Romans policiers, thrillers, suspense

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lundi, 11 novembre 2019

Sept jours, de Deon Meyer.

L'ouvrage:
La police du Cap reçoit des mails de menaces: quelqu'un assure qu'il tirera sur un policier chaque jour, tant que le meurtre de l'avocate Hanneke Sloet ne sera pas élucidé. Cette affaire a été classée un mois plus tôt. La police doit donc la réouvrir. C'est Benny Griessel qui en aura la charge.

Critique:
Ce livre de Deon Meyer m'a autant plu que les précédents. Pendant une bonne partie, on est dans le flou concernant l'enquête. Les choses semblent traîner (ce qui ne m'a pas du tout ennuyée parce que je n'avais pas l'impression que l'auteur brassait du vent). Les interrogatoires ne mènent pas loin, les policiers n'ont aucun indice concernant l'expéditeur des mails... Ensuite, l'affaire prend une direction qui ne m'a pas étonnée... Quant à la solution, j'en avais entrevu des morceaux, mais cela ne m'a pas dérangée, d'autant que je n'avais pas tout trouvé. Entre le mobile de l'expéditeur des mails et l'identité du tueur, tout est cohérent, rien n'est bâclé.
Un élément m'a attristée, mais je sais qu'il était là pour cela, et qu'il attristera sûrement les autres lecteurs...

Je suis contente d'avoir retrouvé Benny Griessel. Entre son enquête et sa vie privée, il a fort à faire. Certaines scènes sont assez réussies parce que l'auteur parvient à les rendre cocasses, alors que ce qu'elles disent est grave. Je pense surtout au petit cours en accéléré que Benny donne à Ella avant de lui confier Alexa, et aussi au moment où notre policier se commande... un whisky...
J'ai également apprécié le récit que fait Benny de son «faux pas», ce qui pousse Phil Pagel, le médecin légiste en chef, à lui en raconter un semblable.
D'une manière générale, Benny continue à travailler sur lui-même, et bien qu'il se mésestime, apprend de ses erreurs.

Quant aux autres policiers, ce roman nous donne l'occasion d'en connaître certains un peu mieux. Par exemple, Mbali Kaleni, que j'avais appréciée dans «Treize heures» parce qu'elle faisait du bon travail, m'a paru tout aussi sympathique, voire plus, surtout que ses pairs n'hésitent pas à la railler ou à inventer desrumeurs la concernant, tout cela parce qu'elle n'est pas toujours commode, que c'est une femme au caractère bien trempé...
Cupido, lui, m'a un peu agacée, tout comme il a agacé Benny. Il veut bien faire son travail, mais il est parfois trop prompt à se jeter sur un élément...

L'enquête fait que les policiers examinent le passé et le caractère de la victime. De ce fait, le lecteur se fait une idée de cette dernière. Eh bien, ici, je ne sais pas vraiment quoi penser d'Hanneke. Je crois quand même que je n'aurais pas aimé qu'elle fasse partie de mon entourage...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Là encore, le comédien a fait montre d'un grand talent.

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26 lectures

jeudi, 7 novembre 2019

À la trace, de Deon Meyer.

L'ouvrage:
Milla Strachan sait que son mari la trompe depuis longtemps. En outre, son fils adolescent la rabroue et la rabaisse sans arrêt. Un jour, la coupe déborde, et elle décide de déménager.

Critique:
La plupart des romans de Deon Meyer sont atypiques. Il y a toujours quelque chose qui les démarque. Celui-ci ne fait pas exception. L'auteur a même réussi à me perdre et à me faire douter de lui. Je me disais qu'il avait lancé trop de pistes, évoqué trop de personnages, qu'il n'arriverait jamais à nous expliquer comment se terminent les choses pour chacun! Pourtant, il y parvient. Bien sûr, j'aurais aimé avoir quelques renseignements supplémentaires, mais concernant l'intrigue, rien n'est bâclé, tout est dit (même si certains éléments sont un peu rapides).

J'ai apprécié Milla. D'abord, elle est très lucide. Elle ne tente jamais de trouver des excuses à son fils, par exemple. Ensuite, elle a le courage de repartir de zéro, puis de faire d'autres choses dont je ne l'aurais pas crue capable. J'ai toujours approuvé qu'elle agisse de telle ou telle manière. Il y a juste une chose que je n'ai pas comprise la concernant, mais cela ne tient pas à son caractère ou à un de ses actes. C'est un aspect de l'intrigue. (Je ne dirai pas ce que c'est pour ne pas dévoiler un élément important.) Je suis reconnaissante à l'auteur d'avoir fait cela, mais ce n'est pas très logique...

