Romans historiques

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi, 14 février 2020

Miroir de nos peines, de Pierre Lemaitre.

Miroir de nos peines

L'ouvrage:
Paris, avril 1940.
Louise Belmont, trente ans, est institutrice. Le samedi, elle travaille comme serveuse à la Petite Bohême. Un jour, un client, qui est un habitué du restaurant depuis longtemps, lui adresse une requête incongrue.

Critique:
Ce roman achève la trilogie commencée avec «Au revoir là-haut». Il m'a plu, même si j'ai eu du mal à me faire au fait qu'on ne suit pas uniquement Louise. En effet, j'ai mis beaucoup de temps à m'attacher à Raoul et Gabriel. Quant à Désiré Migaud, il m'a d'abord fait rire. Je lui en ai donc moins voulu de prendre, au détour de chapitres, la place que je souhaitais occupée par Louise.

La jeune femme est très attachante. On découvre d'abord la routine de sa vie, puis son rêve brisé (ce qui montre des bribes de son passé), puis sa quête. Il m'a plu de la découvrir au travers de ses réactions à tel ou tel événement, puis de la suivre sur les routes... Comme le subodore Pierre Lemaitre dans l'entretien qu'il a accordé à Valérie Lévy-Soussan, et qui est en fin d'ouvrage, j'avais oublié la petite Louise qui fait une apparition dans «Au revoir là-haut». Je savais qu'elle serait l'héroïne de ce tome 3, car l'auteur l'avait dit dans un autre entretien accordé à Audiolib. J'ai accueilli avec satisfaction les petits clins d'oeil à «Au revoir là-haut» qui sont faits à travers les pensées de Louise.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'il souhaitait que Désiré soit apprécié parce qu'il est à la fois cocasse et providentiel. En effet, si au début, on peut imaginer que Désiré est un escroc, on change rapidement d'avis. J'ai mis un moment à comprendre pourquoi il agissait comme il le faisait, et cela m'agaçait un peu, mais force m'était de reconnaître qu'il profitait de sa «position» pour faire de bonnes choses. Celles qui m'ont paru discutables m'ont fait rire. Je sais qu'à l'époque, cela n'était pas amusant, mais ici, entre ce qui est dit et la manière dont cela l'est, le rire prend le pas sur le reste.
Par la suite, le lecteur n'aura pas d'autres solutions que de s'attacher à ce personnage...

Quant à Raoul et Gabriel, j'ai eu davantage de mal à m'attacher à eux parce que Raoul a commencé par me déplaire. L'auteur le réhabilite, ensuite. Certains côtés de son histoire m'ont attendrie, ainsi que le fait qu'il finisse par montrer d'autres facettes de sa personnalité. Cependant, je n'ai pas pu l'apprécier tout à fait.

Pierre Lemaitre a parfaitement recréé l'ambiance de l'époque. Son récit fait qu'on s'imagine très bien comment se passent les choses, et ce que ressentent les protagonistes.

Il est un personnage auquel je me suis très vite attachée, et dont l'auteur ne parle pas dans l'entretien. Il s'agit de monsieur Jules. On sent rapidement que cet homme un peu bourru est un «gentil». À son sujet, je pense que j'aurais dû deviner quelque chose qui, après que je l'ai su, m'a semblé tomber sous le sens. Je suis contente de n'avoir pas trouvé ce pan de son passé avant que l'auteur ne le dévoile.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, Pierre Lemaitre explique qu'il a envie de faire partager au lecteur ce qu'il raconte, et qu'il pense que celui-ci le ressent. En tant qu'auditrice, je confirme ses dires. Comme pour les deux précédents romans de la trilogie, l'interprétation de l'auteur est vivante, on ne sent pas qu'il est en train de lire, on pense plutôt (comme il le dit lui-même) qu'il conte.
Dans l'entretien, il évoque ses projets d'écriture. Il est dit à demi-mots que c'est lui qui interprétera la version audio. Je m'en réjouis d'avance!!!

Acheter « Miroir de nos peines » sur Amazon
Acheter « Miroir de nos peines » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

47 lectures

jeudi, 21 février 2019

La toile du monde, d'Antonin Varenne.

