Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 29 avril 2021

Solitude, de Niko Tackian.

L'ouvrage:
Il a un sac en plastique sur la tête. Il va étouffer. Mais on n'attend pas que cela arrive, on lui tire une balle dans la tête. Plus tard, au moment où le médecin légiste va l'autopsier, il se rend compte que le «cadavre» est vivant.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Avalanche hôtel», avoir été déçue par «La nuit n'est jamais complète», et avoir trouvé «Celle qui pleurait sous l'eau» insipide (je ne me suis pas donné la peine de le chroniquer, ne l'ayant pas eu en service presse) j'étais réticente à donner une autre chance à Niko Tackian. J'ai fini par parier que «Solitude» serait le deuxième de lui qui me plairait. Heureusement pour moi, j'ai gagné. Par certains côtés, ce roman m'a rappelé «Avalanche hôtel». D'abord, la montagne et le froid sont omniprésents. La montagne est presque un personnage du roman. Dans «Solitude», on rencontre des amoureux de la montagne, qui s'y sentent bien, savent la déchiffrer. Certains, comme Reda, font figure de sages. De plus, le froid étant mon grand ami, j'ai beaucoup aimé cette ambiance.

Ensuite, comme dans «Avalanche hôtel», l'intrigue ne contient pas de temps morts. Il y a du suspense, et tout est crédible.
J'ai su (et d'autres la devineront aussi) une chose importante avant Nina et Charlie (les policiers) mais Nina la flaire, et son entêtement à la débusquer a fait que je n'ai pas été gênée de la savoir avant elle. De toute façon, j'aurais pu me tromper.

Comme dans «Avalanche hôtel», en peu de pages, Niko Tackian fait passer ses personnages par de forts sentiments et de fortes émotions. C'est bien amené, bien exploité. Les aspects sordides de la résolution de l'énigme font vraiment froid dans le dos... Moi qui viens de lire un autre roman où un de ces aspects se retrouve, moi qui ne me suis jamais méfiée de ce genre de choses auparavant, qui ai toujours trouvé ça très bien, je risque d'avoir une arrière-pensée à chaque fois que j'entendrai parler de cela... ;-)

J'ai quand même un reproche: j'ai été déçue qu'à la fin, une question reste. Surtout qu'elle aurait pu ne pas se poser. L'auteur aurait pu résoudre cela de façon très simple. Il est même incohérent que cette question soit.

Malgré mon pinaillage final, je recommande ce roman.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Hatt.

Je connais peu ce comédien. Je me souviens avoir apprécié son jeu dans un roman, et moins dans un autre. Ici, je l'ai trouvé naturel, et donc, approprié. Le comédien met le ton adéquat, sans exagération ni excès de sobriété. En outre, il ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins, ce qui, pour moi, est toujours positif.

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lundi, 19 avril 2021

Too good to be true, de Carola Lovering.

L'ouvrage:
Skye Starling a vingt-neuf ans. Voilà six mois qu'elle sort avec Burke Michaels, qui a dix-sept ans de plus qu'elle. Ce jour-là, en lui apportant son petit-déjeuner au lit, Burke la demande en mariage.

Critique:
Ce roman ma plu. Certaines choses sont un peu convenues, mais elles passent.

L'autrice alterne les chapitres racontant le présent de Skye, le passé d'un autre personnage, et le journal que Burke adresse à un certain docteur K. Quelque chose devient rapidement évident, puis un rebondissement complique les choses. Je ne m'y attendais pas du tout, et mon ressenti m'a rappelé ce que j'avais éprouvé lors d'un rebondissement du roman «Une femme entre nous». Les deux livres n'ont rien à voir, c'est seulement ma surprise qui a été égale. En y réfléchissant, je me dis que ce rebondissement n'est pas si spectaculaire, mais je pense que Carola Lovering a su l'amener afin que, sur le moment, il soit impressionnant.

L'histoire d'amour est un peu convenue. Certes, tout est expliqué, et l'autrice parvient à ce que cela tienne, mais objectivement, c'est gros. Heureusement, à la fin, l'autrice n'en fait pas trop. Tout n'est pas absolument rose pour ceux qui s'aiment, ils n'ont aucune certitude, ils vont laisser faire le temps.

