lundi, 28 janvier 2019

Le signal, de Maxime Chattam.

Le signal

L'ouvrage:
La famille Spencer quitte New York pour s'installer dans un petit village de Nouvelle Angleterre: Mahingan Falls. Ils adorent leur maison. Cependant, chacun se pose très vite des questions, car d'étranges phénomènes se produisent. Une nuit, Olivia (la mère de famille) sent un souffle glacé sur sa nuque, alors qu'il ne semble pas y avoir de courant d'air. Zoey (le bébé) est mal à l'aise dans sa chambre: elle fait beaucoup de cauchemars. Les deux adolescents de la famille (Chad et Owen) constatent qu'un épouvantail des champs voisins... se déplace. Quant à Tom (le père de famille), il trouve une espèce de journal intime ayant appartenu à un ancien propriétaire de la maison, et ce qu'il y lit n'est pas pour l'apaiser.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Léviatemps», j'avais décidé de ne plus retenter Maxime Chattam. En voyant que «Le signal» était lu par un comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, j'ai lu le résumé. J'ai pensé que cela rappellerait certains romans de Stephen King pleins de spectaculaire (ce que je n'aime pas trop), mais j'ai voulu essayer. Si ce livre ne fera pas partie de mes coups de coeur 2019, j'ai passé un bon moment avec. Je m'attendais à ce qu'il soit ainsi, je l'ai lu en connaissance de cause, et il s'est révélé être comme je l'imaginais.

J'ai pensé à Stephen King avant ma lecture, et tout au long du livre, j'y pensais encore. L'ambiance et certaines ficelles sont de celles qu'on retrouve dans des romans de cet auteur. Par exemple, l'épouvantail tueur, c'est quelque chose que Stephen King aurait pu utiliser. Je dois dire qu'en écrivant «épouvantail tueur», je suis prise de fou rire, parce que cela fait un peu ridicule, mais pendant ma lecture, je n'ai pas du tout trouvé cela incongru. Je n'avais pas très peur parce que j'ai déjà lu plusieurs livres avec ce genre de choses, mais j'étais quand même attentive à ce qui arriverait, et je souhaitais que les personnages pris en chasse s'en sortent.

Toutes les ficelles censées effrayer sont de ce style, et je pense qu'elles atteindront leur but chez ceux qui apprécient ce genre. Maxime Chattam réunit les ingrédients adéquats: grande maison ayant abrité des gens qui ont beaucoup souffert, phénomènes inexplicables rationnellement... De plus, il évoque quelque chose qui intéresse beaucoup de monde: les fantômes, ou du moins les esprits qui hantent un endroit.

Les personnages principaux sont attachants. Les quatre enfants sont très courageux et solidaires. Tom et Olivia m'ont également été sympathiques. Bien sûr, j'ai apprécié Ethan qui garde l'esprit ouvert, qui veut comprendre et faire au mieux...
En parallèle de ces étranges phénomènes, une adolescente vit des événements qui n'ont rien à voir avec le fantastique, et qui sont, eux aussi, terrifiants. J'ai apprécié que l'auteur fasse se côtoyer ces deux trames, faisant ainsi ressortir le côté affreux de chacune.

La solution de l'énigme est intéressante, parce que même si nous savons qu'elle est impossible en dehors du roman, elle plaira beaucoup à ceux qui détestent ce qui cause le mal dans le village. Je connais déjà une personne qui aimerait ce livre rien que pour ça! Elle a déjà posté quelques commentaires sous le pseudonyme de Birdie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Comme d'habitude, j'ai apprécié l'interprétation de ce comédien. Il parvient à jouer les diverses émotions des personnages, ainsi que les effrayantes voix sans en faire trop. Je pense qu'il aurait été très facile de cabotiner à ces occasions.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 16 juillet 2018

Eleanor, de Jason Gurley.

Eleanor

L'ouvrage:
Eleanor est mariée à un homme qui l'aime profondément. Elle a une fille: Agnès. Lorsqu'elle apprend qu'elle est à nouveau enceinte, elle panique. En effet, elle se sent prisonnière de sa vie, de l'amour des siens, elle refuse ce second enfant.

