samedi, 9 décembre 2017

Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau, de Norman Doidge.

Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau

L'ouvrage:
Norman Doidge nous raconte notre cerveau et son incroyable adaptabilité.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Libérez votre cerveau», j'ai été précautionneuse avant de prendre ce livre. Non seulement j'ai lu le résumé, mais j'ai écouté l'extrait proposé sur Audible.fr. Cette fois, mon horizon d'attente n'a pas été déçu. L'auteur nous raconte comment, peu à peu, on s'est aperçu de la neuroplasticité du cerveau. Notre matière grise change, s'adapte aux événements, à l'environnement, etc. Prenant de multiples exemples dans différents domaines, l'auteur nous explique comment c'est possible. Il nous parle de chercheurs qui, malgré le scepticisme voire l'agressivité de leurs détracteurs, ont continué d'étudier le cerveau, et ont fini par prouver leur théorie. C'est ainsi qu'on a découvert (entre autres) que si un sens fait défaut, le cerveau compense. Par exemple, les aveugles se servent de leur cortex visuel lorsqu'ils utilisent le toucher.

Je savais certaines choses dites dans ce livre, mais j'en ai également beaucoup appris. Je savais qu'il fallait exercer son cerveau, tenter d'apprendre, de s'intéresser à de nouvelles choses pour le nourrir le plus possible, et pour que cela engendre une sorte de cercle vertueux. Cette assertion, sans cesse démontrée dans la vie de tous les jours (les personnes plus actives mentalement sont plus en forme) prouve bien qu'en matière d'éducation, certains théoriciens se fourvoient. Il faut «entraîner» le cerveau de l'enfant, ne pas lui en demander le moins possible, car moins le cerveau travaille, plus il s'étiole et moins il sera en mesure de travailler. L'auteur renforce cette affirmation lorsqu'il explique qu'avant qu'on commence à être de moins en moins exigeant, lorsqu'un érudit faisait un discours, il s'appuyait sur très peu de notes et pouvait réciter des passages entiers; aujourd'hui, il a besoin d'un diaporama lui rappelant tout ce qu'il doit dire.

J'ignorais que même en psychanalyse, les évolutions constatées chez un patient n'allaient pas sans un changement de configuration de son cerveau. Pourtant, quand on y réfléchit, c'est parfaitement logique: notre cerveau s'adapte.

J'ai été séduite par la méthode Arrowsmith pour aider les élèves souffrant de troubles de l'apprentissage. Cette méthode ne part ni du postulat qu'il faut en demander le moins possible à l'enfant, ni de celui qu'il ne faut contraindre l'enfant à rien, car si ce n'est pas ludique, on va le traumatiser. Non. Cette méthode se propose de «réparer» les défaillances du cerveau, justement en se basant sur sa neuroplasticité. Si un enfant a de véritables troubles de l'apprentissage (les fainéants ne sont donc pas à prendre en compte), des tests permettent de révéler dans quel sens il faut le faire s'exercer pour que certaines connexions puissent se faire. Ensuite, il peut suivre un cursus normal. En faisant des recherches sur cette pratique, j'ai vu que certains scientifiques la rejetaient parce qu'aucune étude ne prouvait son efficacité. Sachant que certaines méthodes reconnues ont fait des ravages, je ne me base pas vraiment sur ce que disent ces gens pour me faire mon opinion. Je pense que si quelque chose semble intéressant, il faut l'essayer, et l'abandonner si on constate que cela ne fonctionne pas. Je trouve un peu dommage que l'ensemble de la méthode Arrowsmith soit inaccessible, car j'aurais souhaité m'y former par moi-même, les seules formations existant étant au Canada.

Je ne donne que d'infimes exemples de ce qu'on trouve dans ce livre riche, vivant, prônant l'ouverture d'esprit, ouvrant des tas de perspectives, dont certaines paraissent formidables et d'autres effrayantes. En effet, Norman Doidge n'omet pas de préciser que certaines avancées dans ce domaine pourraient, malheureusement, être perverties et mal utilisées par l'homme.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurent Jacquet.

