jeudi, 27 juin 2019

Mes hauts, mes bas, et mes coups de cœur en série, de Becky Albertalli.

Mes hauts, mes bas, et mes coups de cœur en série

L'ouvrage:
Un soir, en boîte, Molly rencontre une fille (Mina) dont elle est tout de suite absolument sûre qu'elle est faite pour Cassie, sa soeur jumelle. Elle les présente donc. Molly, elle, n'a jamais eu de petit ami.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «Moi, Simon, seize ans, homosapiens», tout simplement parce que je n'ai eu aucun mal à y entrer, alors qu'au début de «Moi, Simon (...)», j'ai un peu coincé. L'autrice montre une adolescente très peu sûre d'elle, très proche de sa jumelle, dont le monde commence à se fissurer pour diverses raisons. D'abord, sa cousine (Abby) n'habite plus près de chez elle. Elles étaient très proches, et chacune a du mal à supporter l'absence de l'autre. De plus, Cassie commence à agir différemment, à ne plus tout confier à sa soeur. En outre, Molly aimerait bien avoir un petit ami, connaître le bonheur du premier amour. Enfin, dans son cas, du vingt-septième amour... (Il faudra lire le livre pour comprendre. ;-) )

J'ai beaucoup apprécié Molly. J'ai compris son désarroi quant au comportement de sa soeur, puis concernant d'autres choses au long du roman. J'étais toujours d'accord avec elle. Cela ne veut pas dire qu'elle faisait toujours tout ce qu'il fallait, mais qu'elle était criante de vérité. Par exemple, j'ai compris pourquoi elle s'en prend à Cassie lorsque celle-ci lui présente comme une faveur de pouvoir repartir d'une soirée au volant de la voiture de Mina.
J'ai beaucoup aimé qu'à un moment, notre héroïne se rende compte que son cerveau ne lui répondait plus, et s'était mis en mode «ultra stupide». Je suis sûre qu'on a tous connu cette situation un jour. J'ai aussi compris la réaction de Molly lorsque sa grand-mère (très maladroite) s'en prend à elle, en ne voulant que son bien.

Lorsque la narratrice évoque Abby, je me suis demandé si ce n'était pas la meilleure amie de Simon. Il se trouve que c'est bien elle. Cela fait qu'on a droit à une scène qui m'a beaucoup fait rire pendant laquelle Molly et Simon échangent de cocasses SMS. Il y a quelques autres passages où on retrouve brièvement Simon. D'ailleurs, il vaut mieux avoir lu «Moi, Simon (...)» avant l'objet de cette chronique, car il est mieux d'apprendre certaines choses dans l'ordre dans lequel elles se sont passées.

J'ai également beaucoup apprécié les mères de notre héroïne. Elles commencent à devoir gérer deux jeunes filles en pleine crise d'adolescence, et ce n'est pas toujours aisé.

Je me souviens avoir râlé après quelques romans à la fin desquels j'aurais aimé un chapitre supplémentaire pour bien poser certaines choses. Je remercie donc Becky Albertalli, qui a créé un dernier chapitre qui m'a beaucoup plu pour ce roman. Je ne peux pas trop en parler, mais pour moi, il clôture parfaitement le livre.

Vous vous demandez si Molly aura un petit ami au cours de l'histoire? Il faut lire l'ouvrage pour le savoir... En tout cas, tant au niveau de l'intrigue que des personnages, je n'ai absolument rien à reprocher à l'autrice!

Éditeur français: Le livre de Poche Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle pour les éditions Harper Audio.

J'ai surtout acheté ce livre parce qu'il était lu par cette comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Non seulement le roman m'a plu, mais Arielle Delisle n'a pas démérité. Elle a su adopter le ton adéquat pour jouer les divers sentiments des protagonistes, et modifier sa voix sans exagération pour certains d'entre eux.

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68 lectures

lundi, 17 juin 2019

Smart women, de Judy Blume.

