samedi, 19 août 2017

L'assassin royal, tome 2: L'assassin du roi, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 2: L'assassin du roi,

L'ouvrage:
Fitz et Burrich sont restés à Jhaampe. Fitz redoute de rentrer à Castelcerf, sachant que le prince Royal souhaite sa perte. Il s'y résout pourtant.

Critique:
Commençons par ce qui ne m'a pas plu. Le livre débute par un prologue où Fitz raconte les événements du tome 1. Je comprends qu'un résumé soit intéressant pour ceux qui liraient le tome 2 longtemps après avoir lu le 1, mais je préfère le cas où le résumé est séparé de l'histoire, comme dans la série «La passe-miroir». En plus, ici, on ne peut pas négliger le prologue pour échapper au résumé, car il contient également le début de la suite de l'histoire.

Dans ce tome, Fitz évolue. Son caractère s'affirme. Il se sert de son expérience, mais reste impulsif. Il a pris de l'assurance, ce qui est bien, mais lui fait commettre des imprudences. Il est tiraillé entre son devoir, ce qu'il pense être bon pour lui, ce qu'il veut... C'est assez bien illustré dans sa relation avec Oeil-de-nuit. C'est également montré par le fait que malgré son amitié et son estime pour Burrich, le fou, ou Vérité, il ne peut se dévoiler totalement à eux.

Patience réserve des surprises dans ce tome. Ce qu'elle consent à montrer d'elle-même est une preuve de sa lucidité. Dans le premier tome, je la trouvais sympathique, mais quelque peu lunatique, et j'avais peur que son intérêt pour Fitz soit un caprice. C'est bien plus complexe, ce qui m'a fait davantage apprécier Patience.

Certains auteurs de grosses sagas créent des histoires d'amour niaises. Il n'y a pas si longtemps, j'ai pesté après Luca di Fulvio pour cela. Chez Robin Hobb, nulle mièvrerie. L'histoire s'insère parfaitement dans le déroulement des événements, et on partage les affres des personnages dont la détresse ne semble pas artificielle.

Certaines choses prévisibles arrivent. Par exemple, on sait tout de suite comment sera traitée Kettricken, et comment elle réagira. Que cela se passe comme je l'avais prévu m'a plu, j'aurais été déroutée qu'il en soit autrement, étant donné la manière dont l'auteur avait campé ses personnages dans le tome 1.

Je n'ai trouvé aucune longueur. En outre, Robin Hobb ancre davantage (si c'est possible) son histoire dans la vie, le temps, la vraisemblance.

La plupart des séries de Robin Hobb ont été publiées en France sans que le découpage de la version originale soit respecté. C'est très agaçant pour plusieurs raisons que je ne développerai pas ici. Je signale seulement que ce tome n'est que la moitié du tome 2. Le tome 3 en version française est la deuxième moitié du tome 2 en version originale.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

J'ai apprécié la performance du comédien. La partie la moins facile était sûrement (encore une fois) le rôle du fou. Celui-ci est grave sous couvert de drôlerie, mais parfois, la gravité prend le dessus. Il n'est donc pas simple à jouer, d'autant que le comédien a pris le parti de lui faire une voix souvent forte, avec des effets.

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jeudi, 17 août 2017

L'assassin royal, tome 1: L'apprenti assassin, de Robin Hobb.

L'assassin royal, tome 1: L'apprenti assassin

L'ouvrage:
À six ans, l'enfant (que son entourage finira par appeler Fitz) est déposé au royaume des Six-Duchés par son grand-père. Celui-ci explique que l'enfant est le fils du prince Chevalerie, et que c'est maintenant à lui de l'élever. Chevalerie n'étant pas présent, le garçonnet est confié à Burrich, le maître des écuries.

