Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 17 mai 2018

Sur un mauvais adieu, de Michael Connelly.

Sur un mauvais adieu

L'ouvrage:
Harry Bosch se voit remettre un chèque de dix mille dollars uniquement pour rencontrer un vieux milliardaire. Celui-ci souhaite que le policier retrouve son héritier, car il en a peut-être un.

Critique:
Ce roman m'a davantage plu que les précédents. D'abord, j'ai apprécié de retrouver Bosch, son sens de la justice, sa complicité avec sa fille, etc. J'ai également été touchée que l'évocation d'événements qu'il a vécus plusieurs décennies plus tôt l'émeuve à ce point, et qu'il se sente proche de l'homme qu'il cherche, parce que celui-ci a connu la même chose. J'ai aussi apprécié de retrouver la bonne entente entre Harry et Mickey, et de les voir travailler main dans la main.

Dans ce roman, Bosch s'occupe de deux affaires en même temps, l'autre est celle qu'il traite pour le SFPD (la police de San Fernando). Cela a permis à l'auteur de moins traîner. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'on avait rapidement des réponses quant à l'enquête concernant le vieux milliardaire. Je savais bien que ces solutions menaient à d'autres questions, mais j'ai aimé que les choses ne stagnent pas. De plus, au tout début, j'étais sceptique quant à la façon dont Michael Connelly parviendrait à faire trouver un indice à Bosch de manière plausible: en effet, celui-ci avait très peu d'indications exploitables sur ce qu'il cherchait. Finalement, l'auteur a bien amené les choses.

Les deux intrigues sont totalement différentes, ce qui contribue à l'absence de longueurs. En outre, je n'ai pas deviné grand-chose. Une réponse m'est venue cinq secondes avant que Bosch ne la donne. ;-)

Ici, notre héros fait équipe avec Bella Lourdes. J'ai apprécié ce personnage. J'espère qu'on la reverra par la suite, et qu'elle ira bien...

J'ai été agréablement surprise, parce que depuis quelques romans, les enquêtes me paraissaient ternes, et ici, les deux m'ont plu. De plus, Bosch n'a pas de relation sentimentale, ce que j'ai apprécié. (J'ai dit dans les deux ou trois chroniques précédentes pourquoi ses histoires de coeur m'agaçaient.)

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.

Mon opinion est à peu près la même que lors de mes autres chroniques. Je reste déçue que Jacques Chaussepied ait remplacé Éric Herson-Macarel pour la lecture des Bosch, mais je sais que c'est un bon comédien. Ici, j'ai davantage apprécié sa lecture parce qu'il m'a semblé qu'il faisait moins les accents pour les noms étrangers, ou qu'il le faisait de manière plus subtile. Il a une voix assez grave, donc je comprends qu'il la modifie pour les rôles féminins. Il le fait bien, car cela n'est pas affecté.

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lundi, 30 avril 2018

The night child, d'Anna Quinn.

The  night child

L'ouvrage:
Fin novembre 1996.
Nora Brown est professeur à l'université. Un jour, après que ses élèves sont sortis de sa classe, elle voit un visage enfantin. Plus tard, le même visage lui apparaît à nouveau, et elle entend une petite voix qui lui dit: «Souviens-toi de la Saint-Valentin!». Profondément troublée, elle prend rendez-vous chez un psychiatre.

Critique:
En achetant ce livre, je me disais qu'il était possible que j'y trouve un certain thème qui se fait assez récurrent dans les romans. Je me méfiais un peu, justement parce que ce thème est beaucoup exploité. Anna Quinn l'aborde avec sensibilité et intelligence, et montre (sous un angle peu étudié par d'autres auteurs) la manière dont certaines victimes tentent de «passer par-dessus». Je ne sais pas jusqu'à quel point la romancière s'est documentée, donc j'ignore si la façon de «gérer» de Nora est à ce point possible. Je peux seulement dire que par des explications, l'auteur rend cela crédible.