Smart women

L'ouvrage:
Années 80.
Margo et Francine ont une amie commune. Elles commencent à bien s'entendre. Andrew, l'ex-mari de Francine, souhaite s'installer non loin de chez elle, afin de voir davantage Sarah, leur fille. De ce fait, Francine demande à Margo si elle ne connaîtrait pas une maison à louer dans le coin. Andrew devient alors le voisin de Margo.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il y a bien un personnage que je n'ai pas aimé, mais cela n'a en rien gêné ma lecture. En outre, si Judy Blume montre les côtés noirs de ce personnage (Francine), elle pousse le lecteur à se demander si ce protagoniste est entièrement fautif. Francine n'a fait que m'agacer, mais en arrière-plan, je me suis demandé si ses réactions n'étaient pas dues au fait qu'elle ne supportait plus les mauvaises choses qui lui étaient arrivées. Je trouvais affreux qu'elle soit si horrible envers Sarah, mais je pensais aussi que cela pouvait en partie s'expliquer... Cela veut dire que l'autrice a bien campé Francine, car le fait qu'elle soit désagréable n'est pas une incohérence par rapport au reste. Ce n'est pas non plus gratuit. C'est disproportionné selon quelqu'un d'extérieur, comme moi, mais ce n'est pas mal pensé.

Dans l'introduction, Judy Blume explique qu'au départ, Michelle (la fille de Margo) et Sarah ne prenaient pas tant de place, et qu'elle avait finalement souhaité leur en donner davantage, surtout à Michelle. Je ne sais pas trop quoi penser de cette dernière. Elle m'a beaucoup agacée, et je l'ai souvent trouvée injuste envers sa mère, mais elle n'a jamais eu l'intention de mal faire, et parfois, elle cherchait sa place. De plus, il y a certaines scènes où elle est sympathique, dont une avec Sarah et une avec Andrew. Enfin, elle résume bien son attitude au début du dernier chapitre.

Quant à Sarah, la pauvre n'a pas la partie facile. Elle marche sans cesse sur des oeufs, tentant de ne pas déplaire à sa mère (qu'elle aime profondément), et de s'accommoder de la nouvelle vie de son père. Elle ne veut pas être trop amicale avec Margo, mais se rend bien compte que sa mère est souvent injuste. L'adolescente ne réagit pas trop mal, compte tenu de ce par quoi elle passe. Elle est très attachante.

À travers des personnages creusés et une intrigue sans temps morts, Judy Blume montre des relations amicales et familiales. Tout est bien exposé. Chacun tente de s'en sortir, de faire au mieux, peut-être même Francine, mais uniquement vers la fin. Ce que nous apprend le dernier chapitre m'a plu, car on sait à quoi s'en tenir. Cependant, je pense qu'il pourrait y avoir une suite. La fin ne nous laisse pas sur notre faim, mais pour moi, il y aurait matière à une suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Penguin Random House Audio.

Rebecca Lowman fait partie de mes comédiens favoris, même si, parfois, je lui ai reproché d'être trop sobre. Ici, j'ai beaucoup aimé son interprétation. Elle joue très bien les différents personnages et leurs émotions.

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74 lectures

jeudi, 13 juin 2019

Parle-moi, de Sarah Mlynowski.

Parle-moi

L'ouvrage:
Fin mai. Devorah a dix-huit ans, elle termine sa dernière année de lycée. Alors que son petit ami vient de la plaquer, et qu'elle en souffre, elle fait tomber son téléphone portable dans une fontaine. Elle le récupère rapidement, et après plusieurs essais, s'aperçoit que seul le bouton «envoyer» fonctionne. L'utiliser fait qu'un numéro est appelé. Après une conversation avec la personne qui répond, Devorah se rend compte que cette personne, c'est elle, au début de son année de Troisième. Elle pense immédiatement que l'occasion lui est donnée d'arranger certaines choses...

Critique:
J'ai d'abord voulu lire ce livre parce que je sais que si je pouvais arranger des éléments de mon passé en agissant autrement, je le ferais. C'est quelque chose que je souhaiterais énormément pouvoir faire. Donc, même en sachant que ce roman était pour adolescents et d'un genre à tendance un peu mièvre, j'ai voulu savoir ce qu'en ferait l'autrice. Pour moi, elle s'en sort bien. À mesure de l'évolution de l'histoire, la Devorah de dix-huit ans se rend compte que certains changements ne sont pas forcément pour le mieux. Certes, c'est quelque chose qui est ressassé dans les romans exploitant ce thème, et cela m'agace souvent. Ici, c'est passé parce que l'héroïne s'aperçoit peu à peu qu'elle a tort de se focaliser sur le seul changement qu'elle voulait vraiment faire, et la Devorah de quatorze ans opère certaines modifications qui s'avèrent des réussites (je pense surtout à ce qui concerne ses amies). En fait, j'ai apprécié que la narratrice ne finisse pas par penser qu'il ne faut absolument rien changer, que tout changement engendre le mal, etc. Je préfère que Devorah se rende compte, peu à peu, qu'il faut qu'elle soit moins tranchée, et qu'elle opère certaines modifications pour le bien de chacun. En agissant ainsi, Sarah Mlynowski ne dit pas: «Oh, vouloir changer des éléments de son passé, c'est mal! Heureusement qu'on ne peut pas!» Elle dit plutôt que si on a une deuxième chance dans la vie, il faut tenter d'être précautionneux, de ne pas la gâcher, de ne pas agir à tort et à travers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Listening Library.