Critique:
Voilà longtemps que je souhaite lire cette série. Je me rappelle avoir parcouru, au comble de la frustration, le forum du site «Les rivages maudits» (consacré aux romans de Robin Hobb) et même d'y avoir posté. La série n'existant pas en audio à l'époque (en 2007), j'ai attendu. Il y a un peu moins d'un an, les éditions Audible Studios ont commencé à sortir cette série. Je ne me suis pas précipitée dessus, d'abord parce que j'attendais que davantage de tomes soient sortis pour ne pas devoir attendre entre chaque tome, ensuite parce que je voulais savoir si la série «Les aventuriers de la mer» (qu'il faut lire après le premier cycle) sortirait, et enfin parce que je ressentais la peur qu'on a quand quelque chose qu'on souhaite depuis longtemps arrive. Je me demandais si cela serait à la hauteur de mon attente. Je n'ai pas du tout été déçue.

Comme je pense l'avoir dit dans mes chroniques du cycle de Ki et Vandien, Robin Hobb s'y entend pour créer des peuples avec leurs coutumes, leurs croyances, leurs dieux... Dans le royaume des Six-Duchés, par exemple, on se coupe les cheveux si on porte le deuil. Selon le lien qu'on avait avec le défunt, on les coupe d'une certaine longueur. Ce n'est qu'un petit exemple pour montrer à quel point l'auteur a soigné son travail. Lorsqu'on ouvre le livre, on se retrouve très vite plongé dans le royaume.

Les personnages développent rapidement des liens dont certains sont compliqués. Par exemple, Fitz et Burrich s'attachent très vite l'un à l'autre, mais aucun des deux ne peut oublier cette part de Fitz qui, pour Burrich, est obscure. Cela complique leurs relations, car Burrich ne peut transiger, et Fitz ne peut abandonner... Cela engendre des sentiments partagés chez le lecteur. Si je suis plutôt d'accord avec l'un d'eux, je comprends l'autre.

Royal, demi-frère de Chevalerie et de Vérité, est très vite perçu comme «le méchant». Certes, mais tout n'est pas si simple. La romancière laisse entrevoir des choses qu'elle creusera peut-être dans les tomes suivants. À ce stade du roman, je n'aime pas Royal, mais les quelques explications qui sont données le concernant montrent qu'il peut réserver des surprises.

Un autre personnage a beaucoup de présence, bien qu'on le voie peu. C'est le fou. (Si je me souviens bien de ce que j'avais lu sur le forum consacré aux séries de Robin Hobb, il va prendre de l'importance dans les tomes suivants.) Étant le bouffon du roi, il fait rire. Sa manière énigmatique de s'exprimer est drôle, mais très vite, le lecteur est amené à réfléchir à ses propos.
Je ne parlerai pas de chaque personnage, mais ils sont tous aboutis.

Le roman ne souffre d'aucune longueur. À l'instar de Fitz, le lecteur est précipité dans les événements qui s'enchaînent avec fluidité. Aventures, magie, complots, voyages, amitié... voilà ce qui est développé. Robin Hobb n'oublie pas l'humour. Comment ne pas parler de l'inénarrable dame Thym!!! C'est un spectacle à elle seule! Bien sûr, on préfère être du côté du lecteur que de celui de Fitz lorsque cette aimable personne est dans les parages... ;-)

Certains membres de la famille royale savent «artiser». Ils ont développé leur «art». Cela revient à communiquer par l'esprit, et parfois, à plier l'autre à sa volonté. Ce thème n'est bien sûr pas créé par Robin Hobb, mais je trouve qu'elle l'aborde bien mieux que certains auteurs qui s'y essayèrent après elle.

Si tout est fluide, si rien ne traîne, c'est parce que l'écriture de l'auteur est ainsi: précise, claire, riche... Je voudrais également saluer le travail extrêmement soigné d'Arnaud Mousnier-Lompré, le traducteur (qui postait également sur le forum dédié aux séries de Robin Hobb). Il a une très bonne syntaxe: il emploie à bon escient des tournures que beaucoup emploient mal, il emploie l'imparfait du subjonctif (ce qui, à mon avis, est préférable dans ce genre de romans)... Je n'ai pas pu comparer sa traduction avec la version originale, mais je sens que son travail est à la hauteur de celui de Robin Hobb.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Je n'avais encore jamais rien lu enregistré par ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son interprétation vivante, sensible, nuancée... Il modifie sa voix pour certains personnages, mais il n'en fait jamais trop.
Il n'a pas dû être simple d'interpréter le fou. Je comprends qu'il ait changé sa voix pour ce personnage, car c'est ainsi qu'on se l'imagine.
Il était évident que le comédien devait prendre une voix revêche et glapissante pour notre chère dame Thym! Là encore, bravo à lui qui n'est pas tombé dans le surjeu.
Pour Burrich, je ne sais pas si la modification était nécessaire. Elle ne m'a, cependant, pas du tout gênée. En outre, elle n'arrive pas tout de suite, et elle peut s'expliquer par les épreuves vécues par le maître des écuries. En effet, à la fin, Burrich a une voix plus grave, plus posée, empreinte d'une certaine douleur, et cela va avec ce qu'il a traversé.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Pendant la moitié du roman, un chapitre commence en début de piste, et se poursuit sur la suivante. Le chapitre suivant commence sur cette piste et se poursuit sur la suivante. Les chapitres 1, puis 4 à 14 sont chacun sur une seule piste.

