lundi, 18 juin 2018

The fall of butterflies, d'Andrea Portes.

The fall of butterflies

L'ouvrage:
Willa Parker, seize ans, a vécu jusque-là avec son père dans un petit village d'Iowa. Au moment où elle commence son récit, elle est dans un train qui l'emmène à Chicago, car elle doit entrer dans un prestigieux lycée privé, Pembroke, où ne vont que les enfants du gratin de la société. Elle y a été admise, car sa mère (une économiste qui ne s'est jamais préoccupée de sa fille) a le bras long, et a décidé que Willa devait devenir sophistiquée.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Willa est très attachante: pleine de verve, dépourvue de mièvrerie, très lucide quant à ce qui l'entoure, elle attire la sympathie, d'autant qu'elle doit s'accomoder de la décision que sa mère a prise pour elle. Andrea Portes nous raconte l'espèce de parcours initiatique que traverse l'adolescente. Malgré certaines situations prévisibles, elle ne tombe pas dans le cliché, principalement grâce aux réactions de son héroïne. Celle-ci, aidée de son fort caractère, saura composer avec les embûches qu'elle rencontrera. Si j'ai désapprouvé certains de ses actes, je les ai toujours compris.

Parfois, Willa interpelle le lecteur, et lui dit: «Là, je sais ce que vous imaginez.» Cela m'a fait rire, d'autant que les pensées fleur bleue qu'elle me prêtait n'étaient pas du tout les miennes. J'étais donc ravie qu'elle dise, ensuite: «Eh bien, cela n'arrivera pas.»

Outre une narratrice dont la repartie et la finesse d'esprit plairont forcément, l'auteur parsème son roman de situations cocasses qui rendent le reste des événements un peu moins dur. Par exemple, l'histoire de la salle de bains hantée. À la fois étrange et drôle (pour qui ne la vit pas, car Willa me dirait certainement qu'elle n'a pas du tout ri), cette anecdote m'a divertie tout en me proposant un petit mystère.

Dès le début, je n'ai pas aimé Remy. J'ai compris la fascination qu'elle exerçait sur la narratrice, même si j'avais envie de lui dire: «Willa, tu vaux mieux que ça!». Il est logique que notre héroïne, esseulée, soit captivée par une fille pleine d'assurance qui daigne poser les yeux sur elle. Je ne peux pas trop parler de l'amitié entre les deux jeunes filles, mais elle est l'épicentre du parcours initiatique de Willa, et lui fera comprendre beaucoup de choses, notamment quant aux valeurs qu'elle souhaite avoir.

Récit dont la gravité est teintée de drôlerie, qui aborde intelligemment le thème de l'amitié, portrait d'une jeune fille à la fois forte et sensible, ce roman est à découvrir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Il fut un temps où je trouvais qu'elle était trop sobre, et où j'appréciais beaucoup moins ses lectures qu'aujourd'hui. Depuis quelques années, je suis ravie de lui avoir redonné sa chance, car je trouve qu'elle s'est renouvelée, et a introduit des subtilités toujours à propos dans ses interprétations. Ici, elle n'a pas démérité.

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28 lectures

jeudi, 14 juin 2018

Les fruits de l'arrière-saison, d'Aurore Py.

La

L'ouvrage:
Septembre 1935.
Le soir du mariage de Pierre Catlan, la famille ignore encore qu'un drame se joue. Il obligera certains de ses membres à prendre une route inattendue, à remettre des pans de leur vie en question.

Critique:
Je me méfie un peu des romans du terroir, parce que beaucoup me paraissent un peu mièvres. Ayant aimé les deux autres livres d'Aurore Py, j'ai voulu lire celui-là. Je n'ai pas été déçue. J'ai très vite plongé dans l'histoire de cette famille aimante et soudée, dont les membres ont parfois du mal à communiquer. En fait, je pense surtout à Marie qui, par peur, et n'ayant pas toutes les données en main, n'a pas pu prendre la mesure de la situation dans laquelle elle se trouvait. J'ai compris que par la suite, elle culpabilise, mais aussi en veuille à ceux qui lui avaient caché l'essentiel. Même si la dissimulation n'était pas une mauvaise intention, elle montrait un manque de confiance. D'un autre côté, j'ai compris la peur du personnage qu'un rejet aurait brisé.

