Autobiographies, biographies, souvenirs, témoignages

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jeudi, 19 octobre 2017

Les 33, d'Héctor Tobar.

Les 33

L'ouvrage:
Ce livre raconte le calvaire des trente-trois hommes enterrés vivants à sept-cents mètres de profondeur, dans la mine chilienne de San José, en 2010.

Critique:
Ce récit étant une histoire vraie, il est plus dur à lire psychologiquement qu'un roman. On se met davantage à la place des personnes qui ont vécu cela.

Héctor Tobar prend le temps de planter le décor. Au début, j'ai pensé que cela serait trop lent, mais je comprenais qu'il fasse ainsi. Sans raconter en détails la vie des trente-trois hommes, il en présente quelques-uns, leur famille... Il évoque ce qui s'est passé juste avant «l'enfermement».

On imagine facilement le genre de choses qui peut arriver dans une situation où un groupe se retrouve enfermé. Des hommes qui ne s'apprécient pas toujours sont obligés de se supporter. Certains ne prennent pas tout de suite la mesure de ce qu'ils vivent (cela occasionnera un «pillage» des réserves de nourriture). Certains ont besoin de soins... Au moins, nous savons (puisque les hommes témoignent) qu'ils s'en sont sortis. C'est un réconfort, même si rien n'est simple.

Naïvement, j'ai cru que dès que les trente-trois ont été localisés, les sauveteurs pouvaient les atteindre très rapidement. Or, cela n'a pas été le cas. L'auteur explique en détails comment, au début, la mine n'a cessé de «cracher» de la boue, des pierres, etc. Ils n'ont pas eu affaire à un petit éboulement. J'aurais donc dû me douter que le sauvetage ne serait pas aisé. Cela provoque d'autres tensions chez les hommes. Il est impossible d'imaginer comment ils ont pu supporter tout cela, même si l'homme a une grande capacité d'adaptation.

Le romancier raconte la solidarité, les actes héroïques des trente-trois, mais aussi la bêtise de ceux qui gèrent cela d'en haut. Certains éléments feront frémir. Par exemple, le premier à parler aux hommes emmurés sera... une personnalité politique. Alors que l'heure est grave, on pense d'abord à soi, à son petit pouvoir, à se faire mousser... Cela m'a vraiment écoeurée. Je donnerai aussi l'exemple du psychologue qui, par la suite, accorde un très petit temps de conversation aux hommes avec les familles.

Lorsqu'on vit un événement traumatisant, on pense à s'en tirer, on ne prévoit pas l'après. Pourtant, cela ne s'arrête pas à la fin du calvaire, d'autant qu'ici, les hommes ont fait le pacte de ne pas en parler. Héctor Tobar prend le temps d'expliquer comment certains font pour oublier, se rendant très vite compte que l'enfouissement en soi n'est pas la solution.

Quelques mois avant de me plonger dans ce témoignage, j'ai tenté de lire une oeuvre de fiction racontant un récit de ce genre: «Les roses noires», d'Antoine B. Daniel. Étrangement, je n'ai pas réussi à le lire... Je me souviens que quelque chose m'a arrêtée dès le début, mais je ne sais plus quoi... Je le réessaierai peut-être.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.
J'apprécie ce lecteur. Ici, il n'a pas démérité. Il a su mettre la dose de jeu et de tension nécessaire sans jamais en faire trop. Il n'est absolument pas tombé dans le pathos et la mièvrerie, ce qu'à mon avis, certains (même des professionnels) auraient fait, et qui aurait été un énorme gâchis.

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lundi, 16 octobre 2017

You're not doing it right, de Michael Ian Black.

You're not doing it right

L'ouvrage:
Autobiographie de Michael Ian Black.