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lundi, 14 août 2017

The courtesan, d'Alexandra Curry.

Les

L'ouvrage:
Chine, 1881. Jinhua a sept ans. Son père l'a eue avec l'une de ses concubines, morte à la naissance de l'enfant. Après qu'il est exécuté sur ordre de l'empereur, sa première épouse vend Jinhua. Celle-ci se retrouve dans l'antre de Lamama, tenancière d'un bordel. À douze ans, Jinhua pourra satisfaire les clients. Pour que tout soit parfait, il faut lui bander les pieds et lui apprendre le métier...

Critique:
Ce roman retracerait l'histoire d'une courtisane qui aurait existé. Apparemment, l'auteur aurait inventé un récit autour de faits connus.

Alexandra Curry décrit très bien le sort de ces femmes qui se retrouvent sous les ordres de femmes comme Lamama. Elle le fait surtout à travers Jinhua et Su Yin (la servante de Lamama), mais elles sont loin d'être des cas isolés. Su Yin semble plus sage que Jinhua. Elle se résigne, sachant qu'il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, et ayant très vite compris que se révolter ou même supplier ne lui apporterait que des ennuis. Jinhua a davantage de mal... De plus, il est terrifiant de côtoyer cette jeune fille qui, dès l'âge de douze ans, doit supporter les assauts d'un homme qui n'est plus de la première fraîcheur, et qui ne s'embarrasse pas de délicatesse. Cette scène et l'effarement de Su Yin qui observe plongent le lecteur dans une sorte d'horreur mêlée de stupeur. On sait que ces choses se faisaient, et se font encore, mais le lire fait toujours mal. Ainsi, Jinhua et Su Yin doivent supporter différents traumatismes, et s'en sortent comme elles le peuvent.

Dans le même ordre d'idées, Alexandra Curry détaille la «cérémonie» du bandage des pieds, et explique, par la suite, toutes les conséquences que cela a. Là encore, je connaissais cette coutume barbare qui n'est là que pour satisfaire certains fantasmes masculins, mais ici, j'en ai appris les détails. En outre, il est perturbant de constater que Su Yin pense pendant longtemps qu'il aurait mieux valu pour elle que le bandage des pieds réussît totalement, car elle ne serait pas devenue servante. Pourtant, la liberté de son propre corps devrait être plus importante que le fait d'être assez «fabriquée» pour satisfaire un homme.

Lamama est cruelle. À un moment, l'auteur tente de montrer pourquoi elle est devenue ainsi: elle a subi, elle aussi, certaines choses lorsqu'elle était jeune. De ce fait, elle s'est endurcie à l'extrême. C'est sa façon de gérer le traumatisme. Certains (comme Su Yin) sont plus forts, certains (comme Jinhua) s'égarent, certains (comme la jeune fille qui occupait la chambre de Jinhua chez Lamama auparavant) s'enfuient à leur manière... Je n'ai pas du tout excusé Lamama, même si son attitude détestable s'explique quelque peu.

Je ne parlerai pas des autres personnages, mais chacun est intéressant.

