Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 10 décembre 2018

The girl who lived, de Christopher Greyson.

L'ouvrage:
Faith Winters, sa soeur (Kim), son père (Michael), Jessica Foster et ses deux filles (Anna et Emily) doivent passer une soirée ensemble dans le chalet des Winters. Le lendemain, Faith aura treize ans. Lorsque Kim et elle arrivent, elles sont prises en chasse par deux hommes mystérieux. Kim est tuée, et Faith parvient à s'enfuir.
Voilà dix ans que la jeune fille va de cures de désintoxication en hôpital psychiatrique. Elle n'a jamais réussi à convaincre la police, et tout le monde croit que c'est Michael qui, avant de se suicider, a tué une de ses filles, ainsi que Jessica (avec qui il avait une liaison) et Anna Foster.
Aujourd'hui, Faith retrouve la liberté. Elle n'a pas renoncé à se faire entendre.

Critique:
Ce roman m'a globalement plu. L'auteur traîne un peu. En effet, dès le début, on se doute que Faith n'est pas folle. J'ai même trouvé gros que personne ne la croie, sauf Henry, l'agent du FBI qui tente de l'aider. Bien sûr, cela permet à Christopher Greyson de faire en sorte qu'on soupçonne tout le monde. Encore une ficelle que je n'aime pas trop, même si, ici, elle est assez bien utilisée. L'auteur sème rapidement des éléments qui font que n'importe qui est un tueur qui prend l'apparence d'une bonne âme. Quelques personnes échappent heureusement à cela. Il y a aussi ceux sur l'innocence desquels j'avais décidé de parier. Je suis contente de ne pas m'être trompée. Cette galerie de suspects permet à l'auteur de glisser des faux rebondissements (qui font quand même leur petit effet) au moment où Faith découvre que tel ou tel indice mène droit à telle personne.
Lorsque j'ai eu la solution, j'ai pensé que la personne au centre de tout était celle que j'aurais dû soupçonner en laissant tous les autres de côté, car en effet, les indices menant à cette personne sont, (à y bien réfléchir après coup) les plus convaincants.%%Je trouve quand même dommage qu'à vouloir surprendre, l'auteur en ait fait trop. En effet, je n'ai pas aimé ce qu'on découvre au sujet d'Henry. C'est une ficelle que j'ai trop rencontrée (sous d'autres formes), et qui ne m'a jamais plu, à quelques exceptions près où elle est parfaitement maîtrisée. Ici, cela rend certaines situations bancales, à mon avis...

Faith est sympathique. Parfois, je m'énervais parce qu'elle faisait absolument tout ce qu'elle savait devoir éviter. Puis, je me disais qu'avec ce qu'elle avait vécu, il était normal qu'elle dérape. Elle a quand même le chic pour se mettre dans le pétrin. De plus, elle est souvent désagréable avec les gens. Là encore, cela se comprend. Et puis, il suffit de gratter un peu le vernis pour trouver la jeune fille sensible et avide d'amour.

Je ne peux pas trop parler des personnages ni de certains éléments sans orienter la pensée de ceux qui me liront. Si je dis que j'aime bien untel, ils se diront qu'ils peuvent l'éliminer de la liste des suspects...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Greyson Media.

Amy McFadden fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle parvient toujours habilement à modifier sa voix pour les rôls masculins sans que cela soit affecté.

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lundi, 26 novembre 2018

Le cimetière des livres oubliés, tome 4: Le labyrinthe des esprits, de Carlos Ruiz Zafón.

 Le labyrinthe des esprits

L'ouvrage:
Barcelone, 1959. La police doit retrouver un ministre disparu. Le personnage étant haut placé, plusieurs branches doivent collaborer. C'est ainsi qu'Alicia Gris, bientôt trente ans, se retrouve lancée dans cette enquête. Elle doit donc retourner à Barcelone où elle a passé une partie de son enfance, où elle a perdu ses parents, où elle a été blessée lors d'un bombardement... Son enquête l'amènera à croiser les patrons de la librairie Sempere et fils.

