lundi, 22 avril 2013

Le chemin sauvage, de Jean-François Haas.

Le chemin sauvage

L'ouvrage:
Années 60, un petit village suisse.
Le narrateur a onze ans. Il se raccroche à l'enfance en se faisant des amis avec qui il joue à la guerre. Mais outre le fantôme de son grand frère qui l'accompagne partout, il voit souffrir Myriam, sa camarade de classe. La fillette vient de l'orphelinat, et est placée dans une ferme où on la fait travailler dur, et où elle est en danger d'abus sexuels. Lorsqu'elle disparaît, le jeune narrateur raconte tout ce qu'elle lui disait à la police.

Critique:
Voilà un roman dur, oppressant, qui dépeint très bien une certaine réalité. Un petit village dont certains habitants ne cherchent pas très loin, accusent et persécutent ceux qui ne leur plaisent pas sous de fallacieux prétextes. Le jeune narrateur est parachuté dans ce monde haineux et malsain, et il se rend compte qu'on n'est jamais armé contre la méchanceté gratuite. Certains ne sont pas loin de faire justice comme ils l'entendent.
J'ai été étonnée que la police, elle aussi, fasse feu de tout bois. Ils arrêtent Enzo seulement parce qu'il est italien, et sous le prétexte qu'il fut ami avec la victime. Ils ne font qu'écouter et cautionner les racontars malveillants de villageois racistes qui ne voient pas plus loin que les syllogismes qu'ils ont eux-mêmes créés. Il est effarant de voir comme la bêtise peut être exprimée avec tant de conviction qu'elle ne laisse pas les autorités indifférentes.

Le jeune narrateur a la chance d'avoir une famille aimante. Mais si l'amour et la compréhension équilibrent et protègent, ils peuvent aussi désarmer. Cette famille douce n'est pas préparée à ce qu'elle vit. Ils ont beau savoir que cela existe, ils ont beau être intègres, c'est leur bon jugement et leur tolérance qui les condamnent. Et comment résister à la bassesse? J'ai aimé cette famille qui n'abandonne pas ses idéaux, se bat bravement malgré les coups qu'on lui porte, ce père qui n'envisage pas de faire d'autres actions que le bien.

Les amis du narrateur (Rémi et Tonio) ont eux aussi une histoire à raconter. Êtres sensibles et blessés dans un monde inadapté, chacun d'eux tentera de s'en sortir... C'est Rémi qui m'a le plus touchée, car j'ai ressenti sa sensibilité qui ne s'embarrassait jamais d'artifices.

L'énigme policière n'est pas si importante, dans le fond. L'auteur s'attache surtout à montrer la vie comme elle était à cette époque dans un village, les mentalités étriquées, etc. C'est un livre d'une grande profondeur, presque une étude sociologique de l'époque, et l'énigme n'est qu'un prétexte à montrer les réactions de chacun. Néanmoins, l'auteur ne l'a pas bâclée. Le lecteur finit par connaître le fin mot de l'histoire. Il n'est pas vraiment une surprise, mais l'énigme n'est pas là pour faire monter le suspense, le but n'est pas de faire languir le lecteur avant de sortir un coupable inattendu. Cela n'aurait pas été crédible, d'ailleurs. Ici, tout se tient. L'auteur ne laisse rien au hasard, son histoire est bien ficelée.

Jean-François Haas a un style fluide et précis. Son roman est jalonné de belles descriptions poétiques, montrant toute la sensibilité et la réflexion du narrateur.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Stéphanie Chataux pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Au tout début, la voix de la lectrice est un peu sourde à mon goût. Et puis, elle finit par oser davantage de choses. Sans jamais trop en faire, elle met le ton approprié, délaissant, à mon grand plaisir, le ton quelque peu monocorde qu'elle adopte au tout début.

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mardi, 26 mars 2013

Le barrage, de Gilbert Bordes.

