lundi, 14 mai 2018

La forme de l'eau, de Guillermo del Toro et Daniel Kraus.

La forme de l'eau

L'ouvrage:
Elisa est femme de ménage dans un laboratoire qui fait des recherches et des expériences scientifiques. Un jour, elle découvre une créature enchaînée dans un bassin. Elle parvient à communiquer avec.

Critique:
On parle beaucoup de ce roman en ce moment. Je ne sais pas si les avis sont positifs ou non, mais je dois dire qu'il m'a laissée indifférente, voire ennuyée. Bien sûr, j'ai ressenti de la compassion pour Elisa et la créature, ainsi que pour Giles et Zelda, mais ils ne m'ont pas fait entrer dans le livre. J'ai été sensible à la manière dont Elisa arrange sa vie pour qu'elle soit le moins pénible possible, mais certaines choses m'ont paru étranges. Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi elle était à ce point dingue de chaussures à talons hauts. Vous allez me dire que chacun a son dada, et que le sien, c'est sa passion pour ce genre de chaussures... Soit. Si l'héroïne est sympathique, elle ne m'a pas vraiment touchée.

Que dire de Richard Strickland? Ah, lui, il est pire que la caricature du méchant! Les auteurs se sont dit: «Allez, pour celui-là, il faut qu'on mette le paquet! Que tout le monde le déteste!» Certes, Strickland est haïssable, mais il aurait justement été plus intéressant qu'il le soit moins, ou que ses motivations soient plus recevables. Ici, on a affaire à un capricieux (ou à un sociopathe) qui prend prétexte de son énorme souffrance pour s'arroger le droit de détruire tout le monde. Sa femme tente de faire en sorte qu'il se sente mieux: il a envie de la tuer (au sens propre). Puis il imagine qu'elle le trompe: il a envie de lui faire endurer les pires supplices qui soient, sans penser qu'il est atroce avec elle depuis son retour d'Amazonie. La mission au cours de laquelle il a attrapé la créature l'a soi-disant anéanti: c'est donc de la faute de cette pauvre créature qu'il veut battre à mort pour cela. N'oublions pas qu'à ce moment-là, la créature est attachée... Strickland rencontre Elisa cinq minutes: sans la connaître, il souhaite l'entraîner dans son univers de malade. Bref, ce personnage aurait peut-être gagné en crédibilité si je n'avais pas eu envie, toutes les cinq minutes, de lui dire: «Tais-toi, sale gosse!» Ses souffrances passées auraient pu expliquer un comportement d'écorché vif, mais sûrement pas celui d'un capricieux ni d'un psychopathe. On me dira qu'il était peut-être psychopathe avant. Certes, mais sa femme semble dire que non...

Quant à l'intrigue, elle m'a ennuyée. D'abord, j'ai trouvé le tout très lent. Ensuite, il y a des éléments très gros. Lorsque vous avez un minimum de jugeote, vous ne vous préparez pas à accueillir, dans votre baignoire, un animal évoluant habituellement dans un bassin, sans prévoir de quoi manger de surcroît. Il y a d'autres choses de cet acabit, et quand j'y repense, on dirait un sketch tellement c'est surréaliste et donc risible. En tout cas, cela a été ma réaction.
Ensuite, j'aurais compris qu'Elisa et la créature s'attachent l'un à l'autre, mais pas davantage. Ils communiquent, mais assez sommairement. J'atténuerai quelque peu cette remarque en disant qu'à la fin, on comprend pourquoi certaines choses sont arrivées ainsi. Cependant, cette révélation soulève des questions qui, bien sûr, ne trouvent pas de réponses.
Ce n'est pas parce qu'on est dans un ouvrage fantastique qu'on doit utiliser de grosses ficelles et tout se permettre. Il faut une logique interne crédible.

