Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 30 novembre 2020

Girl gone mad, d'Avery Bishop.

L'ouvrage:
Emily Bennett a vingt-huit ans, est psychologue pour enfants et adolescents, est en couple depuis quatre ans... Un jour, elle apprend par sa mère qu'Olivia, avec qui elle était amie au collège, s'est suicidée. Emily n'a pas envie d'aller à l'enterrement. Penser à Olivia, et donc au groupe dont elle faisait partie au collège, lui répugne. Courtney, l'une des filles de cette bande, la recontacte. Leur discussion amène Emily à assister à l'enterrement. À cause de quelque chose qu'a dit Olivia avant de mourir, Courtney et Emily craignent que leur passé de collégienne soit en train de les rattraper.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avery Bishop aborde le thème du harcèlement scolaire et des répercussions que cela peut avoir lorsque les concernés deviennent adultes. Il est intéressant que l'histoire soit contée du point de vue de l'une des harceleuses et non de la harcelée (celle-ci narre quelques chapitres). Emily analyse ses actes et ses réactions de l'époque, et si elle explique ses raisons, ne se cherche pas d'excuses. Ce genre de choses donne à réfléchir. Je me dis que des adolescents harceleurs devraient le lire, cela les dissuaderait peut-être...

L'intrigue est bien menée. Avery Bishop sait faire monter la tension, crée des rebondissements à propos, et la plupart des faits sont cohérents. J'aurais voulu savoir comment un des personnages avait pu en recontacter un autre. Cependant, l'absence de ce renseignement n'est pas une incohérence.

La fin ne m'a pas vraiment satisfaite. Emily et le lecteur savent à quoi s'en tenir, mais justement, cela signifie que les choses ne sont pas finies. Avery Bishop compte-t-elle écrire une suite? Si oui, a-t-elle assez de matière?

J'ai apprécié que sentimentalement, tout ne soit pas tout rose pour la narratrice. Ce n'est pas que j'aie quelque chose contre Emily, mais dans beaucoup de romans de ce genre, cet aspect est trop niais. Bien sûr, ici, j'ai éprouvé de la compassion quant au personnage principal, mais j'ai trouvé que c'était réaliste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

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48 lectures

jeudi, 12 novembre 2020

La nuit d'avant, de Wendy Walker.

L'ouvrage:
Laura Lochner, vingt-huit ans, a été plaquée par SMS. Dévastée, elle quitte son travail à Wall Street, et part se réfugier chez sa soeur, Rosie. Celle-ci vit avec son mari (Joe) dans la ville où ils ont grandi: Bronston, dans le Connecticut. Laura tente de remonter la pente, et s'inscrit sur un site de rencontre. Bientôt, elle a un rendez-vous avec un certain Jonathan Fields. Le lendemain du rendez-vous, Rosie s'aperçoit que sa soeur n'est pas rentrée...

Critique:
Après avoir aimé «Emma dans la nuit», j'ai sauté sur l'occasion de lire «La nuit d'avant». Je n'ai pas été déçue. Les petits reproches que je ferai sont du pinaillage.

Dès le départ, l'autrice nous présente une équation compliquée. Laura n'est pas uniquement une jeune femme souffrant parce que celui qu'elle aime l'a quittée. Elle a un passé, et celui-ci fait que le lecteur ne peut pas lui faire absolument confiance. Cette ficelle paraît facile, seulement, elle est bien utilisée, parce que je n'ai pas passé mon temps à me demander si Laura était digne de confiance. Certes, je me suis posé des questions, mais j'étais prise par le récit, et le suivre m'empêchait de m'interroger.
Ensuite, je suis contente, car Wendy Walker m'a bernée en usant de vieilles ficelles. En fait, elle a mêlé deux ficelles du même type (celles dont on pense qu'elles ont été tellement surexploitées que ce serait une honte de les employer) et elle a laissé le lecteur (du moins moi) se tromper. Il y a une des ficelles à laquelle j'ai crue tout en n'aimant pas ce qu'elle impliquait, et cette ficelle était un faux indice. Quant à l'autre (celle qui montrait où était la solution), je ne l'ai absolument pas vue venir, alors que la romancière a semé plusieurs indices la concernant. Et après cela, j'ai râlé après certains personnages qui, à mon avis, ne comprenaient pas assez vite. Oui, mais il faut quand même que je précise que j'avais compris seulement trente secondes avant l'un d'eux. ;-)
Lorsque j'ai remonté le fil des indices, je n'ai trouvé aucune incohérence. J'ai même pensé que j'aurais dû deviner plus tôt.

