samedi, 21 avril 2018

Les aventuriers de la mer, tome 2: Le navire aux esclaves, de Robin Hobb.

La

L'ouvrage:
Hiémain doit s'habituer à sa vie de mousse sur Vivacia. Quant à Althéa, elle décide de faire en sorte qu'un commandant de navire puisse jurer, un jour, qu'elle a l'étoffe d'un capitaine. Ronica, elle, doit faire face à une cruelle réalité: elle n'est pas en mesure de rembourser la dette contractée des générations plus tôt pour la construction de Vivacia...

Critique:
Ce volume (qui est en réalité le milieu du tome 1 original) plonge le lecteur au coeur de périlleuses aventures. Certains personnages sont contraints d'ouvrir les yeux quant à eux-mêmes. Je pense surtout à Keffria et à Althéa. Cette dernière est obligée de s'avouer qu'elle a encore du chemin à parcourir avant d'être un bon marin. C'est honorable de sa part (même si cela a été par méconnaissance de ce qui l'attendait réellement) d'avoir choisi de commencer tout en bas de l'échelle, sur un navire ordinaire. Pour pouvoir effectuer cet «apprentissage», elle se fait passer pour un très jeune garçon. À ce sujet, je sais gré à Robin Hobb d'avoir tenu compte d'un aspect que beaucoup d'auteurs négligent lorsqu'ils déguisent l'une de leurs héroïnes en garçon, à savoir leur voix. Ces auteurs attirent immanquablement mon mépris et mes remarques acerbes. Robin Hobb n'a ni tenté d'éviter la chose ni de la minimiser.

Je n'apprécie toujours pas Kennit. Cette fois, je ne me suis pas ennuyée lorsque le récit le suivait, mais j'étais plus distante. À la fin de cette partie, l'auteur montre qu'il commence à s'assouplir sur certains points afin de lui attirer un peu de sympathie. Pour l'instant, cela m'a laissée insensible.

Depuis le début, ma sympathie va à Hiémain. Je ne suis pas d'accord avec son choix de vie, mais j'espère qu'il sera libre de le réaliser, tout simplement parce que c'est ce à quoi il aspire. Son raisonnement est souvent très sage et sensé.

Dans cette partie du roman, un personnage jusque-là insignifiant (quoique pas très aimable) prend une certaine place. Il s'agit de Malta, la fille de Kyle et Keffria. Je pense qu'on peut s'attendre à ce qu'elle s'enfuie de chez elle, et mène une vie de courtisane. À voir...

Comme dans «L'assassin royal», j'ai retrouvé avec joie une intrigue solide, un monde réaliste, où tout est pensé, où tout se tient. En quelques pages, j'y ai été immergée. L'auteur mène si bien sa barque (je n'ai pas pu m'empêcher cette petite note humoristique) que les éléments fantastiques (les vivenefs par exemple) s'insèrent parfaitement dans ce monde envoûtant dans lequel j'entrerais bien.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Comme dans «Le vaisseau magique», j'ai beaucoup apprécié le jeu de Vincent de Boüard. Qu'il s'agisse du rustre Kennit, de la peste Malta, de la déterminée Althéa, du sage et calme Hiémain, le comédien a su moduler sa voix pour offrir un jeu en parfaite adéquation avec le roman.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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78 lectures

jeudi, 19 avril 2018

Les aventuriers de la mer, tome 1: Le vaisseau magique, de Robin Hobb.

La

L'ouvrage:
Terrilville.
Ephron Vestrit est capitaine d'un navire marchand, la Vivacia. Sa fille, Althéa, est en parfaite communion avec le bateau, et il est acquis pour tous qu'elle en héritera. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu...

Critique:
C'est avec plaisir que je me suis plongée dans le deuxième cycle de Robin Hobb. J'ai été surprise de trouver le roman un peu lent à démarrer. Je pense que c'est dû au fait que je n'apprécie pas Kennit, et que c'est à lui qu'est consacré le premier chapitre. En outre, j'ai été un peu déroutée que la famille Vestrit lui laisse si souvent la place dans l'intrigue. Dans «L'assassin royal», nous suivions Fitz (c'est d'ailleurs lui qui raconte les événements). Ici, le narrateur étant omniscient, il est plus simple à l'auteur de montrer des personnages qui, pour l'instant, n'ont rien à voir avec les Vestrit.

