mercredi, 13 novembre 2013

L'interprète des maladies, de Jhumpa Lahiri.

L'interprète des maladies

L'ouvrage:
Ce recueil de nouvelles montre des gens dans leur quotidien. Ils sont souvent déchirés entre l'Inde et les États-Unis.

Synopsis des nouvelles:
«Un dérangement provisoire»:
Dans le quartier où vivent Shoba et Shukumar, l'électricité sera coupée tous les soirs pendant une heure pour cause de travaux. Le couple vit une période de marasme. Ce petit désagrément électrique va leur permettre de communiquer.

«Quand monsieur Pirzada venait dîner»:
Lilia raconte une période de sa vie où ses parents accueillaient, certains soirs, un homme. Au départ, ils l'ont invité par solidarité culturelle...

«L'interprète des maladies»:
Monsieur Kapasi est guide touristique. Ce jour-là, il conduit la famille Das. Il les observe...

«Un vrai durwan»:
Boori Ma est concierge dans un immeuble. Elle raconte souvent aux locataires des histoires de sa prétendue splendeur passée.

«Sexy»:
Miranda fréquente un homme marié.

«Madame Sen»:
Le soir, Elliott va chez madame Sen. Elle le garde jusqu'à ce que sa mère puisse venir le chercher. Elle lui parle de son pays.

«Cette maison bénie»:
Sanjiv et Twinkle sont mariés depuis peu. À mesure qu'ils découvrent leur maison, ils trouvent des statues à l'effigie de saints.

«Le traitement de Bibi Haldar»:
Bibi fait des crises. Personne ne trouve ce qu'elle a. De ce fait, personne ne veut l'épouser.

«Le troisième et dernier continent»:
Le héros est indien. Il va vivre aux États-Unis. Il raconte son acclimatation.

Critique:
Jhumpa Lahiri évoque des personnages déchirés entre deux cultures ou bien découvrant une autre culture que la leur, ou se languissant de leur pays, ou enfin, souffrant d'ostracisme. J'ai apprécié sa manière de parler de ces gens ordinaires à travers des thèmes quotidiens.

La première nouvelle m'a beaucoup plu, car l'auteur crée une ambiance étrange. Grâce à cette coupure d'électricité, un couple va parvenir à se parler. En peu de pages, l'auteur décrit leur situation. Si elle est malheureusement banale, elle devient unique ici.

Dans la deuxième nouvelle, j'ai apprécié de voir comment la réalité pouvait être vue de différentes façons. L'héroïne, Lilia, voit bien que ce qu'elle étudie en classe (l'histoire du pays dans lequel elle réside) ne représente qu'une partie de sa culture. Le reste, elle l'apprend à travers l'histoire du mystérieux monsieur Pirzada à qui elle associera toujours les confiseries.

On pourrait rapprocher la quatrième, la sixième, et la huitième nouvelle, car on y trouve des gens mal dans leur peau, qui ne s'adaptent pas, et sont quelque peu rejetés, surtout Bibi et Boori Ma. Ces personnages se débattent dans des problèmes qu'ils n'ont pas la force de résoudre. Madame Sen est victime de son refus de s'adapter. Bibi et Boori Ma sont plutôt victimes de leur entourage. C'est ici que l'auteur s'attache à montrer la bêtise de certains comportements.

J'ai d'abord apprécié le parallèle fait dans «Sexy». Miranda écoute sa collègue raconter les malheurs de sa cousine abandonnée par un mari infidèle, alors qu'elle-même est la maîtresse d'un homme marié. Miranda sait qu'elle est dans une situation délicate qui ne lui apportera que déconvenues, et elle peine à en sortir. Je l'ai parfois trouvée velléitaire.

Je n'ai pas rapproché la septième nouvelle de la première, bien que dans les deux, on voie un couple ayant quelque mal à communiquer. En effet, la ressemblance s'arrête là. Dans «Cette maison bénie», j'ai eu du mal à comprendre Twinkle. Elle représente le personnage déchiré entre deux cultures. Son mari est plus attaché qu'elle à la culture indienne. J'ai quand même eu du mal à comprendre pourquoi ces objets religieux revêtaient une telle importance aux yeux de la jeune femme. Peut-être parce que son mari et elle les découvrent dans leur maison. Peut-être pense-t-elle qu'ils sont comme un cadeau précieux. Elle est d'ailleurs un peu superstitieuse à ce sujet. Mais je n'ai pu m'empêcher de la trouver un peu artificielle.