Le barrage

L'ouvrage:
Vallée de la Corrèze. On a décidé de construire un barrage. Si cela permettra certaines facilités et pourrait rendre, à terme, la vallée plus touristique, et donc plus rentable, cela n'est pas du goût des habitants dont les maisons (et donc les souvenirs), se retrouveront enfouies sous les eaux.

Critique:
Au départ, le livre commence bien parce que chaque parti développe des arguments non-dénués de bon sens. En tant qu'observatrice, j'avais envie de donner raison à tout le monde. Il ressortait quand même de tout cela qu'une fois de plus, le facteur humain était négligé. Les amateurs du barrage parlaient de redonner vie à la vallée, soit, mais il est évident que l'appât du gain jouait un rôle assez important dans leur combat.
D'autre part, le porteur du projet, l'ingénieur François Delmas, traitait les doléances des villageois avec mépris, même si, au départ, il faisait semblant de les prendre en compte.

J'ai également apprécié que l'auteur montre des gens déterminés, ayant des valeurs défendables, et ne faisant pas que ressasser.
J'ai aussi apprécié que certains villageois envisagent l'idée du barrage comme un changement qui leur ferait une autre vie, vie qui ne serait pas forcément horrible. Je pense surtout à Marie qui se dit secrètement que peut-être, ce nouveau départ ne serait pas une si mauvaise chose.

Cependant, le reste du roman est très décevant. L'auteur imagine une histoire de fesses entre l'héroïne (Fabienne) et l'ingénieur. Outre que les coups de foudre sont invraisemblables, il est étrange que Fabienne tombe à ce point amoureuse de François, alors qu'elle pleure encore son mari défunt, et qu'elle a rejeté un amour sincère émanant de quelqu'un qu'elle a aimé, et dont elle aurait pu, tout au moins, accepter l'amitié. Ensuite, toute l'histoire de cette relation est assez dure à croire, car elle ne colle pas vraiment au caractère de Fabienne. On me dira que quand on est amoureux, on est bête, et qu'on essaie de tout faire pour que la relation fonctionne, même si on la sait condamnée. Cela ne me convainc pas vraiment concernant ce roman.
J'ai aimé ce qui finit par arriver quant cette histoire d'amour, mais là encore, c'était très facile. Cela arrive comme un cheveu sur la soupe, et ce n'est pas très crédible. C'est un peu préparé par ce que fait Louise, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Mugler. et Elsa Romano pour les éditions VDB.
J'ai lu ce roman parce que j'aime beaucoup ces deux comédiens dont le jeu est juste. Là encore, ils ne cabotinent pas, font passer les émotions avec finesse, le tout d'une voix toujours très agréable.
J'ai bien aimé la manière dont l'éditrice a choisi de faire commencer le roman: non par de la musique, mais par un bruit d'eau.

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vendredi, 25 mai 2012

Le pain rouge, de Marie-Paule Armand.

Le pain rouge

L'ouvrage:
Juillet 1788. La révolution est en marche. Mathilde va voir sa vie et celle de son village bouleversée par cela. Son père est le fermier du comte du village. Le comte est le parrain de Mathilde. L'histoire va faire découvrir à la jeune fille que ce qu'elle prenait pour des lois immuables n'en sont pas.

Critique:
Marie-Paule Armand décrit un monde en mouvement, une mutation. Elle explique bien les excès des révolutionnaires et leurs raisons, plus ou moins valables. Je n'en savais pas tant sur la révolution. Avec ce roman, on la vit au quotidien, et on a le point de vue d'habitants d'un village. C'est grâce à eux qu'on se rend compte que cette immense machine ne tenait pas compte de l'humain, alors qu'au départ, le but de la révolution était d'améliorer la condition des moins bien lotis. Tout comme dans n'importe quel régime, les décisions prises par les révolutionnaires sont radicales. On parle de liberté, mais on oblige à porter la cocarde, à renier la religion, à piétiner les nobles. La réaction du village où habite Mathilde est compréhensible. Ils voient qu'on leur enlève leur curé qui a toujours été à leur écoute à cause d'une loi qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de juger stupide. Si certains seigneurs profitaient de leurs avantages pour spolier et humilier les autres, le comte du village n'en faisait rien. L'auteur s'attache à montrer une situation complexe, et à mettre l'accent sur l'humanité lésée.

