jeudi, 7 avril 2022

Nos résiliences, d'Agnès Martin-Lugand.

Nos résiliences

L'ouvrage:
Ava et Xavier sont mariés depuis quinze ans, et ont deux enfants. Lui est vétérinaire, elle est galeriste. Un soir, Xavier a un accident de moto.

Critique:
À force de penser qu'Agnès Martin-Lugand n'était pas ma tasse de thé, je me suis dit qu'il fallait quand même que je tente un de ses romans pour confirmer (ou infirmer) mon opinion. C'est tombé sur celui-là parce qu'il a été enregistré par une comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu.

Pour moi, l'autrice fait du trop gros pour être crédible. Elle commence par dire que Xavier et Ava sont très unis, puis après son accident, la première chose que fait ce cher Xavier, c'est tourner ostensiblement le do à sa femme. Certes, on comprend qu'il se sente coupable quant à la personne qu'il a renversée, mais ce n'est pas une raison pour renier tout le reste. Bien sûr, je ne sais pas comment je réagirais à sa place, mais j'espère que tout en essayant d'avoir des nouvelles de la personne que j'ai renversée, je m'accrocherais à tout ce qui pourrait me mettre un peu de baume au coeur.

Ensuite, la romancière verse malheureusement dans un schéma classique et mièvre: deux personnages commencent par se détester (en plus, les raisons de cette détestation sont irrationnelles) puis, de fil en aiguille, s'apprécient. Et voilà que soudain, Xavier décide que son caprice est fini (bah oui, maintenant qu'on le laisse tranquille, il n'en a plus besoin)! Et bien sûr, il attend que ses proches ne lui fassent pas trop la tête après qu'il les a rejetés. D'une manière générale, je n'ai pas apprécié Xavier, même au début. J'avais l'impression qu'il avait une très haute opinion de lui-même. Ava avait beau (ou peut-être était-ce à cause de cela) n'en dire que du bien, ça ne passait pas. Surtout qu'apparemment, il était dévoué corps et âme à son métier (ce qui aurait dû me le rendre sympathique, étant donné que pour moi, les animaux, c'est sacré) mais qu'après son accident, son métier, il s'en fichait autant que de sa famille. En fait, pour moi, Agnès Martin-Lugand est allée dans des extrêmes, ce qui ne joue pas en faveur de la crédibilité du roman, et qui fait que certains personnages ne sont ni appréciables ni défendables.

Quant à la révélation finale que Xavier fait à Ava, non seulement je l'avais devinée depuis le début, mais je me suis demandé pourquoi il avait attendu tout ce temps!

Je peux maintenant confirmer qu'Agnès Martin-Lugand n'est pas ma tasse de thé, et que je ne lirai plus de livres d'elle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

Cachou Kirsch est, pour moi, le point positif. Elle a réussi à enregistrer un roman mièvre sans faire du larmoyant. Son jeu est naturel, comme d'habitude.

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lundi, 14 décembre 2020

The new normal, de Tracy Brogan.

The new normal

L'ouvrage:
Carly Lancaster vit avec ses deux filles, Mia (dix-huit ans) et Tess (seize ans). Elle est divorcée depuis plusieurs mois. Elle s'entend bien avec ses voisins, même si l'une d'elle, à la fois cancanière et critique, l'agace. C'est alors que Ben Chase emménage à côté de chez elle. Leur première rencontre ne sera pas vraiment agréable...

Critique:
Je suis tombée sur ce livre parce que je guette les nouveautés lues par les comédiens que j'apprécie. Sachant que Tracy Brogan est une autrice de romances, j'ai hésité avant d'acheter «The new normal». Le résumé semblait sympathique, l'extrait proposé sur Audible aussi, et les chroniques disaient que ce n'était pas sirupeux... alors, je me suis décidée. Le roman m'a plu. D'abord, j'ai apprécié que l'autrice se débrouille pour que ses héros connaissent des moments de camaraderie et de complicité avant de se mettre ensemble. Cela fait qu'on les voit profitant chacun de la compagnie de l'autre, on voit aussi leurs enfants se côtoyer... La scène où Addie demande l'aide de son père pour une chose délicate, et finit, en désespoir de cause, par recourir à Mia, m'a bien fait rire. Certes, c'était le but de l'autrice, mais je souligne cela, parce que pour moi, le but a été atteint sans problèmes. Je n'ai pas trouvé que Tracy Brogan exagérait. De plus, pour moi, les chroniques disaient vrai: il n'y a pas de mièvrerie. La toute fin est peut-être un peu trop parfaite, mais pourquoi pas?

