Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 8 août 2019

Sans défense, d'Harlan Coben.

Sans défense

L'ouvrage:
Voilà dix ans que Patrick Moore et Reece Baldwin (six ans) ont été enlevés. L'un d'eux est le petit-cousin de Win. À présent, celui-ci est à Londres, et pense avoir retrouvé Patrick, mais ce dernier s'enfuit. Ne pouvant le rechercher seul, Win appelle Myron Bolitar (qu'il n'a pas vu depuis un an) à la rescousse.

Critique:
Je m'étais lassée d'Harlan Coben, ayant été déçue par certains de ses romans. Cependant, le synopsis de «Sans défense» m'a interpellée, et cela me donnait une occasion d'entendre Jean-Christophe Lebert, dont j'aime beaucoup le jeu. J'imagine que pour mieux apprécier certains éléments (la relation amicale entre Win et Myron, celle de ce dernier avec sa famille et ses amis), il vaut mieux avoir lu les autres romans mettant en scène ces personnages. Je ne l'ai pas fait, car ces romans ont été enregistrés à deux voix, et si j'aime beaucoup le jeu de José Heuzé, je n'apprécie pas du tout celui de celle à qui les rôles féminins ont été donnés. J'imagine donc que je ne lirai jamais les premiers Myron Bolitar.

Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié les fameuses relations entre les personnages. Win est particulier, mais sympathique. Souvent, sa présence est à la fois synonyme de tension et de rire. Les parents de Myron, ainsi que Mickey et sa petite amie (sans oublier leur ami geek), m'ont également beaucoup plu. (Je n'ai pas non plus lu les livres dont Mickey est le héros, mais ceux-là ne sont pas sortis en audio français.)

J'avais un peu peur que l'intrigue me paraisse fade, mais non. Bien sûr, c'est Harlan Coben, donc il ne faut pas s'attendre à un suspense haletant, mais l'ensemble m'a paru bien pensé. L'auteur finit par traîner avant de révéler la vérité, mais au départ, il plante un décor, et montre une certaine réalité dont nous connaissons l'existence, et dont il décrit toute l'horreur. J'ai beau avoir été déçue par certains de ses romans, et pensé que dorénavant ils me décevraient, je me dis qu'il a raison de rappeler à son lecteur que malheureusement, ces atrocités existent.

À un moment de l'intrigue, j'ai pensé que cela avait le parfum d'un roman que j'intitulerai «***» pour cette chronique. J'ai ensuite pensé que cela ressemblerait assez à Harlan Coben de faire quelque chose qui se rapprocherait des circonstances décrites dans «***». C'est effectivement ce qu'il a fait. Je ne dis pas qu'il a plagié «***» (je ne sais même pas lequel est sorti en premier), et je pense d'ailleurs que «***» n'est pas le seul roman à utiliser ce genre de ficelles, je sais avoir lu d'autres romans qui les utilisent, mais je ne me souviens que de «***». La solution est vraisemblable, et assez cobénesque (si je puis me permettre le néologisme). Je n'ai qu'un regret: j'aurais voulu qu'un personnage souffre beaucoup plus. Apparemment, ce personnage a souffert, mais peut-être quelques détails sur les supplices endurés m'auraient-ils satisfaite. Au moins, je sais que le protagoniste en question entend ses quatre vérités, et finit par être rejeté, ce qui est déjà bien, me direz-vous.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert pour les éditions Lizzie.