J'ai beaucoup apprécié Pierre qui est plus complexe que ce qu'on croit au départ. Si l'esprit de sacrifice dont il fait preuve au début peut être agaçant, la suite révèle que rien n'est aussi simple. Plus tard, j'ai eu l'impression que ce pauvre Pierre n'avait pas vraiment le droit d'être celui qu'il voulait, que chacun le renvoyait vers ce qui le rebutait. Bien sûr, il est normal que sa famille agisse ainsi, mais j'ai été frustrée pour lui, car il se rend compte qu'il s'est trompé de chemin au départ, et qu'il est trop tard pour en changer. Cela fait qu'il est parfois rude envers un personnage...

Je n'ai pas apprécié Louise. Pourtant, elle n'est pas méchante. Elle s'est mariée avec certaines espérances, et a été déçue. Extérieurement, on a l'impression qu'elle veut briser la belle entente familiale, mais elle veut surtout sa place. Elle se rend compte que son mari n'a pas les mêmes rêves qu'elle, ce qui la rend amère et méprisante. Je ne l'ai pas appréciée, mais je tentais, au long de ma lecture, de me mettre à sa place. Que ferais-je si mes espoirs étaient déçus? Si j'avais sans cesse l'impression qu'on me tourne le dos? Si je me sentais incomprise?

Emma m'a un peu agacée, parce qu'à trop vouloir préserver sa liberté, elle paraissait parfois ridicule. Elle était simplement maladroite. Du reste, on comprend qu'elle tienne à ne pas être assujettie. Lorsqu'elle et François exposent certains aspects de la loi, cela fait frémir. Il est judicieux que la romancière rappelle qu'à cette époque, la femme avait si peu de droits. D'autre part, les revendications d'Emma donnent lieu à deux scènes à la fois graves et drôles: celles du contrat de mariage.

Tous ces personnages montrent que rien n'est jamais tranché. C'est là le talent d'Aurore Py, qui fait en sorte que ses protagonistes aient de l'épaisseur, qu'on s'identifie facilement à eux, etc.

J'ai aimé l'ambiance souvent chaleureuse de la ferme. Chacun semble y trouver sa place, être apprécié pour son travail et ses qualités humaines, donner le meilleur de soi-même.

Je n'ai pas aimé la fin. Elle n'est ni bâclée ni incohérente, mais je n'aime pas ce qu'il s'y passe. Heureusement, l'auteur m'a dit qu'elle était en train d'écrire la suite. J'espère qu'elle sortira vite, car après, il faut qu'elle sorte en audio (ce qui n'est pas sûr) pour que je puisse la lire.

Éditeur: Marivole.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fernande Larsille pour la Ligue Braille.

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55 lectures

lundi, 11 juin 2018

Pretty little world, d'Elizabeth LaBan et Melissa DePino.

Pretty little world

L'ouvrage:
Trois couples (Mark et Célia, Chris et Stéphanie, et Léo et Hope) sont amis et voisins. Ils se rendent des services, sont très souvent les uns chez les autres. Un jour, Mark et Célia décident de déménager, car leur maison est trop petite. Les deux autres couples (surtout les femmes) sont effarés. C'est alors que Stéphanie trouve la solution: faire tomber les murs qui séparent les trois maisons.

