lundi, 16 septembre 2019

The virgin romance novelist chronicles, de Megan Quinn.

The virgin romance novelist chronicles

L'ouvrage:
Rosie Blume a vingt-trois ans. Elle travaille dans un magazine consacré aux chats, mais son rêve est d'écrire une romance. Ses deux meilleurs amis et colocataires (Henry et Delany) lui disent qu'elle ne pourra jamais exprimer des sentiments et des sensations amoureuses si elle ne les a jamais connus. Ils l'exhortent donc à sortir avec des garçons, et à perdre sa virginité.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai pris certaines précautions, car j'avais peur qu'il soit mièvre. Une amie m'a donc dit que la couverture faisait plutôt chick-lit, et j'ai lu des chroniques sur Audible. Les lecteurs disaient ce que le résumé me faisait pressentir: le livre est très drôle, les amoureux sont mignons. En général, ces précautions me donnent une bonne idée du livre, et je peux l'acheter ou pas en connaissance de cause. Ici, j'ai déchanté. Si le début est effectivement amusant, et si les amoureux sont sympathiques, vers la fin de la première partie (il y en a trois), cela commence à tourner au vinaigre. Les amoureux se disputent pour rien, et cette embrouille de fin de première partie donne le ton de la deuxième. Ils passent leur temps à s'engluer dans des malentendus qui durent trop et qui les font ressasser. De plus, il y a trop de scènes de sexe pour moi. Je comprends que la toute première du livre entre les amoureux soit détaillée, parce que le lecteur attend que ces deux-là soient ensemble, mais ensuite, cela devient pénible. Certaines scènes m'ont tout particulièrement agacée: par exemple, Rosie qui fait un caprice et boude parce que son chéri ne veut pas faire l'amour avec elle... pour la troisième fois de la journée!

En outre, lorsque l'auteur ne parle pas de sexe, elle s'ingénie à rendre ses héros détestables. Par exemple, lorsque notre héroïne dit à son amoureux que certaines personnes n'ont pas apprécié son livre, il se fâche, parle d'aller donner une bonne leçon à ces gens, parce que le livre de Rosie est fabuleux...! Ce n'est pas crédible, et c'est très agaçant.

Megan Quinn fait autre chose qui m'a énervée. Rosie travaille dans un magazine consacré aux chats. Sa patronne adore les petits félins. Elle est donc automatiquement montrée comme une mémère un peu folle, n'ayant aucun sens de la mesure lorsqu'il s'agit des chats. Quel cliché! Quant à Rosie, elle déteste les chats, et l'un d'entre eux (sir Liks-a-lot, qu'on pourrait traduire par monsieur Lèche-beaucoup), lui livre une guerre sans merci. Cela n'est absolument pas crédible, et l'attitude de Rosie envers le chat et les félins en général est très pénible. Elle ne tente pas de les comprendre, ne voit pas en eux des êtres vivants qui ont un certain comportement que justement, les humains doivent tenter de comprendre pour faire avec. Je ne sais pas si Megan Quinn, à l'instar de Rosie, déteste les chats pour des raisons stupides, ou si elle a souhaité faire rire son lecteur avec ce qui, pour moi, sont des inepties, mais cet aspect du roman m'a énormément déplu. J'ai terminé le livre parce que je cherchais désespérément des améliorations, je souhaitais que la bonne humeur du début revienne...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt et Jeffrey Kafer pour les éditions Hot-Lanta. Certains me diront que le nom de l'éditeur aurait dû me mettre la puce à l'oreille concernant les nombreuses scènes de sexe. Certes, mais je n'avais pas regardé quel était l'éditeur, alors que je le fais très souvent... Il faudra que je le fasse toujours, maintenant. ;-)

J'apprécie toujours autant le jeu d'Andi Arndt. Ici, si le livre m'a déplu, la comédienne, elle, n'a pas démérité.
Je connaissais très peu Jeffrey Kafer. Son jeu m'a plu. Je n'ai pas fait autant attention que si j'avais aimé le roman, mais je sais que j'entendrai à nouveau ce comédien avec plaisir.

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lundi, 3 décembre 2018

Appelle-moi par ton nom, d'André Aciman.