La toile du monde

L'ouvrage:
1900. Aileen Bowman, journaliste au New York Tribune, se rend à Paris afin de couvrir un événement de taille: l'exposition universelle. Sa vie s'organise rapidement entre écriture et rencontres.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. J'ai passé la première moitié à m'ennuyer. Je n'avais rien à reprocher à Aileen (c'est d'ailleurs un personnage très attachant), mais il me semblait que rien d'intéressant n'arrivait. J'avais l'impression d'être immergée dans une ambiance, un décor. C'était très bien rendu, mais cela ne m'allait pas, parce que je souhaitais davantage qu'une atmosphère, fût-elle très bien exposée. Et puis, les séances chez le peintre m'ennuyaient, les articles où Aileen faisait parler la ville aussi, etc. J'étais tout ouïe lorsque j'entendais parler d'Arthur et d'Alexandra (personnages de «Trois mille chevaux vapeur», roman que j'ai adoré), mais je retombais vite dans la monotonie. Même Joseph et son histoire m'ont agacée. Pourtant, cela n'aurait pas dû...

J'ai commencé à être intéressée quand Jacques raconte son couple à Aileen. La deuxième moitié du roman m'a plu. J'ai particulièrement aimé ce qu'on apprend lorsque l'auteur adopte le point de vue d'Alice. Je n'y avais pas du tout pensé, mais j'aurais dû faire confiance à Aileen: elle n'aurait jamais laissé une situation si étouffante perdurer. En outre, lors de la courte soirée chez les parents d'Agnès, le lecteur voit bien que celle-ci comprend que ses parents briment Alice.

Aileen représente la liberté. Ses parents lui ont appris qu'il était important qu'elle soit elle-même, et elle brave les conventions qui n'ont pas vraiment de raisons d'être. Ceux qui la blâment sont superficiels et intolérants. La jeune femme ne cherche pas à attirer l'attention sur elle en étant différente, elle veut seulement être elle-même.
Agnès apparaît au moment où j'ai commencé à m'intéresser au roman. D'abord, je n'ai pas apprécié cette femme qui me semblait engluée dans la religion et dans ce que ses parents souhaitaient qu'elle soit. Par la suite, ses réactions ont montré qu'elle était plutôt perdue. Je l'ai davantage appréciée, mais pour moi, elle était trop faible et trop peu sûre d'elle pour oser tenter de mener une existence qui la satisferait. Je me disais même qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui la satisferait. Finalement, Agnès n'était pas fatalement condamnée à une vie terne et étriquée parce qu'elle aimait sa fille...

Je n'ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages. Je m'aperçois que je n'ai pas d'opinion concernant Julius, peut-être parce qu'on le voit surtout dans la partie avec laquelle je n'ai pas accroché.

Je n'aurais jamais connu la deuxième moitié du roman (qui m'a plu) si je ne l'avais pas lu en service presse. Si je l'avais acheté ou emprunté à une bibliotthèque, je l'aurais rapidement laissé. En effet, j'estime qu'un service presse ne doit pas être abandonné. Voilà pourquoi je fais très attention à ceux que je demande aux éditeurs. Heureusement, je me trompe rarement. J'en ai abandonné un, après avoir demandé la permission de l'éditeur, et j'espère ne plus jamais faire cela.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Defaye.
Dans l'entretien que l'auteur accorde à Valérie Lévy-Soussan (entretien qui se trouve en fin d'ouvrage), Antonin Varenne dit, entre autres, que même si son personnage principal est une femme, il souhaitait une narration masculine. Étrangement, je me suis aperçue que j'étais tout à fait d'accord avec lui. Cela m'a étonnée, car quand le point de vue est celui d'un personnage, je préfère que celui qui enregistre le livre soit du même sexe que ce protagoniste. J'ai expliqué ma parfaite adhésion avec l'auteur à ce sujet par plusieurs choses. D'abord, le roman n'est pas à la première personne du singulier (l'auteur le souligne d'ailleurs). Ensuite, de petits passages ne sont pas du point de vue d'Aileen: parfois on est dans les pensées de Joseph, parfois dans celles de Jacques... Enfin, je pense que l'éditeur audio a trouvé le lecteur adéquat. Je ne le connaissais pas du tout, mais son interprétation m'a plu. Il parvient à jouer sans trop en faire: il ne tombe pas dans le larmoiement lorsque les choses sont racontées du point de vue de Joseph ou pour d'autres événements tristes. Il montre avec subtilité les différents sentiments des personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

Acheter « La toile du monde » sur Amazon
Acheter « La toile du monde » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

328 lectures

lundi, 21 janvier 2019

Un gentleman à Moscou, d'Amor Towles.