J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. J'ai aimé le ton à la fois assuré et discret qu'il adopte pour narrer les chapitres racontés par Win. D'une manière générale, il a très bien interprété les émotions et les sentiments des personnages, mais c'est surtout dans le rôle de Win qu'à mon avis, il s'est illustré, car ce protagoniste ne m'a pas semblé facile à jouer. En outre, le comédien a joué les rôles féminins sans les exagérer, même quand le personnage était en proie à une vive émotion.
J'ai également apprécié qu'il ne prenne pas un accent anglophone pour les noms propres. J'avais peur qu'il dise, par exemple, «Micky» pour «Mickey», ou fasse un «r» anglophone pour «King's Cross», etc. Bien sûr, j'ai compris qu'il prononce Maïrone pour Myron, et cela m'a convenu car il le dit naturellement, même si je dois dire que je n'aurais pas du tout été perturbée s'il l'avait prononcé Miron. J'imagine que je suis la seule que cette prononciation n'aurait pas perturbée. ;-)

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mardi, 6 août 2019

La disparition d'Annie Thorne, de C. J. Tudor.

La disparition d'Annie Thorne

L'ouvrage:
Joe Thorne revient à Arnhill, petit village minier où il a passé son enfance. Voilà vingt-cinq ans qu'il l'a quitté. Le drame qu'y a vécu sa famille n'a jamais été officiellement élucidé: un soir, sa soeur, Annie, a disparu. Elle a été retrouvée quarante-huit heures après, mais on n'a jamais su ce qui lui était arrivé pendant ce temps. De plus, à son retour, elle avait changé. Si Joe revient à Arnhill maintenant, c'est, entre autres, à cause de cela.

Critique:
Ce livre a commencé par me plaire. Le narrateur, Joe, raconte alternativement son présent et son passé. Même si ce genre de structures me dérange, ici, c'est judicieux: cela donne du rythme au roman, ainsi que plusieurs sources de suspense. Soudain, au détour d'événements ordinaires, on tombe sur une scène d'horreur (les toilettes envahies de scarabées), et on se doute rapidement que cela aura son importance. On retrouve aussi le thème de l'inimitié entre le narrateur et un autre personnage, inimitié qui date de leur adolescence. Il y a aussi une espèce d'écho: tel élève était «utilisé» dans le passé, tel autre est harcelé dans le présent par le fils de celui qui se servait de l'autre...
De plus, Joe a des ennuis qui sont très différents, mais qui sont également sources de suspense.

Certains de ces aspects évoquent un peu Stephen King. Au début, cela ne m'a pas gênée, parce que ces éléments me rappelaient une ambiance particulière qu'on trouve dans certains livres de cet auteur, et aussi dans «Le signal», de Maxime Chattam. Cela ne voulait pas dire que C. J. Tudor avait copié des idées, cela voulait dire qu'il avait su créer une ambiance d'horreur. Cela me plaisait... et soudain, un élément important s'est précisé, et m'a fait penser à l'élément central d'un livre de Stephen King que je n'ai pas du tout aimé, à l'inverse du monde entier ( ;-) ), «Simetierre». Cela fait très longtemps que je l'ai lu, donc je m'en souviens peut-être mal, mais j'ai été très déçue de lire quelque chose qui paraissait y ressembler autant.
Par ailleurs, je n'ai pas aimé l'épilogue qui rappelle ceux qui pour moi, ne sont pas bons, et ont trop souvent cours. Je ne dirai pas pourquoi pour ne rien dévoiler.

Après que j'ai digéré cet élément, j'ai apprécié le reste. Par exemple, vers la fin, l'auteur ménage quelques surprises, et je ne les ai vraiment pas vues venir. De plus, il n'y a pas de temps morts, pas d'incohérences, et rien n'est bâclé. Donc ma déception quant à ce qui ressemble à «Simetierre» et à l'épilogue est atténuée par tout le reste.

J'ai été très triste pour certains protagonistes... Mais je reconnais que s'il ne leur était pas arrivé ceci et cela, l'intrigue n'aurait pas pu exister.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut.