À partir du chapitre 33 (il y en a 48), Jinhua m'a agacée pour une raison précise. Ensuite, elle a continué de m'agacer parce qu'elle se savait en tort, et égoïstement, ne voulait pas tenir compte de l'avis de Su Yin, qui était la voix de la raison. Après m'être énervée contre elle, je me suis dit que c'était la façon dont elle réagissait à la dureté de la vie envers elle. Cela ne m'a pas plu, mais l'héroïne a des circonstances atténuantes. En outre, elle sait tirer des leçons de ses expériences et de ses erreurs.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Woo Zeller pour les éditions Highbridge Audio.
J'ai été ravie de retrouver cette comédienne que j'aime beaucoup. Son ton est naturel, et elle parvient à modifier sa voix sans que ce soit indigeste. Je trouve toujours qu'elle a du mal à crier... Souvent, elle crie tout bas, ou comme si elle surinterprétait...

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jeudi, 10 août 2017

Il était une fois dans le métro, de Karen Merran.

Il était une fois dans le métro

L'ouvrage:
Maya Mimouni (vingt-huit ans) est chef de produits chez Beauty Corporation. Elle trouve des idées de nouveaux produits pour les cheveux à mettre sur le marché. Pour aller au bureau, elle prend le métro. Un jour, on lui vole son portable alors qu'elle est à la station Saint-Lazare. C'est ainsi qu'elle rencontre Roger (qui tente de rattraper son voleur). Roger est SDF. Il vend le guide des resto pas chers pour gagner quelque argent. Maya se met en tête de trouver l'idée qui fera qu'il vendra davantage de guides.

Critique:
Voilà un petit livre sympathique, dont beaucoup d'aspects m'ont plu, et dont d'autres m'ont agacée.

Karen Merran met deux situations en regard. Elle a choisi à dessein de montrer deux vies totalement opposées. Maya se fait d'ailleurs la réflexion que son travail semble bien superficiel comparé à la vie de Roger. La romancière pose des questions délicates. Maya veut aider Roger, et prend conscience d'une réalité à côté de laquelle elle passait sans la remarquer, mais pourquoi l'aider lui, et pas d'autres? Elle ne peut pas sauver tout le monde. À celui qui lui dit cela, elle rétorque que s'il y avait plus de gens comme elle, plus de SDF seraient aidés. Elle n'a pas tort, mais son point de vue serait à nuancer. Comme le dit Roger, chacun a une histoire différente, certains n'ont pas toujours la force et la volonté de s'en sortir, étant déjà trop bas... Maya aurait-elle tenté d'aider quelqu'un qui lui aurait semblé moins fort moralement que Roger?

Même si Maya est généreuse, ses premières idées sont vraiment ridicules. Ici, Karen Merran a peut-être un peu forcé le trait. En effet, même moi qui ignore tout de la rue (comme Maya), je n'aurais pas proposé ce genre d'idées à Roger. Cela décrédibilise un peu la jeune femme, car à ce stade, ce n'est plus de la candeur ou de l'ignorance, c'est presque de la stupidité.
Finalement, j'aime beaucoup l'idée retenue. Elle met en avant une philosophie de vie, et un peu d'espoir.

La famille de Maya est sympathique. Ses membres sont unis, complices, plaisantent souvent les uns des autres... Comme toute famille, celle-ci s'accroche parfois, à cause de limites que certains ne savent pas respecter. Mais ils ont toujours de bonnes intentions. Leurs repas de famille sont très animés, pour le plus grand plaisir du lecteur. Certaines particularités de chacun (l'obsession de Lauren pour la santé, l'amour inconditionnel de mamie pour Patrick Bruel) donnent lieu à des répliques cocasses.

Ce que vit Maya au travail est assez réaliste. Confrontée à Sabrina, une supérieure carriériste et incompétente, elle doit souvent ravaler sa frustration, sa colère, etc. Si c'est pénible pour elle, c'est assez amusant pour le lecteur, car Karen Merran met Sabrina en scène. On l'imagine très bien, confite dans sa suffisance et son assurance, ayant toujours un ton docte (ce que la lectrice a très bien rendu).

La romancière a eu de bonnes idées, et a su leur donner corps. On s'attache aux personnages, à leur histoire, ils sont crédibles. Voilà pourquoi j'ai été très déçue qu'elle semble avoir bâclé certaines choses. On finit par découvrir le secret de Roger. Ses sentiments à ce sujet sont compréhensibles, mais ce qui est arrivé ce jour-là, et la discussion qui suit le récit de Roger font trop mélodramatiques. C'est dommage parce que si l'auteur avait pris le temps de creuser cela, elle aurait pu faire quelque chose d'aussi crédible que le reste.

