jeudi, 16 mai 2019

Votre santé sans risques, de Frédéric Saldmann.

 Votre santé sans risques

L'ouvrage:
Le docteur Frédéric Saldmann nous donne des conseils pour aller mieux.

Critique:
Cela fait un moment que je veux lire des ouvrages de ce médecin. Je n'ai pas été déçue. Avec ce genre, j'ai toujours peur de tomber sur des extrémistes qui énonceraient leurs avis de manière docte et péremptoire. Heureusement, ici, tout est dans la mesure. De plus, les choses sont expliquées. L'auteur dit à plusieurs reprises qu'il déteste culpabiliser les gens, et ne soulève pas de problèmes s'il ne peut y apporter une solution. Souvent, ses conseils sont faciles à appliquer. Il a répondu (entre autres) à ma question concernant le nettoyage du micro-ondes. Maintenant, il faut que j'essaie sa méthode.

L'auteur dit que s'il pouvait, il ouvrirait une école du bon sens. J'approuve ce souhait. Je me rends de plus en plus compte que ce qui nous manque, c'est le bon sens et l'information. J'ai été ravie d'apprendre des choses, mais aussi de voir que j'en appliquais déjà certaines. Je pense notamment au fait d'être soi-même, de ne pas se conformer à une mode ou à un engouement collectif. D'ailleurs, lorsque j'ai lu ces conseils, j'ai tiqué, pensant que c'était évident. Pourtant, s'il prend la peine de le dire, c'est qu'il existe des gens qui agissent sans penser à ce qui leur plaît vraiment. En effet, le médecin ne parle pas seulement d'alimentation, de sommeil, et d'hygiène, mais aussi d'une philosophie de vie. Il nous exhorte à ne pas nous entortiller dans des chaînes, mais à nous écouter.

Il va de soi que certaines idées peuvent être adaptées. Par exemple, il dit que pour se détendre, il faut penser à ce qui nous a plu pendant nos dernières vacances, et il évoque la plage, le soleil, les voyages, etc. Détestant les voyages, je vais plutôt penser à un livre qui m'a beaucoup plu, à des conversations amusantes avec des amis, etc. À chacun de trouver ses moments heureux.

Frédéric Saldmann prône le jeûne séquentiel. Il préconise un jeûne de seize heures une fois par semaine. D'autre part, Jean-Michel Cohen conseille douze heures. N'y connaissant rien, et n'étant pas fervente adepte du jeûne, je fais ce qui est également prôné par l'auteur de cet ouvrage: je m'écoute. Parfois, ayant déjeuné tard, je ne mange pas le soir (sauf si je cède à ma gourmandise). Cela fait que je me retrouve à jeûner douze heures, parfois un peu plus. Tant que je n'ai pas faim, cela me va.

Je n'ai qu'un petit reproche à adresser: certains conseils impliquent que tous les lecteurs sont en mesure de les appliquer. Or, je ne sais pas siffler, et je ne cois pas être la seule. Je suppose qu'on peut remplacer le sifflement par le chant, ce que je fais d'ailleurs. D'autre part, il paraîtrait qu'on s'endort mieux dans le noir complet. C'est peut-être vrai pour les personnes qui voient. Qu'en est-il de celles (comme moi) qui vivent dans le noir total? L'auteur donne d'autres méthodes pour vite s'endormir, donc je les essaierai, mais en ce qui concerne celle-là, elle ne sera pas probante sur moi. ;-)

Ayant aimé cet ouvrage, je lirai «Le meilleur médicament, c'est vous».

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.

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vendredi, 29 mars 2019

Petit manuel de résistance, de Cyril Dion.

Petit manuel de résistance

L'ouvrage:
Cyril Dion constate le réchauffement climatique. Partant de là, il explique d'autres maux qui accablent la planète et ses habitants. Puis il expose des solutions afin de tenter de sortir le monde du mal-être.

Critique:
Comme je le dis à chaque fois que je chronique un documentaire, ce type de livres sera forcément lu par rapport à soi-même. C'est normal, puisque ce genre s'adresse à chacun de nous. Je fais partie des personnes qui ne savent pas grand-chose sur le réchauffement climatique. Je m'inquiète parce que j'entends de plus en plus de choses à ce sujet, mais je ne suis pas documentée. Je connais même une personne qui m'affirme s'être extrêmement documentée, et qui est sûre que le réchauffement actuel est une phase, que le refroidissement qui va stabiliser les choses arrive bientôt. Moi qui n'ai pas fait d'études concernant cela, j'aurais tendance à croire Cyril Dion (qui cite ses sources et explique les choses) plutôt que la personne qui m'a dit que c'était seulement un passage. Mais pour me faire véritablement une opinion, il faudrait que je lise ce sur quoi s'appuient Cyril Dion et cette autre personne.