Critique:
Le résumé ne signale pas quelque chose d'important. Si ce livre commence comme un roman axé sur la psychologie des personnages, il est surtout fantastique. Heureusement que je l'ai su (grâce à une chronique) avant de le lire, car sinon, j'aurais été très déçue qu'il ne soit pas uniquement psychologique, et ne l'aurais pas apprécié pour ce qu'il est. Sachant dans quoi je mettais les pieds, j'ai été sensible à la manière dont l'auteur traite le temps, le fait de pouvoir regarder des souvenirs, de se retrouver à tel moment de la vie d'untel, ou de passer dans les rêves de quelqu'un. Tout cela me fascinait avant de lire ce roman, et j'ai déjà imaginé ce genre de choses. Comme dans toute œuvre de ce style, il y a des rituels qui sont comme des repères. Par exemple, au moment où notre monde va être perturbé par les agissements de ceux qui peuvent (dans une certaine mesure) manipuler le temps, l'air se charge d'électricité. Dès le départ, l'eau tient une grande place dans le récit: Eleanor adore nager et plonger, beaucoup d'événements importants se passent près de la mer ou quand il pleut... Cela m'a plu parce que pour moi (comme pour beaucoup de monde, je suppose) l'eau est un élément captivant. Indispensable, purificatrice, mais pouvant être dangereuse, elle révèle ses multiples facettes tout en attirant continuellement l'homme qui ne peut exister sans elle. De plus, je suis persuadée que certains passages où elle tient une place importante pourraient donner matière à de très fortes images dans un film.

Par ailleurs, le romancier installe une certaine ambiance grâce à sa description de paysages, de certaines scènes, et grâce à la part de mystère dont sont entourés des personnages, comme la gardienne ou Maya (au début).

Bien sûr, ce livre fascinera également parce qu'il touche un point sensible: le fait de vouloir sortir quelqu'un (ici toute une famille) de la peine en revenant dans le temps pour réparer les dommages causés. Je sais quelles erreurs je tenterais de corriger si une telle chance m'était donnée. J'ai aimé cette intrigue et la manière dont l'auteur exploite le thème. Celui-ci ayant été maintes fois utilisé, Jason Gurley a fait un pari risqué. Pour moi, il l'a réussi. J'ai aimé que l'auteur ne tombe pas dans le travers de certains qui consiste à dire que si on change les choses pour faire de bonnes actions, cela a forcément de mauvaises répercussions sur d'autres événements. Ici, les personnages ne savent pas quelles seront les conséquences de leur intervention. Ce qui est dommage, c'est qu'à la fin, le lecteur ne sait pas grand-chose non plus. Un chapitre supplémentaire n'aurait pas été de trop. Je suppose que l'auteur a souhaité que le lecteur choisisse, mais j'aurais voulu savoir comment lui voyait les choses. C'est le seul reproche que je ferai à ce roman.

Au long du livre, je n'ai pas réussi à ressentir de la compassion pour Agnès. Je savais qu'elle avait des circonstances atténuantes, et il est évident que lorsque quelqu'un a atteint sa limite, il ne peut pas se relever. De plus, je ne sais pas comment j'aurais réagi à la place d'Agnès, donc je ne devrais pas lui jeter la pierre... Cependant, je la trouve immonde envers sa fille. C'est surtout cela que je n'accepte pas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Random house audio.

Cassandra Campbell est un nom qu'on retrouve souvent à la fin de mes chroniques depuis quelque temps. J'apprécie de plus en plus le jeu de cette comédienne. Ici, elle n'a pas démérité. Que ce soit la mère aigrie, la fillette apeurée, le père dévasté (pour ne donner que ces exemples), elle a parfaitement allié intonation et modification de sa voix.

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lundi, 14 mai 2018

La forme de l'eau, de Guillermo del Toro et Daniel Kraus.

La forme de l'eau

L'ouvrage:
Elisa est femme de ménage dans un laboratoire qui fait des recherches et des expériences scientifiques. Un jour, elle découvre une créature enchaînée dans un bassin. Elle parvient à communiquer avec.

Critique:
On parle beaucoup de ce roman en ce moment. Je ne sais pas si les avis sont positifs ou non, mais je dois dire qu'il m'a laissée indifférente, voire ennuyée. Bien sûr, j'ai ressenti de la compassion pour Elisa et la créature, ainsi que pour Giles et Zelda, mais ils ne m'ont pas fait entrer dans le livre. J'ai été sensible à la manière dont Elisa arrange sa vie pour qu'elle soit le moins pénible possible, mais certaines choses m'ont paru étranges. Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi elle était à ce point dingue de chaussures à talons hauts. Vous allez me dire que chacun a son dada, et que le sien, c'est sa passion pour ce genre de chaussures... Soit. Si l'héroïne est sympathique, elle ne m'a pas vraiment touchée.

