Romans policiers, thrillers, suspense

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vendredi, 6 décembre 2019

Les ombres du désert, de Parker Bilal.

Les ombres du désert

L'ouvrage:
Le Caire, 2002.
Makana doit suivre un avocat, maître Ragab, que sa femme soupçonne d'adultère. Au bout d'une semaine, il ne trouve rien de suspect, sauf une chose, mais elle ne signifie pas que Ragab trompe sa femme. Peu après, l'avocat vient trouver Makana, et lui dit que, sa femme étant satisfaite de ses services, il souhaite l'engager pour tout autre chose. Karima, une jeune fille de dix-sept ans, vient de succomber après que son appartement a brûlé. Ragab veut savoir qui y a mis le feu. Il soupçonne quelqu'un, et souhaite que le détective fouille dans cette direction.

Critique:
J'ai apprécié ce tome 3 des aventures de Makana, mais je ne peux pas dire si je l'ai autant aimé que les deux précédents. Au départ, il m'a plu que le détective se retrouve à passer d'une filature à quelque chose de tout autre. Il m'a aussi plu que l'énigme reste opaque pour moi. Je n'ai rien deviné avant que l'auteur ne le décide. Par exemple, lorsque Makana arrive à Siwa en pleine enquête pour meurtre, je me doutais, comme lui, que les choses étaient plus complexes qu'il n'y paraissait.
Après un bon démarrage, l'intrigue traîne un peu. Cela ne m'a pas trop gênée: l'auteur pose certaines choses, Makana prend la mesure de faits, de personnages... En arrière-plan, on retrouve les interrogations du détective concernant sa fille. Le personnage principal reste très sympathique. C'est reposant, cela fait un protagoniste dont le lecteur peut être sûr.
Pour moi, les fils des énigmes n'étaient pas forcément faciles à démêler. Je pense que le meurtrier de Siwa aurait dû s'attaquer d'abord aux personnes les plus nuisibles...

À un moment, l'auteur met son lecteur sur de fausses pistes, mais il le fait sans exagération. Cela fait qu'on doute, mais sans se précipiter tête baissée sur ces pistes. Je trouve cela bien fait.

Entre les meurtres macabres et les divers massacres au pistolet et à la mitrailleuse, j'ai trouvé qu'il y avait trop de cadavres. Cependant, cela cadre avec les événements de la série. De plus, Makana échappe au massacre (ce dont on peut se douter avant de commencer le roman, puisque d'autres livres le mettant en scène suivent celui-ci), même s'il y laisse quelques plumes...

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Xavier Thiam.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Vous pouvez me croire quand je dis qu'il a bien interprété ce roman. En effet, j'ai été très déçue de constater qu'à l'inverse des tomes 1 et 2, ce volume n'était pas enregistré par Éric Herson-Macarel. Le pauvre Xavier Thiam démarrait mal avec moi, car à mes yeux (à mes oreilles, devrais-je dire), aucun comédien ne peut égaler Éric Herson-Macarel. Après être parvenue à mettre ma déception de côté, j'ai fait attention au jeu du comédien, et je l'ai trouvé très bon. Il modifie quelque peu sa voix pour certains rôles, mais pas à outrance. D'autre part, il rend bien les sentiments des personnages. Je trouve quand même dommage qu'il prononce «égailler» comme on prononce «égayer».

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jeudi, 5 décembre 2019

Meurtres rituels à Imbaba, de Parker Bilal.

Meurtres rituels à Imbaba

L'ouvrage
Le Caire, 2001. Makana doit enquêter sur une lettre (citant le Coran) reçue par le patron de l'agence de voyages l'Ibis bleu. L'homme est sûr que c'est une lettre de menaces. Makana n'est pas vraiment convaincu. C'est alors qu'une employée de l'agence lui dit qu'il y a deux autres lettres, et qu'elle n'en a rien dit au patron parce qu'elle pense être la cible des menaces.

Critique:
Encore une fois, ne lisez pas la quatrième de couverture: elle en dit trop.