Critique:
Je fais partie de ces gens qui pestent lorsqu'une personne célèbre se met à publier son autobiographie. Pourquoi donc Michael Ian Black a-t-il trouvé grâce à mes yeux? Parce que j'ignore qui il est. Il explique qu'il n'est pas très connu, mais je pense que j'ai moins de chances de le connaître que le commun des mortels puisque je retiens très rarement le nom des acteurs étrangers, leur préférant ceux des comédiens qui les doublent en français. La raison principale qui m'a fait tenter ce livre est qu'il était classé à «humour». Je ne regrette pas: il vaut le détour, car il est (la plupart du temps) très drôle. L'auteur manie très bien l'autodérision. Il nous explique, de diverses façons, qu'il est insignifiant. Par exemple, l'un de ses livres est resté... une semaine sur la liste des best-sellers du New York Times. En outre, il se remet souvent en question (sauf quand il veut prouver à sa femme qu'elle a tort ;-) ), et reste humble devant la vie. Je préfère nettement ce type de personnes à celles qui sont toujours très sûres d'elles, ont une opinion tranchée sur tout et tous, s'affirment avec conviction. Lorsqu'on réfléchit à leurs dires, on se rend souvent compte que c'est du vent. Michael Ian Black choisit donc de raconter la plupart des événements de sa vie de manière humoristique (voire politiquement incorrecte), n'hésitant pas à se prendre pour cible. Mon chapitre préféré est le 10 (en tout cas son début), où il explique pourquoi il déteste son bébé de quatre mois. J'ai été prise d'un irrépressible fou rire. C'est sûrement ici que l'auteur est le plus politiquement incorrect. Bien sûr, un couple ayant un bébé se plaindra du manque de sommeil. Michael Ian Black, lui, explique (entre autres) que sa femme et lui se disputent, la nuit, pour ne pas aller chercher le bébé quand il pleure, et que la seule raison qui les empêche d'étrangler l'autre est que survivre signifie rester seul avec l'enfant.

D'une manière générale, l'auteur passe par des phases et vit des événements ordinaires: peur de s'engager, peur d'être un mauvais père, etc. Il leur donne une certaine originalité en étant le spectateur de sa peur, et en la contant à travers le prisme de l'humour. Il n'hésite pas à décrire la fois où il se croyait atteint d'une tumeur avec beaucoup de verve.
Bien sûr, il raconte certains événements de manière plus grave: la mort de son père, celle de Maddy...

Selon lui, les français sont un peu dérangés parce qu'ils considèrent que lorsqu'on boit plus de deux verres d'alcool par jour, on n'est pas alcoolique. Vu comme ça, je ne peux pas lui donner tort... ;-)

J'ai été un peu déroutée par la structure du livre. Chaque chapitre a un thème, et la chronologie y est sans y être... C'est à-dire qu'il raconte d'abord sa rencontre avec Martha, puis leur vie de couple, puis leur mariage, etc. Mais il fait des digressions quant à son enfance.

J'ai visité son site, et j'y ai retrouvé sa manière à la fois grave et caustique de s'exprimer.

Il a sorti un autre livre autobiographique. Je l'ai lu: Il est plus grave que «You're not doing it right». Il m'a un peu moins plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michael Ian Black pour les éditions Random house audio.
Il me plaît que les auteurs lisent leurs autobiographies. C'est souvent le cas des auteurs anglophones. Ici, j'ai donc été contente d'entendre la voix de Michael Ian Black raconter ses anecdotes.

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samedi, 23 septembre 2017

L'Éducation Nationale, une machine à broyer, d'Isabelle Dignocourt.

L'Education nationale, une machine à broyer

L'ouvrage:
Isabelle Dignocourt est enseignante de lettres classiques depuis vingt-cinq ans. Ici, elle raconte son parcours, et explique (en donnant des exemples concrets) pourquoi l'Éducation Nationale va mal.

Critique:
L'une des raisons pour lesquelles je recommande ce livre, c'est qu'Isabelle Dignocourt expose les idées reçues que beaucoup ont quant au professorat, et démontre leur ineptie. Je caricature (à peine), mais on entend souvent un peu partout que les professeurs ne travaillent que dix-huit heures par semaine (ils refont toujours les mêmes cours, sont toujours absents, ont quatre mois de vacances... À ces remarques, une de mes amies répond que ceux qui les font devraient suivre des professeurs pendant un an, ou même passer le concours.
D'autres réponses apportées par Isabelle Dignocourt concernant d'autres idées reçues me semblent tomber sous le sens. Par exemple, des personnes de mon entourage ne comprenaient pas le désarroi des professeurs à l'idée de faire de l'accompagnement personnalisé en classe entière, et donc de faire trois choses différentes, voire davantage. À ce sujet, Isabelle Dignocourt invite les gens à reconnaître qu'en tant que parent, il est toujours plus facile de s'occuper d'un enfant unique que de deux. C'est la même chose pour l'enseignant qui, lui, a au moins trente élèves par classe. Bien sûr, le contexte n'est pas le même, mais un enseignant voudra toujours être le plus à même d'aider tous ses élèves à progresser.
Tout au long de ce livre, d'autres idées reçues sont démontées.

