Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 30 janvier 2023

En secondes noces, de Shari Lapena.

L'ouvrage:
Stéphanie est mariée depuis trois ans. Elle a des jumelles de quatre mois. C'est alors qu'Erika Voss fait son apparition. Neuf ans auparavant, celle-ci était proche de Patrick, le mari de Stéphanie, et de sa première femme, Lindsay. Cette dernière est morte, neuf ans plus tôt, accidentellement empoisonnée au monoxyde de carbone. À présent, Erika menace Patrick de dire à la police qu'elle a des raisons de penser que la mort de Lindsay n'était pas un accident. Pour prix de son silence, elle exige 200000 dollars.

Critique:
en 2022, devait sortir, en français, «The end of her». Ne le voyant pas apparaître en juin / juillet, j'ai décidé de le lire en anglais. Maintenant qu'il est sorti en français sous le titre «En secondes noces», je peux publier ma chronique. Je commence par souligner que, pour une fois, même si le titre VF n'a pas de rapports avec le titre VO, je le trouve bien choisi.

Ce roman m'a beaucoup plu, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. J'ai d'abord trouvé que Shari Lapena menait bien son intrigue. Elle installe rapidement la situation, et les personnages, tout comme le lecteur, se retrouvent vite mal à l'aise. À mesure que les choses avancent, les rebondissements tombent à point nommé. Bien sûr, le lecteur se demandera s'il doit croire Patrick ou Erika, si les deux sont sincères, si les deux mentent... Habituellement, je me mets du côté du personnage principal. Ici, j'étais plus tiède. J'avais peur qu'on ne sache pas à quoi s'en tenir, à la fin, mais Shari Lapena ne nous laisse pas dans le flou.

Lorsque Stéphanie a décidé d'agir, je l'ai comprise, mais je l'ai trouvée moins sympathique. Certes, on me demandera si j'aurais préféré qu'elle se fasse damer le pion. (Je le tourne ainsi pour en dévoiler le moins possible.) Soit, je n'aurais pas voulu, mais j'aurais préféré que l'autrice trouvât une autre solution. N'en ayant pas dégoté, je ne peux reprocher à Shari Lapena d'avoir fait ainsi. De plus, si je me demande vraiment très sérieusement ce que j'aurais fait à la place de Stéphanie, la réponse risque de ne pas me plaire. ;-) La seule réelle faiblesse de ce pan de l'histoire est qu'on ne sait pas comment la jeune femme a acquis la certitude qu'elle a concernant Patrick. Il y a l'histoire du polygraphe, mais apparemment, autre chose l'a convaincue. Quelque chose convainc le lecteur, mais normalement, Stéphanie n'assiste pas à cet événement. La romancière aurait dû trouver un moyen de le lui faire surprendre, ainsi, il n'y aurait aucun doute. Là, notre héroïne ne peut que subodorer...

Il y a un semblant d'incohérence. À force de lire des romans policiers, j'ai appris que selon l'angle de tir et les résidus de poudre, il n'est pas si facile de faire passer un meurtre par arme à feu pour un suicide...

J'ai été contente de ce que nous apprend l'épilogue. Seulement, une question brûlante me taraude. Qui est responsable de ce que rapporte l'épilogue? Soit il y a un minuscule indice désignant le coupable, et je n'ai pas su le déchiffrer; soit c'est au lecteur de se faire son opinion. Pensant que je dois me faire mon opinion, je penche pour Stéphanie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karissa Vacker pour les éditions [Penguin Random House Audio .|http://www.penguinrandomhouseaudio.com/]

Karissa Vacker n'a pas déçu mes attentes. Son jeu est aussi bon que dans les autres livres enregistrés par elle que j'ai lus. Je commence même à m'habituer à sa façon de faire les rôles masculins. Je préférerais qu'elle ne fasse pas ainsi, mais cela m'agace moins.

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lundi, 23 janvier 2023

À qui la faute, de Ragnar Jonasson.

À qui la faute

L'ouvrage:
Islande. Quatre amis se retrouvent pour un week-end. Armann a vanté les joies de la chasse à la perdrix aux trois autres. Seulement, le samedi, une tempête de neige éclate, ce que la météo n'avait pas prévu. Au lieu de chasser, les personnages se retrouvent aux prises avec le blizzard, mais aussi avec les ressentiments des uns envers les autres...

Critique:
Ce roman m'a plu, mais moins que «La dame de Reykjavik».