Dans ce tome, il est très facile de ne pas apprécier Kyle. Pourtant, malgré tout, Robin Hobb s'efforce de montrer un personnage qui n'est peut-être pas si mauvais, notamment à travers les points de vue de Keffria et de Ronica. Leur foi en lui est quand même mise à mal après la démonstration de despotisme dont il les abreuve, mais il est peut-être capable de remise en question... Je dis surtout cela parce que je n'aimerais pas qu'il soit seulement cupide, sans coeur, et violent. Je voudrais que l'auteur l'ait davantage creusé. À voir dans la suite.

Althéa m'est sympathique. On voit très vite ses faiblesses: il lui arrive plusieurs fois de se retrouver ivre morte parce que quelque chose ne lui plaît pas. C'est en ce sens qu'elle donne quelque peu raison à Kyle qui la qualifie d'enfant gâtée ne connaissant rien à la vie. Même si je suis plus nuancée (d'autant que j'apprécie Althéa), force m'est de reconnaître qu'elle n'agit pas toujours avec discernement.

Outre des personnages très intéressants, dont certains révéleront sûrement des facettes insoupçonnées par la suite, Robin Hobb crée, une fois de plus, un décor passionnant. Les cités du royaume des anciens ont une histoire, un passé qui font d'elles ce qu'elles sont au moment où se passent les cycles. Les Autres ont leur fonctionnement et leurs superstitions. Les vivenefs sont intéressantes. Il est d'ailleurs évident qu'un douloureux secret entoure l'une d'elles...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Je n'ai entendu ce comédien que sur un livre avant cette série. Je gardais un bon souvenir de sa prestation, mais (allez savoir pourquoi), j'imaginais qu'il ne lui serait pas aisé d'interpréter une série de ce genre. Cet a priori, fondé sur rien, a été totalement balayé par mon écoute de «Le vaisseau magique». Vincent de Boüard a très bien su changer son timbre de voix pour certains personnages sans que ce soit affecté. Il ne prend pas une voix ridicule pour les rôles féminins. Il a également l'intonation adéquate lorsqu'il s'agit de jouer la peur, la colère, etc. Je suis donc contente d'avoir encore huit tomes à passer en sa compagnie.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Certains chapitres sont coupés en deux.

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110 lectures

lundi, 12 mars 2018

Monster, d'A. Lee Martinez.

Monster

L'ouvrage:
Il y a un yéti dans le congélateur du Food Plus Mart. Il est en train de manger toute la réserve de glace. Judy, employée du magasin, appelle les services d'urgence pour demander de l'aide. On lui envoie Monster, qui tient une agence de secourisme des crypto. Monster et Judy ne savent pas encore qu'ils se rencontreront à nouveau autour d'autres crypto.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «A nameless witch», j'ai décidé de tenter un autre livre d'A. Lee Martinez. Je n'ai pas été déçue. J'ai trouvé le livre un peu inégal, mais c'est surtout parce que j'ai adoré le début qui m'a plongée dans un monde tout autre où toutes sortes de créatures cohabitent et où on trouve un tas de loufoqueries. Je ne donnerai qu'un exemple: la poupée qui sert de téléphone et qui renferme un diablotin qui ne laisse pas son propriétaire en paix tant qu'il n'a pas pris connaissance de ses messages. En outre, l'auteur commence avec quelque chose de marquant: le yéti mangeant les réserves de glace (sauf la vanille) d'un grand magasin. À mesure que le récit avance, il est normal que l'excitation due à la découverte s'émousse. Cependant, cela ne signifie pas que je me suis ennuyée.

Monster et Chester (son aide) font partie des particularités de cette histoire. Entre autres, Monster change de couleur à chaque réveil, et cela lui donne différents «pouvoirs». Quant à Chester, c'est surtout la matière dont il est fait qui prête à sourire, et qui rend certaines choses qu'il fait difficiles à imaginer. Cette présentation de diverses créatures et de différentes façons de vivre soulève la question de la tolérance. Je trouve cela bien fait, montré par plusieurs exemples dont un événement qui arrive à cause de l'ignorance et de l'empressement de Judy.

Un livre très intéressant qui, sous une légèreté apparente, soulève certaines questions graves.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric-Michael Summerer pour les éditions Audible Studios.