Le lecteur comprendra l'attitude de Sylvain, qui approuve avec zèle toutes les lois révolutionnaires. Il garde une profonde rancune au comte dont le père a fait envoyer le sien aux galères pour une peccadille. Sa colère (dirigée contre la mauvaise personne, et par extension, contre toute la seigneurie), le guide et lui ôte tout esprit critique. Il est logique qu'il soit furieux et frustré, l'injustice ayant été jusqu'au bout, puisque son père est mort au bagne. J'ai donc ressenti de la compassion et de l'agacement quant à ce personnage complexe qui se laisse enrôler, endoctriner, et passe sa vie à souffrir.

L'histoire des personnages est étroitement mêlée à celle du pays. Cependant, on est bel et bien dans un roman du terroir. On retrouve certains codes et ingrédients de ce genre de romans français. J'ai anticipé certaines choses, mais cela ne m'a pas dérangée. D'abord, le roman n'est pas mièvre. Ensuite, Mathilde est sympathique. Certes, elle a été créée en gentille héroïne attachante. Elle est là pour que le lecteur l'apprécie. C'est avec plaisir que je me suis conformée à cela, car il faut bien au moins un personnage appréciable dans un roman. Elle est peut-être trop parfaite, mais cela ne m'a pas ennuyée.
Les autres personnages sont sympathiques, sauf... Noémie. Il faut bien qu'il y ait une méchante. Si beaucoup de protagonistes de ce roman sont exempts de manichéisme, ce n'est pas le cas de Noémie. Peste, envieuse, mauvaise langue, ne vivant que pour le paraître... La pauvre n'a aucune qualité. À la fin, son père dit qu'elle regrette une de ses mauvaises actions, mais cela ne va pas trop avec son caractère. Et puis, on est tenté de croire que son père dit cela parce qu'il a honte qu'elle ait été si odieuse.

Il est à la fois positif et négatif que par son prologue, mais aussi parce que le livre est raconté à la troisième personne, le lecteur sache tout de suite que Mathilde se tirera d'affaire quoi qu'il lui arrive. C'est positif parce que dans les moments où la jeune fille est en mauvaise posture, le lecteur peut se réconforter en pensant qu'il sait qu'elle s'en sortira. C'est négatif... pour la même raison. En effet, le lecteur ne craint pas vraiment pour la vie de l'héroïne. Cela enlève un peu de piquant à la chose.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Roland Dufour pour l'association Valentin Haüy.
Ce roman étant raconté à la première personne du singulier par une femme, il aurait sûrement été préférable qu'il ait été enregistré par une lectrice. Cependant, je n'ai pas été dérangée parce que j'apprécie ce lecteur qui a une voix agréable, claire, et dynamique. Sa lecture n'est pas monotone. Il joue un peu, et tente parfois certaines choses, mais s'arrête avant d'en faire trop.

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mardi, 10 avril 2012

La miaulemort, de Daniel Cario.

La Miaulemort

L'ouvrage:
Début du vingtième siècle.
Sylvain Brisail vit heureux, entouré de ses parents, Xavier et Alexandrine. Son père lui a défendu de s'aventurer trop loin. Un jour, la curiosité est la plus forte, et le garçonnet transgresse l'interdit. C'est alors qu'il entend un cri déchirant qui se prolonge, comme celui d'une bête. Son père lui apprend que c'est la Miaulemort, et qu'elle est très dangereuse. Sylvain finira par découvrir ce qu'il en est vraiment.

Critique:
J'ai trouvé ce roman inégal. Au début, cette histoire de famille m'a plu. D'autant que l'auteur ne tombe pas dans le piège de la mièvrerie. Il s'attache à dépeindre ses personnages, leur caractère, leurs motivations, leur complexité. Le lecteur ne pourra éprouver de sentiments réellement tranchés, car chacun a sa part de torts et de peine dans ce qui arrive.

