lundi, 23 octobre 2017

Inhereting Edith, de Zoe Fishman.

Inheriting Edith

L'ouvrage:
Maggie, trente-huit ans, femme de ménage, a une fille de deux ans (Lucy). Un jour, elle apprend que Liza (une amie perdue de vue depuis plusieurs années) est décédée, lui léguant sa maison et... la garde de sa mère, Edith, quatre-vingt-deux ans. Edith ayant la maladie d'Alzheimer, Liza avait trouvé en Maggie une personne de confiance.

Critique:
Ce roman m'a plu. Edith et Maggie, forcées de cohabiter, doivent s'ouvrir l'une à l'autre. C'est bien plus difficile pour Edith qui, en plus d'avoir un squelette dans son placard, se reproche le suicide de Liza, et ne souhaite pas qu'une inconnue s'occupe d'elle. Le lecteur s'identifiera très facilement aux deux femmes qui ont du mal à s'adapter. C'est bien sûr Edith qui suscitera le plus de compassion. Elle ne peut rien faire pour arrêter ce qui lui arrive.
Maggie est sympathique. Vivre avec Edith, apprendre son passé, parler avec elle... tout cela fait qu'elle réfléchit à ses propres choix de vie, se remet en question... Certaines choses m'ont un peu agacée chez elle. Par exemple, on a l'impression qu'elle cède à tous les caprices de Lucy. Ce qui est réconfortant, c'est qu'elle s'en rend compte, et sait qu'elle va devoir être plus ferme.

Le portrait de Liza qui se dessine n'est pas forcément flatteur. À un moment, Edith pense savoir pourquoi sa fille lui a caché une certaine chose, et pour elle, c'est de la manipulation. Maggie lui propose une autre explication. Cela montre Liza sous un jour étrange. On se demande quelle est la vraie. Peut-être les deux. J'ai du mal à adhérer à la théorie de Maggie parce qu'à la place de Liza, j'aurais agi différemment. Mais il est vrai que parfois (souvent, même) on agit mal en pensant bien faire.

Esther, l'amie d'Edith est un personnage assez drôle. Elle a toujours une réplique bien sentie, et veut toujours voir le bon côté de la vie. Mais parfois, elle est un peu envahissante...

Certains diront peut-être que le tout n'est pas très réaliste à cause d'éléments un peu gros, mais l'ensemble m'a plu. Ces deux femmes qui apprennent l'une de l'autre, Edith osant faire un pas qu'elle aurait regretté de ne pas avoir fait, Maggie acceptant de faire taire son égoïsme, se faisant des amis, tout cela est assez optimiste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

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9 lectures

lundi, 9 octobre 2017

Last one home, de Debbie Macomber.

Last one home

L'ouvrage:
À dix-huit ans, Cassie Carter a fui la maison familiale pour épouser le garçon qui venait de lui faire un enfant. Agissant ainsi, elle a brisé le coeur de ses parents. Ses soeurs, Karen et Nichole, ne ressentent plus que rancoeur et amertume à son égard.
Après plusieurs années de souffrance, Cassie est parvenue à mettre fin à son mariage. Depuis, elle et sa fille Amy sont reparties de zéro. Maintenant, à trente-et-un ans, elle fait ce qu'elle peut pour s'en sortir. C'est alors qu'elle reçoit une lettre de Karen.

Critique:
J'ai décidé de tenter ce livre en connaissance de cause. Je pensais bien que ce serait une lecture facile, légère, et donc repose-cerveau. Je l'ai pris parce que j'aime beaucoup la lectrice. En effet, l'intrigue est assez prévisible. Par exemple, dès que l'un des personnages est apparu, j'ai su qu'il serait le futur soupirant de Cassie. J'ai également vite soupçonné un personnage de rouerie (je le trouvais un peu trop empressé), et je ne me suis pas trompée. Enfin, je me doutais qu'il y avait anguille sous roche avec un autre... Ces ficelles sont un peu faciles, mais après tout, elles décrivent des événements qui pourraient arriver dans la vie.

Même si les personnages ne sont pas très creusés, j'ai apprécié que l'héroïne se remette en question, et reconnaisse qu'elle a fait n'importe quoi avant. Il est un peu gros qu'elle fasse figure de Super Woman. En effet, elle travaille énormément. À un moment, elle se blesse grièvement: il est très dur de lui faire comprendre qu'elle doit se reposer. Bien sûr, cette blessure (entre autres) est un prétexte pour l'auteur afin de créer un moment émouvant où le personnage amoureux de Cassie va pouvoir jouer les chevaliers servants. Cela ne m'a pas agacée, car je m'attendais à ce genre de ficelles.