J'ai apprécié que l'auteur alterne, grâce à de courts chapitres, le point de vue des quatre protagonistes. Ainsi, le lecteur sait ce que pense chacun au long du week-end, et se fait une opinion quant à eux. Je ne les ai pas appréciés. Certes, il y en a que j'aimais moins que d'autres, mais globalement, ils ne m'ont pas été sympathiques.

J'ai apprécié que Ragnar Jonasson fasse peu à peu monter la tension. Entre les pensées et répliques des personnages, la tempête, et les remous causés par la présence d'un inconnu, l'ambiance est assez oppressante. De plus, le romancier révèle certaines choses alors que ces éléments ont distillé cette atmosphère: cela rend ces révélations d'autant plus marquantes. Je reconnais qu'il en est une qui, à y bien réfléchir, n'est pas si incroyable (elle n'est une surprise que pour le lecteur) mais elle m'a beaucoup étonnée, Justement parce que l'auteur avait préparé les circonstances dans lesquelles il la ferait.

La fin est logique lorsqu'on connaît les personnages. Je me demande comment l'un d'eux va accomplir ce qu'il souhaite, mais apparemment, l'histoire ne le dira jamais. Ragnar Jonasson ne pourrait pas écrire une suite, car le lecteur saurait immédiatement de quoi il retournerait. Il ne pourrait pas y avoir de suspense.

Il est dommage que l'auteur ait fait ce que j'appelle «un prologue insipide qui ne sert qu'à ennuyer». Le roman commence le vendredi soir, et le prologue est une scène du samedi. Il ne fait que dire des choses qu'on aurait pu apprendre au fil du déroulement du week-end, et créer du faux suspense.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Slimane Yefsah.

C'est le premier roman que je lis enregistré par ce comédien. Pourtant, voilà plusieurs années que je vois son nom sur des notices de livres audio. Je ne sais pas encore si j'irai facilement vers d'autres livres qu'il a enregistrés. En effet, j'ai trouvé qu'il manquait de naturel lorsqu'il s'agissait de dire les propositions incises (répondit-il, dit Machin, cria Truc...). Cela m'a gênée. De plus, je n'ai pas apprécié que, souvent, il prononce «Helena» en marquant le «h». Certes, peut-être ce choix est-il une demande de l'éditeur audio.

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jeudi, 22 décembre 2022

La belle-mère, de Sally Hepworth.

La belle-mère

L'ouvrage:
Diana vient de mourir. Selon les premiers constats de la police, elle se serait suicidée. Seulement, tout ne colle pas. On va donc interroger sa famille: ses deux enfants (Oli et Netty), ainsi que leur conjoint (Lucy et Patrick).

Critique:
Ce roman m'a plu, malgré les petits reproches que je lui adresserai.

J'ai d'abord aimé découvrir la personnalité de chaque protagoniste, son vécu, ses aspirations... J'ai ensuite aimé voir la relation s'établir (pas forcément bien) entre Lucy et Diana. Cela m'a confortée dans l'idée que les non-dits et le malentendus sont toujours sources de conflit. À certains moments, Diana pense qu'elle devrait dire ceci ou cela, mais ne le fait pas. Et bien sûr, Lucy prend mal certaines choses, alors qu'une explication plus détaillée aurait dissipé le malentendu en montrant que Diana n'avait pas de mauvaises intentions.

Outre cela, Sally Hepworth montre un personnage en proie à une obsession. Je sais que cela arrive, et lire cela m'a fait me demander si le personnage en question aurait pu être assez lucide pour détecter la frontière entre le désir et l'obsession, et tenter de ne pas trop s'en approcher... Mais est-ce possible de s'écarter de l'obsession lorsque le désir prend de plus en plus de place?

Diana m'a agacée au long du roman. Je comprenais qu'elle souhaite que ses enfants acquièrent des valeurs, et se rendent compte qu'il existait bien plus malchanceux qu'eux, mais elle en faisait trop. D'ailleurs, ne finit-elle pas par s'en apercevoir?... Elle m'a également agacée à ne jamais tenir compte de ce que lui demandait Lucy quant à sa manière d'agir avec les enfants. Il aurait peut-être été plus profitable qu'elles en parlent et trouvent un juste milieu. Certes, la leçon que finit par recevoir Diana est plus éloquente que n'importe quelle conversation...