On s'attardera sur Xavier, qui est assez dur et intransigeant. Cela pourrait être une qualité, mais cela a été la cause de son malheur. En outre, son entêtement ne lui apporte rien de bon. Plus tard, ce qui lui arrive ne fait pas qu'il se remet en question. Il ne concède jamais rien, ne veut pas voir qu'il a contribué à son malheur, et refuse de s'adapter. Il préfère boire, s'aigrir, échouer dans ses maigres tentatives de se rendre utile, et surtout déformer l'histoire. On le plaint, car ce qui lui arrive est terrible, mais on ne peut s'empêcher de se dire que c'est une espèce de justice divine: à force de se montrer dur, il a récolté souffrance et amertume.
On peut comprendre qu'il n'accepte pas de nourrir quelqu'un à ne rien faire, mais tout n'était pas si simple. L'attitude de Xavier montrait surtout sa fermeture d'esprit concernant la différence. Il ne cherche pas à connaître et à comprendre son beau-père. Il ne veut pas voir que celui-ci à une passion, tout comme lui, sauf que ce n'est pas la même...

Alexandrine est également intéressante. C'est une femme solide qui ne s'en laisse pas conter. Cela m'a plu. J'aurais détesté que Xavier ait une épouse soumise et dévouée à ses moindres caprices.
Les relations des personnages de cette famille sont bien analysées. L'auteur a pris le temps de planter son décor, d'installer ses personnages.

C'est surtout la structure qui m'a déplu. Par exemple, l'auteur raconte un épisode scolaire de la vie de Sylvain. Si c'est divertissant, j'ai trouvé que cela faisait une coupure un peu étrange, comme si Sylvain n'allait à l'école que pendant ces quelques jours. Il est vrai qu'à cette époque, les enfants de la campagne n'allaient pas toujours régulièrement à l'école, mais là, on sait que Sylvain y va davantage que le temps de cet épisode.
Malgré cela, le roman m'intéressait toujours, mais à partir du livre 2, j'ai eu du mal à m'attacher à l'intrigue et au personnages. D'abord, il y a une ellipse. L'auteur raconte ensuite ce qui s'est passé, mais je trouve cela artificiel. Je ne suis pas vraiment partisane des ellipses que je n'aime pas. J'ai toujours l'impression, de ce fait, de personnages et d'intrigues bâclés.
D'autre part, j'étais très attachée à la mère de Sylvain, à son grand-père, et à la vie que menait le garçonnet avant l'ellipse. J'ai donc été déroutée et déçue de changer de décor. Et puis, j'espérais que quelque chose arriverait, même si cela aurait pu paraître cliché. Cette chose se serait produite si Sylvain ne l'avait pas contrariée. Je l'ai d'ailleurs trouvé injuste, même si j'ai compris sa détresse.

Ensuite, j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, notamment lorsque Sylvain part pour le front. Je me doutait qu'il aurait, d'une manière quelconque, une révélation importante, et comme elle se fait attendre, et qu'en plus, j'apprécie très moyennement les scènes de guerre, je me suis ennuyée.

J'ai aimé la toute fin, d'abord parce qu'elle va contre ce qu'espéraient des personnes aux préjugés stupides (Xavier et les parents d'Éqlantine), des personnes qui ont tout fait pour contrarier les aspirations de deux jeunes gens. Tout ce que souhaitaient ces personnes, qui ne pensaient qu'à elles, et qui n'avaient aucune raison réellement valable, n'est pas arrivé, malgré l'acharnement qu'elles ont mis. Ensuite, cette fin montre que Sylvain est assez intelligent pour concilier deux choses qu'il aime, et dont il sait que l'une n'irait pas sans l'autre par les temps qui courent. Sylvain se montre donc raisonnable tout en montrant bien qu'avec de la volonté, et en se donnant les moyens, on peut ne pas totalement abandonner ses rêves. Sylvain est, en général, un personnage positif, et la fin le montre ayant évolué dans la bonne direction.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Daniel Schreiber pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur a une voix agréable, son intonation est appropriée. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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vendredi, 2 mars 2012

La foire aux célibataires, de Xavier Patier.

