lundi, 7 novembre 2022

Les hommes ont peur de la lumière, de Douglas Kennedy.

Les hommes ont peur de la lumière

L'ouvrage:
Los Angeles.
Après plus de vingt ans dans la même entreprise, Brendan a été licencié dans une opération de délestage. Il est maintenant chauffeur pour Uber. Voilà au moins quinze ans que sa femme et lui ne s'entendent plus. Il a la chance d'avoir de tendres relations avec sa fille, Clara.
Un jour, parmi les passagers qui se succèdent dans sa voiture, se trouve Elise. Elle se rend dans une clinique...

Critique:
Après avoir pris le courage de lire «Cinq jours» (je ne pouvais pas en dire du mal sans vérifier ce que m'inspirait la quatrième de couverture) et avoir constaté que, comme je le pensai, il tenait davantage de Danielle Steel (qui m'agace) que de Douglas Kennedy, j'ai commencé à me méfier du romancier. Je suis contente d'avoir donné une chance à «Les hommes ont peur de la lumière», car il m'a plu. L'auteur retrouve son regard acéré sur la société. Brendan commence par nous décrire ses conditions de travail. Malheureusement, elles ne m'ont pas trop étonnée, mais entre les règles de Uber et certains passagers ravis de mettre en pratique leur petite mesure de pouvoir (je pense surtout à la fille qui sortait du spa, et à celle qui faisait les boutiques de luxe) la position de Brendan (et donc de tout chauffeur Uber) est délicate, ce qui met en avant le fait que d'une manière générale, l'humain n'est pas sympathique.

Ensuite, Douglas Kennedy s'attaque à un thème sensible aux États-Unis: l'avortement. Je ne sais pas si les lois de certains états étaient en train de changer pendant qu'il écrivait ce roman, mais l'un de ses personnages évoque cette idée à mots plus que couverts. Cela ne serait pas arrivé en réalité, je pense que je n'aurais pas compris toute la portée du discours de ce personnage, et n'aurais pas compris pourquoi Elise trouvait ce discours équivoque, voire dangereux. Sans entrer dans les détails, je pense que Douglas Kennedy n'exagère pas lorsqu'il décrit le fanatisme (et ce qui en découle) des «provie».

Brendan m'a été sympathique. Au long de ma lecture, je me suis même dit que l'auteur voulait sûrement réhabiliter ce prénom, le Brendan de «La symphonie du hasard» étant (à mes yeux, en tout cas) un détestable personnage. Ici, même si je n'ai pas toujours approuvé Brendan, je l'ai compris. Par exemple, j'ai compris pourquoi il ressentait le besoin de suivre les règles, pourquoi il ne parvenait pas à se rebeller face à une situation injuste...
À travers ses personnages, leur vie, leurs choix, leurs engagements, l'écrivain évoque aussi les relaiions parents / enfants. Malheureusement, je trouve que c'est un peu trop manichéen. Par exemple, la manière dont Agnieszka traite sa fille ne peut être excusée. Brendan tente de dire qu'elle est surtout maladroite, mais le lecteur, à l'instar de Clara, sait que c'est faux. Certes, Agnieszka n'est pas appréciable, d'une manière générale, mais il aurait été intéressant qu'elle le soit par certains côtés. Et si elle l'avait été par certains côtés, j'aurais peut-être dit qu'elle n'était pas crédible. ;-)
C'est un peu la même idée concernant Alison. Mais que ce soit Alison ou Agnieszka, elles sont crédibles. C'est seulement qu'elles sont si peu appréciables qu'il est effrayant que des personnages de ce genre (surtout du style d'Agnieszka) existent.

L'histoire ne soufre pas de temps morts. J'imagine que d'autres lecteurs réagiront comme moi, et souhaiteront que certains éléments aient tourné autrement. Cependant, il n'y a pas d'incohérences, donc ce qui ne m'a pas plu tient seulement du désaccord entre l'auteur et moi. ;-) Certes, on peut dire qu'il y a une chose un peu grosse, parce qu'il est étrange (pour ne pas dire invraisemblable) que Clara l'ait crue, mais après tout, cela se conçoit.