Ce roman m'a plu, même si certains aspects auraient pu me rebuter. Par exemple, on se rend vite compte que politique et corruptions sont de la partie, car en enquêtant, Makana tombe sur d'autres éléments qu'il va creuser. Ces éléments sont bien exploités, bien dosés, et ils ne m'ont pas fait reculer. D'une manière générale, l'intrigue est bien construite, rien n'est bâclé. Il y a juste, à mon avis, une incohérence. Je pense qu'au moment des faits impliquant l'orphelinat, les prêtres auraient dû soupçonner le véritable coupable. Étant donné ce qu'il faisait (en dehors des meurtres), il était facile de penser qu'il était responsable. Bien sûr, les prêtres ne savaient peut-être pas ce qu'il faisait, mais c'est là qu'est l'incohérence: s'ils avaient remarqué le comportement étrange de celui qu'ils ont fini par soupçonner, comment ont-ils fait pour ne pas remarquer les actes du véritable coupable?!!!

L'auteur parsème son roman de rebondissements, il n'y en a pas uniquement à la fin. De plus, ils sont bien amenés. Cela m'a plu.

J'ai apprécié qu'on retrouve certains personnages croisés dans le tome 1, comme le vieux brocanteur ainsi que le journaliste. Quant à Makana, je l'ai autant apprécié que dans le livre précédent. Il m'a fait rire en répondant toujours à une question par une autre question. Outre son enquête, il se retrouve face à un dilemme extrêmement délicat. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, mais je trouve qu'il a fait ce qu'il fallait. J'imagine que dans le tome 3, il va tenter (Mais que peut-il faire?) de savoir si ce qu'on lui a dit est vrai...

On retrouve aussi l'ancien chauffeur d'Hanafi qui se révèle une aide précieuse pour notre détective, et une source de rire pour le lecteur.

Je ne sais plus si Aziza est évoquée dans le premier tome, mais dans ce roman, elle prend un peu de place, et cela m'a plu. J'ai deviné quelque chose la concernant avant que l'auteur ne fasse arriver l'événement. Je suis sûre qu'Aziza plaira beaucoup aux autres lecteurs. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Ahahaha, depuis un moment, je me contente de dire que le comédien est toujours aussi talentueux. Aujourd'hui, en plus de dire que son interprétation est toujours aussi bonne, j'ajouterai qu'il fait partie des très rares à prononcer correctement les mots «dégingandé» et «s'égailler». Je ne comprends toujours pas pourquoi la prononciation de ces mots est déformée par certains, car ils se disent comme ils s'écrivent.

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mercredi, 4 décembre 2019

Fantômes de papier, de Julia Heaberlin.

Fantômes de papier

L'ouvrage:
La narratrice (dont nous connaîtrons le prénom juste avant l'épilogue) a vingt-quatre ans. Lorsqu'elle avait douze ans, sa soeur, Rachel (dix-neuf ans), a disparu, et n'a jamais été retrouvée. À présent, la narratrice est persuadée de savoir qui a enlevé sa soeur. C'est Karl Feldman, soixante-deux ans. L'homme souffre d'un début de démence sénile, il ne se souvient plus de tous les événements de sa vie. L'héroïne veut le faire parler, lui faire avouer ce qu'il a fait de Rachel. Voilà pourquoi elle souhaite l'emmener en voyage à travers le Texas.

Critique:%%Je souhaite lire ce roman depuis que j'ai entendu une interview de Julia Heaberlin à ce sujet. (Pour ceux que ça intéresse, deux interviews audio de la romancière sont disponibles gratuitement sur Audible.fr. Bien sûr, elles sont en anglais.) Le livre m'a beaucoup plu. Après que l'héroïne a appris son but au lecteur, les choses sont un peu lentes à démarrer. Cela ne m'a pas dérangée: on a le temps de se faire une idée de l'héroïne, de Karl, etc. Ensuite, rien ne traîne, tout est cohérent.
J'ai tout de suite décidé que la narratrice s'était fourvoyée, et que Karl n'avait pas tué Rachel. À vous de voir ce que vous en pensez en commençant le roman.

Karl est ambigu. Au long de ce voyage à travers l'état, il fait spontanément de bonnes actions. Pourtant, des soupçons (pas seulement concernant Rachel) pèsent sur lui... Cette complexité m'a gênée, mais elle n'est ni mauvaise ni incohérente. Contrairement à mon habitude, j'aurais souhaité quelque chose de plus manichéen. J'aurais souhaité pouvoir apprécier ou détester Karl. Or, ici, le lecteur est obligé de se situer entre les deux. Je sais que même si cela m'embête, c'est une bonne chose, car Julia Heaberlin a réussi son pari.

