jeudi, 13 décembre 2018

#Famous, de Jilly Gagnon.

L'ouvrage:
Ce jour-là, Rachel est dans la file d'attente d'un fast-food. Sa meilleure amie (Mo) la bombarde de SMS désespérés: elle est sûre qu'elle va rater l'examen du lendemain. Rachel s'imagine alors envoyer à Mo une photo qui l'amusera. C'est là qu'elle se rend compte que celui qui va la servir est Kyle: il va au même lycée qu'elle, ils ont un cours en commun, et elle sait que son béguin pour lui est sans espoir.

Critique:
Ce roman est sympathique. J'avais peur qu'il soit mièvre, mais il m'a plu. Bien sûr, il y a quelques malentendus qui retardent certaines choses, mais ils n'arrivent pas trop tôt, et donc ne durent pas.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages, surtout Rachel. Elle sait exactement où elle se situe dans l'échelle sociale du lycée, en a pris son parti, et ne cherche pas à changer de place. Elle est intéressante et attachante. Elle prend ce qui lui tombe dessus du mieux qu'elle peut. Ce qui lui arrive juste après ce moment où Kyle lui a servi ses frites montre bien la bêtise et la méchanceté gratuite des gens. Rachel est plutôt effacée, et elle fait quelque chose que les filles populaires ne lui pardonnent pas. Donc, elles la lynchent en place publique.

Heureusement, ce thème n'est pas le seul abordé par Jilly Gagnon. Les choses évoluent, d'autres paramètres entrent en compte... J'ai très bien compris le recul de l'héroïne lorsqu'elle est, en quelque sorte, forcée d'accepter ce que d'autres ont manigancé dans son dos, et qu'elle sait que tout cela est frelaté.

J'ai aussi apprécié Kyle, mais un peu moins. Il est pourtant aimable, et quand il fait des erreurs, se repent. Toute cette histoire le force à évoluer, à se demander ce qu'il souhaite vraiment, à se pousser à ne pas tricher.

J'ai aimé qu'Emma ne soit pas absolument détestable. Certes, elle n'agit pas toujours bien, mais son histoire et certains de ses actes montrent qu'elle n'est pas méchante.

Je ne sais pas quoi penser de Mo. Bien sûr, elle veut le bonheur de son amie, mais parfois, elle en fait trop, tout comme la mère de Rachel...

Un livre sympathique, qui aborde certaines questions avec justesse, et dont les personnages principaux sont attachants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Ce roman m'a un peu fait penser à «Ensemble à minuit», parce qu'il est lu par les mêmes comédiens, et met aussi en scène deux gentils adolescents. D'ailleurs, si je n'avais pas de soucis pour penser «Rachel» concernant le rôle d'Arielle Delisle, je pensais toujours «Max» (le héros d'«Ensemble à minuit») au lieu de «Kyle» pour le rôle de James Fouhey. En tout cas, il m'a plu de retrouver ces comédiens que je connais peu, mais dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, ils ont joué sans tomber dans le larmoyant, sans trop en faire. Leur interprétation est naturelle, et je pense que c'est grâce à cela que les malentendus un peu tirés par les cheveux sont bien passés.

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jeudi, 6 décembre 2018

La double vie d'Elise, de Leila Sales.

L'ouvrage:
Elise Dembowski, seize ans, n'a pas d'amis, et les filles populaires de son lycée la harcèlent. L'adolescente est rejetée par ses pairs depuis son enfance. Après une dernière tentative (qui échoue) pour faire partie des «cools», et pour, de ce fait, avoir des amis, la jeune fille pense qu'elle n'aura jamais sa place nulle part. C'est alors qu'elle prend l'habitude de sortir, le soir, pour de longues errances...