Dans le paragraphe qui suit, je ne donne pas les prénoms des protagonistes pour ne pas trop en dévoiler.
Je n'ai pas aimé ce que fait l'un des personnages (que j'appellerai A) dans le présent, mais je suis d'accord quant au fait qu'il en veuille beaucoup à un autre (que j'appellerai B) à cause d'un événement passé. J'aurais préféré qu'A prît sa revanche au moment des faits, et agît en plein jour (si j'ose dire). Quant à B, je ne l'aime pas. B paraît aimable, et sa faute paraît être pleine de circonstances atténuantes, mais pour moi, il n'en est rien. Je ne peux malheureusement pas développer mon point de vue, sous peine de trop en dévoiler. Je suis sûrement sévère avec B, mais mon agacement a été renforcé par l'admiration inconditionnelle que lui vouait Skye. Cette admiration est logique, soit.

Je préfère les récits linéaires, mais ici, j'admets que cela aurait été bien moins percutant. L'intrigue ne traîne pas, la psychologie des personnages est bien exposée et analysée. Skye est sûrement le personnage le plus attachant. La cruauté dont elle est victime à cause de son TOC est choquante, mais malheureusement pas étonnante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt, Amy McFadden, et Stephen Dexter pour les éditions McMillan.

Les deux comédiennes font partie de ceux dont j'apprécie le jeu. Elles n'ont pas démérité, jouant les sentiments et les émotions des personnages sans cabotinage ni trop de sobriété. Quant à Stephen Dexter, je ne le connaissais pas du tout. J'ai trouvé que sa lecture était murmurée, cela m'a agacée. Son intonation était bonne, mais il chuchotait presque. Je ne lirai pas volontiers un livre entier enregistré par lui.

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lundi, 5 avril 2021

Silent witness, de Rebecca Forster.

Ce roman est la suite de «Témoin hostile».

L'ouvrage:
Après le tumultueux procès d'Hanah Sheraton, Josie et la jeune fille tentent de mener une vie normale. C'est lors du premier jour de lycée de l'adolescente que Josie est appelée: Archer, policier à la retraite qu'elle fréquente, a été arrêté pour meurtre. Deux ans auparavant, sa femme (morte depuis), son beau-fils (Tim, treize ans, attardé mental), et lui sont allés dans un parc de loisirs. C'est là que Tim est tombé d'un manège, et est mort. Le père de Tim (Colin Wren) a appris cela récemment. Il a décidé d'attaquer le parc de loisirs pour défaillance mécanique. C'est là que Roger McIntire, l'un des gérants du parc, a apporté de fortes présomptions contre Archer.

Critique
Ce roman m'a presque autant plu que «Témoin hostile» dont il est la suite. J'ai aimé savoir comment se passe la cohabitation entre Hannah et Josie. J'ai un peu tiqué que l'avocate n'ait pas assez de temps à accorder à l'adolescente. Certes, elle est occupée par l'affaire qui la déstabilise judiciairement et personnellement, mais il n'est pas très crédible qu'elle ait si peu de temps pour Hannah. Ensuite, cela s'arrange un peu, lorsqu'elles font certaines choses importantes ensemble.

Il y a certains rebondissements intéressants, mais ils ne m'ont pas vraiment surprise. Quant à savoir ce qui était arrivé à Tim, je me suis très vite doutée de la réponse. À ce sujet, on peut même dire qu'il y a une incohéremce. Comment se fait-il que la personne qui apporte la réponse n'ait pas fait parvenir la preuve à Josie dès que la raison de l'arrestation d'Archer a été connue? Certes, la personne en question n'en a peut-être pas eu connaissance, et l'a peut-être su au moment où Wilson a remué les choses.
D'autre part, un personnage fait plusieurs mauvaises actions, et on ne connaît l'étendue de sa nuisance qu'à la fin. Seulement, le lecteur se doute que c'est cet individu qui est cause de beaucoup de mal, même si, au dernier moment, Rebecca Forster suggère un autre nom pour l'un des terribles actes.