Je fais également partie de ces gens qui tentent de faire des choses à leur petite échelle. Par exemple, je préfère les transports en commun à la voiture. Je sais aussi que même s'il est bien d'agir à son échelle, cela ne sert à rien. Je fais aussi partie de ceux qui s'étiolent dans un travail qu'ils n'ont pas choisi. Cependant, pour moi, les choses sont un peu plus compliquées que le schéma que décrit l'auteur. Malgré ce constat pessimiste, je tiens à dire que je connais plusieurs personnes qui s'épanouissent dans leur travail.

Parmi les constats de l'auteur, il y a tout ce qui touche au smartphone et aux réseaux sociaux. Je suis d'accord avec lui, notamment concernant l'obsolescence psychologique, et la façon dont les gens se raccrochent à du superficiel. Certes, il est facile pour moi de donner raison à Cyril Dion là-dessus, n'ayant pas de portable et ne fréquentant pas les réseaux sociaux.

J'aime beaucoup l'une des théories développées, à savoir que nous prenons conscience des choses par les histoires, que nous nous en racontons aussi pour mieux appréhender certaines situations, etc. Je suis tout à fait d'accord avec cela.

L'auteur nous explique que malgré notre défaitisme (même si nous savons qu'il faut agir, nous ne savons pas trop comment, et pensons ne rien pouvoir faire), il y a des solutions. Elles ne sont pas forcément faciles à mettre en oeuvre, et appellent à l'altruisme, à l'empathie de chacun, tout comme à une massive mobilisation dans le respect et la non violence. Il donne même des exemples de mobilisations qui fonctionnèrent. Il dit que tout notre système doit être repensé, et donne des exemples de ce que prônent certains militants. Je connaissais (surtout de nom) Pierre Rahbi, et le résumé que Cyril Dion fait de sa façon de voir la réfection me convient moins que la méthode prônée par Isabelle Delannoy. Je ne la connaissais pas non plus, même pas de nom.

J'espère que des mouvements auxquels je pourrai participer se mettront en place... Je le souhaitais déjà avant de lire ce livre. L'auteur n'a fait que renforcer mon opinion, et me montrer l'étendue du désastre.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Cyril Dion adopte un ton adéquat: ni trop sobre ni exagéré.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 18 février 2019

Disruption - Intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmentée, de Stéphane Mallard.

Disruption

L'ouvrage:
Stéphane Mallard explique ce qu'est la disruption, et pourquoi nous devons nous attendre à être «disruptés».

Critique:
Depuis deux malheureuses expériences, quand un documentaire me tente (surtout lorsqu'il a un rapport avec un aspect de la société), je réfléchis avant de m'y attaquer, de peur de tomber sur des essayistes imbus d'eux-mêmes, comme ce fut deux fois le cas. Ici, mes craintes ont vite été balayées. Je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit l'auteur, mais je n'ai pas eu l'impression qu'il donnait une leçon. Il explique comment il se fait que le monde soit en mouvement, et que ceux qui ne participent pas à ce mouvement risquent de se retrouver sur le carreau. Il donne aussi quelques petites pistes qui aideraient à participer à ces rapides changements. Ses «critiques» vont majoritairement aux chefs d'entreprises qui ne parviennent pas à voir le monde autrement, à tenter d'autres approches, etc. L'accélération des choses est impulsée par ceux qui mettent en place des idées touchant le plus de personnes possible, et étant susceptibles de tout faire bouger à très grande échelle. Le premier exemple que donne Stéphane Mallard est celui de l'intelligence artificielle. Il explique qu'en très peu de temps, elle sera capable de faire énormément de choses. Pour donner un exemple (qui est très loin d'être le seul et de représenter jusqu'où cela peut aller, mais qui m'a fait rire), il évoque des intelligences artificielles organisant un dîner entre leurs possesseurs qui sont amis. Connaissant les goûts de chacun, les intelligences artificielles peuvent, en très peu de temps, décider d'un menu qui plaira à tous les convives.

L'auteur évoque aussi les ambitions de certains réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter. Ne les utilisant pas (je demande à quelqu'un de mettre mes pages à jour), et n'étant pas preneuse de tout ce qu'ils proposent (aussi bien maintenant que dans le futur), cela m'a laissée froide, mais j'ai compris en quoi cela attirerait la plupart des gens, c'est-à-dire ceux qui les utilisent déjà à plein régime.