La romancière met en valeur un aspect auquel je n'avais pas pensé. La «défense» de Nora fait que son comportement est négatif. Ne se basant que sur ce qu'elle montre, personne ne peut deviner de quoi cela découle. Après coup, je pensais que certains (dont Paul) auraient dû creuser, mais je sais qu'il n'était pas simple (voire quasiment impossible) de le faire.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. La tension est au rendez-vous, et même lorsque les choses semblent aller mieux, un malaise sous-jacent reste. À mesure des découvertes, la compassion du lecteur grandit à l'égard de Nora. Perdue, esseulée, ne pouvant trouver la force de se confier, son désarroi touchera forcément, d'autant qu'il est facile de s'identifier à elle.

Je ne sais pas trop quoi penser de Paul. Il est très carré, un peu borné, pas toujours tolérant... On peut concevoir qu'il ait renoncé à comprendre sa femme, mais c'est son attitude générale qui ne m'a pas trop plu.

J'ai apprécié David. Il applique les théories qu'il a étudiées, mais n'oublie pas les leçons que lui a enseignées la vie. D'autre part, même si, de par son métier, il a été confronté à toutes sortes de troubles, il n'est pas blasé, offre spontanément son appui, est compatissant.

La fin peut être interprétée de plusieurs façons, surtout concernant «l'endroit» où se retrouvent les deux personnages. C'est un détail, mais il peut avoir son importance... J'aurais aimé une fin se déroulant quelques mois plus tard, et disant ce qu'il est advenu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Blackstone audio

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lundi, 23 avril 2018

Les fantômes d'Eden, de Patrick Bauwen.

Les fantômes d'Eden

L'ouvrage:
Paul Becker pense qu'il n'a plus vraiment rien à attendre de la vie. C'est alors qu'un événement le force à se pencher sur son passé, et à examiner de plus près ce qui est arrivé l'été 79, à Eden, le petit village de Floride où il vivait, alors que sa bande d'amis et lui étaient des adolescents insouciants.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Monster», j'ai été ravie que la suite sorte en audio. À noter que même si on retrouve certains personnages, il n'est pas obligatoire d'avoir lu «Monster» pour apprécier «Les fantômes d'Eden».

Patrick Bauwen s'y entend pour faire monter la tension. Plusieurs passages sont propres à effrayer le lecteur, même si celui-ci, moins impliqué que Paul, devine qu'il n'y a pas vraiment de quoi avoir peur. Je pense, par exemple, à l'excursion de Paul dans le tunnel (avec la lumière du portable qui s'éteint juste à ce moment-là), à sa «rencontre» avec Sarah puis Abigail que l'auteur prend bien soin de détailler, et à d'autres scènes dont le décor et la description sont particulièrement réussies. À un moment, Paul fait une sorte de mise au point en se remémorant des phrases dites par l'un ou l'autre. Cette scène est percutante, parce que le narrateur se repasse en accéléré plusieurs aspects de son enquête. Je me suis surprise à «entendre» aussi ces phrases dans ma tête, se succédant à un rythme vertigineux. J'imagine que cela serait très réussi dans un film.

D'autre part, si Patrick Bauwen utilise certaines ficelles un peu faciles, il se rattrape en ne tentant pas (comme par exemple Michel Bussi dans «Nymphéas noirs») de berner le lecteur par des procédés malhonnêtes. Il éparpille même certains indices sans les déguiser. Certains sauront peut-être d'ailleurs qui est coupable de tout avant qu'il ne le dévoile. Je n'ai pas deviné, d'abord parce que je me suis obstinée dans un raisonnement erroné. À un moment, Paul imagine certaines hypothèses, et je pensais: «Mais il ne dit rien quant à la mienne.» Je me trouvais très futée par rapport au personnage... j'avais tort, ce qui m'a beaucoup plu. Ensuite, j'étais trop prise par l'histoire pour chercher efficacement. C'est là que l'auteur fait porter les soupçons sur tout le monde, ce qui peut être agaçant. Je ne lui en ai pas voulu parce qu'intrigue et personnages me plaisaient beaucoup. De plus, il sème de petites énigmes qui dépendent de la grande, et rendent le tout d'autant plus captivant. Enfin, il révèle un certain nom bien avant la fin. J'ai apprécié cette originalité, surtout qu'après, il a réussi à maintenir le suspense concernant autre chose. Et puis, tout se tient, il n'y a pas d'incohérences. Comme je pinaille, je dirai qu'il y a un détail que les auteurs qui utilisent l'une des ficelles employées dans ce roman ratent souvent, ce qui m'agace beaucoup. Ici, Patrick Bauwen néglige complètement ce détail, au début, et fait comme s'il n'existait pas. J'ai donc commencé par râler. Puis il l'évoque, et tente d'expliquer pourquoi les personnages ne le voient pas. C'est plus ou moins réussi, mais au moins, il ne l'a finalement pas laissé de côté.

