1q84, livre 2

L'ouvrage:
Aomamé est confrontée à la mission la plus périlleuse de sa carrière de l'ombre. Elle souhaite l'accomplir, mais elle sait qu'elle n'y survivra peut-être pas.

Tengo se voit faire une étrange proposition par une curieuse association. Pendant ce temps, Fukaïri brille par son absence...

Critique:
J'ai d'abord retrouvé les deux personnages avec contentement. Je m'étais attachée à eux, j'avais envie de connaître la suite de leurs aventures.
D'autre part, ce que je craignais à la fin du tome 1 n'est pas arrivé, et je pense que cela n'arrivera pas. Je préfère qu'il en soit ainsi. Murakami aurait certainement fait quelque chose de brillant de cette idée, mais cette ficelle ayant été surexploitée, il m'aurait paru indigne de cet auteur qu'il l'employât.

Au fur et à mesure de mon avancée dans ce roman, j'ai eu la sensation d'entrer dans une espèce de labyrinthe onirique. Cela n'a pas été pour me déplaire, même si, parfois, j'ai trouvé l'auteur dur à suivre. J'ai aimé cette ambiance particulière qu'il distille avec art, cette atmosphère entre rêve et réalité.

Si le tome 1 présentait un petit côté fantastique, le tome 2 est beaucoup plus orienté dans ce sens. L'auteur utilise certains codes connus (les Little People sont des topoi du genre, même s'ils ne sont pas des répliques exacte de ce qu'on connaît). Ce mélange de fantastique et de délire aurait pu m'agacer, pourtant, l'intrigue est solide, et le fantastique s'y insère très bien. Ce que font les Little People est aussi quelque chose d'assez classique, mais c'est renouvelé par la façon dont ils s'y prennent. J'adore l'idée de construire une chrysalide à partir de fils attrapés dans l'air.

De par ce fantastique, le lecteur se retrouve confronté à deux points de vue radicalement différents. Si on prend l'histoire ancrée dans la réalité, on voit d'horribles actes commis par un pervers, des enfants détruits, des personnes assujetties. Si on prend en compte l'aspect fantastique, tous nos repères se trouvent mis à mal, et les choses ne sont pas du tout ce qu'elles paraissent. J'aime beaucoup ce glissement: l'auteur propose deux façons de voir totalement opposées, et pourtant, toutes deux peuvent cohabiter. Quel tour de force!
J'ai moins aimé l'idée que deux personnages doivent obligatoirement s'unir charnellement, parce que c'est dans l'ordre des choses voulues par l'aspect fantastique de l'histoire.

J'ai la sensation que tout est imbriqué. C'est-à-dire que des éléments qui semblent n'être pas rattachés à l'intrigue principale le sont. Par exemple, ce qui se passe avec le père de Tengo: c'est d'abord quelque chose qui aide le jeune homme à évoluer, à s'ouvrir. Mais je pense que c'est lié à l'intrigue principale. Je suis également convaincue que le caoutchouc défraîchi d'Aomamé aura une grande importance par la suite. Je verrai si le tome 3 me donne raison.

J'ai lu peu de romans de Murakami, mais je me rends compte qu'on retrouve certains thèmes qui lui sont chers. Par exemple, l'écriture. Ce thème est très présent. Plusieurs de ses facettes sont pertinemment explorées. D'autre part, l'écriture est étroitement mêlée à l'intrigue principale, et contribue à l'aspect labyrinthique de l'ouvrage.
Ce qui arrive au père de Tengo à la fin du tome 2 rappelle ce qui arrive à Nakata dans «Kafka sur le rivage». C'est seulement présenté sous une autre forme, et cela signifie autre chose.

J'ai apprécié la façon dont l'histoire d'amour est mise en place. Ce n'est pas vraiment un coup de foudre, pas une simple attirance... C'est comme si les personnages se devinaient l'un l'autre, comme si Aomamé avait tissé un lien invisible en serrant la main de Tengo. C'est mystérieux, romantique, insolite...

La fin du tome 2 fait qu'on sera pressé de lire le 3. En effet, ce qui se passe au chapitre 23 laisse le lecteur désemparé. Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que quelque chose s'est déréglé, et que le geste n'a pas été suivi des faits, mais je n'y crois pas. Je me demande donc comment l'auteur va relancer son intrigue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Dekoninck et Maïa Baran.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Outre les personnages, j'ai été ravie de retrouver les comédiens. Ils sont toujours aussi talentueux. Il me semble que Maïa Baran fait moins de manières lorsqu'il s'agit d'interpréter lavieille femme. Mais peut-être ai-je ressenti cela parce qu'on ne voit pas beaucoup ce personnage.
J'ai préféré la façon de Maïa Baran de prononcer «mother», «daughter», etc. Emmanuel Dekoninck y met un peu plus d'accent (pas énormément).

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