Je n'ai pas apprécié que l'autrice louvoie entre le passé et le présent. Certes, il est mieux de découvrir tel élément à tel moment de l'histoire, et si je finis souvent par reconnaître qu'un auteur a eu raison de ne pas raconter son récit de manière linéaire, ici, le changement pratiquement incessant m'a cassé les pieds. Sans faire un récit absolument linéaire, Sally Hepworth aurait peut-être dû faire des retours en arrière plu longs, et de ce fait, moins fréquents... En tout cas, J'aurais préféré qu'elle n'utilise pas cette ficelle éculée (et que je trouve extrêmement pénible) qui consiste à commencer par l'annonce de la mort du personnage, en l'occurrence Diana... Je reconnais que malgré cela, je ne me suis pas ennuyée. Pas de temps morts dans ce roman.

J'aurais préféré que Sally Hepworth détaillât davantage la manière dont les personnages ont su la vérité. Le lecteur la connaît, et ne se pose aucune question dessus, Mais j'aurais voulu savoir la réaction des protagonistes.

Éditeur: L'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yvette Lebellec pour l'association Valentin Haüy.
Je présente ici mes excuses à la lectrice, car j'ai écrit son nom d'après ce que j'ai entendu sur la présentation du roman. Les noms des lecteurs bénévoles enregistrant pour l'AVH ne sont écrits nulle part. Lorsque ce roman arrivera à la BSR (la BSR et l'AVH s'échangent leur production) le nom sera peut-être écrit. Si c'est le cas, je corrigerai l'orthographe sur ma chronique, si elle est fausse, et enlèverai cette note.

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lundi, 19 décembre 2022

Malgré nous, de Claire Norton.

Malgré nous

L'ouvrage:
Théo est en pleine dépression suite à un burnout. Ce week-end-là, sa femme, Marine, doit partir à Tokyo pour son travail. Elle hésite à laisser Théo seul avec leur fille, Julie. Maxime et sa femme, Aurélie, ainsi que Julien, les plus proches amis de Marine et Théo, la convainquent qu'elle doit saisir cette chance en lui promettant de veiller sur Théo et Julie. Marine finit par céder.
Le lundi, alors que Julie et Théo attendent que Marine franchisse la porte, Théo apprend que l'avion qu'elle devait prendre a disparu en mer.

Critique:
Ce roman m'a plu. D'abord, j'ai apprécié qu'il n'y ait pas de temps morts. L'autrice s'y entend pour faire monter la tension, et exposer les sentiments des personnages. Elle déroule habilement ses énigmes, la solution de l'une donnant lieu à une autre. Lorsque Théo découvre un fil qu'il se met à tirer, la romancière s'en tire bien, car elle parvient à ne pas créer d'incohérences. À un moment, elle crée un rebondissement très court, et c'est justement le fait que la confusion qu'il engendre se dissipe rapidement qui en fait un bon coup de théâtre.

Ensuite, j'ai apprécié (surtout parce que je n'étais pas celle à qui cela arrive) que Claire Norton s'aventure sur une pente glissante. Elle soulève de dérangeantes questions. Jusqu'où irait-on pour sauver un ami de lui-même? Comment gère-t-on sa conscience lorsqu'on agit mal en pensant que c'est un mal pour un bien? Quant à moi, je comprends la motivation des personnages, mais je détesterais que des amis me fassent quelque chose de ce genre. Je pense cela parce que je ne ne pourrais sûrement plus accorder ma confiance après cela, et aussi parce qu'il me semble que je n'envisagerai jamais ce qu'a envisagé Théo, et qui a poussé ses amis à agir comme ils l'ont fait. Certes, il ne faut jamais dire jamais. D'ailleurs, si le lecteur pense à ce qu'il ferait à la place de Théo, il est intéressant de se demander ce qu'on ferait à la place de ses amis.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aurélien Ringelheim pour les éditions Lizzie.

Aurélien Ringelheim fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, il ne m'a pas déçue. Il avait de forts sentiments à jouer, et s'en est très bien tiré.

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jeudi, 15 décembre 2022

Entre fauves, de Colin Niel.

Entre fauves

L'ouvrage:
Pour ses vingt ans, Apolline reçoit, de la part de son père, un arc, et un voyage pour l'essayer en Namibie... en chassant un lion. Cela aura des répercussions inattendues sur des personnes dont la vie est très éloignée de celle de la jeune fille.