Cassandra Campbell est l'autre raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman. J'aime beaucoup le jeu de cette comédienne, même s'il m'est arrivé de la trouver parfois trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité.

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96 lectures

lundi, 10 juin 2019

Hidden, de Catherine McKenzie.

Hidden

L'ouvrage:
Ce vendredi soir, Jeff Manning a une tâche déplaisante à accomplir. Il doit annoncer à l'un de ses subalternes que l'entreprise le licencie. Il déteste devoir faire cela. Dans la soirée, sa collègue, Tish, à qui il en avait parlé, lui envoie un texto demandant si cela s'est bien passé. Jeff ne répond pas...

Critique:
C'est le troisième livre de Catherine McKenzie que je lis. Je l'ai aimé, même si certaines choses m'ont un peu gênée. L'auteur aborde un thème qui ne me plaît pas, en général, parce que je l'ai vu traité de manière trop peu crédible. Ici, Catherine McKenzie prend le temps, le donne à ses personnages, et ce qu'elle raconte est vraisemblable. Cela me gêne toujours un peu, mais je comprends que les protagonistes soient «tombés» (si on peut dire) là-dedans.

Je n'ai pas toujours apprécié Claire, mais je pense que cela vient beaucoup de l'interprétation d'Angela Dawe. Elle nous fait une Claire qui narre trop fort, sur un ton très peu naturel... Elle est si loin de celle qui a brillamment enregistré «Still missing» («Séquestrée») de Chevy Stevens. Son travail peu sérieux a fait que j'ai eu du mal à me faire à Claire. Bien sûr, je lui ai reproché des choses concrètes, notamment ce qui est arrivé avec Tim dans le passé, mais je pense qu'elle ne m'aurait pas autant déplu si la lectrice n'avait pas pris un ton de sorcière pour la jouer. En parvenant à faire abstraction de cette horrible interprétation, je peux dire que Claire est sympathique, qu'elle n'a jamais agi avec de mauvaises intentions, qu'elle est même plus aimable que sa soeur, Beth, qui a brisé le coeur de leur père, sans scrupules.
À travers ce qui arrive à Claire et ce qui est arrivé à Beth, la romancière pose une question dérangeante. Beth explique que si elle avait ignoré l'infidélité de son époux, sa vie de femme mariée aurait pu suivre normalement son cours. Après cette mauvaise expérience, elle pense que si quelqu'un se rend coupable d'infidélité une seule fois, il n'a qu'à l'oublier, et n'en rien dire à son conjoint. Je comprends cette façon de penser, même si je me dis qu'il vaut mieux savoir...

J'ai apprécié Tish, ainsi que sa fille, Zoé. Ce qui arrive à la fillette force Tish à sortir du marasme dans lequel elle est plongée, et qu'elle ne peut pas vraiment expliquer à son entourage. J'ai bien aimé la petite conversation mère/fille qu'elles finissent par avoir. Je ne pensais pas que la forme de stress que connaît Zoé (qui semble être une variante de ce qu'a expérimenté Tish) existait, mais finalement, je trouve cela logique.

Après avoir fini ce livre, je ne peux pas dire si j'aurais voulu que certains personnages agissent autrement. Bien sûr, si deux d'entre eux avaient fait une chose donnée, cela ajouté à l'événement du vendredi soir dont il est question dans mon résumé aurait absolument tout détruit. Cette chose n'ayant pas été faite, la destruction est plus restreinte. Je reste allergique au thème majeur abordé, et il m'a déplu de le retrouver chez une autrice que j'aime bien, mais Catherine McKenzie a su le rendre presque acceptable, surtout parce qu'elle n'a pas fait comme certains autres qui ont bâclé le chemin qui mène audit thème.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Jeff Cummings a lu les chapitres narrés par Jeff, Angela Dawe a interprété ceux vus par Claire, et Amy McFadden a enregistré ceux racontés par Tish.

