Romans et documentaires humoristiques

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lundi, 28 août 2017

The antiques, de Kris d'Agostino.

The antiques

L'ouvrage:
Après la mort de George Westfall, ses deux aînés (Josef et Charlie) reviennent dans la maison de leur enfance. La famille se retrouve pendant quelques jours. Cela sera l'occasion pour ses membres de se dire certaines vérités, de prendre des risques stupides, et surtout, de rire ensemble.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Kris d'Agostino parvient à se moquer de ses personnages, à en montrer les pires côtés, tout en les rendant attachants.
Josef est tellement obsédé par le sexe qu'il se rend compte qu'il est malade, et suit une thérapie de son plein gré. En général, les gens comme lui (tant dans la vie que dans les romans) m'agacent très vite. Ici, j'ai plutôt ri. Complètement accro, mais pas méchant, Josef éveille la compassion. Il se raccroche à l'espoir qu'il peut guérir. Il est bien le seul à y croire. Son obsession donne lieu à des situations amusantes, comme les échanges de textos entre Nora et lui. Parfois, il pense qu'il va revenir dans le droit chemin, et cinq secondes plus tard, il pense à n'importe quelle femme nue et à ce qu'il pourrait lui faire.

Armie est la caricature du perdant: son père ne manque aucune occasion de montrer qu'il ne l'aime pas, il ne peut pas subvenir à ses besoins, soupire pour une voisine et n'ose pas le lui dire... Il fera rire et agacera, mais il inspirera aussi la sympathie.

J'ai eu du mal à m'attacher à Charlie. C'est une mère déplorable, et cela fait moins rire que le reste parce qu'elle nuit à son fils. Elle ne cesse de répéter qu'elle l'aime, mais pour elle, cela se résume à dire oui à tout ce qu'il veut. Elle est la caricature du parent qui pense qu'il faut encourager son enfant quoi qu'il fasse. Bien sûr, là encore, il faut rire lorsqu'on voit jusqu'où va Charlie, mais cela ne m'a pas été facile. Comme l'histoire est plutôt une comédie, il n'arrive rien de mal (sauf au début): le petit monstre produit de l'éducation de Charlie ne tue personne, ne fait pas de mal au chien, etc, mais dans la vraie vie, cela ne se passerait pas ainsi.

Ces personnages, ayant des griefs les uns contre les autres, vont se retrouver. Cela donne un résultat explosif. Si les rancoeurs s'expriment, la plupart du temps, les situations sont plutôt cocasses. Par exemple, l'expédition improbable à Albany, ou Josef s'agenouillant devant son frère et le priant d'être son équipier.
Un autre personnage est source de rire. Pourtant, au départ, il était très agaçant. J'ai apprécié que Kris d'Agostino l'ait introduit dans son récit pour créer des situations et des répliques cocasses.

Je suis loin d'avoir dit tout ce qui, pour moi, fait l'intérêt de ce roman. Ses côtés délirants, les directions inattendues qu'il prend alors que tout semble balisé, tout nous indique que rien n'est figé, et que la pire des situations peut parfois se transformer en avantage. Je pense qu'un film adapté de ce roman serait très drôle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.
Amy McFadden avait fort à faire: il fallait rendre le cocasse des situations, modifier sa voix sans exagération pour les hommes et certaines femmes... elle a très bien fait tout cela. Par exemple, elle était obligée de faire une voix particulière à Melody, sinon, il aurait manqué quelque chose au personnage. Au long du roman, il aurait été très facile de tomber dans le surjeu. La comédienne l'a brillamment évité, se glissant habilement dans la peau de tous les personnages, et rendant parfaitement l'ambiance du livre.

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jeudi, 8 juin 2017

Parler ne fait pas cuire le riz, de Cécile Krüg.

Parler ne fait pas cuire le riz

L'ouvrage:
Jeanne n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie. Sa sœur, Justine, lui propose de lui payer un séjour dans un coin retiré du monde où elle pourra se retrouver, se ressourcer... en jeûnant. Jeanne n'est pas enthousiaste, mais finit par se laisser convaincre.

