Romans et documentaires humoristiques

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jeudi, 3 juin 2021

Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle, de Sophie Henrionnet.

Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle

L'ouvrage:
Olympe est photographe culinaire. Ce matin-là, alors qu'elle se rend à son travail, elle empêche un homme de sauter dans la Seine. En représailles, il l'y pousse. Repêchée par la police fluviale qui était sur place à cause de l'homme sauvé par Olympe, la jeune femme appelle son patron, et ne trouvant aucune grâce à ses yeux, est renvoyée. Elle doit rapidement trouver un nouveau travail...

Critique:
J'ai hésité à tenter ce livre parce que le résumé et certains avis me faisaient craindre qu'il ressemble à «Mother's day out», de Karen MacInerney, livre qui se voulait drôle, et que j'ai détesté. Je l'ai oublié en grande partie, mais je me souviens que je me demandais comment ce qui arrive au chat (par exemple) pouvait faire rire les lecteurs. Heureusement, Sophie Henrionnet a été (du moins pour moi) plus fine que Karen MacInerney, même si certaines de ses ficelles sont grosses.

La situation familiale d'Olympe est complexe et hors du commun. Cela fait donc sourire. Il n'est pas très banal, par exemple, qu'un ex mari s'entende très bien avec son ex femme, que sa nouvelle femme soit adorable avec l'ex, que les relations soient toujours bonnes. Cette ficelle n'est pas exagérée, en tout cas, l'autrice ne surenchérit pas, à mon avis, donc elle m'a plu.

Le nouveau travail d'Olympe n'est pas de tout repos. Le lecteur, tout comme l'employeur de la jeune femme, imagine qu'elle va patauger, et être plus encombrante qu'autre chose. Il est donc amusant de voir comment elle résout la première affaire. Là encore, je trouve que l'autrice a finement joué. Pour moi, c'est resté crédible. Quant à la deuxième affaire, Sophie Henrionnet a assorti cela d'ennuis pour la narratrice et l'entreprise qui l'embauche, ce qui fait qu'on n'a pas l'impression qu'Olympe s'en sort toujours très bien, ce qui n'aurait pas été crédible.

L'ensemble d'énigmes (tant professionnelles que familiales) que la romancière nous propose m'a plu, car je n'ai pas deviné grand-chose. Je savais que l'un des personnages ne trompait pas sa femme, donc j'ai trouvé que la résolution de cette énigme était un peu longue, mais cela ne m'a pas trop agacée. Je me doutais également que la blonde ne serait pas un obstacle à un certain élément que je ne dévoilerai pas ici.
À un moment, j'ai eu peur qu'il y ait un triangle amoureux, ce que je déteste. Heureusement, Sophie Henrionnet s'en est abstenue. J'espère que, si elle écrit une suite, elle n'utilisera pas cette ficelle.

La romancière crée beaucoup de scènes cocasses, notamment lorsque Barbara Cartland (dont je ne comprends pas le surnom, car je ne vois pas la ressemblance) est de la partie. Ces scènes familiales m'ont plu. Celle que j'ai préférée est celle du déjeuner chez les parents d'Olympe, scène au cours de laquelle la jeune femme sème le chaos rien qu'en arrivant, chaos que tout le monde prend de manière assez décontractée, surtout les personnes âgées.

Parmi les choses qui ne m'ont pas plu, il y a le prologue. Malheureusement, l'autrice est tombée dans ce travers qui consiste à mettre un prologue qui est au coeur des événements, qui est là pour appâter le lecteur, puis commence son premier chapitre tant de temps plus tôt, afin d'expliquer l'enchaînement des faits, et le lecteur retrouve la situation du prologue vers la fin. Ce genre de prologues me fait davantage soupirer d'ennui que mariner.
J'ai également trouvé très lourd le revirement d'un personnage (dont je tairai le nom pour ne pas trop en dire). Bien sûr, l'autrice voulait que les choses finissent bien pour ce protagoniste, mais elle aurait dû s'arranger pour faire cela autrement. On me dira que concernant ce cas, je suis sévère, car ce genre de choses peut arriver. C'est vrai, mais cela touche un sujet sensible pour moi, et pour une fois, j'aurais bien aimé rencontrer un personnage de livre qui pense comme moi. ;-) De toute façon, la ficelle est quand même grosse.
J'ai aussi trouvé que le personnage de Stella était un peu exagéré. C'est dommage, car elle est drôle et sympathique, mais sa façon d'agir parfois la rend peu vraisemblable.
Enfin, j'ai trouvé extrêmement lourd que la meilleure amie d'Aglaë s'appelle... Sidonie. J'aurais trouvé cela un peu moins gros si Olympe avait fait un commentaire humoristique sur la «coïncidence».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Pascale Chemin pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