J'ai éprouvé à la fois de la compassion et de l'agacement quant à Laura. Je trouvais qu'elle traînait beaucoup de casseroles, et je doutais parfois de ses efforts pour s'en débarrasser. Cependant, dès son enfance, elle s'est débattue dans des relations familiales compliquées.
Je ne peux pas trop dire ce que je pense des autres personnages, car j'orienterais trop le lecteur sur le degré d'appréciation que mérite chacun.

Wendy Walker a pris le temps de finir son roman. Il n'est pas bâclé. En bonne pinailleuse, j'aurais aimé qu'elle fasse un autre chapitre disant comment se passent les choses après. J'aurais même apprécié qu'elle nous apprenne que «le méchant» a succombé à une maladie quelconque ou à autre chose d'extrêmement douloureux. ;-)

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cette lectrice dont le ton est toujours adéquat: ni trop sobre, ni affecté. Malheureusement pour moi, ici, elle a prononcé certains noms propres (celui de l'auteur, de la ville...) en prenant un accent anglophone. Je trouve toujours cela anti naturel (imaginez cela dans une conversation de tous les jours).

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181 lectures

lundi, 2 novembre 2020

La fille derrière la porte, de Patricia Hespel.

L'ouvrage:
Emmy n'a plus goût à rien depuis que son mari l'a quittée pour une autre femme, et que, quelque temps plus tard, il a emmené leurs deux enfants en vacances prolongées, loin d'elle. C'est alors qu'elle rencontre Léna, sa voisine depuis peu. Celle-ci lui propose de l'aider à remonter la pente. Ce soutien inattendu est une aubaine pour Emmy. Cependant, l'amitié et l'aide de Léna ne vont pas sans contreparties.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai lu des chroniques sur Babelio, car le résumé me faisait craindre un livre comme celui que m'a raconté mon mari (don j'ai oublié le titre) dans lequel les deux amies agissent de manière incohérente. Certaines chroniques de Babelio m'ont rassurée à ce sujet. Cependant, quelques remarques m'ont fait craindre que l'autrice ait fait quelque chose que de plus en plus d'auteurs font, et qui me déplaît de plus en plus. Heureusement pour moi, j'avais la chance de pouvoir demander si Patricia Hespel faisait cela à quelqu'un qui avait lu le roman: la comédienne qui l'a enregistré. Après qu'elle a dissipé mes craintes, je me suis lancée dans cette lecture.

D'une manière générale, le roman m'a plu. L'autrice a utilisé une trame et certaines idées que j'ai déjà vues ailleurs, mais cela ne m'a pas gênée parce qu'elle a su créer tension et suspense. L'une des chroniques que j'ai lues disait qu'il ne se passait rien. Je ne comprends pas trop pourquoi l'auteur de cette chronique a écrit cela... Ne pas apprécier tel ou tel élément, soit; dire qu'il ne se passe rien, pour moi, c'est faux. On ne peut même pas dire qu'au début, les choses sont très lentes.
Au départ, la proposition d'aide de Léna donne à penser qu'on va assister à la naissance d'une belle amitié. Puis, peu après, Léna commence à révéler d'étranges côtés d'elle-même. J'ai d'ailleurs été étonnée qu'Emmy n'ait pas reculé en en découvrant certains (je pense surtout à la scène du sauna).

J'ai apprécié que l'autrice ne fasse pas mariner le lecteur concernant la personnalité de Léna, ne retarde pas le moment d'expliciter qui est le personnage principal du prologue. À ce sujet, le questionnement reste assez longtemps pour être intéressant et ne pas être casse-pieds.