La foire aux célibataires

L'ouvrage:
Michel, quarante-trois ans et demi, vit avec sa mère dans une petite ferme, en Corrèze. Il n'est pas marié. Il s'occupe de la ferme, de sa mère... Cette dernière lui répète qu'il ne trouvera pas aisément une femme qui le supportera.
Michel aimerait rencontrer l'amour. Un jour, en parcourant le journal Famille Chrétienne, il lit une annonce différente des autres. Une annonce pour laquelle il a une espèce de coup de foudre. Il décide d'y répondre.

Critique:
Tout comme dans «Poison», l'atmosphère est oppressante. Les personnages ne savent pas toujours communiquer. Par exemple, la mère pense qu'elle a besoin de Christian comme intermédiaire entre Michel et elle. Il aurait mieux valu que mère et fils se parlassent à coeur ouvert... ou du moins, la mère n'aurait pas dû se cacher derrière un intermédiaire.
Au long de sa vie, Michel se laisse guider, voire infantiliser par sa mère, et c'est pourtant lui qui la materne... Quand il se révolte, il le fait mal, et pas au bon moment. Cependant, tout ceci semble logique étant donnés le caractère de chacun.

La mère semble étouffante, alors qu'elle veut le bien de son fils. Elle s'y prend très mal, voilà tout. En outre, entre sûrement une part de culpabilité dans ses actes, car c'est bien par sa faute que Michel n'a pu connaître une autre vie, n'a pu se marier. Je pense quand même qu'elle n'est pas uniquement une femme égoïste et un peu tyrannique.

Michel sera sympathique au lecteur. Il a été étouffé par un mélange d'amour et d'obligations. On pourrait penser qu'il serait sans volonté, qu'il obéirait à sa mère par habitude. Pourtant, il s'obstine à refuser ce qui ne lui plaît pas. Il cède sur certains points, mais n'admet pas que sa mère dirige totalement sa vie.

C'est sûrement Jocelyne qui se montrera la plus sage. Malgré ce qu'elle souhaite, elle ne sera pas assez stupide pour servir de pis-aller. Elle ne s'abaissera pas à être celle vers qui on se tourne parce qu'elle est là. Il est un peu dommage qu'on ne puisse pas vraiment la connaître... à l'instar de notre héros. En effet, il est évident que Michel ne la connaît pas, et n'y tient pas.

Quant à Angèle, croyant Michel soumis à sa mère, elle pensait sûrement qu'il serait le pigeon idéal: il suffirait juste qu'il change de «maître»... Elle ne le connaît pas, et n'a aucune considération pour lui.

Il n'était pas facile de construire une intrigue sur une histoire d'amour naissante, avec toutes ces complications, et de lui trouver un déroulement satisfaisant. Je pense que l'auteur s'en est bien sorti. Il a su créer des personnages creusés et des événements vraisemblables. À un moment, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en imaginant ces trois femmes tournant autour de Michel, voulant décider pour lui, espérant qu'il ferait tel choix... On aurait dit qu'il était une espèce de trophée.
La tournure que prennent les événements pourrait déplaire. Pourtant, elle est plus réaliste que ce que certains espéreront peut-être.
J'ai apprécié ce roman qui, en peu de pages, sait décrire des situations et des personnages.

Éditeur: Éditions de La Table Ronde.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Louis Blonde pour le service Lecture Sonore de l'Unadev
Là encore, j'ai apprécié le jeu du lecteur. J'ai quand même regretté qu'il prenne un accent «paysan» lorsqu'il fait parler Christian, parce que c'est un peu caricatural, et aussi parce que ça peut être agaçant. Heureusement, il ne le fait pas franchement, il fait de l'entre-deux... En outre, Christian intervient peu, donc c'est moins gênant.

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