Stéphane Mallard conseille à tous (et pas seulement aux chefs d'entreprises) d'entrer dans ce monde innovant, et d'y participer. Pour moi, il a raison, mais certains de ses avis ne sont pas aisés à mettre en pratique. Par exemple, il explique que pour être un grand novateur, il ne faut pas avoir peur de la prise de risques. Certes, mais parfois, cela n'est pas réalisable. Imaginons que je prenne le risque de faire le travail que je souhaite faire depuis... peu de temps après ma naissance ( ;-) ): éditer des livres audio (ou du moins participer à l'édition de livres audio). Dans un secteur en progression, mais qui reste tout de même peu prôné par la société, pour avoir une possibilité de faire partie de ceux qui réussissent, il faudrait que je «disrupte» le secteur avec des idées qui auraient la chance de séduire la plupart. Il faudrait d'abord que j'aie l'opportunité d'être engagée par l'un des gros éditeurs présents sur le marché du livre audio... et j'ai beau être motivée, j'imagine que les éditeurs audio ne réagissent pas comme les dirigeants d'Apple qui, selon Stéphane Mallard, embauchent ceux qui, en voyant le Mac, ont les yeux qui brillent...

Autre chose m'a fait un peu tiquer. Je sais qu'il y a une part de mauvaise foi dans ce reproche, mais côtoyant des adolescents tous les jours, je pense que malheureusement, je peux avoir raison. Stéphane Mallard, exemples à l'appui, explique que les «disrupteurs» potentiels sont ceux qui n'obéissent pas aux règles, n'entrent pas dans la norme, qui ne travaillent pas en classe... Je pense qu'il aurait dû distinguer ceux qui ne travaillent pas, mais qui finissent par se rattraper de ceux qui ne font rien parce qu'ils pensent qu'ils seront toujours aidés par leurs parents, la société, l'état... J'approuve l'idée que quelqu'un de trop scolaire ne saura pas sortir d'un raisonnement pour en appliquer un autre qui conviendrait pourtant. Je dis d'ailleurs souvent à mes élèves que je suis là pour leur apprendre à réfléchir, à interroger les idées étudiées en classe, à avoir l'esprit critique, à avoir de la méthode, et je suis ravie quand ce que nous étudions leur inspire des débats bien argumentés. D'un autre côté, pour pouvoir bien exprimer ses idées et être pris au sérieux, il faut connaître un minimum la grammaire de sa langue. Pour moi, un élève qui tente d'écrire en maîtrisant la syntaxe, les accords, la conjugaison, et la ponctuation sera plus apte à la réflexion et donc à l'innovation qu'un élève qui ne maîtrise rien de cela, et argumente: «Bof, de toute façon, on comprend ce que j'écris, pourquoi je ferais un effort?» Quant à ce qui est d'être contre les règles, je ne peux m'empêcher d'imaginer certains adolescents pensant (et c'est là qu'on peut me taxer de mauvaise foi): «Stéphane Malard, il dit que pour disrupter le monde, et donc gagner plein de pognon, il faut être contre les règles! Allez, je vais faire tout ce qui me plaît, quand ça me plaît, et où ça me plaît, sans rien respecter!» Certes, mon argument est un peu fort, mais je me méfie...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

L'auteur adopte un ton adéquat: il n'est ni supérieur ni soporifique.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 29 novembre 2018

La vie secrète des animaux, de Peter Wohlleben.

La vie secrète des animaux

L'ouvrage:
L'auteur aborde des questions que beaucoup de gens se posent: les animaux ont-ils des émotions? Ressentent-ils, entre autres, la douleur?... À travers des observations et des anecdotes, Peter Wohlleben offre des pistes sur lesquelles se pencher.

Critique:
Quand j'ai appris que l'auteur de «La vie secrète des arbres» avait écrit un livre similaire concernant les animaux, j'ai tout de suite su que cet ouvrage me passionnerait. Écrit par une personne avisée, attentionnée, ouverte d'esprit, préoccupée du bien-être de chaque espèce (qualités que Peter Wohlleben a montrées dans «La vie secrète des arbres»), il était obligatoire que ce documentaire me captive. Il a parfaitement répondu à mes attentes.