Critique:
Quelle joie cela a été pour moi lorsque j'ai su que ce titre sortait chez Audiolib, interprété par le comédien si talentueux qui a enregistré les trois autres tomes de la série! Mon attente n'a pas été déçue. Ce roman est aussi savoureux que les trois autres. Dès que j'ai lu la durée (plus de vingt-huit heures), j'ai pensé: «Hmmm, cela ne va pas être assez long.» En effet, outre le bonheur de retrouver des personnages appréciés, je me suis replongée avec plaisir dans l'écriture de Carlos Ruiz Zafón: précise, fine, installant une ambiance très réaliste. À la fin de l'ouvrage, je n'ai pu que constater que ma prédiction était juste: on n'a jamais assez des Sempere, de Fermín, et des intrigues passionnantes (qui s'entremêlent et se recoupent) créées par l'auteur.

Alicia est un des personnages que nous découvrons dans ce roman. Ayant eu une enfance chaotique, elle est tourmentée, voire torturée, et a fini par se persuader (non sans qu'une certaine personne l'y pousse) qu'elle ne pourrait jamais prétendre à une vie paisible. Son caractère et son passé expliquent cela. J'ai ressenti de la compassion pour elle. Elle n'est pas toujours aimable, et se pense dangereuse pour ceux qui mènent une vie sans heurts. Au long du roman, elle n'est pourtant pas si odieuse. Certes, il lui arrive d'être revêche, et elle s'imagine entraînant ceux qui s'aventureraient à l'aimer là où la projettent ses démons intérieurs. Il lui arrive également... de tuer. Cependant, Alicia se remet souvent en question. On ne pourra s'empêcher de la comparer avec d'autres personnages du roman (que je ne citerai pas pour ne pas trop en dire) et qui sont bien plus détestables parce qu'ils prennent plaisir à dominer, rabaisser, torturer...

J'ai aimé côtoyer à nouveau Daniel et Béa. Daniel se rend bien compte du rôle que veut lui assigner Fermín (celui-ci ne cesse de le clamer), et comprend qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il endosse ce rôle plutôt que celui du vengeur. Fermín imagine Daniel comme un petit garçon fragile qui, sous le coup de la colère et de la douleur, pourrait mal agir. Je le vois un peu comme ça, moi aussi, mais je comprends qu'il souhaite savoir. Je préfère que l'auteur ait orienté les choses comme il l'a fait à ce sujet.

Le roman ne souffre d'aucun temps mort. Si les intrigues semblent labyrinthiques (comme l'annonce le titre), rien n'est laissé au hasard, tout se tient. Parallèlement à ce que vivent les personnages, l'auteur crée une atmosphère entre merveilleux, fantastique, et gothique, avec les romans de Víctor Mataix racontant les aventures d'Ariadna. Parfois, alors que les personnages se débattent avec les horreurs qui leur tombent dessus, Carlos Ruiz Zafón sort Fermín de son chapeau. Alors, celui-ci égaie et allège l'ambiance, tout en prenant très bien la mesure des événements. Par exemple, lorsque Fermín, Fernandito et Alicia sont dans le taxi, la situation est critique. Fermín le sait parfaitement, et cela le touche énormément. Donc, il fait son possible pour y remédier au plus vite, tout en abreuvant le chauffeur de taxi de répliques et de considérations pleines d'humour. Que serait cette série sans la gouaille et le bon sens de l'incomparable Fermín? Il y manquerait quelque chose d'important.

Il m'a plu de retrouver Isabella pour un petit moment. J'ai apprécié d'en apprendre un peu plus sur elle. J'ai aussi aimé découvrir certaines choses, dont l'une était prévisible, même si je ne voulais pas spéculer là-dessus.

Une question me reste concernant David Martin. Je me la pose depuis «Le jeu de l'ange», et ici, elle ne trouve pas de réponse. Il y a une petite explication (donnée dans «Le prisonnier du ciel» et renforcée ici), mais il me manque un morceau.
Pour moi, une autre question reste sans réponse. Elle concerne Salgado. On peut admettre que la chose ait pu arriver, mais j'aurais aimé savoir comment.

Je ne connaissais pas du tout l'existence des faits que révèle l'enquête d'Alicia et de Vargas. Je ne sais pas si l'auteur s'est appuyé sur des événements réellement arrivés.

