Romans policiers, thrillers, suspense

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mardi, 14 janvier 2020

L'accident de l'A35, de Graeme Macrae Burnet.

L'ouvrage:
Saint-Louis, ville près de la frontière Suisse. L'avocat Bertrand Barthelme se tue dans un accident de voiture. Lorsque le policier Georges Gorski annonce la nouvelle à Lucette, la veuve, celle-ci se demande ce que son mari faisait sur cette route, alors qu'il lui avait dit se rendre ailleurs.

Critique:
Ce roman m'a plu, malgré les quelques reproches que je ferai. Par exemple, tout comme dans le tome 1, à la fin, certaines choses ne sont pas résolues. Concernant le tome 1, je n'en ai pas parlé dans ma chronique, parce que je savais qu'il y avait un tome 2, et imaginais que l'ultime réponse de l'enquête serait donnée au détour des pensées de Gorski, au début de ce tome 2. Non seulement, la réponse ne nous est pas donnée (ce qui n'est pas extrêmement grave, même si j'aurais préféré qu'elle y soit), mais le tome 2 laisse également le lecteur avec des questions. Celles-ci ne sont pas cruciales, mais il est dommage de ne pas avoir toutes les réponses.

Il m'a plu de retrouver Gorski: son amour pour son métier et son désir de bien le faire, ainsi que sa chaotique histoire de couple. Tout comme dans le tome 1, je n'ai pas vraiment apprécié sa femme, Céline. Je trouve dommage qu'ici, ce soit elle qui ait décidé de ne plus tourner autour du pot. Je trouve étrange que Clémence n'ait pas davantage fait preuve de volonté concernant son lieu de résidence. Soit, elle n'est pas majeure, mais elle n'en est pas loin.

Je n'ai pas éprouvé de sympathie pour Raymond, le fils de Bertrand. On me dira qu'il a les circonstances atténuantes: il se cherche, veut se prouver certaines choses... De plus, son père n'en a pas vraiment été un. Malgré cela, ce personnage m'a déplu. Il semble ne penser qu'à lui.

Excepté le fait que quelques réponses manquent, j'ai trouvé le récit lent, mais sans temps morts, ce qui m'a plu. Gorski n'a d'ailleurs pas beaucoup de cartes en mains lorsqu'il commence à enquêter. Il aurait fallu que vers la fin, il sût ce que Raymond vient de découvrir.

J'espère qu'il y aura un tome 3, ne serai-ce que pour retrouver Gorski.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser.

Comme dans «La disparition d'Adèle Bedeau», j'ai aimé la prestation du comédien. Son jeu est naturel, sa voix se fond dans l'ambiance du roman.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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39 lectures

vendredi, 10 janvier 2020

La disparition d'Adèle Bedeau, de Graeme Macrae Burnet.

L'ouvrage:
Saint-Louis, petite ville près de la frontière Suisse.
Manfred Baumann est un habitué du restaurant de la Cloche. Un jour, il constate qu'Adèle, la serveuse, n'est pas là. Pour une raison inexpliquée, elle n'est pas venue travailler. Les jours se suivent, et elle ne réapparaît pas...

Critique:
Ce roman m'a plu. La quatrième de couverture indique que cela ressemble à du Simenon. Moi qui suis plutôt tiède envers les écrits de ce romancier, j'ai (encore une fois) eu raison d'écouter mon instinct plutôt que cette indication. Certes, il y a une ambiance à la Simenon, mais j'ai trouvé les personnages (surtout les deux principaux) davantage creusés. L'auteur prend le temps de les présenter, de les montrer dans diverses situations, d'évoquer leur passé. Manfred m'a paru difficile à réellement cerner. Je me suis demandé s'il n'y avait pas un brin d'autisme dans son comportement. Il s'accroche à une routine, semble à l'écart, a parfois des pensées un peu étranges. Bien sûr, quelque chose influe sur sa façon d'être, mais je ne suis pas sûre que cette chose soit la seule. Je ne sais pas trop quoi penser concernant la faute passée (si j'ose le tourner ainsi) de Manfred. Je n'ai pas réussi à savoir s'il était «perturbé» ou si autre chose (de la confusion, de l'égarement, une perte de contrôle) l'a fait agir ainsi...

