Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 17 juillet 2017

Pull me under, de Kelly Luce.

Pull me under

L'ouvrage:
Chizuru Akitani a un père japonais et une mère américaine. Elle est harcelée par certains de ses camarades d'école. Un jour, peu de temps après qu'elle a perdu sa mère, Tomoya Yu, le plus acharné, la persécute une fois de trop. Elle voit rouge et lui enfonce un coupe-papier dans le cou. Ayant douze ans, elle purgera sa peine dans un centre de détention pour mineurs. Après cela, elle souhaite tout oublier. La vie en décidera autrement.

Critique:
Dans l'ensemble, ce roman m'a plu. Il y a un moment où j'ai trouvé qu'il traînait un peu, mais c'est contrebalancé par le reste. Il est classé dans les thrillers. Pour moi, ce n'en est pas vraiment un. Si Chizuru revient sur son passé, ce n'est pas pour découvrir quelque chose de palpitant. Bien sûr, elle va mettre au jour quelques faits qui expliqueront l'attitude de certaines personnes à l'époque, mais pour moi, c'est l'histoire d'une lente acceptation de soi. Chizuru tente, pendant de nombreuses années, d'effacer cette partie de sa vie par plusieurs moyens. À un moment, son mari lui dit qu'elle pouvait dire qu'elle avait eu une enfance rude, mais qu'elle n'avait pas besoin de mentir en inventant des anecdotes qu'elle aurait vécues. Il a raison, mais c'est peut-être surtout elle qu'elle essayait de convaincre avec ce passé inventé. J'ai éprouvé de la compassion pour Chizuru, même si elle m'a également agacée à cause de sa manière de refuser, pendant une grande partie du roman, l'aide que son mari pouvait lui apporter. D'un autre côté, sa peur se comprend. Bien sûr, on n'oublie pas son crime, et on doit concilier la sympathie qu'elle nous inspire, celle qu'inspire l'enfant qu'elle était alors, et cet acte terrible. J'avoue que je n'ai pu ressentir de compassion à l'égard de Tomoya.
Bien sûr, Chizuru ne finit pas par tout régler d'un claquement de doigts. Certains éléments ne pourront d'ailleurs jamais avoir une issue positive, mais on sent qu'elle commence à se réconcilier avec elle-même.

Dès que l'héroïne a évoqué Danny (alors qu'elle purgeait sa peine) je n'ai pas apprécié ce personnage. Ce sentiment est allé croissant à mesure de ma lecture. Danny finit par présenter ses excuses, et à l'instar de Chizuru, je la crois sincère, mais à l'époque, elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Voilà pourquoi je ne lui accorde aucune circonstance atténuante. Quelqu'un qui fait de mauvaises choses sans vraiment prendre la mesure de ce qu'il fait, puis qui se repent peut être excusable, mais certainement pas quelqu'un qui agit en connaissance de cause. Pour moi, Danny a toujours agi ainsi. Elle finit par tout raconter parce qu'elle est acculée, et veut grappiller un peu de pitié.

Les parents de Chizuru m'ont semblé difficiles à cerner. Ce n'est pas forcément une faille du roman. Ils sont vus à travers ses yeux d'enfant. On essaie de s'expliquer certains de leurs actes. Son père semble avoir plusieurs facettes...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Blackstone audio.
C'est le deuxième livre enregistré par cette lectrice que je lis. J'ai apprécié son jeu. Elle a une voix particulière qui fait qu'elle peut lire des romans racontés du point de vue d'une femme ou d'une adolescente. C'est d'ailleurs le cas ici, puisqu'au début, Chizuru a entre douze et vingt ans. D'autre part, elle parvient à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela soit affecté. J'ai eu un peu de mal avec l'accent qu'elle donne à Danny, mais je suppose qu'on lui a demandé de le faire, Danny étant néo-zélandaise. Lorsque les Japonais s'expriment en anglais, Amy McFadden n'exagère pas leur accent, ce qui m'a plu.

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51 lectures

samedi, 15 juillet 2017

La menace de S. K. Tremayne.