Dans ce roman, nous retrouvons Lemmer, ce qui m'a beaucoup plu. Ce personnage m'a été aussi sympathique que dans «Lemmer l'invisible». Il traîne encore le passé qui l'a façonné, et qui, parfois, le fait agir inconsidérément. À la fin, il semble que l'histoire dans laquelle il s'est embarqué ne sois pas achevée. J'espère que Deon Meyer en a écrit la suite, ou l'écrira...

On retrouve également Mat Joubert. Là encore, cela m'a plu, car j'apprécie ce personnage. Comme d'habitude, il fait preuve de rectitude, d'adresse dans son métier... J'aime bien que sa femme le pousse à faire quelque chose, sachant qu'ils peuvent se le permettre, et qu'il s'épanouira davantage ainsi.
Au détour de certaines pages, on a aussi des nouvelles de Benny Griessel... ;-)

Milla, Lemmer, et Mat sont tous trois le point de départ d'une intrigue différente, dont (le lecteur le devine rapidement) certins points finissent par se rejoindre. Si j'ai apprécié Milla et ce qu'elle vit, certains aspects de l'intrigue se rapportant au milieu dans lequel elle évolue m'ont déplu. C'est surtout le fait de retrouver Janina Mentz, ses sbires (comme Tiger Mazibuko) et ses façons de faire qui m'ont déplu. Je n'aime pas du tout ce personnage.
J'ai été davantage passionnée par ce que vivent Lemmer et Mat, car dans ces parties, rien ne m'a ennuyée. De plus, je n'ai rien deviné concernant leurs «enquêtes», ce qui m'a fait plaisir.

Je suis étonnée parce que sur le site d'Audible, il est dit que ce roman est le volume 5 de la série «Benny Griessel». En plus de tomes mal classés (je n'ai d'ailleurs toujours pas compris sur quoi se basait ce classement), Audible insère, parmi les livres où on voit Griessel, un roman où on ne le voit pas du tout. Mat parle un peu de lui, mais il n'apparaît jamais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Comme je m'y attendais, le comédien n'a pas démérité. Son jeu reste irréprochable.

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42 lectures

jeudi, 31 octobre 2019

Treize heures, de Deon Meyer.

Treize heures

L'ouvrage:
Le téléphone de Benny Griessel sonne à 5h36. L'un des nouveaux policiers qu'il supervise lui indique que le corps d'une adolescente vient d'être retrouvé.
Au même moment, une autre jeune fille, terrorisée, court.

Même jour, 7h02. La bonne des Barnard découvre le cadavre de son patron.

Critique:
Ce roman m'a plu. Il est un peu plus classique que les livres précédents de Deon Meyer, car on suit deux enquêtes concernant un meurtre. Cependant, cela n'a pas rendu le roman poussif à mes yeux. Il y a une enquête que j'ai moins appréciée, mais l'auteur a su faire ressortir des éléments (caractères de certaines personnes, immuabilité du racisme, etc) qui l'ont tout de même rendue intéressante.

Nous retrouvons Benny qui continue de lutter contre son addiction à l'alcool. Je l'ai encore plus apprécié que dans les autres romans, car il est moins obsédé par son besoin de boire. Il suit deux affaires car chacune est dirigée par l'un des six nouveaux policiers dont son chef l'a promu mentor. Outre sa manière posée et avisée de gérer les enquêtes ainsi que les policiers qu'il supervise, j'ai aimé ce qu'il fait afin que Fritz (son fils) revienne sur Terre.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce qu'Anna apprend à Benny. Ça ne me plaît pas, mais je sais que cela pouvait arriver. J'espère que ce désagrément ira de paire avec au moins une chose positive... À voir dans le prochain roman mettant Benny en scène. À ce sujet, «Treize heures» est bien la suite directe de «Le pic du diable», mais j'ai un souci temporel. Il est dit qu'il se passe quelques mois entre les événements de ce dernier et l'intrigue de «Treize heures». Or, outre le fait que trois ans se sont écoulés entre les parutions des deux ouvrages, il me semble que «Le pic du diable» se passe au moment de son année de publication (2005), et à la fin de «Treize heures», Benny dit qu'on est en 2009...