Que dire de Richard Strickland? Ah, lui, il est pire que la caricature du méchant! Les auteurs se sont dit: «Allez, pour celui-là, il faut qu'on mette le paquet! Que tout le monde le déteste!» Certes, Strickland est haïssable, mais il aurait justement été plus intéressant qu'il le soit moins, ou que ses motivations soient plus recevables. Ici, on a affaire à un capricieux (ou à un sociopathe) qui prend prétexte de son énorme souffrance pour s'arroger le droit de détruire tout le monde. Sa femme tente de faire en sorte qu'il se sente mieux: il a envie de la tuer (au sens propre). Puis il imagine qu'elle le trompe: il a envie de lui faire endurer les pires supplices qui soient, sans penser qu'il est atroce avec elle depuis son retour d'Amazonie. La mission au cours de laquelle il a attrapé la créature l'a soi-disant anéanti: c'est donc de la faute de cette pauvre créature qu'il veut battre à mort pour cela. N'oublions pas qu'à ce moment-là, la créature est attachée... Strickland rencontre Elisa cinq minutes: sans la connaître, il souhaite l'entraîner dans son univers de malade. Bref, ce personnage aurait peut-être gagné en crédibilité si je n'avais pas eu envie, toutes les cinq minutes, de lui dire: «Tais-toi, sale gosse!» Ses souffrances passées auraient pu expliquer un comportement d'écorché vif, mais sûrement pas celui d'un capricieux ni d'un psychopathe. On me dira qu'il était peut-être psychopathe avant. Certes, mais sa femme semble dire que non...

Quant à l'intrigue, elle m'a ennuyée. D'abord, j'ai trouvé le tout très lent. Ensuite, il y a des éléments très gros. Lorsque vous avez un minimum de jugeote, vous ne vous préparez pas à accueillir, dans votre baignoire, un animal évoluant habituellement dans un bassin, sans prévoir de quoi manger de surcroît. Il y a d'autres choses de cet acabit, et quand j'y repense, on dirait un sketch tellement c'est surréaliste et donc risible. En tout cas, cela a été ma réaction.
Ensuite, j'aurais compris qu'Elisa et la créature s'attachent l'un à l'autre, mais pas davantage. Ils communiquent, mais assez sommairement. J'atténuerai quelque peu cette remarque en disant qu'à la fin, on comprend pourquoi certaines choses sont arrivées ainsi. Cependant, cette révélation soulève des questions qui, bien sûr, ne trouvent pas de réponses.
Ce n'est pas parce qu'on est dans un ouvrage fantastique qu'on doit utiliser de grosses ficelles et tout se permettre. Il faut une logique interne crédible.

Les auteurs ont voulu aborder les thèmes de l'intolérance, du rejet, du refus de la différence (pas seulement à travers la créature, mais aussi avec la mutité d'Elisa, le fait que Zelda soit noire, et d'autres biais). Cela ne m'a pas touchée parce que ces thèmes m'ont paru mieux abordés dans d'autres romans, mais aussi à cause de tous les autres points qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Hardigan par l'intermédiaire d'Audible. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. Globalement, j'ai apprécié son jeu sensible et posé. Je regrette qu'elle ait modifié sa voix pour Giles, par exemple, d'autant que cette modification n'était pas nécessaire pour moi parce qu'elle ne correspond pas à l'image que je me faisais de lui. J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce son prénom Djaïlze. J'ai trouvé cela affecté. J'aurais préféré qu'elle le dise à la française, même s'il n'y a qu'un «l».
C'est également le premier livre de cet éditeur audio que je lis. J'ai été déçue qu'il y ait de la musique, mais je dois être une des rares à ne pas apprécier cela, car les éditions Audiolib et Sixtrid en mettent aussi. Hardigan en met quand même davantage, car il y en a à tous les chapitres.

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samedi, 8 juillet 2017

La passe-miroir, tome 3: La mémoire de Babel, de Christelle Dabos.

La Passe-Miroir, Livre 3 : La mémoire de Babel

L'ouvrage:
Voilà deux ans et sept mois qu'Ophélie est retournée sur Anima. Elle voudrait poursuivre sa quête, mais est étroitement surveillée par les doyennes. Heureusement, l'arrivée d'Archibald va lui offrir une porte de sortie.
Grâce à des indices patiemment collectés, elle se tourne vers l'arche de Babel. C'est peut-être là qu'elle trouvera ce qu'elle cherche.

