samedi, 2 septembre 2017

L'assassin royal, tome 6: La reine solitaire, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 6: La reine solitaire

L'ouvrage:
Fitz, Oeil-de-nuit, le fou, Kettricken, Astérie, et Caudron se sont enfoncés dans les montagnes à la recherche de Vérité. C'est alors qu'ils parviennent au pied d'un pilier. Fitz le touche et disparaît.

Critique:
Comme dans les livres précédents, les personnages sont précipités dans des péripéties qui les changeront irrémédiablement. Par exemple, le fou, après avoir touché la femme au dragon, ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour elle, et cela le mènera bien plus loin (tant moralement que physiquement) que ce à quoi il s'attendait.
Fitz apprend à accepter ce qu'il ne peut changer, à faire des choix qui, s'ils ne lui plaisent pas, seront bénéfiques à d'autres. Kettricken lui fait sûrement le plus beau compliment qu'elle pouvait faire lorsqu'elle lui dit qu'il se comporte en oblat, comme les souverains des montagnes qui vivent simplement, se mettent au service de leur peuple, et agissent uniquement dans son intérêt. Les autres aussi changent en profondeur. Ce qu'ils vivent accentue leur complicité. Chacun sait que les autres endurent de lourdes épreuves, chacun connaît la valeur des autres... Leurs disputes aussi les rapprochent. Mais parfois, la magie permet une complicité qui attriste ceux qu'elle exclut. Je pense surtout à Kettricken qui se sent rejetée de ce que Vérité partage avec Fitz puis Caudron.
J'ai beaucoup aimé le passage où Fitz, le fou et Oeil-de-nuit communient grâce à l'Art et au Vif. Chacun voit comment il est perçu par l'autre, voit tout de l'autre. Le fou est très surpris de découvrir que Fitz l'aime vraiment, Oeil-de-nuit est étonné (et vexé ;-) ) de comprendre que le fou le voyait comme une créature qui hurle et bave... J'ai trouvé cela assez émouvant, et ai pensé que si nous pouvions faire la même chose, nous serions surpris de voir comment nous perçoit notre entourage.

Comme je l'avais supposé, on en apprend davantage sur Caudron. Pour moi, ce qui est révélé est à la hauteur de l'attente. Au sujet de cette étrange femme, Robin Hobb soulève une question importante: quelle que soit la faute qu'on ait commise, le mal qu'elle fait ne s'estompera jamais si on ne se pardonne pas soi-même. C'est également illustré par ce qui arrive au fou. À ce propos, Fitz m'a un peu agacée, car il ne voyait pas l'évidence. Il est vrai qu'il était trop impliqué pour cela.

À un moment, Fitz veut se débarrasser de ses souffrances, et autorise l'un des dragons à les prendre. On comprend qu'il veuille alléger son coeur, mais lui-même finit par se demander s'il ne vaut pas mieux ressentir quelque chose (même si cela fait mal) plutôt que le vide. C'est aussi une question intéressante. Beaucoup d'entre nous aimeraient sûrement déposer des moments pénibles de leur vie quelque part pour ne plus éprouver la douleur que leurs souvenirs provoquent. Mais cette douleur, si cuisante soit-elle, fait partie de notre construction, fait qu'on apprend de ses erreurs, etc.

Le fou garde une part de mystère. On ne sait pas trop ce qu'a été sa maladie. Il l'explique, mais avec lui, on ne peut être sûr de rien. Il laisse entendre que même dans son peuple, il n'est pas banal, pas conforme. C'est renforcé par le fait qu'Oeil-de-nuit l'appelle «le sans-odeur». Ce personnage semble à la fois profond, naïf, cocasse, opiniâtre...