Critique:
Si j'ai trouvé quelques faiblesses à ce roman, il m'a plu. J'étais curieuse de voir comment les auteurs exploiteraient cette idée. D'abord, elles montrent plusieurs réactions. Chris et Léo sont peu enthousiastes, mais pas absolument opposés à ce que propose Stéphanie. Hope a un peu peur, mais veut tenter l'aventure. Quant à Célia, il me semble avoir eu du mal à la cerner pendant tout le roman. Je n'ai jamais trop su ce qu'elle voulait. Certes, c'est elle qui instaure les règles de leur cohabitation, elle semble heureuse de faire partie de cette grande famille, mais elle est changeante. On la voit peu, car elle travaille beaucoup. Ensuite, elle fait des choix qui ne me paraissent pas judicieux... À côté de cela, j'ai trouvé Hope trop tranchée. Elle est extrêmement casse-pieds avec son mari qui n'a pas le droit de faire grand-chose, s'emporte pour un rien, change d'avis concernant un élément très important, et râle parce que Léo n'a pas lu dans ses pensées! Lorsqu'elle apprend un fait qui ne la regarde que jusqu'à un certain point, elle veut tout régenter, imposer son point de vue... D'un autre côté, elle s'occupe bien des enfants (malgré une faiblesse qu'elle ne se pardonne pas), et fait son possible pour que tout le monde soit bien.

J'ai trouvé un peu dommage que les auteurs en fassent trop concernant la complicité entre certains. Par exemple, on voit souvent Chris et Hope ensemble, ils s'entendent très bien. C'est une belle amitié, mais elle est tellement montrée en parallèle de disputes entre Léo et Hope et de l'indifférence de Chris envers Stéphanie, qu'on dirait que Chris et Hope auraient dû être ensemble. Si on ajoute à cela que Léo est attiré par Stéphanie...

Je ne sais pas trop quoi penser de Nicky. Je comprends tout à fait sa décision finale que je trouve sensée, mais elle avait l'air d'être très amoureuse... Peut-être avait-elle besoin de cet amour éphémère pour regagner confiance en elle, et prendre justement cette décision qui, à mon avis, lui sera bénéfique... À l'instar d'autres personnages, Nicky semble ne pas trop savoir ce qu'elle veut, et faire d'importants choix sans y réfléchir (sauf à la fin)... Je sais que beaucoup de gens sont ainsi, mais j'ai du mal à le comprendre.

Ces inconvénients m'ont embêtée, mais n'ont pas gâché ma lecture. Il faut se dire que le reste est le plus important.

Remarque annexe:
Il existe d'autres livres qu'Harry Potter... Il est dommage que les auteurs le mettent à toutes les sauces.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

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51 lectures

jeudi, 7 juin 2018

Moi, Simon, seize ans, homo sapiens, de Becky Albertalli.

Moi, Simon, seize ans, homo sapiens

L'ouvrage:
Simon (seize ans) nous fait découvrir son petit univers: sa famille, ses amis, ses cours. Depuis quelques mois, il correspond par mails avec un garçon de son lycée dont le pseudonyme est Blue. Chacun ignore l'identité de l'autre. Au fil des messages, ils tombent petit à petit amoureux l'un de l'autre. C'est sur l'un de ces messages que tombe Martin Addison. Il fait alors du chantage à Simon il révélera à tous (sur les réseaux sociaux) que Simon est homosexuel, sauf si celui-ci l'introduit dans son cercle d'amis, et surtout auprès d'Abby.

Critique:
Ce livre m'a plu. J'ai eu un peu de mal à y entrer, car j'ai commencé par trouver peu crédible que Simon ait été imprudent au point que quelqu'un ait pu voir ses e-mails. Ensuite, j'ai appris à le connaître, ainsi que ceux qui gravitent autour de lui, et cette petite incohérence ne m'a plus paru si importante.

J'ai apprécié le mélange de normalité et d'extravagance qui compose la vie de Simon. Tout est très réaliste. Ses parents sont sympathiques, mais ont leurs petites failles. Par exemple, le père fait des plaisanteries souvent lourdes sur un sujet dont il ignore qu'il est plus délicat qu'il ne le serait dans une autre famille. Sa mère a du mal à laisser ses enfants voler de leurs propres ailes (ce qui est logique), et tente (pas toujours avec succès) de ne pas les analyser du point de vue de la psychologue qu'elle est. Les soeurs de Simon sont très différentes l'une de l'autre. Quoi de plus normal? Elles se distinguent parfois par des actes inattendus.
Dans cette famille, le plus important est l'amour que chacun se porte. Tous ces personnages m'ont touchée, parce qu'ils donnent envie de partager leurs moments de détente, et ils sont unis. Bon, si j'étais dans le roman, je n'irais quand même pas jusqu'à regarder des émissions de télé réalité avec eux. ;-) Mais ils ont d'autres jeux qui m'ont semblé sympathiques.
N'oublions pas Bieber, le chien, qui ne rate pas une occasion d'être caressé et câliné, et que chacun chouchoute.