Appelle-moi par ton nom

L'ouvrage:
Chaque été, les parents d'Elio (le narrateur) accueillent chez eux un jeune universitaire. Celui-ci assiste le père d'Elio, éminent professeur de littérature. L'année des dix-sept ans du narrateur, c'est Oliver (vingt-quatre ans), l'heureux élu. Chacun apprécie très vite Oliver. Quant à Elio, il est tout de suite attiré par lui.

Critique:
Quand jai annoncé à une amie (grande lectrice elle aussi) que je souhaitais lire ce roman, elle a été très étonnée, parce qu'elle était sûre qu'il était mièvre, et ne me plairait donc pas. Certes, le début est assez niais. Les deux personnages principaux jouent au chat et à la souris, Elio interprète les moindres faits et gestes de l'objet de sa flamme, il se consume de désir, se pose des tonnes de questions, se fait des films... Cela ne m'a pas tant exaspérée parce que je me disais qu'il était normal que les premiers émois plongent l'adolescent dans un abîme de questions... et de mièvrerie.

Puis est venue une chose que je n'ai pas comprise. C'est la réaction d'Elio tout de suite après un certain événement. (Ceux qui ont lu le livre sauront de quoi je parle.) Pourquoi cette réaction a-t-elle été si radicale? D'autant que c'est passager puisqu'ensuite, il change d'attitude.
Après cela, au moment des quelques semaines d'été restantes, puis des quelques jours à Rome, les actes des deux personnages principaux m'ont paru logiques, et c'est sûrement là que je les ai le mieux compris et le plus appréciés. Je me disais donc que cette partie me plairait beaucoup. Cependant, je me suis ennuyée lors de la lecture de poèmes dans la librairie. Les personnages rencontrés ne m'ont pas intéressée. Le poète m'a même paru pénible. Certes, sa femme était là pour le tempérer, mais cela n'a pas vraiment pris chez moi.

Après cet été, vient l'inexpliqué. Je n'ai pas compris pourquoi Oliver agit ainsi. Certes, il dit à Elio que c'est dans l'air depuis environ deux ans, mais le narrateur et le lecteur auraient mérité davantage d'explications. D'autant qu'à la fin, Oliver ne semble pas satisfait de ce qu'il a choisi de faire après cet été-là. Il y a peut-être un début d'explication lorsqu'il évoque la réaction de ses parents si ceux-ci avaient su une certaine chose... Il serait logique qu'Oliver ait fini par faire ce qui plairait à ses parents. Il n'empêche que l'explication, ainsi que davantage de détails sur les sentiments du personnage, manquent.

À un moment du livre, l'explication concernant le titre est donnée. Je suis peut-être trop traditionnaliste, ou je ne sais quoi, mais je n'ai pas du tout vu où résidait la volupté dans le fait d'appeler son partenaire par son propre prénom et vice versa pendant l'acte sexuel. D'autre part, je ne pense pas être une prude coincée, mais l'histoire de la pêche n'a éveillé aucun sentiment romantique chez moi. Cela m'a plutôt écoeurée.

Après ces reproches, vous comprendrez pourquoi la mièvrerie du début m'a paru acceptable, voire sympathique, comparée au reste. Pour moi, ce roman est une déception.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gabriel Bismuth-Bienaimé.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Si j'ai bien compris, c'est la voix française d'Elio dans le film tiré de ce roman. Le livre m'a déplu, mais l'interprétation du comédien m'a plu. Lors des passages mièvres, par exemple, le jeu du comédien n'accentue pas cette niaiserie. Cela m'a aidée à ne pas la trouver trop pénible. Dans tout le roman (notamment lorsqu'Oliver annonce la chose qu'il n'explique pas, mais également par la suite), il aurait été très facile de tomber dans le larmoyant. Gabriel Bismuth-Bienaimé ne l'a pas fait. Il n'a en aucun cas été trop sobre, mais il a joué les diverses émotions des personnages sans les exagérer. Son interprétation toujours à propos sauve un peu le livre à mes yeux.

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lundi, 30 novembre 2015

À un fil, de Rainbow Rowell.