La dernière nouvelle m'a plu car j'ai aimé cette complicité qui se tisse petit à petit entre le narrateur et sa logeuse. Malgré son caractère pas toujours facile, madame Croft sera la passerelle qui permettra au jeune homme, mais surtout à son épouse, de s'adapter à leur nouveau pays.

Il n'y a que la troisième nouvelle (celle dont le recueil porte le nom) que j'ai moins appréciée. J'ai trouvé que la façon dont elle tournait pouvait faire penser à un mauvais roman à l'eau de rose. Pourquoi l'irascible et inconséquente madame Das intéresse-t-elle tant monsieur Kapasi? Mieux on la connaît, moins on l'apprécie. En effet, je n'aime pas les gens qui s'engluent dans leurs problèmes, deviennent aigris, se plaignent, et ne font rien pour en sortir alors qu'ils le pourraient.

Éditeur: Mercure de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Trouzier pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur qui a une voix très agréable: grave et claire. D'autre part, sa façon de lire me plaît beaucoup: il ne tombe ni dans le monotone ni dans le surjeu.

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vendredi, 9 août 2013

Sept histoires qui reviennent de loin, de Jean-Christophe Rufin.

Sept histoires qui reviennent de loin

L'ouvrage:
Ces sept nouvelles racontent des faits d'apparence ordinaires, mais chacune prend une direction quelque peu inattendue.

Synopsys des nouvelles:
Passion francophone:
Une jeune femme arrive en France, et s'étonne de n'être pas comprise, alors qu'elle parle le français.

Les naufragés:
Un couple voit sa vie bouleversée: la statue de Shiva a été installée dans la crique où ils vont tous les jours.

Le refuge d'El Pietro:
Un homme raconte son expédition en montagne avec sa famille.

La nuit de garde:
Un interne doit venir constater le décès d'un patient.

Les fiancés de Lourenço Marquès:
Un homme parle de ses fiançailles et de leurs suites.

Garde-robe:
Un homme explique pourquoi il fait de «l'humanitaire».

Train de vie:
Dans un train, une jeune femme s'inquiète: elle doit absolument arriver à l'heure... Pourtant, le train aura du retard.

Critique:
Après avoir été déçue deux fois par Jean-Christophe Rufin, j'avais décidé de ne plus rien lire de lui. Cependant, la lectrice bénévole qui a enregistré ces nouvelles (Sandrine Strobino), me les a conseillées. Je la remercie de m'avoir un peu poussée, car j'ai passé (globalement) un agréable moment.

Le propre des nouvelles, c'est d'avoir une chute. Ici, certaines chutes sont réussies («Train de vie», «Le refuge d'El Pietro»). Dans ces deux nouvelles, la chute est inattendue, et pourtant, quand on la connaît, on se dit qu'elle ne pouvait être autre. Dans «Train de vie», on s'y attend, mais peu avant que l'auteur ne la dévoile.

J'ai trouvé «Garde-robe» plus grave. La fin est très ironique. Elle montre que malgré tout ce qu'auront beau faire les personnes bien intentionnées, le mal peut toujours réapparaître, et parfois, où on ne l'attend pas. Cette nouvelle sonne malheureusement très juste.

J'ai aimé «Les naufragés», même si elle peut paraître extrême. Elle montre l'incapacité qu'ont certains à accepter le changement. Au départ, l'acte de révolte du couple m'a plu et m'a fait rire. Je trouvais bien qu'ils prennent des risques pour sauvegarder leur île telle qu'ils l'aimaient. Ensuite, le lecteur pourrait voir les décisions finales comme radicales... En effet, mais on peut les comprendre.

J'ai apprécié «Passion francophone», parce que pendant un moment, je ne voyais pas trop où allait l'auteur. Cependant, je n'ai pas trop aimé la chute. Je ne sais pas trop quelle chute j'aurais faite, mais je trouve celle de l'auteur trop «facile».

J'ai aimé «Nuit de garde», parce que le narrateur est humble (même si c'est teinté d'agacement), et aussi parce qu'il se montre sensible face à une situation qu'il pourrait considérer en haussant les épaules.

«Les fiancés de Lourenço Marquès» est la nouvelle qui m'a le moins plu. Certains la verront comme très romantique. J'ai trouvé les personnages idiots. Leurs motivations ne sont pas claires... Cette nouvelle ne m'a pas convaincue.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandrine Strobino pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Outre une voix douce et agréable, Sandrine Strobino n'en fait jamais trop (que ce soit dans l'interprétation ou la sobriété). De plus, elle ne lit pas trop lentement.