Peter Wohlleben ne prétend absolument pas tout savoir. Il ne joue en aucun cas les donneurs de leçons. Il exhorte son lecteur à accorder le bénéfice du doute aux animaux. Puisqu'on ne sait pas s'ils éprouvent des émotions (ou en tout cas avec quelle intensité), pourquoi ne pas tenter de leur occasionner le moins de souffrance possible? Pourquoi ne pas les considérer comme dignes qu'on respecte leurs «sentiments»? Bien sûr, l'auteur déplore la manière dont certains hommes traitent les animaux, mais il ne fait qu'être factuel. Comment nier la maltraitance et la souffrance occasionnées par les élevages en batterie, la barbarie de certaines pratiques, etc? Il m'a plu de trouver, dans cet écrit, l'argument qui est le mien: sans que tout le monde devienne végétarien, voire se nourrisse d'air (puisque les végétaux aussi ressentent), il serait sûrement possible de faire les choses d'une manière qui ne serait ni barbare ni irrespectueuse.

Outre cela, au long de l'ouvrage, j'ai retrouvé le même cheminement de pensée que le mien. Qui côtoie des animaux a sans cesse des preuves qu'ils ressentent, qu'ils ont des émotions. J'aime beaucoup l'argument de Peter Wohlleben concernant ceux qui nous exhortent à cesser de faire de l'anthropomorphisme. D'ailleurs, l'auteur explique bien que si les animaux ressentent, il ne nous est pas facile de comprendre comment et avec quelle intensité. Il y a également, vers la fin du livre, une idée dont je rêve depuis très longtemps: pouvoir communiquer avec les animaux afin qu'eux nous «disent» ce qu'ils ressentent, comment ils le ressentent, etc. Les observer nous permet d'apprendre, mais il serait tellement mieux de pouvoir communiquer avec eux...! À ce sujet, l'auteur évoque le cas de Coco et d'autres gorilles. Je ne connaissais pas du tout ces cas. Ils donnent un peu d'espoir: peut-être qu'un jour, la communication et la compréhension seront possibles.

Les exemples donnés et les anecdotes racontées par Peter Wohlleben évoquent plusieurs espèces: les chèvres, les chevaux, les cerfs, les oiseaux, mais aussi les insectes de toutes sortes. J'ai apprécié qu'il étende ses observations à tant d'espèces, et je regrette que le livre n'ait pas été plus long.

Mon but étant d'en dévoiler le moins possible, je n'évoquerai qu'une seule des anecdotes contées par l'auteur. Elle apparaît lorsqu'il se demande si les animaux peuvent compter. Il parle alors de la chienne de la famille, Maxie. En semaine, celle-ci éveillait la petite famille très peu de temps avant que le réveil sonne, afin qu'on lui ouvre la porte. Le week-end, à l'instar de ses maîtres, Maxie faisait la grasse matinée. Comment lui était-il possible de savoir quels jours le réveil ne sonnerait pas? Cette anecdote m'a beaucoup plu, parce que voilà longtemps que je suis persuadée que mes chats savent beaucoup de choses. ;-) Ils savent ce que je ressens. (Moi aussi, j'aurais des faits à raconter à ce sujet.) Ils savent que le troisième jour de la semaine, ils vont me voir davantage que les deux premiers et le quatrième et le cinquième...

Un livre prônant l'ouverture d'esprit, le respect des espèces, la tolérance, la communication...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
J'ai trouvé judicieux que l'éditeur ait demandé au comédien qui avait interprété «La vie secrète des arbres» d'enregistrer «La vie secrète des animaux». J'ai retrouvé, avec grand plaisir, le talent de conteur de Thibault de Montalembert. Son intonation est toujours adéquate. Il adopte parfaitement le ton le mieux à même de rendre les intentions de l'auteur, et n'exagère jamais. Lorsque Peter Wohlleben appelle son lecteur à faire attention aux animaux, lorsqu'il met l'accent sur le mal qui leur est fait, le lecteur ne prend absolument pas un ton supérieur ou larmoyant. Il montre la compassion que prône l'auteur. Pour moi, il s'est très bien glissé dans ce livre, dans la peau de celui qui raconte, etc. Je n'aurai qu'une minuscule remarque. L'auteur écrit plusieurs fois «moi aussi». Le narrateur fait alors une liaison mal-t'à-propos en disant «moi zaussi». C'est en l'entendant que je me suis aperçue qu'il n'était pas le seul. J'ai déjà entendu cela chez plusieurs personnes, et me suis toujours demandé pourquoi cette erreur était commise. Peut-être parce qu'on fait cette liaison lorsque le pronom personnel est «nous», «vous», ou «eux»...

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jeudi, 12 juillet 2018

Boostez votre mémoire, de Jean-Yves Ponce.

Boostez votre mémoire

L'ouvrage:
Jean-Yves Ponce donne ici ses techniques pour optimiser notre mémoire.