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Il aborde plusieurs thèmes avec beaucoup de finesse et de justesse. Le harcèlement adolescent est, malheureusement, quelque chose qui arrive bien trop souvent. Leila Sales décrit parfaitement ce que cela engendre chez notre héroïne. Elle n'omet pas de montrer l'absurdité et la bêtise de la chose: la plupart ne savent pas pourquoi ils harcèlent Elise, si ce n'est pour suivre certains élèves populaires. Les autres le font pour passer le temps, pour exercer leur petit pouvoir, mais aussi (comme le dit le père de l'héroïne) par jalousie. En effet, la jeune fille est ainsi traitée parce qu'elle est différente. Par exemple, elle s'exprime très bien, ne suit pas la mode vestimentaire, écoute de la musique en faisant attention aux paroles... L'auteur montre bien toutes ces règles non écrites auxquelles tout le monde se conforme, règles qu'Elise ne maîtrise pas, et qu'elle trouve (à l'instar du lecteur) incongrues, stupides, et cruelles. Malheureusement, la romancière n'exagère pas lorsqu'elle montre des adultes qui ne prennent pas les choses par le bon bout. Par exemple, une enseignante se préoccupe soudain d'Elise, parce que son attention en cours diminue, mais elle ne disait rien avant cela, malgré les signes, lorsque la jeune fille subissait le harcèlement de ses camarades. Il aurait peut-être été plus nuancé de la part de l'auteur de montrer un adulte qui voit certaines choses, et s'en préoccupe vraiment, car tous ne sont pas comme ceux qu'on voit dans le lycée d'Elise, mais il existe sûrement davantage de collèges et de lycées où les adultes ne voient rien ou bien ne veulent rien voir.

En dehors de l'univers lycéen, Leila Sales montre des personnes de tous horizons. Lorsqu'Elise découvre ces gens, la romancière crée une ambiance particulière, comme si c'était une sorte de rêve. La narratrice elle-même remarque que c'est si étrange qu'elle se croirait dans «Alice au pays des merveilles». Les rencontres ont lieu la nuit, l'endroit où elles se passent semble invisible à première vue... Ici, l'adolescente est vue autrement. De ce fait, elle n'est pas gauche, et n'a pas à faire attention à ses moindres paroles. Bien sûr, comme elle a des années de rabaissement derrière elle, à la moindre anicroche, elle s'imagine fautive.
Je crois que la romancière n'exagère pas: à force de harcèlement, une personne, malgré son esprit critique, peut être poussée à croire que, d'une manière ou d'une autre, elle est en faute. Pendant une grande partie du roman, Elise pense savoir ce qui l'a précipitée là-dedans. Cela la poussera à un acte extrême, dont les causes et les conséquences sont, à mon avis, plus parlantes que toutes les leçons de morale que pourraient recevoir les harceleurs.

Leila Sales donne également une petite leçon d'ouverture d'esprit à son héroïne et au lecteur. Je pense que personne ne sera vraiment fan de Sally et Java. À un moment, elles disent à Elise qu'elles savent bien qu'elle se sent supérieure à elles, et que ça n'est pas grave. La jeune fille réfléchit, puis explique au lecteur qu'en fait, elle ne les comprend pas. Quant à moi, je ne les comprenais pas trop non plus, mais ne pouvais m'empêcher d'assortir cela de soupirs ennuyés à leur égard. Bien sûr, on ne peut pas apprécier tout le monde, mais Sally et Java n'embêtent personne. J'imagine quand même (et j'espère) que je me serais contentée de ne pas les fréquenter (même à défaut d'amis), et que je ne les aurais pas raillées si j'avais été un personnage du roman.

J'aime beaucoup la famille d'Elise. Steve (son beau-père) et Danielle (sa mère) me font un peu rire avec leur façon d'élever leurs enfants, mais ils ne sont pas ridicules comme certains parents. Ils prônent la discussion, l'ouverture d'esprit, la tolérance, l'écoute. Parfois, ils ont l'air d'être un peu dépassés par leur méthode (par exemple lors du jeu d'Alex et de Neil à la pizzeria), mais ils ne semblent jamais stupides, comme ces parents qui déclarent fièrement qu'ils ne giflent jamais, qu'ils expliquent et négocient toujours... et dont les enfants sont de véritables pestes imbus d'eux-mêmes.
D'un autre côté, on voit peu le père de l'héroïne, mais lui aussi semble ouvert et attachant. S'il est déboussolé par le comportement de sa fille, il lui donne souvent l'occasion de s'exprimer, veut la comprendre, et répond présent quand c'est important.

