaise posture, l'écrivain glisse des instants cocasses qui ne tombent pas à plat. Certains reposent sur l'adoration fétichiste d'un truand pour les barbies. Celui qui m'a le plus fait rire est soigneusement préparé par de petits faits anodins, des circonstances qui s'additionnent pour aboutir à... ce qui arrive à la fin du chapitre 35 et au début du 36. Je suis étonnée que le romancier soit si bien parvenu à agencer situations et répliques pour faire rire et effrayer sans en faire trop. Il se sert d'ailleurs de l'humour pour détourner l'attention du lecteur... pour mieux le plonger dans la terreur de ce que vivent les protagonistes.

On s'identifie facilement aux personnages. Ils ont une vie quotidienne banale. De là à craindre d'être transporté dans les mêmes tourments qu'eux, il n'y a qu'un pas.

Une très bonne comédie policière!

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alain Petit pour l'INCA
Le lecteur a su entrer dans la peau des personnages, et louvoyer entre comique et terreur sans trop en faire. Sa prestation aurait pu être telle que je n'aurais pas regretté que ce tome ne soit pas enregistré par Yves Vanmeenen, qui a lu le 1 pour la Ligue Braille. Malheureusement pour moi, Alain Petit prononce certains noms propres avec un accent anglophone. Je sais qu'au Canada, on le fait encore plus qu'en France. Cela ne m'a pas empêchée de trouver affreux d'entendre «Trevor» à tout bout de champ prononcé à l'anglophone (et ce n'est pas le seul) dans le texte en français. J'avais même l'impression (mais peut-être prenais-je mes désirs pour des réalités) qu'il était pénible au lecteur de faire la gymnastique.

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samedi, 11 mai 2019

Vue pour la dernière fois, de Nina Laurin.

Vue pour la dernière fois

L'ouvrage:
À dix ans, Ella Santos est enlevée. Trois ans plus tard, son ravisseur la relâche.
Dix ans passent. Un jour, la jeune femme voit une affichette: une fillette, Olivia,a été enlevée. Elle ressemble trait pour trait à Ella lorsque celle-ci avait dix ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me doutais qu'il serait difficile psychologiquement, et cela m'effrayait un peu, mais mon envie de le découvrir a été la plus forte. Ella est un personnage sympathique. Si sa propension à s'autodétruire est agaçante, elle est compréhensible. Sa situation est terrible. Comment s'en sortir après ce qu'elle a vécu? En tout cas, l'autrice montre une héroïne travaillée, creusée, crédible.

Le récit est sans temps morts. L'écrivain maîtrise la tension, le suspense... À mesure que la lecture avance, certaines choses se mettent lentement en place. Très vite, et ce pendant tout le roman, Nina Laurin éparpille de petits indices en rapport avec tel ou tel aspect de l'intrigue. Cela fait qu'un élément, tout en m'horrifiant, ne m'a malheureusement pas surprise. Il m'a d'ailleurs fait penser à un autre roman que je ne citerai pas pour ne pas donner une indication trop importante. Quant à l'autre révélation (qui est, elle aussi, très bien préparée), je l'ai devinée très peu de temps avant que la romancière ne la donne. Tout est cohérent, tout s'imbrique très bien.

Comme dans le roman auquel certains aspects de celui-ci m'ont fait penser, j'aurais voulu que deux personnages souffrent davantage. Pour moi, ils n'ont d'ailleurs même pas souffert. Mes raisons sont identiques à celles que j'avais en lisant l'autre roman. D'ailleurs, la seule chose pour laquelle j'en ai voulu à Sean, c'est parce qu'il n'a pas torturé l'un de ces personnages quand il le pouvait. Certes, ce n'était pas si simple...

