Romans historiques

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lundi, 11 mai 2020

Under darkening skies, de Ray Kingfisher.

Under darkening skies

L'ouvrage:
Toronto, 2011. Ingrid Jacobson, bientôt quatre-vingt-dix ans, est mourante. Au moment où elle prononce ses derniers mots, elle croit parler à son époux, Orlov, alors que celui-ci est mort trente ans auparavant, et que c'est en réalité leur fils, Arnold, qui est à son chevet. Elle lui adresse une curieuse requête. Après la mort d'Ingrid, Arnold, en triant les affaires de sa mère, tombe sur une étrange lettre reçue deux ans plus tôt. Cette missive, ainsi que la demande pressante d'Ingrid sur son lit de mort, poussent Arnold à fouiller le passé maternel.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il présente pourtant des aspects qui, a priori, ne me plaisent pas. Par exemple, les chapitres alternent le présent d'Arnold et le passé d'Ingrid. Je préfère les constructions linéaires. Ici, cela m'aurait plu, mais l'alternance des époques ne m'a paru ni incongrue ni malvenue. D'autre part, le passé d'Ingrid se déroule pendant la deuxième guerre mondiale. C'est un sujet qui, à mon goût, revient trop dans les romans. Ici, j'ai, au contraire, trouvé que j'en apprenais davantage sur un pan que je connaissais peu.

L'auteur s'attache à montrer les sentiments de ses personnages principaux. Ils passent par plusieurs phases: ils se retrouvent confrontés à des situations extrêmement délicates, et font ce qu'ils peuvent. Je pense surtout à Ingrid et Orlov qui sont mis à rude épreuve, et ne s'aigrissent pas, tentent de prendre en compte les motivations de l'autre, même lorsque cela les blesse.

Je trouve dommage qu'Arnold n'ait pas eu connaissance de tout cela, mais outre qu'on peut très bien comprendre pourquoi Ingrid a tenu à le lui cacher, il finit par savoir l'essentiel, et comble les blancs en devinant le reste.

Arnold est également attachant. Il perd ses repères, se retrouve désoeuvré car il n'a plus à s'occuper de sa mère, se voit face à une énigme qu'il a peur de devoir résoudre seul, énigme qui l'effraie d'autant plus qu'au départ, il pense que ses parents n'ont pas eu un rôle honorable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. J'ai un peu moins aimé les passages où le lecteur est dans la tête du vieux nazi (dont on devine rapidement qui il est), mais ils ne sont pas très longs. De plus, ils expliquent pourquoi et comment certains ont pu se laisser prendre (si j'ose le tourner ainsi) par l'idéologie nazie. Ces passages m'ont moins plu parce qu'ils retardaient la suite du récit, mais ils sont intéressants.

Le lecteur devine rapidement ce qu'il y a à savoir concernant Ulrich, mais connaître les grandes lignes avant que les détails ne soient révélés ne m'a pas gênée, parce que je me demandais comment les choses s'étaient passées, et que j'avais le temps de spéculer à ce sujet.
Il y a une scène peut-être un peu grosse (je ne peux pas dire laquelle, car je dévoilerais un moment clé). Je l'ai pardonnée à l'auteur parce qu'il parvient à la rendre à peu près crédible, mais aussi parce que je n'aurais surtout pas voulu qu'elle ait une autre fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

Cassandra Campbell fait partie de mes lecteurs favoris. Ici, j'ai beaucoup aimé son interprétation des sentiments des personnages. Ceux-ci sont souvent très forts, et la comédienne les joue sans les surjouer. J'ai regretté qu'elle fasse un accent à presque chaque personnage. Je peux comprendre que les Allemands parlant norvégien aient un accent, mais que les Norvégiens parlant norvégien en aient un me laisse perplexe. Bien sûr, tout cela est en anglais, mais on sait que les personnages parlent dans leur langue maternelle. Il ne fallait donc pas leur faire un accent puisqu'ils parlent leur langue maternelle couramment.

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mardi, 3 mars 2020

Le bal des folles, de Victoria Mas.