Je suis très loin d'avoir évoqué tout ce que j'ai aimé. En effet, moi, la pinailleuse, je ne reproche rien à ce roman. Certains personnages sont déplaisants et agissent stupidement, mais c'est voulu, car l'auteur veut montrer quelque chose par ce comportement. Certains événements sont quelque peu prévisibles, mais je souhaitais qu'ils arrivent, ce qui veut dire que Leila Sales a habilement manoeuvré pour me faire espérer justement ce qu'elle a fait. Malgré la gravité du sujet, il y a beaucoup de scènes et de répliques amusantes, surtout lorsque Mel, Vicky et Harry sont dans les parages.
Ce livre, par de multiples moyens, exhorte le lecteur à être lui-même.

Remarques annexes:
Le nom du groupe de Vicky me fait beaucoup rire (il m'en faut peu): les Rideaux Sales ou les Rideaux Crasseux. (Je ne sais pas comment cela a été traduit en français.)
Je n'imaginais pas du tout que le métier de disc-jockey demandait tant d'adresse et d'écoute (que ce soit des morceaux ou du public).
Dire que je craignais de trouver ce livre médiocre, que j'ai longtemps hésité à l'acheter, et qu'ensuite, j'ai repoussé sa lecture deux fois! Heureusement que j'aime beaucoup la lectrice, c'est elle qui a fait que je me suis décidée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Listenning Library.

Rebecca Lowman fait partie de mes lecteurs préférés. Son intonation est toujours appropriée, et elle modifie sa voix pour les rôles masculins sans que cela soit affecté. Son jeu est toujours naturel et plein de sensibilité.
J'ai lu plusieurs chroniques de personnes qui ne la supportent pas disant qu'elle prend souvent un ton pleurnichard. Un jour, je lisais un roman lu par elle alors que j'étais au travail, mais en pause, et une élève qui était dans la salle de classe, et qui ne comprend pas l'anglais, m'a demandé si la lectrice était déprimée. Certes, à ce moment-là du livre, Rebecca Lowman lisait les déboires d'un personnage narrés par ledit personnage qui était triste, donc il était normal que cela s'entende dans sa voix. Cependant, depuis ma lecture des chroniques et la remarque de l'élève, je fais davantage attention à cela. C'est vrai que, parfois, la comédienne prend un ton qui pourrait paraître un peu plaintif. L'appréciant et comprenant son jeu (pour moi, son ton va toujours avec ce qu'elle lit), cela ne me gêne pas, mais je comprends que cela en embête certains.

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jeudi, 22 novembre 2018

Une femme simple et honnête, de Robert Goolrick.

Une femme simple et honnête

L'ouvrage:
Wisconsin, hiver 1907. Dans le village où se déroule une grande partie de l'intrigue, Ralph Truitt, cinquante-quatre ans, est craint et peu apprécié. C'est un riche homme d'affaires, et beaucoup de villageois travaillent pour lui. À présent, il attend un train qui a du retard, et imagine que certains jasent.
Quelque temps auparavant, il a passé une annonce dans un journal de Chicago, annonce dans laquelle il disait rechercher une femme qui n'attend pas un mariage d'amour, qui n'a pas d'idées de grandeur... Après cela, il a correspondu avec Catherine Land: elle lui a écrit ne plus attendre grand-chose de la vie, et être cette femme simple et honnête qu'il cherche. C'est donc elle qui arrive par ce train qui a du retard.

Critique:
Comme j'ai lu «Féroces», j'ai eu une petite appréhension en m'attaquant à «Une femme simple et honnête»: j'avais peur d'y trouver des horreurs psychologiques. Je me suis décidée parce que le résumé m'attirait. S'il y a bien des éléments durs, ce roman renferme aussi un peu d'espoir. En outre, il est très réaliste.

On apprend assez vite le passé de Catherine, ainsi que ce qu'elle compte faire et pourquoi. Cela m'a un peu fait râler, mais finalement, ce n'est pas très étonnant. Le plus surprenant est peut-être que ce soit justement Catherine qui soit tombée sur l'annonce de Ralph.