Quant aux amis de Simon, chacun a sa personnalité, ses particularités, ils sont solidaires. Becky Albertalli a su créer une ambiance qui m'a tout de suite parlé, car elle me rappelait mes années lycée.

Concernant l'intrigue... difficile d'en parler, car le but est de ne pas trop en dévoiler. Pour moi, elle est sans temps morts et sans invraisemblances. Entre répliques et situations cocasses (comme la première cuite de notre héros), gravité (l'amour naissant entre certains), désespoir (l'un des personnages se rend compte qu'il a déclenché quelque chose qu'il ne maîtrise pas), l'auteur fait passer émotions et sentiments avec beaucoup de naturel. Elle en profite pour montrer diverses situations dans lesquelles des garçons disent à leurs famille et amis qu'ils sont homosexuels. Certains réagissent avec maladresse en voulant absolument montrer que pour eux, cela ne change rien. Malheureusement, ils en font trop. Cela se comprend, et il vaut mieux des réactions maladroites bien intentionnées qu'un rejet. Pour moi, la romancière a eu raison de montrer cela, car je pense que cela doit souvent se produire.

Remarques annexes:
J'ai assez rapidement deviné qui était Blue. Je pense que c'est voulu.
J'imagine les personnes ayant beaucoup apprécié le livre tentant de se faire le menu aux Oreo de Simon. ;-) Pour ma part, j'aime bien ces biscuits, mais le menu m'écoeure un peu, je ne l'essaierai donc pas.

Il semblerait qu'il y ait une suite (je l'ai vue en audio anglais sur Audible) qui, si j'ai bien compris, serait racontée du point de vue de Leah (une amie de Simon). Je ne sais pas encore si elle m'intéresse. À voir...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gauthier Battoue.

Je sais que ce comédien fait du doublage, mais je ne l'ai jamais entendu dans cet exercice. J'ai aimé sa lecture de ce roman. Il joue les sentiments des protagonistes avec beaucoup de naturel. Il n'a pas beaucoup modifié sa voix pour les rôles féminins, et c'est très bien. Sa lecture est adéquate. Il n'a pas eu la partie facile (à mon avis) lorsqu'il s'est agi de lire les mots tendres qu'échangent certains. Il est délicat de ne pas avoir l'air mièvre ou froid. Il s'en est très bien tiré. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir!

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lundi, 4 juin 2018

Tout homme est une nuit, de Lydie Salvayre.

Tout homme est une nuit

L'ouvrage:
En 2014, Anass apprend qu'il a un cancer. Peu à peu, de moins en moins à l'aise dans sa vie quotidienne, il décide de s'installer dans un village de Provence.

Critique:
Lydie Salvayre touche un point sensible dans ce roman. Dans le village, Anass est étranger. Son prénom (que certains imaginent arabe) et le fait qu'il soit un peu typé avivent l'imagination. Au café, les hommes supposent, cancanent, excitent leur haine (dont ils ignorent la cause) contre ceux qu'ils considèrent comme différents d'eux. Au début, une chose m'a gênée: tous ces hommes qui s'énervaient après Anass semblaient une masse indistincte de laquelle personne ne se démarquait. Ils avaient tous l'air d'abrutis ne sachant réfléchir. Heureusement, l'auteur corrige assez vite cela. Gérard, un habitué, fait parfois valoir qu'à Anass en tant que lui-même, on n'a rien à reprocher. L'auteur s'applique à montrer la bêtise des raisonnements de ces hommes d'abord en leur faisant dire des énormités, souvent d'une voix avinée, tout en montrant leur peu de sens commun. De plus, elle leur oppose Gérard et Jacques. Ce dernier a un esprit plus critique (du moins l'affirme-t-il davantage) que Gérard, et il analyse très bien les syllogismes et les préjugés dans lesquels sont fièrement englués ces piliers de bar. On dira que Lydie Salvayre exagère. S'il m'a semblé qu'elle avait peut-être forcé le trait concernant ces hommes, je pense que, malheureusement, il doit en exister davantage qu'on le croit. En tout cas, la romancière montre comment, à coups de jugements à l'emporte-pièce, ils se persuadent qu'Anass a commis des actes inventés par eux-mêmes, et font confiance à des hommes politiques qui leur promettent de bouter l'étranger hors de France. Car en effet, ces hommes imaginent que tous leurs malheurs et leurs frustrations (vie terne, déboires conjugaux, mésentente avec untel) viennent des étrangers. C'est choquant, mais apparemment pas pour tout le monde, puisque cela reflète une certaine réalité.