J'ai également apprécié que les enfants de Carly et Ben s'entendent bien. Ce n'était pas forcément gagné, étant donné la manière très différente dont Mia et Tess percevaient Ethan.

Steve et Sophia sont un peu faciles à détester. C'est un peu dommage, mais l'autrice parvient à ce que cela ne soit pas trop gros. Après tout, bien des gens agissent comme ces deux-là...

Ce qui arrive le jour du nouvel an est peut-être un peu gros, mais la romancière l'a préparé, et donc, c'était bien amené.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Amy McFadden est la raison pour laquelle j'ai regardé le résumé de ce livre. Comme d'habitude, j'ai apprécié son jeu. Elle a modifié sa voix pour certains rôles, mais n'a jamais exagéré. Elle a très bien exprimé les sentiments et les émotions des personnages.

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jeudi, 23 juillet 2020

Stay gold, de Tobly McSmith.

Stay gold

L'ouvrage:
Texas. Pony va faire sa rentrée en Terminale au lycée de Hillcrest High. Il a changé de lycée, car il a besoin d'être accepté en tant que garçon. On l'a toujours connu en tant que fille, et après qu'il a eu le courage de dire à son entourage que, dans sa tête, il était un garçon, et souhaitait en devenir un physiquement, il avait besoin de regards neufs. Le jour de la rentrée, ses yeux croisent ceux de Georgia, une majorette. Il espère tout de suite être le genre de garçon avec qui elle sortirait. Quant à elle, elle a juré de ne pas avoir de petit ami pendant cette année scolaire, car elle a connu une rupture difficile. Cependant, lorsqu'elle croise le regard de Pony, cela l'électrise.

Critique:
Mon résumé peut faire penser que ce roman est une histoire d'amour extrêmement mièvre. Ce n'est pas le cas, même si certains aspects du livre sont un peu à la guimauve. Ce roman est d'abord un appel à accepter l'autre pour ce qu'il est. Cela peut paraître galvaudé, parce que c'est un thème qu'on retrouve souvent. Pour moi, ce n'est pas galvaudé, parce que malheureusement, on a beau trouver des livres et des films prônant la tolérance, je n'ai pas l'impression qu'elle soit très développée dans notre société au quotidien. À travers le personnage de Théo (mais aussi celui de Ted), Tobly McSmith dépeint les dégâts causés par l'intolérance. Pour moi,, il n'y a pas de larmoiements ou de sirupeux. Je me suis étonnée de ce que fait le père de Pony vers la fin, parce qu'à mon avis, cela ne cadrait pas avec le personnage, et là, c'était de la guimauve pas crédible. Cependant, en creusant un peu, j'ai reconnu que ce que disait la mère de Pony était vrai: le père s'inquiète réellement pour ses enfants. Il le leur montre de la pire manière qui soit, mais à un moment, lorsqu'il se fâche après Rocky (la soeur de Pony), on comprend qu'il a peur pour elle.

Le roman exhorte également le lecteur à être lui-même. Georgia est un bon exemple de cela. Je pense que beaucoup d'adolescents s'identifieront à elle. La jeune fille fait des choses pour être acceptée. Elle n'ose pas en faire certaines parce qu'elle a peur d'être rejetée. Les événements qu'elle vit et sa rencontre avec Pony la forcent à se demander ce qu'elle veut vraiment. D'ailleurs, ses amies majorettes sont un peu comme elle, et certaines (je ne garantirais pas que Mia soit du nombre) ont un peu le même cheminement.

J'ai apprécié que Jack ne soit pas une caricature de l'adolescent dont les parents sont très riches. Il est sympathique, principalement parce qu'il ne tente pas de faire des vacheries à qui que ce soit. J'ai également été surprise par Jerry et Kengy, les amis de Pony. Je les trouvais superficiels, mais on a le droit de s'amuser et de dire des âneries, cela ne veut pas dire qu'on ne réfléchit pas.

