6H41

L'ouvrage:
Ce matin-là, Cécile prend le train de 6h41. La place près d'elle reste libre, puis quelqu'un vient s'y asseoir. Quelqu'un qu'elle connaît: Philippe Leduc, qu'elle n'a pas vu depuis vingt-sept ans.

Critique:
J'aime les romans qui racontent des événements de plusieurs points de vue. Ici, j'ai apprécié de découvrir, au fil des chapitres, la vie des deux protagonistes, la raison pour laquelle ils se connaissent, leur cheminement intérieur.

J'ai apprécié que l'auteur montrent des situations qui semblaient tracées d'avance et se sont révélées autres. Étudiante, Cécile était quelconque, alors que Philippe était beau et semblait avoir un avenir prometteur. Les choses ont bifurqué, non par extraordinaire, mais à cause de l'attitude des personnages. J'ai aimé que l'auteur montre par là qu'on est responsable de ses actes, qu'il ne tient qu'à nous de faire évoluer les choses en bien ou en mal.

J'ai été quelque peu dépitée que Jean-Philippe Blondel, à l'instar de beaucoup de ses congénères, montre des couples qui n'ont pas tenu très longtemps. Soit ils sont divorcés, soit leur mariage ne semble plus vouloir dire grand-chose. On lit cela un peu partout, c'est un peu déprimant. Il existe aussi des couples qui s'aiment sincèrement pendant plusieurs décennies. Et même s'il en existe peu, pourquoi les auteurs ne nous en montrent-ils pas davantage? Bien sûr, ici, il renforce l'idée que si le couple ne tient pas, c'est parce qu'au départ, les personnages ont fait des choix qu'ils savaient être mauvais. Si cela peut être le cas du côté de Philippe, j'en suis moins sûre quant à Cécile.

Par petites touches, le lecteur apprend ce qui arriva vingt-sept ans plus tôt, et surtout comment cela arriva. J'ai aimé la manière dont l'histoire est distillée, entre deux tranches de vie des personnages.
Avec un tel scénario, il était difficile de trouver une fin acceptable. J'ai apprécié celle de l'auteur. D'abord parce qu'elle est ouverte. Dans ce genre d'histoire, il ne peut pas vraiment y avoir une fin fermée. Ensuite, parce qu'elle est préparée au long du roman. Enfin parce que je ne sais pas comment le roman aurait pu avoir une autre fin.

Remarque annexe:
Il y a une petite incohérence: comment Cécile a-t-elle pu reconnaître Philippe puisque, dit-elle, il a énormément changé. L'auteur tente de l'expliquer lorsque Cécile se dit qu'il n'a pas dû tellement changer puisqu'elle l'a reconnu.

Éditeur: Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Il existe également une version audio chez CdL éditions.

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