Un gentleman à Moscou

L'ouvrage:
Moscou, 21 juin 1922. Le comte Alexandre Ilitch Rostov est assigné à résidence dans le luxueux hôtel Metropol. C'est un aristocrate, mais le régime en place lui laisse la vie sauve grâce à un poème révolutionnaire qu'il a écrit en 1913. C'est trente ans de sa vie que nous raconte Amor Towles.

Critique:
Ce roman m'a tout de suite intriguée. Je me suis demandé comment l'auteur avait pu créer des événements dignes d'être racontés concernant un homme assigné à résidence. Certes, cela peut sembler ennuyeux, mais cela ne veut pas dire que le comte ne côtoie personne, puisqu'il est dans un hôtel. C'est justement ce qui arrive: il se fait même des amis aussi disparates qu'une enfant de neuf ans, une couturière, le chef cuisinier, le maître d'hôtel, une actrice... Sa vie est très loin d'être ennuyeuse, j'ai même souri lorsque l'auteur narre des moments où le comte, lui, s'ennuie. Je ne pourrai le blâmer d'avoir renoncé à lire «Les essais» (c'était la cause de son ennui), même si ce livre faisait partie des favoris de son père, et même si plus tard, Alexandre sera confronté à quelqu'un qui redonnera à ce livre une place plus prestigieuse que celle de caler le bureau.

Le personnage principal est très sympathique. Dès le départ, son amitié avec Nina m'a plu parce qu'elle montrait qu'il n'avait aucun préjugé. Il n'a jamais pensé: «Moi, j'ai plus de trente ans. Qu'est-ce que j'irais faire avec cette gamine? Qu'est-ce qui peut m'intéresser chez elle?» Il a pris avec joie la main tendue, et s'est embarqué dans les aventures que la jeune risque-tout souhaitait entreprendre. Cela et d'autres événements montrent qu'il s'adapte aux diverses situations qui se présentent à lui, tente toujours d'agir au mieux pour ceux à qui il tient... C'est l'attitude de Nina qui m'a déplu. Je ne parle pas de la dernière fois que le comte et elle se voient, mais d'une ou deux fois où elle le snobe (même si elle lui parle). Heureusement, les autres amis d'Alexandre ne sont pas comme elle.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'imaginais que le personnage principal serait peut-être rapidement aigri, capricieux, etc. En fait, il n'en est rien. Bien sûr, des pans de son ancienne vie lui manquent, mais il fait appel à ses souvenirs pour tenter d'apaiser ce manque, et ne se lamente jamais sur son sort.

Alexandre Rostov se fait assez facilement à son existence de reclus forcé. À travers ce qu'il vit, on a un aperçu de la manière dont est dirigé le pays entre les années 20 et 50. C'est très bien inséré par l'auteur, par exemple avec ce qui arrive à Michka, l'ami du héros. Cet aspect de l'histoire aurait aussi pu m'ennuyer, car je n'aime pas les livres décrivant trop les enjeux politiques de tel pays. Cependant, ici, le romancier a fait en sorte que cela aille parfaitement avec le reste du récit.

Malgré certains événements dramatiques, Amor Towles n'oublie pas de parsemer son récit de situations cocasses. Par exemple, l'histoire de la façon dont Alexandre et ses deux complices sont parvenus à se régaler de bouillabaisse. Il y a d'autres situations à la fois amusantes et attendrissantes, mais en parler me ferait dévoiler une chose qu'il vaut mieux découvrir en lisant le roman.

Je pense avoir compris pourquoi le comte agit comme il le fait à la fin. Il n'avait pas vraiment le choix. Cependant, j'aurais souhaité davantage d'explications.

Afficher ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.Masquer ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.