Je ne sais pas trop quoi penser de la mère de Georgia. Je comprends qu'elle ait écouté son coeur, mais je pense que si, avant, elle s'était expliquée, beaucoup de dommages auraient été évités... Au final, je ne l'apprécie pas trop, je lui préfère de loin le père de l'héroïne. Je dois dire que j'aime bien ses blagues sur le prénom de Pony. ;-) Bien sûr, ce n'est pas la seule raison pour laquelle j'apprécie ce personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Theo Germaine et Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Comme d'habitude, j'ai retrouvé Phoebe Strole avec plaisir. Son interprétation ne m'a pas déçue.
Quant à Theo Germaine, je crois que c'est le premier livre qu'il a enregistré. Son jeu m'a plu.

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lundi, 16 septembre 2019

The virgin romance novelist chronicles, de Megan Quinn.

The virgin romance novelist chronicles

L'ouvrage:
Rosie Blume a vingt-trois ans. Elle travaille dans un magazine consacré aux chats, mais son rêve est d'écrire une romance. Ses deux meilleurs amis et colocataires (Henry et Delany) lui disent qu'elle ne pourra jamais exprimer des sentiments et des sensations amoureuses si elle ne les a jamais connus. Ils l'exhortent donc à sortir avec des garçons, et à perdre sa virginité.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai pris certaines précautions, car j'avais peur qu'il soit mièvre. Une amie m'a donc dit que la couverture faisait plutôt chick-lit, et j'ai lu des chroniques sur Audible. Les lecteurs disaient ce que le résumé me faisait pressentir: le livre est très drôle, les amoureux sont mignons. En général, ces précautions me donnent une bonne idée du livre, et je peux l'acheter ou pas en connaissance de cause. Ici, j'ai déchanté. Si le début est effectivement amusant, et si les amoureux sont sympathiques, vers la fin de la première partie (il y en a trois), cela commence à tourner au vinaigre. Les amoureux se disputent pour rien, et cette embrouille de fin de première partie donne le ton de la deuxième. Ils passent leur temps à s'engluer dans des malentendus qui durent trop et qui les font ressasser. De plus, il y a trop de scènes de sexe pour moi. Je comprends que la toute première du livre entre les amoureux soit détaillée, parce que le lecteur attend que ces deux-là soient ensemble, mais ensuite, cela devient pénible. Certaines scènes m'ont tout particulièrement agacée: par exemple, Rosie qui fait un caprice et boude parce que son chéri ne veut pas faire l'amour avec elle... pour la troisième fois de la journée!

En outre, lorsque l'auteur ne parle pas de sexe, elle s'ingénie à rendre ses héros détestables. Par exemple, lorsque notre héroïne dit à son amoureux que certaines personnes n'ont pas apprécié son livre, il se fâche, parle d'aller donner une bonne leçon à ces gens, parce que le livre de Rosie est fabuleux...! Ce n'est pas crédible, et c'est très agaçant.

Megan Quinn fait autre chose qui m'a énervée. Rosie travaille dans un magazine consacré aux chats. Sa patronne adore les petits félins. Elle est donc automatiquement montrée comme une mémère un peu folle, n'ayant aucun sens de la mesure lorsqu'il s'agit des chats. Quel cliché! Quant à Rosie, elle déteste les chats, et l'un d'entre eux (sir Liks-a-lot, qu'on pourrait traduire par monsieur Lèche-beaucoup), lui livre une guerre sans merci. Cela n'est absolument pas crédible, et l'attitude de Rosie envers le chat et les félins en général est très pénible. Elle ne tente pas de les comprendre, ne voit pas en eux des êtres vivants qui ont un certain comportement que justement, les humains doivent tenter de comprendre pour faire avec. Je ne sais pas si Megan Quinn, à l'instar de Rosie, déteste les chats pour des raisons stupides, ou si elle a souhaité faire rire son lecteur avec ce qui, pour moi, sont des inepties, mais cet aspect du roman m'a énormément déplu. J'ai terminé le livre parce que je cherchais désespérément des améliorations, je souhaitais que la bonne humeur du début revienne...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt et Jeffrey Kafer pour les éditions Hot-Lanta. Certains me diront que le nom de l'éditeur aurait dû me mettre la puce à l'oreille concernant les nombreuses scènes de sexe. Certes, mais je n'avais pas regardé quel était l'éditeur, alors que je le fais très souvent... Il faudra que je le fasse toujours, maintenant. ;-)

J'apprécie toujours autant le jeu d'Andi Arndt. Ici, si le livre m'a déplu, la comédienne, elle, n'a pas démérité.
Je connaissais très peu Jeffrey Kafer. Son jeu m'a plu. Je n'ai pas fait autant attention que si j'avais aimé le roman, mais je sais que j'entendrai à nouveau ce comédien avec plaisir.