Au long du roman, je me suis attachée à certains personnages. L'auteur décrit très bien le caractère de Ralph, ainsi que les épreuves qu'il a connues. Il fait pareil concernant Catherine. Là, on cerne les personnages, on compatit quant à ce qu'ils ont souffert. Catherine est plus ambiguë que Ralph. Elle arrive avec un objectif, la vie qu'elle connaît avec Ralph est (je pense) telle qu'elle l'imaginait, et pourtant... C'est surtout ce personnage qui interpelle. Elle évolue d'une manière qu'elle-même n'avait pas envisagée, et cela la déstabilise, ce qui fait que pendant une partie du roman (le début de la troisième partie), elle est perdue. À ce moment-là, je ne savais plus trop quoi penser d'elle. Son évolution m'avait fait l'apprécier, mais ce qu'elle fait après son retour de Saint-Louis me rendait perplexe. Bien sûr, on comprend pourquoi elle le fait malgré tout, mais je me disais qu'elle aurait pu «chercher une autre solution». L'intrigue semble simple, au départ, mais elle se complexifie justement grâce à l'ambivalence de Catherine, et aussi des réactions de Ralph.

Dans ce roman, on rencontre certains personnages qui, pour moi, ne savent pas prendre les bons côtés de la vie. Je ne parlerai que d'Alice afin de ne pas vous gâcher la lecture. Alice préfère une vie de perdition (apparemment, elle aime la luxure) plutôt qu'une vie davantage rangée (et donc moins dangereuse)aux côtés de sa soeur. J'ai eu du mal à la comprendre, mais j'imagine que si l'auteur a créé un tel personnage, il doit en exister dans la vie. L'histoire d'Alice permet au lecteur de savoir et de comprendre comment Catherine est arrivée où elle en est. Si elle est ambiguë, on ne peut nier que c'est une battante. Malgré les coups qu'elle reçoit de la vie, elle se relève. Malgré certains de ses actes et intentions, on éprouve de la compassion pour elle qui a appris la vie à coups de déconvenues. Son parcours (même s'il n'est pas identique) est à mettre en parallèle avec celui de Ralph. Il a appris les mêmes leçons de la vie.

Outre une intrigue captivante et des personnages qui soulèvent d'importantes questions, Robert Goolrick crée des ambiances à merveille. Qu'on soit dans le petit village du Wisconsin, auprès d'Alice, ou dans les luxueuses chambres d'hôtel de Saint-Louis, il suffit de quelques descriptions et dialogues pour être plongé dans l'ambiance de l'instant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Xavier Percy pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Elle sonne juste. Il n'a pas trop modifié sa voix pour les différents personnages, ce qui m'a plu. Il a très bien joué (sans surjeu) les sentiments qu'ils vivent et expriment. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Je regrette que l'éditeur audio ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Je n'aime pas la musique dans les livres, car pour moi, elle ne fait que retarder la lecture.

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jeudi, 15 novembre 2018

Eleanor Oliphant va très bien, de Gail Honeyman.

Eleanor Oliphant va très bien

L'ouvrage:
2017. Eleanor Oliphant a trente ans. Elle est agent comptable dans une entreprise de design. Elle vit seule. Tous les mercredis soirs, elle a une conversation téléphonique avec sa mère. En peu de temps, son train-train quotidien va être bouleversé: elle et son collègue (Raymond) sauvent un homme, et elle rencontre... celui dont elle veut partager la vie.

Critique:
Après avoir entendu du bien de ce livre, j'ai voulu le tenter. Je suis contente de dire que je ne me retrouve pas (comme ça a été le cas) à aller dans le sens contraire de la plupart de ceux qui l'ont lu. Il m'a beaucoup plu. Pourtant, ça a mal commencé, parce qu'à la lecture du résumé, j'ai cru que c'était un livre amusant. Or, ce n'est pas du tout le cas. Certaines répliques ou situations prêtent parfois à rire, mais le cocasse n'est absolument pas le maître mot du roman. Donc, au début, j'ai un peu râlé, mais j'ai continué car je me suis rapidement attachée à Eleanor, et ai ressenti de la compassion pour elle. C'est un personnage peu commun, malgré la vie très routinière dans laquelle elle s'est installée. Elle a des idées très tranchées sur certaines choses, et semble savoir ce qu'elle veut dans la vie. J'ai été déçue de découvrir très vite que ses collègues se moquaient d'elle, et la considéraient comme une pauvre folle. Moi qui partage certaines de ses idées (sur les réceptions et les cadeaux de mariage, la cigarette, les repas de fêtes en entreprise, la ponctualité), je ne serais pas très étonnée que certains m'imaginent un peu comme ses collègues la voient. Elle est aussi très franche, et a parfois du mal à s'accommoder des codes sociaux.