Quant à Gorski, j'ai apprécié ce que nous apprend l'auteur. Gorski m'a amusée parce qu'il pensait qu'il devait peut-être revoir ses méthodes, mais ne s'y résolvait pas. J'ai été surprise de tomber sur un inspecteur qui n'accordait aucun crédit à l'intuition. Souvent, les policiers des romans se fient à leur intuition.
Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il a épousé Céline. Bien sûr, on peut se l'expliquer, mais j'imaginais que Gorski aurait été plus perspicace quant au fait qu'ils ne s'entendraient pas, étant donné leurs débuts.

Pour moi, le récit ne souffre d'aucun temps mort, d'aucune incohérence. Quant à savoir ce qui est arrivé à Adèle... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser.

Je connais peu ce comédien, mais j'ai beaucoup apprécié le peu que j'ai lu. Donc je savais que sa lecture me plairait, ce qui a été le cas. Il ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles féminins (ce qui serait absolument désastreux, étant donné le timbre et le léger voile de sa voix). Il rend bien les sentiments des personnages. Par exemple, lorsque Gorski se rend chez le grand-père de Manfred, le comédien joue sans faille le mépris teinté de condescendance, mais aussi d'une note d'indulgence, du vieil homme envers le policier.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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42 lectures

jeudi, 9 janvier 2020

Possession, de Paul Tremblay.

Possession

L'ouvrage:
Meredith (Merry) Barett a vingt-trois ans. Elle a accepté que les terribles événements que sa famille a vécus quinze ans plus tôt soient racontés dans un livre. De ce fait, elle aura plusieurs réunions avec une autrice chargée d'écrire son récit. À l'époque, une partie avait été connue du grand public. Quinze ans plus tôt, Marjorie, la soeur de Merry, avait quatorze ans, et entendait des voix. Elle voyait un médecin, mais son père (John) était persuadé qu'elle était possédée. Il avait fini par réussir à convaincre sa femme (Sarah) que leur fille devait être exorcisée. De plus, on avait proposé à la famille de faire une émission télévisée là-dessus.

Critique:
Je ne suis pas très friande de livres d'horreur, mais celui-là m'a tentée. De plus, il est lu par une comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Au final, ce roman ne m'a pas passionnée, mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bien. Je me suis aperçue que j'attendais quelque chose de précis. Je voulais qu'il se passe ceci et cela, et comme je ne suis pas l'auteur, il n'a pas fait absolument ce que je voulais. En fait, j'avais presque écrit les événements dans ma tête avant d'attaquer le livre, et je voulais absolument qu'ils arrivent comme je les voyais. ;-)

L'auteur montre bien le désarroi de Merry et de Marjorie. En effet, Merry, très proche de sa grande soeur, découvre soudain que celle-ci change: elle se met à hurler sans raisons, raconte d'effrayantes histoires, profère des menaces... --- Le lecteur ne sait jamais si elle s'amuse à terrifier sa petite soeur ou si c'est sa maladie mentale qui la fait parler ainsi. J'ai supposé qu'il y avait des deux. Mais les choses se compliquent. Beaucoup d'éléments (notamment les étrangetés qui arrivent pendant l'exorcisme) sont expliquées. Cependant, un mystère reste. Cela concerne ce que Merry raconte à Rachel à la fin. Que faut-il penser de Marjorie? De Merry? De leur père?... En effet, John est assez antipathique: il ne jure que par Dieu, impose la présence du prêtre et l'exorcisme... Il n'essaie pas vraiment d'aider sa fille, ayant eu la tête farcie de religion, ne cherchant pas si ce qui arrive à son aînée pourrait être autre chose... Cependant, ce sont les propos de Marjorie qui, depuis le début, évoquent ce qui arrive par la suite, et qui fera l'objet du dernier récit de Merry à Rachel. Dans quelle mesure John en est-il responsable? Le récit de Merry ne concorde pas avec un élément qui ne peut être contesté. Mais pourquoi Merry mentirait-elle? Elle n'y aurait aucun intérêt. Je n'ai pas apprécié ce flottement, car il apporte davantage de questions que de réponses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florine Orphelin pour les éditions Lizzie.