La menace

L'ouvrage:
Rachel, trente ans, issue d'une famille pauvre, vient d'épouser David Kerthen, riche propriétaire du manoir de Carnhallow, en Cornouailles, et veuf depuis dix-huit mois. Le fils de David, le petit Jamie, semble apprécier Rachel. La jeune femme s'installe avec bonheur dans son nouveau foyer. Mais au bout de quelque temps, cette joie se crevasse. Le souvenir de Nina (la première femme de David) reste très présent. Jamie croit la voir dans la maison, et il se met à faire de terribles prédictions.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, et je n'ai pas pu le lâcher avant la fin. L'auteur décrit très bien une ambiance: cet immense manoir dans les corridors duquel on a l'impression de voir se promener un fantôme, ces superstitions entourant les Kerthen, ce qu'on apprend quant à certains ascendants de David... le tout ayant lieu près de mines pleines d'histoires d'événements terrifiants dont le dernier n'est pas le moindre, et de la mer qui peut être tour à tour accueillante et dangereuse. D'autre part, SK Tremayne crée des rebondissements bienvenus, et force le lecteur à se demander ce qui est vrai, propose des demi-pistes... Il ne triche pas, laissant plutôt travailler l'imagination du lecteur.

Cependant, certaines choses sont un peu lentes. Par exemple, Rachel pense qu'il y a un indice sur la photo d'un magazine. Entre ce moment et celui où elle découvre tout, le temps est un peu long. Cela est excusable, car on peut penser que le souvenir est enfoui dans la mémoire de l'héroïne et met du temps à sortir.
D'autre part, la peur manifestée par Rachel et Jamie est un facteur d'angoisse, et il est très bien que le lecteur en soit témoin. Pourtant, cela aussi finit par durer trop longtemps. Ce sont des moments qui tiennent en haleine, mais je trouve que l'auteur tire un peu trop sur cette corde.

Ensuite, il y a des choses franchement très grosses. Ce que Rachel découvre au moment où elle trouve l'indice donné par la photo en est une. Surtout qu'apparemment, aucun protagoniste n'a tenté, après la mort de Nina, de forcer le destin (ou alors, j'ai manqué quelque chose). Si l'un d'eux avait fini par révéler qu'il avait forcé le destin, cela aurait également été gros, car pas vraiment dans le caractère des personnages, ou alors, il aurait fallu beaucoup d'explications...
La manière dont les «hallucinations» de Rachel et de Jamie sont expliquées est un peu bancale. Ça peut se tenir, mais cela ne me convainc pas vraiment.
De plus, comment peut-on être absolument sûr qu'une psychose comme celle décrite ici est bien due à une dépression postpartum, et ne se reproduira que si la femme est à nouveau enceinte? Qu'est-ce qui fait qu'une grossesse et rien d'autre peut être vecteur de cela?

Certaines critiques disent que ce roman est un mauvais remake de «Rebecca», de Daphné du Maurier. Il est vrai qu'on retrouve un écho de ce roman. L'éditeur audio a d'ailleurs fait enregistrer «La menace» par la comédienne qui a enregistré «Rebecca» pour les éditions Audiolib. Je pense que c'est un clin d'oeil voulu qui accentue l'écho pour ceux qui écouteraient ces deux romans. Je pense que l'auteur ne nie pas cet écho. Le prénom de Rachel est peut-être même un clin d'oeil à Daphné du Maurier et à son roman «Ma cousine Rachel». Quant à moi, cela ne m'a pas du tout gênée. L'auteur a repris certaines idées, mais en a fait quelque chose de différent. Ce qui a peut-être le plus agacé ceux qui ont fait ce reproche, c'est le fait que Carnhallow semble vivante, semble avoir une personnalité, et jouer un rôle prépondérant, tout comme Manderley.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Virginie Méry.

Je connais cette comédienne pour ses doublages. Je l'apprécie beaucoup. J'ai été ravie de l'entendre ici. Pour moi, elle est à la hauteur de ce que me laissaient supposer ses doublages. Elle ne surjoue pas. Lorsque Rachel est prête à pleurer, la comédienne sait adopter un ton à la fois brouillé et apeuré. Beaucoup auraient surjoué.
Virginie Méry ne modifie pas sa voix (ou à peine) pour faire les hommes, et cela passe très bien. J'ai l'impression que certains comédiens ont peur de mal jouer s'ils ne modifient pas leur voix pour les rôles du sexe opposé au leur. Ici, je trouve que la comédienne a eu raison. Je pense qu'un changement de voix flagrant aurait été affreux. Cela aurait été une corvée pour elle, puis pour moi au moment de l'entendre.
Le talent de la comédienne est une des raisons pour lesquelles j'ai apprécié ce livre, malgré ses défauts. J'espère qu'elle enregistrera à nouveau des livres qui me tenteront.

Pour information: la structure du livre a été respectée à 99%. Seul un chapitre est coupé en deux.

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63 lectures

lundi, 10 juillet 2017

Zero day, de Jan Gangsei.