Nichole m'a un peu ennuyée... J'ai trouvé qu'elle était un peu trop sûre d'elle, de sa vie... Au début, Karen aussi m'a un peu agacée parce qu'il me semblait qu'elle voulait une vie trop bien rangée. Pourtant, j'approuvais (par exemple) le fait qu'elle tienne à ce que toute la famille se retrouve à table pour partager les événements de la journée.

Amy, la fille de Cassie, est assez amusante. Elle pense beaucoup avec son estomac, ce qui permet de créer de petits instants de détente. Bien sûr, elle s'inquiète beaucoup pour sa mère, la protège comme elle peut, et la précipite dans les bras de celui qui, selon elle, est le bon. Là encore, l'auteur insère des moments amusants, notamment la conversation entre Amy et l'amoureux de Cassie (dont je vous laisse découvrir le prénom) où ceux-ci planifient certaines choses et que Cassie tente désespérément de les arrêter. Je pense que l'arrangement entre Royce et Amy est aussi un moment drôle, mais j'ai trouvé ça lourd.

C'est un roman assez prévisible, qui conviendra parfaitement si on n'a pas envie de réfléchir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio.

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56 lectures

jeudi, 5 octobre 2017

Broken soup, de Jenny Valentine.

Broken soup

L'ouvrage:
Rowan Clark, quinze ans, est en train de faire ses courses quand un garçon l'aborde pour lui donner quelque chose qu'elle vient de faire tomber. La jeune fille commence par refuser de prendre ce qu'on lui tend, car elle s'aperçoit rapidement que cela ne lui appartient pas. Le garçon insiste. Ne voulant pas faire d'histoires, Rowan prend le négatif de photo, comptant bien l'oublier. Mais elle ne le pourra pas...

Critique:
Ce livre m'a plu. Bien sûr, certaines choses paraissent un peu grosses. Par exemple, ce que je dis dans mon résumé. Le lecteur se demandera comment l'auteur expliquera ce quiproquo. Elle le fait relativement bien. Je pense que ce genre de choses est possible. Il est par contre assez improbable que la personne pensant ne pas être concernée le soit justement... mais les coïncidences existent. Parfois, il arrive des choses dans la vie à propos desquelles je pense: «Je trouverais ça dans un livre, je crierais à l'invraisemblance.»
Il est également un peu gros que Rowan rencontre justement Harper à l'hôpital... Mais j'ai pardonné ces petites aspérités à Jenny Valentine.

Je me suis très vite attachée aux personnages. Rowan fait de son mieux pour faire ce qu'elle croit être juste. Quant à Stroma, elle semble inépuisable lorsqu'il s'agit de rire, de vivre de bons moments. Elle se rend très bien compte, malgré son jeune âge, que sa grande soeur porte la famille, et essaie de l'aider comme elle peut. J'ai beaucoup aimé la scène du «petit-déjeuner au lit»...

J'ai aussi apprécié Bee, Carl, sonny, Harper... Chacun a quelque chose à dire. Ils sont tous épais et travaillés.

À travers ses personnages, l'auteur montre différentes façons de réagir à la mort d'un proche. On peut être en colère contre la mère de Rowan, mais comment réagirions-nous à sa place? Parfois, les choses sont trop difficiles à gérer après une perte. Il faut continuer, mais on peut comprendre que pour certains, cela semble impossible.

Un livre délicat, plein de sensibilité, de jolies rencontres.

Éditeur: l'École des loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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72 lectures

lundi, 2 octobre 2017

We could be beautiful, de Swan Huntley.

We could be beautiful

L'ouvrage:
Catherine West mène une vie dorée, et travaille, alors qu'elle n'en a pas besoin. Seulement, a quarante-trois ans, elle n'a pas rencontré le véritable amour, ce qui la désespère. C'est alors que sa route croise celle de William Stockton. Élégant, beau, raffiné, attentionné, il la séduit. Mais les choses ne sont pas si simples.

