Romans et documentaires humoristiques

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 8 juin 2017

Parler ne fait pas cuire le riz, de Cécile Krüg.

Parler ne fait pas cuire le riz

L'ouvrage:
Jeanne n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie. Sa sœur, Justine, lui propose de lui payer un séjour dans un coin retiré du monde où elle pourra se retrouver, se ressourcer... en jeûnant. Jeanne n'est pas enthousiaste, mais finit par se laisser convaincre.

Critique:
À la lecture du résumé, j'ai pensé qu'un livre drôle et léger était exactement ce qu'il me fallait en cette période de fin d'année scolaire. Apparemment, je deviens difficile concernant les livres légers, car celui-là ne m'a pas conquise. Certaines choses se voulaient drôles: je les ai trouvées lourdes. Par exemple, lorsque Jeanne est cachée dans une chambre et reçoit des chaussettes sales sur la figure et tout ce qui arrive avant.
Lorsque la narratrice et Gustave sont en conflit, on est censé rire (de leurs joutes verbales, par exemple)... J'ai aussi trouvé que Jeanne avait des remarques très superficielles, comme si elle avait douze ans, notamment toute la partie sur ses poils épilés au laser.
Peut-être Cécile Krüg a-t-elle moins l'art de la mise en scène que (par exemple) Cassandra O'Donnell...
Je ne terminerai pas cette liste d'exemples sans indiquer ce qui m'a choquée. C'est la scène où Jeanne jette le chat en pâture au chien de la voisine. J'ai bien conscience qu'il se veut cocasse, et en plus, l'auteur fait en sorte que le chat en réchappe, mais cette scène-là n'est pas passée.

Je comprends que Jeanne soit dans l'auto-dénigrement, et que, de ce fait, elle choisisse le pire pour elle-même, mais j'ai eu du mal à comprendre comment elle pouvait être aux pieds de Maxime... Le roman nous montre l'évolution de l'héroïne: elle découvre certaines choses quant à sa manière de fonctionner. Je sais que lorsqu'on s'obstine à être dans l'erreur à propos de soi-même, il faut une véritable remise en question pour voir les failles. L'attitude de Jeanne est donc bien expliquée. J'ai beau le savoir, je trouve que Maxime était trop caricatural. On me dira que des salauds pareils et des femmes assez désespérées pour être accro à eux, ça existe... Soit, mais alors, il aurait peut-être fallu que la sœur de Jeanne (soi-disant de son côté) la soutienne davantage au lieu de gober tout rond les âneries débitées par leur mère (qui, en plus, fait exprès de ne rien comprendre). L'auteur n'est pas dans l'erreur quant à ces comportements, mais peut-être a-t-elle trop mêlé le très sérieux au très léger...

J'ai trouvé d'autres choses caricaturales, comme ce que disent Myriam et Jean-Pierre sur le jeûne... Je sais que cela fait partie d'une philosophie de vie, mais ils ont l'air d'être illuminés. Je ne donne pas d'autres exemples, mais d'autres choses m'ont paru clichées. D'une manière générale, il m'a semblé que l'auteur en faisait trop.

Certaines choses m'ont quand même fait rire. Par exemple, avant de jeûner, Jeanne doit se préparer. Pour ce faire, elle ne mange que des yaourts et de la soupe. Avant même que ce régime-là ne soit fini, elle a tellement faim qu'elle bave devant des publicités pour croquettes pour chiens. J'ai aussi ri lors du Scrabble de mots inventés, et en quelques autres occasions.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.
Avec cette lecture, Élodie Huber confirme qu'elle peut lire de tout. Je la connaissais surtout dans le policier, le roman psychologique. J'ai beaucoup aimé son interprétation vivante (mais sans surjeu) de ce roman. Je pense que cela n'a pas dû être facile pour elle, et que beaucoup de comédiennes auraient surjoué.
Je regrette que la comédienne (ou le studio, au montage) ait fait certains blancs assez importants (malvenus, à mon avis), par exemple pendant des dialogues...

