Miroir de nos peines

L'ouvrage:
Paris, avril 1940.
Louise Belmont, trente ans, est institutrice. Le samedi, elle travaille comme serveuse à la Petite Bohême. Un jour, un client, qui est un habitué du restaurant depuis longtemps, lui adresse une requête incongrue.

Critique:
Ce roman achève la trilogie commencée avec «Au revoir là-haut». Il m'a plu, même si j'ai eu du mal à me faire au fait qu'on ne suit pas uniquement Louise. En effet, j'ai mis beaucoup de temps à m'attacher à Raoul et Gabriel. Quant à Désiré Migaud, il m'a d'abord fait rire. Je lui en ai donc moins voulu de prendre, au détour de chapitres, la place que je souhaitais occupée par Louise.

La jeune femme est très attachante. On découvre d'abord la routine de sa vie, puis son rêve brisé (ce qui montre des bribes de son passé), puis sa quête. Il m'a plu de la découvrir au travers de ses réactions à tel ou tel événement, puis de la suivre sur les routes... Comme le subodore Pierre Lemaitre dans l'entretien qu'il a accordé à Valérie Lévy-Soussan, et qui est en fin d'ouvrage, j'avais oublié la petite Louise qui fait une apparition dans «Au revoir là-haut». Je savais qu'elle serait l'héroïne de ce tome 3, car l'auteur l'avait dit dans un autre entretien accordé à Audiolib. J'ai accueilli avec satisfaction les petits clins d'oeil à «Au revoir là-haut» qui sont faits à travers les pensées de Louise.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'il souhaitait que Désiré soit apprécié parce qu'il est à la fois cocasse et providentiel. En effet, si au début, on peut imaginer que Désiré est un escroc, on change rapidement d'avis. J'ai mis un moment à comprendre pourquoi il agissait comme il le faisait, et cela m'agaçait un peu, mais force m'était de reconnaître qu'il profitait de sa «position» pour faire de bonnes choses. Celles qui m'ont paru discutables m'ont fait rire. Je sais qu'à l'époque, cela n'était pas amusant, mais ici, entre ce qui est dit et la manière dont cela l'est, le rire prend le pas sur le reste.
Par la suite, le lecteur n'aura pas d'autres solutions que de s'attacher à ce personnage...

Quant à Raoul et Gabriel, j'ai eu davantage de mal à m'attacher à eux parce que Raoul a commencé par me déplaire. L'auteur le réhabilite, ensuite. Certains côtés de son histoire m'ont attendrie, ainsi que le fait qu'il finisse par montrer d'autres facettes de sa personnalité. Cependant, je n'ai pas pu l'apprécier tout à fait.

Pierre Lemaitre a parfaitement recréé l'ambiance de l'époque. Son récit fait qu'on s'imagine très bien comment se passent les choses, et ce que ressentent les protagonistes.

Il est un personnage auquel je me suis très vite attachée, et dont l'auteur ne parle pas dans l'entretien. Il s'agit de monsieur Jules. On sent rapidement que cet homme un peu bourru est un «gentil». À son sujet, je pense que j'aurais dû deviner quelque chose qui, après que je l'ai su, m'a semblé tomber sous le sens. Je suis contente de n'avoir pas trouvé ce pan de son passé avant que l'auteur ne le dévoile.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Dans l'entretien en fin d'ouvrage, Pierre Lemaitre explique qu'il a envie de faire partager au lecteur ce qu'il raconte, et qu'il pense que celui-ci le ressent. En tant qu'auditrice, je confirme ses dires. Comme pour les deux précédents romans de la trilogie, l'interprétation de l'auteur est vivante, on ne sent pas qu'il est en train de lire, on pense plutôt (comme il le dit lui-même) qu'il conte.
Dans l'entretien, il évoque ses projets d'écriture. Il est dit à demi-mots que c'est lui qui interprétera la version audio. Je m'en réjouis d'avance!!!

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