Zero day

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
À huit ans, Addie Webster a été enlevée alors qu'elle se trouvait dans le manoir de son père, gouverneur de Virginie.
Aujourd'hui, à seize ans, elle réapparaît. Son père, Mark, est maintenant président des États-Unis. Le retour d'Addie semble être synonyme de soulagement. Cependant, tout n'est pas si simple.

Critique:
Ce roman contient quelques grosses ficelles qu'on peut pardonner à l'auteur parce qu'elle aborde un thème assez important et sensible: le terrorisme. L'homme pervertissant tout, les anti-terroristes deviennent, sous la plume de Jan Gangsei, ceux dont il faut se méfier. C'est effrayant parce que plausible.

D'autre part, l'auteur s'aventure dans le thème de la manipulation psychologique. On peut comprendre que le personnage (que j'appellerai X pour ne pas dévoiler son nom et ne pas répéter «le personnage») ait été dupé: entre bourrage de crâne, circonstances... Cependant, X aurait dû douter beaucoup plus tôt. L'auteur le rappelle d'ailleurs sans vraiment le vouloir lorsque Michael explique qu'il sait quelque chose grâce à un rapport du FBI. J'avais oublié cette chose, et ce que dit Michael m'a tout de suite fait penser que X aurait dû, dès le départ, voir l'incohérence entre ce que dit ce rapport et ce qu'on lui fait croire.
Ensuite, lorsque le doute s'installe et que X va jusqu'à défier celui qui en est l'objet, les choses devraient être plus tranchées: X devrait savoir que son acte de révolte aura des conséquences, mais devrait aussi, étant donné ce qu'implique la prise d'un tel risque, ne plus vouloir agir comme convenu au départ... L'auteur a fait douter X pour donner un peu de réalisme au roman. En effet, il n'était pas possible que l'état d'esprit de X change trop brusquement. Cependant, elle a voulu garder ce avec quoi elle fait mariner le lecteur depuis le début: le bouquet final... cela donne lieu aux incohérences mentionnées ci-dessus.
Il y en a quelques autres, notamment l'attitude du président sitôt Addie revenue, puis par la suite... Il y a également le fait que des parents semblant aimants et attentionnés forcent une enfant de six ans à participer à une soirée mondaine.
Enfin, l'auteur ne s'attarde pas sur la manière dont un personnage fait pour récupérer un certain objet. On sait quand cela a pu avoir lieu, mais le «comment» reste flou. On peut imaginer, mais de petites zones d'ombre restent.

Si Jan Gangsei s'y entend pour créer tension et suspense, elle fait également traîner son récit. En effet, si j'ai été tenue en haleine par plusieurs éléments (comme lorsqu'Alvarez est contrainte d'agir d'une manière donnée), j'ai trouvé que certaines choses allaient trop lentement. Il est vrai que le but de tout auteur de romans policiers est de ne donner la solution qu'à la fin. Mais certains se débrouillent pour faire patienter le lecteur. Ici, ce n'est pas toujours réussi.

D'un autre côté, outre le réalisme du thème principal, le décor est bien planté. Il m'a plu de voir fonctionner le FBI, les services secrets, etc. Tout cela était très crédible.
De plus, on s'attache aux personnages. On les comprend, ils ne sont pas manichéens (sauf l'affreux-vilain-méchant, bien qu'il dise ne pas l'être). Eleanor, par exemple, peut paraître méchante et capricieuse, mais on voit bien qu'elle cherche sa place, et tente de faire avec ce qui a bouleversé la vie de sa famille.
Addie m'a paru tour à tour forte et fragile. Parfois, je trouvais ses réactions inappropriées, mais il ne faut pas oublier qu'elle sort de huit ans de «captivité»... Ce qu'elle a vécu l'a rendue inadaptée au monde dans lequel elle se retrouve parachutée, avec des paramètres prédéfinis...
J'ai bien aimé McKenzie. Elle est particulière, parfois un peu difficile à suivre, mais je l'ai trouvée très sympathique et très futée.
J'ai également apprécié Darrow, même s'il fait un peu trop chevalier blanc en armure qui va sauver la princesse Addie. ;-)

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin. Elle est logique. L'auteur l'a peut-être faite ainsi pour se donner la possibilité d'une éventuelle suite... Cependant, je pense qu'une suite serait risquée... cela tournerait en rond, à mon avis... D'un autre côté, j'aurais souhaité qu'il y ait une discussion (une mise à plat des choses) entre Addie et ses parents...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions Blackstone audio.
J'aime beaucoup la voix et le jeu naturel d'Andi Arndt. Je suis seulement un peu déçue qu'elle juge nécessaire de modifier sa voix lorsque des hommes parlent...