Les auteurs ont voulu aborder les thèmes de l'intolérance, du rejet, du refus de la différence (pas seulement à travers la créature, mais aussi avec la mutité d'Elisa, le fait que Zelda soit noire, et d'autres biais). Cela ne m'a pas touchée parce que ces thèmes m'ont paru mieux abordés dans d'autres romans, mais aussi à cause de tous les autres points qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Hardigan par l'intermédiaire d'Audible. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. Globalement, j'ai apprécié son jeu sensible et posé. Je regrette qu'elle ait modifié sa voix pour Giles, par exemple, d'autant que cette modification n'était pas nécessaire pour moi parce qu'elle ne correspond pas à l'image que je me faisais de lui. J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce son prénom Djaïlze. J'ai trouvé cela affecté. J'aurais préféré qu'elle le dise à la française, même s'il n'y a qu'un «l».
C'est également le premier livre de cet éditeur audio que je lis. J'ai été déçue qu'il y ait de la musique, mais je dois être une des rares à ne pas apprécier cela, car les éditions Audiolib et Sixtrid en mettent aussi. Hardigan en met quand même davantage, car il y en a à tous les chapitres.

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samedi, 8 juillet 2017

La passe-miroir, tome 3: La mémoire de Babel, de Christelle Dabos.

La Passe-Miroir, Livre 3 : La mémoire de Babel

L'ouvrage:
Voilà deux ans et sept mois qu'Ophélie est retournée sur Anima. Elle voudrait poursuivre sa quête, mais est étroitement surveillée par les doyennes. Heureusement, l'arrivée d'Archibald va lui offrir une porte de sortie.
Grâce à des indices patiemment collectés, elle se tourne vers l'arche de Babel. C'est peut-être là qu'elle trouvera ce qu'elle cherche.

Critique:
Encore une fois, cela a été un bonheur de me plonger dans la suite des aventures d'Ophélie. Je retrouve la plume alerte, le vocabulaire et la syntaxe relevés (sans que cela soit ampoulé), la fluidité de l'écriture de Christelle Dabos.

Ici, elle nous présente l'arche de Babel, l'une des vingt-et-une arches composant le monde. On découvre donc d'autres façons de faire certaines choses. Par exemple, le tramoiseau, le transcendius, le tac-si, etc. Ophélie se présentera à un concours pour devenir virtuose. La romancière expose donc ce qu'est un virtuose sur Babel, comment on le devient, etc. Donc, là encore, on est totalement immergé dans un univers.

Les personnages restent creusés. On retrouve les particularités de certains, mais ils évoluent. Par exemple, Archibald reste primesautier, mais il semble avoir mûri. Son but est honorable. De plus, il sent bien que Victoire a besoin d'autre chose, et tente de le lui offrir un peu.

Ophélie reste la même, mais elle aussi évolue. Elle est forcée de regarder en elle-même, de s'avouer certaines choses... Sa légendaire maladresse est quelque peu détrônée par celle de Blasius, qui est plus malchanceux que maladroit, et qui provoque des catastrophes dont certaines sont amusantes. Par exemple, la première fois qu'il rencontre Ophélie, maladresse et malchance se réunissent pour provoquer une spectaculaire chute de livres.

Victoire est sympathique. On a un peu de mal à la cerner, ou plutôt à comprendre comment elle a eu cet étrange pouvoir qu'elle ne maîtrise pas tout à fait, et pourquoi elle est souvent incapable de communiquer.

J'ai bien aimé Octavio qui se débat entre ce qui est et sa conscience...
Les personnages de Christelle Dabos (qu'on les apprécie ou pas) sont empreints de charisme.

Comme pour le tome 2, j'étais trop absorbée par l'histoire et l'univers décrit pour chercher qui épouvantait les gens. La solution ne fait que soulever des questions.
Comme d'habitude, l'épaisseur du livre ne donne pas lieu au remplissage. La fin appelle bien sûr la suite. L'auteur donne certaines pistes qui font qu'on se demande où elles mènent. Heureusement, car si on pensait avoir tout élucidé, il y aurait du souci à se faire.

Je mettrai un petit bémol qui n'en est pas vraiment un, puisque c'est totalement subjectif. Babel, c'est un tournant, un endroit où se rencontrent langues et cultures. La romancière a voulu reproduire cette idée sur son arche. De ce fait, certains émaillent leurs dires d'anglais («well», «really»...), d'autres d'italien («signorina»)... J'ai compris l'idée, mais j'ai été déçue. D'abord parce que le fait que des langues connues soient utilisées me sortait un peu de l'univers créé. De plus, je trouvais cela un peu affecté. Heureusement, mon mari n'a pas essayé de faire des accents pour ces mots. Il ne sait pas les faire, mais aussi, il sait que j'ai horreur de ça.