Le bal des folles

L'ouvrage:
Paris, 1885. Voilà vingt ans que Geneviève est infirmière. Elle travaille dans le service du docteur Charcot. Elle admire ce dernier pour ses méthodes de soins aux aliénées. Geneviève ne fraie pas avec ces femmes dont elle a la surveillance. Elle ne veut pas s'attacher ou ressentir de la compassion. C'est alors qu'Eugénie Cléry est internée par son père...

Critique:
Ce roman m'a plu. Je savais que les recherches de Charcot et les «expériences» sur des femmes internées avaient existé, mais je n'avais lu cela qu'au détour de livres dont ce n'était pas le sujet principal. Victoria Mas nous montre plusieurs personnes dont l'histoire illustre bien le fait qu'à l'époque, on n'hésitait pas à interner une femme considérée comme gênante, et on ne se souciait pas de savoir quel était son état psychologique. Louise en est un exemple intéressant. Elle prend son parti de la situation, finit même par être ravie que Charcot s'intéresse à elle, et travaille sur son cas, mais le lecteur comprend vite que ce qu'il fallait à l'adolescente, c'était un soutien psychologique et quelqu'un qui se préoccupe réellement de son bien-être. De plus, les méthodes de Charcot ne devaient aider personne à se construire ou à se remettre d'un traumatisme. Peut-être même qu'elles finissaient par engendrer le déséquilibre mental chez celles qui les subissaient.

Thérèse est également un personnage intéressant et attachant. Il est un peu déstabilisant de penser qu'elle est contente de sa situation, mais lorsqu'on se penche sur sa vie, on le comprend très bien.

Geneviève est également sympathique. Au début, elle semble fermée et revêche, mais on comprend très vite qu'elle gère son existence comme elle le peut en essayant de se faire le moins de mal possible. Au long du roman, elle est forcée de remettre certains éléments en question. À la fin, elle semble avoir compris des choses sur elle-même, sur la vie, et est peut-être davantage satisfaite de son sort qu'avant.

Quant à Eugénie, sa situation m'a paru «classique». En effet, elle est une personne gênante internée contre son gré. L'autrice prend le temps d'expliquer la manière dont la jeune fille a toujours été considérée dans sa famille, ce qui fait que le lecteur comprendra d'autant mieux la décision du père. Pour ma part, je m'identifiais à Théophile, m'imaginant que si j'étais témoin d'une telle barbarie, je ferais peut-être comme lui, et ne parviendrais peut-être pas à réagir (du moins, au début) pour l'empêcher.

Tous ces personnages et les événements qu'ils vivent sont criants de vérité.

Comme je suis une horrible pinailleuse, je note ici que j'ai relevé une ou deux erreurs de syntaxe.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien avec l'autrice. Comme d'habitude, cela m'a beaucoup plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

J'ai peu entendu cette comédienne avant de lire ce roman, mais j'ai très vite apprécié son jeu naturel. Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue sans surjouer, ne modifie pas sa voix à outrance, son intonation est toujours adéquate. Je n'ai pas noté de scènes où son talent s'est davantage illustré, mais pour moi, il n'y a aucune fausse note.

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vendredi, 14 février 2020

Miroir de nos peines, de Pierre Lemaitre.

Miroir de nos peines

L'ouvrage:
Paris, avril 1940.
Louise Belmont, trente ans, est institutrice. Le samedi, elle travaille comme serveuse à la Petite Bohême. Un jour, un client, qui est un habitué du restaurant depuis longtemps, lui adresse une requête incongrue.

Critique:
Ce roman achève la trilogie commencée avec «Au revoir là-haut». Il m'a plu, même si j'ai eu du mal à me faire au fait qu'on ne suit pas uniquement Louise. En effet, j'ai mis beaucoup de temps à m'attacher à Raoul et Gabriel. Quant à Désiré Migaud, il m'a d'abord fait rire. Je lui en ai donc moins voulu de prendre, au détour de chapitres, la place que je souhaitais occupée par Louise.