Paul n'est pas forcément très sympathique. En tout cas, je lui préfère Stan et Jerry qui sont plus sensibles, réagissent souvent de manière plus posée... Stan a suscité mon empathie.
Paul a laissé la vie décider pour lui, n'a pas cherché à être maître de son destin alors qu'il aurait pu. C'est d'autant plus rageant qu'un autre n'a pas pu faire autrement qu'être emporté dans la tourmente...%/%Quant à Sarah, je ne l'appréciais pas spécialement au début, mais par la suite, elle m'a déçue. J'ai eu du mal à accepter que certains la protègent (surtout une personne), et qu'elle paraisse trouver cela normal.
Je n'évoquerai pas tous les protagonistes, mais aucun ne laissera le lecteur indifférent.

Suspense, personnages attachants, intrigue bien menée... un roman qui m'a fait passer un très bon moment!

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Antoine Tomé.

Je suis très contente que l'éditeur audio ait été soigneux, et ait fait enregistrer ce roman par le comédien qui a enregistré «Monster». Je le souligne parce que «Monster» n'a pas été lu pour le même éditeur audio. J'aime beaucoup le jeu d'Antoine Tomé. Ici, il n'a pas démérité. Il est parvenu à modifier sa voix pour certains rôles de manière appropriée. Il a fait certains effets de voix bienvenus, afin de plonger davantage l'auditeur dans l'ambiance. Par exemple, lorsqu'Abigail parle. J'ai apprécié la voix qu'il donne à Mike: cela m'a fait imaginer le personnage de manière plus précise. Cela a également été le cas pour Teddy. Enfin, je crois que le comédien a donné à Cameron la même voix que dans «Monster», ce qui signifie sûrement qu'il a pris le soin de réécouter comment il avait interprété ce personnage en 2009. J'ai apprécié cela.

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lundi, 16 avril 2018

Time of death, de Lucy Kerr.

Time of death

L'ouvrage:
Voilà douze ans que Francesca Stapleton (Frankie) a quitté sa famille qui tient un magasin dans le petit village de Stillwater. Elle est infirmière à Chicago, et retrouve les siens lors de fêtes comme Thanksgiving ou Noël.
Ce jour-là, sa soeur l'appelle, paniquée. Son bébé risque de naître six semaines avant terme. Elle n'a pas vraiment confiance en les médecins en général, et souhaite que Frankie revienne. Celle-ci se laisse convaincre. Dès son arrivée à l'hôpital de Stillwater, elle tombe sur un homme en train de faire un infarctus.

Critique:
Ce roman m'a globalement plu. J'ai apprécié Frankie et sa famille. Sa mère est un peu pénible (c'est d'ailleurs pourquoi notre héroïne a eu besoin d'air), mais elle n'est pas caricaturale. La narratrice a un caractère bien trempé, ne s'en laisse pas conter, et est lucide quant à ses raisons d'agir. J'ai apprécié la complicité presque immédiate entre elle et sa nièce, Riley. Cela donne lieu à des scènes amusantes, notamment celle où Riley surprend sa tante réintégrant sa chambre par la fenêtre après ce qui ressemble à un rendez-vous avec un homme.