Je suis toujours ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie la voix et le jeu. Pour la petite histoire, je me suis surprise à penser la même chose que lorsque j'entends Jeff Cummings (voir ma chronique de «Hidden», de Catherine McKenzie). Lorsque j'entends la présentation du livre faite par le comédien, je ne sais pas pourquoi, je me dis: «Hmmm... il n'est plus naturel... ça va capoter...», et puis, j'écoute le début du livre, et tout va très bien, l'interprétation du comédien est aussi bonne que d'habitude.
Comme je suis une horrible personne, je me plaindrai encore et toujours que François Montagut prononce certains noms propres à l'anglophone. Pour Brendan, il fait du moitié moitié. Pour Chris, c'est dommage qu'il ait, presque à chaque fois, fait le «r» anglophone. Quant à Beth, je ne sais pas trop comment je le dirais dans un texte en français, donc pour celui-là, je ne râlerai pas. Je reconnais quand même qu'au moins, François Montagut ne prononce pas les noms propres anglophones avec accent de manière erronée, à l'inverse d'autres, comme Sophie Loubière, dont la prononciation m'a traumatisée. ;-)

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samedi, 3 août 2019

Comme toi, de Lisa Jewell.

Comme toi

L'ouvrage:
Un jour, Ellie Mack, lycéenne, se rend à la bibliothèque, et ne rentre pas chez elle. À partir de ce moment, la famille se délite. Dix ans plus tard, Laurel, la mère d'Ellie, parvient à peine à surmonter cette disparition. C'est alors qu'elle rencontre Floyd, et accepte de sortir avec lui. Peu après, elle fait la connaissance de sa fille, Poppy. Cela la perturbe, car la fillette ressemble beaucoup à Ellie.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai compris certaines choses avant que l'autrice ne les explique, mais c'était voulu, car il y a des indices avant les révélations, et de toute façon, cela ne m'a pas gênée, sauf un point. Il est dommage qu'on sache très vite qu'il n'y a aucun espoir à avoir concernant l'un des personnages. Remarquez, si j'avais eu un espoir plus longtemps, puis que l'écrivain l'avait déçu, j'aurais râlé.

Je suis contente que le lecteur finisse par tout savoir. J'aurais quand même voulu que Lisa Jewell soit plus précise quant à l'espèce de confession qu'un personnage adresse à un autre. Apparemment, le personnage visé n'a jamais eu la chose écrite entre les mains. Elle était peut-être uniquement dans la tête du protagoniste qui la raconte, mais justement, j'aurais préféré que les autres aient, eux aussi, les détails. Étant donné qu'ils finissent par connaître les grandes lignes, les détails n'auraient sans doute fait que leur apporter davantage de souffrance. Cependant, la manière de l'autrice d'amener le récit de l'individu détestable est un peu maladroite, à mon avis, car on dirait vraiment que celui-ci l'a écrit quelque part...

Un élément pourrait paraître incohérent, et il ne l'est pas du tout. Heureusement pour moi, je m'en suis aperçue après que sa cohérence a été prouvée. Ainsi, je n'ai pas passé un grand moment à pester et à râler: «Mais ça, c'est pas logique! C'est trop gros!»

La romancière dépeint avec justesse les conséquences de la perte soudaine et inexpliquée d'un membre d'une famille. Le livre est surtout centré sur Laurel et sa manière de gérer sa souffrance, mais les autres ne sont pas oubliés.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts, l'intrigue est bien menée, tout est réaliste. Oui, malheureusement, des gens aussi malades et méchants qu'un des protagonistes doivent exister... Vous ressentirez peut-être, comme moi, une immense tristesse de ne pouvoir aider le personnage sacrifié...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Lorsque le personnage détestable s'exprime, le ton de la lectrice est toujours adéquat, laissant, quand il le faut, transparaître ce qui ne va pas chez ce protagoniste. Lorsque d'autres souffrent, leur désarroi est toujours bien exprimé. Quand Poppy parle, Manon Jomain modifie sa voix (Poppy est une enfant), mais ce n'est jamais à outrance. C'est la même chose concernant les rôles masculins.

Tous les chapitres commencent par un passage musical. Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, je n'aime pas du tout qu'il y ait de la musique dans un livre audio. Cela ne fait que retarder la suite du récit, selon moi, et cela enlève de la fluidité à l'ensemble.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Certaines pistes regroupent deux chapitres.