J'ai beaucoup aimé que Carlos Ruiz Zafón prenne le temps de faire une fin détaillée, de donner le plus d'explications possibles concernant ses personnages, de les montrer après les événements de 1959-1960. Il nous permet, entre autres, de découvrir Julián Carax sous un autre jour: plus posé, moins tourmenté, se consacrant beaucoup à l'écriture... J'exagère un peu quand je dis qu'il est moins tourmenté. Disons plutôt qu'il gère mieux ses peines. Il sait qu'il ne peut pas revenir sur ses erreurs, en souffre, et tente de vivre au mieux avec cette douleur.

Avant de lire «Le labyrinthe des esprits», j'ai relu les trois autres tomes de la série. Cela m'a permis de me les remettre en tête. Pour moi, ces livres doivent se lire d'une traite. Ainsi, on appréhende mieux les différentes intrigues, et on comprend mieux les clins d'oeil qu'il y a des uns aux autres. Malgré l'ordre de publication des livres, malgré le rappel que fait Julián Sempere à la fin de «Le labyrinthe des esprits», je persiste à penser qu'il faut lire «Le jeu de l'ange» en premier, puis «L'ombre du vent». Ensuite, viennent «Le prisonnier du ciel» et «Le labyrinthe des esprits». Je dis cela à cause de la chronologie des faits. «Le jeu de l'ange» se termine dans la première moitié des années 30. Certes, l'épilogue se passe en 1945, mais les autres tomes permettent très facilement de le situer par rapport aux événements qu'ils racontent. De plus, «L'ombre du vent» commence en 1945. On me dira que dans les trois autres tomes, il y a quelques retours en arrière. C'est vrai, mais ils sont là pour expliquer des choses posées soit dans «Le jeu de l'ange» soit dans les premières parties de «L'ombre du vent». Celui qui est dans «Le labyrinthe des esprits» explique comment un personnage connaissait Alicia. On n'en a donc pas vraiment besoin avant. De plus, tous les retours en arrière se passent après «Le jeu de l'ange» (1938, 1939) ou commencent peu avant la fin des événements racontés dans ce roman (1933).
D'autre part, si on commence par «L'ombre du vent», on sait tout de suite ce qui est arrivé à un personnage qu'on découvre dans «Le jeu de l'ange». Je trouve cela dommage.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux.

J'apprécie toujours autant le jeu de Frédéric Meaux. Il sait très bien modifier sa voix pour certains rôles sans que cela soit exagéré. Il joue parfaitement les diverses émotions des différents personnages. Que Daniel soit désoeuvré, que Fermín fasse part de son opinion sur tel ou tel sujet, que Fernandito frétille d'aise à l'idée de participer à l'enquête, que Béa tente (de manière douce, posée, mais également amusée) de ramener le calme après une ou plusieurs remarques de Fermín, que les tortionnaires soient froids ou mielleux, la voix et le ton du comédien sont naturels, son jeu est excellent. Il semble à l'aise en toute situation, et son interprétation fait vivre chaque personnage. Je regrette seulement qu'il prononce certains noms propres en faisant un accent espagnol, ce qui, pour moi, fait moins naturel. Enfin, je trouve dommage que personne (absolument personne) ne lui ait dit qu'en espagnol, «gue» et «que» se disent comme en français, on ne prononce pas le «u». Si on veut prononcer «Miguel» à l'espagnole, on ne dit pas «Migouel». Idem pour «Raquel», etc. Je suis toujours déçue quand j'entends un comédien faire cette erreur, parce que je trouve indispensable que la personne qui dirige les comédiens lors des enregistrements sache ce genre de choses. Ce n'est pas la première foi que je rencontre cela, et je suis extrêmement agacée que l'erreur ait pu être commise. On sait prononcer correctement «que» et «gue» en espagnol quand on a étudié cette langue, ne serait-ce qu'au collège.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en plusieurs pistes, et beaucoup d'autres sont rassemblés par trois ou quatre sur une seule piste.

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211 lectures

lundi, 19 novembre 2018

Six months later, de Natalie D. Richards.