À un fil

L'ouvrage:
Neal et Georgie sont mariés depuis quinze ans. Ils ont deux enfants.
Ils doivent aller passer Noël chez la mère de Neal, dans le Nebraska. Or, quelques jours avant leur départ, une opportunité très attendue se présente quant au travail de Georgie. Elle ne peut pas partir. Ce n'est pas la première fois que le travail de Georgie passe avant sa famille. Pour Neal, c'est peut-être la fois de trop.

Critique:
Si vous aimez les histoires d'amour un peu légères, mais avec quelques questions intéressantes sur la remise en question, la perception des choses, ce livre est pour vous. Quant à moi, j'ai d'abord voulu lire ce roman à cause de ce que je ne dis pas dans mon résumé, et qui est sur la quatrième de couverture: ce qui arrive lorsque Georgie se sert de la ligne fixe de sa mère. Au départ, j'ai trouvé cela sympathique, puis j'ai trouvé que cela s'essoufflait un peu. À la place de Georgie, j'aurais sûrement essayé de téléphoner à «l'autre Georgie». Mais l'histoire aurait peut-être été plus poussive puisque Georgie aurait déjà su que «l'autre Georgie» avait eu ce coup de fil... Enfin, je ne sais pas trop ce que j'aurais fait, mais il me semble que Rainbow Rowell aurait pu exploiter le thème plus intensément.
À l'instar du thème, l'intrigue finit par être un peu lente. Il y a même des moments qui traînent franchement, vers la fin.

J'ai apprécié le fait que Georgie se remette en question, tente de voir les choses d'un autre point de vue, se rende compte qu'elle a toujours voulu le beurre et l'argent du beurre... J'ai aussi aimé que l'auteur tente de nuancer: tout n'est pas noir, et tout n'était pas rose au début. L'auteur montre comment chacun doit y mettre du sien pour que cela fonctionne, mais aussi pourquoi chacun a envie que cela fonctionne. C'est aussi un petit rappel: ne pas prendre l'autre pour acquis.

J'ai également aimé certaines conversations, certaines répliques amusantes. L'intrigue est banale (mis à part ce qui arrive avec le téléphone), mais les personnages sont attachants, avec leurs défauts et leurs qualités. Il y a aussi certaines scènes cocasses, comme celle où Heather tente d'empêcher Seth d'entrer dans la chambre de Georgie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Macmillan.
Rebecca Lowman est sûrement l'une des raisons pour lesquelles à mes yeux, ce livre est davantage qu'une histoire d'amour un peu lente. Elle a toujours le ton adéquat et sait modifier sa voix sans que cela fasse affecté. Elle fait ressortir les répliques drôles sans exagérer.

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vendredi, 12 septembre 2014

Le coupeur de roseaux, de Junichiro Tanizaki.

Le coupeur de roseaux

L'ouvrage:
Le narrateur rencontre un homme qui lui offre du saké puis lui raconte l'histoire d'amour que vécut son père avec la capricieuse et inconséquente Oh-Yû.

Critique:
Ce petit roman ressemble à un conte cruel, un conte en creux. En effet, si on ne rencontre pas le merveilleux, on côtoie un homme qui se met à raconter la vie de son père à un parfait inconnu, ainsi qu'une histoire d'amour perverse et destructrice.

Une grande partie du roman s'attache à décrire le paysage dans lequel évolue le narrateur. C'est très poétique, c'est agréable, on s'y croirait... mais c'est beaucoup trop lent. Puis, soudain, on se retrouve plongé dans la vie d'un autre, le narrateur et celui qu'ils rencontrent n'étant que des intermédiaires.

Si l'auteur a su créer une ambiance particulière (onirique grâce à la façon dont arrivent les choses, et aussi au fait que le récit se passe dans un paysage idyllique), si j'ai compris et ressenti la force d'attraction qu'exerce Oh-Yû, si j'ai compati à la douleur du personnage masculin, je n'ai pu m'empêcher de voir tout cela de manière terre-à-terre. Comment deux êtres (le père de l'inconnu et O-Shizu) peuvent-ils être attachée à une personne au point de se sacrifier ainsi? Au lieu de paraître beaux et grands, ils ont l'air ridicules! Surtout qu'à mon avis, Oh-Yû ne mérite pas tant d'amour et d'abnégation. Et puis, le personnage n'avait qu'à attendre quelques années, il aurait épousé sa belle. J'ai donc bien vu tout le tragique de la situation, mais mon cynisme m'a plutôt fait pester et me moquer des personnages. En outre, la fin semble un peu décalée par rapport au reste. On a envie de dire: «Ah, tout ça juste pour ça...».