Critique:
À la lecture du résumé, j'ai pensé qu'un livre drôle et léger était exactement ce qu'il me fallait en cette période de fin d'année scolaire. Apparemment, je deviens difficile concernant les livres légers, car celui-là ne m'a pas conquise. Certaines choses se voulaient drôles: je les ai trouvées lourdes. Par exemple, lorsque Jeanne est cachée dans une chambre et reçoit des chaussettes sales sur la figure et tout ce qui arrive avant.
Lorsque la narratrice et Gustave sont en conflit, on est censé rire (de leurs joutes verbales, par exemple)... J'ai aussi trouvé que Jeanne avait des remarques très superficielles, comme si elle avait douze ans, notamment toute la partie sur ses poils épilés au laser.
Peut-être Cécile Krüg a-t-elle moins l'art de la mise en scène que (par exemple) Cassandra O'Donnell...
Je ne terminerai pas cette liste d'exemples sans indiquer ce qui m'a choquée. C'est la scène où Jeanne jette le chat en pâture au chien de la voisine. J'ai bien conscience qu'il se veut cocasse, et en plus, l'auteur fait en sorte que le chat en réchappe, mais cette scène-là n'est pas passée.

Je comprends que Jeanne soit dans l'auto-dénigrement, et que, de ce fait, elle choisisse le pire pour elle-même, mais j'ai eu du mal à comprendre comment elle pouvait être aux pieds de Maxime... Le roman nous montre l'évolution de l'héroïne: elle découvre certaines choses quant à sa manière de fonctionner. Je sais que lorsqu'on s'obstine à être dans l'erreur à propos de soi-même, il faut une véritable remise en question pour voir les failles. L'attitude de Jeanne est donc bien expliquée. J'ai beau le savoir, je trouve que Maxime était trop caricatural. On me dira que des salauds pareils et des femmes assez désespérées pour être accro à eux, ça existe... Soit, mais alors, il aurait peut-être fallu que la sœur de Jeanne (soi-disant de son côté) la soutienne davantage au lieu de gober tout rond les âneries débitées par leur mère (qui, en plus, fait exprès de ne rien comprendre). L'auteur n'est pas dans l'erreur quant à ces comportements, mais peut-être a-t-elle trop mêlé le très sérieux au très léger...

J'ai trouvé d'autres choses caricaturales, comme ce que disent Myriam et Jean-Pierre sur le jeûne... Je sais que cela fait partie d'une philosophie de vie, mais ils ont l'air d'être illuminés. Je ne donne pas d'autres exemples, mais d'autres choses m'ont paru clichées. D'une manière générale, il m'a semblé que l'auteur en faisait trop.

Certaines choses m'ont quand même fait rire. Par exemple, avant de jeûner, Jeanne doit se préparer. Pour ce faire, elle ne mange que des yaourts et de la soupe. Avant même que ce régime-là ne soit fini, elle a tellement faim qu'elle bave devant des publicités pour croquettes pour chiens. J'ai aussi ri lors du Scrabble de mots inventés, et en quelques autres occasions.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.
Avec cette lecture, Élodie Huber confirme qu'elle peut lire de tout. Je la connaissais surtout dans le policier, le roman psychologique. J'ai beaucoup aimé son interprétation vivante (mais sans surjeu) de ce roman. Je pense que cela n'a pas dû être facile pour elle, et que beaucoup de comédiennes auraient surjoué.
Je regrette que la comédienne (ou le studio, au montage) ait fait certains blancs assez importants (malvenus, à mon avis), par exemple pendant des dialogues...

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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lundi, 22 mai 2017

Dear girls above me, de Charlie McDowell.

Dear girls above me

L'ouvrage:
Charlie entend tout ce que disent et font ses voisines du dessus, Claire et Cathy, un peu plus de la vingtaine. Cela l'agace. Cependant, il ne peut pas y faire grand-chose. Étrangement, elles n'entendent rien de ce qui se passe chez lui: il leur a déjà hurlé de faire moins de bruit, et elles n'ont pas bronché. Ne pouvant les faire taire, il se met à les écouter. Il se désole tant de la stupidité de la plupart de leurs remarques, qu'il a l'idée d'en faire profiter les gens en les publiant sur Twitter et en les commentant.