D'autre part, l'enseignante fait l'historique des réformes qui se sont succédé à l'Éducation Nationale, et explique pourquoi, selon elle, elles sont inadaptées à la situation. Elles vont toutes dans le même sens, chacune allant plus loin que la précédente. Extérieurement, les professeurs y étant réfractaires semblent refuser de s'adapter pour le bien des élèves. Isabelle Dignocourt, s'appuyant sur son expérience, suggère de réformer dans l'autre sens. Si les enseignants ne veulent pas aller là où on veut les mener, pourquoi ne pas les écouter? Après tout, ce sont eux qui sont sur le terrain, ce sont eux qui expérimentent tous les jours l'impact négatif de ces décisions. L'état des lieux fait ici montre que toutes les réformes, couronnées par la dernière, poussent vers un extrême: en demander de moins en moins aux enfants (tant au niveau du travail que de la rigueur). De ce fait, ils en feront encore moins. C'est logique. Je pense que nous réagirions tous de la même manière. C'est humain.
Autre exemple, les projets culturels sont appréciés de certains. C'est une autre manière d'enseigner: on emmène les élèves en sortie (musée, cinéma, théâtre, spectacle...), puis on travaille sur ce qu'on a vu. Pourquoi pas? Cependant, Isabelle Dignocourt s'interroge sur l'intérêt de faire cela avec des élèves qui ne connaissent pas leurs conjugaisons, ne savent pas structurer leurs idées...

L'auteur décortique le texte de l'arrêté de la dernière réforme du collège. Ses explications sont claires. Elle en profite pour donner quelques exemples d'intitulés d'Enseignements Pratiques Interdisciplinaires proposés lors des formations, exemples qui m'ont fait frémir, parce que cela ressemble à des propositions d'animations de colonie de vacances.

Certains diront peut-être que l'auteur est alarmiste, et qu'elle n'a rien compris. Mais ceux-là ont-ils son expérience?

À lire d'urgence!

Ce livre est une lecture commune avec mon mari. Vous trouverez sa chronique ici.¸

Service presse des éditions du Rocher.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 26 mai 2016

Le voleur de brosses à dents, d'Églantine Éméyé.

Le voleur de brosses à dents

Note: Cette chronique n'a pas été facile à écrire. Il me semble qu'elle est assez fade, et ne rend pas vraiment justice à ce témoignage. J'en suis désolée.

L'ouvrage:
Églantine Éméyé est journaliste et animatrice de télévision. Dans ce livre, elle raconte le tournant qu'a pris sa vie après la découverte que son second fils, Samy, était épileptique, autiste, et polyhandicapé.

Critique:
Églantine Éméyé partage son expérience de manière à la fois grave et drôle. Elle raconte comment se sont passées les choses, mais aussi, informe. Outre quelques médecins qui furent très mous, des psychologues qui furent trop rigides, elle évoque l'absurdité du fonctionnement de certaines structures. Par exemple, pour renouveler l'allocation de Samy, Églantine doit se présenter à la maison du handicap avec lui. Elle tente d'expliquer que ce sera compliqué, car les nouveaux lieux stressent Samy, et qu'il l'exprime comme il peut (souvent bruyamment), et qu'il faudrait plutôt que la personne se déplace. Celle-ci refuse. De plus, les dossiers à remplir sont souvent compliqués et renferment certaines incohérences... J'étais en terrain connu lorsque je lisais ces passages. Ils sont d'autant plus révoltants que la vie de Samy et de sa famille est déjà très compliquée.

Quant aux différents «spécialistes» à qui l'enfant fut confié, l'auteur a rencontré ceux qui étaient coincés dans leur méthode et ne veulent pas en dévier d'un millimètre, mais aussi ceux qui, plus ouverts, tentaient différentes choses, cherchaient à s'informer... Je n'ai pas été surprise de lire à quel point les ressources sont minces lorsqu'on a un enfant autiste, sachant qu'il y a divers degrés, diverses formes d'autisme. Par ailleurs, Samy n'est pas seulement autiste. L'auteur apporte quelques solutions, et explique (à juste titre) qu'il faut se prémunir contre les idées reçues qui peuvent circuler, comme par exemple l'enveloppement. Je n'avais jamais entendu parler de ce concept. Églantine Éméyé explique qu'il est décrié, ce que j'ai pu constater après quelques recherches. Comme elle, je me demande si ceux qui la décrient l'ont essayée, et si oui, cela fut-il fait correctement? De toute façon, je suis convaincue que dans n'importe quel cas, une bonne méthode appliquée intelligemment ne pourra pas avoir d'effets néfastes. En effet, la façon de faire peut rendre n'importe quelle méthode inepte, si bien pensée soit-elle.