Comme souvent, j'aurais souhaité une fin qui se prolonge. Je pense que l'autrice n'est absolument pas à remettre en cause: c'est moi qui voudrais pouvoir suivre les personnages qui m'intéressent, et qui ai du mal à les quitter. D'habitude, cela m'arrive avec des romans plus légers. Si cela commence à me faire la même chose concernant les thrillers, je ne suis pas sortie de l'auberge. ;-)

Je me rends compte que j'aimerais dire beaucoup d'autres choses, mais que je ne le peux pas sous peine de trop en dévoiler. Alors, je ne peux que vous conseiller ce roman bien pensé.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandra Mori.

La comédienne adopte toujours le ton adéquat. Son jeu m'a plu. Elle ne force pas sa voix pour les rôles masculins, et à part Lainey (qu'elle prononce Leïné», alors que cela se dit «Leïny»), elle n'a pas mal prononcé les noms propres anglophones. J'ai trouvé, par exemple, que sa prononciation de Sugar était bonne, alors qu'à mon avis, il est très facile d'exagérer en disant ce mot.
Quelque chose m'a dérangée. C'est en écoutant Alexandra Mori que je me suis pleinement rendue compte (je le savais déjà, mais là, il a fallu que je l'admette) que... j'étais une extrémiste du français standard! En effet, j'ai été très gênée que la comédienne prononce certains sons «é» fermés alors qu'ils doivent être ouverts. Par exemple, certaines formes verbales terminées par «ais» ou «ait» ou «aient», ainsi que certains mots terminés par «ès», etc. Elle fait aussi cela en prononçant certains «o», et des mots terminés par «euse» ouverts alors qu'ils devraient être fermés, mais elle ne le fait pas à chaque fois. En tant que puriste, voire extrémiste (snif snif), du français standard, j'ai déjà râlé après certains comédiens qui faisaient ce genre de fautes, mais je n'ai rien dit parce qu'elles n'étaient pas si fréquentes. J'ai l'impression qu'Alexandra Mori les a accumulées, voilà pourquoi je le souligne ici.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: il y a plusieurs chapitres (de trois à cinq) sur une piste. Cela m'a étonnée, parce que cela fait un moment que les éditions Audible respectent la structure des livres.

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lundi, 6 mai 2019

Find me gone, de Sarah Meuleman.

Find me gone

L'ouvrage:
1996, Bachte-Maria-Leerne, village belge. Sophie et Hannah, douze ans, sont très amies. Hannah est populaire, alors que personne ne recherche la compagnie de Sophie. Petit à petit, Hannah se fait d'autres amis, et s'éloigne de Sophie...

2014, New York. Hannah est journaliste. Elle s'est lancée dans l'écriture de la biographie de trois romancières du vingtième siècle. À mesure qu'elle se documente quant à leur passé, elle se replonge dans le sien, et repense à ces années de son enfance.

Critique:
Ce livre m'a plu, même si certains passages m'ont semblé un peu longs. N'étant pas férue d'Agatha Christie ni de Virginia Woolf, les chapitres concernant leur vie m'ont moins intéressée. Quant à Barbara Follett, je ne la connaissais pas du tout, donc il m'a plu de la découvrir un peu à travers les recherches de l'héroïne.

L'intrigue est bien menée. Après avoir lu le dernier chapitre, je me suis souvenue de passages qui pouvaient être interprétés de deux façons différentes selon les informations données au lecteur. J'en ai réécouté quelques-uns pour voir si je pouvais prendre Sarah Meuleman en défaut, et j'ai constaté, avec plaisir, qu'elle avait finement joué. Bien sûr, je n'ai pas tout réécouté, et je pense qu'il serait intéressant de relire le roman après avoir eu un paramètre, et de voir si l'autrice peut être prise en défaut. Il n'y a qu'un petit passage (quelques phrases) qui m'a paru discutable, mais ce n'est pas dû à Sarah Meuleman, c'est le ton de Cassandra Campbell (la lectrice) qui, pour moi, n'est pas assez ambigu. Il l'est un peu, mais je pense qu'elle aurait pu le rendre un peu plus équivoque sans que cela ne dévie le lecteur de ce qu'il croit au départ, et sans que la deuxième lecture ne donne à penser qu'elle exagère. Pour moi, elle aurait pu, sans problèmes, adopter ce ton qui n'aurait paru ambigu qu'à la deuxième écoute, ce qui est justement le but.
Quant au paramètre qu'on découvre à la fin de l'avant-dernier chapitre, je l'avais envisagé, mais ne m'y étais pas vraiment arrêtée, pensant que tel caractère ou tel événement ne collait pas. Et pourtant, après lecture, je me rends compte que si, tout colle, et surtout le caractère d'un personnage.