Je n'arrive toujours pas à apprécier Astérie. Je pense que Robin Hobb n'a pas souhaité cela. Elle explique certains actes répréhensibles de la ménestrelle par les drames qu'elle a vécus. Pourtant, entre Astérie et moi, ça ne passe pas. ;-)

J'ai apprécié que l'auteur prenne le temps de dire ce qui arrive à chacun à la fin. C'est dans le dernier chapitre que Fitz explique pourquoi la guerre des pirates rouges a démarré. On constate que l'écrivain connaît parfaitement les humains... Ce qui est raconté est tellement vraisemblable!... Triste aussi...

Pour ceux qui ne le sauraient pas, après avoir fini ce cycle, il vaut mieux lire «Les aventuriers de la mer» avant de lire le deuxième cycle de «L'assassin royal», car les personnages des deux séries se côtoient, et pour mieux comprendre le tout (et ne pas connaître des éléments clés de «Les aventuriers de la mer» avant de le lire), il vaut mieux les lire dans cet ordre.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être totalement respectée, mais elle l'est davantage que dans les tomes précédents.

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jeudi, 31 août 2017

L'assassin royal, tome 5: La voie magique, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 5: La voie magique

L'ouvrage:
Après s'être débarrassé des gardes qui l'avaient capturé dans le but de le livrer à Royal, Fitz continue son périple afin de rejoindre Vérité. Il rencontrera d'autres embûches.

Critique:
Si j'ai aimé ce livre (qui est en réalité le deuxième tiers du tome 3), j'ai trouvé que l'auteur commençait à s'essouffler: Royal veut la peau de Fitz, Fitz est attrapé, il s'en sort, il repart, Vérité lui renouvelle sa demande de le rejoindre... Robin Hobb précipite toujours ses personnages dans un enchaînement d'aventures pleines d'émotions, mais ici, cela m'a semblé un peu répétitif. De plus, Fitz a connu énormément de souffrances, il en subit d'autres, et il s'en sort toujours. Cela m'agace un peu. L'auteur aurait peut-être pu lui faire éprouver des douleurs moins violentes... On pourrait m'objecter que Fitz est une sorte de héros épique. Il est vrai qu'on retrouve certains codes de l'épopée: le héros, semblant invincible, est séparé de sa dame par des combats pour son roi et de la magie.

Je n'ai pas aimé l'idée que le fait que le royaume soit bien gouverné passe au-dessus de tout. C'est une idée impitoyable. Pourtant, elle est compréhensible. La personne qui gouverne se doit à son royaume, elle doit oeuvrer pour le bien commun. Seulement, s'il est logique que Kettricken s'y conforme, il est plus difficile d'accepter que Fitz soit obligé de faire preuve du même zèle. En effet, Kettricken est née pour cela, alors que cette charge a été imposée à Fitz. Certes, Kettricken n'est pas implacable et froide, elle comprend le jeune homme, puisqu'elle aspire à la même chose. En outre, quelqu'un d'objectif dira que le bien commun doit prévaloir... Donc même si l'idée m'a déplu, elle est abordée avec sensibilité et à propos par la romancière.

Comme dans les autres tomes, on rencontre des ménestrels. Depuis le tome 4 en français (en réalité, le début du tome 3), je réalise l'importance de ceux-ci. L'une d'eux (Astérie) est sur le devant de la scène. À l'instar de Fitz, je ne l'aime pas trop, mais sa présence et le fait qu'elle explique l'importance des chansons mettent en lumière quelque chose que je n'avais pas su discerner avant.

J'ai déjà dit qu'à mon avis, les textes et les événements écrits par Robin Hobb étaient très travaillés. J'en ai trouvé une illustration dans cette partie de l'histoire. Il y est fait allusion à une comptine («Six sages s'en sont venus à Jhaampe»). Or, dans un tome précédent (alors que Fitz et le fou sont encore à la cour du roi Subtil), le fou demande à Fitz de la chanter. Je pense que ce n'est pas anodin. Il doit y avoir beaucoup d'autres choses qui se répondent d'un tome aux autres. C'est un des éléments qui font la richesse de ces romans, les rendant vraisemblables.