J'imagine qu'il a organisé si minutieusement sa fuite parce qu'il souhaitait que Sofia puisse avoir une vie hors du Metropol, et que la jeune fille ne pouvait vivre sans lui. J'imagine aussi que l'adolescente et lui vont s'exiler en Amérique, et que si cela finit par se savoir, on ne les poursuivra pas parce qu'ils bénéficient de la protection de Richard Vanderwhile. Mais j'aurais préféré que tout cela soit expliqué.
De plus, j'aurais aimé qu'il y ait un ou deux chapitres supplémentaires disant comment se passent les choses pour eux deux. À la toute fin, ils ne sont même pas réunis: Alexandre est retourné dans la propriété de sa famille (on se demande d'ailleurs comment il le peut, car on pourrait penser qu'elle a été réquisitionnée), et Anna l'y rejoint. En tout cas, c'est ce que j'ai compris.

Je me demande si Amor Towles a inventé Alexandre Rostov ou si celui-ci a existé. En cherchant sur internet, je suis tombée sur le commentaire d'une personne qui s'était posé la même question, mais je n'ai pas pu lire son intervention en entier à cause, ai-je pensé, de mon lecteur d'écran...

J'ai fait un pari en lisant ce roman, et je suis ravie de l'avoir gagné, car le livre m'a passionnée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. Il est parfaitement entré dans le livre, tant au niveau de la narration qu'à celui des échanges entre les personnages. Il a interprété la galerie de protagonistes sans effets de voix parasites, en adoptant toujours l'intonation adéquate et la dose de jeu nécessaire.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux ou trois pistes.

Acheter « Un gentleman à Moscou » sur Amazon
Acheter « Un gentleman à Moscou » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

352 lectures

samedi, 27 janvier 2018

Une colonne de feu, de Ken Follett.

Une colonne de feu

L'ouvrage:
1558. Les guerres de religions n'en sont qu'à leurs débuts. Ned Willard aspire à une vie calme avec celle qu'il aime, Margery Fitzgerald. Mais les parents de la jeune fille souhaitent qu'elle épouse un comte, afin que leur famille accède à la noblesse. D'autre part, les croyances des uns et des autres vont créer des clans dans la ville de Kingsbridge, et d'une manière générale, en Angleterre et en France.

Critique:
Après avoir été conquise par les tomes 1 et 2 de la série, j'ai été déçue par le troisième. D'abord, je ne me suis attachée à aucun personnage. Je les trouvais tous fades et prévisibles. Parfois, mon intérêt était éveillé (comme lorsque Pierre se fait damer le pion concernant l'enfant d'Odette), mais la plupart du temps, je me suis traînée péniblement.

Si dans les deux premiers volumes, les histoires d'amour me semblaient exemptes de niaiserie, ici, elles m'ont toutes agacée. Dans les autres opus, je trouvais certaines péripéties un peu discutables, mais l'auteur finissait par bien s'en sortir. Ici, entre celle qui n'ose pas laisser une vie atroce pour fuir avec celui qu'elle aime; celui qui est contraint de laisser celle qu'il aime éperdument, et revient des années après, alors qu'il aurait pu revenir plus tôt; celui qui en aime follement une, mais tombe éperdument amoureux d'une autre; celui qui est dévasté par la perte de celle qu'il aime, mais trouve quelqu'un d'autre, j'avais l'impression d'être dans du Danielle Steel ou du Françoise Bourdin! Bien sûr, certains ont des circonstances atténuantes. De plus, on me dira que quelques-unes de ces ficelles sont dans les deux premiers livres. Certes, mais j'ai trouvé qu'elles étaient plus fines, mieux utilisées, surtout qu'elles ne le sont pas autant dans les tomes précédents. Pour moi, dans «Une colonne de feu», l'auteur en fait trop.

D'autre part, il y a trop de politique pour moi. On se retrouve entre Élisabeth d'Angleterre et Marie Stuart, sans oublier la reine Catherine... Certes, ces intrigues ressemblent un peu à celles des tomes 1 et 2 à propos des prieurs de l'église de Kingsbridge, mais pour moi, c'est différent, parce que j'avais appris à connaître les personnages concernés, qu'ils avaient une vie à part cette lutte de pouvoirs, et que je parvenais à m'identifier à eux étant donné qu'ils ne gravitaient pas dans les hautes sphères.

