lundi, 26 avril 2021

Neverworld wake, de Marisha Pessl.

L'ouvrage:
Voilà un an que Beatrice Hartley, lycéenne, n'a pas vu sa bande d'amis. Après qu'un cataclysme les a tous secoués, la jeune fille s'en est éloignée. C'est alors que Whitley, l'une d'entre eux, lui dit qu'ils vont passer un week-end à Wincroft, la maison de son beau-père. Se joindrait-elle à eux afin qu'ils renouent? Beatrice décide d'assister à ce week-end, ne serait-ce que pour mettre certaines choses à plat. Alors que le week-end vient à peine de commencer, la bande a un accident de voiture. Les adolescents parviennent à rentrer à Wincroft, mais leurs ennuis ne font que commencer.

Critique:
Ce roman m'a plu. L'autrice place ses personnages dans une situation extrême, et on voit comment ils y font face. Chacun a différentes phases d'adaptation, certains affrontent les choses en tentant de les oublier, en gaspillant du temps et de l'énergie... La narratrice tente d'agir le moins mal possible. C'est le genre de situations où, bien sûr, le lecteur (du moins moi) se demande ce qu'il ferait à la place des personnages...

Après cette phase pendant laquelle Beatrice observe ses camarades, ne pouvant rien faire d'autre, autre chose se met en place. Les adolescents, sous l'impulsion de l'une d'eux, veulent élucider le mystère de ce que j'ai appelé «le cataclysme qui les a secoués». Là encore, l'autrice emmène ses personnages au bout d'eux-mêmes, les plaçant dans de très délicates situations, les obligeant à se montrer exactement tels qu'ils sont. Et ils ne sont pas tous détestables. En effet, on imagine toujours que dans des situations extrêmes, n'importe qui se montrerait haïssable. Ici, ce n'est pas le cas, et c'est crédible.

Pour moi, il n'y a eu aucun temps mort. À un moment, j'ai pensé que la manière d'agir de l'un des personnages changerait quelque peu la donne, et que ce qui a été dit aux adolescents par «le gardien» serait modifié au tout dernier moment. Aux futurs lecteurs de voir si j'ai eu raison...

À la fin, l'autrice pose une question sur les événements écoulés. Si elle ne l'avait pas posée, je l'aurais taxée d'invraisemblance. La réponse qu'elle y apporte n'est pas un oui ou un non absolu. À cause d'un détail, je crois en une réponse. Certes, mais alors, cela veut dire qu'on ne sait pas ce qui est réellement arrivé à l'un des personnages. Certains préféreront sûrement croire la même chose que la narratrice. Certes, mais le détail est quand même important...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

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jeudi, 18 mars 2021

L'institut, de Stephen King.

L'institut

L'ouvrage:
Luc Ellis a douze ans. Il vit heureux avec ses parents. Ce soir-là, la famille envisage de déménager afin que Luc puisse aller dans l'une des universités dans lesquelles il vient d'être accepté. En effet, l'enfant a de grandes capacités, et il les exploite avec beaucoup de facilité. Seulement, la vie simple de la famille va être bouleversée à jamais.

Critique:
Quand ce roman est sorti en audio, à la lecture du résumé (qui en dit davantage que le mien) il m'a semblé qu'il ne me plairait pas. Finalement, j'ai décidé de le tenter. Bien m'en a pris, car ce roman m'a plu. Certains romans de Stephen King m'ont beaucoup agacée: «ça» (le spectaculaire m'a ennuyée, et je ne l'ai pas fini), «Simetierre» (je l'ai fini, mais ai également été ennuyée par le spectaculaire)... Je préfère cet auteur lorsqu'il évoque des ressors psychologiques. Avec «L'institut», j'ai été servie. Ce qui m'a le plus touchée est que, malheureusement, ce genre de choses est possible. Bien sûr, je ne parle pas des pouvoirs de télépathie et de téléportation, mais du reste. Cela a fait naître en moi d'horribles idées se développant en d'atroces scénarios... Malheureusement (pour moi, mais heureusement pour King) je suis la cible rêvée de ce genre de romans. À partir du moment où c'est vraisemblable, où ça pourrait arriver, l'auteur peut m'effrayer.
Une autre chose est assez perturbante: ce livre pourrait encourager n'importe quel complotiste....

Le roman est assez long (19h en audio) mais je ne me suis pas du tout ennuyée. Il n'y a aucun temps mort, aucune incohérence. L'auteur est parvenu à me faire respirer au rythme des enfants, à souhaiter que certains adultes souffrent beaucoup (ils n'ont pas assez souffert), et surtout, à toujours me faire redouter que le genre d'horreurs décrites arrivent réellement.