Dans cette partie, une femme, découverte dans la partie précédente, prend de l'importance. Elle est mystérieuse, et semble en savoir beaucoup sur Fitz, sur le royaume, la magie... J'espère que quand l'auteur lèvera le voile sur elle, cela sera à la hauteur de l'attente...

Astérie émet une théorie concernant le fou. Fitz la trouve saugrenue (Ou bien le fint-il?). Elle est un peu déroutante, mais je ne serais pas étonnée qu'elle soit vraie, ce qui me donnerait envie de tout relire pour relever les indices. ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Dans cette partie, on retrouve le fou. Le comédien a fait en sorte de jongler entre la voix gouailleuse qu'il lui faisait et une voix plus neutre, comme l'exigeaient les circonstances.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Elle est à peu près comme celle du tome 4.

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samedi, 26 août 2017

L'assassin royal, tome 4: Le poison de la vengeance, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 4: Le poison de la vengeance

L'ouvrage:
Fitz doit réapprendre à se comporter comme un homme. Il n'est pas sûr de le souhaiter: en tant qu'homme, il a tout perdu, ou presque.

Critique:
Ce tome étant le premier tiers du tome 3 original, il débute par un prologue, à l'instar du tome 2. Heureusement, ce prologue ne résume pas tous les événements passés, comme le fait celui du tome 2. Maintenant, il n'y aura plus de prologue jusqu'à la fin de ce cycle, puisque les tomes 4, 5 et 6 français sont chacun un tiers du tome 3 original.

J'étais circonspecte en commençant cette partie de l'histoire. À cause de ce qui arrive précédemment, je pensais que l'auteur s'était mise dans une situation telle qu'il ne lui serait pas aisé de faire quelque chose d'intéressant. Pour moi, elle était allée trop loin. Mes craintes n'ont pas duré. Les aventures contées sont toujours aussi passionnantes, le décor et les personnages restent extrêmement soignés... On découvre un Fitz qui, malgré l'impulsivité qui lui fait commettre des faux pas (voir ce que lui dit Umbre), a acquis une sorte de sagesse. Il réfléchit davantage, combat son caractère emporté. De plus, il a connu de très grandes souffrances, tant morales que physiques, et c'est surtout en elles qu'il puise sa retenue. Si j'ai partagé l'avis d'Umbre lorsque celui-ci fait une mise au point, si j'ai trouvé que Fitz était extrêmement dur envers Burrich juste avant (le jeune homme le reconnaît lui-même), j'ai aussi pensé que Fitz avait des circonstances atténuantes. Il n'a jamais souhaité mal agir, il devait assumer beaucoup de fardeaux, et il en a eu assez qu'on décide toujours pour lui. Burrich et Umbre aussi sont complexes. J'étais d'accord avec les reproches que Fitz leur adressait, mais ils n'ont jamais fait que ce qu'ils croyaient juste et bien.

Dans ce tome, Fitz est majoritairement sur les routes. C'est également cela qui lui forge le caractère. Il ne doit s'en remettre qu'à lui-même. Il peut décider seul de ce qu'il fera... Enfin, pas tout à fait. ;-)

Lorsqu'il rencontre Rolf et Fragon, il se rend compte que ceux-ci, loin de mépriser et de fuir le Vif (attitude qu'il a toujours connue) le cultivent, et profitent de ses propriétés. À ce sujet, Rolf explique à Fitz qu'il aurait des choses à lui apprendre, mais que cela ne pourrait se faire en un jour. J'ai aimé cette idée. Dans la vie, beaucoup de choses s'apprennent avec patience, en prenant le temps, en étant minutieux, attentif... Des valeurs qui auraient tendance à se perdre, aujourd'hui...