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57 lectures

jeudi, 6 juillet 2017

Au fond de l'eau, de Paula Hawkins.

Au fond de l'eau

L'ouvrage:
Julia Abbott (dite Jules) est forcée de revenir à Beckford, sa ville natale, qu'elle a fuie après une enfance et une adolescence difficiles. En effet, sa soeur, Nel, se serait suicidée en se noyant dans la rivière. Nel était fascinée par cette rivière et ses noyées depuis son adolescence. Elle écrivait un livre sur le sujet. Sa fille, Lena, est persuadée qu'elle ne s'est pas suicidée.

Critique:
Pour moi, les bons côtés du roman sont la diversité des points de vue et l'ambiance que l'auteur parvient à créer. Les légendes entourant cette rivière dans laquelle il semble que certaines se jettent immanquablement sont assez impressionnantes. On comprend vite que cela n'est pas si simpliste, mais l'emprise de la rivière reste. J'ai trouvé cela très bien fait.

Quant à la diversité des points de vue, elle me plaît toujours lorsqu'elle est bien utilisée. Ici, comme dans «La fille du train», elle est pertinente. Elle aide à mieux comprendre les personnages, plongeant le lecteur au coeur de leurs peurs, de ce qu'ils croient, de leurs actes. J'ai beaucoup apprécié Jules qui, malgré des moments de faiblesse, tente de gérer sa vie au mieux.
Lena m'a semblé un peu compliquée, mais souvent, ses raisonnements sont intéressants. Elle sent qu'elle a besoin de davantage de cadre, se sent coupable de certaines choses, vient de perdre des êtres chers... Tout cela fait un mélange qui aurait de quoi rendre n'importe qui irascible.
Je n'ai pas vraiment apprécié Nel. Je comprenais son besoin de vérité, mais beaucoup de choses chez elle m'agaçaient. Cela ne dessert pas le roman. C'est un personnage bien pensé, avec ses défauts et ses faiblesses.
Les autres protagonistes sont intéressants. Qu'on les apprécie ou pas, ils ont tous quelque chose à dire.

L'intrigue ne m'a pas autant passionnée. D'abord, j'avais très vite deviné ce que voulait dire Nel avec son «Au fond, est-ce que tu as aimé ça?». Ensuite, il est normal qu'un auteur retarde ses révélations, sinon, le livre ne va pas loin. Certes, mais j'ai trouvé que les ficelles utilisées ici étaient très grosses. À propos de la mort de Cathy, on a d'abord un garçonnet apeuré qui hésite à dire ce qu'il sait, des diversions, etc. Certains auteurs s'en tirent bien mieux, car l'attente du lecteur est comblée par des éléments qui font qu'il oublie qu'il attend. Ici, cela n'a pas été le cas. De plus, concernant la mort de Cathy, la solution n'a pas été à la hauteur de mon attente. J'ai trouvé la raison bancale. Que Cathy soit morte ou non, ce qu'elle voulait éviter reste possible. Bien sûr, certaines choses sont plus difficiles à prouver, mais cela ne valait pas une mort. L'auteur a essayé de l'expliquer en s'attardant sur les circonstances, mais je n'y ai pas cru. C'était beaucoup trop gros.
Enfin, pour moi, il reste un point non éclairci: comment le bracelet de Nel s'est-il retrouvé ailleurs qu'au bras de sa propriétaire? Ici, c'est peut-être moi qui ai manqué l'explication.
Certains trouveront peut-être que la mort de Nel est aussi mal «justifiée» que celle de Cathy. Pour ma part, j'ai trouvé cela plus convaincant, mieux expliqué par des circonstances plus crédibles.

Je suis convaincue qu'il vaut mieux lire ce roman en audio. Pour moi, la performance des comédiens est un plus. Elle démarque l'ouvrage, accentue l'ambiance, rend bien l'état d'esprit des personnages.