La narratrice, elle aussi, est quelque peu ambiguë. Comment ne pas comprendre la rage et le besoin de vengeance qui l'animent? Mais comment admettre qu'elle envisage de tuer le meurtrier de sa soeur de sang froid?

La mort de Rachel n'est pas la seule énigme que la narratrice tente de résoudre. J'ai apprécié ce que fait l'autrice au sujet des autres parce que je n'y avais pas du tout pensé.

À mesure du roman, l'héroïne nous apprend avec quelle opiniâtreté elle a cherché à retrouver l'assassin de sa soeur. J'ai très bien compris son obsession, son incommensurable douleur, etc.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'apprécie toujours autant le jeu de cette comédienne. Moi qui râle souvent quand les comédiens modifient leur voix pour les rôles du sexe opposé, je trouve qu'ici, Camille Lamache s'en est bien sortie, notamment pour la voix de Karl. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions et les sentiments des personnages. Il m'a même semblé qu'elle prenait une intonation très légèrement différente lorsque la narratrice nous faisait partager des choses écrites dans son enfance. Son ton est un tout petit peu plus insouciant. La jeune narratrice évoque ses peurs dans ces écrits, mais elle le fait d'une manière qui se veut légère ou, tout au moins, rassurante pour elle. Il y a donc une nuance entre ces écrits et son récit du présent, nuance qu'à mon avis, Camille Lamache a montrée sans difficultés apparentes.

En bonne pinailleuse, j'ai regretté qu'il y ait des blancs. Je ne parle pas de ceux entre chaque chapitre, mais pendant la narration: entre deux répliques, ou pendant le récit d'un événement.
J'ai également trouvé dommage que la comédienne prononce Loucy pour Lucy. Heureusement, on voit très peu ladite Lucy. ;-)

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: il y a plusieurs chapitres sur une piste.

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lundi, 2 décembre 2019

Les écailles d'or, de Parker Bilal.

Les écailles d'or

L'ouvrage:
Le Caire.
1981. Alice, environ cinq ans, disparaît, alors que sa mère l'a laissée sans surveillance.
1998. Makana est détective privé. N'ayant pas beaucoup de travail, il est en retard pour payer le loyer de l'awana (genre de péniche) sur laquelle il vit. C'est alors que Saad Hanafi, riche homme d'affaires qui contrôle une grande partie de la ville, engage Makana pour retrouver la star de son équipe de football, Adil Romario, qui a disparu sans qu'on sache pourquoi.

Critique:
J'avais un peu peur de ne pas apprécier ce roman, et finalement, j'ai mis mes hésitations de côté. J'en suis contente, car il m'a plu. C'est en relisant la quatrième de couverture que je me suis souvenue pourquoi je ne voulais pas le lire. Il y est dit que Makana est le digne successeur des héros de Mankell, Camilleri, et Donna Leon. Or, je n'aime pas du tout ces trois auteurs! Encore une fois, il est regrettable que ceux qui ont rédigé cela aient pensé que leurs comparaisons attireraient le lecteur. Elles ont failli me faire passer à côté de cette série.
Le résumé dit qu'Alice est enlevée dans la rue, mais ce n'est pas le cas. Je suis très étonnée qu'on laisse dire des inexactitudes sur les quatrièmes de couverture!
Enfin, comme souvent, elle dévoile un élément concernant le détective, élément que l'auteur donne assez tard dans le roman. Il n'est pas d'une importance vitale, mais il est préférable de le découvrir au moment du récit où l'auteur l'a décidé.

Comme nous avons affaire à un milliardaire contrôlant la ville, et à une équipe de football, j'avais peur que ces éléments soient trop présents, et gâchent ma lecture. Cela n'a pas été le cas. Bien sûr, Hanafi m'a agacée à cause de son omnipotence, mais Parker Bilal fond bien cela dans l'intrigue, et ça passe. En outre, Hanafi n'est pas au bout de ses peines, ce qui m'a réconfortée.

Makana est effectivement «cabossé», comme le dit le résumé. Cependant, il me semble qu'il a connu des choses si dures que «cabossé» est un mot trop léger. Par ailleurs, il ne passe pas son temps à s'apitoyer sur son sort: certains événements lui rappellent le moment où sa vie a basculé, et c'est ainsi que le lecteur sait ce qui lui est arrivé. Moi qui me demande toujours comment je réagirais à la place des personnages, je ne sais pas si j'aurais pu me relever après ce qu'a subi Makana.

