Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 22 avril 2019

Twisted, d'Hannah Jayne.

L'ouvrage:
Lorsque Bex avait huit ans, son père a été accusé d'être un tueur en série. Ses victimes? Des femmes à qui il prenait leurs bijoux, bijoux qu'il donnait à sa fille. Au moment où il aurait dû être arrêté, il s'est enfui. L'enfant est allée vivre chez sa grand-mère.
Aujourd'hui, dix années ont passé. Sa grand-mère étant morte, Bex va vivre dans une famille d'accueil, chez Michael et Denise. Les choses commencent bien: le couple est très gentil et attentionné. De plus, Bex se fait des amis au lycée. Cependant, les événements prennent rapidement une tournure inquiétante...

Critique:
Ce roman (cadeau de Noël de ma mère) m'a beaucoup plu. J'imagine que certains lecteurs pourraient trouver l'héroïne pénible, parce qu'elle est presque toujours en train de s'inquiéter de ce qu'on va penser d'elle, craint qu'on sache de qui elle est la fille, se voit souvent rejetée si on savait... Je n'ai pas trouvé cela ennuyeux, parce qu'il me suffisait de me mettre à la place de l'adolescente. Bien sûr, on peut penser qu'elle n'a qu'à être forte, et rétorquer avec aplomb à ceux qui lui feraient des remarques qu'être l'enfant d'une personne immonde ne fait pas d'elle une personne immonde. Certes, mais je pense que cela n'est pas forcément simple à faire quand on se remet souvent en question, et qu'on est presque tout le temps dans un état de nervosité avancé, justement à cause de cela.
Là où j'ai trouvé Bex un peu pénible, c'est les fois où elle se montre légère envers Michael et Denise, et ne fait pas grand cas d'eux. Elle ne le fait pas exprès, soit...

L'intrigue est bien menée. Il y a une ficelle un peu facile, mais elle ne m'a pas dérangée. Elle a été bien amenée, à mon avis.
À un moment, deux théories se combattent. Bex les analyse. Le lecteur aussi. Il y a une chose importante que l'adolescente ne faisait pas entrer dans son raisonnement. Or, il aurait été intéressant qu'elle en tînt compte, parce que d'un côté, ce fait corroborait l'une des théories, mais il était possible de l'utiliser de la manière dont la romancière a employé un autre fait. Et là, il corroborait l'autre théorie. Il aurait donc été aisé à Bex d'accepter d'en tenir compte.

J'ai trouvé la toute fin un peu rapide. Au moins, la romancière ne bâcle pas les choses: le lecteur sait ce qui arrive aux personnages, il n'y a aucun doute sur rien. Cependant, j'aurais aimé que le dernier chapitre soit un peu plus long, ou qu'il y ait un chapitre supplémentaire (ou un épilogue) se déroulant quelques mois plus tard, et disant comment vont les choses pour les personnages. Je sais que ce petit reproche est du pinaillage. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.
Amy McFadden est une comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu. Une fois encore, elle ne m'a pas déçue. Son ton est toujours approprié, et elle parvient très bien à modifier sa voix pour les rôles masculins sans exagérer.

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36 lectures

mercredi, 17 avril 2019

Blood orange, d'Harriet Tyce.

Blood orange

L'ouvrage:
Alison est avocate. Elle aime beaucoup son travail. Son mariage commence à partir en vrille. Elle sait qu'elle a sa part de responsabilité là-dedans. C'est alors qu'on lui confie sa première affaire de meurtre. Elle doit défendre Madeleine qui a tué son mari, Edwin, de plusieurs coups de couteau.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, Alison m'agaçait, sans que cela ne gâche ma lecture. Je le précise, car souvent, quand un personnage m'énerve, j'ai envie de reposer le livre. Ici, je marchais complètement dans ce que voulait l'autrice: je ne trouvais pas l'héroïne sympathique, mais je souhaitais continuer le roman. Petit à petit, j'ai noté les quelques efforts que la narratrice faisait pour remettre sa vie sur les rails. J'ai aussi remarqué à quel point les déconvenues qu'elle essuyait la blessaient. Malgré ce qui ne me plaisait pas chez elle, je voyais sa fragilité, son envie de mieux faire. Bref, je pense qu'Harriet Tyce a montré un personnage complexe à la psychologie creusée. J'ai apprécié que mon aversion de départ laisse place à de la compassion et à de l'attachement pour cette femme qui admettait sa faillibilité.

