lundi, 18 mai 2020

Carnegie Hill, de Jonathan Vatner.

Carnegie Hill

L' ouvrage:
Penelope (dite Pepper) vient d'acheter un appartement dans la résidence de Carnegie Hill. Elle est ravie, car elle va faire partie de l'assemblée des copropriétaires, là où se décide tout ce qui est important pour la résidence. D'autre part, la jeune femme va bientôt épouser Rick, son compagnon.

Critique:
Ce roman m'a plu. (Heureusement pour moi, parce que je l'ai précommandé, et de ce fait, je n'ai pas pu regarder des avis de lecteurs avant.) Si Pepper est le personnage principal, Jonathan Vatner montre la vie d'autres personnages vivant dans la résidence. À travers eux et les événements qu'ils vivent, certains thèmes sont intelligemment abordés. Par exemple, Sergueï ne parvient pas à «sortir du placard», ayant peur d'être rejeté par ses parents, renvoyé par ses employeurs... Pepper se rend rapidement compte que certains copropriétaires de sa résidence (dont celle qui supervise les réunions) ne tiennent pas à ce que des personnes faisant partie de minorités ethniques vivent près d'eux. Malheureusement, Jonathan Vatner n'exagère pas. La société est loin d'être aussi tolérante que ce qu'elle tente de faire croire. C'est d'autant plus écoeurant que le fait est que si on apprécie ou pas quelqu'un, cela tient à son caractère, et non au fait que sa peau soit d'une certaine couleur ou qu'il soit homosexuel.

J'ai eu du mal à apprécier Birdie. Son mari (George) et elle vivent une crise dont elle le rend seul responsable. Les choses sont pourtant plus nuancées. Certes, Birdie est à plaindre, mais pas seulement; George est à blâmer, mais pas seulement.

Quant à Pepper et Rick, l'auteur tente de nuancer certaines choses, mais l'attitude de Rick n'inspire pas vraiment confiance. Par exemple, lorsqu'il dit à Pepper qu'il ne veut pas la tromper, mais préfère avoir son pardon à l'avance au cas où il céderait à la tentation... D'autres choses font qu'il n'est pas appréciable, mais je n'en dirai pas trop. Certains lecteurs arriveront peut-être à nuancer leur jugement concernant Rick, surtout que Pepper n'est pas absolument parfaite. Moi, je n'ai pas pu. Quant à Pepper, parfaite, elle ne serait pas crédible. Au moins, elle essaie de bien faire.

J'ai apprécié Francis et Carole. Certains de leurs côtés sont sympathiques, d'autres sont agaçants. À l'instar de George et Birdie, ils souffrent de difficultés à communiquer. Cependant, pour moi, ils y parviennent mieux au long du roman. L'auteur présente des situations délicates dont il n'est pas toujours simple de se tirer. J'ai apprécié la fin. Elle nous dit que si on parvient à faire avec les aléas de la vie, on tirera son épingle du jeu.

Un livre sympathique, qui fait réfléchir en teintant la gravité de notes humoristiques.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

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93 lectures

lundi, 27 avril 2020

The art of breaking things, de Laura Sibson.

The art of breaking things

L'ouvrage:
Sky a dix-sept ans. Depuis qu'elle a douze ans, parfois, elle prend de la drogue. Parfois, elle boit tant d'alcool qu'elle ne se rappelle plus comment s'est terminée la soirée. Ce jour-là, sa mère (Beth) lui annonce, ainsi qu'à Emma (soeur de Sky, onze ans) que Dan revient dans leur vie. Dan est l'ancien petit ami de Beth. Elle l'a quitté quand Sky avait douze ans. L'adolescente ne voit pas ce retour d'un bon oeil.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que Laura Sibson immerge son lecteur dans les pensées de sa narratrice. Grâce à cela, je savais exactement pourquoi Sky agissait ainsi. À côté de cela, Beth et Emma tentaient de comprendre Sky, tout en ignorant totalement qu'elle souffrait. Je me suis aussi mise à leur place, surtout à celle d'Emma, et j'ai compris à quel point la communication était délicate.