C'est le premier roman enregistré par cette comédienne que je lis. Sa prestation m'a plu. Il lui aurait été très facile de surjouer, car de mauvais comédiens surjouent les livres amusants. Pascale Chemin s'en est très bien sortie, jouant sans en faire trop. Le seul reproche que je lui adresserai est qu'elle prononce «klaxone» pour «klaxon». Depuis peu, j'entends des comédiens prononcer ce mot ainsi. J'ai beaucoup de mal à comprendre cette erreur. Va-t-on bientôt entendre «un baluchone», «un bonbone», «un talone», «un paillassone»? On dirait que cette prononciation est un désir de faire coller les terminaisons en «on» avec la prononciation anglophone. Mais pourquoi??? Je suis un peu déçue lorsque je constate que des comédiens prononcent mal le mot «gageur», mais là, ils ont les circonstances atténuantes, parce qu'il est possible de mal comprendre l'orthographe de ce mot. Concernant «klaxon», je ne comprends pas pourquoi cette erreur est soudain apparue... Malgré ce reproche (une prononciation erronée peut facilement être corrigée) j'entendrai à nouveau Pascale Chemin avec plaisir.

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jeudi, 6 juin 2019

Qui a tué l'homme homard?, de J. M. Erre.

Qui a tué l’homme-homard ?

L'ouvrage:
Petit village de Margoujols. Joseph Zimm a été assassiné et démembré. Un gendarme est dépêché sur les lieux pour mener l'enquête. Celle-ci nous est racontée par Julie de Creyssels, une habitante du village. Il semblerait que Joseph ait été détesté par tous, étant donné que c'était quelqu'un d'odieux.

Critique:
Pour moi, la caractéristique principale des romans de J. M. Erre, c'est l'humour. J'ai donc été très déçue de ne pas beaucoup rire. J'ai même failli abandonner le roman, mais comme mon mari s'est donné la peine de l'enregistrer, je l'ai continué. J'ai eu quelques sourires (par exemple, lorsque les migrants sont accusés du meurtre), et ai vraiment ri une fois: lors de la rencontre avec Michael. Je ne sais pas trop ce qui devait faire rire dans le blog de Winona Jane... Je l'ai plutôt trouvé ennuyeux. J'imagine que le fanatisme des Bernicola pour les autruches devait être cocasse, ainsi que l'absence de mémoire immédiate de Nicolaï et ses conséquences... cela n'a pas pris avec moi.

J'ai apprécié certaines choses, comme la façon dont l'auteur (par l'intermédiaire de sa narratrice) décortique les codes et ficelles des romans policiers. J'ai trouvé cela bien analysé. Bien sûr, il y a certaines choses auxquelles j'ai pensées avant que Julie n'en parle. Par exemple, elle se rend soudain compte qu'elle n'a pas évoqué tel personnage. Or, cela faisait un moment que je me demandais pourquoi elle n'en parlait pas. Donc cette ficelle, avec moi, n'a pas vraiment pris. J'ai également trouvé une incohérence, dont je ne peux pas divulguer la teneur sous peine de dévoiler un élément important.

Le romancier se moque des personnes qui croient tout savoir sur les mécanismes d'une enquête parce qu'elles ont suivi les séries télévisées policières. Cela m'a fait sourire, mais pas vraiment rire.
Julie, tout en décortiquant les codes du polar, retarde certaines révélations, et souligne qu'elle les retarde... C'est un peu lourd.
L'auteur nous fait le coup classique (comme il le reconnaît à demi-mots) de nous faire soupçonner tout le monde. Je le lui aurais sûrement pardonné si j'avais passé mon temps à rire... Les choses sont quand même globalement bien amenées.