Critique:
Ce livre serait basé sur une histoire vraie. Charlie McDowell a un blog où sont publiés les commentaires de ses voisines avec ses réponses. Je ne sais pas s'il a inventé ces jeunes filles ou si ce sont réellement ses voisines, mais ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que ce livre m'a plusieurs fois fait éclater de rire. Il y a les remarques de Claire et Cathy, mais également des scènes amusantes. Par exemple, l'inaptitude chronique des deux jeunes femmes à reconnaître Charlie. Pour parler d'une scène drôle en particulier, il y a celle du jeu du texto dans lequel Charlie se laisse entraîner dès sa première visite à ses «chères voisines». Quelqu'un choisit une phrase que le joueur doit envoyer par SMS. Ensuite, le joueur parcourt sa liste de contacts, et s'arrête lorsque la personne qui a choisi la phrase dit «stop». Je vous laisse imaginer ce que cela donne... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire de ce que j'appelle «la guerre de l'eau», du mémorable épisode de la préparation d'un plat en simultané, etc?

L'humour est parfois lourd. Par exemple, le fait que Charlie soit obligé de hurler d'une voix suraiguë pour s'adresser à son chien (Marvin) et l'explication qu'il donne à cela. En audio, c'est quand même drôle, parce que le lecteur est obligé de prendre cette voix suraiguë. Kirby Heyborne s'en tire très bien.
De plus, certaines remarques des filles sont tellement stupides (tout comme leur compréhension des chansons qu'elles écoutent) qu'on a du mal à croire en leur réalisme. C'est contrebalancé par les fous rires qu'elles occasionnent.
Charlie exagère lorsqu'il énonce avec certitude des clichés sur les filles en se basant sur ses voisines, mais juste après, son attitude illustre un cliché sur les hommes, voire un cliché sur les filles. ;-)
Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est: une bonne partie de rire! Je ne pense pas que l'auteur souhaite offenser qui que ce soit, il veut faire rire. D'ailleurs, il se moque beaucoup de lui-même dans ces pages, et nous invite à en faire autant.

Sous le rire, se cache quelque chose de plus grave. Charlie ne s'en aperçoit qu'à la fin, mais entendre les conversations de ses voisines influence son comportement. Il va cesser de stagner, va évoluer, se remettre en question sur certains points...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne pour les éditions Random house audio.
Je pense qu'il vaut mieux écouter ce texte, pas seulement pour la voix suraiguë que doit prendre le lecteur lorsque Charlie s'adresse à Marvin. Parfois, il y a des comiques de répétition qui passent bien mieux en audio, à mon avis. Par exemple, lorsque Charlie explique que les filles ont «the best idea everrrrrr!» toutes les heures. Cela n'a pas dû être simple à lire à voix haute, car il y a d'autres effets, certaines façons de parler... Kirby Heyborne s'en tire très bien. C'est un lecteur que j'apprécie, et je n'ai pas été déçue par sa prestation.

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lundi, 30 janvier 2017

Re-Vive l'empereur!, de Romain Puértolas.

Re-vive l'empereur

L'ouvrage:
Un pêcheur norvégien attrape deux corps pris dans les glaces: celui de Napoléon Bonaparte et de son cheval, le Vizir. Les glaces les ont conservés vivants. La première surprise passée, le pêcheur alerte des experts de Napoléon. L'un d'eux, le professeur Bartoli vient chercher l'empereur pour l'amener en Corse, afin qu'il y prenne sa retraite. Cependant, Napoléon entend parler du terrorisme. Il se dit qu'il est de son devoir d'aider la France à lutter contre ce fléau.

Critique:
Je n'ai pas aimé (je n'ai pas pu le finir) «L'extraordinaire voyage du fakir (...)» et n'ai pas voulu tenter «La petite fille (...)». J'ai voulu essayer ce roman parce que j'aime beaucoup le lecteur qui l'a enregistré, et parce que le style de scénario m'a rappelé «Il est de retour», de Timur Vermes. En effet, on retrouve le décalage: un homme découvre une époque totalement différente de la sienne. Napoléon s'adapte assez bien, et évidemment, certains quiproquos dus à ce décalage font sourire. Par exemple, l'empereur ne comprend pas comment sa Ferrari peut contenir plusieurs chevaux dans son moteur... Il appelle le Coca Light le champagne noir, etc. Ceci n'est qu'une infime partie des drôleries du roman. Certaines choses sont parfois un peu lourdes (comme la répétition d'une espèce de sentence qui veut que les fous ne comprennent pas les blagues), mais cela ne m'a pas trop gênée, car globalement, le livre m'a plu. En outre, le pari n'était pas facile à relever. Cela aurait pu devenir du grand n'importe quoi.