J'ai également trouvé dommage que le fait que Maya soit célibataire soit un si gros problème. Elle a raison d'être exaspérée que tout le monde le lui rappelle sur tous les tons, mais finalement, elle aussi en fait une infirmité. Je pense qu'il est normal de souhaiter connaître l'amour, mais je trouve dommage qu'on en soit obsédé...

Remarques annexes:
Le portable de Maya étant dérobé au début du roman, on ne peut la joindre qu'au bureau. Je sais que certaines personnes n'ont pas de ligne fixe, mais cela me surprend toujours...
Je trouve dommage que l'entreprise où travaille Maya ainsi que la marque des produits qu'elle fabrique aient des noms anglais.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Laure Dougnac.

Marie-Laure Dougnac est une voix de mon enfance. Pour les nostalgiques des animes des années 80-90, c'est Tam dans «Signé Cat's Eyes». Depuis cet anime, j'ai toujours entendu sa voix fraîche avec plaisir. J'ai donc été ravie qu'elle enregistre un livre. Comme je m'y attendais, sa lecture est vivante. Elle modifie sa voix pour certains rôles, et c'est très bien. Son interprétation de Sabrina (par exemple) m'a aidée à imaginer le personnage. C'est la même chose concernant Paolo. La comédienne a su trouver la dose nécessaire de jeu pour que cela soit drôle sans être affecté.
Marie-Laure Dougnac fait également des voix d'enfants de manière très naturelle (ici, les neveux de Maya). J'ai l'impression que sa voix n'a pas changé depuis «Signé Cat's Eyes».

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée: il y a deux ou trois chapitres par piste.

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lundi, 7 août 2017

*Parutions Audiolib, septembre 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 13 septembre.

Les piliers de la terre, de Ken Follett, lu par Patrick Descamps, 40h30.%%Dans l’Angleterre du XII e siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses.
Ken Follett nous livre avec «Les Piliers de la Terre» une œuvre monumentale dont l’intrigue, aux rebonds incessants, s’appuie sur un extraordinaire travail d’historien. Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au cœur de l’Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d’une superbe épopée romanesque dont il aimerait qu’elle n’eût pas de fin.

Fendre l'armure, d'Anna Gavalda, lu par Rachel Arditi, Grégori Baquet, Stéphane Boucher, Chloé Lambert, 5h2.
« Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean et les autres n'ont pas de nom. Ils disent simplement "je". Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement. Ils parlent pour essayer d'y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l'armure. Tous n'y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m'a émue. C'est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu'ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce ne sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c'est eux que je vous confie aujourd'hui. » (A.G.)

Ragdoll, de Daniel Cole, lu par Damien Ferrette, 12h24.
Un « cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l'a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon. Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l'inspecteur « Wolf » Fawkes dirige l'enquête sur cette effroyable affaire, assisté de sa coéquipière, l'inspecteur Baxter. Chaque minute compte, d'autant que le tueur s'amuse à narguer les forces de l'ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner. Le dernier nom est celui de Wolf.

Nuit, de Bernard Minier, lu par Hugues Martel, 15h52.
Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l’hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L’absent s’appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : GUSTAV. Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.

La méthode simple pour en finir avec la cigarette : Arrêter de fumer en fait c'est possible !, d'Allen Carr, lu par Charles Borg, 5h28.
Voici LA méthode pour arrêter de fumer. Une méthode douce éprouvée qui a déjà permis à des millions de fumeurs à travers le monde d’écraser leur dernière cigarette. Vous aussi, vous pouvez vous débarrasser du tabac, définitivement. Et cela, sans médicaments, sans substituts ni prise de poids, grâce aux conseils avisés du spécialiste du tabagisme : Allen Carr. Stop smoking, lisez ce livre !

Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment), de Frédéric Lenoir, lu par Christophe Chêne-Cailleteau, 2h50.
«Nous ne pourrions supporter, ne serait-ce qu’une minute, le spectacle de la maltraitance infligée à ces bêtes, mais nous continuons de vivre comme si tout cela n’existait pas. Jamais l’être humain, et à une échelle aussi massive, ne s’est aussi mal comporté envers les animaux. J’aimerais revisiter ici l’histoire de notre relation aux bêtes et montrer quelles logiques philosophiques, religieuses et économiques nous ont conduits à nous comporter ainsi envers les autres espèces animales. Ce qui nous permettra d'aborder la question très débattue des ressemblances et des éventuelles différences entre l’être humain et les autres animaux. Car, contrairement à de nombreux autres militants de la cause animale, c’est peut-être aussi au nom de ce qui nous sépare – une conscience morale et une compassion universelle - que je mène depuis toujours ce combat pour mes amis les bêtes.» F.L.

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As night falls, de Jenny Milchman.

Les

L'ouvrage:
C'est une soirée comme les autres dans la famille Tremont. Ben et Sandy terminent leur repas, leur fille (Ivy) est dans sa chambre. C'est alors que Nick et Harlan (deux prisonniers en fuite) entrent chez eux.

Critique:
Ma première pensée après avoir terminé ce roman a été: Karine Giébel a fait mieux dans «Purgatoire des innocents». L'idée de départ est bonne. Lorsqu'elle est bien exploitée, elle tient le lecteur en haleine. D'ailleurs, au début, Jenny Milchman y parvient. Seulement, elle a voulu créer trop de rebondissements, et pour ce faire, n'a pas hésité à insérer des incohérences. Par exemple, il est logique qu'Ivy soit en colère après sa mère lorsqu'elle découvre un certain fait, mais cela ne devrait pas la rendre bête au point d'informer les bourreaux de quelque chose d'essentiel. D'autre part, à un moment, Sandy parvient à atteindre un téléphone. Elle se dit qu'elle ne va pas appeler la police parce que celle-ci est déjà venue. Elle appelle la personne qui, pense-t-elle, pourra peut-être les aider. D'abord, même si Nick est occupé à parler à Harlan, il n'est pas crédible qu'il ne se rende compte de rien (surtout qu'il a anticipé certains autres gestes qui étaient moins prévisibles). Ensuite, il n'est absolument pas logique que Sandy appelle la personne en question et pas la police! Il y a d'autres incohérences qui affadissent le roman.

D'une manière générale, l'intrigue perd vite de sa force. Les personnages agissent souvent en dépit du bon sens (comme le montrent certains de mes exemples), plusieurs rebondissements sont gros, il y a des redondances... On n'avance pas vraiment. En outre, je n'ai pas aimé la toute fin dont un élément rappelle la fin de mauvais films d'horreur. Bien sûr, on n'a aucune certitude, mais un gros doute plane.

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, sauf peut-être Ben et Harlan. Sandy et Ivy m'ont beaucoup agacée. Sandy a quand même les circonstances atténuantes, étant donné son passé. Quant à Nick, l'auteur nous le montre détestable, puis il semble qu'elle change d'idée, et veuille montrer un côté de lui qui attirerait la compassion. Cela n'a pas fonctionné sur moi, j'ai trouvé cela trop gros.

Il y a quelques retours en arrière sur l'enfance de Nick, ce qui fait que le lecteur comprend pourquoi les choses sont ainsi par la suite. J'ai apprécié que l'auteur n'ait pas choisi le thème galvaudé de l'enfant maltraité. Ici, c'est plus compliqué.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susie Berneis pour les éditions Dreamscape.

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jeudi, 3 août 2017

Le gang des rêves, de Luca di Fulvio.

Le gang des rêves

L'ouvrage:
Après avoir été violée à l'âge de treize ans, Cetta Luminata est persuadée que la vie est impossible pour son fils (fruit de ce viol) et elle dans leur petit village natal d'Italie. Elle décide d'aller tenter sa chance en Amérique.