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116 lectures

jeudi, 1 août 2019

Je t'aime, de Barbara Abel.

Je t'aime

L'ouvrage:
Un jour, Maud rentre chez elle plus tôt que prévu, et s'aperçoit que sa belle-fille, Alice, est déjà là, alors qu'elle aurait dû être au lycée. Maud se rend dans la chambre de l'adolescente pour lui demander pourquoi elle est rentrée plus tôt, et se rend compte que la pièce sent le cannabis. Alice jure que si Maud ne dit rien à son père, elle ne fumera plus... Désemparée à l'idée de cacher quelque chose de si important à son compagnon, la jeune femme commence par refuser... puis se laisse fléchir.

Critique:
Après que j'ai été déçue par «L'instinct maternel», «Après la fin», et «La brûlure du chocolat», après que ma méfiance et des chroniques m'ont dissuadée de lire «Je sais pas», on peut se demander pourquoi j'ai essayé «Je t'aime». D'abord, le synopsis m'intéressait. Ensuite, j'aime beaucoup la lectrice qui l'a enregistré. Je suis contente d'avoir lu ce roman, car il m'a beaucoup plu.

Ici, l'autrice a réussi à faire en sorte que son idée de départ ne se casse pas la figure en chemin. Par exemple, j'ai rapidement pensé savoir qui était responsable d'une certaine chose, et... je me suis trompée. Étant pinailleuse, j'ai déniché une petite faille: la police aurait pu mettre la main sur le coupable en le piégeant par l'intermédiaire de l'un de ses clients. Il suffisait de demander «de la marchandise», et de faire surveiller l'endroit où elle serait apportée bien avant le jour et l'heure du dépôt. Barbara Abel ayant réussi à créer des rebondissements à la fois intéressants et cohérents, je ne lui en ai pas voulu de ne pas avoir recouru à mon idée. Parmi ce que je pense être les très bonnes trouvailles de la romancière, il y a ce que finit par croire Simon et les conséquences que cela entraîne. J'ai moins aimé que Nicole ne connaisse pas ces conséquences...

J'ai apprécié la manière dont Barbara Abel illustre l'affirmation selon laquelle on ferait n'importe quoi pour ses enfants. Simon, Maud, Nicole, et Solange ont chacun des réactions montrant que cette affirmation est vraie. Je n'ai pas du tout aimé la solution de Simon pour sauver sa fille, ainsi que les moyens qu'il utilise. De ce fait, je n'ai pas été déçue de ce qui lui arrive ensuite. Concernant Nicole, j'ai regretté qu'elle s'invente une coupable. Elle n'avait aucune preuve que l'objet responsable de l'accident avait été apporté par celle qu'elle n'aimait pas. Elle avait d'ailleurs tort. Je comprenais qu'elle veuille défendre son fils, mais qu'elle arrange l'histoire ne m'a pas plu. Pourtant, quelqu'un qui souffre (qui plus est une mère) fera son possible pour laver son enfant de toute souillure, surtout si elle juge cela immérité. J'ai préféré l'attitude de Solange et de Maud. Solange se contente de suivre Nicole, croyant que ce que celle-ci lui dit est vrai.
J'ai compris Maud sur toute la ligne. Je n'ai pas pu l'approuver de bout en bout, mais c'est certainement elle que j'ai le mieux comprise... J'ai apprécié que la romancière nous présente des gens se débattant dans une situation extrême, prenant parfois de dangereuses décisions... Si certains personnages m'ont déplu, cela ne signifie pas qu'ils ont été mal pensés. Je ne les ai pas appréciés, mais la faute n'en revient pas à l'autrice.