Au début, son besoin de routine, son affection pour la vodka, et sa toquade pour le musicien peuvent faire penser qu'elle n'est pas très équilibrée. Pourtant, malgré quelques failles, elle est très lucide. L'analyse qu'elle fait d'elle-même et de son comportement au chapitre 26 en est une preuve. Elle sait parfaitement pourquoi elle est ainsi, pourquoi elle a agi de telle manière en telle circonstance. Elle se doute aussi qu'elle est au pied du mur, et va devoir creuser tout cela. C'est justement ce qu'elle s'efforce de ne pas faire depuis des années. Voilà pourquoi elle préfère une certaine voie, et en veut presque à Raymond qui la pousse dans l'autre sens.

Gail Honeyman a créé un personnage qui se croit faible, mais est très fort. Eleanor a eu la force de repousser ce avec quoi elle ne voulait pas vivre, puis celle de l'accepter alors que le repousser devenait impossible. Elle est attendrissante, attachante, touchante. Dès le départ, j'ai trouvé dommage que ses collègues la voient comme une idiote à cause de son apparence et de ses propos parfois étranges. Au long du roman, elle évolue, une personne tente de mieux la connaître et ne s'enfuit pas, et notre héroïne trouve le courage d'affronter ce qu'elle avait juré d'enfouir au fond d'elle-même.

Eleanor joue à une sorte de jeu dans le bus: elle prend dix secondes pour examiner les gens, et va s'asseoir à côté de la personne qu'elle juge la plus saine. Moi, si je faisais cela, je choisirais la personne qui ne s'est pas renversé le flacon de parfum sur la tête. Hahaha, La Livrophile profite d'une chronique pour râler après les gens parfumés.

L'héroïne explique qu'elle aime beaucoup «Jane Eyre» et «Raison et sentiments». Dans sa vie (si j'ose dire) il y a une allusion au roman de Jane Austen. Il y a aussi quelque chose qui relie «Jane Eyre» à sa vie, mais j'avoue ne pas avoir compris pourquoi Gail Honeyman a souhaité faire ainsi. (Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, on découvre cela lorsqu'Eleanor lit la feuille qui s'est échappée de son dossier alors que ledit dossier se trouvait chez elle.)

Il y a deux petites choses que je n'ai pas comprises...

Afficher Attention, je dévoile des éléments clés.Masquer Attention, je dévoile des éléments clés.

La mère d'Eleanor lui fait comprendre qu'elle est le fruit d'un viol. Dans ce cas, comment Marianne est-elle née? La mère d'Eleanor a-t-elle à nouveau été violée, et ce viol a-t-il à nouveau engendré un enfant? C'est un peu étrange...
D'autre part, si Eleanor était attachée quand sa mère a déclenché l'incendie, qu'elle a réussi à se détacher, à sortir de la maison, puis à y retourner pour tenter de sauver Marianne, et qu'elle s'en est tirée, comment se fait-il que sa mère (qui n'avait qu'elle-même à sauver) soit morte? Elle est restée moins longtemps qu'Eleanor exposée aux flammes, puisqu'elle s'est enfuie sitôt l'incendie déclenché...

Un roman très sympathique, qui montre que quand on veut bien s'écouter et se faire aider, et que quand on tend la main au lieu d'imaginer que la personne en face est folle, les choses passent tout de suite mieux.

Éditeur: Fleuve.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Carine Leduc pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est le premier livre enregistré par cette lectrice bénévole que j'écoute. J'ai plusieurs fois repoussé cette lecture, parce que comme je pensais que le livre était drôle, je ne comprenais pas pourquoi la lectrice n'y mettait pas davantage de dynamisme. Après lui avoir enfin donné sa chance, je peux dire que j'ai beaucoup apprécié l'interprétation de Carine Leduc. Elle n'en fait pas trop, n'est pas trop sobre, ne force pas le trait pour donner des voix aux différents personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir. Ce qui m'a un peu moins plu, c'est qu'elle n'ait pas prononcé Oliphant totalement à la française.

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lundi, 5 novembre 2018

Ensemble à minuit, de Jennifer Castle.

Ensemble à minuit

Note: Ce roman sort en français mercredi.