J'apprécie ce comédien qui a plutôt une intonation de lecteur d'essais et de documentaires. Il connaît sûrement bien l'exercice, puisqu'il fait des voiceover dans des documentaires télévisés. Ici, il n'a pas démérité. Comme je pinaille, je dirai qu'à mon goût, il fait trop de blancs, mais je sais que la plupart des auditeurs ne le remarqueront pas, ou que cela ne les embêtera pas, car ils ne sont pas aussi maniaques et anti-blancs (je parle bien sûr des silences) que moi.

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samedi, 2 décembre 2017

La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben.

La vie secrète des arbres

L'ouvrage:
Peter Wohlleben est forestier. Ici, il nous raconte les arbres.

Critique:
Ce livre m'a tout de suite attirée, mais j'avais peur qu'il soit jargonnant, péremptoire, etc. C'est après avoir lu quelques chroniques sur Babelio que j'ai décidé de le tenter. Je ne suis pas déçue du voyage. L'auteur n'est ni pompeux ni moralisateur. Il explique pourquoi à son avis (et il est loin d'être le seul à penser ainsi), il faut davantage respecter la nature, laisser les forêts se créer (ou se recréer) de manière naturelle. Pour moi qui n'y connais pas grand-chose, cela semble évident.

J'ai trouvé passionnant d'apprendre des choses sur l'entraide, la communication, la manière de se nourrir des arbres... J'ai aimé certaines analogies faites par l'auteur. Par exemple, les parents arbres qui tempèrent les ardeurs de leurs «enfants» et leur donnent une éducation à la dure... pour leur bien.
Je connaissais certaines choses, notamment grâce à ma lecture de la trilogie de Bernard Werber sur les fourmis. Je pense surtout à l'exemple des pucerons qui pompent la sève de l'arbre pour se nourrir, et rejettent le sucre.
Outre tous les parasites qui peuvent coloniser les arbres (insectes, champignons, autres végétaux), l'auteur évoque le caractère de chaque espèce, et la façon dont chacune se comporte selon le temps, le climat, etc. Il peut paraître surprenant d'apprendre que les arbres communiquent et s'entraident, pourtant, je n'ai pas été étonnée. Ce que j'ai appris tout au long de ce livre m'a fascinée, mais aucunement surprise. Peter Wohlleben explique que l'homme ne parvient pas à ressentir de l'empathie pour les plantes et les arbres, notamment parce qu'il ne veut pas admettre que les végétaux puissent ressentir et penser. Cela me rappelle «Les malheurs de Sophie», lorsque l'héroïne explique à sa mère qu'elle ne pensait pas qu'elle pouvait faire mal aux poissons de l'aquarium en les coupant en morceaux parce qu'ils ne criaient pas. Peut-être que les végétaux ne ressentent pas de la même manière que les hommes, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'éprouvent rien. Il ne faut pas oublier que l'auteur se base sur ses observations pour affirmer cela. Il explique bien qu'au début de sa carrière de forestier, il ne savait rien sur les arbres. Il raconte même des erreurs qu'il a commises.

Comme je voudrais vous donner envie de lire ce livre sans trop vous en dire, voici quelques questions auxquelles répond l'auteur. Pourquoi l'air est-il plus pur en forêt? Pourquoi se sent-on dans son élément dans une forêt naturelle? Pourquoi les arbres plantés en milieu urbain dépérissent-ils? Les arbres ont-ils besoin de sommeil?