Certains éléments sont prévisibles, mais comme précédemment, c'est logique, et donc pas gênant. Par exemple, il était évident que le personnage gouvernant le royaume ne ferait rien pour le peuple, voire le taxerait davantage. L'attitude de Patience (personnage que j'affectionne) était également prévisible. Après avoir été plusieurs fois surprise par elle, je n'ai pas été étonnée de ce que j'ai appris dans cette partie de l'histoire. Cela souligne encore qu'elle n'est pas uniquement une brave fille férue de plantes.

Je n'aime pas le titre français de cette partie de l'histoire. Même si c'est en accord avec ce qu'il s'y passe, c'est un titre digne de romans Harlequin... Cela s'ajoute à l'irrespect de l'éditeur français (envers l'auteur et le lecteur) qui a découpé les tomes 2 et 3...

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Le comédien reste égal à lui-même, son jeu est naturel. Dans cette partie, il n'a pas eu à se préoccuper de la voix qu'il fait au fou, voix qui, à mon avis, n'est vraiment pas simple à garder vraisemblable, étant données les circonstances. Voyons comment il jouera lorsque le fou réapparaîtra... car je suis sûre qu'il réapparaîtra.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Elle est à peu près comme celle du tome 3.

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jeudi, 24 août 2017

L'assassin royal, tome 3: La nef du crépuscule, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 3: La nef du crépuscule

L'ouvrage:
Le royaume des Six-Duchés combat les pirates rouges. Fitz y prend part de plusieurs manières. Mais les ressources s'épuisent. Le royaume aurait besoin d'aide. C'est alors que quelqu'un a une idée.

Critique:
Ce tome (qui est en réalité la deuxième moitié du tome 2) m'a autant passionnée que les précédents. L'histoire ne s'essouffle pas. Elle prend un tournant parmi tous ceux possibles (comme dirait le fou). L'étau se resserre sur Fitz et ceux pour qui il lutte. Il lui est de plus en plus difficile de tout concilier, et certains dangers se précisent. Lentement, inexorablement, le royaume est miné, rongé par celui qui ne rêve que de puissance, et qui ne cherche pas à remettre ce qu'il croit en question. Très vite, voilà le lecteur plongé dans des intrigues de cour, habilement tissées. Là où certains auteurs s'enliseraient à décrire toujours la même chose, Robin Hobb construit sa trame, donnant de l'importance à chaque élément, poussant le raisonnement, montrant les tenants et aboutissants de chaque acte. À ce sujet, je soupçonnais un personnage depuis le début, et j'avais raison. Je me suis demandé pourquoi personne n'y pensait. Fitz l'explique, et c'est crédible, mais je n'ai pas compris qu'on ne se méfie pas au moins un peu de ce personnage.

Dans ce tome, l'auteur exploite davantage les facettes de l'art. Je n'avais pas réfléchi aux multiples possibilités développées ici. Encore une fois, Robin Hobb ne se contente pas de dire que ses personnages ont tel pouvoir: elle évoque toutes les manières d'utiliser ce pouvoir.

Malgré la dureté de beaucoup d'événements, il y a encore des notes d'humour. Par exemple, lorsque Justin attaque Fitz par la pensée, et que Sereine redresse Justin que la riposte fait chanceler, le fou insinue que Sereine et Justin pensent à la gaudriole.
Par la force des choses, le fou est beaucoup moins cocasse, même s'il ne perd rien de sa causticité.

Tout comme dans le tome 2, Patience réserve une surprise que je n'ai absolument pas vue venir! Autant la première était imaginable, autant celle-ci ne l'est pas, à mon avis. Étant donné ce qui arrive à la fin, on ne peut pas savoir si l'auteur exploitera cela par la suite.
Les personnages que j'appréciais (notamment Kettricken et Vérité) ont évolué comme on pouvait s'y attendre. Ils ne sont pas incohérents.

La fin me laisse perplexe. Elle est aussi un tournant, mais j'ai du mal à voir ce qu'il va advenir de certains personnages, et comment l'auteur le montrera. C'est encore une force de Robin Hobb: on ne peut pas prévoir quelle sera la suite.