Je ne sais pas trop quoi penser de la réaction de Beth lorsque Sky a tenté de lui dire ce qui lui était arrivé, le soir même où c'est arrivé. Je pense que l'explication donnée à demi-mots vers la fin est satisfaisante. Elle ne me plaît qu'à moitié, parce que je sais que ma mère, si je lui avais dit cela, n'aurait pas agi comme Beth. Cependant, je comprends qu'entre le demi-sommeil et l'état d'ébriété, le cerveau de Beth n'ait pas assimilé ce que disait sa fille.

Au long du roman, on assiste à la lutte de la jeune fille pour que son monde ne s'écroule pas, pour garantir la sécurité d'Emma, pour être en paix avec elle-même. J'ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle, tout en l'exhortant à dire ce qu'elle avait sur le coeur. J'ai apprécié qu'elle trouve refuge dans l'art, la création... Bien sûr, je pestais lorsqu'elle se détruisait, et qu'elle se rendait compte de ce que lui faisaient drogue et alcool. Dans ces moments, je me demandais ce que je ferais à sa place. La drogue lui permettait de refouler ses affreux souvenirs, alors... Lorsqu'on est brisé, qu'on se sent seul et incompris, comment ne pas plonger dans des éléments destructeurs? En tant que lectrice extérieure, j'avais beau jeu de froncer le nez lorsque Sky racontait ses joins, ses lignes de cocaïne, ses beuveries... En outre, ces excès ne cachaient pas le courage, la rectitude, et la force morale de la jeune fille. Laura Sibson dresse ici un portrait touchant d'une personne qui, malgré ses chutes, se relève. Tout en se dévalorisant, Sky restait déterminée à tout faire pour préserver Emma. Bien sûr, elle l'a fait très maladroitement, mais comment la blâmer?

Dans les remerciements, Laura Sibson explique que ce roman a d'autant plus d'importance pour elle qu'il est basé sur des faits réels. Elle ne dit pas à quel point son histoire ressemble à celle de sa narratrice, mais à travers son héroïne, elle montre le courage nécessaire pour affronter ce genre d'atrocités. L'autrice donne juste un détail qui montre une petite différence entre son histoire et celle de Sky.

Un roman juste, bien écrit, la traversée du désert d'une jeune fille, un appel à ne jamais rester seul avec sa douleur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai d'abord acheté ce roman parce qu'il est lu par Phoebe Strole dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité.

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lundi, 20 avril 2020

A piece of normal, de Maddie Dawson.

A piece of normal

L'ouvrage:
Lily Brown, trente-quatre ans, vit dans le village de son enfance. Ses parents sont morts, sa soeur (Dana) est partie dix ans auparavant, Teddy et elle sont divorcés depuis deux ans. Son ex mari vient la voir tous les jours, et après que son troisième rendez-vous (arrangé par Lily) s'est mal passé, il songe à se remarier avec notre héroïne. Celle-ci n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «The survivor's guide to family happiness», je n'ai pas hésité à acheter «A piece of normal» dès que je l'ai vu parmi les romans enregistrés par Amy McFadden. Je ne l'ai pas autant aimé que l'autre, mais je suis contente de mon achat.

Maddie Dawson manie beaucoup l'humour, ce qui m'a plu. Par exemple, les raisons pour lesquelles Teddy n'est pas attiré par les femmes que lui présente Lily sont assez amusantes. De plus, le discours de Teddy contre la dernière en date est cocasse. Léon est également un personnage qui marque par son humour, mais aussi par la gravité de ce qui lui arrive.
Certaines choses m'ont paru un peu grosses, comme l'histoire d'amour de Lily. Bien sûr, les lecteurs auraient râlé s'il n'y en avait pas eu, mais j'aurais préféré que l'autrice l'amène avec autre chose que de gros sabots. J'ai aussi trouvé très gros que Simon (le fils de Lily) apprécie tout de suite le nouvel amour de sa mère.

Dana ne laissera pas le lecteur indifférent. Même si elle m'a majoritairement cassé les pieds, j'ai compris ses souffrances. Ce que je n'ai pas aimé, c'est qu'elle les brandisse comme de bonnes raisons pour elle d'agir comme elle le fait. Même à la fin, je ne pense pas qu'elle cessera d'être inconséquente, et que, soudain, elle fera attention aux sentiments des autres. Cependant, il est un personnage que j'aime encore moins qu'elle: celui responsable de son mal-être. Ce protagoniste a été en-dessous de tout envers Dana et d'autres. Je ne comprends d'ailleurs pas comment certains ont fait pour tant l'aimer. Ils semblent un peu ridicule. C'est surtout à ce sujet que je comprends Dana.