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Acheter « Parler ne fait pas cuire le riz » en téléchargement audio sur Amazon
Acheter « Parler ne fait pas cuire le riz » sur Amazon

Partage

210 lectures

lundi, 22 mai 2017

Dear girls above me, de Charlie McDowell.

Dear girls above me

L'ouvrage:
Charlie entend tout ce que disent et font ses voisines du dessus, Claire et Cathy, un peu plus de la vingtaine. Cela l'agace. Cependant, il ne peut pas y faire grand-chose. Étrangement, elles n'entendent rien de ce qui se passe chez lui: il leur a déjà hurlé de faire moins de bruit, et elles n'ont pas bronché. Ne pouvant les faire taire, il se met à les écouter. Il se désole tant de la stupidité de la plupart de leurs remarques, qu'il a l'idée d'en faire profiter les gens en les publiant sur Twitter et en les commentant.

Critique:
Ce livre serait basé sur une histoire vraie. Charlie McDowell a un blog où sont publiés les commentaires de ses voisines avec ses réponses. Je ne sais pas s'il a inventé ces jeunes filles ou si ce sont réellement ses voisines, mais ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que ce livre m'a plusieurs fois fait éclater de rire. Il y a les remarques de Claire et Cathy, mais également des scènes amusantes. Par exemple, l'inaptitude chronique des deux jeunes femmes à reconnaître Charlie. Pour parler d'une scène drôle en particulier, il y a celle du jeu du texto dans lequel Charlie se laisse entraîner dès sa première visite à ses «chères voisines». Quelqu'un choisit une phrase que le joueur doit envoyer par SMS. Ensuite, le joueur parcourt sa liste de contacts, et s'arrête lorsque la personne qui a choisi la phrase dit «stop». Je vous laisse imaginer ce que cela donne... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire de ce que j'appelle «la guerre de l'eau», du mémorable épisode de la préparation d'un plat en simultané, etc?

L'humour est parfois lourd. Par exemple, le fait que Charlie soit obligé de hurler d'une voix suraiguë pour s'adresser à son chien (Marvin) et l'explication qu'il donne à cela. En audio, c'est quand même drôle, parce que le lecteur est obligé de prendre cette voix suraiguë. Kirby Heyborne s'en tire très bien.
De plus, certaines remarques des filles sont tellement stupides (tout comme leur compréhension des chansons qu'elles écoutent) qu'on a du mal à croire en leur réalisme. C'est contrebalancé par les fous rires qu'elles occasionnent.
Charlie exagère lorsqu'il énonce avec certitude des clichés sur les filles en se basant sur ses voisines, mais juste après, son attitude illustre un cliché sur les hommes, voire un cliché sur les filles. ;-)
Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est: une bonne partie de rire! Je ne pense pas que l'auteur souhaite offenser qui que ce soit, il veut faire rire. D'ailleurs, il se moque beaucoup de lui-même dans ces pages, et nous invite à en faire autant.

Sous le rire, se cache quelque chose de plus grave. Charlie ne s'en aperçoit qu'à la fin, mais entendre les conversations de ses voisines influence son comportement. Il va cesser de stagner, va évoluer, se remettre en question sur certains points...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne pour les éditions Random house audio.
Je pense qu'il vaut mieux écouter ce texte, pas seulement pour la voix suraiguë que doit prendre le lecteur lorsque Charlie s'adresse à Marvin. Parfois, il y a des comiques de répétition qui passent bien mieux en audio, à mon avis. Par exemple, lorsque Charlie explique que les filles ont «the best idea everrrrrr!» toutes les heures. Cela n'a pas dû être simple à lire à voix haute, car il y a d'autres effets, certaines façons de parler... Kirby Heyborne s'en tire très bien. C'est un lecteur que j'apprécie, et je n'ai pas été déçue par sa prestation.

Partage

163 lectures

lundi, 30 janvier 2017

Re-Vive l'empereur!, de Romain Puértolas.

Re-vive l'empereur

L'ouvrage:
Un pêcheur norvégien attrape deux corps pris dans les glaces: celui de Napoléon Bonaparte et de son cheval, le Vizir. Les glaces les ont conservés vivants. La première surprise passée, le pêcheur alerte des experts de Napoléon. L'un d'eux, le professeur Bartoli vient chercher l'empereur pour l'amener en Corse, afin qu'il y prenne sa retraite. Cependant, Napoléon entend parler du terrorisme. Il se dit qu'il est de son devoir d'aider la France à lutter contre ce fléau.