Apparemment, le tome 4 se fera attendre, notamment parce que Christelle Dabos doit assurer la promotion de la série (qui, si j'ai bien compris, va être traduite), par des tournées et des séances de dédicaces. Je comprends tout à fait qu'elle doive s'y prêter, mais je préférerais qu'elle n'aille rencontrer son public qu'après la sortie du tome 4.

J'ai conscience que ma chronique est superficielle par rapport à ce très bon livre. J'en suis désolée, mais je n'ai pas voulu trop en dévoiler.

Service presse des éditions Gallimard,
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 15 juin 2017

Replay, de Ken Grimwood.

Replay

L'ouvrage:
Le 18 octobre 1988, à 13h06, Jeff Winston meurt d'une crise cardiaque, à l'âge de quarante-trois ans. Puis, il «s'éveille» en 1963, alors qu'il a dix-huit ans.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai survolé des critiques: d'un côté, on disait que Stephen King avait bien mieux fait dans «22/11/63», d'un autre, on disait que «Replay» était mieux... Après avoir lu les deux, je trouve stupide de les comparer. Dans ce cas, il faudrait comparer tous les romans où les personnages voyagent dans le temps. Bien sûr, Ken Grimwood parle bien de l'assassinat de Kennedy, mais cela ne doit pas pousser les gens à comparer ce roman et celui de Stephen King. Ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre.

Pour ma part, je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non ce roman. C'est un sentiment étrange... Ce qui m'agace un peu, c'est que la plupart du temps, lorsqu'un auteur fait ce genre de choses (le héros a la chance de revenir dans son passé et peut espérer changer ses erreurs), il lui est toujours démontré qu'il n'est pas bon de le faire. Je trouve cela dommage. Ce genre de livres permet de rêver. Qui n'aimerait pas arranger certaines choses dans son passé? Lire un roman où le héros y arriverait serait réconfortant. C'est du fantastique, donc pourquoi ne pas ménager une petite part de rêve? Bien sûr, je n'aimerais pas un roman où tout serait parfait, mais où des choses s'arrangeraient. J'ai donc commencé par en vouloir à l'auteur de faire comme d'autres: on essaie de mieux faire certaines choses, mais cela en désorganise d'autres, et pourtant, le but est toujours honorable. De toute façon, à cause de ce qui arrive, ça finit par ne servir à rien. Cependant, Jeff tire des leçons de ce qu'il vit. J'ai un peu soupiré en lisant ce qu'il finit par penser, parce que je me suis dit que je pensais déjà comme cela, je n'avais pas besoin que la vie me le démontre. Certes, mais beaucoup de gens ne parviennent pas à faire la part des choses, comme finit par le faire Jeff.

D'autres éléments m'ont un peu agacée. Jeff et Pamela tombent trop facilement amoureux l'un de l'autre. C'est compréhensible, mais de ce fait, j'ai l'impression que l'auteur n'a pas vraiment creusé Pamela, du moins, au début, puisqu'il était logique que Jeff et elle s'aimeraient. Pas besoin de nous la faire apprécier, donc. Je lui ai longtemps préféré Judy.
D'autre part, je n'ai pas compris que Jeff se confie à Mireille en pensant qu'elle garderait son secret et le respecterait, même si elle ne le comprenait pas. En très peu de temps (avant que Jeff lui parle), j'ai su que Mireille n'était ni aimable, ni fiable, ni futée. Là encore, je pensais que s'il voulait réellement se confier, c'est à Judy qu'il aurait dû parler.
Enfin, j'ai trouvé très léger que Jeff, alors qu'il débarque à un moment où les choses sont déjà très tendues et difficiles avec Linda, décide de ne rien tenter pour tout sauver, et s'en aille, alors que juste avant, il était là à temps pour attraper le coche, et s'est contenté de mettre à profit ce qu'il savait, sans faire beaucoup d'efforts, pour que les choses ne commencent pas à se dégrader.
De plus, à cause de la manière dont arrivent les choses, l'auteur montre des aspects de ce retour dans le passé comme un pensum, notamment les années de lycée ou d'université.