Dans ce roman, l'auteur aborde la question du terrorisme. Thème assez délicat. Pour moi, il s'en tire bien. Il rappelle diverses atrocités humaines commises. Napoléon lui-même se souvient de massacres qu'il perpétra en se disant qu'ils étaient nécessaires au bien commun, et décide d'aborder les choses sous un autre angle, allant plus loin dans le raisonnement, pensant différemment. Chacun appréciera ou non le plan imaginé par notre héros pour débarrasser le monde du terrorisme. S'il paraît gros à certains, il ne faut pas oublier que ce roman est avant tout drôle.
L'auteur montre aussi les différents points de vue de gens qui sont un peu perdus, et ne savent plus à quel saint se vouer, se demandent pour qui ils vont voter, et en viennent à envisager des extrêmes pour que les choses bougent. Je pense que l'auteur évoque assez bien tout cela: les interrogations des gens, les différentes façons de voir de tous, etc.

On s'attache aux personnages, et on s'identifie facilement à eux.

Je suis contente d'avoir redonné une chance à l'auteur, car ce roman m'a fait rire tout en me faisant réfléchir.

Éditeur: Le Dilettante.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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jeudi, 27 octobre 2016

Comment se débarrasser d'un ado d'appartement, d'Anne de Rancourt.

Comment se débarrasser d'un ado d'appartement

L'ouvrage:
L'ado pénible a plus de vingt ans, il est devenu un adulescent. Il a gardé certains de ses défauts d'ado et larve sur le canapé sans chercher un travail, et donc ne songe pas à déménager. Voici comment s'en débarrasser.

Critique:
Ce petit livre est, comme son prédécesseur, placé sous le signe de l'humour. Là encore, on peut trouver que l'auteur en fait trop, mais ce qu'elle dit est pourtant vrai.

Elle donne donc des conseils pour faire fuir l'adulescent, et le forcer à se prendre en main. Au départ, les conseils sont amusants, car on imagine très bien les scènes, notamment celles où la mère fait honte à son adulescent, qu'il soit seul ou avec des amis. Ensuite, Anne de Rancourt passe à la vitesse supérieure, et tout en reconnaissant qu'elle est une horrible personne, donne des idées aussi insolites que perfides, idées qui ont ravi mon esprit sadique. Il y en a une que j'ai promis à mes élèves de mettre en oeuvre sur eux s'ils continuaient à ne pas être attentifs et à ne mas apprendre leurs leçons: équiper les chaises d'un appareil qui envoie des décharges électriques. Pour donner quelques autres exemples, inverser le chauffage pour qu'il fasse très chaud en été et très froid en hiver dans la chambre de l'adulescent, profiter d'une absence prolongée de l'adulescent pour déménager, etc.

Un passage est un peu plus sérieux (tout en restant amusant): celui où elle explique la différence entre les générations. Elle dit entre autres qu'avant, c'était plus sévère, mais peut-être mieux. En effet, il est plus difficile, à notre époque, de trouver un travail, mais encore faut-il le chercher. Pour dédramatiser un peu (c'est le but de ce petit livre, comme c'était celui du précédent), Anne de Rancourt imagine des emplois à proposer aux jeunes. Exemples: hurleur dans les oreilles: «Il faut chercher un travail!», dresseur de couvert, faiseur de courses (en ne pensant pas uniquement à soi), etc.

L'auteur n'oublie pas d'évoquer ce qui arrive lorsque l'adulescent se décide à quitter le nid. Là encore, c'est criant de vérité et de drôlerie.

Comme dans le livre précédent, il y a, çà et là, des citations amusantes d'adolescents. À la fin, il y a des témoignages, puis des conseils d'adulescents pour calmer les parents qui répètent toujours qu'il faut chercher du travail.

Remarque annexe:
J'aime beaucoup la conversation entre geeks.

Éditeur: J'ai lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clélia Strambo pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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