Bien sûr, Ken Follett montre que quel que soit le camp (catholique ou protestant) il y avait des tolérants, des modérés, et des fanatiques. J'ai trouvé cela bien fait, mais je ne m'attendais pas à moins. Je n'aurais pas compris qu'il simplifie les choses.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Bourguet.

Je trouve logique que les trois romans de la série soient enregistrés par trois comédiens différents. J'ai apprécié l'interprétation juste de Lionel Bourguet. Outre un jeu naturel, il ne monte pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. Par contre, j'ai été déçue qu'il fasse un accent espagnol à Carlos, d'autant qu'apparemment, ce personnage parle espagnol avec ses amis. Donc pourquoi lui faire un accent alors que ses paroles sont traduites en français (comme tout le roman) pour que le lecteur français puisse les comprendre? D'ailleurs, dans le livre en version originale, tout est écrit en anglais. En suivant ce raisonnement, il aurait fallu faire un accent anglais à tous les personnages anglais de l'histoire. J'aurais sûrement tourné chèvre si cela avait été fait ainsi. ;-)
À un moment, le lecteur fait aussi un accent italien à la reine Catherine, car il est dit qu'elle a un petit accent italien lorsqu'elle parle français. J'ai bien compris que le lecteur ne le faisait pas tout le temps, parce que les autres fois où Catherine est présente, elle parle anglais, et n'a, a priori, pas d'accent étranger... Cependant, je trouve (encore et toujours) qu'il est laborieux (si cela ne l'est pas pour le comédien, cela l'est pour mes oreilles) que des accents soient faits, même lorsque l'auteur dit que le personnage en a un. La seule fois où cela m'a semblé pertinent, c'était dans «Le sourire des femmes», parce que le personnage n'apparaissait pas trop, et que son accent ajoutait au comique de la situation.

Acheter « Une colonne de feu » en audio sur Amazon
Acheter « Une colonne de feu » sur Amazon en audio ici ou en téléchargement audio

Partage

567 lectures

samedi, 18 novembre 2017

Un monde sans fin, de Ken Follett.

Un monde sans fin

L'ouvrage:
Kingsbridge, Angleterre, novembre 1327. Quatre enfants (Merthin, Caris, Gwenda, et Ralph) son témoins d'une poursuite. Ralph tue l'un des assaillants, et le chevalier attaqué (Thomas) assassine le second. Trois enfants s'enfuient. Thomas retient Merthin, et lui demande de l'aider à enterrer un document. Puis il lui fait jurer le secret.
L'auteur nous raconte la vie de ces personnages jusqu'en novembre 1361.

Critique:
Comme je l'ai dit à la fin de ma chronique de «Les piliers de la terre», ce livre se déroulant environ deux-cents ans après, il n'en est pas la suite. Pour ceux qui auraient peur de devoir lire les trois énormes briques de la trilogie d'une traite, cela n'est pas obligatoire. Par contre, il est intéressant de les lire dans l'ordre, car dans «Un monde sans fin», il y a des allusions (explicites et implicites) aux héros du tome 1. Par ailleurs, on voit les évolutions ou les régressions faites par rapport à l'époque décrite dans le volume précédent.

Ken Follett développe avec minutie le thème de la médecine. Il met en regard les croyances des anciens et le progrès qu'apportent ceux qui se servent de leur sens critique et de leur expérience. Caris apprend qu'il faut se tromper et recommencer pour finir par acquérir des connaissances. Ce thème est d'autant plus intéressant qu'on retrouve ce genre d'oppositions partout. Dans la vie de tous les jours, quel que soit le corps de métier, il y aura immanquablement quelqu'un qui freinera par peur d'essayer autre chose, par souci de garder le monopole, par mépris et ignorance; mais il y aura aussi des gens qui se poseront des questions, et tireront des leçons de leurs erreurs. Ici, les habitants de Kingsbridge sont plutôt enclins à croire les moines, car à l'époque, la religion était omniprésente. Si certains réfléchissent, d'autres sont superstitieux, et laissent un bon orateur les convaincre.