À la fin, une personne pose un cas de conscience aux enfants. Heureusement, l'un d'eux démonte un peu l'argumentation. Cependant, le doute reste. Je ne vais pas faire un long pavé sur le fait que l'auteur a mis en scène un mal pour un bien. Je m'attarderai plutôt sur le fait qu'en disant vouloir faire le bien, certains ont été jusqu'à commettre des atrocités. Certes, c'est déjà arrivé, mais là, la cause semblait vraiment être une bonne cause. Il est effrayant de penser que des personnes (même fictives) ont été fanatisées au point de perpétrer des horreurs au nom d'un but honorable. En outre, ces personnes étaient elles-mêmes sadiques, donc comment penser que leur objectif était réellement celui qu'elles disaient? N'était-ce pas un prétexte pour torturer?

Je regrette que l'auteur n'ait pas trouvé le moyen de sauver un personnage que je ne nommerai pas. Bien sûr, il fallait bien que les choses arrivent d'une certaine manière. J'imagine que Stephen King a sacrifié ce personnage en sachant très bien qu'il tirerait des larmes à certains lecteurs... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benjamin Jungers pour les éditions Audiolib.

Avant, je n'étais pas ravie de voir le nom de Benjamin Jungers sur les livres audio. Depuis, j'ai lu quelques livres où son jeu est naturel, alors, j'ai moins peur d'être déçue quand je prends un livre qu'il a enregistré. Ici, son jeu est naturel, il n'a pas fait d'horribles effets de voix (il a eu raison, cela aurait été affreux) et a joué les enfants sans affectation ni trop de sobriété.

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lundi, 8 mars 2021

For better or cursed, de Kate Williams.

For better or cursed

L'ouvrage:
C'est bientôt Noël. Bryan apprend à Esme et Cassandra que le sénat des «sitters» doit se réunir à Spring River pour un week-end. Toutes les sitters seront donc là. Les adolescentes feront connaissance, et des cours leur seront dispensés par les femmes à la tête du sénat. Le week-end s'achèvera par une fête. Bryan tient à ce qu'Esme et Cassandra fassent le plus gros des préparatifs: ce sont elles qui doivent accueillir leurs pairs.

Critique:
Ce tome 2 m'a autant plu que le premier. Ce qui m'amuse un peu, c'est que, comme pour le premier, j'avais quelques réticences. J'imaginais que ce week-end serait ennuyeux. En outre, j'espérais que dans ce tome, Esme pourrait se concentrer sur une certaine chose, et presque dès le début, il est dit que cela n'est pas possible. Comme je voulais connaître la suite des aventures d'Esme, j'ai quand même acheté le livre. Je suis ravie que l'autrice ait, encore une fois, balayé mes petites craintes.

Esme est toujours aussi attachante. Quant à Cassandra, elle est ambiguë, ce qui m'a un peu agacée, mais elle est sympathique. Même si je me méfie quelque peu d'elle, je pense, comme Esme, que c'est une «gentille» quand les choses deviennent sérieuses. De toute façon, si elle était parfaite, je dirais qu'elle n'est pas crédible. ;-)

Durant ce week-end, le lecteur découvre d'autres sitters, les compagnes de chambre et de tablée de nos deux héroïnes. Il en est une que j'ai commencé par détester: Amira. Elle est si snobe et superficielle qu'elle en est presque caricaturale. Cependant, je sais qu'elle représente une frange de la société, et que je dois accepter que des personnes comme elle existent. De plus, au long du roman, Amira montre qu'elle n'est pas complètement irrécupérable. ;-)

J'ai retrouvé Janice avec plaisir. Heureusement, quelque chose que je souhaitais la concernant finit par arriver, et cela arrive également à une autre personne, ce qui m'a ravie. Il n'était d'ailleurs pas cohérent que cette autre personne n'ait pas été dans la confidence, puisque si j'ai bien compris, le père d'Amira l'est.
J'ai également apprécié que certaines choses ne soient pas figées. Je pense surtout à l'attitude de Bryan...

La romancière mêle habilement tension (avec une accélération à partir du moment où Cassandra se souvient de quelque chose), humour (par exemple, la récurrence de «Gingle bells rock»), mais aussi tension et humour en une seule occurrence (l'amour de Wanda pour les jouets pour bébés). Pour moi, il n'y a aucun temps mort.

La fin laisse le lecteur avec des tonnes de questions. D'après mes recherches, il y a un tome 3, et il ne paraîtra qu'en décembre 2021, ce qui est terrible pour mon moral. ;-)

J'aime beaucoup le titre du roman, d'abord parce qu'il va parfaitement avec le contenu, et aussi (bien sûr) parce que le jeu de mots me fait rire. Maintenant, je me demande comment il serait traduit en français. Malheureusement, beaucoup de titres français sont inadéquats, et je me dis que le jeu de mots ne serait pas repris dans la traduction. J'ai essayé de trouver des traductions qui pourraient tenir compte du jeu de mots. Cela donne: «Pour le meilleur ou pour le sortilège», «Pour le meilleur et l'enchantement», «Pour le meilleur de l'enchantement»... Malheureusement, mes titres sont maladroits. J'espère donc que si le livre est traduit, il sera tenu compte du jeu de mots. Je suis sûre que cela peut être fait mieux que ce que j'ai fait.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

Je suis ravie d'avoir retrouvé, outre les héros du tome 1, cette comédienne dont le jeu reste irréprochable.

