Romans policiers, thrillers, suspense

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jeudi, 4 mars 2021

La nanny, de Gilly Macmillan.

L'ouvrage:
Après la mort de son mari, Jo n'a d'autres solutions que de retourner vivre chez sa mère, Virginia (son père est décédé) dans la propriété de Lake Hall. Elle craint l'influence de Virginia sur sa fille, Ruby, dix ans. Jo et sa mère ne se sont jamais entendues, leur cohabitation risque donc d'être délicate.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié le fait qu'au départ, certains éléments pouvaient être considérés de deux manières différentes. L'autrice s'arrange pour que le lecteur se pose des questions, mais ne marine pas trop longtemps. Les parties narrées du point de vue de Linda sont assez édifiantes pour qu'on sache rapidement qui croire. L'autrice a bien joué, car cet aspect ne traîne pas trop, et sa «divulgation» (si j'ose le tourner ainsi) ne gâche en rien la lecture. En outre, cela permet que Gilly Macmillan n'insère pas trop de passages où le lecteur verrait comment un personnage s'y est pris pour en manipuler un autre. Le lecteur sait rapidement comment et pourquoi la chose a été possible, et il lui suffit d'un exemple pour comprendre que cela a été une affaire de tous les instants. Même en ayant vu les ressors utilisés par un personnage, même en comprenant parfaitement pourquoi ils ont si bien fonctionné, une partie de moi souhaitait que cela n'ait pas été aussi simple, qu'un personnage parvienne à se faire comprendre... Pourtant, il est évident que Gilly Macmillan n'a rien exagéré, que ce qu'elle décrit est tout à fait possible. Cela fait froid dans le dos. J'aimerais en dire davantage, mais je ne veux pas que ceux qui liraient ma chronique sans avoir lu le livre sachent directement qui il faut blâmer.

Malgré une psychologie des personnages finement expliquée, il me semble que la romancière flirte avec l'incohérence quant aux événements. Je ne suis pas experte, mais il me semble difficile qu'une personne ne sente pas le pouls de quelqu'un qui est toujours vivant. Certes, dans le cas des personnages de «La nanny», on peut alléguer que celui qui a cherché le pouls était, à ce moment-là, extrêmement nerveux, mais la nervosité peut-elle être à ce point déstabilisante?... D'autant que le personnage aurait préféré qu'il y ait un pouls... Je pense aussi qu'il aurait peut-être pu y avoir des moyens d'arrêter un personnage lorsqu'il a commencé à en faire chanter un autre.

Comme je pinaille, je trouve qu'il aurait été très intéressant que le personnage détestable ait quelques côtés aimables, mais je sais que cela aurait été très difficile pour l'autrice de faire cela, d'autant qu'une pénible comme moi aurait pu, par la suite, l'accuser d'incohérence.

L'un des thèmes est très bien abordé, et m'a mise autant mal à l'aise que dans «Ma meilleure ennemie», de Paula Daly. Cela a d'ailleurs fait que lorsqu'un personnage se demande pourquoi un autre ne veut pas lui dire le fond de sa pensée concernant un sujet, j'ai pensé: «Elle ne veut pas te le dire parce que tel autre protagoniste lui a fait croire que si elle le faisait, il y aurait des conséquences néfastes, comme l'a fait unetelle dans «Ma meilleure ennemie». Je me rends d'ailleurs compte, en écrivant cela, que dans «La nanny», on ne sait jamais pourquoi Untelle refuse de donner ses motifs à l'autre personnage. J'imagine que l'autrice aurait pu expliquer cela, à la fin, en donnant le genre d'informations auquel j'ai pensé.

Au début, le lecteur se demande ce qui est réellement arrivé en 1987. Là encore, Gilly Macmillan a posé finement ses pions. Elle ne nous laisse pas attendre indéfiniment. Les choses sont dévoilées par petites touches, et avoir rapidement quelques éléments fait qu'on n'a pas l'impression de faire du sur place.

Je trouve dommage qu'à l'instar de certains mots, le mot anglophone «nanny» remplace, en français, le mot «nounou». Non seulement le titre français n'a eu droit qu'à la traduction de l'article défini, mais le mot «nanny» est employé à la place de «nounou» dans le roman. :-(

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie.