Comme dans «Les piliers de la terre», les joutes entre l'Église, la noblesse, et le peuple sont longuement exposées. Parfois, cela paraît un peu long. Par exemple, les luttes de pouvoirs et les manoeuvres pour élire telle personne prieur se répètent. Certains lecteurs trouveront peut-être cela fastidieux. Pour ma part, cela m'a plu parce que le contexte était différent à chaque fois.
À une plus petite échelle, les manigances de chacun se retrouvent tout au long de l'oeuvre. Cela semblera peut-être exagéré à certains, pourtant, je pense que cela reflète assez bien ce qui arrive quand quelqu'un a une once de pouvoir.

Tout comme dans le tome 1, les femmes sont très loin d'être reléguées au second plan. Caris est sûrement la plus compliquée, mais aussi la plus fascinante. Ne pouvant concilier toutes ses aspirations, elle se voit contrainte à des choix en apparence insurmontables. De plus, il y a des situations où elle se met elle-même des bâtons dans les roues par peur, sachant pourtant que ce qu'elle redoute n'arrivera pas grâce aux circonstances. Elle m'a parfois agacée, mais je la comprenais.

Dans un autre genre, Gwenda est un personnage intéressant. Elle paraît gauche et geignarde, mais les épreuves font qu'elle doit s'adapter. Choisissant la lutte, la timide Gwenda accomplira des choses dont, au début, on ne l'aurait pas crue capable.
À son sujet, l'auteur a créé une situation à la fois grave et drôle. Je parle de ce que lui fait son père (Joby), et que sa mère accepte. L'excuse qu'ils se donnent et l'horrible idée qu'a Joby par la suite font frémir. Mais j'ai également éclaté de rire à cause de la manière dont le père explique son idée à sa fille: il est fier de lui, persuadé d'avoir trouvé un filon, et ne comprend pas pourquoi il devrait éprouver des remords...

Pétronille m'a un peu rappelé la mère de William dans «Les piliers de la terre». Tout comme cette dernière, elle ourdit dans l'ombre, et tire les ficelles de celui dont elle estime qu'il doit s'élever hiérarchiquement.

Quant aux «méchants», ils sont intéressants, parce que parfois, on parvient à comprendre leurs motivations. Cela ne veut pas dire qu'on pardonne leurs actes...

Tout comme pour le tome précédent, il est évident que l'écrivain s'est beaucoup documenté. Entre moeurs de l'époque, découvertes (c'est le début de l'utilisation des chiffres arabes), lois, et bien d'autres éléments, le lecteur est immergé dans le quotidien des protagonistes. Pour moi, cela a été un régal!

Il va de soi qu'il resterait énormément de choses à évoquer, et que je m'arrête là pour ne pas trop en dévoiler.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Je trouve judicieux de la part de l'éditeur audio de n'avoir pas fait lire les deux tomes par le même lecteur. Cela aide d'autant mieux à ne pas considérer ce livre comme la suite directe de l'autre. Il me semble que le tome 3 sera lu par Patrick Descamps (qui a interprété le 1). Je l'aurais fait enregistrer par un autre comédien: un lecteur par tome. Néanmoins, je serai contente de retrouver Patrick Descamps si c'est bien lui qui lit le 3.
Le choix de Martin Spinhayer est, à mon avis, parfait. Il a su, sans difficultés apparentes, entrer dans l'époque, dans l'ambiance, dans la peau des personnages. Il a une voix de conteur et une diction soignée. Il n'avait pas la partie facile. Il a modifié sa voix, à bon escient, pour certains rôles. Cela montre son talent, car il n'est vraiment pas simple de faire cela pour autant de personnages, en ayant soin de garder un ton crédible. Hé oui, car ces personnages ont des sentiments, et parfois, les expriment! ;-) Donc, le lecteur doit les montrer. Je pense qu'ici, il serait aisé de surjouer. Le comédien évite cet écueil, et s'en tire très bien.
D'autre part, il ne tente pas de prendre un accent pour prononcer les noms propres étrangers, ce qui m'a ravie.
Je regrette qu'il ait enregistré peu de livres. Espérons que les éditeurs audio feront davantage appel à lui.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

Acheter « Un monde sans fin » sur Amazon
Acheter « Un monde sans fin » sur Amazon en audio ici ou en téléchargement audio

Partage

817 lectures

- page 1 de 7