La jeune femme est très attachante. On découvre d'abord la routine de sa vie, puis son rêve brisé (ce qui montre des bribes de son passé), puis sa quête. Il m'a plu de la découvrir au travers de ses réactions à tel ou tel événement, puis de la suivre sur les routes... Comme le subodore Pierre Lemaitre dans l'entretien qu'il a accordé à Valérie Lévy-Soussan, et qui est en fin d'ouvrage, j'avais oublié la petite Louise qui fait une apparition dans «Au revoir là-haut». Je savais qu'elle serait l'héroïne de ce tome 3, car l'auteur l'avait dit dans un autre entretien accordé à Audiolib. J'ai accueilli avec satisfaction les petits clins d'oeil à «Au revoir là-haut» qui sont faits à travers les pensées de Louise.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'il souhaitait que Désiré soit apprécié parce qu'il est à la fois cocasse et providentiel. En effet, si au début, on peut imaginer que Désiré est un escroc, on change rapidement d'avis. J'ai mis un moment à comprendre pourquoi il agissait comme il le faisait, et cela m'agaçait un peu, mais force m'était de reconnaître qu'il profitait de sa «position» pour faire de bonnes choses. Celles qui m'ont paru discutables m'ont fait rire. Je sais qu'à l'époque, cela n'était pas amusant, mais ici, entre ce qui est dit et la manière dont cela l'est, le rire prend le pas sur le reste.
Par la suite, le lecteur n'aura pas d'autres solutions que de s'attacher à ce personnage...

Quant à Raoul et Gabriel, j'ai eu davantage de mal à m'attacher à eux parce que Raoul a commencé par me déplaire. L'auteur le réhabilite, ensuite. Certains côtés de son histoire m'ont attendrie, ainsi que le fait qu'il finisse par montrer d'autres facettes de sa personnalité. Cependant, je n'ai pas pu l'apprécier tout à fait.

Pierre Lemaitre a parfaitement recréé l'ambiance de l'époque. Son récit fait qu'on s'imagine très bien comment se passent les choses, et ce que ressentent les protagonistes.

Il est un personnage auquel je me suis très vite attachée, et dont l'auteur ne parle pas dans l'entretien. Il s'agit de monsieur Jules. On sent rapidement que cet homme un peu bourru est un «gentil». À son sujet, je pense que j'aurais dû deviner quelque chose qui, après que je l'ai su, m'a semblé tomber sous le sens. Je suis contente de n'avoir pas trouvé ce pan de son passé avant que l'auteur ne le dévoile.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, Pierre Lemaitre explique qu'il a envie de faire partager au lecteur ce qu'il raconte, et qu'il pense que celui-ci le ressent. En tant qu'auditrice, je confirme ses dires. Comme pour les deux précédents romans de la trilogie, l'interprétation de l'auteur est vivante, on ne sent pas qu'il est en train de lire, on pense plutôt (comme il le dit lui-même) qu'il conte.
Dans l'entretien, il évoque ses projets d'écriture. Il est dit à demi-mots que c'est lui qui interprétera la version audio. Je m'en réjouis d'avance!!!

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jeudi, 21 février 2019

La toile du monde, d'Antonin Varenne.

La toile du monde

L'ouvrage:
1900. Aileen Bowman, journaliste au New York Tribune, se rend à Paris afin de couvrir un événement de taille: l'exposition universelle. Sa vie s'organise rapidement entre écriture et rencontres.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. J'ai passé la première moitié à m'ennuyer. Je n'avais rien à reprocher à Aileen (c'est d'ailleurs un personnage très attachant), mais il me semblait que rien d'intéressant n'arrivait. J'avais l'impression d'être immergée dans une ambiance, un décor. C'était très bien rendu, mais cela ne m'allait pas, parce que je souhaitais davantage qu'une atmosphère, fût-elle très bien exposée. Et puis, les séances chez le peintre m'ennuyaient, les articles où Aileen faisait parler la ville aussi, etc. J'étais tout ouïe lorsque j'entendais parler d'Arthur et d'Alexandra (personnages de «Trois mille chevaux vapeur», roman que j'ai adoré), mais je retombais vite dans la monotonie. Même Joseph et son histoire m'ont agacée. Pourtant, cela n'aurait pas dû...

J'ai commencé à être intéressée quand Jacques raconte son couple à Aileen. La deuxième moitié du roman m'a plu. J'ai particulièrement aimé ce qu'on apprend lorsque l'auteur adopte le point de vue d'Alice. Je n'y avais pas du tout pensé, mais j'aurais dû faire confiance à Aileen: elle n'aurait jamais laissé une situation si étouffante perdurer. En outre, lors de la courte soirée chez les parents d'Agnès, le lecteur voit bien que celle-ci comprend que ses parents briment Alice.