J'ai déjà entendu Jeff Cummings sur d'autres romans. Étrangement, lorsque je commence un livre qu'il a enregistré, j'ai peur qu'il prenne un ton mièvre, et puis il se lance, et mes craintes sont balayées. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours un peu peur de sa lecture, mais au final, elle est adéquate. Son intonation est toujours appropriée aux sentiments des personnages.

J'ai déjà parlé de ma déception concernant Angela Dawe. Je ne m'explique pas ce ton criard, acariâtre, et donc totalement inadéquat qu'elle adopte dans ce roman, car «Still missing» n'est pas le seul livre qu'elle a, à mes yeux (à mes oreilles, devrais-je dire) bien interprété. Dans «Hidden», elle n'est pas égale à elle-même. J'espère que c'est un accident de parcours.

Amy McFadden fait partie des comédiens dont j'adore le jeu. Elle ne m'a absolument pas déçue. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions des personnages, et a modifié sa voix pour les rôles masculins sans exagération.

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75 lectures

lundi, 3 juin 2019

Don't play in the sun, de Evie T. McDuff.

Don't play in the sun

L'ouvrage:
Bufford, Caroline du sud. En 1941, à l'âge de onze ans, Alice Whitmore rencontre Jack Miles. Ils deviennent très vite amis. Plus tard, ils se marient. Tout va bien pour eux, mais Jack souhaite ouvrir un garage à Washington DC. Cela signifie que le couple habitera à une assez grande distance des parents d'Alice. Celle-ci est triste de tant s'éloigner d'eux, mais souhaite être une bonne épouse. Alors, elle suit son mari.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. À travers le récit d'Alice et celui de ses ancêtres (la jeune femme accède à des lettres et à des journaux intimes écrits par sa mère, sa grand-mère, et ses arrière-grands-mères), l'auteur montre des femmes qui ont dû se battre pour sortir d'une condition, ou être respectées, ou sauver leurs enfants... En très peu de pages, elle rend la vie de certaines de ces femmes très intéressante. Par exemple, il n'y a qu'une courte lettre de Lily, et ce qu'elle raconte est malheureusement quelque chose dont on sait que c'est très souvent arrivé (donc cela peut faire remâché aux yeux de certains), mais on ne peut qu'éprouver de la compassion pour elle. Chacune des femmes dont Alice découvre l'histoire a eu, un jour, la force de faire quelque chose. Les conséquences n'ont pas toujours été heureuses, mais ces femmes ont toujours fait au mieux. Peut-être Sheila aurait-elle pu agir autrement, mais ce n'est pas sûr...

Au long de ma lecture, Alice m'a beaucoup agacée. Je sais que ce qu'elle vivait était extrêmement difficile, et qu'elle n'avait pas la force de mettre un terme à ces tortures. Je sais que c'est souvent le cas des femmes qui subissent ce qu'elle endurait. Cependant, ses parents et sa fille auraient été un soutien si elle avait décidé d'agir comme il l'aurait fallu. Donc même si je la comprenais un peu, je lui en voulais aussi.
Ensuite, quelque chose arrive, et après cela, j'ai espéré qu'Alice aurait appris de ses erreurs. Certes, il est logique qu'elle éprouve de la compassion, mais à sa place, j'aurais été aussi intransigeante que Denise. Celle-ci paraîtra peut-être un peu extrémiste à certains lecteurs. Quant à moi, je l'ai toujours comprise. De plus, lorsqu'Alice est honnête avec elle, même si elle est furieuse et blessée, elle finit par se calmer, parce qu'elle a obtenu la vérité.

La fin fait qu'on veut savoir ce qui va arriver. La dernière scène laisse à penser que certains personnages vont y laisser des plumes, voire davantage. Ce livre étant un tome 1, je me demande par qui la suite sera racontée. Alice est la narratrice de ce tome. Sera-t-elle celle de la suite? Ou bien, sera-ce Denise? J'aurais dû attendre que le tome 2 sorte avant de lire le tome 1... Maintenant, je bave d'envie... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden.

Amy McFadden est aussi talentueuse que d'habitude. Elle exprime très bien les fortes émotions de certains personnages. Elle n'en fait pas trop, ne tombe pas dans le larmoiement. Elle prend un petit accent pour Javier, et cela ne m'a pas agacée, car elle sait le doser. Elle modifie un peu sa voix pour les rôles masculins: cela ne m'a pas gênée, car là non plus, elle n'exagère pas. Enfin, elle prend un accent du sud des États-Unis pour certains personnages. Je n'aime pas trop cela, mais Amy McFadden fait partie de ceux qui le font de manière naturelle.

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