Ne t'éloigne pas

L'ouvrage:
Il y a dix-sept ans, Stuart Green a disparu. Touché par le désespoir de l'épouse de Stuart, et intrigué par cette disparition, le lieutenant Broome continue de mener l'enquête.

Ray Levin est photographe.
Ce soir-là, il est agressé. On ne lui vole que son appareil photo. Surpris qu'on lui ait laissé son portefeuille, il finit par comprendre ce que voulait son agresseur.

Megan est une respectable mère de famille. Elle aime son mari et ses deux enfants. Cependant, certains éléments de son ancienne vie lui manquent. C'est alors que Lauren (un personnage de cette ancienne vie), la contacte, et lui dit qu'il lui semble avoir vu quelqu'un que Megan croyait mort.

Critique:
Si Harlan Coben a écrit certains romans qui m'ont moins plu, j'ai aimé «Ne t'éloigne pas». Je pense que l'auteur a compris que l'une de ses forces, c'est de décrire des personnages profondément humains. En effet, à lire leur histoire, leurs sentiments, leurs sensations, on ne peut que les comprendre. Sûrement pas tous, certes. Par exemple, celui qui sacrifie tout au nom de son fils, qui n'hésite pas à faire torturer et tuer, et qui a du mal à se remettre en question quant à ses actes passés, on aura du mal à le prendre en pitié. Cependant, on comprendra comment il en est arrivé là.
Bien sûr, on ne trouvera aucune excuse au couple de tortionnaires. Eux n'hésitent pas à s'en trouver, ce qui les rend encore plus détestables.
Quant aux autres, je ne peux trop rien dire, mais chacun parlera au lecteur.
D'autre part, le romancier expose bien les relations houleuses de parents avec leurs enfants adolescents. Ça sent le vécu. ;-)

Harlan Coben utilise une façon de faire qui lui est propre: un événement ancien impliquant plusieurs personnes continue de hanter ces personnes. Un événement pendant lequel certains protagonistes ont agi dans la hâte et la peur. Malgré cette récurrence, l'auteur a introduit des éléments qui font que cet événement, s'il est un tournant pour certains, n'est pas la seule chose que l'on cherche.
De plus, il ne fait pas trop traîner les choses avant de dévoiler les liens entre tel et tel personnage. Il commence bien par montrer chacun ayant sa vie, mais il les rassemble vite. Le livre ne traîne pas. L'auteur retarde bien un peu certaines révélations, mais cela passe bien.
En outre, Harlan Coben apprend certaines choses au lecteur avant que les personnages ne les sachent. Cela fait que le lecteur a l'impression d'avancer: il ne piétine pas, n'attend pas de tout apprendre.
Il y a une chose que j'aurais voulu voir tourner autrement, mais cela n'aurait pas été possible. Si l'auteur avait fait cela, il aurait «détruit» trop d'autres choses. Je regrette quand même qu'il ait agencé son histoire au point de rendre impossible ce que je voulais.

L'écrivain utilise une ficelle que ses pairs ont galvaudée. Je pensais d'ailleurs qu'il s'engouffrerait dans la facilité, mais non. Il présente certains faits d'un certain point de vue, et explique bien que ces faits sont impossibles. Le lecteur, à l'instar d'un personnage (qui ne se l'avoue pas clairement), ne peut s'empêcher de se demander si cela ne serait finalement pas possible... et l'auteur fait en sorte que la solution ne soit ni grandiloquente ni invraisemblable.

J'aime bien la résolution de l'énigme. Elle est atypique chez ce genre d'auteurs, car les pensées du lecteur ne seront pas politiquement correctes, après cette découverte.
Quant au nom de la personne coupable, je l'ai deviné très peu de temps avant que l'auteur ne le dévoile.

D'habitude, je ne lis pas les remerciements, surtout quand ils se résument à une liste de noms. Ici, après avoir zappé l'inévitable liste, j'ai écouté la suite. L'auteur a remercié certaines personnes qui ont fait des dons à des associations caritatives afin que leurs noms apparaissent dans ce roman. Je trouve que proposer cela est une bonne initiative de la part de l'auteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller pour les éditions VDB.
Quelle joie pour moi de retrouver ces deux comédiens très talentueux!
Hervé Lavigne, parvient à merveille à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela semble joué.
Quant à Isabelle Miller, elle a surtout modifié sa voix pour le personnage de Lauren. Je pense qu'elle a eu raison. La voix un peu grave et un brin gouailleuse qu'elle prend va très bien à Lauren. De ce fait, il m'a été plus facile de l'imaginer.

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