L'ouvrage:
Kendall vient de passer un semestre à l'étranger. Elle est de retour chez elle, près de New York, pour les vacances de Noël. Elle décide d'aller passer la deuxième semaine à New York même chez son frère, Emerson.
Max habite quelques jours chez son grand-père pour s'en occuper, le temps qu'une nouvelle aide soit engagée. Max et Kendall se connaissent depuis l'été, mais ils ne gardent pas forcément un bon souvenir de la rencontre.
À un arrêt de bus, les deux adolescents sont témoins d'une dispute, puis d'un accident. Avec le recul, ils pensent qu'en intervenant lors de la querelle, ils auraient pu éviter l'accident. C'est alors qu'ils en discutent autour d'un café qu'une serveuse leur lance un défi: ils doivent faire sept bonnes actions envers des inconnus. Kendall ajoute que l'argent ne doit pas entrer en compte.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je l'ai lu tout de suite après «Nous rêvions juste de liberté», et c'était exactement ce qu'il me fallait pour sortir de quelque chose de si éprouvant. (Pour ceux qui se demanderaient pourquoi les deux chroniques sont si éloignées dans le temps, le livre d'Henri Loevenbruck était un service presse, et je publie les chroniques des services presse très vite après les avoir écrites.) Max et Kendall sont gentils et un peu perdus concernant certains aspects de leur vie. C'est dans ce contexte qu'ils voient cette dispute qui entraîne un terrible événement. Par la suite, Max explique que ce qu'ils ont fait (ne pas intervenir dans la dispute) est apparemment une façon commune de réagir. Personne ne veut intervenir lorsque des inconnus sont impliqués, pensant que d'autres vont le faire. C'est exactement ce que nos deux héros pensaient. Je ne savais pas qu'une théorie existait, et que cette façon d'agir (ou de ne pas agir) était devenue commune. C'est dommage, mais franchement, je me vois mal me mêler d'un conflit entre deux inconnus. Surtout que, comme c'est souligné et même montré dans le roman, certains peuvent rejeter assez rudement l'aide offerte.

J'ai apprécié la décision que prennent Max et Kendall après l'accident: aider des inconnus. Le livre alterne les chapitres où Kendall raconte et ceux où Max le fait. Une fois qu'ils ont eu affaire à quelqu'un, il y a un passage où la personne s'exprime. Certains personnages m'ont un peu serré le coeur, comme Bryan, le père de l'enfant que Kendall distrait.
À un moment, Max se demande s'ils ont vraiment aidé quelqu'un, et s'ils ne l'ont pas plutôt enfoncé. (Je parle de Winston.) J'ai compris son questionnement, et j'ai trouvé bien que Kendall et lui y réfléchissent.
J'ai apprécié que Cora refuse leur aide, surtout après avoir lu le passage où elle s'exprime.
Il y a aussi la fois où l'aide que Kendall apporte finit par lui déplaire. Il m'a plu que Jennifer Castle montre plusieurs exemples, et que tout ne soit pas toujours bien perçu par tous.
Après ce roman, je me demande si, lorsque je serai confrontée à ce genre de situations, j'oserai proposer mon aide. Je ne peux pas répondre...
En tout cas, je trouve sympathique un roman où deux adolescents décident d'être gentils, et d'aider des gens qui semblent en avoir besoin.

Certains trouveront peut-être les chassés-croisés amoureux un peu pénibles. Ils ne m'ont pas trop ennuyée, principalement parce que tout finit comme je le souhaitais.

Un joli roman qui soulève certaines questions sur la nature humaine.

Éditeur français: Casterman.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Je connais très peu James Fouhey. Le bon souvenir que j'ai de lui dans «Don't try to find me» n'a pas été contrarié. J'ai apprécié son interprétation, et l'entendrai à nouveau avec plaisir. Il a dû moduler un peu sa voix pour les passages narrés par des hommes autres que Max, et s'en est bien sorti.

Comme je l'ai dit dans une chronique récente, j'aime beaucoup Arielle Delisle. Ici, j'ai été un peu déçue qu'elle change à ce point sa voix pour certains passages narrés par des femmes autres que Kendall, mais elle y était obligée pour montrer un vrai contraste. Elle s'en tire assez bien.

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