J'ai assez vite deviné quelque chose d'important, mais cela n'a pas non plus gâché ma lecture. Au contraire, je faisais coller ce que savait Alison avec ma solution, et j'étais contente de voir que cela fonctionnait. Il y a même un point où je serais allée plus loin que l'autrice.

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Quand Mathilda disparaît lors de la partie de cache-cache, j'imaginais que Carl avait suivi sa femme et sa fille, et alors qu'Alison comptait, avait dit à l'enfant: «Viens, on va faire une blague à maman.», avant de l'emmener. Je me disais même qu'il lui aurait dit de ne rien dire, qu'il faudrait garder cela secret pendant un moment, et que dans quelques semaines, ils pourraient avouer à Alison qu'ils lui avaient fait une plaisanterie. Ensuite, Mathilda aurait fini par le dire à sa mère, sentant que quelque chose n'était pas net. Cela aurait peut-être été un peu difficile à faire tenir, donc je n'en veux pas à la romancière de n'avoir pas utilisé cette ficelle, mais je pense qu'elle aurait pu.


Je n'arrivais quand même pas à trouver comment Alison saurait ce qu'il y avait à savoir, et comment elle se sortirait de la situation. L'autrice a bien joué.

Très souvent, je râle après les prologues de ce genre de romans qui sont là pour nous faire baver, et qui m'agacent énormément. Là encore, Harriet Tyce a marqué un point! En lisant son prologue, on se doute qu'il aura un rapport avec la solution, mais on ne sait pas comment. Il suscite un petit questionnement, mais ne donne pas trois tonnes d'indices. Pour moi, ce prologue pose certaines choses, invitant le lecteur à remarquer de petits éléments au long du livre, mais l'écrivain ne se moque pas de lui, à l'inverse des auteurs des romans qui font des prologues qui ne servent à rien, et après lesquels j'ai râlé au cours de mes chroniques.

Outre l'existence d'Alison, nous découvrons l'affaire dans laquelle elle est plongée. La quatrième de couverture du roman y va avec de gros sabots, pointant exagérément les ressemblances entre cette affaire et ce que vit l'héroïne. Harriet Tyce, elle, fait cela bien plus subtilement. Il est dommage que la quatrième de couverture appuie là-dessus, car il est bien mieux que le lecteur se fasse de petites remarques à mesure qu'il avance dans l'ouvrage.

Je voudrais dire d'autres choses, mais j'en dévoilerais trop. Globalement, je n'ai rien à reprocher à ce livre. Je le conseille.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

Moi qui apprécie beaucoup cette comédienne, j'ai de la chance qu'elle ait enregistré ce roman. J'ai aimé son interprétation. Elle est parfaitement entrée dans la peau d'Alison, rendant très bien son désarroi, ses espoirs lorsqu'elle se promettait de mieux faire, etc.
Elle a également été naturelle lorsqu'il s'est agi de jouer Mathilda, campant une enfant de six ans vraisemblable, et ne cabotinant pas.
À un moment, elle doit jouer un garçon de quatorze ans. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a adopté une intonation et un timbre de voix qui auraient pu être ceux d'un adolescent. Par ailleurs, elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les personnages masculins.
J'ai été déçue qu'elle prononce certains noms propres («orange» dans le titre, ou «Brighton» par exemple) en prenant un accent anglophone...

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Certains chapitres sont coupés en deux pistes. Les éditions Lizzie, comme Audiolib, sont adeptes des pistes ne dépassant pas (ou presque pas) le quart d'heure. (Est-ce une idée que Liza Faja, qui travaillait chez Audiolib avant, et qui fait maintenant partie de l'équipe de Lizzie, a apportée avec elle?) Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, je trouve cela dommage, car pour moi, cela fait que la version audio du livre n'est pas propre. De plus, outre la musique en début de chaque chapitre (ce que je trouve déjà très désagréable), l'éditeur a ajouté quelques notes au milieu de certains chapitres, sûrement pour faire ressortir un changement de scène. Je pense que l'auditeur est assez intelligent pour comprendre que quand la lectrice dit «deux jours plus tard», on a changé de scène; ou que même s'il n'y a pas d'indications temporelles, le texte est assez explicite pour qu'on sache que quelques heures sont passées.