Remarque annexe:
Cet ouvrage m'a appris l'existence de mon nouvel ami: le bitinella, un petit escargot qui ne peut vivre que dans des eaux froides (pas plus de 8°). Je dis que c'est mon ami car je commence à souffrir lorsqu'il fait plus de 23° dans une maison.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
Cela faisait un moment que je n'avais pas entendu ce comédien que j'aime beaucoup. Il a plutôt une voix et des intonations de conteur, donc c'était une bonne idée de le choisir pour ce livre. Il ne prend pas un ton de commentateur de documentaires, il raconte une histoire, avec la dose de jeu et d'émotion nécessaire, sans affectation.

Lecture commune avec Miguel / Auprès des livres, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

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jeudi, 23 novembre 2017

Je rêve de dormir, de José Haba-Rubio et Raphaël Heinzer.

Je rêve de dormir

L'ouvrage:
Les docteurs José Haba-Rubio et Raphaël Heinzer nous expliquent ce qu'est le sommeil, à quoi il sert, etc. Puis ils nous parlent des maladies du sommeil.

Critique:
J'ai voulu lire ce documentaire parce que je ne dors pas toujours très bien. J'ai appris des choses très intéressantes. J'en donnerai une plus particulièrement en exemple, car elle va m'aider à mieux gérer mon sommeil à l'avenir. Les médecins expliquent que dormir toute une nuit sans se réveiller ne nous est pas naturel. Il est davantage dans notre nature de dormir quelques heures, de nous réveiller une ou deux heures, puis de nous rendormir. Moi qui me réveille régulièrement au milieu de la nuit, et qui me maudis parce que je ne me rendors pas tout de suite, je ne stresserai plus, sachant que c'est normal, et donc, me rendormirai sûrement plus vite. L'inconvénient, c'est que (comme pour beaucoup de monde), mon réveil nocturne se produit entre 3h30 et 4h30, et le réveil sonne à 6h. La solution pour ne pas se rendormir trop peu de temps avant de devoir se lever, c'est... de se coucher plus tôt, pour se réveiller plus tôt, et se rendormir plus tôt. Facile à dire. Je suis la première à avoir du mal à me coucher tôt parce que j'adore mes loisirs, et j'ai envie de continuer à lire ou à regarder des séries... Je pense que maintenant que j'ai lu cela, je vais essayer (davantage qu'avant) d'avoir une meilleure hygiène de sommeil.

Je me suis attardée sur cet exemple, car il m'a beaucoup parlé, mais il est très loin d'être le seul. J'ai apprécié que les auteurs reviennent sur certaines idées concernant le sommeil, et expliquent pourquoi elles sont vraies ou fausses. Il en est une en laquelle je croyais dur comme fer: celle qui dit que nous dormons moins bien les nuits de pleine lune. J'y croyais surtout parce que les rares fois où mon mari dort mal, il se rend compte, le lendemain, que ce sont des nuits de pleine lune. Les médecins disent qu'il n'y a aucune preuve scientifique flagrante, et justifient cette croyance par le fait que quand on dort mal, et qu'on se lève, on voit la lune, et on se souvient, ensuite, que c'était la pleine lune. Mais ils disent que peut-être, il y a d'autres mauvaises nuits dont on ne se souvient pas. Il faudra que je pense à vérifier toutes les fois où mon mari dormira mal.

J'ai souri, parce que j'ai expérimenté certaines choses décrites ici. Par exemple, il m'est déjà arrivé de me rendre compte que si je bougeais à l'intérieur d'un rêve, en réalité, rien n'arrivait. C'est assez perturbant... Les médecins expliquent que lors des rêves, les muscles «se paralysent» pour qu'on ne vive pas ce qu'on est en train de rêver. Je me souviens avoir rêvé que je disais des âneries avec une amie, que nous parlions très fort toutes les deux... J'imagine la tête de mon mari si mon cerveau ne m'avait pas empêchée de le faire.

Quant aux maladies évoquées, j'en connaissais certaines, mais j'en ai découvert. Par exemple, le «Night eating syndrome»: la personne se réveille et ne peut se rendormir tant qu'elle n'a pas mangé.
Il va de soi que je suis très loin d'avoir évoqué toutes les informations contenues dans ce livre. Très souvent, les médecins font appel à notre bon sens, ce qu'ils disent est logique.