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lundi, 10 décembre 2012

Chinook, de Pete Fromm.

Chinook

L'ouvrage:
Les seize nouvelles de ce recueil dépeignent des personnages dans diverses situations. Ils s'aiment, se comprennent parfois mal, agissent sur un coup de tête, souhaitent le meilleur pour ceux qu'ils aiment.

Critique:
Le point commun de ces nouvelles est la nature. Elle joue un rôle plus ou moins important dans chacune, mais elle est toujours présente. L'homme communie parfois avec elle, mais d'autres fois, elle se déchaîne («Dérapage»), le trahit («Ormes»).

Certaines nouvelles m'ont plu parce que leur fin m'a paru inattendue. Ce sont de petites tranches de vie, et on imagine bien les personnages continuer leur chemin. C'est le cas de «Source», de «Sauvetage», de «Ormes». On voit une ligne toute tracée, et l'auteur bifurque, montrant autre chose, ce qui donne des situations et des personnages exempts de clichés.
D'autres m'ont plu au point que j'aurais aimé qu'elles soient plus longues, comme «Concentré». En outre, dans cette nouvelle, on piétine, rien n'est réglé... On ne peut qu'imaginer une suite pessimiste, alors que ces personnages mériteraient autre chose. J'ai également été un peu frustrée par la fin de la première nouvelle, de «Casques», et de «Chinook». En effet, beaucoup de ces historiettes mériteraient d'être davantage développées. Elles sont bien écrites, campent des personnages attachants, décrivent des situations intéressantes. D'autre part, certaines chutes m'ont paru un peu faciles.
Certaines nouvelles («Pluie sèche», ou «Tue serpents», par exemple), donnent l'impression d'une situation bloquée. Cependant, la fin peut laisser penser qu'un espoir est permis. Entre parenthèses, j'ai beaucoup aimé Joe, le petit garçon de «Pluie sèche».
«Tropic du concert» et «Baby-sitter» sont plus désespérées que la plupart des autres, évoquant des sujets définitifs. Elles recèlent tout de même une note d'espoir, surtout la dernière.

J'ai moins aimé «La plus belle du royaume» et «Bûcheron». Les situations et les personnages m'ont moins touchée. Je les ai moins compris, je n'ai pas vraiment pu me mettre à leur place.
Je n'ai pas pu entrer dans deux d'entre elles: «Armoise et sel» et «Base-ball».

Des portraits attendrissants, des personnages terriblement humains, une écriture célébrant les grands espaces.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je ne sais pas trop comment se prononce «Chinook» en anglais, mais je regrette que la lectrice ait dit «tchaïnouk». J'aurais dit «chinouk».

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jeudi, 22 novembre 2012

Sur une terre étrangère, de Jhumpa Lahiri.

Sur une terre étrangère

Présentation des huit nouvelles:
Dans «Une terre inaccoutumée», un vieil homme vient rendre visite à sa fille. Elle est indienne, et mariée à un américain.
Dans «Enfer et ciel», une jeune femme raconte les relations qu'entretint sa famille, bengali, avec un homme également bengali. La rencontre ayant eu lieu grâce à ce point commun.
Dans «Une chambre ou une autre», un couple se rend à un mariage. L'homme est indien, la femme est américaine.
Dans «Rien que du bien», nous suivons l'évolution de deux jeunes gens dont les parents, indiens, se sont installés aux États-Unis. L'un des jeunes gens est alcoolique.
Dans «Rien à voir avec l'amour», une jeune femme se débat dans une relation compliquée.
Les trois dernières nouvelles présentent trois moments différents de la vie de deux personnages.

Critique:
En général, je préfère les romans aux nouvelles. Cependant, celles-là sont assez longues pour être de petits romans. En outre, Jhumpa Lahiri aborde un thème qu'elle décline de plusieurs façons, toutes pertinentes: le choc des cultures, l'adaptation des uns et des autres à une culture qui n'est pas la sienne, les difficultés des uns et des autre pour concilier leurs origines et le pays dans lequel ils vivent. Elle couple cela avec une très bonne étude de la psychologie des personnages. Si certains réagissent comme ils le font, ce n'est pas seulement parce que leurs parents ou conjoints et eux ne se comprennent pas, n'ayant pas la même culture, c'est aussi une question de personnalité.