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140 lectures

samedi, 2 septembre 2017

L'assassin royal, tome 6: La reine solitaire, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 6: La reine solitaire

L'ouvrage:
Fitz, Oeil-de-nuit, le fou, Kettricken, Astérie, et Caudron se sont enfoncés dans les montagnes à la recherche de Vérité. C'est alors qu'ils parviennent au pied d'un pilier. Fitz le touche et disparaît.

Critique:
Comme dans les livres précédents, les personnages sont précipités dans des péripéties qui les changeront irrémédiablement. Par exemple, le fou, après avoir touché la femme au dragon, ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour elle, et cela le mènera bien plus loin (tant moralement que physiquement) que ce à quoi il s'attendait.
Fitz apprend à accepter ce qu'il ne peut changer, à faire des choix qui, s'ils ne lui plaisent pas, seront bénéfiques à d'autres. Kettricken lui fait sûrement le plus beau compliment qu'elle pouvait faire lorsqu'elle lui dit qu'il se comporte en oblat, comme les souverains des montagnes qui vivent simplement, se mettent au service de leur peuple, et agissent uniquement dans son intérêt. Les autres aussi changent en profondeur. Ce qu'ils vivent accentue leur complicité. Chacun sait que les autres endurent de lourdes épreuves, chacun connaît la valeur des autres... Leurs disputes aussi les rapprochent. Mais parfois, la magie permet une complicité qui attriste ceux qu'elle exclut. Je pense surtout à Kettricken qui se sent rejetée de ce que Vérité partage avec Fitz puis Caudron.
J'ai beaucoup aimé le passage où Fitz, le fou et Oeil-de-nuit communient grâce à l'Art et au Vif. Chacun voit comment il est perçu par l'autre, voit tout de l'autre. Le fou est très surpris de découvrir que Fitz l'aime vraiment, Oeil-de-nuit est étonné (et vexé ;-) ) de comprendre que le fou le voyait comme une créature qui hurle et bave... J'ai trouvé cela assez émouvant, et ai pensé que si nous pouvions faire la même chose, nous serions surpris de voir comment nous perçoit notre entourage.

Comme je l'avais supposé, on en apprend davantage sur Caudron. Pour moi, ce qui est révélé est à la hauteur de l'attente. Au sujet de cette étrange femme, Robin Hobb soulève une question importante: quelle que soit la faute qu'on ait commise, le mal qu'elle fait ne s'estompera jamais si on ne se pardonne pas soi-même. C'est également illustré par ce qui arrive au fou. À ce propos, Fitz m'a un peu agacée, car il ne voyait pas l'évidence. Il est vrai qu'il était trop impliqué pour cela.

À un moment, Fitz veut se débarrasser de ses souffrances, et autorise l'un des dragons à les prendre. On comprend qu'il veuille alléger son coeur, mais lui-même finit par se demander s'il ne vaut pas mieux ressentir quelque chose (même si cela fait mal) plutôt que le vide. C'est aussi une question intéressante. Beaucoup d'entre nous aimeraient sûrement déposer des moments pénibles de leur vie quelque part pour ne plus éprouver la douleur que leurs souvenirs provoquent. Mais cette douleur, si cuisante soit-elle, fait partie de notre construction, fait qu'on apprend de ses erreurs, etc.

Le fou garde une part de mystère. On ne sait pas trop ce qu'a été sa maladie. Il l'explique, mais avec lui, on ne peut être sûr de rien. Il laisse entendre que même dans son peuple, il n'est pas banal, pas conforme. C'est renforcé par le fait qu'Oeil-de-nuit l'appelle «le sans-odeur». Ce personnage semble à la fois profond, naïf, cocasse, opiniâtre...

Je n'arrive toujours pas à apprécier Astérie. Je pense que Robin Hobb n'a pas souhaité cela. Elle explique certains actes répréhensibles de la ménestrelle par les drames qu'elle a vécus. Pourtant, entre Astérie et moi, ça ne passe pas. ;-)

J'ai apprécié que l'auteur prenne le temps de dire ce qui arrive à chacun à la fin. C'est dans le dernier chapitre que Fitz explique pourquoi la guerre des pirates rouges a démarré. On constate que l'écrivain connaît parfaitement les humains... Ce qui est raconté est tellement vraisemblable!... Triste aussi...