D'un autre côté, j'ai compris les autres agissements des personnages. J'ai notamment aimé «Star see» et la raison pour laquelle il a été fait. J'ai compris que la tentative faite pour comprendre le phénomène ait créé de telles réactions. Là encore, la difficulté des hommes à communiquer et les raisonnements bornés sont mis en avant, n'engendrant qu'incompréhensions et chaos.
Je me suis facilement mise à la place de Jeff. Je n'approuvais pas toujours ses choix, mais je comprenais qu'il se débatte avec ce phénomène incontrôlable. La plupart du temps, il faisait de son mieux.
Parfois, l'intrigue traîne, et j'avais l'impression que tout se délitait, que l'auteur ne savait plus quoi faire. Finalement, je trouve que tout a sa place. Les expériences et les tentatives de Jeff pour s'accommoder de ce qui lui arrive et le comprendre font réfléchir sur certaines choses. En outre, lorsqu'un auteur choisit ce thème, il n'est pas toujours simple pour lui de s'en sortir.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime toujours autant la lecture ni surjouée ni soporifique de Martine Moinat. Ici, je regrette beaucoup que, par souci de bien faire, elle ait voulu prononcer des noms anglophones avec l'accent. Outre que cela ne me plaît pas, elle s'est trompée sur des prononciations. Par exemple, la première syllabe du mot «apple» ne se prononce pas «ay», tout comme le mot «maddison», en anglais, ne se dit pas «maydison». En général, le «a» se prononce «ay» lorsqu'il n'est pas suivi d'une double consonne. D'autre part, je trouve affecté qu'on prononce «dayvid» ou «aveniou» dans un texte en français. Je dois être une des rares à penser ainsi, car beaucoup de lecteurs tentent de prononcer les mots étrangers avec accents. Dommage pour moi...

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lundi, 15 mai 2017

Caraval, de Stephanie Garber.

Caraval

L'ouvrage:
Depuis qu'elle a dix ans, Scarlett écrit à Légende, le maître du jeu Caraval. Elle souhaite que le jeu soit organisé sur Trizda, l'île dont son père est le gouverneur. Sa grand-mère lui ayant raconté la féerie de Caraval, elle rêve d'y participer. À dix-sept ans, elle reçoit enfin une invitation. Le jeu ne se fera pas sur son île, mais elle peut y participer. Tella, la soeur de Scarlett, est ravie. Seulement, les deux jeunes filles ne peuvent pas quitter Trizda: leur père les y retient, et n'hésite pas à leur faire payer le moindre écart.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire pourrait être banale s'il n'y avait pas le monde enchanté de Caraval. À la fois plein d'objets magiques qui font rêver et de chausse-trappes, cet endroit ambigu provoque envie et peur. L'auteur parvient très bien à faire cohabiter ces deux impressions contradictoires. Par exemple, plus elle joue (Attention, Caraval n'est qu'un jeu, rien n'y est vrai...) plus Scarlett découvre des choses peu reluisantes. Tout cela dans une ambiance de fête foraine où on trouve des choses comme du cidre qui accroît la perception, des salles qui s'adaptent à l'humeur, etc. Sans parler des rétributions que demandent les vendeurs ou ceux qui donnent une information permettant d'avancer dans le jeu. Pour moi, cette ambiance à la fois terrible et festive fait la force du roman. De plus, j'aime beaucoup les éléments magiques imaginés par Stephanie Garber.

Dès que le jeu commence, le lecteur ne sait pas trop ce qu'il doit croire. On a beau être prévenu (deux fois) que rien n'est vrai, le doute persiste. L'auteur dit, dans une interview en fin d'ouvrage, qu'elle-même n'a pas tout de suite décidé ce qui était vrai ou non. J'ai aimé ne pas savoir (sauf à la fin) ce qu'il fallait prendre pour acquis. Cela faisait que je me méfiais de tout le monde. Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier certains rebondissements que j'avais pressentis. L'auteur a quand même su me surprendre, notamment avec la découverte de la présence de certains personnages.
Il n'y a pas de temps morts. Certaines scènes tiennent le lecteur en haleine. Je pense par exemple à ce qui arrive quand Scarlett achète deux nouveaux vêtements.