Certaines nouvelles se terminent sur de petites notes d'espoir. Par exemple, dans «Une terre inaccoutumée», la jeune femme est quelque peu blessée de l'attitude de son père. Elle-même oscille et a du mal à s'adapter à sa vie sans sa mère, dans un pays qui n'est que son pays d'adoption. Son père semble s'y faire mieux qu'elle, et cela la perturbe. Elle sent également que son fils lui échappe, qu'il sera davantage américain qu'indien, et elle en est peinée. Cependant, le dernier geste de la jeune femme révèle qu'elle sait évoluer, faire la part des choses, et souhaite le bonheur de son père.

Dans «Enfer et ciel», le choc des cultures est abordé de façon encore plus fouillée. La famille de la jeune fille tient à ses racines, ce qui se comprend. Quant à leur ami, il finit par s'éloigner quelque peu, tenant à s'intégrer à son pays d'adoption. Les parents ne parviennent pas à s'adapter, surtout la mère. Mais cela n'aurait pas été ainsi si les personnalités avaient été autres. La mère se serait adaptée si ses frustrations ne l'avaient pas fait courir après une chimère.

«Une chambre ou une autre» décrit un couple qui s'aime, mais qui s'enfonce dans une routine teintée d'incompréhension. C'est quelque peu dû à la différence de cultures, à leurs caractères, mais aussi à une attirance passée de l'un pour une autre femme. L'amour et la complicité transparaissent sous les petites tracasseries et le brin de rancoeur qui se glisse parfois entre eux.

C'est dans «Rien que du bien» que s'illustre le mieux mon affirmation quant au fait que la personnalité joue dans les réactions de chacun. Si Suda s'est rebellée contre ses parents en faisant quelques bêtises, Raoul n'a pas été assez fort moralement pour se reprendre et s'adapter. Tout le monde est un peu fautif dans l'histoire. Raoul est victime de circonstances, de sa faiblesse, mais aussi d'actes et d'incompréhension de la part de son entourage.

«Rien à voir avec l'amour» est davantage centrée sur une analyse psychologique plutôt que sur un choc des cultures. On pourrait penser que l'attitude de Farouk est due à sa culture, mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas une impossibilité à s'adapter, c'est juste que ce personnage est un moins que rien. Dans cette nouvelle, les femmes n'ont pas assez de force morale pour agir convenablement. L'héroïne préfère une solution qui lui permettra d'oublier, mais qui n'est pas vraiment une évolution. Quant à Deirdre, je la trouve plutôt méprisable. Heather n'est pas assez développée pour qu'on ait une opinion très creusée, mais je l'ai trouvée très tranchée, fermée, pleine de préjugés.

Les trois dernière nouvelles sont comme un roman ou le narrateur change sans cesse, matérialisant ainsi l'errance mentale des deux personnages. Les moments racontés sont éloignés les uns des autres, mais les ellipses ne sont pas dérangeantes. L'auteur décrit des moments clés de la vie des personnages tout en analysant leurs réactions, ce qui fait qu'on a l'impression de très bien les connaître. Même lorsqu'on réprouve leur conduite, qu'on se dit qu'il faudrait agir autrement, on comprend leurs motivations.
Je n'ai pas aimé la fin. On peut penser qu'elle va bien aux deux personnages, surtout au garçon, car dans les deux nouvelles précédentes, il est évident qu'il cherche sa place. Cependant, je pense que l'auteur aurait su faire en sorte qu'une autre fin convienne.

Jhumpa Lahiri use d'un style précis, sans fioritures. Elle décrit des problèmes de communication et des personnalités complexes d'une plume très claire.
Les titres des nouvelles sont particulièrement bien choisis, résumant parfaitement l'essentiel du contenu.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 2 avril 2012

Prix Clara 2011, nouvelles d'ado.

Prix Clara 2011

L'ouvrage:
Ce prix fut créé en hommage à Clara, une adolescente de treize ans, qui mourut d'une insuffisance cardiaque à treize ans. Tous les ans, il récompense des auteurs en herbe, des adolescents entre treize et dix-sept ans.

Résumé des sept nouvelles:
Penser, d'Iris Baur:
Étienne est parti combattre au front. La nouvelle est une succession de courts tableaux dans lesquels sont décrits les points de vue d'Étienne, de sa femme, et de ses enfants.

Crescendo, de Clara Boissenin
Aurora est lycéenne. Elle est plutôt effacée. Un jour, elle a l'opportunité d'entrer dans un groupe de musique en tant que chanteuse. Sa vie change: célébrité, nouveaux amis, etc.

Canis lupus, de Tessa Deconchy
Le lecteur assiste à quelques semaines au sein d'une meute de loups. La forêt brûle, la meute est dispersée...