Comme dans «The survivor's guide to family happiness», Maddie Dawson met en scène des personnages aux prises avec de fortes émotions, des cas de conscience, des gens qui les maltraitent... À travers les actes de chacun, elle montre différents types de réactions à certaines situations délicates. Des pans de l'histoire appellent à la tolérance, d'autres mettent en garde contre la démesure... Même si certains côtés m'ont un peu moins plu, je recommande ce roman sympathique.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Audible Studios.

Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver cette comédienne qui, à mes oreilles, n'a pas démérité. Je me suis quand même demandé pourquoi elle n'avait pas tenté une voix plus enfantine pour Simon, mais j'imagine qu'elle ne voulait pas forcer de risquer le trait, ce que je comprends.

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jeudi, 16 avril 2020

Les sales gosses, de Charlye Ménétrier McGrath.

Les sales gosses

L'ouvrage:
Lyon.
Jeanne a quatre-vingt-et-un ans. Son mari, André, est mort depuis six ans. Ses cinq enfants ont décidé qu'elle ne pouvait plus vivre seule dans son grand appartement, et viennent de la faire entrer en maison de retraite. Jeanne est très en colère qu'ils aient agi ainsi, et résout de se venger.

Critique:
Ce roman m'a plu. Au départ, j'ai apprécié que Jeanne ne s'en laisse pas conter. Dans la vie, on entend souvent (malheureusement) des choses de ce genre: des personnes «mettant» leurs parents en maison de retraite, alors que ceux-ci sont capables de vivre chez eux. L'autrice a fini par nuancer son propos, car au bout d'un moment, un résident pousse Jeanne à s'intéresser à un pan de la vie de la maison de retraite, et la bande à laquelle elle se mêle est joyeuse et amicale. En outre, cette résidence n'est pas de celles où on ne fait pas cas des personnes qui y vivent. J'ai apprécié cela tout en regrettant que dans la vie, on ait trop souvent affaire aux maisons de retraite où les résidents ne sont pas bien traités. En outre, même si deux des enfants de Jeanne et sa belle-fille sont très casse-pieds, les autres sont aimants (surtout Hervé), et beaucoup de ses petits-enfants le sont également. J'ai apprécié cela, car là encore, l'autrice bouscule le cliché qui veut que les générations éloignées en âge se fréquentent peu. Il y a aussi un passage où l'octogénaire partage un moment de complicité avec son arrière-petite-fille, Iris, huit ans. Entre les confidences de l'enfant et son aide concernant le portable, j'ai beaucoup apprécié cette scène.

Les amis de Jeanne sont de joyeux lurons au grand coeur. Ils sont un exemple à suivre pour ceux qui baisseraient les bras devant les coups durs de la vie. Charlye Ménétrier McGrath n'hésite pas à les montrer dans des situations où ils ne sont pas toujours tout blancs (je dois dire que je n'ai pas apprécié leur entourloupe concernant le salon de thé parisien), mais où ils s'illustrent par leur bonne humeur et leur optimisme. Ce qui leur arrive (surtout à Louis) montre qu'il ne faut pas perdre ses rêves de vue, et tenter de les réaliser. Je suis la première à dire que ce n'est pas toujours simple, mais il est toujours plaisant de lire un roman où un personnage parvient à le faire, et où cela se passe très bien.

Jeanne se penche sur son passé, et apprend quelque chose concernant un moment charnière de sa vie. J'ai très bien compris sa réaction après qu'elle a appris cela. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, mais je sais que je ne la blâme pas du tout.

Un livre sympathique, drôle, tendre, grave, qui nous exhorte à profiter de la vie et de ceux qu'on aime.

Remarque annexe:
L'un des personnages de ce roman s'appelle Paddy. Le premier roman qui m'a marquée où un personnage portant un prénom dont Paddy est un diminutif est «Les oiseaux se cachent pour mourir». De ce fait, dans ma tête, le Paddy de «Les sales gosses» s'appelait Padraic. J'avais beau savoir que c'était Patrick (cela m'a d'ailleurs déçue) pour moi, Paddy est le diminutif de Padraic. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Christine Barrault pour les éditions Lizzie.

