Autobiographies, biographies, souvenirs, témoignages

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samedi, 24 août 2019

Marie et Bronia: le pacte des soeurs, de Natacha Henry.

Marie et Bronia: le pacte des soeurs

L'ouvrage:
Natacha Henry raconte la vie de la famille Sklodowski, et notamment le parcours de Bronia et Marie, future Marie Curie.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'en savais très peu concernant Marie Curie, et j'ignorais tout de sa soeur. C'est d'abord sur ce plan que le livre m'a plu: j'ai appris beaucoup de choses sur elles et leur famille. Je ne sais pas à quel point l'autrice s'est documentée et jusqu'où elle a laissé agir son imagination, mais je trouve qu'elle a su créer une ambiance, et parler des personnages avec coeur et sensibilité. Je pense que si ce roman avait été écrit alors que j'étais adolescente, il m'aurait beaucoup plu, et j'en aurais parlé à mon professeur de physique.

J'ai beaucoup apprécié l'amour et la complicité entre Marie et Bronia, mais aussi entre celles-ci et leur père. Il est touchant de lire que chacun se préoccupait des autres, de découvrir la teneur du pacte liant Marie et Bronia, de voir que leur père est toujours fier de ses filles, et que ce sont ses préceptes et son éducation qui les ont rendues opiniâtres, toujours volontaires et prêtes à se battre pour leurs aspirations. J'ai également apprécié que Bronia et Marie réalisent très vite que quand on veut obtenir quelque chose, si on s'en donne les moyens, on peut y arriver. Bien sûr, je sais que parfois, on aura beau être prêt à se donner les moyens, être prêt à travailler d'arrache-pied et à faire preuve de courage, on ne pourra pas obtenir ce qu'on souhaite (j'en sais quelque chose). Mais ici, les deux soeurs savaient qu'il y avait une solution, et malgré les obstacles et le découragement qui a pu les saisir parfois, chacune a fait ce qu'elle a pu. C'est surtout Marie qui a été victime de découragement, de mésestime, voire de dégoût de soi.

Je ne sais pas si c'est possible, mais j'aimerais bien lire la thèse de Bronia. Je ferai des recherches, elle a peut-être été conservée et est peut-être accessible quelque part.

Je suis contente que Natacha Henry finisse son roman par une petite explication concernant le devenir de chaque personnage. J'aurais trouvé un goût d'inachevé au livre si elle ne l'avait pas fait.

L'intrigue est bien construite, bien menée, il n'y a pas de temps morts. J'imagine qu'il n'est pas facile de rassembler des faits et de les articuler, recréant ce qu'a dû être la vie de quelqu'un, ses pensées, ses émotions. De plus, l'autrice a pris le pari d'en faire un roman pour la jeunesse. Je pense que cela a accru la difficulté. Pour moi, Natacha Henry relève très bien le défi. J'ai quand même eu un peu de mal au tout début du roman, parce que je trouvais que les choses étaient décrites de manière un peu mièvre, mais cela n'a pas duré, et cela n'a pas gâché ma lecture.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florine Orphelin.

C'est le troisième livre enregistré par cette comédienne que je lis. Une fois encore, son interprétation m'a plu. Elle ne fait jamais d'effets de voix indésirables, et rend très bien l'ambiance ainsi que les sentiments des personnages.

Pour information, la structure du livre n'est pas totalement respectée: quelques chapitres sont coupés en deux pistes.

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mardi, 13 août 2019

Une semaine sur deux (ou presque), de Sabrina Marchese.

Une semaine sur deux (ou presque)

L'ouvrage:
La narratrice a trente-cinq ans, et elle a rencontré l'amour de sa vie. Elle est même enceinte. Elle remercie l'univers de ce grand bonheur. Mais il faut compter avec un autre paramètre: Lisa, quatre ans, fille que son cher et tendre a eue avec celle qui est maintenant son ex, Christiane. Lisa ne sera pas facile à apprivoiser.

Critique:
La narratrice disant certaines choses (comme son métier) qui donnent à penser que cet écrit est fortement autobiographique, j'ai décidé de le considérer comme un témoignage. Voilà pourquoi ma chronique est dans cette catégorie du blog.