Critique:
Globalement, j'ai été déçue par ce livre. À certains moments, j'ai trouvé un désagréable écho des pensées d'Idriss Aberkane dans «Libérez votre cerveau». J'ai compris pourquoi quand j'ai entendu le nom de cet auteur dans les remerciements... J'ai été très agacée que Jean-Yves Ponce affirme que le «par coeur», c'était mal, et que le pauvre enfant (à qui on devrait laisser choisir ce qu'il souhaite mémoriser) était brimé parce qu'on lui disait qu'il était nul s'il n'arrivait pas à apprendre. Je veux bien qu'il y ait des professeurs de cet acabit (il y a des idiots dans chaque corps de métier), mais pourquoi en faire une généralité? Quant à moi, je n'ai pas attendu Jean-Yves Ponce pour dire à mes élèves (à qui je ne demande d'apprendre par coeur que les terminaisons des conjugaisons et certaines règles de grammaire) qu'ils ne devaient pas essayer d'avaler tous leurs cours en un après-midi, mais plutôt apprendre au fur et à mesure, par petites sessions, et revenir, les jours suivants, sur ce qu'ils avaient appris afin de l'ancrer dans le cerveau. Je n'ai pas non plus attendu Jean-Yves Ponce pour leur dire que s'ils ne comprenaient pas ce qu'ils apprenaient, et s'ils ne se concentraient pas réellement dessus, cela ne fonctionnerait pas. Pour fréquenter un forum de professeurs et pour avoir souvent discuté avec les collègues de mon établissement, je sais que beaucoup d'enseignants font ainsi.

Ensuite, j'ai trouvé que l'auteur répétait beaucoup certaines choses. Par exemple, au début du chapitre 3, il répète (en résumé) ce qu'il a dit au début du chapitre 1. Il répète aussi qu'il est passé à la télé grâce à sa technique de mémorisation, que c'est la meilleure, etc. Même s'il explique que chacun a ses méthodes, a plutôt une mémoire de tel type, et que donc, c'est à chacun de trouver ce qui fonctionnera le mieux, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il est fermé sur certains points. Voir par exemple ce dont j'ai parlé dans le premier paragraphe de cette chronique. Il dit aussi que les jeux vidéo développent l'imagination. Sûrement, mais pourquoi ne dit-il pas que les livres la font également beaucoup travailler?

Il écrit aussi beaucoup de choses évidentes. J'avais l'impression d'être prise pour une abrutie. Par exemple, si notre esprit vagabonde alors qu'on est en train d'apprendre quelque chose, l'apprentissage ne fonctionnera pas; un environnement constitué de tentations qui sont autant de distractions nuira à l'apprentissage, etc. Les techniques à proprement parler ne sont données qu'à partir du chapitre 4 (sur 8).

Ces méthodes consistent en une série de mnémotechniques, d'histoires qu'on se raconte pour retenir ceci ou cela. Je le fais parfois. Ce qui me gêne un peu ici, c'est que Jean-Yves Ponce propose de faire cela pour tout: les cours, l'agenda, la musique, etc. Parfois, il est plus rapide de retenir quelque chose sans se raconter d'histoires autour, du moins dans mon cas. C'est là que j'aurais souhaité que le propos soit un peu nuancé, que l'auteur n'expose pas cela comme la méthode révolutionnaire qui profiterait à tout le monde, mais plutôt comme une méthode qui a fonctionné sur lui et d'autres, et qu'il faut tenter.

Le système pour retenir les chiffres ne me parle pas du tout. Il s'agit de convertir les chiffres en images selon leur forme (si j'ai bien compris). Or, pour moi, les chiffres n'ont pas une forme qui rappelle des éléments du quotidien, puisque je les lis en braille... Ce sont plutôt des formes abstraites. Un aveugle qui n'a jamais vu ne pourra pas utiliser ce système. D'une manière générale, beaucoup de conseils de mnémotechniques se basent sur des images mentales. Donc, sans les rejeter, il faudrait que je les essaie autrement. D'ailleurs, l'auteur préconise de personnaliser la technique, car c'est ce qui fonctionnera le mieux. C'est évident.

Si vous voulez lire un ouvrage sur notre mémoire et la capacité de notre cerveau, je me permets de vous recommander plutôt «Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau», de Norman Doidge. Il ne parle pas uniquement de la mémoire, mais à mon avis, l'auteur est plus ouvert, ses arguments sont plus pertinents...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurent Jacquet.

Comme je l'ai dit dans une autre chronique, Laurent Jacquet a une intonation qui se prête très bien à ce genre de livres. Il m'a plu de le retrouver ici égal à lui-même. Comme je pestais beaucoup après l'auteur, j'étais ravie que la lecture soignée et vivante de Laurent Jacquet me rende le livre moins pénible.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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