La septième vague

Voir la chronique du tome 1.

L'ouvrage:
En partant à Boston, Leo a désactivé son adresse e-mail. Mais Emmi écrit de temps en temps. Au bout de dix mois, Leo revient, et leur correspondance reprend.

Critique:
Il n'est pas aisé d'écrire une suite à un roman. Pourtant, «Quand souffle le vent du Nord» laissait le lecteur déconcerté. Certes, tout aurait pu se terminer ainsi, mais connaissant Emmi et Leo, cela ne pouvait durer.
En outre, la fin du tome 1 laissait à penser que nos deux héros ne parviendraient pas à franchir un certain cap. J'ai donc eu peur qu'ils ne fassent qu'avancer et reculer dans «La septième vague». Ils le font un peu, mais l'auteur ne s'amuse pas à faire une pâle copie du tome 1, ce qui n'engendrerait que lenteurs et ennui. La situation change.

Cette suite m'a plu. D'abord, Emmi m'a moins agacée que dans le tome 1. Il faudrait que je le relise, car je n'arrive pas à savoir si cet agacement tenait au caractère d'Emmi ou au fait que je n'apprécie pas la lectrice qui l'a interprétée. Dans le tome 2, elle se montre parfois retorse, mais Leo n'est pas en reste. Les rôles sont un peu mieux partagés. Leo n'est pas aussi sage que dans le tome 1. Il montre davantage ses peurs, ses doutes.

No héros ne pouvaient revenir sans leur humour incisif, leurs conversations parfois compliquées, leurs questions à choix multiples, leur verve, l'analyse de l'un par l'autre, leur romantisme. Pour ce qui est de tout cela, je n'ai pas été déçue. J'ai tout retrouvé. L'auteur a su les faire revivre.

Certains seront peut-être agacés par cette espèce de huis clos que nous partageons avec les deux protagonistes. Cela m'a beaucoup plu. D'abord parce que j'ai retrouvé l'ambiance du tome 1, mais aussi parce que c'est tout à fait ainsi que se comportent des amoureux virtuels. Daniel Glattauer a fait une chose qu'on pourrait lui reprocher. Il trouve le moyen de remettre le message que Bernhardt a adressé à Leo dans le tome 1. Ça peut être vu comme une lenteur, puisque le lecteur le connaît déjà. Cependant, si on lit «La septième vague» plusieurs mois après «Quand souffle le vent du Nord», il n'est pas mauvais que l'auteur nous remémore la teneur du message de Bernhardt. En outre, le message n'est pas si long.

La fin me convient. Elle est telle que je la souhaitais. Pourtant, l'auteur a quand même su me surprendre. En effet, je m'attendais à une autre fin tout en désirant celle qu'a choisie l'auteur.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Ma petite déception de ne pas retrouver Jean-Marc Delhausse (puisque ce livre n'est pas sorti en audio dans le commerce), a été atténuée par le fait que j'aime beaucoup la lecture de Jean-Yves Fournier. Il ne tente jamais d'en faire trop, mais n'est pas monotone. D'autre part, même si j'aurais aimé que le rôle d'Emmi soit interprété par une femme, je préfère nettement le jeu de ce lecteur bénévole au surjeu de la comédienne Nathalie Hugo qui interpréta Emmi dans le tome 1.

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