Critique:
Au départ, je m'attendais au genre de romans où l'homme, une fois sa proie ferrée, se transforme en monstre qui frappe, qui manipule, etc. Ce livre est plus subtil. À mon avis, Swan Huntley a pris un pari risqué. Elle raconte une histoire sérieuse, grave, parfois sordide, d'un style alerte, avec des répliques et des personnages caustiques. J'ai très souvent souri, voire ri, pendant ma lecture, et au début, je me demandais comment cela pourrait cadrer avec ce que le résumé laisse entrevoir de l'intrigue. Swan Huntley s'en sort parfaitement. On pourrait lui reprocher de traîner, car certaines choses sont révélées bien après que le lecteur les a devinées, mais il ne faut pas ramener ce roman à une intrigue simpliste. Si les découvertes sont intéressantes, la psychologie des personnages est ce qui domine.

Catherine se voile la face dès le départ. J'ai tout de suite vu les petits compromis qu'elle faisait, qui n'avaient l'air de rien à ses yeux, et qui pourtant l'étaient. Bien sûr, une relation est jalonnée de compromis, mais ceux que Catherine faisait étaient accompagnés d'une totale absence de discussion. Ce qu'elle n'aimait pas, ce qu'elle désapprouvait, elle le taisait. Ce genre de choses se retrouve très souvent, et pas seulement dans une relation amoureuse. Cela invite le lecteur à réfléchir...

D'autre part, l'héroïne peut être agaçante: elle ne profite pas de sa vie. Elle se focalise sur ce qu'elle n'a pas. (Pour ne rien arranger, elle ne cesse de gaspiller de la nourriture sans presque y penser.) Ce qui la rend sympathique, c'est d'abord l'idée qu'à sa place, on agirait peut-être comme elle. Ensuite, elle a des instants de lucidité quant à elle-même et au fait qu'elle est stressée. Entre son expérience amoureuse avec William et d'autres choses qu'elle est forcée de regarder en face, le roman montre comment elle gagne en maturité. Il est très facile de s'identifier à elle.

J'ai dit plus haut qu'il y avait beaucoup d'humour. Outre les remarques que Catherine adresse au lecteur, certaines situations sont cocasses. Par exemple, la scène du restaurant, au chapitre 43. La colère de Caroline satisfait le lecteur quant à l'intrigue, mais d'un autre côté, cela lui fait dire des choses qui feront rire quelqu'un d'extérieur.
Morty, l'homme engagé pour organiser le mariage de Catherine et William, est également amusant. Son apparition est souvent signe de divertissement. Swan Huntley prend la peine de le montrer, par la suite, dans un contexte plus grave, afin qu'il ne soit pas résumé à cela. C'est une bonne chose: il a ses blessures, mais tente de faire son travail (aussi artificiel soit-il aux yeux de personnes comme moi) au mieux, et prend les bons côtés lorsqu'ils se présentent.
Tout au long du roman, l'auteur mélange habilement sérieux et causticité. Cela et ses personnages attachants font que ce roman se démarque par rapport à d'autres qui content le même type d'histoire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.
J'aime beaucoup Cassandra Campbell. Ici, je l'ai trouvée particulièrement talentueuse. Il n'était pas facile de jouer Susan, Morty, Caroline, etc. Il ne faut ni surjouer ni être trop sobre. Elle a très bien fait tout cela.

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jeudi, 28 septembre 2017

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom.

Dis-moi si tu souris

L'ouvrage:
Parker Grant, seize ans, est aveugle depuis l'âge de sept ans à la suite d'un accident dans lequel sa mère est morte. Son père a fait de son mieux pendant les années qui ont suivi.
Un matin, après son jogging quotidien, Parker trouve son père mort. Outre la peine due à cette perte, elle doit se faire à la cohabitation avec son oncle, sa tante, et ses deux cousins (Sheila et Petty).