Il y a un fait qui me semble incohérent: celui qui arrive «un an plus tard». Je ne déplore pas ce fait, mais je n'ai pas compris pourquoi il était arrivé. Clara et Brendan tentent de l'expliquer, mais pour moi, cela ne colle pas. Je ne peux en dire davantage à ce sujet pour ne pas trop en dévoiler.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Cognard pour les éditions Lizzie.

C'est le premier livre enregistré par ce comédien que je lis. Son jeu m'a plu. Il se glisse parfaitement dans la peau de Brendan. Il a toujours le ton adéquat, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 3 novembre 2022

Les oubliés du dimanche, de Valérie Perrin.

Les oubliés du dimanche

L'ouvrage:
Justine Neige, vingt-et-un ans, vit avec ses grands-parents (Armand et Eugénie) et son cousin (Jules). Elle est aide-soignante à la maison de retraite Les Hortensias. Elle aime s'occuper des personnes âgées, et surtout, que celles-ci lui racontent leur histoire. Une série d'événements va bousculer sa routine. L'un d'eux est le suivant: un corbeau sévit aux Hortensias. Il contacte les familles qui ne viennent presque jamais voir leurs proches, et leur annonce que ceux-ci sont morts.

Critique:
Après avoir aimé «Trois» et «Changer l'eau des fleurs», j'ai sauté sur l'occasion de lire «Les oubliés du dimanche». Ce roman m'a plu.

À travers la vie de Justine et l'histoire que lui raconte Hélène, Valérie Perrin crée plusieurs intrigues qu'elle fait se croiser à divers degrés. Elle alterne le présent de Justine, le passé d'Hélène, et ce qui arriva aux Neige entre 1984 et 1996. Elle nous montre des personnages ordinaires, dont certains, à un moment de leur vie, ont mal agi par désespoir, en pensant que ce qui arriverait ne serait pas si cataclysmique. Mais on ne peut pas tout prévoir... L'un de ces personnages a eu la chance d'oublier son acte. De ce fait, je me demande comment Justine a pu en avoir connaissance. L'a-t-elle supposé? Ou bien Hélène a-t-elle fini par le deviner? Ou ai-je raté quelque chose?...
Quant aux personnages qui se souviennent, l'autrice montre comment ils tentent de composer avec les conséquences, et surtout leur culpabilité. Dans les romans, même si je tente toujours de me mettre à la place des personnages, je suis prompte à vouer ceux qui agissent mal aux gémonies. Ici, même si je les ai blâmés, je les ai compris, surtout celui qui finit par oublier. Un autre trouve moins grâce à mes yeux, mais il finit par bien agir... À ce sujet, j'aurai aimé avoir davantage d'informations sur ce protagoniste.

Le fait qu'époques et histoires soient entremêlées permet à Valérie Perrin de ménager le suspense en passant d'une époque et d'un personnage à l'autre. Je n'aime pas du tout cette ficelle, en général, mais ici, elle m'a moins gênée parce que chaque histoire m'intéressait. On quitte le passé d'Hélène, oh zut, mais en fait, c'est bien parce qu'on retrouve le présent de Justine, et vice versa. Cela fait que pour moi, ce livre est sans temps morts. De plus, cela donne le temps aux différentes énigmes de mijoter dans la tête du lecteur.

L'autrice n'oublie pas d'ajouter de petites notes d'humour pour détendre un peu certaines situations. Par exemple, Justine contrevient à la loi lorsqu'elle se laisse enfermer dans la gendarmerie afin de fouiller les archives. Ce qu'elle fait est risqué, elle a très froid, et une chose quelque peu amusante arrive, de laquelle découlent des remarques (parfois caustiques) de la jeune fille.

J'ai regretté de devoir quitter Justine (cela m'arrive avec beaucoup de livres). J'aurais aimé continuer de la suivre après tous ces événements... Surtout qu'elle laisse le lecteur sur un suspense insoutenable. ;-)

Je ne sais pas à quel point Valérie Perrin s'est documentée, mais j'aimerais savoir si elle s'est appuyée sur des études pour l'une de ses affirmations, ou si elle a tout inventé. Je parle du fait qu'une personne dyslexique ne parvienne pas à apprendre à lire «en noir» (terme qu'utilisent en général les aveugles pour parler de l'écriture de ceux qui voient) et apprenne le braille sans soucis. De plus, si j'ai bien compris, Hélène apprend le braille au toucher. Or, les personnes qui voient avec qui j'ai évoqué le braille m'ont toujours dit qu'au toucher, il leur était impossible de distinguer le nombre de points et l'écartement entre chacun.