Les auteurs n'utilisent pas de jargon (ou alors, l'explicitent tout de suite). Ils ont parsemé l'ouvrage de petites plaisanteries sympathiques qui s'insèrent bien dans leurs propos. Je trouve un peu dommage qu'ils aient préféré mettre des titres qu'ils pensaient sûrement accrocheurs lorsqu'ils évoquaient certains cas. J'aurais préféré que le titre du sous-chapitre soit le nom de la maladie dont souffre le patient. Bien sûr, c'est du pinaillage, et c'est le seul reproche que j'adresserai à ce livre.

Éditeur: Favre.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi, 14 septembre 2017

Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien - Le bonheur est dans l'intestin, d'Anne-Marie Cassard et Gabriel Perlemuter.

Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien

L'ouvrage:
Anne-Marie Cassard et Gabriel Perlemuter expliquent le rôle et l'impact des bactéries du tube digestif et de l'intestin.

Critique:
Ayant fort apprécié l'ouvrage de Giulia Enders, et tentant de me documenter sur ce qui a trait à notre fonctionnement, j'ai voulu lire cet ouvrage. Il m'a beaucoup plu.

Commençons par ce qui m'a moins plu. C'est un minuscule détail. Lorsque les auteurs expliquent le processus de la digestion, ils prennent pour exemple une pizza. Ce que j'ai trouvé un peu lourd, c'est qu'ils ont imaginé que le lecteur était la pizza. Le lecteur se voit donc passer par tout le processus de la digestion. C'était fait pour être drôle, mais cela n'a pas pris avec moi. Comme je le dis plus haut, c'est un détail. Je le souligne parce qu'il m'a semblé qu'ils tentaient de faire comme Giulia Enders qui émaillait son ouvrage d'humour.

Les médecins expliquent que le microbiote (l'ensemble de nos bactéries intérieures) peut varier selon notre alimentation, mais aussi peut parfois nous contraindre. Par exemple, certains microbiotes prédisposeront davantage au stress, à l'obésité, à l'anorexie, ou à l'addiction à l'alcool. Bien sûr, le microbiote n'est pas l'unique responsable d'une addiction ou d'un gros stress, mais il peut y contribuer. Si j'ai compris cela, j'ai un peu tiqué en ce qui concerne l'anorexie. Pour moi, le fait de se priver de manger n'est que la conséquence d'un problème ancré en la personne, et c'est souvent dû à de multiples facteurs psychologiques. Les personnes anorexiques ne ressentent pas la satiété. Au contraire, elles ont tout le temps faim, et exercent un contrôle drastique sur leur faim. Donc je ne pense pas qu'elles ont forcément une bactérie qui fait rapidement ressentir la satiété. Ou alors, c'est le fait qu'elles se privent de manger qui fait que cette bactérie se développe, puisque le corps s'adapte. Je pense que les médecins veulent surtout dire que si ces personnes développaient cette bactérie, on pourrait s'en servir pour d'autres études. Mais je n'ai pas trouvé cela très clair, au contraire des autres exemples où ils soulignent bien que le microbiote a sûrement un rôle important à jouer, mais qu'il n'est pas toujours déterminant.

Il est également expliqué que le microbiote sera plus sain si certaines conditions sont réunies dès la naissance (voire avant) et pendant l'enfance. À ce sujet, j'ai apprécié les théories émises, surtout concernant l'allaitement. En effet, on entend toujours qu'il est mieux pour l'enfant que sa mère l'allaite, mais on ne sait pas trop comment cela fait que le système immunitaire de l'enfant sera meilleur. On en a une petite idée si on fait preuve de bon sens, mais au moins, ici, il y a une explication.