Ce livre m'a beaucoup plu. Sabrina Marchese décrit chaque situation avec lucidité, et ne perd aucune occasion d'exercer sa causticité, de placer une remarque qui fait mouche, comme lorsqu'elle évoque des situations difficiles. De plus, c'est naturel. Je précise cela parce qu'on pourrait penser que caser des traits d'humour partout rend le récit poussif et lourd. Ici, ce n'est absolument pas le cas, il n'y a aucune exagération. L'ouvrage est semé de diverses émotions (bonheur, inquiétude, colère, chagrin, frustration...), mais l'humour de l'autrice tombe toujours à point nommé. Elle souffre de certaines situations, mais les dédramatise en en riant. Elle n'exagère jamais, et si parfois, l'humour n'est pas de mise, elle n'en fait pas.
Elle parvient à se moquer d'elle-même, par exemple lorsqu'elle se rend compte qu'elle va devoir abandonner l'alcool le temps de sa grossesse.
Elle évoque son triste passé amoureux avec verve. Il suffit de lire le nom (largement mérité) dont elle a affublé son ex pour ce livre (monsieur Connard) pour être amusé. À travers son expérience avec ce mufle, elle montre que malheureusement, la situation d'une personne s'aplatissant devant celui qui ne cesse de la rabaisser se retrouve encore et toujours. J'espère que d'autres maltraitées par des messieurs Connard liront ce témoignage, et quitteront vite fait bien fait leur tourmenteur.

Sans tomber dans la mièvrerie, Sabrina Marchese décrit l'amour incommensurable d'une mère pour son enfant. Je savais certaines choses, mais je trouve qu'elle exprime tout cela très bien. Moi qui n'ai pas d'enfants et n'en veux pas, cela m'a parlé.
Cela lui donne l'occasion de parler de sa relation avec sa mère. Là encore, le récit qu'elle en fait n'est ni mièvre, ni exhibitionniste, ni grandiloquent. Elle trouve les mots justes pour faire passer ses émotions.

Et Lisa, dans tout ça? En effet, le titre et la quatrième de couverture parlent de la fillette comme étant au centre de l'histoire, et mon résumé pourrait aussi le laisser croire. J'ai d'abord voulu parler du reste pour montrer que bien que l'enfant occupe une grande place, elle n'est pas la seule.
Elle agit comme beaucoup d'enfants ballottés entre ses parents doivent le faire. Dans beaucoup de cas de familles recomposées, on entend l'un des parents dire que l'autre monte l'enfant contre lui. Or, ici, si Christiane a certainement une part de responsabilité, c'est Lisa qui s'amuse à dire ceci et cela pour que sa mère croie que son père ne s'occupe pas d'elle comme il le devrait. Et bien sûr, les relations avec la narratrice ne sont pas de tout repos. Je dois confesser que j'ai bien ri en entendant la remarque (adressée au lecteur) de la narratrice après que Lisa lui a dit «Je veux plus te voir!». D'une manière générale, le lecteur ne pourra s'empêcher de plaindre Lisa dont le monde est bouleversé, mais souhaitera ne jamais, au grand jamais, se retrouver dans la situation de la narratrice qui, elle, gère tout cela du mieux qu'elle peut. Malgré sa bonne humeur à toute épreuve, ses propos indiquent que certains moments ont été extrêmement difficiles. Si elle peut rire de cela aujourd'hui, cela veut dire (comme elle le sous-entend à la fin) que les choses tendent à s'améliorer.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabrina Marchese.

Non seulement le livre m'a beaucoup plu, mais l'interprétation de la comédienne aussi. Elle est toujours dans le ton. Lorsque des remarques humoristiques se glissent dans une anecdote plutôt grave, elle fait cela subtilement, toujours avec l'intonation adéquate. Lorsqu'il s'agit de prendre une voix enfantine pour le rôle de Lisa, la comédienne ne cabotine jamais. Elle adopte encore et toujours, l'intonation et le timbre de voix appropriés. Je suis très déçue que les autres livres qu'elle a enregistrés ne me tentent pas. J'espère que les suivants me tenteront.