Remarque annexe:
Je déteste les termes aseptisés qu'emploient beaucoup de gens pour dire «aveugle». Je déteste qu'on n'emploie pas le terme exact pour dire quelque chose, et qu'on le remplace par du politiquement correct. Valérie Perrin s'en tire bien. Elle parvient à contenter tout le monde en employant parfois «aveugle» et parfois «non-voyant». Heureusement pour moi, elle n'écrit pas «déficient visuel» que j'abhorre davantage que «non-voyant», car je n'aime pas l'idée apportée par le mot «déficient».

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maeva Méline.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. Elle n'avait pas la partie facile. Par exemple, Justine précise que son grand-père a l'accent du coin, qu'il roule les «r»... Alors, Maeva Méline était obligée de faire cet accent lorsque Armand s'exprimait. En général, ce genre de choses ne me plaît pas. Ici, je trouve que la comédienne a bien joué, car on n'a pas l'impression qu'elle joue. Je me demande s'il y a eu une discussion entre elle, l'ingénieur du son et l'équipe d'Audiolib pour savoir s'il fallait aussi faire un accent à Eugénie. Justine ne précise rien quant à celle-ci, mais après tout, elle est du même coin et de la même époque qu'Armand. Je préfère que la comédienne n'ait pas pris d'accent pour ce personnage.
Outre cet exemple, j'ai apprécié le jeu de Maeva Méline au long du roman. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Souvent, je râle parce que lorsque les chapitres d'un livre ne durent pas environ un quart d'heure, Audiolib coupe les plus gros, et réunit les plus petits. Ici, j'ai été ravie de constater que seul, un «gros» chapitre est coupé en deux pistes. Les petits (même très petits) ne sont pas réunis. :-)

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jeudi, 27 octobre 2022

Le silence des repentis, de Kimi Cunningham Grant.

Le silence des repentis

L'ouvrage:
Depuis environ huit ans, Cooper et sa fille, Finch, vivent coupés du monde, dans une cabane en pleine forêt, au nord des Appalaches. La fillette est profondément attachée à son père, et à la vie qu'ils mènent. Cependant, il lui est de plus en plus difficile de supporter l'isolement auquel les contraint Cooper. C'est alors que des événements vont perturber leur équilibre précaire, à commencer par la défection de Jack, l'ami de Cooper qui les approvisionne tous les ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec finesse et intelligence, l'autrice soulève d'intéressantes questions, surtout concernant les actes passés de Cooper. À la fin, Finch elle-même se demande si elle aurait agi comme lui. Sans pouvoir être sûre de moi, j'imagine que j'aurais agi comme lui. Finch met également en avant qu'il est possible que Cooper ait diabolisé certains protagonistes, tout en reconnaissant qu'il pouvait avoir raison, et qu'ils se sont adoucis avec le temps. Je suis tentée de croire Cooper. Certes, je n'ai eu que son point de vue, mais je ne vois pas comment atténuer la portée des actes des personnes en question. Tout cela amène à des réflexions sur la force de caractère nécessaire pour vivre comme l'a fait Cooper. La manière dont ce dernier préserve jalousement son existence loin du monde donne à penser qu'il pourrait tout sacrifier au nom de cela, quitte à agir inconsidérément. Pourtant, lorsque les choses s'aggravent au point qu'elles en devienent incontrôlables, il prend la décision de faire le moins de mal possible.

J'ai apprécié le mystère que la romancière laisse longtemps planer quant à Scotland. D'un côté, il y a l'opinion de Cooper; de l'autre, celle de Finch. Le lecteur est tiraillé entre ces ressentis contradictoires. Les deux points de vue se défendent. Après coup, je me suis dit que malgré tout, l'autrice avait toujours fait pencher la balance d'un côté. Oui, mais c'est facile de penser cela après.
Concernant Scotland, j'aurais aimé en savoir davantage sur ce qu'il devient. Certes, on l'imagine très bien, mais je pensais que nos héros auraient trouvé le moyen d'en apprendre plus.