Il y a des pistes quant aux édulcorants, aux additifs, etc. Je savais déjà certaines choses, car ces médecins ne sont pas les premiers à en parler (j'ai d'ailleurs retrouvé des éléments qui avaient été abordés par Giulia Enders), mais j'ai apprécié ce récapitulatif. J'ai aussi eu la confirmation de certaines choses que je pressentais. Par exemple, si le nombre de calories absorbées compte, la teneur de ces calories compte aussi.

L'aspect le plus plaisant de ce livre, pour moi, c'est que les auteurs explorent des pistes, donnent des conseils, mais ne sont ni extrémistes ni donneurs de leçons. Sur ce genre de sujet, on tombe souvent sur des gens qui étalent leur savoir, se croient supérieurs, et affirment avec componction que seule leur manière de penser est la bonne. Anne-Marie Cassard et Gabriel Perlemuter donnent des conseils pleins de bon sens, dont certains sont très faciles à suivre. Ils font partie des rares qui, tout en disant qu'il vaut mieux manger bio, reconnaissent que c'est plus cher.

Cette chronique n'a pas été très facile à écrire, parce que j'avais envie de donner beaucoup d'exemples, mais je pense que c'est bien plus intéressant de les découvrir en lisant ce documentaire. Quoi qu'il en soit, je n'ai évoqué qu'une infime partie de ce qui y est développé.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Ève Dufresne et Laurent Jacquet.

J'ai trouvé la structure du livre pertinente. Il m'a semblé que certains titres, à l'intérieur des parties, étaient inutiles, mais je pense que visuellement, cela fait plus aéré, plus facile à repérer. Par exemple, lorsque les auteurs parlent des fibres, ils disent qu'il en existe deux sortes: les solubles et les insolubles. Puis, ils donnent leurs particularités en mettant un titre à chaque fois: «Les fibres solubles», puis «Les fibres insolubles». J'aurais directement commencé par les phrases qui expliquent. Si c'est plus agréable visuellement, en audio, cela fait répétitif, du moins, est-ce mon sentiment. En outre, voulant sûrement retranscrire cette aération, l'éditeur audio a laissé beaucoup de blancs avant puis après les titres. C'est la même chose pour les tableaux. Dans ceux donnant des listes d'aliments, il y a une entrée «type d'aliment». En audio, le lecteur le répète à chaque fois qu'on change d'aliment, tout comme les autres catégories. Il y est bien obligé, mais c'est un peu trop pour moi. De plus, entre le titre de la colonne et ce qu'il y a dedans, il y a un blanc... D'une manière générale, je n'aime pas les blancs. Ceux que je trouve nécessaires (entre deux chapitres par exemple) me paraissent trop longs. Mon mari peut témoigner: il a interdiction de faire des blancs de plus de deux secondes lorsqu'il m'enregistre des livres. ;-) Tout ça pour dire qu'il ne faut peut-être pas se formaliser si je trouve qu'il y a trop de silences, y étant allergique. Je suis peut-être la seule à penser ainsi.

Je connais surtout Laurent Jacquet pour ses voice over sur des documentaires. Son intonation se prête bien à ce genre.
Quant à Marie-Ève Dufresne, je ne la connaissais que sur des romans. Son interprétation m'a plu. Il n'est pas simple de lire des documentaires à voix haute, parce qu'il ne faut pas que cela soit monotone, mais il ne faut pas trop en faire. Les comédiens ont su trouver le juste milieu.

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lundi, 27 mars 2017

Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société, d'Idriss Aberkane.

Libérez votre cerveau

L'ouvrage:
Idriss Aberkane décortique notre société, notre éducation, certaines façons de penser et d'agir. Il explique, en donnant des arguments et des exemples, pourquoi tout doit changer.

Critique:
Je sais que je me répète d'une chronique à l'autre lorsqu'il s'agit d'un documentaire, mais ce genre d'ouvrage sera lu par rapport à soi, à son vécu, à son expérience de la vie. Idriss Aberkane dit lui-même que tout ce qu'il nous expose est le fruit de son expérience de la vie, de ses observations.