Oxygène, de Manon le Gallo
Le monde manque d'oxygène. L'homme en a trop abusé. Pour être sûr d'en avoir assez pour son enfant, un homme s'engage à oeuvrer pour la cause des clandestins. Ceux-ci veulent abolir les inégalités qui règnent: des personnes haut placées peuvent piller les réserves d'oxygène alors que d'autres en ont à peine pour survivre.

Un vent de liberté, de Paul Lejeune
L'auteur a rassemblé des événements qui marquèrent l'histoire en imaginant au sens propre l'expression «Un vent de liberté».

Le cri d'un beatles, de Marion Pignel
Julie est lycéenne. Dans sa classe, il y a Dorian qui est autiste. La jeune fille aimerait le connaître davantage.

L'oeuvre, de Manon Tanquerel
Dieu et ses anges se réunissent pour déterminer le monde.

Critique:
J'ai d'abord aimé la diversité. On la retrouve souvent dans le prix Clara.

La première nouvelle m'a plu. L'auteur a un style précis et fluide. En peu de mots, elle rend parfaitement la détresse de ces êtres qui ne comprennent pas la cruauté de ce monde. En peu de pages, les personnages sont décrits, on se fait une iddée assez précise d'eux.

J'ai apprécié la deuxième nouvelle, même si certaines choses étaient prévisibles. Le parcours de cette adolescente est intéressant, parce que l'auteur décrit des événements et des sensations qui pourraient arriver à n'importe qui. Il est très facile de s'identifier à Aurora, de se mettre à sa place, de se demander ce qu'on aurait fait. En outre, la jeune fille reste quelque peu lucide.
J'aurais aimé que la fin soit plus détaillée... et il me semble qu'un personnage a été oublié.

J'ai bien aimé «Canis lupus», d'abord parce que cette nouvelle m'a dépaysée. Ensuite, parce que j'aime les animaux, et que je trouve toujours intéressant de lire des histoire les impliquant. D'ailleurs, l'auteur ne se contente pas d'inventer une histoire autour d'une meute de loups: elle parle de leur comportement général. Par exemple, elle évoque quelque peu la hiérarchie. Je ne sais pas jusqu'à quel point elle s'est documentée, mais c'était intéressant.

J'ai beaucoup aimé «Oxygène». Le thème est très bien choisi, et l'auteur a su l'exploiter. Il est évident que si le monde venait à manquer de quelque chose d'essentiel, les choses tourneraient ainsi.
De plus, les trois personnages principaux sauront toucher le lecteur.
Cette nouvelle est, pour moi, la mieux pensée, la plus évoluée du recueil.

Je n'ai vraiment pas aimé «Un vent de liberté». L'auteur part d'une expression (qui a donné son titre à la nouvelle) pour se dire que peut-être, à des moments clés de l'histoire, alors que des hommes étaient libérés d'une oppression, d'une prison, etc, un véritable vent soufflait pour saluer cette libération. Je trouve ça un peu facile. La prochaine fois, il fera «Un vent de folie», comme expression? Je suis déçue que cette nouvelle ait été choisie, alors que beaucoup concourent. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il devait y avoir plus recherché parmi les autres histoires concurrentes.

J'ai bien aimé «Le cri d'un beatles». La narratrice tente de comprendre les autistes. C'est son cheminement que le lecteur suivra. Elle veut comprendre son camarade, et même si elle parvient à certaines choses, elle se rend compte que la tolérance n'est pas seulement une question d'écoute. Elle tente de communiquer avec Dorian, mais ne voit pas toujours ce que cela implique. C'est un personnage positif, car elle est ouverte.
Il va de soi que j'ai bien ri lors de la scène où Dorian rive son clou à Matthieu, même s'il ne le fait pas exprès, et que celui-ci ne s'en rend pas compte.
Je n'ai pas trop compris le titre. Pourquoi l'allusion aux Beatles? À cause du fait que Dorian aime la poésie? Soit, mais pourquoi les Beatles?

Je n'ai pas trop aimé «L'oeuvre», mais pas parce que je trouvais qu'on se moquait de moi (ce qui est le cas pour «Un vent de liberté»). C'est seulement le thème que je trouve un peu trop utilisé. On me dira que les thèmes de toutes ces nouvelles sont plus ou moins connus et utilisés, mais les auteurs ont su y apporter une touche personnelle. J'ai trouvé «L'oeuvre» très convenue.

Éditeur: Héloïse d'Ormesson.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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