Malheureusement pour moi, je confonds Florine Orphelin avec sa soeur, Noémie. J'ai entendu Noémie Orphelin en tant que comédienne de doublage, et Florine lisant des romans («L'autre rive du Bosphore» et «Possession». J'apprécie le jeu de ces deux comédiennes, et j'espère que chacune enregistrera beaucoup de livres qui me tenteront.
Ici, la lectrice a toujours adopté le ton adéquat. Lorsqu'elle prend une petite voix pour le rôle de Merry à huit ans, c'est réaliste, et elle n'en fait jamais trop. D'autre part, elle joue à merveille la peur de Merry lorsque Marjorie raconte ses histoires. Elle rend également très bien le ton de Marjorie, quelle que soit la situation. Bref, Florine Orphelin a fait un excellent travail. À mon avis, il aurait été très facile de surjouer.

Je regrette que chaque chapitre commence par un passage musical. Comme je l'ai déjà dit, je rêve que tous les livres audio soient sans musique.

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43 lectures

mercredi, 8 janvier 2020

L'ombre de la menace, de Rachel Caine.

L'ombre de la menace

L'ouvrage:
Wichita, Kansas.
Ce soir-là, Gina Royal rentre chez elle avec ses enfants. Elle découvre qu'une voiture a défoncé la porte de son garage. À peine a-t-elle le temps d'assimiler cela que des policiers lui demandent de sortir de son véhicule, et l'arrêtent. Dans le garage, se trouvent des cadavres de femmes. C'est Melvin, le mari de Gina, qui les a assassinées. La police se demande si la jeune femme ne serais pas complice.

Critique:
Mon résumé n'est pas aussi palpitant que la quatrième de couverture, mais à mon sens, celle-ci en dit trop.

Ce roman m'a beaucoup plu. Rachel Caine montre très bien les effets d'un tel traumatisme sur ceux qui l'ont subi. Gina (qui a changé d'identité) est dévastée. Elle est toujours sur ses gardes, s'effraie à la moindre anomalie... Qui n'aurait pas peur à sa place? En outre, elle se rend très bien compte de l'effet destructeur de sa perpétuelle angoisse sur ses enfants, et elle tente de les préserver. C'est un beau personnage qui essaie de garder la tête hors de l'eau, et qui, surtout, tient à ce que ses enfants soient le mieux possible.

L'autrice finis par créer une situation à cause de laquelle le lecteur soupçonne tout le monde. Je ne lui en ai pas du tout voulu pour deux raisons. D'abord, j'ai rapidement su le nom de l'un des coupables. Je pense que l'autrice souhaite que le lecteur ait ce temps d'avance sur Gina. D'ailleurs, il est étrange que sa paranoïa galopante (justifiée) ne la fasse pas suspecter ce personnage. Ensuite, la romancière maintient un suspense haletant. Même si le lecteur a un petit temps d'avance, il est loin de tout savoir. Le plus effrayant, outre les horreurs dont sont adeptes Melvin et ses admirateurs, est certainement l'implication de deux personnes. (Je ne peux pas trop en dévoiler, mais je pense que ceux qui ont lu le roman comprendront de qui je parle.) Cela m'a effrayée parce que je pense que si l'autrice l'a écrit, c'est que dans la vie, ce cas de figure est possible.