Aileen représente la liberté. Ses parents lui ont appris qu'il était important qu'elle soit elle-même, et elle brave les conventions qui n'ont pas vraiment de raisons d'être. Ceux qui la blâment sont superficiels et intolérants. La jeune femme ne cherche pas à attirer l'attention sur elle en étant différente, elle veut seulement être elle-même.
Agnès apparaît au moment où j'ai commencé à m'intéresser au roman. D'abord, je n'ai pas apprécié cette femme qui me semblait engluée dans la religion et dans ce que ses parents souhaitaient qu'elle soit. Par la suite, ses réactions ont montré qu'elle était plutôt perdue. Je l'ai davantage appréciée, mais pour moi, elle était trop faible et trop peu sûre d'elle pour oser tenter de mener une existence qui la satisferait. Je me disais même qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui la satisferait. Finalement, Agnès n'était pas fatalement condamnée à une vie terne et étriquée parce qu'elle aimait sa fille...

Je n'ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages. Je m'aperçois que je n'ai pas d'opinion concernant Julius, peut-être parce qu'on le voit surtout dans la partie avec laquelle je n'ai pas accroché.

Je n'aurais jamais connu la deuxième moitié du roman (qui m'a plu) si je ne l'avais pas lu en service presse. Si je l'avais acheté ou emprunté à une bibliotthèque, je l'aurais rapidement laissé. En effet, j'estime qu'un service presse ne doit pas être abandonné. Voilà pourquoi je fais très attention à ceux que je demande aux éditeurs. Heureusement, je me trompe rarement. J'en ai abandonné un, après avoir demandé la permission de l'éditeur, et j'espère ne plus jamais faire cela.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Defaye.
Dans l'entretien que l'auteur accorde à Valérie Lévy-Soussan (entretien qui se trouve en fin d'ouvrage), Antonin Varenne dit, entre autres, que même si son personnage principal est une femme, il souhaitait une narration masculine. Étrangement, je me suis aperçue que j'étais tout à fait d'accord avec lui. Cela m'a étonnée, car quand le point de vue est celui d'un personnage, je préfère que celui qui enregistre le livre soit du même sexe que ce protagoniste. J'ai expliqué ma parfaite adhésion avec l'auteur à ce sujet par plusieurs choses. D'abord, le roman n'est pas à la première personne du singulier (l'auteur le souligne d'ailleurs). Ensuite, de petits passages ne sont pas du point de vue d'Aileen: parfois on est dans les pensées de Joseph, parfois dans celles de Jacques... Enfin, je pense que l'éditeur audio a trouvé le lecteur adéquat. Je ne le connaissais pas du tout, mais son interprétation m'a plu. Il parvient à jouer sans trop en faire: il ne tombe pas dans le larmoiement lorsque les choses sont racontées du point de vue de Joseph ou pour d'autres événements tristes. Il montre avec subtilité les différents sentiments des personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 21 janvier 2019

Un gentleman à Moscou, d'Amor Towles.

Un gentleman à Moscou

L'ouvrage:
Moscou, 21 juin 1922. Le comte Alexandre Ilitch Rostov est assigné à résidence dans le luxueux hôtel Metropol. C'est un aristocrate, mais le régime en place lui laisse la vie sauve grâce à un poème révolutionnaire qu'il a écrit en 1913. C'est trente ans de sa vie que nous raconte Amor Towles.

Critique:
Ce roman m'a tout de suite intriguée. Je me suis demandé comment l'auteur avait pu créer des événements dignes d'être racontés concernant un homme assigné à résidence. Certes, cela peut sembler ennuyeux, mais cela ne veut pas dire que le comte ne côtoie personne, puisqu'il est dans un hôtel. C'est justement ce qui arrive: il se fait même des amis aussi disparates qu'une enfant de neuf ans, une couturière, le chef cuisinier, le maître d'hôtel, une actrice... Sa vie est très loin d'être ennuyeuse, j'ai même souri lorsque l'auteur narre des moments où le comte, lui, s'ennuie. Je ne pourrai le blâmer d'avoir renoncé à lire «Les essais» (c'était la cause de son ennui), même si ce livre faisait partie des favoris de son père, et même si plus tard, Alexandre sera confronté à quelqu'un qui redonnera à ce livre une place plus prestigieuse que celle de caler le bureau.