Même si la trame a un petit parfum de déjà vu, les rebondissements et la solution (dont une partie est expliquée par petites touches au long du roman) recèlent des surprises, et sont cohérents. Beaucoup de personnages sont peu reluisants... Ce n'est pas très étonnant, étant donné ce qui leur est arrivé, mais j'espère qu'à la place de certains, j'aurais réagi différemment.

L'intrigue est bien menée, les rebondissements arrivent à propos, certaines choses (pas seulement le fait de savoir qui est impliqué dans le prologue) ne traînent pas assez pour devenir de désagréables éléments.

Je n'ai pas aimé ce qu'implique la toute fin. Je n'aime pas ce genre de choses à la fin des romans et des films. Cependant, ici, c'est davantage préparé que dans d'autres romans. Objectivement, c'est même logique. Il aurait été étonnant que cela n'arrive pas. Donc cela ne m'a pas plu, mais que cela arrive est légitime. Le fait que ce ne soit pas du tout tiré par les cheveux sauve l'autrice à mes yeux. En outre, cela ne veut pas forcément dire que le personnage en question deviendra une brute sanguinaire: cela signifie que ce personnage aura une vie «mouvementée»...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

Comme d'habitude, la comédienne a relevé le défi. Sans affectation, elle a joué les sentiments des personnages (pas facile lorsqu'il s'agissait de Léna) tout en apportant certaines nuances nécessaires. Par exemple, certaines répliques sont dites par un personnage à la fois triste et saoul. La comédienne a su montrer cela de manière convaincante dans son ton. C'est la même idée lorsqu'une petite fille (souvent effrayée) s'exprime.

Je tiens à remercier Camille Lamache. Depuis ma première chronique d'un livre enregistré par elle («À sa place», d'Ann Morgan), elle m'a toujours aidée, notamment en m'épelant des noms propres («Yggdrasil»), en me conseillant (encore ces jours-ci à propos de «La fille derrière la porte») quant à mes attentes par rapport à certains livres qu'elle a enregistrés, en échangeant avec moi après que j'ai lu tel ou tel roman interprété par elle... Tout cela avec patience, chaleur et bonne humeur! J'espère qu'elle enregistrera encore beaucoup de livres qui me tenteront. J'aurai ainsi le plaisir d'entendre son travail (toujours soigneux), mais aussi la joie de nouveaux échanges avec elle, échanges toujours riches et constructifs!

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89 lectures

jeudi, 29 octobre 2020

Bonfire, de Krysten Ritter.

L'ouvrage:
Voilà dix ans qu'Abby Williams a quitté Barrens, le petit village d'Indiana où elle a grandi. Elle est devenue avocate en droit environnemental à Chicago. Aujourd'hui, elle est chargée d'enquêter sur Optimal, la plus grosse société, donc le plus gros employeur, de Barrens. Abby doit découvrir si Optimal est polluante au point d'être à l'origine des problèmes de santé de certains habitants. Retournant aux sources, et se penchant sur son douloureux passé, la jeune femme ne va pas tarder à assembler certaines pièces du puzzle...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me suis très rapidement identifiée à Abby qui souhaite, grâce à cette affaire, se sentir plus sereine quant à son passé. Je me suis parfois demandé comment il se faisait qu'elle n'ait pas été davantage perturbée. Quand on lit ses souvenirs, on voit que son enfance et son adolescence ont vraiment été horribles. Elle n'avait personne pour la soutenir, le mal venait de tous les côtés... De toute façon, la psychologie d'Abby est bien analysée.

L'intrigue est bien menée. Il n'y a pas de temps morts. La tension et le suspense sont habilement dosés. En outre, à la fin, toutes les réponses sont données. Je ne vais donc pas dire (comme je fais souvent) qu'il faudrait un chapitre supplémentaire. Il y a quand même un détail qui pourrait être une incohérence. Abby se souvient d'une chose de son passé, et par la suite, elle arrive à connecter cette chose avec ce qui est arrivé. Comment se fait-il qu'à l'époque, elle n'ait pas creusé davantage? Certes, étant donné sa situation, il lui était plus simple de tout occulter. Donc qu'elle n'ait pas creusé est une semi-incohérence.