Si, comme moi, vous avez été déçus par des romans de Barbara Abel, n'ayez pas peur d'essayer «Je t'aime»!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

J'aime beaucoup le jeu de Cachou Kirsch, même si, pour d'autres romans, j'ai été un peu sévère avec elle. Ici, je l'ai trouvée très bien. Elle est parfaitement entrée dans la peau de chaque personnage, et sa narration allait bien avec l'ambiance du roman. À certains moments, il lui a fallu jouer des sentiments extrêmes: elle s'en est bien tirée. J'imagine que la partie la plus difficile à interpréter a été la scène où Arthur est victime d'un autre personnage. Il fallait jouer le désarroi de l'adolescent sans mettre de côté le fait que sa voix partait dans des notes aiguës, et tout cela ne devait pas être ridicule. La comédienne s'en est très bien sortie.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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mardi, 30 juillet 2019

Les suppliciées du Rhône, de Coline Gatel.

Les suppliciées du Rhône

L'ouvrage:
Lyon, décembre 1897. Le cadavre d'une jeune fille vient d'être retrouvé. Pour découvrir qui a commis ce meurtre, le médecin criminologue Alexandre Lacassagne pratique une autopsie, et tente d'interpréter les indices qu'il trouve. Mais ce corps semble être le premier d'une série. Deux jeunes médecins ayant rejoint son équipe enquêteront, s'aidant de méthodes scientifiques qui commencent à apparaître: prises d'empreintes, profil psychologique du tueur, etc. Ces deux médecins (Félicien Perrier et Bernard Lécuyer) seront secondés par Irina, une journaliste.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Colime Gatel aborde les débuts de la police scientifique: c'est captivant. Par exemple, à un moment, elle montre Félicien vérifiant que ses propres empreintes digitales ne peuvent absolument pas être confondues avec d'autres. Ensuite, nos trois pionniers dressent un profil psychologique du tueur en série qui sévit en cette fin d'année 1897. Ils cherchent également des indices qui les mèneraient sur la piste du coupable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Outre un thriller psychologique bien construit, la romancière plonge son lecteur dans une époque grâce à l'ambiance qu'elle instille parfaitement dans son livre. Que le lecteur côtoie les nones ou les fumeries d'opium, le décor et les faits sont toujours propres à l'immerger dans l'époque. Comme je suis pinailleuse, j'ai relevé une minuscule incohérence à ce sujet. À un moment, Irina dit: «Arrête ton char, Ben Hurr.» Or, si le livre date d'avant l'époque où se déroule «Les suppliciées du Rhône», il semblerait que l'expression soit apparue suite au film.

L'intrigue est bien menée, rien n'est bâclé. J'aurais souhaité qu'une chose tournât autrement, mais le fait que Coline Gatel ait fait différemment de ce que j'aurais préféré n'enlève rien à la solidité du récit. J'aurais aussi aimé en savoir plus sur ce qui arrive après, mais peut-être l'autrice a-t-elle prévu une suite. Dans ce cas, ce serait intéressant, mais il lui serait peut-être difficile de mettre en place un autre thriller psychologique, ou alors, ce qui arriverait serait forcément moins important pour nos héros...

Les trois personnages principaux sont sympathiques. Deux d'entre eux ont une part d'ombre. Il m'a été un peu difficile de faire avec celle qui montre une forme d'intolérance, mais je me dis que c'est une raison de plus pour qu'il y ait une suite dans laquelle le personnage, à force d'expérience, admettrait qu'il a tort. Bien sûr, à l'époque, ce qu'il rejette était rejeté (cela l'est encore aujourd'hui), mais ce n'est pas uniquement ce qui ne m'a pas plu chez lui.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
J'avais déjà apprécié le jeu de ce comédien dans deux autres livres audio. Ici, je l'ai trouvé meilleur. Qu'il joue la colère, l'amusement, la contrition, son ton est adéquat. À un moment, un personnage rit de manière à glacer le sang d'un autre. Là encore, Thierry Blanc s'en est sorti sans cabotiner, ce qui, à mon avis, n'est pas facile. J'espère que ce comédien enregistrera beaucoup d'autres livres qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Il est divisé en chapitres constitués de sous-chapitres. Certaines pistes regroupent plusieurs de ces sous-chapitres.

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