Le jeu fait évoluer notre héroïne. Elle se découvre capable d'accomplir beaucoup de choses au nom de l'amour sororal. Elle est peut-être un peu trop parfaite, mais cela ne m'a pas dérangée. J'ai moins aimé Tella, mais c'est sûrement parce qu'on la voit peu, et pour une autre raison que je ne dévoilerai pas ici. La fin laisse entrevoir une suite de laquelle Tella sera l'héroïne. Dans l'interview, Stephanie Garber confirme qu'il y aura bien une suite.

L'histoire d'amour est un peu trop convenue. Elle reste crédible selon la théorie qui veut que lorsqu'on vit des choses éprouvantes à deux, on se rapproche, mais pour moi, elle est quand même trop rapide.

Éditeur français: Bayard Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'aime bien cette comédienne que j'ai découverte dans «Les chroniques lunaires». Ici, je trouve qu'elle a amélioré un point qui m'agaçait: elle modifie moins sa voix pour les rôles masculins.

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jeudi, 30 mars 2017

Les geôliers, de Serge Brussolo.

Les Geôliers

L'ouvrage:
Jillian Caine est scénariste. Elle est plutôt sur le déclin. C'est alors que le cinéaste Dieter Jürgen (réputé pour faire des films extrêmes) la recrute pour écrire le scénario retraçant une partie de la vie de Debbie Fevertown. Quinze ans auparavant, celle-ci a assassiné son mari et ses fils avant de prendre la fuite. Apparemment, elle pensait qu'ils étaient des extraterrestres, venu répandre le mal.

Critique:
Je suis passée par deux phases lors de ma lecture de ce roman. Au début, je trouvais que Brussolo en faisait trop, surenchérissant dans le spectaculaire. Ça ne m'incitait pas vraiment à continuer, car j'avais l'impression qu'il faisait tout comme ces auteurs que je n'aime pas: du spectaculaire, du macabre à foison, etc. L'idée de montrer qu'on ne pouvait pas trancher entre les différentes interprétations de ce qui est arrivé à Dipton est intéressante, mais s'essouffle vite, à mon avis.
En outre, il me semblait retrouver un écho de «La maison des murmures», et pour moi, certaines ficelles n'avaient pas à être à nouveau exploitées. Les personnages m'agaçaient. J'avais envie de leur dire qu'ils étaient tous idiots de s'être engagés là-dedans, sachant que cela pouvait être dangereux.

À partir d'une certaine découverte concernant Dieter, les choses ont changé pour moi. D'abord, j'ai trouvé que cette découverte montrait le début sous un nouvel angle, et que tout prenait sens. À partir de ce moment, j'ai retrouvé le Brussolo extrêmement créatif que j'affectionne. Si j'ai retrouvé des échos de ses autres romans (notamment «Le carnaval de fer»), cela a été avec plaisir, parce que l'idée n'est absolument pas exploitée de la même façon. Parmi toutes les inventions loufoques dont regorge ce roman (surtout la deuxième partie), j'ai une tendresse particulière pour ce que j'appelle «l'eau vivante». J'ai également beaucoup apprécié les premières conséquences engendrées par la régénération de Dieter.

Encore une fois, Brussolo invente des péripéties et des éléments extrêmes qui font passer les personnages par toutes les phases de l'horreur, mais qui, parfois, font rire le lecteur. Ici, par exemple, j'ai plutôt ri de voir ce qui arrive aux monstres morts après un combat sanglant, ou même lorsque certains mangent des morceaux de leurs congénères pendant qu'ils sont eux-mêmes mangés.
Dans la partie que j'ai moins aimée, j'ai quand même ri grâce à Miranda. C'est tellement commun de montrer une femme qui tente de perdre du poids, Brussolo a préféré parodier cela en montrant le contraire. Cela m'a beaucoup amusée.

Jill n'est pas vraiment intéressante. Souvent, les héros brussoliens sont mous, mais quelque chose les démarque. Pour moi, Jill est quelconque. Je lui préfère l'homme-hérisson.

Je me suis doutée qu'à la fin, un élément montrerait que les choses ne sont pas finies, mais je n'avais pas deviné quel serait cet élément. Je pensais que cela m'agacerait, mais finalement, non...

Éditeur: Folio.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Lecture commune avec Miguel / Auprès des livres, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

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