L'auteur parle également des gens qui s'occupent de son fils sans avoir été sérieusement formés. Je sais d'expérience qu'elle n'exagère pas. J'irai même plus loin en disant que le système (pour des raisons administratives) préférera mettre quelqu'un de non formé en face d'une personne handicapée plutôt que quelqu'un de formé, ayant en plus fait ses preuves sur le terrain.

Une autre force de ce témoignage est son optimisme. À partir du moment où Églantine a pleinement accepté le handicap de son fils, elle a tenté de faire en sorte que le rire ne soit jamais banni de sa maison. Son fils aîné, Marco, prend vite le pli, et se révèle un formidable vecteur de rire. Comme tout être humain, il y a des moments où Églantine et Marco craquent, où ils ont besoin de l'exprimer. L'un de ces moments a été transformé en partie de rire, car Marco et Richard (le compagnon d'Églantine) ont organisé la révolution, défilant avec des banderoles, et signifiant joyeusement leur mécontentement.
Je me suis également beaucoup amusée à la lecture de la correspondance entre Marco et la petite souris.
Ce n'est que deux exemples, mais le livre fourmille de situations où les protagonistes choisissent le rire.

L'auteur raconte son quotidien. Elle ne larmoie pas. Elle dit les choses, partage ses sentiments, ses incertitudes, ses frustrations, ses espoirs. Elle est lucide quant à ses réactions, quant au chemin qu'il lui a fallu parcourir... Elle raconte cela sans fausse pudeur, sans excès.

Après ma lecture, j'ai fait des recherches sur Églantine Éméyé et son histoire. J'ai ainsi lu un article où Olivia Cattan, présidente de l'association SOS Autisme s'indigne qu'Églantine Éméyé ait avoué avoir eu envie de frapper Samy, et qu'elle l'ait placé dans un hôpital à 900 kilomètres de chez elle. Il ne faut pas oublier que chaque personne handicapée est différente, chaque handicap a différents degrés (l'autiste en est un exemple très parlant). J'imagine bien Églantine, au milieu de la nuit, face à son enfant hurlant et s'auto-mutilant. À sa place, j'aurais sûrement, parfois, des envies de frapper. Nier cela et s'indigner contre ceux qui le reconnaissent, est, à mon avis, de la fausse bien-pensance, de l'hypocrisie. Certes, la première victime, c'est Samy. C'est lui qui ne parvient pas à se faire comprendre, mais pourquoi vouloir nier qu'il peut y avoir des moments où le parent ressent une telle impuissance, une telle frustration, un tel épuisement qu'il en vient à penser cela?
Quant à ce qui est de l'éloignement de Samy, l'hôpital San Salvadour est la seule structure adaptée qu'Églantine ait trouvé où Samy se sente bien. La jeune femme a douloureusement appris à différencier ses sentiments de ceux de Samy, et force lui a été de constater que son fils était mieux dans cet hôpital. Je ne comprends pas de quel droit on se permet de juger les actes de cette mère. Comme tous les parents d'enfants handicapés, elle tente de faire au mieux avec ce qu'elle a. Personne ne peut se mettre à sa place.

Remarques annexes:
Il paraît que la mère de la narratrice fait un gâteau au chocolat divin. Si par hasard, un jour, Églantine Éméyé passait par ce blog, je serais à la fois ravie et très touchée qu'elle m'en donne la recette. Le mien ne sera sûrement pas aussi bon, car outre une bonne recette, il faut le savoir-faire de celui qui la fait. De plus, il est peut-être impossible de me la donner si c'est un secret de famille, mais on ne sait jamais.
J'ai trouvé amusant que les soeurs Éméyé aient toutes des prénoms se terminant en «ine».