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lundi, 3 décembre 2018

Appelle-moi par ton nom, d'André Aciman.

Appelle-moi par ton nom

L'ouvrage:
Chaque été, les parents d'Elio (le narrateur) accueillent chez eux un jeune universitaire. Celui-ci assiste le père d'Elio, éminent professeur de littérature. L'année des dix-sept ans du narrateur, c'est Oliver (vingt-quatre ans), l'heureux élu. Chacun apprécie très vite Oliver. Quant à Elio, il est tout de suite attiré par lui.

Critique:
Quand jai annoncé à une amie (grande lectrice elle aussi) que je souhaitais lire ce roman, elle a été très étonnée, parce qu'elle était sûre qu'il était mièvre, et ne me plairait donc pas. Certes, le début est assez niais. Les deux personnages principaux jouent au chat et à la souris, Elio interprète les moindres faits et gestes de l'objet de sa flamme, il se consume de désir, se pose des tonnes de questions, se fait des films... Cela ne m'a pas tant exaspérée parce que je me disais qu'il était normal que les premiers émois plongent l'adolescent dans un abîme de questions... et de mièvrerie.

Puis est venue une chose que je n'ai pas comprise. C'est la réaction d'Elio tout de suite après un certain événement. (Ceux qui ont lu le livre sauront de quoi je parle.) Pourquoi cette réaction a-t-elle été si radicale? D'autant que c'est passager puisqu'ensuite, il change d'attitude.
Après cela, au moment des quelques semaines d'été restantes, puis des quelques jours à Rome, les actes des deux personnages principaux m'ont paru logiques, et c'est sûrement là que je les ai le mieux compris et le plus appréciés. Je me disais donc que cette partie me plairait beaucoup. Cependant, je me suis ennuyée lors de la lecture de poèmes dans la librairie. Les personnages rencontrés ne m'ont pas intéressée. Le poète m'a même paru pénible. Certes, sa femme était là pour le tempérer, mais cela n'a pas vraiment pris chez moi.

Après cet été, vient l'inexpliqué. Je n'ai pas compris pourquoi Oliver agit ainsi. Certes, il dit à Elio que c'est dans l'air depuis environ deux ans, mais le narrateur et le lecteur auraient mérité davantage d'explications. D'autant qu'à la fin, Oliver ne semble pas satisfait de ce qu'il a choisi de faire après cet été-là. Il y a peut-être un début d'explication lorsqu'il évoque la réaction de ses parents si ceux-ci avaient su une certaine chose... Il serait logique qu'Oliver ait fini par faire ce qui plairait à ses parents. Il n'empêche que l'explication, ainsi que davantage de détails sur les sentiments du personnage, manquent.

À un moment du livre, l'explication concernant le titre est donnée. Je suis peut-être trop traditionnaliste, ou je ne sais quoi, mais je n'ai pas du tout vu où résidait la volupté dans le fait d'appeler son partenaire par son propre prénom et vice versa pendant l'acte sexuel. D'autre part, je ne pense pas être une prude coincée, mais l'histoire de la pêche n'a éveillé aucun sentiment romantique chez moi. Cela m'a plutôt écoeurée.

Après ces reproches, vous comprendrez pourquoi la mièvrerie du début m'a paru acceptable, voire sympathique, comparée au reste. Pour moi, ce roman est une déception.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gabriel Bismuth-Bienaimé.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Si j'ai bien compris, c'est la voix française d'Elio dans le film tiré de ce roman. Le livre m'a déplu, mais l'interprétation du comédien m'a plu. Lors des passages mièvres, par exemple, le jeu du comédien n'accentue pas cette niaiserie. Cela m'a aidée à ne pas la trouver trop pénible. Dans tout le roman (notamment lorsqu'Oliver annonce la chose qu'il n'explique pas, mais également par la suite), il aurait été très facile de tomber dans le larmoyant. Gabriel Bismuth-Bienaimé ne l'a pas fait. Il n'a en aucun cas été trop sobre, mais il a joué les diverses émotions des personnages sans les exagérer. Son interprétation toujours à propos sauve un peu le livre à mes yeux.

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