Valérie Muzzi lit les chapitres narrés par Jo ainsi que ceux du point de vue de Linda. Gudule Zuyten lit ceux racontés par Virginia. Olivier Prémel interprète ceux du point de vue de l'inspecteur de police.

Je sais que Valérie Muzzi a enregistré d'autres romans, mais c'est le premier où je l'entends. J'ai beaucoup apprécié son jeu naturel. Outre jouer sans cabotinage émotions et sentiments, elle parvient à modifier sa voix pour le rôle de Ruby sans affectation. Une chose m'a rendue très perplexe. Je suis absolument persuadée d'avoir déjà lu un ou plusieurs romans enregistrés par elle. Sa voix me dit quelque chose. J'ai déjà eu une impression de «déjà entendu» concernant Camille Lamache, et n'ai jamais élucidé le mystère, mais je pense que j'avais dû l'entendre dans une ou plusieurs séries. Ici, cela me perturbe davantage, car je suis sûre d'avoir entendu Valérie Muzzi dans des romans... La seule explication serait qu'elle ait enregistré sous un autre nom. Or, si certains comédiens américains font cela, je n'ai jamais vu le cas en France. Je vais donc triturer mon cerveau pour essayer de faire correspondre la voix de Valérie Muzzi à celle à laquelle elle me fait penser. À suivre... En tout cas, je l'entendrai à nouveau avec grand plaisir.

Si je ne me trompe pas, c'est le premier livre dans lequel on peut entendre Gudule Zuyten. Au départ, cela m'a un peu fait hésiter à tenter ce roman, car je ne pouvais entendre aucun extrait de la voix et du jeu de cette comédienne. J'ai eu de la chance, car je n'ai pas été déçue. Gudule Zuyten joue également très bien. Elle n'avait pas forcément la partie facile, car Virginia étant guindée, la comédienne aurait pu souhaiter retranscrire cela dans son intonation. Il est heureux qu'elle n'en ait rien fait, principalement parce que dans les chapitres narrés par Virginia, le lecteur est dans la tête de celle-ci, et j'imagine que lorsqu'une personne pense, même si elle est guindée, elle ne va pas prendre un ton mondain dans sa tête. Cela aurait été un gros défaut d'interprétation, à mon avis.

Ce n'est pas la première fois que j'entends Olivier Prémel. J'apprécie également sa voix et son jeu. Ici, il n'avait pas un très grand rôle, mais je pense que je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 25 février 2021

Neuf parfaits étrangers, de Liane Moriarty.

L'ouvrage:
Ils sont neuf à avoir souscrit à une cure de dix jours dans un centre de bien-être. Chacun souhaite aller mieux. Chacun a vécu de mauvaises expériences. Certains sont choqués, traumatisés. Ils souhaitent sortir de leur mal-être.

Critique:
Ce roman m'a plu. Les reproches que je formulerai ne sont en aucun cas adressés à l'autrice, mais à notre société, ou disons plutôt à certains représentants. Par exemple, je déteste le personnage de Masha. Pourquoi? Parce que Liane Moriarty a dépeint un protagoniste terriblement réaliste. Ce qu'est Masha est détestable, certes, mais de telles ignominies, de telles erreurs de la nature existent dans notre société. La romancière n'a fait que nous en montrer une avec brio.
Pour détailler un peu sans trop en dévoiler, Masha s'autorise à faire quelque chose, et ne l'avoue que lorsqu'elle est mise au pied du mur. Ce qui est détestable, ce n'est pas tant qu'elle ait eu l'idée de faire cela, mais le fait qu'elle l'ait fait à l'insu des clients. Chacun est responsable de soi-même, et certains auraient peut-être accepté l'expérience si elle leur avait été proposée. Mais Masha ne proposait pas, elle imposait. Si un jour, je m'offre un séjour dans un centre de bien-être, avant de signer quoi que ce soit, je demanderai à l'administrateur s'il peut me promettre (par écrit) qu'il n'est pas aussi malade que Masha. ;-)

J'ai apprécié tous les personnages venus faire la cure. Certains m'ont moins plu que d'autres, mais je les ai tous compris. Par exemple, je n'ai pas aimé l'engouement de Jessica pour les réseaux sociaux (elle en a l'utilisation la plus superficielle qui soit) ni son besoin de faire refaire chaque partie de son corps. Bien sûr, cela montre qu'elle n'est pas bien dans sa peau, et quand on creuse un peu, on se rend compte qu'elle est sympathique. Seulement, je ne sais pas du tout ce qui pourrait l'aider, puisque être aimée pour elle-même n'a pas fonctionné... Peut-être qu'elle n'a pas mûri... De toute façon, elle aussi représente beaucoup de personnes de notre société actuelle.