Pour ceux que cela intéresse... La première fois que j'ai lu le nom de Sabrina Marchese, c'était sur Audible.fr, parce qu'elle avait enregistré un livre. Faisant immédiatement des associations d'idées (du style Philippe Ogouz et Virginie Ogouz, Guillaume Orsat et Alice Orsat), je me suis empressée de penser que Sabrina Marchese devait avoir une vingtaine d'années, et était la fille de Michelangelo Marchese (comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, et qui m'a très gentiment accordé une interview en 2013). Maintenant que j'ai lu «Une semaine sur deux (ou presque)», force m'est de constater que cela n'est pas possible. Ma curiosité fait que je me demande quel est son lien de parenté avec ce comédien. Il pourrait être l'homme qu'elle aime (ils se seraient mariés après les événements racontés dans ce livre), mais certaines choses me font penser que ce n'est pas le cas. Il pourrait être son frère, mais elle ne mentionne pas que son frère est comédien, ou alors, j'ai raté ce passage. Conclusion: La Livrophile va torturer son (très petit) cerveau à la recherche de l'explication qui collerait avec les indices donnés dans le livre.

En général, je râle lorsque la structure d'un livre n'est pas respectée. Ici, elle ne l'est pas, et cela ne me fait pas plaisir, mais je crois que pour l'éditeur, cela aurait été périlleux. Il me semble que le format Audible ne permet pas de très petits fichiers, et les chapitres de ce livre sont très courts. Certains durent une vingtaine de secondes.

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lundi, 12 novembre 2018

The commitment, de Dan Savage.

The commitment

L'ouvrage:
Dan et Terry sont ensemble depuis dix ans. Ils ont un fils, DJ. La mère de Dan aimerait qu'il se marie. Dan est superstitieux, et craint que le mariage détruise leur relation. Terry, lui, allègue qu'il ne veut pas agir comme les hétérosexuels. De plus, ils vivent dans un état où le mariage de personnes du même sexe est illégal. S'ils se mariaient, ce serait au Canada. Ensuite, cela ne serait pas reconnu dans leur lieu de résidence.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout Dan Savage. Lorsque je me suis aperçue que ce livre était un témoignage (le narrateur parle de lui-même comme étant Dan Savage), j'ai fait des recherches. Cela m'a révélé pourquoi je ne le connaissais pas: il est connu aux États-Unis, et pas en France. En tout cas, après la lecture de «The commitment», je suis sûre de lire d'autres livres de lui, car ce témoignage m'a beaucoup plu. Il ne raconte pas seulement les hésitations du couple qui examine la question du mariage. Il analyse aussi les arguments des uns et des autres contre le mariage homosexuel, voire l'homosexualité. Je le trouve très posé (même lorsqu'il vilipende les homophobes), et j'aime beaucoup ses arguments qui sont les miens depuis longtemps.

L'auteur ne tombe jamais dans la lamentation. Le livre est placé sous le signe de l'humour. Bien sûr, il y a des passages graves, mais le rire est omniprésent. Par exemple, DJ ne veut pas que ses parents se marient parce que, pour lui, un homme doit épouser une femme. C'est quand même triste qu'un enfant de six ans pense ainsi, même si on se dit qu'en grandissant, il réfléchira et pourra changer d'avis. Mais lorsque DJ explique ses réticences, le texte n'est jamais larmoyant. Il y a même une scène très amusante où l'enfant tente de rouler des yeux en signe de désapprobation, et où Dan dit à Terry (qui ne peut voir DJ): «Il acquiesce.», provoquant les protestations indignées de l'enfant.

Ce que Dan mous décrit de sa famille m'a plu. Sa mère est un peu dirigiste, mais il est toujours évident qu'elle agit par amour. Là encore, certaines scènes sont à la fois graves et drôles. Par exemple, Judy argumente avec conviction en faveur du mariage de Dan et Terry, puis on se rend compte qu'il y avait davantage de tequilla que prévu dans son margarita... ;-)

Un témoignage tendre, grave, drôle, qui soulève d'importantes questions, un appel à la tolérance et à l'apaisement. À lire!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Paul Michael Garcia pour les éditions Blackstone audio.