Ce roman est plein d'émotion, de sentiments pas toujours simples. Il n'y a aucun temps mort.
Étant moins raisonnable que Cooper, j'aurais préféré que Finch ne s'attachât pas à certains personnages, et qu'elle décide, peu après les avoir rencontrés, qu'ils n'en valaient absolument pas la peine. Certes, mais Finch avait besoin d'exister ailleurs que dans la cabane de son père. De ce fait, il valait mieux que les relations entre elle et ces personnages fussent bonnes. De plus, j'ai beau souhaiter cela, je sais que cela n'aurait pas été crédible. ;-)

Éditeur: Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 24 octobre 2022

Celle que je suis, de Claire Norton.

Celle que je suis

L'ouvrage:
Valentine est mariée depuis seize ans, elle a un fils (Nathan) de six ans. Ce jour-là, dans le hall de son immeuble, elle croise Susette (la soixantaine) qui, comprend-elle, emménage juste en face de chez elle. Cette rencontre est un tournant dans la vie de la jeune femme.

Critique:
J'avais un peu peur de lire ce roman, car il y a quelques années, j'ai abandonné «En ton âme et conscience» que je trouvais mièvre. Le résumé de «Celle que je suis» m'a attirée, et j'ai décidé d'essayer. Certains lecteurs tatillons diront peut-être qu'il y a un peu de mièvrerie, mais il ne m'a pas semblé, ou du moins, elle ne m'a pas été insupportable. Il y a bien un cliché (celui dont la mère de Vincent est l'instigatrice) mais je l'ai pardonné à l'autrice parce qu'il lui fallait bien un moyen d'en arriver où elle le souhaitait, et parce que ce n'est qu'une toute petite partie du roman. Certes, cela change toute la vie de Valentine...
Quant à l'autre chose qui pourrait paraître grosse, la romancière a bien joué, car elle a trouvé le moyen pour que ce soit crédible, et même logique.

La romancière s'attaque, dans cet ouvrage, à un sujet important: la maltraitance conjugale. Elle explore le thème sous toutes ses coutures. Bien sûr, elle évoque la réaction des gens lambda. Je ne savais pas que certains pensaient que si une personne maltraitée par son conjoint restait avec lui, c'était parce qu'elle aimait cela. Cela m'a choquée. Quant à moi, je fais partie de ceux qui pensent que la personne doit trouver le courage de fuir. Je sais également que ce n'est pas simple. Valentine expose tout ce qui fait qu'elle ne peut s'y résoudre, et même si j'ai eu envie de lui crier: «Va-t'en! Tu vas y arriver!», je comprenais très bien qu'elle n'y parvienne pas. Depuis longtemps, je partage l'opinion de Claire Norton quant au fait qu'il n'y a pas de profils de personnes «maltraitables». Je pense, comme l'autrice, que nous le sommes tous potentiellement, et que certains tombent malheureusement sur celui ou celle qui sait trouver la faille. Par exemple, une personne qui entend, çà et là, de petites phrases dépréciatrices de la part de son conjoint, finira par les croire, même un peu...
Claire Norton dit aussi à son lecteur que peut-être, sans le savoir, il côtoie des personnes maltraitées. J'espère que si je me rendais compte que j'en côtoie une, je tenterais de l'aider. Je dis «j'espère» car je pense qu'on ne peut savoir comment on réagirait dans ce genre de situations tant qu'on n'y a pas été confronté.

L'écrivain aborde une question que je commente toujours quand je la trouve dans les romans, celle du pardon. J'ai apprécié qu'elle fasse dire différentes choses à ses personnages à ce sujet. On trouve bien sûr l'idée que le pardon libère, mais Valentine la nuance. Puis Claire Norton elle-même la nuance. En effet, au départ, je comprenais tout à fait Valentine qui ne pouvait pardonner à une personne. Puis les circonstances de ce qu'a fait cette personne sont expliquées tant à Valentine qu'au lecteur, et cela change la donne. D'un autre côté, Valentine explique, à très juste titre, que le fait d'avoir pardonné un acte impardonnable fait qu'à présent, elle ne fait plus grand cas de la libération morale qu'engendre le pardon. Quant à ce sujet précis, nous ne pouvons qu'abonder dans son sens. J'ai donc aimé qu'à l'inverse d'autres romanciers prônant le pardon à tout-va, l'autrice nuance son propos.