Je n'ai trouvé aucun temps mort, aucune incohérence, et j'ai respiré au rythme de l'héroïne et de ses enfants. En bonne pinailleuse, j'aurais souhaité une fin moins abrupte. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire (oui, encore...) expliquant la suite immédiate... Après avoir écrit cela, j'ai cherché Rachel Caine sur Audible.fr: il se trouve que ce roman est le tome 1 d'une série qui en compte au moins quatre. Moi qui pensais que l'écrivain ne parviendrait pas à maintenir le suspense si elle écrivait une suite (je m'imaginais aussi déçue que lorsque j'ai lu les suites de «Le poète», de Michael Connelly)... Je suis curieuse de voir comment elle a fait pour en écrire autant... Maintenant que je sais qu'il y a des suites, je vais les guetter en audio français. Pour cette fois, je vais m'abstenir de les lire en anglais parce que j'apprécie beaucoup le jeu de Flora Brunier (qui, je pense, fera partie des comédiens enregistrant la suite), et aussi parce que je n'aime pas le jeu de Lauren Ezzo qui fait partie des comédiens lisant les suites en anglais. J'espère que si Audible se lance dans la suite en français, il n'y aura aucun comédien dont je n'apprécie pas le jeu...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Comme je m'y attendais, j'ai apprécié l'interprétation de la comédienne. Je n'ai lu que deux autres romans qu'elle a enregistrés, et j'ai tout de suite apprécié sa lecture. Ici, elle avait fort à faire, car en plus de la femme angoissée, elle devait jouer un psychopathe. Elle s'en est très bien tirée, ainsi que des autres rôles pas forcément évidents. Par exemple, au tout début, les enfants sont jeunes, et elle parvient à prendre une voix enfantine sans avoir l'air affecté. Enfin, j'approuve la façon dont elle a prononcé Javier. Là encore, elle n'exagère pas, je pense que je l'aurais prononcé comme elle à sa place. Malheureusement pour moi, rien d'autre, parmi les livres qu'elle a enregistrés, ne me tente...

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Pour information, la structure du livre est respectée à 99,9%. Les deux derniers chapitres sont sur la même piste.

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46 lectures

mardi, 7 janvier 2020

La nuit n'est jamais complète, de Niko Tackian.

La nuit n'est jamais complète

L'ouvrage:
Ce jour-là, Jimmy a dit à sa fille, Arielle, qu'ils devaient partir pour une raison inconnue de la jeune fille. Voilà pourquoi ils roulent sur la route 33, en plein désert. Alors qu'il ne leur reste qu'une cinquantaine de kilomètres à parcourir, ils sont arrêtés par un policier qui leur dit (ainsi qu'à trois autres automobilistes allant dans la même direction) qu'un glissement de terrain a coupé la route. Ils ne peuvent pas continuer: ils doivent faire demi-tour ou attendre que les dégâts soient réparés.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Avalanche hôtel», j'étais ravie de voir que «La nuit n'est jamais complète» sortait en audio. Malheureusement pour moi, ce roman ne m'a pas autant plu que le précédent. D'abord, il y a trop de choses macabres, trop de spectaculaire, trop d'éléments qui veulent transformer le tout en un livre d'horreur. N'aimant pas du tout cela, j'espérais que l'auteur allait se rattraper à la fin, en créant quelque chose de rationnel qui expliquerait tout. Il l'a fait, mais cela ne m'a pas convenu, parce que cela m'a rappelé d'autres fins que je n'ai pas aimées. D'ailleurs, au milieu du livre, j'ai pensé: «Hmmm... il va faire une fin de ce style...» De plus, les autres révélations qui sont faites ne m'ont pas plu.

Si je n'ai pas apprécié tout cela, je précise qu'il n'y a pas d'incohérences, et que l'auteur se sort bien des situations qu'il a créées. Donc pour ceux qui aiment ce genre, c'est à lire, car il n'y a pas d'éléments invraisemblables, rien n'est bâclé, etc.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Hatt.

Je connais peu ce comédien. Je ne l'ai entendu que dans «Fétiches», roman dans lequel je l'avais trouvé trop sobre. Ici, j'ai beaucoup apprécié son interprétation. Il doit jouer la peur, la colère, et d'autres sentiments: il fait cela très bien, rendant parfaitement l'ambiance du roman. Je n'ai pas apprécié qu'il prononce Florencio en roulant le «r», mais cela ne m'empêchera pas de lire d'autres livres qu'il a enregistrés.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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