Au cours de l'enquête, on se rend compte que plusieurs personnes avaient une raison de faire disparaître Adil. En général, ce genre de ficelles me déplaît, mais ici, elle est bien exploitée, parce que les choses sont creusées. De plus, alors que Makana vient à peine de commencer, voilà qu'il rencontre... la mère d'Alice. On se doute qu'il va s'intéresser à la disparition de la fillette, même si celle-ci remonte à dix-sept ans. Concernant cela, j'ai rapidement deviné ce qu'il y avait à savoir. Je pense que je l'ai trouvé parce que cette ficelle a déjà été utilisée dans d'autres romans, et que je m'en suis souvenue. Je sais que si j'avais lu ce roman il y a dix ans (par exemple), je n'aurais pas du tout élucidé le mystère Alice, et j'aurais trouvé que l'auteur avait très finement joué. Il n'a pas mal joué, mais je me demande s'il n'a pas fait en sorte que les lecteurs aguerris de romans policiers aient une longueur d'avance sur Makana à ce sujet.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Comme d'habitude, le jeu du comédien est naturel. Il n'exagère pas lorsqu'il s'agit de prononcer les noms étrangers. Il y en a certains où il met un petit accent, mais cela ne m'a pas dérangée, car ce n'est pas affecté.

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vendredi, 29 novembre 2019

Ce que savait la nuit, d'Arnaldur Indridason.

Ce que savait la nuit

L'ouvrage:
Le cadavre d'un homme, disparu depuis trente ans, émerge d'un glacier islandais. Konrad, policier à la retraite, reprend l'enquête, poussé par le principal suspect qui nie être coupable aussi farouchement que trente ans auparavant.

Critique:
J'avais abandonné l'idée de lire des romans d'Arnaldur Indridason, après avoir tenté «L'homme du lac» sans parvenir à le finir. Cependant, le résumé de celui-ci m'a tentée, et j'ai décidé (comme d'habitude) d'écouter mon instinct. Bien m'en a pris, car ce livre m'a plu? et je compte tenter (dans l'ordre, cette fois) la série dont «L'homme du lac» est le tome 5.

Le roman part sur quelque chose de classique: une affaire non élucidée qui remonte à la surface, un policier marqué par cette affaire, un suspect qui nie Être le coupable... Ces éléments sont bien exploités, car ils ne m'ont pas du tout ennuyée. À cause du chapitre 2, le lecteur se doute très vite que le principal suspect est innocent. D'autres choses viennent rapidement renforcer cette impression. Cela non plus ne m'a pas agacée, parce qu'il restait quand même la possibilité que le suspect soit coupable (cela pouvait se faire sans rendre le reste incohérent).

Le roman démarre lentement, mais ce n'est pas une lenteur pénible. L'auteur présente l'affaire, son personnage principal, etc. Ensuite, rien ne traîne. Au milieu de l'enquête, par petites touches, Arnaldur Indridason en révèle davantage sur Konrad. Celui-ci a eu le temps de s'attirer la sympathie du lecteur, et le fait qu'il ne soit pas parfait la renforce, car on s'identifie à lui, même si on lui reproche certains détails.
S'il est quelque peu classique (certains pans de son passé sont douloureux), cet aspect ne m'a pas dérangée, car Konrad ne joue pas les pauvres malheureux, et assume ses méfaits, même si c'est un peu tard pour l'un d'eux. D'autre part, l'auteur ajoute certaines notes d'humour lorsque le personnage principal côtoie ses petits-enfants.

À un moment, le romancier utilise la ficelle qui consiste à proposer un suspect qui, au final, n'a pas commis le meurtre. Je n'aime pas cette ficelle, mais je ne la reproche pas ici, parce que l'écrivain fait cela très finement. En outre, ce suspect a quand même des choses à se reprocher.

Moi qui me demande toujours ce que je ferais à la place de tel personnage, je pense que j'aurais réagi exactement comme Herdis, à la fin.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Martin Spinhayer fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Que ce soit pour la narration ou pour les personnages, son interprétation est toujours sans failles. Il modifie à peine sa voix pour les rôles féminins, ce qui fait que ce n'est pas affecté. Il rend, sans difficultés apparentes, les sentiments des personnages.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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