Critique:
Avant de parler de l'intrigue, je tiens à dire que je suis reconnaissante à Eric Lindstrom de n'avoir pas écrit n'importe quoi concernant les personnes aveugles. Il m'est déjà arrivé de poser un livre en pestant parce qu'il racontait des âneries. Bien sûr, tous les aveugles ne se comportent pas exactement de la même manière, mais ce qui est dit ici me rappelle beaucoup ce que je fais. Par exemple, Parker demande aux gens de la prévenir avant de la toucher, de ne pas déranger ses affaires, de s'annoncer en entrant dans une pièce où elle est ou de prévenir en en sortant, de ne pas hurler en s'adressant à elle, de ne pas parler comme si elle avait 2 de QI. Ces demandes ne m'ont pas du tout paru incongrues. Malheureusement, j'ai connu ce genre de désagréments. En général, je réagis moins vertement que l'héroïne, surtout vis-à-vis de ceux qui, voulant bien faire, sortent (par exemple) mon déjeuner de mon sac, et étalent tout (plat, couverts, dessert) à côté de moi. Comme le dit Parker, on ne s'y retrouve plus si quelqu'un bouleverse tout.
À l'inverse de l'adolescente décrite ici, je ne compte pas les pas qui mènent d'un lieu à l'autre, je ne reconnais pas la voiture d'une personne que je connais au son de son moteur, etc.
Parker explique qu'elle connaît des restaurants proposant un menu en braille. Cela existe peut-être dans des pays anglophones, mais en France, je n'en ai jamais vu. (Il est vrai que la France est en retard sur beaucoup de choses...)
Parker cache ses yeux avec un bandeau où des yeux sont dessinés. Elle l'explique. Sur ce point, je ne pense pas du tout comme elle (que ce soit sa raison officielle ou sa raison officieuse). En plus, au long du roman, je me suis demandé comment il se faisait que le bandeau ne la gênait pas. Cette réflexion est assez logique de ma part, moi que le moindre bracelet gêne. ;-)

Outre la justesse de ses propos quant au handicap de l'héroïne, Eric Lindstrom signe un roman bien pensé, à la fois grave et cocasse. Parker s'engage dans une espèce de parcours initiatique au long duquel elle comprendra que des idées trop tranchées peuvent être nuisibles, que l'honnêteté n'empêche pas la diplomatie, et qu'elle va devoir vivre avec ses peurs et ses chagrins au lieu de les fuir. Il y a des moments où elle m'a vraiment agacée. C'est après qu'elle découvre ce qu'aurait dû lui dire Trish, mais aussi lorsqu'elle oblige Molly à la guider en certaines circonstances. Bien sûr, il vaut mieux une héroïne qui est à la fois sympathique et agaçante, une humaine qui a encore des leçons d'humilité à recevoir. D'autre part, si certaines choses exaspèrent, on peut aussi comprendre la jeune fille. Sa manière de se comporter avec Sarah, lorsqu'elle a des doutes, est également discutable, mais là encore, que ferions-nous si nous étions perdus (moralement)? Malgré tout, Parker avance et se remet en question.

J'ai eu un peu de mal à apprécier Sheila. Pourtant, elle agit pour les mêmes raisons que Sarah. C'est sûrement parce qu'elle agit différemment, et que sa manière de faire m'a déplu que j'ai eu davantage de mal à lui accorder les circonstances atténuantes. Tous les personnages sont attachants, à leur façon. Certains piétinent allègrement les apparences. Par exemple, Kent n'a pas l'air très futé ni très aimable, au début, et on se rend compte que ce n'est pas le cas. Lorsque Danny apparaît, tout le monde est époustouflé par sa beauté (cela donne lieu à une scène très drôle entre Sarah et Parker), puis Molly explique quelque chose, et force nous est de reconnaître qu'elle a raison. Faith fait partie du «trio dynamique», c'est-à-dire des filles les plus populaires, ce qui ne l'empêche pas d'être amie avec Parker et Sarah.

On trouvera peut-être Scott trop gentil. Peut-être que certains espéreront une fin où une chose est attendue mais pas encore arrivée... Je ne sais pas trop ce que j'aurais voulu quant à la fin, mais de toute façon, elle n'enlève rien au fait que le roman aborde intelligemment les thèmes de l'amitié, de l'adolescence, de la trahison... et surtout, il invite à ne pas négliger le point de vue des autres.

Éditeur français: Nathan.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lauren Fortgang pour les éditions Hachette Audio.

Je connais peu Lauren Fortgang. J'ai aimé son interprétation. Elle parvient à ne pas faire une voix trop pénible pour les garçons. J'ai quand même trouvé dommage qu'elle fasse des voix caractéristiques à Sarah et Sheila. Sheila a l'air d'une pétasse idiote, et Sarah, on dirait qu'elle a 2 de tension. Heureusement, la voix de Sarah devient moins caractéristique au long du roman.

Pour les personnes aveugles qui souhaiteraient lire ce roman en français, il existe en audio à la Ligue Braille. Je l'avais d'ailleurs commencé ainsi, mais la lectrice tentait de prendre un accent pour les prénoms anglophones, notamment «Parker», et je n'ai pas pu le supporter. J'ai donc été ravie de le trouver en anglais sur Audible.fr.

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