L'héroïne (la narratrice) est attachante. Je ne suis pas toujours d'accord avec elle concernant le handicap, mais il faut dire que le mien est beaucoup moins «handicapant» que le sien. Je comprends d'ailleurs qu'elle ait terminé son récit sur une note moins positive que ce qu'elle avait prévu. Concernant ce sujet, je ne sais pas trop comment l'auteur aurait pu nous faire rire, mais pour moi, ses tentatives ne sont pas réussies, sauf lors de la première rencontre de Julie et Vanessa, et aussi les fois où la narratrice parvient à se débarrasser des deux abominables enfants...

Une fois que j'ai accepté que je n'allais pas passer mon temps à rire, j'ai apprécié le déroulement de l'enquête, la narratrice, certains autres personnages...

À lire comme un divertissement, mais pas en s'attendant à avoir des fous rires.

Service presse des éditions Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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dimanche, 1 avril 2018

Menu excerpts from our favorite Newark restaurants.

Menu excerpts from our favorite Newark restaurants

Note: Ce billet n'intéressera que les amateurs de comédiens qui enregistrent des livres en anglais.

En général, je ne fais rien de particulier pour le 1er avril. Seulement, hier, j'ai découvert quelque chose de très drôle que je voudrais partager.

En cherchant les derniers livres en anglais enregistrés par des lecteurs que j'affectionne, sur Audible.fr, je suis tombée sur (je traduis): «Extraits de menus de nos restaurants préférés». Cela dure 10 minutes. Ne comprenant pas l'utilité de cet ouvrage, je clique pour lire le résumé. Cela dit en substances: «Vous dites que vous liriez n'importe quoi si c'était lu par vos lecteurs préférés. Eh bien, nous, travaillant chez Audible, avons eu l'idée de faire enregistrer les menus de nos restaurants préférés par des lecteurs très appréciés. Vous n'avez rien vécu si vous n'avez pas entendu Cassandra Campbell vous lire toutes les sortes de burgers indiens!»

Faisant partie de ces gens qui affirment régulièrement que certains comédiens que j'adore pourraient me lire l'annuaire, j'ai pris ce livre audio qui, en plus, est gratuit. Je me suis donc délectée à écouter des menus lus par ces narrateurs dont la plupart font partie de mes chouchous. Parmi les six, mes préférés sont Cassandra Campbell et Eric Michael Summerer.

Presque chaque lecteur a parfaitement joué le jeu. Cinq d'entre eux ont interprété ces menus aussi naturellement que lorsqu'ils lisent des romans ou autres. Eric Michael Summerer et Nick Podehl ont même réussi à jouer comme si ce qu'ils lisaient était absolument passionnant, et comme si la nourriture proposée était plus que savoureuse. Ils m'ont donné envie. Cassandra Campbell et Victor Bevine étaient plus sobres, mais j'ai retrouvé leur style, et eux aussi m'ont donné envie de manger ce qu'ils lisaient. Quant à Bailey Carr, elle a un jeu particulier, et je me demandais comment elle le ferait coller à un menu de restaurant. Elle y a très bien réussi!
Il n'y a que Therese Plummer dont je n'ai pas aimé le jeu. Elle ne lit pas naturellement, prend un accent étrange, et fait une voix comme si elle caricaturait une personne âgée... Je n'ai pas compris ce qu'elle voulait faire. Cela m'a déçue, mais moins que si cela avait été l'un des cinq autres, car elle ne fait pas partie de mes lecteurs préférés.

Cette petite plaisanterie d'Audible.com m'a bien amusée, et je suis contente d'avoir trouvé le livre sur Audible.fr. Je regrette un peu que l'éditeur n'ait pas demandé le concours de comédiens comme Rebecca Lowman, Andi Arndt, Emily Woo Zeller, Amy McFadden, Scott Aiello, Kirby Heyborne, Scott Merriman, Ann Marie Lee, Kathe Mazur, Mark Deakens... Peut-être une autre fois.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Victor Bevine, Therese Plummer, Cassandra Campbell, Nick Podehl, Eric Michael Summerer, et Bailey Carr pour les éditions Audible Studios.

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lundi, 5 mars 2018

The care and feeding of rubber chicken, de Scott William Carter.