L'énigme policière m'a d'abord intéressée, mais vers le milieu du livre, je l'ai trouvée un peu lente. À la décharge de l'auteur, je pensais savoir qui était coupable de tout, et je trépignais parce que Frankie ne pensais pas à cette personne. Il se trouve que je m'étais trompée, ce qui m'a bien fait rire. De plus, j'ai été reconnaissante à l'auteur de ne pas sortir de sa manche, au dernier moment, le coupable auquel je pensais.

D'autres moments légers jalonnent le roman. Par exemple, les rencontres explosives entre la narratrice et le docteur Paul Costello, la plus plaisante étant la dernière. Il y a aussi cet étrange chat qu'on rencontre lorsqu'on s'y attend le moins, et qui permet une découverte surprenante.

Ce roman est un tome 1. Je m'interroge quant à la suite. Je serai ravie de retrouver Frankie et ceux qui gravitent autour d'elle. J'ai même hâte de voir la jeune femme exercer son métier et se frotter à certains. Il me plaira également de lire des scènes entre sa famille et elle, de retrouver Noah... Cependant, Stillwater étant un petit village, je me demande s'il serait très crédible qu'il y ait d'autres meurtres, même à raison d'un par an.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Blackstone audio.
J'aime beaucoup le jeu naturel d'Amy McFadden. Ici, elle n'a pas démérité. Le ton de voix qu'elle prend pour la mère de Frankie, par exemple, est parfait, car il aide encore mieux à se la représenter. La comédienne modifie sa voix pour les hommes, mais n'exagère jamais, et parvient à merveille à faire passer les sentiments que chacun exprime.

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lundi, 2 avril 2018

The memory child, de Steena Holmes.

The memory child

L'ouvrage:
Février 2014.
Aujourd'hui, Diane doit laisser, pour la première fois, la garde de son bébé à Nina, la nounou. Elle est un peu anxieuse: elle souhaite retourner travailler, mais ne veut pas quitter sa fille. Elle se sent transformée par la maternité: tous ses doutes quant au fait d'avoir un enfant se sont envolés à la minute où elle a vu Grace. Elle se demande même comment elle a pu commencer par refuser d'être mère.

Critique:
Au tout début, j'ai aimé ne pas savoir où me mènerait Steena Holmes. Les chapitres alternent: le présent de Diane, et les événements ayant eu lieu un an plus tôt racontés du point de vue de son mari. Donc, pendant un moment, on suit la jeune femme qui, dans le passé, ne voulait pas abandonner sa carrière ne serait-ce que quelques semaines, en alternance avec son quotidien en 2014. Peu à peu, on se rend bien compte que quelque chose ne va pas: certaines réactions, l'absence prolongée d'un personnage... À partir de ce moment, j'ai vite deviné la plupart des mystères dont Diane est entourée. Cela m'a un peu gênée, mais je pense que la romancière ne pouvait pas faire autrement si elle voulait rester crédible. Je préfère cela à un auteur tentant de me berner avec des incohérences. En outre, ce qui importe vraiment est le cheminement de Diane. Entre une enfance renfermant un traumatisme très peu exprimé et sa crainte de devoir changer de vie si elle avait un enfant, son évolution est intéressante. Comme on voit les choses de son point de vue (du moins dans le présent), on ne sait pas trop si on doit se méfier de Nina. J'ai trouvé cela intéressant.
Dans le même ordre d'idées, lorsqu'on côtoie Charlie (la soeur de l'héroïne), les voisins, Walter, Marcello, etc, on ne sait pas trop quoi penser. Je ne me suis pas méfiée d'eux, mais ils contribuaient au malaise diffus que je percevais.

La fin paraîtra peut-être grosse à certains. Pas à moi. Je pense que ce genre de choses est possible. L'auteur va loin, mais tout est préparé et expliqué.
Ce roman peut sembler un peu facile, mais je trouve que Steena Holmes a su s'y prendre pour intéresser et surprendre son lecteur (malgré les indices trop précis). J'ai passé un bon moment, et j'ai trouvé le tout crédible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

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