J'avais apprécié Archer dans le tome 1. Ici, je l'ai apprécié, mais j'ai été ennuyée qu'il commence par s'emporter, ne pas vouloir ceci et cela... Il est également invraisemblable qu'il ait fait quelque chose qu'on lui avait dit de ne pas faire. Il n'est pas vraisemblable qu'il ait cru qu'il tirerait avantage de cette transgression. De quelque côté qu'on la prenne, on retombe toujours sur lui étant puni pour cela. Il ne faut pas être très intelligent pour le savoir. Josie le récapitule ensuite, mais le lecteur n'en a pas besoin. C'est dommage, parce que ça montre Archer comme un benêt impulsif. C'est renforcé par son inimitié envers Hannah. Certes, il n'est pas ravi que la jeune fille vive chez Josie, mais il n'essaie pas de trouver des terrains d'entente avec l'adolescente. Bien sûr, Hannah le lui fait payer, mais ses motivations sont faciles à comprendre...
Si tout cela m'a un peu déplu concernant Archer, j'ai très bien compris qu'il n'ait pas voulu s'occuper de tim, et que, pendant son mariage, il n'ait pas créé de liens avec le jeune garçon. J'imagine qu'à sa place, j'aurais réagi de la même manière.

À la fin, Hannah et Josie ne sont pas d'accord concernant ce qu'a fait un personnage. Il est logique qu'Hannah pense comme elle le fait à cause de ce qu'elle a vécu. J'ai presque failli l'approuver. Cependant, en agissant ainsi, et même en faisant autre chose avant, ce personnage a été égoïste et cruel envers plusieurs autres.

Ce roman m'a un peu moins plu que le précédent, mais je l'ai apprécié, et je le recommande.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Tantor Media.

Le changement de lecteur est, je pense, une des raisons pour lesquelles j'ai un peu moins accroché au tome 2. Le tome 1 est le seul qui existe en français. De ce fait, mon mari ne peut m'enregistrer les suivants. Je pense que si la suite avait été enregistrée par Amy McFadden, ou Andi Arndt,, ou Cassandra Campbell, le changement de lecteur m'aurait moins perturbée. Ann Marie Lee fait pourtant partie des lecteurs que j'aime beaucoup... Cependant, depuis quelque temps, je me suis rendu compte qu'elle prenait un ton affecté. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas vu (entendu) avant. Elle n'a pas changé sa façon de lire, c'est moi qui perçois des choses qui ne m'embêtaient pas avant.

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lundi, 29 mars 2021

Little monsters, de Kara Thomas.

L'ouvrage:
Ne pouvant plus supporter de vivre avec sa mère, Kacey Young, dix-sept ans, est envoyée chez son père (qu'elle ne connaît pas), dans la petite ville de Broken Falls. La famille de son père l'accueille bien, même si sa venue commence par déplaire à Lauren, sa demi-soeur de treize ans.
Au lycée, Kacey est rapidement abordée par Bailey. Celle-ci et son amie Jade l'incluent dans leur cercle. Cependant, cette amitié est étrange, car Bailey et Jade poussent Kacey à braver des interdits.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai lu des chroniques sur Babelio. Certaines étaient positives, et allaient dans le sens de ce à quoi je m'attendais, car j'ai aimé «The cheerleaders», de Kara Thomas. Une autre était négative. Selon la personne, les adolescentes en général ne sont pas stupides et artificielles comme elles le sont dans «Little monsters». Après avoir fini le roman, je peux dire que le genre d'adolescentes créé par Kara Thomas est crédible. Je ne veux pas dire que toutes sont ainsi, mais que celles-là sont une partie du tout. De toute façon, si certaines sont détestables, ce n'est pas dû à leur adolescence, mais à leur caractère, à leur personnalité. Quand on est détestable, on n'a pas besoin d'avoir dix-sept ans, on peut l'être à dix ou à quarante ans. Je n'en dirai pas plus quant au caractère de certaines de ces jeunes filles pour ne pas trop en dévoiler.