Service presse des éditions Audiolib.
Les chapitres exprimant le point de vue de certains personnages (Jules, Lena, Erin, Sean et Josh) sont à la première personne du singulier, ceux montrant le point de vue d'autres sont à la troisième personne. L'éditeur audio a fait le choix (judicieux, à mon avis) de procéder comme suit: Ingrid Donnadieu interprète les chapitres du point de vue de Jules, Lola Naymark lit ceux du point de vue de Lena, Clémentine Domptail se charge de ceux d'Erin, et Julien Chatelet lit ceux de Sean et Josh. Marie-Eve Dufresne lit tous les chapitres dont le narrateur est omniscient.
Je connais peu Marie-Eve Dufresne: sa voix claire et son jeu naturel m'ont convaincue. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
J'ai été ravie de retrouver Ingrid Donnadieu et Julien Chatelet dont le talent n'est plus à prouver. Ils n'avaient pas la partie facile. Julien Chatelet avait deux rôles. Il a su les différencier de manière subtile. Il n'est donc pas tombé dans le piège du surjeu. Quant à Ingrid Donnadieu, elle devait jouer la colère, le désarroi... elle l'a fait sans exagération.
Je connaissais très peu Lola Naymark. Elle est très bien entrée dans la peau de Lena.
Je n'avais pas été convaincue par Clémentine Domptail lisant «Ça peut pas rater»: je trouvais qu'elle n'était pas dans le ton. Je l'ai préférée dans le rôle d'Erin. Pour moi, elle a su interpréter ce personnage comme il le fallait. Peut-être est-elle plus à l'aise dans des lectures plutôt graves.

D'habitude, je râle quand les comédiens prononcent des noms propres étrangers avec un accent. Ici, il est évident qu'ils étaient obligés de prononcer Djoulse pour Jules, puisqu'en français, Jules est un prénom masculin. De ce fait, ils ont aussi prononcé Djoulia, par souci de cohérence. Heureusement, ils l'ont fait sans affectation.

L'éditeur audio a respecté la structure du roman.

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75 lectures

lundi, 3 juillet 2017

Don't try to find me, de Holly Brown.

Don't try to find me

L'ouvrage:
Marly Whilletts, quatorze ans, quitte la maison de ses parents en laissant un mot leur demandant de ne pas tenter de la retrouver.

Critique:
J'ai aimé ce roman, malgré les petits reproches qu'en bonne pinailleuse, je lui adresserai. Par exemple, au départ, je trouvais que Marly exagérait: elle a certaines raisons d'en vouloir à ses parents, un garçon avait su lui tourner la tête... certes, mais partir pour cela... À mesure de ma lecture, j'ai mieux compris Marly. Elle était surtout perdue, ayant été dupée et déboussolée par certains paramètres.
Ensuite, j'avoue avoir été perturbée qu'à quatorze ans, Marly ait eu à ce point envie de coucher avec son petit ami dès le premier soir. Bien sûr, elle le connaissait depuis un an, mais uniquement virtuellement. Mon argument pourrait être utilisé comme contre argument: ils s'écrivaient beaucoup depuis un an, Marly avait l'impression de très bien le connaître, donc pourquoi pas?... Ces reproches n'en sont donc pas vraiment.
Ensuite, j'ai trouvé un peu étrange que les parents de Marly (Paul et Rachel) ne pensent pas à regarder son compte Facebook ou sa facture de téléphone plus tôt.

Malgré les apparences, les personnages ne sont pas manichéens. Marly n'est pas une petite dinde capricieuse. Ce n'est pas non plus une pauvre adolescente abandonnée. C'est un peu les deux. C'est une jeune fille qui se cherche, et qui a l'impression qu'on ne l'écoute pas, qu'on ne veut pas la prendre en considération.
Paul n'est pas seulement l'homme froid qui veut tout contrôler. Rachel n'est pas seulement une gourde qui ne sait pas ce qu'elle veut et ne peut pas vivre sans béquilles... J'avoue avoir eu du mal à compatir pour Rachel, mais je l'ai quand même comprise.
Ces trois personnages se sont enferrés dans les non-dits,et ont fini par y voir une certaine facilité. Il était plus simple d'en vouloir à l'autre ou bien de tout accepter de lui plutôt que d'affronter des éléments dérangeants. Je pense notamment à la façon d'agir de Rachel lorsque Marly a été accusée de tricherie au collège. Rachel sait qu'elle manque quelque chose, qu'elle choisit la facilité (qui ne fait que la submerger et l'éloigner davantage de sa fille), mais elle ne peut s'en empêcher. À cause du départ de Marly, chacun doit remettre ses certitudes en question.

Quant à B (le petit ami de Marly), j'ai eu du mal à le plaindre, mais lui non plus n'est pas totalement manichéen. Bien sûr, il faut démêler le vrai du faux dans les informations qu'il a fournies à la jeune fille... Quant à ses actes, force est de reconnaître qu'ils ne sont pas tous mauvais. Ensuite, il faut tenter de comprendre quelle est la part de calcul, celle de sincérité, celle de maladie chez lui...

Tous les personnages du roman sont intéressants. Leur complexité les humanise. Je ne dirai rien quant à l'ancien psychologue de Marly, mais lui non plus n'est pas manichéen...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Harper Audio. La distribution est la suivante:
Angela Goethals: Marly
Hillary Huber: Rachel
James Fouhey: B

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