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97 lectures

mercredi, 10 avril 2019

La griffe du chat, de Sophie Chabanel.

La griffe du chat

L'ouvrage:
Nicolas Pérard, propriétaire d'un bar à chats lillois, est retrouvé mort d'une balle dans le ventre. L'arme étant près de sa main, il s'agirait d'un suicide. Sa veuve est surtout triste parce que le chat vedette du bar, Ruru, a profité que la porte soit ouverte pour s'échapper. La commissaire Romano et son adjoint Tellier mènent l'enquête.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Certes, l'intrigue est un peu classique dans le sens où on finit par soupçonner tout le monde, mais elle ne souffre pas de temps morts, et tout se tient. De plus, les personnages (surtout Romano et Tellier) sont bien campés, travaillés... Cela fait qu'outre l'intrigue principale, l'autrice dépeint également la vie des deux protagonistes. Par exemple, Tellier connaît des déboires qui le pousseront à de cocasses extrémités. Enfin, Sophie Chabanel agrémente son roman de notes humoristiques. Elles viennent de sa manière de dire certaines choses en tant que narratrice omnisciente, mais aussi de situations dans lesquelles sont précipités nos enquêteurs de choc. Par exemple, Romano accepte que le lieutenant Clément (boulet notoire qui a atterri sous le commandement de la commissaire parce que sa hiérarchie savait qu'elle n'aurait pas le coeur de le rejeter) prenne part à l'enquête. Les interventions de Clément et les pensées de Romano quant à lui sont toujours source d'humour. Finalement, malgré le peu de jugeote du lieutenant, on découvrira qu'au moins une de ses suppositions était vraie.

Romano et Tellier on un caractère bien trempé. Ils se complètent, se comprennent, et s'aperçoivent qu'ils se manquent au bout de trois jours de non collaboration forcée. La commissaire combat les préjugés concernant les femmes, et oublie parfois ceux concernant les hommes. J'ai apprécié qu'elle tienne absolument à son petit confort, qu'elle aille jusqu'à dormir dans une pièce différente de sa maison chaque soir, etc. Quant à Tellier, j'ai apprécié (par exemple) sa manière d'élever ses enfants, et aussi de ne pas les laisser tomber.

Comme je le disais, on finit par soupçonner tous ceux qui gravitaient autour de Nicolas. Je n'aime pas trop cette ficelle, mais ici, je l'ai trouvée bien exploitée, d'abord parce que l'autrice ne s'acharne pas à brandir ostensiblement tel personnage pendant une partie du roman, puis tel autre, en guise de coupable, et ensuite parce qu'elle a quand même créé un rebondissement que je n'ai pas vu venir.

J'aime beaucoup la toute fin.

Remarques annexes:
Le nom de la victime revient souvent dans le livre, ce qui est normal. Donc la lectrice le dit souvent... À cause de la ressemblance entre ce nom et celui du chanteur, je ne cessais de penser au nom du chanteur. ;-) (Je sais que cette remarque est stupide, mais j'assume. ;-) )
Autre remarque stupide (heureusement que le ridicule ne tue pas): Romano est toujours désignée par son nom, et on ne connaît pas son prénom (ou s'il est dit une fois, je l'ai manqué). De ce fait, dans ma tête, je l'appelais parfois Elsa, en pensant à la comédienne Elsa Romano qu'il me plairait d'entendre davantage sur des livres audio.

Voici une phrase qui m'a beaucoup fait rire: «L'opéra, c'est quand on regarde sa montre au bout de deux heures et demi, et qu'il s'est écoulé vingt minutes.»

J'espère que Sophie Chabanel écrira d'autres romans aussi sympathiques où on retrouvera les mêmes policiers.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Christine Letort.