La personne ayant écrit la chronique négative disait qu'elle avait détesté la fin. De ce fait, au long de ma lecture, je me suis préparée à une fin que je n'aurais pas aimée. J'ai donc soupçonné plusieurs personnes (comme le souhaitait l'auteur), et j'ai tellement souhaité que mes soupçons se révèlent faux que j'ai été moins déçue par la fin que j'aurais pu l'être. En effet, je suis déçue que l'un des personnages soit impliqué. J'aurais préféré que ce personnage ne fraie pas avec toutes cette horreur. Si je poussais un peu la réflexion, je pourrais même dire qu'il est quelque peu incongru que ce personnage se soit retrouvé à faire cela. Certes, c'est bien expliqué et justifié par l'autrice, mais je pense qu'elle aurait pu laisser ce personnage dans le monde normal.

La personne dont j'ai lu la chronique négative a surtout apprécié le début du roman où Kacey fait de son mieux pour être acceptée de Bailey et Jade. Elle aurait préféré que cela continue dans cette voie. J'ai préféré la direction prise ensuite par l'auteur. Si elle avait continué comme au début, j'aurais sûrement pensé que «Little monsters» était une pâle copie (même si sorti avant) de «Girl gone mad».

Le roman m'a donc plu. Pour moi, l'intrigue ne traîne pas, tout en laissant au lecteur le temps d'assimiler les choses, et de faire des hypothèses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole et Brittany Pressley pour les éditions Listening Library.

J'ai longtemps hésité à tenter ce livre, car je ne suis pas friande de la lecture de Brittany Pressley. Son jeu n'est pas vraiment naturel, et elle joue trop de l'enrouement de sa voix. Heureusement pour moi, elle intervient bien moins que Phoebe Strole. Cette dernière est toujours aussi talentueuse. Sa lecture est naturelle, son jeu n'est ni trop sobre ni exagéré.

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jeudi, 11 mars 2021

Sept mensonges, d'Elizabeth Kay.

Sept mensonges

L'ouvrage:
Jane et Marnie se sont rencontrées à onze ans, il y a maintenant plus de vingt ans. Aujourd'hui, Jane raconte leur amitié, mais surtout les derniers mois, car c'est au cours de ceux-ci que la narratrice mentit sept fois à son amie. Cela commença par un mensonge anodin, dit parce que c'était ce que Marnie souhaitait entendre, et parce qu'il était plus pratique pour Jane d'aller dans son sens. Mais un mensonge en entraîne un autre...

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié qu'Elizabeth Kay commence par évoquer des faits ordinaires. Je me mettais à la place de Jane, me demandais ce que j'aurais dit au moment du premier mensonge... Et puis le récit se corse un peu: la narratrice se raconte, et ce qu'elle dit sur sa famille et son mariage montre des faits plus graves. La romancière prend le temps de montrer Jane au lecteur: ses forces, ses failles, ses sentiments, etc. Cela fait que le lecteur éprouve des sentiments contradictoires vis-à-vis de la jeune femme.

J'ai également apprécié la façon dont l'écrivain a «résolu» l'énigme. Si elle avait donné un certain élément dès le départ, j'aurais peut-être fini par envisager cette solution, mais elle a très bien manoeuvré, ne donnant le fameux élément que peu de temps avant la «résolution». Cela fait que si je me demandais comment un certain fait pourrait arriver, je ne trouvais aucun moyen plausible. C'est seulement quelques secondes avant que Marnie ne montre l'objet permettant la «résolution» à Jane que j'ai compris.

Entre énigme bien ficelée et psychologie des personnages bien exposée, ce roman est bien pensé.
Je ne sais pas trop quoi penser de la fin. Elle est du genre que je n'aime pas, mais comment la reprocher à l'autrice? Elle est tellement logique! Elle ne me plaît pas, mais il aurait été impossible qu'elle soit autre! Pour moi, elle peut même appeler une suite. Seulement, cette suite ne serait pas facile à écrire, car Elizabeth Kay n'aurait pas assez de matière.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clémentine Domptail pour les éditions Lizzie.

Clémentine Domptail fait partie des comédiennes concernant lesquelles j'ai d'abord été réticente, car je n'avais pas trop aimé son jeu dans «Ça peut pas rater». Heureusement, j'ai dépassé cela, et ai lu «Une autre histoire» dans lequel son jeu m'a convaincue. Dans «Sept mensonges», j'ai retrouvé son jeu naturel. Elle interprète les sentiments des personnages sans difficultés apparentes, ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et n'est ni monotone ni cabotine.

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