The care and feeding of rubber chicken

L'ouvrage:
Été.
Trevor Livingston a dix-sept ans. Ce jour-là, il apprend que Janna (pour qui il soupire sans espoir depuis cinq ans) n'est plus en couple. Il doit tenter sa chance. Mais sa mère contrarie ses plans en lui annonçant que dans quelques semaines, il ira en internat à cause des mauvaises notes qu'il a eues au long de l'année scolaire. L'adolescent est désespéré: il ne peut partir alors que la fille de ses rêves est peut-être à sa portée!

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu, mais il était risqué. L'humour domine. Certains trouveront peut-être que l'auteur est très lourd. C'est voulu, et pour moi, c'est très bien fait.

Scott William Carter prend plaisir à parodier des codes. Par exemple, dès le début, il annonce un élément qui ne se produit qu'à l'avant-dernier chapitre, dévoilant donc quelque chose. Pourtant, cela ne gâche rien, puisqu'on ignore qui sera la cible. On sait juste qu'on doit s'y préparer, et on peut se poser des questions quant à celui qui sera touché. Le roman étant majoritairement amusant, j'ai pu assez vite parier sur quelqu'un...
Au dernier chapitre, le moment d'annoncer quelque chose est retardé à dessein. C'est encore un clin d'oeil aux romans où ce genre de ficelles est trop employé.

L'auteur n'hésite pas à verser dans la caricature. Par exemple, Victor, le jardinier, est russe. On apprend rapidement que c'est un ancien espion, qu'il est spécialiste de la torture... Puis, il est tourné en dérision plusieurs fois au long du récit. On n'a pas très peur de lui... On ressent de la compassion pour sa victime lors de la scène de torture, mais... on rit aussi justement à cause de ce qui est torturé.

Dès le début, Trevor s'adresse au lecteur. Il le fait très souvent pendant le livre. Il s'amuse, par exemple, à dire que ceux qui ont acheté l'ouvrage uniquement pour la scène de sexe ne seront pas déçus, il jure qu'elle y est. Cependant, il traite ces lecteurs de pervers. À un moment, il parle d'un film adapté d'un roman, et dit en substance: «Non non, je ne suis pas du genre à ne pas lire le livre! Je lis toujours le livre et ne regarde pas forcément le film! Qu'est-ce que vous croyez!»

Le meilleur ami du narrateur (Rick) est également cocasse. J'aurais d'ailleurs aimé en savoir un peu plus sur lui, à la fin. Trevor n'est pas toujours très sympathique avec lui. Rick est un peu étrange, complètement dans son univers de geek et de «Star Trek», mais c'est un ami fidèle.

L'humour est omniprésent. Outre la parodie de la caricature, beaucoup de répliques, de remarques, de situations sont drôles, même lorsqu'elles semblent désespérées. Par exemple, quand Trevor est poursuivi par Kurt, il est d'autant plus en mauvaise posture qu'un autre danger se matérialise. On rit malgré tout à cause de la tenue du héros et des dialogues entre lui, Kurt et Janna.

Le titre du roman donne bien le ton: «Soigner et nourrir les poulets en caoutchouc». Cela résume bien: absurde, loufoque, étrange, délirant... Sinon, le titre fait référence au père de Trevor, fier propriétaire d'une usine de poulets en caoutchouc.

Un roman inclassable avec lequel j'ai passé un très bon moment, souriant beaucoup, et ayant quelques éclats de rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric-Michael Summerer.

Pour moi, le comédien est parfaitement entré dans l'ambiance du roman. Il n'était pas facile de jouer des personnages si marqués. Il devait exagérer, mais pas trop. Il a réussi à le faire sans tomber dans l'excès. Je ne sais pas quel personnage (de Rick ou de Victor) était le plus dur à jouer...

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samedi, 4 novembre 2017

Une fois dans ma vie, de Gilles Legardinier.

Une fois dans ma vie

L'ouvrage
Eugénie et Victor sont à la retraite. Ils sont maintenant gardienne et régisseur bénévoles du théâtre Jacila. Autour d'eux, gravitent les comédiens de la pièce du moment, et d'autres bénévoles dont Juliette, Céline, et plus tard, Laura. Chacun se confie, on s'entraide...