Six months later

L'ouvrage:
Chloé est lycéenne. Elle ne fait partie ni des élèves brillants ni des populaires. En ce jour de mai, elle vient d'écoper d'heures de retenue pour avoir déclenché l'alarme incendie. Elle avait fait cela pour créer une diversion, parce que son amie, Maggie Campbell, était en train de faire un exposé devant la classe, que son stress accentuait son bégaiement, ce qui renforçait son stress..., et que certains commençaient à rire.
Chloé est maintenant en étude, elle fait partie d'un groupe de travail. Après tant d'émotions, elle cède au sommeil. La fin de l'heure et le départ de ses congénères l'éveilleront, pense-t-elle.

Lorsqu'elle se réveille, elle constate que quelque chose ne va pas. Elle est dans la même salle, mais il n'y a personne d'autre, il fait nuit, ses mains sont pleines de terre, et... il neige. Petit à petit, Chloé se rend compte que six mois ont passé, et qu'elle les a oubliés. Elle découvre également que certaines choses incroyables sont arrivées pendant ce temps...

Critique:
Ce roman étant pour la jeunesse, et contenant un garçon dont toutes les filles rêvent, j'avais peur qu'il soit niais. Cependant, j'ai décidé de le tenter parce que le synopsis m'intéressait, et que j'aime bien la lectrice qui l'a enregistré. Je suis contente de ma lecture. J'ai trouvé l'histoire d'amour un peu trop facile, mais certaines choses se compliquent la concernant, la rendant moins simpliste.

Lorsque je lis un roman où le personnage principal est amnésique, je me demande toujours ce qui se passerait si cela m'arrivait. Comment réagirais-je? Comment se comporterait mon entourage? Je me dis surtout que j'aurais sûrement peur, que je serais perdue... J'ai donc compris le désarroi de Chloé. De plus, elle ne peut pas tout de suite se confier, ce qui empire sa situation.

À force d'aller à la pêche aux renseignements en tentant de paraître naturelle, Chloé finit par trouver un fil sur lequel tirer. Je trouve que c'est bien exploité parce que le lecteur avance à la même vitesse qu'elle, et il a tout le temps de supposer, d'imaginer... Lorsque l'héroïne commence à avoir des bribes de réponses (dont l'une donnée par madame Miller), le lecteur est (comme Chloé) perplexe.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts. Entre le désarroi de Chloé, ses questions, son désir de rattraper des bévues dont elle ne se souvient pas, ses relations avec ses parents, avec ses camarades, le lecteur a assez de matière pour ne pas s'ennuyer. Puis arrivent les rebondissements, et enfin, l'explication. Pour moi, tout est crédible, tout se tient. Malheureusement pour le monde, mais heureusement pour l'intrigue, quelque chose de ce genre est tout à fait plausible.

Ce roman m'ayant beaucoup plu, je lirai l'autre livre de Natalie D. Richards.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Woo Zeller pour les éditions Tantor Audio

Emily Woo Zeller fait partie des lecteurs que j'aime bien, mais dont je me méfie un peu, car elle m'a déçue sur certains livres. Ici, son interprétation m'a plu. Elle n'est pas trop sobre, ne se met pas à hurler comme une damnée, ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, ne crie pas en ayant l'air de se retenir... autant de choses déplaisantes que je l'ai entendue faire dans d'autres livres. Ici, elle joue le livre sans trop en faire, et met toujours le ton adéquat tant dans la narration que dans les dialogues.

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162 lectures

jeudi, 8 novembre 2018

Une femme entre nous, de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Une femme entre nous

L'ouvrage:
Richard Thompson, riche homme d'affaires, vient de quitter Vanessa en lui laissant très peu de biens. Celle-ci habite maintenant chez sa tante Charlotte, et travaille dans un magasin de vêtements. Richard doit se remarier. Vanessa veut absolument empêcher cela.