Sans parler des qualités ou des défauts de cet ouvrage, j'ai d'abord été déçue parce que je pensais qu'il traitait majoritairement du fonctionnement du cerveau. Le sous-titre parle bien de changer l'école et la société, mais entre la quatrième de couverture et le mot «cerveau», j'ai imaginé autre chose. Je le signale, au cas où d'autres auraient la même idée que moi.

L'auteur de cet ouvrage met l'accent sur le fait qu'il faut absolument changer tout notre système scolaire. Il répète cela à la moindre occasion. Les chapitres 2 de la première partie et 3 de la deuxième sont tous deux des illustrations de cette assertion, puis c'est encore répété par allusion au long du livre. Je partage certains de ses avis, mais je serais plus nuancée que lui. Par exemple, il part du postulat que l'enfant est enthousiaste quant à l'école, et que si le système ne lui ôtait pas cet enthousiasme et lui apprenait les choses de manière ludique, il apprendrait sans efforts, puisqu'il serait motivé. Selon lui, nous avons chacun une passion, quelque chose que nous adorerons faire, et donc où on excellera. Pour que cela soit révélé plus facilement, il ne faut faire que du ludique à l'école, parce qu'on apprend mieux et plus facilement en jouant. J'ai déjà entendu cette théorie, et elle ne me convainc pas. Je pense qu'il faut essayer des méthodes, voire réformer le système, mais il me semble que s'il n'y a plus aucune contrainte, l'enfant ne saura pas gérer celles qui se présenteront fatalement à lui. Idriss Aberkane me rétorquera que si tout le système est réformé de A à Z (de la maternelle à l'emploi), comme il le préconise, rien ne sera vu comme une contrainte. Étant très pinailleuse, j'ai eu l'idée d'exemples concrets de contraintes qui ne peuvent être «ludifiées» (pour reprendre le terme employé par l'auteur). Je suis une boulimique de livres. De ce fait, je ne peux pas m'acheter tous ceux que j'aimerais lire. Je demande donc à certains éditeurs s'ils accepteraient de me faire parvenir des livres qui me tentent en service presse en échange d'une chronique sur mon blog. La plupart acceptent. Certaines de ces chroniques sont contraignantes à écrire, soit parce que le livre ne m'a pas plu, soit parce que je ne trouve pas quoi dire, soit parce que j'ai l'impression que mes mots desserviraient l'ouvrage. Pourtant, si je ne publiais pas ces chroniques, les éditeurs finiraient par refuser de m'accorder des services presse...
Autre exemple: je n'aime pas le sport, pourtant, je sais qu'il est bénéfique. Je m'astreins donc à faire au moins trois heures de sport par semaine. Je le fais soit en regardant un film ou une série, soit en écoutant un livre, soit en discutant sur Skype avec une amie. Cela rend la tâche poins pénible. Ces contraintes (et quelques autres) finissent par ne pas être insurmontables parce que je comprends leur utilité, et parce que j'ai appris, très jeune (notamment à l'école) que certaines choses sont obligatoires. Je me dis que s'il n'y a jamais aucune obligation, les enfants finiront par penser que tout est contraignant. Se brosser les dents finira par être insurmontable! Bien sûr, certains patrons (quel que soit le corps de métier) imposent des contraintes inutiles, et donc contre-productives. C'est certainement cet abus de pouvoir qu'il faut changer, où qu'il se pratique.