Critique:
Ce que j'ai le plus aimé, dans ce roman, c'est qu'il adopte trois points de vue très différents. Nous suivons Apolline, Komuti, et Martin. Chacun a un vécu et des paramètres qui font qu'ils ont une opinion différente sur la même situation, et cela est passionnant. J'ai eu beau, à l'instar des personnages, avoir un avis tranché sur la question, il m'a fallu tenir compte des raisons qui motivent chacun. Je ne dis pas que cela m'a fait changer d'avis, mais que dans toute situation, nous pouvons être confrontés à des éléments auxquels nous n'aurions pas pensé, et que nous sommes forcés d'évaluer la situation en tenant compte de ces éléments. Par exemple, la passion d'Apolline représente tout ce que je déteste. Je suis donc davantage du côté de Martin concernant la jeune femme. Cependant, comment ne pas trouver légitime ce que pense Komuti? Cela ne réhabilite pas la «chasseuse», mais cela fait que le lecteur (en tout cas, moi) désapprouve totalement l'acte qu'elle veut faire, tout en comprenant que Komuti veuille accomplir le même acte.

J'ai du mal à l'admettre, mais je dois reconnaître que Colin Niel nuance Apolline. Ayant eu la mauvaise foi facile concernant ce personnage lors de ma lecture, je lui ai même reproché ses tics de langage («en vrai», «oh my god!»). Les aurais-je trouvés si pénibles dans la bouche d'un personnage apprécié? De plus, ces tics et la façon de s'exprimer d'Apolline en général fait que je tire mon chapeau à l'auteur. Il a adapté son style à ses personnages. Je l'ai surtout remarqué concernant la «chasseuse», mais en creusant, on doit trouver la même chose quant à Martin et Komuti. Donc, même si je n'aime pas la jeune chasseuse à cause de sa passion, j'ai été forcée d'admettre qu'elle a su faire preuve de sensibilité et de commisération à certains moments. J'aurais quand même voulu qu'elle soit, à l'instar d'un autre, obligée de remettre certaines choses en question.

C'est sûrement Komuti qui m'a le plus touchée. À chaque étape de son récit, j'ai compris ses motivations... même concernant ce qu'il fait le 13 avril...

Les chapitres alternent les points de vue des trois personnages. Ce que racontent Apolline et Komuti se passe avant ce que narre Martin. Découvrant cela, j'ai commencé par craindre de me perdre dans les récits, crainte renforcée par le fait que je préfère les récits linéaires. Cependant, l'auteur a réussi son pari. Jamais rien ne prête à confusion, et il est vrai qu'un récit linéaire aurait eu moins de force. De plus, pour chaque personnage, le récit est linéaire, c'est uniquement dans sa globalité qu'il ne l'est pas.

J'ai aimé ce qu'on apprend à la toute fin. J'ai trouvé que l'un des éléments n'était pas vraisemblable, mais je pense que si l'auteur l'a créé, c'est que quelque chose de ce genre a déjà dû arriver, et qu'il est bien plus au fait que moi de tout cela.

Il y a encore beaucoup de choses que j'aimerais dire à propos de ce roman travaillé, abouti, qui soulève de très bonnes questions. Cependant, j'en dévoilerais trop...

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc (lisant les chapitres contés par Martin), Charlotte Campana (interprétant ceux du point de vue d'Apolline), Alexandre Nguyen (lisant ceux narrés par Komuti), et Cyril Romoli (interprétant ceux contés par Charles et Cannellito).

J'apprécie beaucoup le jeu et la voix de Thierry Blanc. Dans ce roman, il n'a pas déçu mes attentes. Son jeu reste sans failles.

Je connais très peu Charlotte Campana. J'ai apprécié son jeu. Elle ne fait pas d'affreux effets de voix pour les rôles masculins. Sa lecture est naturelle. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Je connais surtout Alexandre Nguyen en tant que comédien de doublage, et cela fait longtemps que j'attends qu'il enregistre un livre qui me tentera. Je me doutais que son jeu me plairait, et cela a été le cas. Sa lecture est naturelle, il joue les émotions des personnages sans excès, ne prend pas une voix aiguë pour les rôles masculins... J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront!

Je ne connaissais Cyril Romoli que de nom. Je sais qu'il a enregistré des livres, mais jusqu'à présent, aucun ne m'a tentée. Il a peu de chapitres, donc je ne peux pas avoir une opinion définitive, mais à première écoute, son jeu m'a plu.

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