Concernant l'affaire que je préférais, j'avais peur de quelque chose (je ne peux pas dire quoi), et c'est effectivement arrivé, mais après réflexion, je n'en veux pas à l'auteur parce qu'il n'a pas passé son temps à traîner.
J'aurais voulu savoir ce qu'il advient d'un personnage mêlé à cette affaire... Il est étrange qu'on ne sache rien le concernant. Remarque, peut-être que c'est moi qui ai raté la phrase...
Si une enquête m'a moins plu, cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. En outre, la résolution de cette énigme m'a été impossible à deviner, et pourtant, après coup, j'ai pensé que c'était logique. L'auteur a donc finement joué.

C'est un peu bête, mais je souhaite qu'on revoie un protagoniste, qu'il garde contact avec Benny. Je pense que cela n'aura pas lieu, mais j'espère quand même.
Quant aux policiers, j'aimerais qu'aux côtés de Benny, on retrouvera Vusumuzi Ndabeni, dit Vusi. Ce personnage m'a plu: il s'implique dans son travail, et est soucieux de bien le faire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Le jeu du comédien est toujours très bon. Il fait preuve d'autant de talent que d'habitude.

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vendredi, 25 octobre 2019

Octobre, de Søren Sveistrup.

Octobre

L'ouvrage:
Copenhague, début octobre, de nos jours. Le cadavre d'une femme amputée d'une main est découvert. Sur la scène de crime, on trouve un petit bonhomme fait en marrons, avec des allumettes en guise de bras et de jambes. Sur ce bonhomme, figurent les empreintes digitales de Christine Hartung, la fille de la ministre des affaires sociales. Christine a disparu un an plus tôt, et est présumée morte. Chargée de l'enquête, l'inspectrice Naia Thulin va tenter de se repérer dans un écheveau d'étranges indices. Elle est assistée de Mark Hess, qui travaille à Europol, mais est affecté au commissariat de Copenhague pour refaire ses preuves.

Critique:
Concernant ce roman, j'ai eu le même cheminement de pensée que pour «ADN», d'Yrsa Sigurdardottir. D'abord, le résumé ne m'a pas du tout attirée. Ensuite, les éditions Audiolib l'ont annoncé à paraître lu par Ingrid Donnadieu. Appréciant beaucoup le jeu de cette comédienne, j'ai décidé de me laisser tenter. Comme pour «ADN», je suis très contente d'avoir cédé à la tentation. Il est d'ailleurs à noter que des détails de ce roman m'ont rappelé celui d'Yrsa Sigurdardottir. Cela n'enlève rien ni à l'un ni à l'autre, mais j'ai souri que deux livres pour lesquels j'avais eu le même cheminement de pensée aient certains détails communs.

Søren Sveistrup parvient à ne pas berner le lecteur tout en gardant la dose de suspense nécessaire, et en ménageant des surprises. Par exemple, il ne s'amuse pas à donner de faux indices. Lorsqu'il y a tentative de tromperie, le lecteur le sait, puisque Hess le sait.
Ensuite, malgré son épaisseur, le roman est exempt de remplissage. Tout en montrant au lecteur qu'il n'est pas près d'avoir la solution, en distillant les informations petit à petit, Søren Sveistrup ne crée aucune lenteur. Lorsque les enquêteurs découvrent un pan de la vérité (par exemple, le lien qui unit les victimes), le rebondissement est captivant, et je n'ai pas du tout été frustrée qu'il ne soit qu'une infime partie de la solution. Lorsque l'enquête est terminée aux yeux de certains, l'auteur ne fait pas attendre son lecteur avant de relancer l'action, d'autant que le lecteur, lui, sait que ce n'est pas fini.

Outre l'enquête, j'ai apprécié de découvrir les personnages principaux. Bien sûr, on retrouve quelques caractéristiques d'autres personnages de thrillers: le policier cabossé par la vie, celui qui travaille trop et voit trop peu son enfant... Cependant, cela ne m'a pas agacée (alors que c'est de plus en plus le cas) car j'ai trouvé cela bien amené, bien inséré dans l'histoire. Ce n'était pas exprimé de manière grandiloquente.

Quant aux personnages qui souffrent ou ont souffert, l'auteur sait, là aussi, éveiller la compassion du lecteur... même envers celui qui commet de mauvaises actions, ce qui ne veut pas dire que ces actes sont excusables.
Je regrette seulement de ne pas savoir ce que devient l'un des personnages. D'autant que ce protagoniste aurait mérité que le romancier s'attardât sur son cas...