Ah, Marie-Christine Barrault! L'une des voix de mon enfance! Elle restera pour toujours (à mes oreilles) la narratrice des cassettes audio racontant le périple de Nils Holgersson et des oies sauvages, ou de celles racontant les aventures de Heidi, avec, dans les deux cas, les voix des personnages tirées des épisodes des dessins animés. J'ai beaucoup aimé son interprétation de ce roman. J'aurais été étonnée qu'elle déméritât. Il m'est très étrange d'écrire cela, car pour moi, c'est l'évidence même, mais je précise quand même qu'elle ne cabotine jamais, ne modifie sa voix qu'à bon escient, rend parfaitement l'ambiance du roman ainsi que les sentiments des personnages. Je sais qu'elle a enregistré d'autres romans, mais ils ne me tentent pas. J'espère qu'elle en interprètera d'autres qui me tenteront.

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lundi, 13 avril 2020

Dear Sweet Pea, de Julie Murphy.

Dear Sweet Pea

L'ouvrage:
Patricia, dite Sweet Pea, a treize ans. Ses parents viennent de divorcer. Pour que les choses soient un peu moins difficiles pour leur fille, ils ont décidé que le père (André) habiterait dans une maison similaire à la maison familiale (où reste Liz, la mère de Sweet Pea), et se trouvant dans la même rue.
Un jour, la célèbre voisine de Sweet Pea (miss Flora May, qui tient une rubrique «courrier des lecteurs» dans l'un des journaux de la ville) demande un service à l'adolescente. Cela ne sera pas sans conséquences.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié la manière dont les parents de l'héroïne gèrent leur divorce. Ils souhaitent le mieux pour elle, et font en sorte de ne pas agir comme les mauvais parents dont les enfants pâtissent du comportement.
J'ai aimé que Liz ne soit pas devenue une sale bonne femme revêche et aigrie, qu'elle ne souhaite pas accabler André, et veuille sincèrement être son amie, dans la mesure du possible. J'ai également apprécié qu'elle ne tente pas d'être prise pour un parangon de tolérance. J'ai quand même trouvé, à l'instar de la narratrice, qu'elle faisait une certaine chose trop tôt. Pour moi, ce n'est pas très cohérent.
J'ai également imaginé la souffrance du père de Sweet Pea. On ne voit pas à quel point les choses sont dures pour lui, mais on peut l'imaginer. J'ai apprécié qu'il ne tente pas de jouer les martyrs.

Quant à Sweet Pea, elle m'a tout de suite été sympathique. À mesure que le roman avançait, je me disais qu'elle ne devrait pas faire telle et telle chose, mais même lorsque je la blâmais, je comprenais pourquoi elle agissait. Comme je voyais les choses de son point de vue, je n'ai pas tout de suite compris (je l'ai quand même compris avant elle) à quel point elle était injuste envers son meilleur ami. Quant à Kira, je trouve que Sweet Pea lui a un peu vite pardonné. Certes, elle n'a pas très bien agi à côté de cela, mais je trouvais qu'elle s'aplatissait devant Kira.

Il m'a plu que la narratrice apprenne de ses erreurs, et voie aussi des détails, comme par exemple le fait qu'elle n'avait jamais cherché à être amicale envers Greg. À travers ce que vit et expérimente l'héroïne, Julie Murphy exhorte son lecteur à la tolérance. Elle ne le fait pas avec grandiloquence ni avec de gros sabots. Voilà pourquoi c'est bien amené.

N'oublions pas les notes humoristiques dont l'autrice parsème son roman. Les scènes où Chease apparaît ainsi que la sérénade de Sweet Pea sous les fenêtres d'Oscar en sont de bons exemples, et ce ne sont pas les seuls.

Remarques annexes:
J'ai apprécié que l'héroïne adore les chats.
Si le livre est traduit en français, je me demande comment sera traduit le surnom de l'héroïne. L'appellation «Sweet Pea» est un genre de «ma puce», mais ici, se glisse un peu d'humour, car «Pea» se prononce «pi» comme le «p», première lettre de Patricia, le prénom de l'héroïne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Phoebe Strole fait partie de mes comédiens préférés. Ici, elle n'a pas démérité. Sans cabotiner, sans horribles effets de voix, faisant juste ce qu'il faut, elle interprète brillamment tous les personnages, et rend leurs émotions sans difficultés apparentes.

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