Critique:
Encore une fois, cela a été un bonheur de me plonger dans la suite des aventures d'Ophélie. Je retrouve la plume alerte, le vocabulaire et la syntaxe relevés (sans que cela soit ampoulé), la fluidité de l'écriture de Christelle Dabos.

Ici, elle nous présente l'arche de Babel, l'une des vingt-et-une arches composant le monde. On découvre donc d'autres façons de faire certaines choses. Par exemple, le tramoiseau, le transcendius, le tac-si, etc. Ophélie se présentera à un concours pour devenir virtuose. La romancière expose donc ce qu'est un virtuose sur Babel, comment on le devient, etc. Donc, là encore, on est totalement immergé dans un univers.

Les personnages restent creusés. On retrouve les particularités de certains, mais ils évoluent. Par exemple, Archibald reste primesautier, mais il semble avoir mûri. Son but est honorable. De plus, il sent bien que Victoire a besoin d'autre chose, et tente de le lui offrir un peu.

Ophélie reste la même, mais elle aussi évolue. Elle est forcée de regarder en elle-même, de s'avouer certaines choses... Sa légendaire maladresse est quelque peu détrônée par celle de Blasius, qui est plus malchanceux que maladroit, et qui provoque des catastrophes dont certaines sont amusantes. Par exemple, la première fois qu'il rencontre Ophélie, maladresse et malchance se réunissent pour provoquer une spectaculaire chute de livres.

Victoire est sympathique. On a un peu de mal à la cerner, ou plutôt à comprendre comment elle a eu cet étrange pouvoir qu'elle ne maîtrise pas tout à fait, et pourquoi elle est souvent incapable de communiquer.

J'ai bien aimé Octavio qui se débat entre ce qui est et sa conscience...
Les personnages de Christelle Dabos (qu'on les apprécie ou pas) sont empreints de charisme.

Comme pour le tome 2, j'étais trop absorbée par l'histoire et l'univers décrit pour chercher qui épouvantait les gens. La solution ne fait que soulever des questions.
Comme d'habitude, l'épaisseur du livre ne donne pas lieu au remplissage. La fin appelle bien sûr la suite. L'auteur donne certaines pistes qui font qu'on se demande où elles mènent. Heureusement, car si on pensait avoir tout élucidé, il y aurait du souci à se faire.

Je mettrai un petit bémol qui n'en est pas vraiment un, puisque c'est totalement subjectif. Babel, c'est un tournant, un endroit où se rencontrent langues et cultures. La romancière a voulu reproduire cette idée sur son arche. De ce fait, certains émaillent leurs dires d'anglais («well», «really»...), d'autres d'italien («signorina»)... J'ai compris l'idée, mais j'ai été déçue. D'abord parce que le fait que des langues connues soient utilisées me sortait un peu de l'univers créé. De plus, je trouvais cela un peu affecté. Heureusement, mon mari n'a pas essayé de faire des accents pour ces mots. Il ne sait pas les faire, mais aussi, il sait que j'ai horreur de ça.

Apparemment, le tome 4 se fera attendre, notamment parce que Christelle Dabos doit assurer la promotion de la série (qui, si j'ai bien compris, va être traduite), par des tournées et des séances de dédicaces. Je comprends tout à fait qu'elle doive s'y prêter, mais je préférerais qu'elle n'aille rencontrer son public qu'après la sortie du tome 4.

J'ai conscience que ma chronique est superficielle par rapport à ce très bon livre. J'en suis désolée, mais je n'ai pas voulu trop en dévoiler.

Service presse des éditions Gallimard,
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 15 juin 2017

Replay, de Ken Grimwood.

Replay

L'ouvrage:
Le 18 octobre 1988, à 13h06, Jeff Winston meurt d'une crise cardiaque, à l'âge de quarante-trois ans. Puis, il «s'éveille» en 1963, alors qu'il a dix-huit ans.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai survolé des critiques: d'un côté, on disait que Stephen King avait bien mieux fait dans «22/11/63», d'un autre, on disait que «Replay» était mieux... Après avoir lu les deux, je trouve stupide de les comparer. Dans ce cas, il faudrait comparer tous les romans où les personnages voyagent dans le temps. Bien sûr, Ken Grimwood parle bien de l'assassinat de Kennedy, mais cela ne doit pas pousser les gens à comparer ce roman et celui de Stephen King. Ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre.