Pour ceux qui ne le sauraient pas, après avoir fini ce cycle, il vaut mieux lire «Les aventuriers de la mer» avant de lire le deuxième cycle de «L'assassin royal», car les personnages des deux séries se côtoient, et pour mieux comprendre le tout (et ne pas connaître des éléments clés de «Les aventuriers de la mer» avant de le lire), il vaut mieux les lire dans cet ordre.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être totalement respectée, mais elle l'est davantage que dans les tomes précédents.

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jeudi, 31 août 2017

L'assassin royal, tome 5: La voie magique, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 5: La voie magique

L'ouvrage:
Après s'être débarrassé des gardes qui l'avaient capturé dans le but de le livrer à Royal, Fitz continue son périple afin de rejoindre Vérité. Il rencontrera d'autres embûches.

Critique:
Si j'ai aimé ce livre (qui est en réalité le deuxième tiers du tome 3), j'ai trouvé que l'auteur commençait à s'essouffler: Royal veut la peau de Fitz, Fitz est attrapé, il s'en sort, il repart, Vérité lui renouvelle sa demande de le rejoindre... Robin Hobb précipite toujours ses personnages dans un enchaînement d'aventures pleines d'émotions, mais ici, cela m'a semblé un peu répétitif. De plus, Fitz a connu énormément de souffrances, il en subit d'autres, et il s'en sort toujours. Cela m'agace un peu. L'auteur aurait peut-être pu lui faire éprouver des douleurs moins violentes... On pourrait m'objecter que Fitz est une sorte de héros épique. Il est vrai qu'on retrouve certains codes de l'épopée: le héros, semblant invincible, est séparé de sa dame par des combats pour son roi et de la magie.

Je n'ai pas aimé l'idée que le fait que le royaume soit bien gouverné passe au-dessus de tout. C'est une idée impitoyable. Pourtant, elle est compréhensible. La personne qui gouverne se doit à son royaume, elle doit oeuvrer pour le bien commun. Seulement, s'il est logique que Kettricken s'y conforme, il est plus difficile d'accepter que Fitz soit obligé de faire preuve du même zèle. En effet, Kettricken est née pour cela, alors que cette charge a été imposée à Fitz. Certes, Kettricken n'est pas implacable et froide, elle comprend le jeune homme, puisqu'elle aspire à la même chose. En outre, quelqu'un d'objectif dira que le bien commun doit prévaloir... Donc même si l'idée m'a déplu, elle est abordée avec sensibilité et à propos par la romancière.

Comme dans les autres tomes, on rencontre des ménestrels. Depuis le tome 4 en français (en réalité, le début du tome 3), je réalise l'importance de ceux-ci. L'une d'eux (Astérie) est sur le devant de la scène. À l'instar de Fitz, je ne l'aime pas trop, mais sa présence et le fait qu'elle explique l'importance des chansons mettent en lumière quelque chose que je n'avais pas su discerner avant.

J'ai déjà dit qu'à mon avis, les textes et les événements écrits par Robin Hobb étaient très travaillés. J'en ai trouvé une illustration dans cette partie de l'histoire. Il y est fait allusion à une comptine («Six sages s'en sont venus à Jhaampe»). Or, dans un tome précédent (alors que Fitz et le fou sont encore à la cour du roi Subtil), le fou demande à Fitz de la chanter. Je pense que ce n'est pas anodin. Il doit y avoir beaucoup d'autres choses qui se répondent d'un tome aux autres. C'est un des éléments qui font la richesse de ces romans, les rendant vraisemblables.

Dans cette partie, une femme, découverte dans la partie précédente, prend de l'importance. Elle est mystérieuse, et semble en savoir beaucoup sur Fitz, sur le royaume, la magie... J'espère que quand l'auteur lèvera le voile sur elle, cela sera à la hauteur de l'attente...

Astérie émet une théorie concernant le fou. Fitz la trouve saugrenue (Ou bien le fint-il?). Elle est un peu déroutante, mais je ne serais pas étonnée qu'elle soit vraie, ce qui me donnerait envie de tout relire pour relever les indices. ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Dans cette partie, on retrouve le fou. Le comédien a fait en sorte de jongler entre la voix gouailleuse qu'il lui faisait et une voix plus neutre, comme l'exigeaient les circonstances.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Elle est à peu près comme celle du tome 4.

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