Comme souvent, la quatrième de couverture (en tout cas, celle en anglais) en dit trop. Elle fait qu'on connaît un événement bien avant qu'il arrive. Cela ne gâche pas vraiment la lecture, mais j'aurais préféré découvrir ce fait à mesure de mon avancée dans le roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, mis à part le petit reproche que je lui ai adressé quant aux phrases qu'elle aurait pu prononcer sur un ton un peu plus ambigu, je n'ai rien à redire à son interprétation.
Lorsqu'elle enregistre les chapitres concernant Agatha Christie et Virginia Woolf, Cassandra Campbell prend un accent anglais pour les répliques des personnages. Je n'aime pas l'accent anglais, mais joué par cette comédienne, je l'ai trouvé supportable. Heureusement pour moi, elle prend très peu cet accent au long du roman.

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jeudi, 25 avril 2019

L'opossum rose, de Federico Axat.

L'opossum rose

L'ouvrage:
Ted a décidé de se suicider. Il ne voit aucune autre solution, étant donné qu'il est atteint d'une tumeur inopérable. Alors qu'il va se faire sauter la tête, on sonne à sa porte. Un homme lui crie qu'il doit absolument lui ouvrir. Ted se résigne. L'homme lui apprend qu'il sait ce qu'il est sur le point de faire, et qu'il a une proposition intéressante à lui faire. Il connaît d'autres personnes qui souhaitent en finir: si Ted accepte de tuer l'un de ces gens, quelqu'un viendra ensuite le tuer. Il vaut mieux, lui explique l'homme, qu'il soit assassiné plutôt que suicidé. Cela sera moins éprouvant pour sa femme et ses filles.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Après que Ted a accepté de mettre fin aux jours de quelqu'un qui souhaite en finir, je me suis demandé comment ferait l'auteur pour continuer son roman sans faire de remplissage. Il s'en sort très bien. Il y a d'abord ce que découvre Ted lorsqu'il accomplit sa mission. Ensuite, les événements s'enchaînent, et certains sont de bons rebondissements. Tout n'est pas aussi simple que ce que le lecteur pourrait croire à la lecture des premiers chapitres. À un moment, j'ai pesté après certains personnages (surtout l'un d'eux), en plaignant ce pauvre Ted qu'on abusait... Oui, mais ce personnage qui m'agaçait n'avait finalement fait que ce qu'il pouvait faire... Lorsque j'ai appris ce qui arrivait vraiment, j'ai encore pensé que Federico Axat ne pourrait pas rendre tout cela vraisemblable. J'avais peur que le personnage que j'appréciais le plus soit coupable de tout... Heureusement, l'auteur n'a pas fait quelque chose d'aussi inepte. Tout est bien préparé, rien n'est bâclé... À la fin, tout est plausible. Une chose m'a déçue, mais ce n'est pas une incohérence, ce n'est pas quelque chose qui peut gâcher la lecture. Elle en décevra peut-être d'autres, mais elle ne rend pas le roman moins bon.

J'ai mis du temps à apprécier Laura, car je la voyais insensible et ambitieuse. Là aussi, il faut faire confiance à l'auteur: Laura n'est pas aussi simple que ce qu'on pense au début...

Il manque peut-être quelques explications concernant Justin. Je sais que je pinaille, et que ce qui est dit est suffisant, mais j'aurais aimé en savoir davantage. De plus, apparemment, Justin est un personnage qu'au final, le lecteur doit apprécier. Je n'y ai pas réussi...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maxwell Hamilton pour les éditions Hachette Audio.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Il met le ton adéquat, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les personnages féminins.

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