L'autrice s'arrange pour présenter plusieurs coupables possibles, et on voit rapidement ces ficelles. Cela ne m'a pas fait râler parce que c'est bien amené et bien fait. De plus, je suis contente parce que j'ai soupçonné les bonnes personnes, donc cela m'incite davantage à ne pas protester.

J'espère découvrir d'autres romans de cet auteur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Chaque fois que je lis un roman lu par cette comédienne, je me souviens que j'ai été un peu sévère avec elle sur certaines chroniques, et je m'en veux un peu. En tout cas, ici, elle a joué les sentiments des personnages sans affectation, et n'a pas pris une voix exagérément grave pour les rôles masculins...

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77 lectures

lundi, 26 octobre 2020

Les soeurs du mal, d'Alice Clark-Platts.

L'ouvrage:
En juillet 1997, les soeurs Bowman, Lila (dix ans) et Rose (six ans) ont torturé et tué une enfant de deux ans. Lila a été arrêtée, et Rose a été déclarée trop jeune pour être jugée responsable. Dix-neuf ans plus tard, alors que Rose et son petit ami, Johnny, sont en vacances dans un hôtel du Devon, une fillette, dont les parents sont également clients de l'hôtel, disparaît.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai regardé les chroniques sur Audible. L'une disait que certaines questions restent sans réponses, qu'il aurait fallu un chapitre supplémentaire les donnant. Comme je fais souvent ce reproche, j'ai parié que je penserais comme l'auteur de la chronique. En effet, on se demande ce qu'il y avait sur la «preuve» envoyée à l'un des personnages. J'imagine bien quelque chose, mais il aurait fallu être sûr que c'était probant. Donc l'autrice aurait dû dire ce qu'il y avait exactement. En outre, qu'est-il advenu de cette «preuve»?
À la toute fin, on ne peut pas être absolument sûr de ce que ressent Johnny, et on ne peut pas vraiment savoir si le personnage qui lui parle (dont je tairai le nom) a raison ou si, au contraire, prétend certaines choses pour que Johnny ne puisse rien contre lui.

En commençant le roman, j'ai espéré qu'on ne découvrait pas une certaine chose, parce qu'à mon avis, c'était un rebondissement trop convenu, et donc terne. Malheureusement, mes craintes se sont avérées justes. On me dira que sans cela, l'autrice n'aurait pas pu écrire un livre palpitant. Peut-être, mais pour moi,cela ne l'a pas vraiment été, puisque je m'attendais à cet élément tout en le redoutant. En outre, Alice Clark-Platts est allée encore plus loin dans l'horreur. Je ne peux pas dire que tout cela soit mal ficelé. Cela ne m'a pas plu, mais à cause de l'oppression, du mal-être, du dégoût que cela engendre. Et justement, ce sont les sensations que la romancière cherche à susciter. Je devrais plutôt lui tirer mon chapeau, car elle y parvient très bien. Cependant, je me dis que ce qu'elle a «inventé» existe sûrement dans la vraie vie, et cela me révulse trop. J'aimerais que cela puisse être cantonné aux romans, mais malheureusement, ce n'est pas le cas.

Je me rends compte que je suis obligée de conseiller un roman que je n'ai pas aimé, mais justement parce que l'écrivain a atteint son but, même si cela ne me plaît pas. Il est rare que je me retrouve dans ce genre de paradoxes. :-)
Donc je conseille ce roman à ceux qui, à l'inverse de moi, ne sont pas des chochottes, et ne craignent pas de découvrir des côtés extrêmement sombres de l'âme humaine.

J'aurais voulu davantage de justice, mais là encore, ce qui arrive reflète la vie. En pinaillant, on pourrait dire qu'il n'es pas logique que le personnage détenant la preuve dont je parle plus haut ne l'ait pas fait parvenir aux autorités. C'est une minuscule incohérence.

Sur Audible, une autre personne disait qu'elle avait décroché à la moitié du livre. Là, je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas trouvé de lenteurs.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, l'interprétation de Manon Jomain m'a plu. Son jeu est toujours naturel, que ce soit pour la narration ou le ton des personnages en proie à de forts sentiments.

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