Critique:
Je n'ai pas aimé (je n'ai pas pu le finir) «L'extraordinaire voyage du fakir (...)» et n'ai pas voulu tenter «La petite fille (...)». J'ai voulu essayer ce roman parce que j'aime beaucoup le lecteur qui l'a enregistré, et parce que le style de scénario m'a rappelé «Il est de retour», de Timur Vermes. En effet, on retrouve le décalage: un homme découvre une époque totalement différente de la sienne. Napoléon s'adapte assez bien, et évidemment, certains quiproquos dus à ce décalage font sourire. Par exemple, l'empereur ne comprend pas comment sa Ferrari peut contenir plusieurs chevaux dans son moteur... Il appelle le Coca Light le champagne noir, etc. Ceci n'est qu'une infime partie des drôleries du roman. Certaines choses sont parfois un peu lourdes (comme la répétition d'une espèce de sentence qui veut que les fous ne comprennent pas les blagues), mais cela ne m'a pas trop gênée, car globalement, le livre m'a plu. En outre, le pari n'était pas facile à relever. Cela aurait pu devenir du grand n'importe quoi.

Dans ce roman, l'auteur aborde la question du terrorisme. Thème assez délicat. Pour moi, il s'en tire bien. Il rappelle diverses atrocités humaines commises. Napoléon lui-même se souvient de massacres qu'il perpétra en se disant qu'ils étaient nécessaires au bien commun, et décide d'aborder les choses sous un autre angle, allant plus loin dans le raisonnement, pensant différemment. Chacun appréciera ou non le plan imaginé par notre héros pour débarrasser le monde du terrorisme. S'il paraît gros à certains, il ne faut pas oublier que ce roman est avant tout drôle.
L'auteur montre aussi les différents points de vue de gens qui sont un peu perdus, et ne savent plus à quel saint se vouer, se demandent pour qui ils vont voter, et en viennent à envisager des extrêmes pour que les choses bougent. Je pense que l'auteur évoque assez bien tout cela: les interrogations des gens, les différentes façons de voir de tous, etc.

On s'attache aux personnages, et on s'identifie facilement à eux.

Je suis contente d'avoir redonné une chance à l'auteur, car ce roman m'a fait rire tout en me faisant réfléchir.

Éditeur: Le Dilettante.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Acheter « Re-vive l'empereur » sur Amazon

Partage

288 lectures

jeudi, 27 octobre 2016

Comment se débarrasser d'un ado d'appartement, d'Anne de Rancourt.

Comment se débarrasser d'un ado d'appartement

L'ouvrage:
L'ado pénible a plus de vingt ans, il est devenu un adulescent. Il a gardé certains de ses défauts d'ado et larve sur le canapé sans chercher un travail, et donc ne songe pas à déménager. Voici comment s'en débarrasser.

Critique:
Ce petit livre est, comme son prédécesseur, placé sous le signe de l'humour. Là encore, on peut trouver que l'auteur en fait trop, mais ce qu'elle dit est pourtant vrai.

Elle donne donc des conseils pour faire fuir l'adulescent, et le forcer à se prendre en main. Au départ, les conseils sont amusants, car on imagine très bien les scènes, notamment celles où la mère fait honte à son adulescent, qu'il soit seul ou avec des amis. Ensuite, Anne de Rancourt passe à la vitesse supérieure, et tout en reconnaissant qu'elle est une horrible personne, donne des idées aussi insolites que perfides, idées qui ont ravi mon esprit sadique. Il y en a une que j'ai promis à mes élèves de mettre en oeuvre sur eux s'ils continuaient à ne pas être attentifs et à ne mas apprendre leurs leçons: équiper les chaises d'un appareil qui envoie des décharges électriques. Pour donner quelques autres exemples, inverser le chauffage pour qu'il fasse très chaud en été et très froid en hiver dans la chambre de l'adulescent, profiter d'une absence prolongée de l'adulescent pour déménager, etc.