Critique:
J'ai souhaité lire ce roman parce que c'est un thriller psychologique, et parce qu'il est enregistré par Camille Lamache. Je me suis un peu méfiée en découvrant que Sarah Pekkanen était l'une des autrices, parce que j'ai commencé un livre d'elle que je n'ai pas pu terminer, le trouvant mièvre. Le résumé m'a interpellée. En gros, il dit au lecteur de ne pas ramener l'intrigue à quelque chose de vu et revu, et promet de bons rebondissements. Au début de ma lecture, je voyais surtout la banalité niée par le résumé. Un personnage me déplaisait, un autre m'agaçait, un autre attirait ma compassion, mais il me semblait savoir où allaient Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Cela ne m'a pas déplu. Le livre m'intéressait, malgré le fait que selon moi, il ne respectait pas les promesses clamées par le résumé. Et puis, les choses se sont corsées. Il y a, en effet, quelques rebondissements bien trouvés et bien amenés. Je n'en avais pressenti qu'un, très peu de temps avant que Vanessa n'y pense. L'un d'eux m'a beaucoup surprise, je ne m'y attendais absolument pas: cela m'a semblé très finement joué par les romancières. Bien sûr, le livre ne croule pas sous les rebondissements (cela gâcherait le tout), mais n'allez pas croire que les passages qui en sont exempts traînent. Ce n'est pas le cas. J'ai aimé que les écrivains prennent le temps d'explorer et d'exposer la psychologie des personnages, de revenir sur certaines choses, etc.

Les autrices ont pris un thème que nous connaissons bien, et l'ont étoffé, créant une intrigue qui pourrait sembler peu probable, mais qu'elles parviennent parfaitement à rendre vraisemblable. Elles prennent le soin de donner des explications, de bien pointer du doigt (sans que cela semble appuyé) ce que le lecteur ne doit pas oublier afin qu'il y repense à la lumière d'autres éléments. Pour moi, elles se sont très bien débrouillées. Je n'ai pas trouvé d'incohérences, et je pense que dans un récit de ce genre, il est difficile de ne pas en faire.

Je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, parce que mon avis orienterait ceux qui me lisent et n'ont pas encore lu ce roman dans certaines directions, et il ne le faut pas. En fait, j'aimerais dire beaucoup de choses, mais elles donneraient trop d'indications. Sachez donc que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Lizzie.

Comme je m'y attendais, Camille Lamache n'a pas démérité. Lorsque les chapitres sont racontés par Vanessa, il me semble qu'elle prend une voix légèrement plus rauque, davantage en accord (notamment grâce à la fêlure et à la pointe de désabusement qui transparaissent) avec ce que nous découvrons de Vanessa que celle qu'elle prend pour les chapitres à la troisième personne du singulier, qui montrent quelqu'un à un stade très différent.
D'autre part, la comédienne a toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de pleurer, de menacer, d'être en colère... Elle n'exagère pas les graves pour les rôles masculins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, je suis allergique à la musique dans les livres audio. Les éditions Lizzie en mettent parfois en début de chapitres. Ici, heureusement pour moi, il n'y en a pas. Par ailleurs, j'ai constaté que tous les livres de cet éditeur (du moins, c'est le cas pour ceux que j'ai lus, donc j'imagine que c'est ainsi pour tous) étaient présentés avec la même musique. Cela ne me déplaît pas. Je trouve que c'est une bonne idée. À terme, les lecteurs reconnaîtront l'éditeur avant d'entendre «Lizzie présente» grâce à cette musique récurrente. D'autre part, ce petit morceau ne me déplaît pas. Je reste allergique aux musiques en début de chapitres, bien sûr. ;-)

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jeudi, 1 novembre 2018

Le poison de la vérité, de Kathleen Barber.

Le poison de la vérité

L'ouvrage:
Septembre 2015. La journaliste Poppy Parnell fait un podcast examinant le meurtre de Charles Buhrman, commis treize ans plus tôt. Le but de cette enquête est de prouver l'innocence de Warren Cave, qui, à l'époque, était le jeune voisin de la famille Buhrman. Le podcast fait de l'audience, chacun s'interroge: Lanie Buhrman a-t-elle réellement vu (comme elle le prétend) Warren abattre son père d'une balle? Poppy met en avant le fait qu'au départ, Lanie disait n'avoir rien vu. C'est par la suite qu'elle a déclaré ce qui a fini par être le seul élément qui accusait Warren.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'histoire est racontée par Josie, la soeur jumelle de Lanie. Son récit nous montre comment la famille réagit aux propos de Poppy et aux interviews qu'elle réalise concernant le meurtre. Les retours en arrière (qui sont brefs et imbriqués dans le récit du présent) montrent comment les choses ont pu se dégrader entre Lanie et les autres membres de la famille.