Je pense ne pas exagérer en disant que Marie-Christine Letort est la comédienne parfaite pour ce roman, et donc pour les livres de ce genre où le rire côtoie la gravité. Son jeu est sans failles. Quel que soit le sentiment, son interprétation est naturelle. Elle passe sans difficultés de la gravité au rire, et n'en fait jamais trop. Tout cela sans modifier sa voix à outrance, ce dont elle n'a absolument pas besoin, sachant, par son intonation, faire comprendre qu'on passe de tel à tel personnage. S'il y a une suite, et qu'elle est adaptée en audio, j'espère que c'est Marie-Christine Letort qui la lira.

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lundi, 8 avril 2019

The cheerleaders, de Kara Thomas.

The cheerleaders

L'ouvrage:
Monica Rayburn a seize ans. Cinq ans auparavant, sa soeur, Jennifer, s'est suicidée: elle ne se remettait pas de l'assassinat de deux de ses amies. Ce soir-là, Monica, qui vient de se faire avorter, cherche des anti-douleurs. Ses pas la conduisent dans le bureau de Tom, son beau-père. Celui-ci est policier, il a enquêté sur le meurtre des amies de Jennifer. En fouillant le bureau, Monica découvre le téléphone portable de sa soeur. Elle le ramène dans sa chambre, et l'examine. Elle découvre que le jour de sa mort, Jennifer a reçu un appel d'un numéro qui n'est pas dans ses contacts. Intriguée, Monica envoie un texto à ce numéro.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je me suis très vite attachée à Monica. J'ai compris son mal-être dû en partie à ce qu'elle vient de vivre. Rapidement, elle exprime ses doutes quant aux meurtres et au suicide des jeunes filles. Et voilà que l'occasion lui est donnée de chercher elle-même des informations. Les choses ne sont pas faciles pour elle, et c'est avec plaisir que j'ai vu se développer, au long du roman, son amitié avec Ginny, à qui elle ne parlait pas trop avant. Bien sûr, elle reste attachée à ses deux amies (Rachel et Alexa), mais dans ce tournant de sa vie, elles ne jouent pratiquement aucun rôle.

Si Ginny est sympathique, je ne parviens pas à comprendre totalement ce que le lecteur apprend à la fin la concernant. Elle l'explique, et ses raisons paraissent valables, mais il lui aurait été possible de tout raconter au moment où les événements se sont passés. Certes, il est une chose qu'elle aurait eu du mal à expliquer, mais elle aurait pu, uniquement concernant ce fait, tronquer la vérité...

L'intrigue est prenante et bien menée. Kara Thomas lance quelques fausses pistes, mais ne tente pas de nous y faire croire à tout prix: elle donne des éléments, et Monica échafaude des théories réalistes. J'ai été contente que deux des personnages ne soient coupables de rien. Je pense qu'incriminer l'un ou l'autre était assez tentant pour l'auteur, car ils faisaient des coupables intéressants. Cependant, elle a choisi quelqu'un d'autre, et j'ai trouvé cela très bien. Pour moi, la solution est vraisemblable. L'auteur n'a pas hésité à insérer des éléments qu'on raccroche au reste ensuite. Ils accentuent la crédibilité de la solution.

Je n'ai pas compris pourquoi Jennifer en était arrivée à cette extrémité. Certaines explications sont données, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue. Ce n'est pas forcément une faiblesse de l'histoire, mais pour moi, on aurait dû avoir davantage d'informations sur les sentiments de Jennifer.

Un bon moment de lecture.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'apprécie beaucoup la voix et le jeu de Phoebe Strole. Ici, elle n'a pas démérité, tant dans sa narration que dans l'expression des sentiments des personnages. Elle n'a pas non plus exagéré pour les rôles masculins. À un moment, Monica pleure. La lectrice ne joue pas ce passage de manière affectée, elle s'en sort très bien. L'héroïne pleure à gros sanglots. Phoebe Strole a pris le parti de montrer ces pleurs, mais de ne pas tenter les gros sanglots. Je pense qu'elle a eu raison.