Je connais peu ce comédien. J'ai beaucoup aimé son interprétation. Il rend parfaitement la gravité teintée d'humour de l'auteur. Il ne modifie pas trop sa voix pour les différents personnages, ce que j'ai apprécié. Sans efforts apparents, il rend le texte de manière naturelle. Il semblerait qu'il ait enregistré un autre livre de Dan Savage, mais il le lit avec une comédienne que je n'aime pas trop. À voir, donc...

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jeudi, 2 août 2018

Parole donnée, de Patrick Henderickx.

Parole donnée

L'ouvrage:
1992. Patrick Henderickx vient de sortir de prison. Il s'est juré de ne plus retomber dans le milieu des truands. Il parvient à peine à joindre les deux bouts. C'est alors que le policier à qui il a eu affaire auparavant, et avec qui il est devenu ami lui propose de l'aider à «sauver des jeunes».

Critique:
L'auteur raconte son parcours après la prison. Ayant été victime de pédophilie dans son enfance, il commencera par s'attacher à aider des enfants et des adolescents qui ont eu un parcours «difficile». Le plus souvent, il agit instinctivement. Il se trompe parfois, mais son vécu et son empathie le font aller dans la bonne direction. Il explique le «regard de travers» que les jeunes et lui attirent souvent. Malheureusement, personne n'est à l'abri des préjugés. Lui-même raconte comment il s'y est laissé prendre.

Plusieurs fois, au cours de son récit, il insiste sur le fait que beaucoup disent (ou disaient, lorsqu'il était plus jeune) que la pédophilie, ça n'existait pas. Un moyen assez effrayant de laisser perpétrer ces actes barbares et nuisibles. Quant à lui, il ne peut pas continuer de vivre tant que ces horreurs se poursuivent. Voilà pourquoi il décide de prendre le taureau par les cornes... On a beau savoir que cela existe, le lire est toujours déstabilisant. Lorsque Patrick Henderickx s'attaque à la pédophilie, et raconte son combat sans pathos ni complaisance, on a l'impression d'aller au bout de l'horreur, de la cruauté, et à l'instar de l'auteur, on a envie de tuer tous les pédophiles... Avoir lu des romans et des faits divers, être informé ne prémunit pas, cela ne prémunira jamais, contre de telles abominations.

Le récit de patrick Henderickx est dur, mais il ne fait que rendre compte de faits qu'il tente de changer au lieu de se lamenter. Bien sûr, il ne peut pas sauver le monde entier, mais il essaie d'aider les gens en détresse, et plus particulièrement les enfants. En outre, les récits horrifiants sont entrecoupés de moments de répit où l'auteur raconte des victoires. Ce livre est fort en émotion, en sentiments (positifs et négatifs).

Le narrateur raconte aussi comment est née l'amitié entre celui qu'il appelle Pierrot (le policier) et lui. Cette histoire, à la fois étrange et empreinte d'humanité, ne manquera pas d'étonner et d'émouvoir le lecteur.

Il n'est pas facile d'écrire une chronique sur ce genre de livres sans avoir l'air soit pâmée (ce qui ôterait toute envie à une personne sensée de le lire), soit froide (ce qui donnerait quelque chose de convenu). Je ne suis pas sûre de m'en être vraiment sortie, mais je vous conseille ce livre. Patrick Henderickx, lui, vous conseillerait sûrement, ainsi qu'à moi, d'agir pour l'aider à éradiquer la pédophilie. En effet, c'est ce que lui-même a fini par faire.

Éditeur: Presses de la renaissance.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 7 mai 2018

Mange, prie, aime, d'Elizabeth Gilbert.

Mange, prie, aime

L'ouvrage:
Après un mariage et un divorce douloureux, Elizabeth Gilbert décide de faire des choses qui lui tiennent à coeur. Elle va se délecter de plats et de culture italiens, va tenter de trouver Dieu dans un ashram, puis va en apprendre davantage sur l'Indonésie. Ce sont ces voyages qu'elle conte ici.