Dès le départ, j'ai pensé que ceux qui doutaient de la culpabilité de Warren avaient raison parce que Lanie avait commencé par dire n'avoir rien vu. Pourquoi, ensuite, a-t-elle dit avoir vu Warren?... Bien sûr, tout finit par être expliqué, et c'est logique. Seulement, je trouve Lanie assez ambiguë au long du roman. Dans le passé, elle commet des actes répréhensibles, et s'étonne d'en être punie par le départ de sa soeur. Quant au meurtre, après que nous savons tout, il est une chose concernant laquelle je doute de Lanie, à l'instar de Josie.

La narratrice m'a été sympathique, même si je n'ai pas été d'accord avec tous ses choix. Par exemple, elle commence par cacher la vérité à Caleb (l'homme qu'elle aime), et ne la lui révèle que parce qu'elle est prise à la gorge. Certes, le lecteur sait qu'elle voudrait la lui dire depuis un petit moment, mais les faits sont là.

Amélia et Ellen sont des personnages très sympathiques. Elles n'ont pas été épargnées par le meurtre et ce qui en découle, et se montrent toujours à la hauteur des situations épineuses qui se présentent à elles. Ellen semble parfois un peu frivole, mais sa famille peut compter sur elle.

Que dire de Poppy? C'est un rapace avide de scoops. Elle harcèle Josie et Lanie sans vergogne. Bien sûr, tous les journalistes ne peuvent pas être comme Rebekah Roberts (héroïne créée par Julia Dahl) qui, même lorsqu'elle est à l'affût, prend des gants, et n'est jamais méchante intentionnellement. Je me dis toujours qu'il est logique qu'un journaliste paraisse empressé, mais Poppy Parnell est davantage que cela. C'est une véritable charognarde. Elle nie le mal que son podcast peut faire à la famille Buhrman, et lorsqu'elle parvient à approcher Josie et Lanie, elle a la langue pendante à l'idée de ce qu'elle pourrait réussir à leur faire dire.

Pour moi, l'auteur ne traîne pas. Le tout n'est élucidé qu'à la fin, mais ce qui arrive entre temps ne m'a jamais semblé être du remplissage. Kathleen Barber expose la psychologie de ses personnages, pourquoi certains sont partis à un moment donné... Tout est bien exploré, les choses s'expliquent facilement, même quand un protagoniste n'admet pas ses raisons d'agir.

J'ai trouvé la fin trop rapide. Cela m'arrive de plus en plus. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire ou un épilogue disant comment se passent les choses pour Josie, Caleb, Amélia, Ellen et Lanie quelque temps après.

Il arrive souvent que je trouve des erreurs de syntaxe dans les romans. Parfois, je le signale dans ma chronique. Dans «Le poison de la vérité», non seulement je n'en ai pas remarqué, mais en plus, je tiens à remercier le traducteur, Jacques Colin, qui utilise «après que» avec l'indicatif.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Parra.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Lorsque j'ai vu «Le poison de la vérité» dans les «à paraître» d'Audible, tentée par le résumé, je suis allée écouter la voix de Sandra Parra sur l'un des tomes de «Les ailes d'émeraude», série qui ne me tente pas du tout. À l'écoute de l'extrait, j'ai pensé: «Bon, ça pourra aller, mais ce ne sera pas super.» En commençant «Le poison de la vérité», je me suis demandé comment j'avais pu avoir une pensée si tiède. En effet, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Sandra Parra. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et parvient à montrer tout un éventail d'émotions sans avoir l'air de larmoyer. Une amie pense que ma tiédeur initiale est due au fait que «Les ailes d'émeraude» est d'un genre totalement différent, et qu'en plus, cela ne m'attire pas du tout. En tout cas, je dis bien fort ici que je serais ravie d'entendre Sandra Parra sur d'autres livres!

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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