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lundi, 1 avril 2019

Rien de plus grand, de Malin Persson Giolito.

Rien de plus grand

L'ouvrage:
Ce matin-là, dans une salle de classe du lycée, il y a eu des coups de feu. Tout le monde est mort, sauf Maja Norberg, dix-huit ans. Neuf mois plus tard, son procès a lieu.

Critique:
Ce roman m'a plu. Maja raconte son procès, mais aussi les événements qui y mènent. La jeune fille est un peu trouble, son récit montre que beaucoup de choses ne peuvent être compartimentées et catégorisées comme étant bien ou mal. Sa mère n'a pas un rôle très reluisant. Ce n'est pas une mère horrible, mais il y a mieux. L'adolescente évoque d'autres parents, ceux de ses amis. Elle s'attache à montrer au lecteur que tout n'est pas aussi simple que ce qu'il voit de prime abord. Alors que je me demandais comment elle pourrait expliquer l'un de ses gestes, que je me disais qu'au moins pour cet acte, on ne pouvait pas l'excuser, elle nous en raconte les circonstances... et celles-ci expliquent, voire excusent ce geste. Peut-être que certains lecteurs ne l'excuseront pas. Je dois dire que dès le départ, j'ai bien aimé Maja, malgré le cynisme dont elle fait parfois preuve. J'ai pensé que si elle s'était retrouvée là-dedans, cela ne pouvait pas être uniquement de sa faute... Elle m'a parfois donné envie de la secouer; d'autres fois, elle m'a paru perdue... Mais même quand elle m'agaçait, un fond de sympathie à son égard restait. De temps en temps, elle disait que son avocat pensait ceci et cela: elle ne semblait pas comprendre qu'au-delà de ce qu'il pensait, il faisait son travail, ce pourquoi il était payé: la défendre.

J'ai bien aimé la manière dont Samir retourne la situation lors de la conférence, au lycée. Le thème abordé est d'actualité, et je pense qu'il le restera. Avant cette conférence, on le retrouve évoqué entre les adolescents...

Je ne sais pas quoi penser de Sebastian. J'imagine que Malin Persson Giolito souhaite que le lecteur plaigne ce personnage et soit également écoeuré par lui... Je n'ai pas eu la force de le plaindre. Je sais pourtant qu'il aurait eu besoin d'aide, mais je pense que s'il avait demandé (à quelqu'un d'autre que Maja), il aurait pu avoir assez de soutien pour choisir un autre chemin... J'ai conscience que je suis sévère envers lui, mais j'en ai un peu assez de ceux qui prennent leur souffrance comme prétexte pour faire le mal.

J'aurais aimé des chapitres supplémentaires. À la fin, on sait ce qu'il advient de Maja (en tout cas immédiatement après le procès), mais j'aurais voulu savoir si certains pourraient se reconstruire moralement.

Je ne sais pas quel est le titre original, mais j'aime beaucoup le titre anglais: «Quicksand» («Sables mouvants»). Il décrit très bien ce que vivent ces adolescents...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Zoé Gauchet pour les éditions Lizzie.

Depuis un petit moment, j'avais repéré ce titre en anglais. Je souhaitais le lire, mais... je n'apprécie pas le jeu de la lectrice qui s'en est chargée. Lorsqu'il est sorti en audio en français, lu par une comédienne que je ne connaissais pas, je me suis fiée à l'extrait proposé sur Audible (dans lequel Zoé Gauchet me paraissait talentueuse), et me suis tournée vers cette solution. J'ai eu raison. La comédienne entre parfaitement dans la peau de Maja et des autres. Elle transcrit très bien les intentions de l'auteur. Elle adopte toujours le ton approprié, quel que soit le sentiment exprimé. Elle n'en fait pas trop, modifie sa voix juste ce qu'il faut pour certains rôles... Sa lecture m'a fait ressentir l'ambiance suffocante de certaines situations. J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres qui me tenteront, et je suis ravie d'avoir opté pour la version de ce roman lue par elle.

Pour information, la structure du livre a été partiellement respectée: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et plusieurs chapitres (une dizaine) sont coupés en deux.

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