Comme dans les autres tomes, beaucoup de débuts de chapitres sont de courts extraits d'écrits d'autres personnages, de légendes sur des thèmes qui vont être abordés ou viennent de l'être, des histoires concernant certains personnages... Cette façon de procéder contribue à rendre le récit vraisemblable. Le royaume a un passé, ses personnages aussi, son peuple croit en des légendes...

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Comme je l'ai dit, même si le fou saisit toutes les occasions d'être drôle, les événements font qu'il l'est peu. Pour ce rôle, le comédien a dû composer avec la voix à laquelle il a habitué le lecteur et la gravité de la situation.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Seuls les chapitres 1 et 13 commencent une piste, et aucune piste n'est égale à un chapitre.

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samedi, 19 août 2017

L'assassin royal, tome 2: L'assassin du roi, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 2: L'assassin du roi,

L'ouvrage:
Fitz et Burrich sont restés à Jhaampe. Fitz redoute de rentrer à Castelcerf, sachant que le prince Royal souhaite sa perte. Il s'y résout pourtant.

Critique:
Commençons par ce qui ne m'a pas plu. Le livre débute par un prologue où Fitz raconte les événements du tome 1. Je comprends qu'un résumé soit intéressant pour ceux qui liraient le tome 2 longtemps après avoir lu le 1, mais je préfère le cas où le résumé est séparé de l'histoire, comme dans la série «La passe-miroir». En plus, ici, on ne peut pas négliger le prologue pour échapper au résumé, car il contient également le début de la suite de l'histoire.

Dans ce tome, Fitz évolue. Son caractère s'affirme. Il se sert de son expérience, mais reste impulsif. Il a pris de l'assurance, ce qui est bien, mais lui fait commettre des imprudences. Il est tiraillé entre son devoir, ce qu'il pense être bon pour lui, ce qu'il veut... C'est assez bien illustré dans sa relation avec Oeil-de-nuit. C'est également montré par le fait que malgré son amitié et son estime pour Burrich, le fou, ou Vérité, il ne peut se dévoiler totalement à eux.

Patience réserve des surprises dans ce tome. Ce qu'elle consent à montrer d'elle-même est une preuve de sa lucidité. Dans le premier tome, je la trouvais sympathique, mais quelque peu lunatique, et j'avais peur que son intérêt pour Fitz soit un caprice. C'est bien plus complexe, ce qui m'a fait davantage apprécier Patience.

Certains auteurs de grosses sagas créent des histoires d'amour niaises. Il n'y a pas si longtemps, j'ai pesté après Luca di Fulvio pour cela. Chez Robin Hobb, nulle mièvrerie. L'histoire s'insère parfaitement dans le déroulement des événements, et on partage les affres des personnages dont la détresse ne semble pas artificielle.

Certaines choses prévisibles arrivent. Par exemple, on sait tout de suite comment sera traitée Kettricken, et comment elle réagira. Que cela se passe comme je l'avais prévu m'a plu, j'aurais été déroutée qu'il en soit autrement, étant donné la manière dont l'auteur avait campé ses personnages dans le tome 1.

Je n'ai trouvé aucune longueur. En outre, Robin Hobb ancre davantage (si c'est possible) son histoire dans la vie, le temps, la vraisemblance.

La plupart des séries de Robin Hobb ont été publiées en France sans que le découpage de la version originale soit respecté. C'est très agaçant pour plusieurs raisons que je ne développerai pas ici. Je signale seulement que ce tome n'est que la moitié du tome 2. Le tome 3 en version française est la deuxième moitié du tome 2 en version originale.

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

J'ai apprécié la performance du comédien. La partie la moins facile était sûrement (encore une fois) le rôle du fou. Celui-ci est grave sous couvert de drôlerie, mais parfois, la gravité prend le dessus. Il n'est donc pas simple à jouer, d'autant que le comédien a pris le parti de lui faire une voix souvent forte, avec des effets.

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