Un passage est un peu plus sérieux (tout en restant amusant): celui où elle explique la différence entre les générations. Elle dit entre autres qu'avant, c'était plus sévère, mais peut-être mieux. En effet, il est plus difficile, à notre époque, de trouver un travail, mais encore faut-il le chercher. Pour dédramatiser un peu (c'est le but de ce petit livre, comme c'était celui du précédent), Anne de Rancourt imagine des emplois à proposer aux jeunes. Exemples: hurleur dans les oreilles: «Il faut chercher un travail!», dresseur de couvert, faiseur de courses (en ne pensant pas uniquement à soi), etc.

L'auteur n'oublie pas d'évoquer ce qui arrive lorsque l'adulescent se décide à quitter le nid. Là encore, c'est criant de vérité et de drôlerie.

Comme dans le livre précédent, il y a, çà et là, des citations amusantes d'adolescents. À la fin, il y a des témoignages, puis des conseils d'adulescents pour calmer les parents qui répètent toujours qu'il faut chercher du travail.

Remarque annexe:
J'aime beaucoup la conversation entre geeks.

Éditeur: J'ai lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clélia Strambo pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Comment se débarrasser d'un ado d'appartement » sur Amazon

Partage

458 lectures

lundi, 24 octobre 2016

Comment élever un ado d'appartement, d'Anne de Rancourt.

Comment élever un ado d'appartement

L'ouvrage:
Petit guide à l'usage des parents d'ados d'appartement.

Critique:
En général, l'attitude pénible de certains adolescents exaspère leur entourage (hormis les autres adolescents). Rien que pour cela, il est intéressant de lire ce petit ouvrage. En effet, tout les travers des adolescents y sont exposés avec humour. Cela aide beaucoup à dédramatiser! En outre, si les lecteurs reconnaissent leurs enfants dans ce qu'expose Anne de Rancourt, ils se sentiront soudain moins seuls.
Je n'ai pas d'enfants, mais je connais bien l'ado, car je le côtoie très souvent dans mon métier. Je sais donc que ce qu'on trouve dans ce livre est vrai. Par exemple, j'ai déjà eu droit à des remarques de mauvaise foi du genre: «Bah on me comprend, donc pourquoi je me fatiguerais à écrire et à parler comme vous voulez?»

J'ai bien conscience que cet ouvrage peut paraître cliché, car il réunit tous les défauts d'un adolescent. Ce n'est pas grave parce que l'ambition de l'auteur est le rire. Elle y parvient par plusieurs moyens. Son «guide» est rédigé comme un magazine, avec des «le saviez-vous» et des«conseils».
D'autre part, l'adolescent est abordé comme une étrange créature qui tient de l'animal de compagnie et dont il faut comprendre le comportement afin de réagir au mieux. Pour ne donner qu'un exemple, l'auteur nous explique qu'il est possible d'apprendre à l'ado à parler. Les phrases doivent être courtes, souvent répétées, et bien articulées. On parviendra, avec persévérance, à faire dire à l'ado des mots comme «s'il te plaît» ou «bonjour».
L'ouvrage étant placé sous le signe de l'humour, il y a quelques lourdeurs. Par exemple, la récurrence des brocolis. Cependant, je pardonne ces lourdeurs à l'auteur, car son livre est amusant et bien pensé.

J'ai particulièrement aimé qu'Anne de Rancourt égratigne la psychologie de bas étages qui ne cesse de répéter qu'il ne faut pas punir un enfant ou un adolescent.

Chaque chapitre évoque un aspect de l'ado: son comportement, son territoire, ses distractions, sa vie dehors, etc. Le dernier chapitre est consacré à des questions de parents et aux réponses (toujours drôles) apportées par l'auteur.

Remarque annexe:
Il y a un clin d'oeil amusant: les ados qui servent d'exemple dénigrent l'allemand tant qu'ils peuvent. Anne de Rancourt est professeur d'allemand.

Éditeur: J'ai lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claire Philippe pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Comment élever un ado d'appartement » sur Amazon

Partage

421 lectures

- page 1 de 12