Critique:
Après que le livre est sorti en papier, j'ai soupiré d'ennui, parce que tout le monde l'encensait. Je pestais aussi après une partie du titre: «Changer de vie, on en a tous rêvé, elle a osé». Cela me faisait penser à tous ceux qui disent qu'il est très simple de changer ce qui ne va pas si on le veut vraiment. Il y a certaines choses qu'on ne peut pas améliorer, car elles ne dépendent pas forcément de soi.
Je me suis finalement laissée tenter après une offre d'Audible, tout en me disant que si je n'essayais pas, il m'était impossible d'avoir un avis objectif.

Elizabeth Gilbert n'exhorte pas les gens à réaliser leurs rêves à n'importe quel prix (ce que je pensais à cause du titre de son livre). Elle ne passe pas non plus son temps à prêcher en vue de convertir les lecteurs (ce que je croyais aussi avant de lire l'ouvrage). Elle n'énonce pas pompeusement des phrases comme: «C'est facile! Regardez-moi!» (ce que je pensais également avant). Je suis donc en train de me moquer de moi qui déteste avoir des idées préconçues et qui, dans cette chronique, dois reconnaître que j'en avais au sujet de ce récit.

Je ne dirai pas que ce livre est devenu l'un de mes coups de coeur, mais j'ai apprécié certaines de ses qualités. Par exemple, il y a beaucoup d'humour. L'auteur se moque d'ailleurs un peu d'elle-même, de sa façon d'agir à certains moments, etc. Elle nous présente également des personnes qui valent le détour, comme Richard du Texas. Décodant parfaitement (et avec verve) les faits et gestes de notre narratrice, adorant la taquiner, ayant souvent une réplique à la fois sage et humoristique, Richard du Texas conquerra les lecteurs. Il en ira de même pour Ketut Liyer, le sorcier balinais. Il ne ressemble en rien au cliché du «sorcier» englué dans ses certitudes qui veut avoir prise sur tous. Et comment ne pas éclater de rire (tout en bavant abondamment) lorsqu'Elizabeth nous parle de la meilleure pizza de Naples?!
Entre l'humour, les personnes adorables rencontrées par l'auteur, et toutes les anecdotes, on ne s'ennuie pas.

Une autre qualité très importante est la tolérance de l'auteur. Elle explique qu'elle ne veut convertir personne, que si quelqu'un a besoin de croire en quelque chose, il doit croire en ce qu'il veut. On ne nuit à personne en fabriquant sa religion à partir de tout ce qui nous plaît dans celles qu'on rencontre, et même en y ajoutant ce qu'on souhaite, du moment que ça nous aide à avancer, à être positif. J'aime beaucoup cette idée à laquelle j'adhère depuis longtemps. Elle prône l'ouverture d'esprit, la tolérance, et même l'enrichissement par la connaissance des différences. À mon avis, si tous pensaient ainsi, le monde se porterait mieux.
À travers son expérience, la narratrice nous fait partager quelques croyances, et si ça nous fait du bien, pourquoi ne pas en adopter certaines? J'aime bien celle des quatre frères, ou celle qui dit que ceux qui sont nés un jeudi sont nés sous une bonne étoile.

Enfin, j'ai particulièrement aimé l'idée d'une pétition à adresser à l'univers pour qu'une situation malheureuse et conflictuelle cesse. Je l'ai aimée parce que l'amie de la narratrice lui dit une chose qui tombe sous le sens (une fois qu'on l'a entendue), à savoir que l'univers se porte mieux si un maximum de gens sont heureux, et que quelle que soit la situation, si elle est malheureuse (surtout conflictuelle), énormément de gens souhaiteraient qu'elle s'arrête. Ces gens, s'ils savaient de quoi il retourne, signeraient cette pétition adressée à l'univers dont ils font partie.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire d'Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Catherine Creux.

Une autre qualité de ce roman est la lecture de Catherine Creux! Je ne connaissais pas du tout cette comédienne, et en un seul livre, elle m'a conquise. Elle ne lit pas, elle conte. Sa voix douce et son intonation dynamiques maîtrisent tous les aspects du récit. Parfois, j'avais l'impression qu'elle vivait le livre. Je pense qu'il est préférable de lire ce récit en audio, interprété par cette comédienne. Pour moi, elle y apporte une autre dimension!

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