Concernant Ben et Jessica, j'ai un peu râlé à cause de clichés qui se mettent en place après l'événement qui a bouleversé leur vie, mais ces clichés ne sont pas imputables à l'autrice. Elle ne fait que dire comment la plupart des gens réagissent et réagiraient dans leur situation. La pauvre ne peut pas savoir que chez moi, elle touche un point particulièrement sensible.

J'ai très bien compris la douleur de la famille Marconi. Il est logique que deux d'entre eux se reprochent de n'avoir pas su empêcher le drame. Lorsqu'une personne se sent coupable d'un événement grave, ses proches assurent que non, elle ne l'est pas. À ce sujet, Heather a soulevé une question intéressante. Lorsque son mari refuse de la blâmer, elle lui dit qu'elle a peut-être envie qu'il le fasse. Je n'avais pas imaginé cela, mais une personne qui se fait des reproches a peut-être besoin d'entendre, juste une fois, qu'elle n'a effectivement pas agi comme il l'aurait fallu, mais qu'on est conscient qu'elle n'a rien fait exprès, qu'elle souffre aussi, et que chacun va devoir vivre avec cela.

Pour moi, l'intrigue est bien menée, et ne souffre d'aucun temps mort: suspense (je n'ai vu venir aucun rebondissement), psychologie des personnages bien pensée, le tout saupoudré de brins d'humour et d'un peu de romance.

J'ai beaucoup apprécié que Liane Moriarty prenne le temps de dire ce qu'il advient de ses personnages après. Il est logique que tout ne se termine pas parfaitement pour chacun, mais l'autrice n'en a pas trop fait, que ce soit dans les éléments heureux ou dans les tristes. J'aime que certains aient gardé des liens, que Carmel s'entende bien avec un personnage qu'elle imaginait ne pouvoir apprécier... J'ai moins aimé qu'un personnage n'ait pas tant souffert que cela...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Sodoyez.

C'est le deuxième livre enregistré par Colette Sodoyez que je lis. Au tout début, il m'a semblé qu'elle avait un peu de mal à ne pas trop en faire, mais c'est peut-être un effet de mes craintes passées (à cause d'une audiodescription qu'elle a dite de manière grandiloquente à mon goût, j'ai un petit mouvement de recul quand je lis son nom sur les livres audio, alors que son interprétation d'«Après l'incendie» m'a plu). Le tout début passé, j'ai apprécié son jeu. Elle ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles masculins, ne tente pas de faire un accent russe à Masha (certains l'auraient fait sous prétexte que Masha était russe). La comédienne joue les émotions des personnages sans les surjouer. Je regrette seulement qu'elle ait absolument tenu à faire un affreux (parce que pas naturel) «r» anglophone lorsque Frances évoque «Jane Eyre» (heureusement, cela n'arrive que deux fois) et à prononcer Izeur pour Heather. Concernant ce dernier point, si en anglais «ea» se dit «i», ce n'est pas toujours le cas. Dans le prénom «Heather», le «ea» se prononce «è». Il aurait donc été plus naturel et plus proche de l'original (donc plus logique) que Colette Sodoyez prononçât Èzeur. Je trouve assez gros que ni la comédienne ni la personne qui supervisait l'enregistrement n'aient creusé la question. J'écris donc ici ce que je pense depuis que l'erreur de prononciation a été commise sur le nom de famille des personnages principaux dans «Les apparences»: je veux bien être consultante en prononciation anglophone pour les éditeurs audio. Si cela arrivait (je peux toujours espérer), je pourrais dire que je fais un peu partie du milieu, même si ce n'est qu'à 0,001%. ;-)

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lundi, 22 février 2021

Les fantômes de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason.

L'ouvrage:
Danny a disparu. Ses grands-parents font appel à Konrad, policier à la retraite, pour la chercher. Ils ne s'adressent pas à la police car ils souhaitent un maximum de discrétion. Konrad accepte de leur rendre service parce que la femme était amie avec la sienne.