De plus, je me souviens de moi en tant qu'élève. En bonne maniaque, il me fallait une leçon, avec la règle bien posée. Je l'aurais peut-être apprise avec une autre méthode, mais je me souviens que c'est celle qui me convenait le mieux. Ensuite, que faire si un élève, avec une méthode où il jouerait pour apprendre, allait plus volontiers vers certains enseignements que vers d'autres? Idriss Aberkane me dira que ce n'est pas grave, qu'il faut que l'élève aille vers ce qui le passionne. Mais que faire si rien ne le passionne? Idriss Aberkane dit également (et là, je le rejoins davantage) qu'il faut tester des choses. Il faut essayer des façons de faire et conserver ce qui fonctionne le mieux. Je sais d'expérience que la rigueur (sans être injuste et effrayante) fonctionne. Sans jouer tout le temps, et sans brimer et contraindre à outrance, il pourrait y avoir une demi-mesure.

Lorsque l'auteur explique qu'il vaut mieux exercer un métier qu'on fera par passion, car seul l'amour fait qu'on sera capable d'en supporter la dureté, je suis d'accord (cela tombe sous le sens), mais là encore, je nuancerais. Que fait-il des gens qui ne pourraient pas vivre de leur passion, et qui exercent un métier qui ne les attirait pas au départ, mais dont ils ont vu certains bons côtés? Bien sûr, il est préférable de faire un métier qu'on a choisi, mais ceux qui ne le peuvent pas (même s'ils s'en sont donné les moyens) doivent forcément composer et faire quelques compromis.

Force nous est de constater que le monde va mal. Je suis donc d'accord avec l'auteur quant au fait que certaines choses doivent être changées en profondeur, mais pour des domaines que je connais, je prônerais la nuance. J'aurais d'autres choses à dire sur certaines remarques de l'auteur sur ce sujet, mais je m'arrêterai là.

Idriss Aberkane aborde d'autres thèmes: la subjectivité, l'effet de groupe, la violence engendrée par la trop grande frustration, le mal que des organismes firent sciemment, les technologies qui (si elles ont été créées dans une bonne intention) finissent par devenir un danger parce qu'elles sont perverties par l'homme... Il assortit cela d'exemples. J'en connaissais certains. Par exemple, l'histoire des lignes dont l'une est sans conteste plus courte, l'exemple des hôpitaux psychiatriques, ou celui des électrochocs... L'auteur de cet ouvrage prône la sagesse au lieu de la course au pouvoir... Tout cela montre de quoi l'homme incapable d'empathie et trop individualiste peut se rendre coupable. Certes, mais pour moi, ce n'est pas nouveau, et cela ne fait que me renvoyer à ma propre impuissance.

Au milieu de ces explications, Idriss Aberkane parle un peu de notre cerveau. Cela m'a intéressée (puisqu'au départ, c'était ce que je souhaitais lire), mais j'étais un peu déstabilisée, car j'ai trouvé le tout un peu brouillon. Cela vient peut-être de mon esprit maniaque, mais il me semble que j'aurais organisé le livre autrement, évitant certaines répétitions, regroupant certaines idées... Parmi les informations qu'il donne, il en est une qui m'a fascinée: l'éventualité de pouvoir «télécharger» des connaissances et des ressentis dans le cerveau humain.

À la fin, l'auteur propose des exercices mentaux qui consistent (en très gros) à s'analyser, à ouvrir sa pensée, à ce rendre compte qu'on peut se débarrasser de certaines chaînes acquises par besoin de conformisme ou par sous-estimation. D'une manière générale, il nous invite à avoir l'esprit critique, à faire travailler notre cerveau...

On me dira que j'ai davantage parlé d'un aspect du livre que du reste. C'est vrai, mais outre que cet aspect tient une grande place dans le propos d'Idriss Aberkane, j'ai parlé de ce que je connaissais le mieux.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
Olivier Chauvel est un comédien dont j'apprécie la lecture. Il parvient à lire des documentaires de manière à la fois vivante, mais sans surjouer. Cela ne doit pas être simple. Je me souviens avoir été un peu sévère avec lui quant à son interprétation de «Vivez mieux et plus longtemps», mais ce livre était peut-être encore plus délicat à interpréter que celui d'Idriss Aberkane.

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