Le personnage principal est très sympathique. Dès le départ, son amitié avec Nina m'a plu parce qu'elle montrait qu'il n'avait aucun préjugé. Il n'a jamais pensé: «Moi, j'ai plus de trente ans. Qu'est-ce que j'irais faire avec cette gamine? Qu'est-ce qui peut m'intéresser chez elle?» Il a pris avec joie la main tendue, et s'est embarqué dans les aventures que la jeune risque-tout souhaitait entreprendre. Cela et d'autres événements montrent qu'il s'adapte aux diverses situations qui se présentent à lui, tente toujours d'agir au mieux pour ceux à qui il tient... C'est l'attitude de Nina qui m'a déplu. Je ne parle pas de la dernière fois que le comte et elle se voient, mais d'une ou deux fois où elle le snobe (même si elle lui parle). Heureusement, les autres amis d'Alexandre ne sont pas comme elle.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'imaginais que le personnage principal serait peut-être rapidement aigri, capricieux, etc. En fait, il n'en est rien. Bien sûr, des pans de son ancienne vie lui manquent, mais il fait appel à ses souvenirs pour tenter d'apaiser ce manque, et ne se lamente jamais sur son sort.

Alexandre Rostov se fait assez facilement à son existence de reclus forcé. À travers ce qu'il vit, on a un aperçu de la manière dont est dirigé le pays entre les années 20 et 50. C'est très bien inséré par l'auteur, par exemple avec ce qui arrive à Michka, l'ami du héros. Cet aspect de l'histoire aurait aussi pu m'ennuyer, car je n'aime pas les livres décrivant trop les enjeux politiques de tel pays. Cependant, ici, le romancier a fait en sorte que cela aille parfaitement avec le reste du récit.

Malgré certains événements dramatiques, Amor Towles n'oublie pas de parsemer son récit de situations cocasses. Par exemple, l'histoire de la façon dont Alexandre et ses deux complices sont parvenus à se régaler de bouillabaisse. Il y a d'autres situations à la fois amusantes et attendrissantes, mais en parler me ferait dévoiler une chose qu'il vaut mieux découvrir en lisant le roman.

Je pense avoir compris pourquoi le comte agit comme il le fait à la fin. Il n'avait pas vraiment le choix. Cependant, j'aurais souhaité davantage d'explications.

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J'imagine qu'il a organisé si minutieusement sa fuite parce qu'il souhaitait que Sofia puisse avoir une vie hors du Metropol, et que la jeune fille ne pouvait vivre sans lui. J'imagine aussi que l'adolescente et lui vont s'exiler en Amérique, et que si cela finit par se savoir, on ne les poursuivra pas parce qu'ils bénéficient de la protection de Richard Vanderwhile. Mais j'aurais préféré que tout cela soit expliqué.
De plus, j'aurais aimé qu'il y ait un ou deux chapitres supplémentaires disant comment se passent les choses pour eux deux. À la toute fin, ils ne sont même pas réunis: Alexandre est retourné dans la propriété de sa famille (on se demande d'ailleurs comment il le peut, car on pourrait penser qu'elle a été réquisitionnée), et Anna l'y rejoint. En tout cas, c'est ce que j'ai compris.

Je me demande si Amor Towles a inventé Alexandre Rostov ou si celui-ci a existé. En cherchant sur internet, je suis tombée sur le commentaire d'une personne qui s'était posé la même question, mais je n'ai pas pu lire son intervention en entier à cause, ai-je pensé, de mon lecteur d'écran...

J'ai fait un pari en lisant ce roman, et je suis ravie de l'avoir gagné, car le livre m'a passionnée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. Il est parfaitement entré dans le livre, tant au niveau de la narration qu'à celui des échanges entre les personnages. Il a interprété la galerie de protagonistes sans effets de voix parasites, en adoptant toujours l'intonation adéquate et la dose de jeu nécessaire.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux ou trois pistes.

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