Critique:
Ce roman est la suite de «Ce que savait la nuit». Il m'a plu de retrouver Konrad qui m'est sympathique. Ici, il est embarqué dans deux affaires presque malgré lui, et tente de faire de son mieux. Il est attachant parce qu'il est sincère et opiniâtre. Dans ce tome, il tente encore de savoir qui a tué son père. Cela fait qu'il en apprend davantage sur ce dernier.

L'intrigue est bien menée. Konrad retrouve très vite Danny. Cela ne doit pas faire penser au lecteur que le livre va traîner. La découverte de la jeune fille n'est qu'un commencement. Les révélations et les rebondissements s'enchaînent assez rapidement, tout en laissant au lecteur le temps d'assimiler les éléments. Après coup, je me dis que j'aurais peut-être dû deviner certaines choses, mais je suis contente de ne pas les avoir trouvées. Il y en a d'autres que j'avais devinées, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture, car ce que j'avais trouvé se confirme assez vite.
La fin n'est ni bâclée ni incohérente.

Arnaldur Indridason aborde un sujet qui l'est assez souvent dans les romans policiers et les thrillers. Ici, il parvient à ne pas galvauder le thème en faisant ce qu'il faut comme il le faut.

Il pourrait être un peu déroutant de n'avoir aucune indication temporelle au début de certains chapitres. Pourtant, ce n'est pas le cas. Après quelques chapitres, j'ai pensé que ça pourrait l'être, puis je me suis rendu compte que je suivais très bien, que malgré les louvoiements entre le passé et le présent sans qu'il y ait de dates, je ne me perdais pas. Je pense que j'ai d'abord imaginé que l'absence d'indications temporelles en début de chapitres pourrait me gêner parce que certains auteurs en mettent lorsqu'il y a alternance entre le passé et le présent. Ce sont, en fait, ces auteurs qui en font trop. Quand le récit est bien mené, il n'y en a pas besoin.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Martin Spinhayer fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Son jeu reste naturel. Il rend très bien les émotions des personnages. Il modifie à peine sa voix pour les rôles féminins, et c'est très bien.

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186 lectures

jeudi, 11 février 2021

Reste avec moi, de Jessica Warman.

L'ouvrage:
Elizabeth a fêté ses dix-huit ans la veille au soir sur le bateau de son père. Ce matin-là, elle s'éveille pour voir que son corps est... dans l'eau, apparemment moyé. Pourtant, elle se déplace sur le bateau... Elle se rend vite comte qu'elle est réellement morte, et que si elle peut se déplacer, en esprit, personne me la voit ni ne l'entend.

Critique:
Ayant aimé «Maintenant qu'il est trop tard», j'ai souhaité lire «Reste avec moi». Il m'a plu. L'autrice montre qu'Elizabeth prend conscience de certaines choses: par exemple, de son vivant, c'était une peste. Cependant, ce n'est pas si simple. La jeune fille éveille donc des sentiments contradictoires chez le lecteur, car malgré son attitude générale, elle avait une conscience.
Marshal, le père d'Elizabeth, a éveillé le même type de sentiments chez moi. Il souffre d'avoir perdu sa fille, il a tenté (mollement, certes) de l'aider avant sa mort, mais ses actes passés envers Lisa sont détestables. Certes, Lisa avait sa part de responsabilité, mais les choses auraient pu tourner autrement si chacun y avait mis du sien.
On peut voir d'autres personnages ainsi: ils sont à la fois à plaindre et à blâmer. C'est intéressant, car cela rend le tout crédible.
Par contre, il est un personnage dont je me sus rapidement méfiée, et la suite m'a donné raison. Je suis assez contente d'avoir vite démasqué ce protagoniste, car à chaque fois qu'il en était question, je collectais les indices que j'accumulais comme des preuves de sa petitesse d'esprit, et au final, tout colle. Il y a juste une incohérence que l'autrice aurait facilement pu éviter. Vers la fin, quelqu'un finit par deviner quelque chose, et le balance à la tête de quelqu'un d'autre. La personne incriminée ne nie pas, et explique même ses raisons. Ensuite, elle est arrêtée. Certes, mais il n'y a aucune preuve de sa culpabilité. Jessica Warman aurait gommé l'incohérence en faisant en sorte, par exemple, que le personnage qui entend les aveux les enregistre sur son téléphone portable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Je me suis tout de suite mise à la place d'Elizabeth qui voit les choses se dérouler, et ne peut rien faire, ne peut plus parler à ceux qu'elle aime... J'ai également apprécié que la romancière soulève certaines questions quant à la portée des actes de chacun.%%Avec délicatesse, Jessica Warman aborde la question du pardon. Elle ne donne aucune leçon de morale, à l'inverse d'autres auteurs pénibles. Elle met plutôt l'accent sur le fait de se pardonner à soi-même. Elle en évoque la difficulté sans gros sabots. J'ai trouvé cela bien exposé.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Noémie Guérin pour l'association Valentin Haüy.