Étant une horrible bonne femme, je ne peux m'empêcher de pointer du doigt des erreurs de syntaxe. D'abord, il y a celle que je ne laisse jamais passer: on pardonne quelque chose à quelqu'un, on ne pardonne pas quelqu'un. Ensuite, il y a une phrase qu'à mon avis, personne (entre l'autrice et le (ou les) correcteur(s) n'a relue attentivement. Elle est au chapitre 22: «Cette nuit-là encore, Valentine refit le même cauchemar de la nuit précédente.» Phrase pléonasme... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison pour les éditions Lizzie.
Sophie Frison fait partie des comédiens que je retrouve avec plaisir. Ici, elle a joué toute une palette de sentiments et de nuances sans difficultés apparentes. Par exemple, des répliques légèrement sarcastiques, d'autres pleines de colère, d'autres souriantes, d'autres désespérées... La comédienne a rendu tout cela sans excès.

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lundi, 17 octobre 2022

Si loin de l'arbre, de Robin Benway.

Si loin de l'arbre

L'ouvrage:
À seize ans, Grace donne naissance à une petite fille. Ne pouvant la garder (elle le souhaiterait, mais cela ne lui est pas possible) elle la fait adopter. C'est alors qu'elle demande à ses parents s'ils savent comment elle pourrait retrouver sa mère biologique. Ils ne le savent pas, mais apprennent à Grace que la jeune femme a eu deux autres enfants, et qu'ils ont les coordonnées de la famille qui a adopté l'un d'eux.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «Emmy et Oliver», j'ai sauté sur l'occasion quand j'ai vu que la BSR avait enregistré un roman de la même autrice. Ce livre m'a beaucoup plu. Robin Benway expose la vie de trois adolescents, leur vécu, leur psychologie, et donc leur ressenti. Elle s'y entend à merveille. Tout est crédible et réaliste. Bien sûr, certains diront que tout s'arrange un peu trop bien à la fin. Pour moi, elle a bien fait. Parfois (comme ici), ça peut bien se terminer sans que le livre soit invraisemblable ou mièvre. De plus, certains personnages ont encore du chemin à parcourir.

À l'instar de Marc et Linda, j'étais désolée que Joaquin s'accuse de tous les maux, et se pense indigne de tous. Cependant, comment ne pas le comprendre, étant donné ce qu'il a vécu. À ce sujet, je pensais que les trois héros découvriraient que Mélissa était une Marie-couche-toi-là, et je me demandais comment l'autrice allait s'en sortir si elle voulait lui trouver des excuses. Je suis contente: j'ai beau être une vieille routarde des ficelles qu'on trouve dans les romans, je me suis trompée. Robin Benway a fait ce qu'elle a voulu comme elle l'a voulu, et là encore, rien n'est incohérent.

Si la psychologie et le ressenti des adolescents sont bien expliqués, ceux des parents aussi. Comme la plupart des parents, ils veulent bien faire, et se fourvoient parfois. Les parents de Grace ne parviennent pas toujours à communiquer avec elle (par exemple, ils ne lui ont pas demandé si elle voulait faire adopter Pêche); les parents de Maya peinent à comprendre où ils en sont concernant eux-mêmes... Pour moi, seuls Marc et Linda ne font aucune erreur. Mais attention, ils en feraient sûrement s'il y avait une suite. ;-) ;-)

J'ai apprécié que certains ne s'attachent pas à un respect absolu des règles, si cela voulait dire que la communication serait plus aisée. Je pense à Anna, qui accepte que les séances de thérapie de Joaquin aient lieu dans un restaurant, car le jeune garçon est oppressé par le cabinet de la psychologue.
J'ai aimé la manière dont les trois adolescents se rencontrent, s'apprivoisent, se confient, se soutiennent...

Je n'ai trouvé aucun temps mort.

Éditeur: Nathan.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claire Le Bayon pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est le premier livre enregistré par Claire Le Bayon que je lis. Sa lecture sans cabotinage ni excès de sobriété m'a plu. De plus, je tiens à la remercier des milliards de fois d'avoir prononcé Grace sans affectation, sans tenter un accent anglophone. D'une manière générale, elle a prononcé tous les noms propres ainsi.

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