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lundi, 15 février 2021

The starter house, de Sonja Condit.

The starter house

L'ouvrage:
Eric et Lacey veulent fonder une famille. Pour cela, la jeune femme souhaite qu'ils achètent une maison qui serait le symbole et le ciment de leur vie ensemble. Ils trouvent une maison de laquelle Lacey tombe tout de suite amoureuse. Peu de temps après leur installation, la jeune femme rencontre un garçonnet qu'elle imagine être un jeune voisin. Seulement, il lui dit que la maison est à lui, et Lacey se rend vite compte qu'elle est la seule à le voir...

Critique:
Je ne suis pas très fan des romans d'épouvante, mais celui-là m'a plu. Malgré mon peu d'expérience de ce genre, je pense que les habitués ne courront pas après ce livre, car certains éléments semblent clichés: la maison hantée par un enfant, des horreurs impliquant des enfants étant arrivées des années auparavant, le mari refusant de croire sa femme quant au fantôme, etc. L'auteur complexifie les choses lorsque le fameux fantôme déplace des objets (quand il mange des gâteaux ou joue aux dames avec Lacey) mais là encore, j'imagine que les habitués du genre diront que c'est très prévisible. Je pense donc que ce roman plaira davantage à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans ce genre de lectures qu'à celles qui en ont beaucoup à leur actif.

Sonja Condit introduit un élément nouveau dans la machine, du moins nouveau pour moi qui m'y connais peu. Cela concerne l'identité du fantôme. Je n'avais encore jamais vu ce genre de situations...

Les événements concernant la maison sont une occasion pour Lacey de se rapprocher de sa mère Les deux femmes ne s'entendent pas, principalement parce que Lacey reproche à sa mère de lui avoir fait mener une vie de bâton de chaise lorsqu'elle était enfant, alors qu'elle souhaitait avoir une vie normale, et qu'elle aurait pu avoir cela en habitant avec son grand-père. En outre, la mère a certaines particularités quelque peu horripilantes. Ce qui arrive dans la maison force les deux femmes à se rapprocher, et enfin, à se parler.

Je n'ai pas apprécié la réaction d'Eric. Bien sûr, elle est logique, et elle est importante afin que le roman puisse prendre la direction souhaitée par l'auteur. Donc je la comprends, même si elle ne m'a pas plu.

La fin me convient. Certes, il y a de la casse, mais la romancière n'aurait pas pu l'éviter. Tout est cohérent, et rien n'aurait pu être résolu sans cette casse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

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250 lectures

lundi, 4 janvier 2021

Calla's story,tome 3: A faerie’s curse, de Rachel Morgan.

A faerie’s curse

__L'ouvrage:_
L'équipe de Chase, à laquelle appartient maintenant Calla, a pour mission de sauver une enfant de cinq ans. Ils doivent réussir, car ils auraient peut-être accès à l'invitation au bal donné pour l'anniversaire de la princesse Audra. Cela leur permettrait de commencer à élaborer un plan pour s'introduire dans le palais royal...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les deux premiers. L'autrice continue d'examiner la question du bien et du mal sous différents angles. Certains, comme Violet (et Calla dans le tome 2), doivent remettre certaines de leurs idées en question. Rachel Morgan montre un personnage qui n'accepte pas que Calla ait fait quelque chose d'illégal, alors qu'il l'appréciait avant de savoir cela, et que l'entorse à la loi n'est pas vraiment grave. Seulement, c'est une entorse. Calla ne blâme pas le personnage, principalement parce qu'au départ, elle était comme lui.

Encore une fois, les héros sont plongés dans de périlleuses aventures. La narratrice a, en plus, une épée de Damoclès au-dessus de la tête...

À la fin, beaucoup d'événements tournent comme je le souhaitais. Il y a une chose que j'avais devinée, mais il est normal que le lecteur la trouve, car Calla donne un indice assez important à ce sujet.
Certaines questions restent, mais c'est assez logique, puisqu'il y a une troisième trilogie dans ce cycle. Je ne sais pas encore quand je la lirai.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle pour les éditions Tantor Media.

Arielle Delisle fait partie des comédiens que j'aime beaucoup. Son jeu est toujours approprié. Dans cette série, j'ai un peu regretté qu'elle fasse des voix si marquées à certains hommes. Il est vrai qu'il n'est pas simple de faire des voix pour des personnages d'un sexe différent du sien. Voilà pourquoi je préfère les comédiens qui marquent à peine ces voix. Je pense qu'Arielle Delisle aurait dû faire ainsi. Son intonation et les indications de l'autrice auraient été suffisantes pour que le lecteur sache se retrouver dans le récit.

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