Ne t'enfuis plus

L'ouvrage:
Ce jour-là, Simon Green est dans un parc. Il écoute une chanteuse des rues. Cette jeune femme est sa fille, Paige, vingt-et-un ans. Elle a quitté le domicile familial parce qu'elle était devenue dépendante à la drogue. Simon l'a retrouvée, car il veut tenter de la convaincre de suivre une cure de désintoxication.

Critique:
Ce livre m'a globalement plu. J'ai apprécié la manière dont était menée l'intrigue: sans temps morts. J'ai aussi apprécié les personnages que l'auteur veut rendre sympathiques: Simon et sa famille, Cornélius... La famille Green connaît d'importants déboires. Par deux fois, Simon est confronté à un choix concernant Cornélius. J'ai eu peur qu'il pense qu'avec toutes les souffrances qu'il avait connues, il pouvait se permettre de ne pas être loyal. Heureusement, cela n'a pas été le cas. Cela m'a plu.
Tout au long du roman, j'ai compris les décisions de Simon. À la toute fin, j'ai aussi compris son hésitation. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, à sa place. J'imagine que j'aurais voulu que la personne sache la vérité, mais cela ne lui aurait apporté que de la tristesse. Alors, peut-être aurais-je fait ce que Simon se décide, avec réticence au début, à faire.

Parmi les personnages secondaires, j'ai beaucoup aimé Esther, l'avocate. C'est un personnage haut en couleur, et elle a raison d'avoir confiance en elle: ce qu'elle dit s'avère exact. Je trouve dommage qu'on ne l'ait pas vue davantage.

Comme dans un autre roman d'Harlan Coben, les choses se terminent avec une question dérangeante. Ici, c'est: est-il normal qu'un meurtre reste impuni? Certes, nous avons un tas d'arguments en faveur du bourreau et en défaveur de la victime, et je sais que si la chose se présentait concernant des êtres qui me sont proches, je garderais sûrement le silence vis-à-vis des autorités, mais cet aspect trouble du roman reste dérangeant.

Très souvent, on dit qu'il ne faut pas se fier aux apparences. On le sait, on tente de se prémunir contre des conclusions hâtives... et un jour, on lit «Ne t'enfuis plus». Ce qui arrive dans les premiers chapitres est, à mon sens, une parfaite illustration de cela. Moi qui râle souvent après Harlan Coben, je dois dire qu'ici, il a très bien joué.

J'ai quand même un petit reproche à adresser à ce roman. Je trouve que DD et Ash ressemblent trop à Ken et Barbie, des tueurs que l'auteur a fini par exterminer, à mon grand plaisir. J'ai donc été déçue de voir une pâle copie de ces deux parasites dans ce roman. Bien sûr, il fallait bien qu'ils soient là, car outre leurs macabres missions, ils ont un rapport avec la solution de l'énigme, mais j'espère ne plus rencontrer ce genre de personnages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Ferrette pour les éditions Lizzie.

Je connais peu ce comédien. J'avais apprécié son travail dans «Le sourire des femmes». Ici, je ne lui reprocherai que son accent anglophone pour certains noms propres, comme Green, par exemple. À part cela, j'ai beaucoup apprécié son interprétation: il joue les sentiments des personnages sans monotonie ni exagération. Il modifie parfois sa voix, mais c'est à bon escient. Par exemple, il le fait un peu pour Esther, ce qui accentue le côté cocasse du personnage. Il le fait aussi pour Luther, ce qui renforce l'idée qu'on se fait de celui-ci.

Pour information, la structure du livre n'est pas totalement respectée. Quelques chapitres sont coupés en deux pistes.

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