Je ne sais pas si l'auteur a prévu que ce livre serait le premier d'une série, mais il me plairait de retrouver Thulin et certains autres.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.

Comme d'habitude, j'ai été ravie d'entendre cette comédienne. (Bien sûr, puisque c'est elle qui a fait que j'ai décidé de tenter ce roman.) Je n'ai pas été déçue par son interprétation. Elle rend très bien les sentiments des personnages, et modifie sa voix pour certains rôles sans que cela soit affecté. De plus, elle prononce correctement le verbe «s'égailler». Je le souligne ici parce que j'ai constaté, avec surprise, que beaucoup se trompent, et le prononcent comme le verbe «égayer».

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jeudi, 24 octobre 2019

Lemmer l'invisible, de Deon Meyer.

Lemmer l'invisible

L'ouvrage
Un jour, Emma Le Roux voit, aux informations, qu'un homme est recherché pour meurtre. Le prénom de cet homme (Jacobus) est le même que celui de son frère, décédé vingt ans plus tôt. Observant la photo de celui qu'on recherche, elle lui trouve une ressemblance avec le défunt. Elle se demande alors si les deux Jacobus ne pourraient pas faire qu'un. Elle appelle la police, dont l'accueil est plutôt froid. Puis elle reçoit un étrange coup de fil auquel elle ne comprend rien, car la ligne est mauvaise. Elle entend juste le nom de Jacobus. Par la suite, la jeune femme est attaquée. Voilà pourquoi elle fait appel à une agence de gardes du corps dont la patronne confie la protection d'Emma à Lemmer.

Critique:
Ce roman m'a plu. C'est en le lisant que je me suis aperçue que Deon Meyer se renouvelait d'un roman à l'autre. Bien sûr, il y a des énigmes qui mènent à des enquêtes, mais on n'est pas toujours avec des policiers qui tentent de résoudre des affaires, et même quand c'est le cas («Jusqu'au dernier», «Le pic du diable»), quelque chose démarque les livres. Ici, on commence avec un garde du corps qui ne veut rien d'autre que bien faire son travail, puis qui finit par s'intéresser à l'histoire de celle qu'il protège. Comme souvent chez Deon Meyer, le personnage principal recèle des blessures qui expliquent son comportement, une fois qu'on en connaît la teneur. Même si l'histoire n'a aucun rapport, certaines choses rappellent un peu (à cause de l'ambiance et des circonstances) «Les soldats de l'aube»: la colère intérieure de Lemmer, ce qui est arrivé à Jacobus...

Comme dans les volumes précédents, il n'y a aucun temps mort, et tout est cohérent.

Dans ce roman, on côtoie des hommes préoccupés par l'environnement, par le comportement de leurs semblables vis-à-vis de la nature. J'ai apprécié qu'ils expliquent certaines choses concernant leur combat. J'ai également aimé qu'à ce sujet, l'auteur ne nous montre pas un Lemmer totalement borné. Celui-ci doute quant à la nécessité de respecter la nature, mais ce qu'on lui raconte le fait réfléchir.

Ce livre n'est pas à relier aux précédents. Certains diront donc qu'au moins celui-là peut être lu indépendamment. Ce n'est pourtant pas le cas, car dans «À la trace», on retrouve Lemmer ainsi que Mat Joubert. Je le sais parce que j'ai dû écouter le tout début de chaque chapitre de «À la trace», car j'avais un problème de classement. Donc, je me répète, mais je vous conseille (encore et toujours) ces romans dans l'ordre de publication. Ceux qui en ont assez que je répète cela peuvent adresser leurs plaintes à mon mari, qui, malgré mes explications, n'a pas voulu croire ou comprendre (ou les deux) que les romans de Michael Connelly se lisent dans l'ordre de publication. Étant donné qu'il lit à 99,9% des services presse, il ne les lira probablement jamais, mais il s'obstine à vouloir suivre l'ordre des séries (Bosch, Haller, etc), alors qu'il faut les lire dans l'ordre de publication. Voilà pourquoi je me répète concernant les ouvrages de Deon Meyer. J'apporte le plus de preuves possible. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Comme je m'y attendais, le comédien n'a pas démérité. Je suis embêtée parce que je n'ai rien de nouveau à dire concernant son interprétation, mais je suis ravie qu'elle soit aussi bonne que d'habitude.

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