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jeudi, 4 février 2021

Incendie nocturne, de Michael Connelly.

L'ouvrage:
L'un des mentors de Bosch vient de mourir. Sa veuve transmet à Bosch un gros classeur: le livre d'un meurtre datant de 1990, un meurtre non résolu. Harry décide de demander l'aide de Renée Ballard.

Critique:
Dans ce roman, Micael Connelly a usé d'une astuce (ou ficelle) qui m'a plu dans ses romans précédents, et ici également. Il a donné d'autres affaires à résoudre à Ballard et à Bosch. Comme je l'ai déjà dit, cela donne du rythme, pose plusieurs énigmes, et accroît la vraisemblance. En effet, il ne serait pas crédible que Ballard ne s'occupe que de l'affaire non résolue confiée par Bosch, d'autant qu'elle le fait officieusement. Quant à Bosch, c'est un peu par hasard qu'il se retrouve à enquêter sur autre chose, et là encore, c'est officieux. De plus, il s'attire l'inimitié de certains de ses pairs. Même à la retraite, il parvient à se faire des ennemis dans la police. ;-)

Les circonstances font que le lecteur assiste à une partie d'un procès où Mickey (le demi-frère d'Harry) officie. Comme d'habitude, j'ai apprécié sa repartie. J'ai été un peu étonnée qu'il ne soit pas aussi intéressé qu'Harry par la découverte du coupable... J'espère que ce n'est qu'un incident de parcours de sa part.

Quelles que soient les affaires traitées, l'intrigue avance sans traîner. De plus, j'ai apprécié de voir Bosch et Ballard croiser leurs informations. Leur bonne entente accrue m'a plu.
Au détour d'un chapitre, on rencontre Maddie, ce qui est également plaisant.
Il n'y a qu'une affaire qui ne trouve pas vraiment de résolution, mais il est assez facile d'en deviner les causes.

Rien n'est incohérent, rien n'est bâclé. L'auteur laisse même entrevoir la possibilité que Ballard et Bosch n'en aient pas fini avec une certaine personne... Il nous donne aussi un morceau de la trame du prochain roman: Bosch a une affaire en tête, Ballard a promis de l'aider...

Au long du roman, l'écrivain ne perd pas une occasion de montrer l'opiniâtreté et l'intégrité de Bosch et de Ballard. Bien sûr, par «intégrité», je veux dire qu'ils font leur possible pour que la justice soit bien rendue. Cela fait qu'ils ne sont pas forcément absolument respectueux des règles. Cela peut être agaçant, mais ils ne franchissent pas certaines limites, ce qui me les rendrait désagréables.

Une chose m'a déplu: Ballard n'est pas très contente qu'Harry aide Mickey, car elle a ce raisonnement primaire: la police arrête des criminels, comment se fait-il qu'un ancien policier tente d'en innocenter un? C'est un peu la même chose que dans «Jusqu'à l'impensable». Cette réaction clichée et sans nuances m'a déçue de la part de Ballard. Même si, par la suite, elle s'attache à oeuvrer pour la vérité, je trouve dommage qu'elle n'ait pas du tout pensé que dans ce cas-là, la police avait pu se tromper. Cela arrive, donc pourquoi n'aurait-ce pas pu être le cas ici? Bosch, lui, veut découvrir le vrai coupable. Dès le départ, c'est ce qui compte pour lui. Certes, il n'est pas ravi d'aider un avocat de la défense, mais ses motifs sont bons.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.

Le comédien fait toujours du bon travail. Il met le ton approprié, et ne fait pas d'horribles voix à certains personnages.

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