J'aime beaucoup le titre qui ajoute à cette ambiance poétique, verdoyante, idyllique.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 30 septembre 2013

Je reviendrai avec la pluie, de Takuji Ichikawa.

Je reviendrai avec la pluie

L'ouvrage:
Depuis un an, depuis le décès de sa femme (Mio), Takumi élève seul son fils Yugi, qui a maintenant six ans. Avant de mourir, Mio avait promis qu'elle reviendrait à la saison des pluies. C'est effectivement ce qui arrive à la grande joie de Takumi et Yugi. Seulement, la jeune femme est amnésique.

Critique:
Voilà un joli roman en forme de conte. Je suis heureuse de l'avoir lu avant d'en entendre trop parler. En effet, étant donné ce que j'ai déjà entendu, j'ai la sensation que ce livre va faire parler de lui, et en général, quand j'entends trop parler d'un livre, je fais un rejet.

Takuji Ichikawa parvient à mélanger quelques éléments merveilleux au quotidien de ces personnages si simples. L'ambiance est comme magique, presque irréelle. La jeune femme revient, et reprend ses hommes en main, malgré son amnésie. Chacun se réjouit de la présence des deux autres. Chacun reprend naturellement son rôle, alors que rien n'est normal dans cette situation.

On peut comprendre ce retour de Mio de plusieurs façons. Cela peut symboliser le désir qu'a chacun de retrouver, ne serait-ce que pour quelques minutes, un être aimé à jamais disparu. Cela peut également être vu comme le fait qu'un être aimé accompagnera toujours ceux qui l'aiment profondément, malgré sa disparition. De toute façon, le lecteur ressentira les sentiments des personnages, et s'identifiera à eux.
J'aime beaucoup l'explication que donne Takuji à son fils quant aux défunts. L'auteur y mêle humour et gravité. Cela ressemble à un conte dans le conte.
J'ai également apprécié les moments où Takuji et Yugi sont ensemble. Qu'ils évoquent des sujets graves (Mio), le quotidien (les repas, l'école), que Yugi s'inquiète pour son père, la complicité et l'amour qu'ils partagent sont sources de sourire. Le tout est écrit en un style vivant, précis, traversé d'éclairs de poésie, et de répliques drôles ou attendrissantes.

Lorsqu'un auteur s'attache à montrer une histoire d'amour, et en plus, que cette histoire n'est pas banale, il tombe facilement dans le niais. Ici, ce n'est pas le cas. L'auteur n'est jamais grandiloquent, il ne fait jamais de fioritures, n'en rajoute pas dans l'apitoiement. Il raconte ses personnages, leurs sentiments, ce qu'ils vivent. Bien sûr, certains aspects de ce romans peuvent paraître mélodramatiques, mais je pense qu'il faut plutôt les voir comme de jolis moments, décrivant des personnages dont la force des sentiments les poussera toujours vers le positif. En effet, malgré le sujet douloureux et délicat évoqué, ce livre est lumineux.

Si l'idée du retour de Mio évoque fatalement le merveilleux, d'autres petits détails font louvoyer le lecteur entre le merveilleux et le fantastique. Que dire d'un enfant qui accumule un an de cérumen dans ses oreilles et qui n'a aucune complication (sauf une légère surdité)? Que penser de Pou, le chien du professeur Nombre? Le professeur lui-même paraît étrange dans ce décor. Les personnages, à l'instar du lecteur, ne s'étonneront pas vraiment de ces étrangetés. Elles contribueront à la magie de ce roman.

Il y aurait quantité d'autres choses à dire sur ce livre: sur les décisions prises, la façon de voir certains événements, etc. Mais j'en dévoilerais trop.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabine Veyrat pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a su rendre ce qu'a voulu l'auteur en n'adoptant jamais un ton dramatique.

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