Pour ma part, je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non ce roman. C'est un sentiment étrange... Ce qui m'agace un peu, c'est que la plupart du temps, lorsqu'un auteur fait ce genre de choses (le héros a la chance de revenir dans son passé et peut espérer changer ses erreurs), il lui est toujours démontré qu'il n'est pas bon de le faire. Je trouve cela dommage. Ce genre de livres permet de rêver. Qui n'aimerait pas arranger certaines choses dans son passé? Lire un roman où le héros y arriverait serait réconfortant. C'est du fantastique, donc pourquoi ne pas ménager une petite part de rêve? Bien sûr, je n'aimerais pas un roman où tout serait parfait, mais où des choses s'arrangeraient. J'ai donc commencé par en vouloir à l'auteur de faire comme d'autres: on essaie de mieux faire certaines choses, mais cela en désorganise d'autres, et pourtant, le but est toujours honorable. De toute façon, à cause de ce qui arrive, ça finit par ne servir à rien. Cependant, Jeff tire des leçons de ce qu'il vit. J'ai un peu soupiré en lisant ce qu'il finit par penser, parce que je me suis dit que je pensais déjà comme cela, je n'avais pas besoin que la vie me le démontre. Certes, mais beaucoup de gens ne parviennent pas à faire la part des choses, comme finit par le faire Jeff.

D'autres éléments m'ont un peu agacée. Jeff et Pamela tombent trop facilement amoureux l'un de l'autre. C'est compréhensible, mais de ce fait, j'ai l'impression que l'auteur n'a pas vraiment creusé Pamela, du moins, au début, puisqu'il était logique que Jeff et elle s'aimeraient. Pas besoin de nous la faire apprécier, donc. Je lui ai longtemps préféré Judy.
D'autre part, je n'ai pas compris que Jeff se confie à Mireille en pensant qu'elle garderait son secret et le respecterait, même si elle ne le comprenait pas. En très peu de temps (avant que Jeff lui parle), j'ai su que Mireille n'était ni aimable, ni fiable, ni futée. Là encore, je pensais que s'il voulait réellement se confier, c'est à Judy qu'il aurait dû parler.
Enfin, j'ai trouvé très léger que Jeff, alors qu'il débarque à un moment où les choses sont déjà très tendues et difficiles avec Linda, décide de ne rien tenter pour tout sauver, et s'en aille, alors que juste avant, il était là à temps pour attraper le coche, et s'est contenté de mettre à profit ce qu'il savait, sans faire beaucoup d'efforts, pour que les choses ne commencent pas à se dégrader.
De plus, à cause de la manière dont arrivent les choses, l'auteur montre des aspects de ce retour dans le passé comme un pensum, notamment les années de lycée ou d'université.

D'un autre côté, j'ai compris les autres agissements des personnages. J'ai notamment aimé «Star see» et la raison pour laquelle il a été fait. J'ai compris que la tentative faite pour comprendre le phénomène ait créé de telles réactions. Là encore, la difficulté des hommes à communiquer et les raisonnements bornés sont mis en avant, n'engendrant qu'incompréhensions et chaos.
Je me suis facilement mise à la place de Jeff. Je n'approuvais pas toujours ses choix, mais je comprenais qu'il se débatte avec ce phénomène incontrôlable. La plupart du temps, il faisait de son mieux.
Parfois, l'intrigue traîne, et j'avais l'impression que tout se délitait, que l'auteur ne savait plus quoi faire. Finalement, je trouve que tout a sa place. Les expériences et les tentatives de Jeff pour s'accommoder de ce qui lui arrive et le comprendre font réfléchir sur certaines choses. En outre, lorsqu'un auteur choisit ce thème, il n'est pas toujours simple pour lui de s'en sortir.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime toujours autant la lecture ni surjouée ni soporifique de Martine Moinat. Ici, je regrette beaucoup que, par souci de bien faire, elle ait voulu prononcer des noms anglophones avec l'accent. Outre que cela ne me plaît pas, elle s'est trompée sur des prononciations. Par exemple, la première syllabe du mot «apple» ne se prononce pas «ay», tout comme le mot «maddison», en anglais, ne se dit pas «maydison». En général, le «a» se prononce «ay» lorsqu'il n'est pas suivi d'une double consonne. D'autre part, je trouve affecté qu'on prononce «dayvid» ou «aveniou» dans un texte en français. Je dois être une des rares à penser ainsi, car beaucoup de lecteurs tentent de prononcer les mots étrangers avec accents. Dommage pour moi...

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