Je ne peux terminer cette chronique sans vous faire part d'une anecdote. Fin octobre, mon mari m'a raconté avoir vu Églantine Éméyé parlant de son livre dans l'émission de Laurent Ruquier. Il me parle du sujet, m'explique certaines choses.
La Livrophile: -Bof, je ne le lirai pas, son livre. J'ai lu «House rules», les Daniel Tammet, je risque de m'ennuyer.
Miguel: -Oui, mais là, c'est un autre point de vue. Et puis elle raconte l'inertie de la France. C'est un témoignage intéressant.
Quelques heures plus tard, je regarde quels livres sont en cours de lecture à la BSR (l'une des bibliothèques sonores qui m'approvisionnent en livres). Je tombe sur «Le voleur de brosses à dents». Je commence par m'amuser de la coïncidence. Puis je vois que la lectrice qui s'en charge est ma lectrice préférée de la BSR. Après avoir un peu râlé, j'ai pris le parti d'essayer ce livre, sachant que j'ai souvent tenté des livres dont le résumé me semblait inintéressant parce qu'ils étaient lus par cette lectrice, et que, souvent, mes «préjugés» ont été balayés. Cela fut encore le cas pour ce témoignage. Je pense que cela vient du fait que la lectrice en question choisit souvent ses lectures, et que comme moi, elle n'aime pas ce qui est niais.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi, 17 décembre 2015

Instant mom, de Nia Vardalos.

Instant mom

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Nia Vardalos raconte comment elle a adopté Ilaria.

Critique:
Étant plus sensible aux voix des comédiens de doublage, c'est leurs noms que je retiens et que je cherche à connaître, et non ceux des acteurs. Cela explique en partie pourquoi je ne connaissais pas la scénariste et actrice Nia Vardalos.
Son témoignage se lit comme un roman. Elle l'a surtout écrit pour aider (même modestement) ceux qui souhaitent adopter en leur montrant qu'il y a une possibilité que peu connaissent: adopter des enfants émancipés et placés en famille d'accueil. En outre, il est agréable de lire que Nia et Ian (son mari) ont rencontré des assistants sociaux compétents, humains, réellement préoccupés du bonheur des enfants.

Au long de son livre, Nia Vardalos explique et montre, par plusieurs exemples, que son mari et elle adorent rire de beaucoup de choses. Parfois, c'en est infantile. Personnellement, je suis un peu comme eux, donc je me retrouve dans les âneries données en exemple. Cependant, il est facile de comprendre leur nervosité lorsque Nia évoque la visite des assistants sociaux. Ils ne connaissent pas du tout ce couple, et les voir rire de n'importe quoi ou faire des blagues idiotes pourrait paraître incongru.

Mais c'est aussi grâce à ce rire qu'ils donneront confiance à Ilaria, au début, alors que celle-ci, par peur, se révoltera contre eux. L'humour et l'amour, tels sont les valeurs prônées par Ian et Nia. Celle-ci invite d'ailleurs son lecteur à rire gentiment d'elle dans certaines situations. Je partage leur opinion, mais je suis sceptique quant au fait que cela puisse rendre les choses plus faciles dans toutes les situations. Malheureusement, on tombe souvent sur des gens qui ne veulent pas comprendre, et qui, malgré tout, ne le voudront jamais. Nia et Ian prônent également le respect, la discussion. Pour illustrer cela, Nia raconte une anecdote arrivée lorsqu'Ilaria était au jardin d'enfants. Une fillette met du sable dans les yeux d'Ilaria, et comprend la portée de ce qu'elle a fait lorsque la maîtresse lui montre qu'Ilaria a mal. C'est une jolie histoire, mais malheureusement, beaucoup de choses ne se règlent pas ainsi.

À un moment, l'auteur tente de combattre l'idée qui veut que certains ne souhaitent pas adopter un enfant qui a souffert, de peur de mauvaises surprises: déséquilibre mental, tendance à la violence, etc. Ses arguments sont très convaincants, notamment lorsqu'elle évoque un adolescent qui a tué ses parents. Il n'était pas adopté. Je pense que la peur des gens vient surtout de l'inconnu. On ne sait pas comment l'enfant a digéré et assimilé ses souffrances...

Outre le récit d'une adoption et de l'acclimatation d'une enfant à sa famille, ce témoignage montre, d'une manière générale, que si chacun y mettait du sien, le monde irait beaucoup mieux. D'autre part, j'ai été touchée du profond respect et de l'amour inconditionnel qu'Ian, Nia, et Ilaria portent à leurs animaux, et aux animaux en général.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nia Vardalos pour les éditions Harper Audio.

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