Critique:
Habituellement, la force des comédies de Gilles Legardinier, c'est qu'elles content des situations souvent rocambolesques, et qu'on y croit. Pour moi, la magie n'a absolument pas opéré avec «Une fois dans ma vie». L'auteur s'essouffle-t-il? En ai-je assez de ce genre? En tout cas, à mon avis, 90% de ce roman sonne faux, car tout y est excessif. Les éléments supposés amusants deviennent pathétiques. Par exemple, lorsque Céline et ses amies organisent une expédition punitive chez Martial, on devrait rire de leur déconfiture programmée, et trouver leur solidarité attendrissante. J'ai plutôt soupiré. Puisqu'il était couru d'avance que cela ne fonctionnerait pas, et pouvait même attirer des ennuis à Céline, pourquoi le faire?

En outre, Juliette et Céline sont focalisées sur le fait qu'il leur faut un homme! Il est logique qu'elles aient envie de rencontrer quelqu'un, mais elles semblent ne voir que par cette solution. En parlant de Juliette, son coup de foudre et les songes mièvres qui en découlent m'ont exaspérée. Les rêves niais des amoureux peuvent être amusants, mais ici, cela a eu l'effet inverse sur moi, me faisant imaginer Juliette comme une pauvre fille sans cerveau! En plus, j'ai eu énormément de mal à comprendre comment il se faisait qu'elle imagine Loïc comme l'homme de sa vie, alors qu'elle le connaît à peine. Qu'elle désire le découvrir, qu'il lui ait tapé dans l'oeil, pourquoi pas? Mais qu'au bout de quelques petites rencontres (non fortuites), elle soit dans un état de délire extrêmement avancé, c'est exagéré.

Eugénie aussi m'a profondément agacée. Madame s'ennuie, elle ne sait plus quoi faire de son temps, alors, elle remet toute sa vie en question. Je comprends qu'on puisse, à un moment, s'interroger, craindre d'être inutile, et faire quelque chose de sa vie, mais à ce point...! Notre héroïne va se mêler de la vie de tous, ce qui, là aussi, a provoqué mes soupirs énervés. Pourtant, c'est un ingrédient qui fonctionne, d'habitude, dans ce genre de livres. Ici, j'avais envie de dire à Eugénie que si elle s'ennuyait vraiment, je pouvais lui faire faire mon ménage! Mais surtout, je souhaitais qu'elle cesse de se mêler des affaires de ses amis sans qu'on le lui demande, même si je savais qu'elle n'avait que de gentilles intentions.

D'autres passages et répliques m'ont semblé grandiloquents sans comique, mais je pense que vous avez saisi le principal, donc je n'en énumérerai pas plus.
Tout se termine trop bien. Non que cela me déplaise, je suis plutôt pour les fins optimistes, surtout dans ce genre. Mais ici, c'était à la limite du crédible, surtout concernant les histoires d'amour...

Passons à ce qui m'a plu.
J'ai aimé Victor. Il est à la fois drôle (même s'il en fait trop dans les premiers chapitres), généreux (sans en faire des tonnes), pragmatique... C'est lui qu'on retrouve dans les rares scènes qui m'ont fait sourire. Je pense notamment au moment où Juliette fait son numéro de pleureuse. Alors que je pestais en me demandant pourquoi elle n'avait pas agi ainsi plus tôt, et pourquoi il fallait que ce soit fait de manière si grandiloquente, Victor a sauvé le tout en me le rendant nettement plus agréable!

J'ai également apprécié l'incongruité créée par Céline qui ne sait plus à quel saint se vouer (si j'ose dire), et a besoin d'un regard masculin. La façon dont cela s'achève m'a plu, parce que c'est une situation à la fois tendre et cocasse sans affectation.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Marchant.

Ayant beaucoup aimé Valérie Marchant dans «La fille du train», j'étais contente qu'elle enregistre ce titre. J'ai malheureusement été déçue qu'entre autres, elle prenne une voix très grave et éraillée (j'avais envie de lui dire de se racler la gorge) pour Victor, et une voix haut perchée (qui ne me paraissait pas naturelle) pour Juliette. Cela renforçait l'image d'imbécile heureuse que j'avais de la jeune femme, et je ne pense pas que c'est ce que voulait l'auteur. Au fil des chapitres, soit je me suis habituée, soit la comédienne a moins accentué les différentes voix qu'elle faisait, car cela passait mieux. Cependant, j'aurais préféré qu'elle ne marque pas à ce point certains rôles.

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