Lydie Salvayre montre bien cet état de choses. Son analyse est très bien vue et très réaliste. Cependant, je n'ai pas réussi à entrer totalement dans le roman. Ce n'est de la faute de personne, et cela ne fait sûrement pas que je le déconseille. Je pense que beaucoup devraient le lire, et j'espère qu'ils écouteraient Gérard et Jacques lorsque ceux-ci montrent l'absurdité des raisonnements mis en avant. Cela n'a pas absolument pris avec moi parce que je pourrais citer plusieurs livres où ce thème est abordé (de différentes façons), dont certains sont devenus cultes pour moi. Lydie Salvayre renouvelle le thème en l'actualisant, et en montrant les dangers de raisonnements dont l'intolérance et la méconnaissance sont les maîtres mots. Mais pour moi, elle arrive trop tard. De plus, j'ai eu du mal à apprécier Anass. Rien ne le démarque vraiment. Rien ne fait qu'il est lui et pas un autre. Pour moi, il n'a pas assez de personnalité. Bien sûr, j'ai été sensible à ce qu'il traverse, mais seule la compassion, et non une envie de le connaître davantage, m'aurait poussée vers lui si j'avais été un personnage du roman. Quant aux hommes tenant conférence au café, si certains sortent du lot, ce n'est que par petites touches. Pendant un moment, on peut les interchanger sans problèmes. Je suppose que c'est fait exprès: on voit une foule anonyme qui se monte contre une seule personne. Certes, mais c'est justement une des raisons pour lesquelles j'ai été moins touchée.

Remarque annexe:
J'ai la naïveté de penser que lorsqu'on utilise quelque chose volontairement, on le maîtrise. Ainsi, lorsque j'ai vu que Lydie Salvayre employait un langage soutenu, et faisait parler Anass à l'imparfait du subjonctif, j'ai d'abord été contente. J'ai donc été surprise de trouver des erreurs. Il s'agit de «vivasse» pour «vivre» à l'imparfait du subjonctif, et du verbe «agonir» conjugué comme le verbe «agoniser». Je pensais qu'à partir du moment où un auteur employait des tournures soutenues, cela lui était naturel, et qu'il ne se trompait pas...

Service presse des éditions Sixtrid par l'intermédiaire d'Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel et Alain Granier.

Je n'avais encore jamais lu d'ouvrages interprétés par Lazare Herson-Macarel, mais je sais qu'il en a déjà enregistré plusieurs. Il est le fils d'Éric Herson-Macarel. J'ai apprécié son jeu. Je pense qu'il est parfaitement entré dans la peau d'Anass, personnage tourmenté, cherchant de nouveaux repères... Quelque chose m'a perturbée (mais pas déplu): il n'a pas la même voix qu'Éric Herson-Macarel, mais il a souvent ses intonations.

Je n'ai entendu Alain Granier que sur un ouvrage. Je me souvenais avoir apprécié son jeu. Cela a également été le cas ici. Il n'avait pas la partie facile, surtout quand il fallait enchaîner les répliques des hommes réunis au café, tout en précisant qui parlait. Alain Granier a fait cela très naturellement. Au long du roman, il a toujours adopté le ton adéquat.

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