Critique:
Comme dans «Les enfants de Venise», Luca di Fulvio décrit très bien le contexte historique: New York dans les années 1920. On oscille entre agacement et compassion quant à ceux qui, à cause de la pauvreté, choisissent la facilité à court terme et deviennent des gangsters (à différents niveaux). Je parle de compassion, parce que certains (Joey, par exemple) expliquent que leurs parents y ont vraiment cru et que la réalité les a rattrapés. À côté de cela, on voit ceux qui ont réussi, par exemple, la famille Isaacson. Mais tout n'est pas aussi simple pour eux que ce que montrent les apparences. Le patriarche a réussi parce qu'il n'a pas ménagé sa peine, et qu'il avait un fort caractère. Lorsqu'il disparaît, le lecteur se doute très vite de la manière dont les événements tourneront pour Philippe et Sarah. J'ai aimé cette idée: rien n'est acquis, il faut se battre, s'adapter...

Cetta est parfois déroutante, mais elle n'a éveillé que des sentiments positifs chez moi. Déterminée à s'en sortir, elle ne transige pas avec son intégrité. Elle est très forte. Parfois, elle s'emporte; elle a aussi un moment de faiblesse (je parle de ce qui arrive avec Andrew), mais comment lui en vouloir? Dès le départ, elle sacrifie une part d'elle-même, puis elle ne peut s'empêcher d'espérer certaines choses... Je la préfère de très loin à son fils, Christmas. C'est justement quelque chose qui a fait que je n'ai pas pu apprécier entièrement ce roman. Christmas m'a exaspérée pratiquement du début à la fin! Au moins, dans «Les enfants de Venise», Mercurio ne m'a agacée que lorsqu'il voyait la vie uniquement à travers son amour. Au début, on comprend (dans une certaine mesure) pourquoi Christmas tente d'en mettre plein la vue, pourquoi il joue les caïds... mais c'est très pénible. Il agit souvent de manière grandiloquente. Par exemple, quand il va déposer Ruth à l'hôpital, et ne veut pas partir. J'avais envie de lui dire d'arrêter de faire la star... Quand il ressent quelque chose, tout le monde doit s'arrêter de vivre parce que monsieur doit s'exprimer, se montrer... Il semble être le seul à souffrir. À un moment, ça ne va pas comme il veut, alors, il s'en prend à sa mère (qui a toujours tout fait pour lui). Bien sûr, c'est passager, et Christmas sait très bien (et le montre) qu'il doit tout à sa mère, mais comme il se met en scène 99% du temps, et semble (très souvent) ne penser qu'à lui, j'ai eu régulièrement envie de lui mettre une bonne paire de gifles.
Lui qui distord souvent la réalité, qui passe son temps à l'arranger, il n'est pas logique qu'il croie aveuglément (ou presque) ceux qui lui disent que son ami l'a trahi, alors qu'il sait qu'ils ont tout intérêt à ce qu'il les croie.

Quant à Ruth, il est normal qu'elle souffre, qu'elle ait du mal à surmonter son traumatisme (surtout que ses parents ne l'y aident absolument pas). Il est même compréhensible qu'elle veuille une chose puis la repousse, justement à cause de ce qu'elle a vécu. Mais à la longue, il m'a semblé que l'auteur en faisait trop la concernant. Je pense surtout au moment où Ruth se persuade qu'elle n'a pas droit au bonheur, et souhaite mener une existence terne.

D'autre part, plusieurs éléments sont prévisibles. Ce n'est pas forcément mal, mais ici, c'est trop. Par exemple, j'ai tout de suite su (lorsque les patrons de Karl ont refusé de donner sa chance à Christmas) comment il l'aurait et ce qui en résulterait.
Beaucoup de passages concernant Bill montrent des événements prévisibles... Pour moi, c'était redondant.

Certaines situations sont très bien décrites. Par exemple, lorsque monsieur Filesi et ses collègues viennent aider les membres de la CKC, la solidarité entre les hommes est émouvante: plaisanteries, entraide, etc. Il y a d'autres moments semblables où l'écriture de l'auteur est si vraie qu'on imagine ces personnages et leurs actes comme si on y était.

Sal est assez énigmatique, surtout au début. À mesure que le roman avance, on découvre ses failles. J'ai fini, à l'instar de Cetta, par rire lorsqu'il la rabroue ainsi que Christmas, en disant qu'il est pire qu'elle. La scène où il découvre le cadeau de Christmas est assez cocasse. Le lecteur partage un instant de complicité avec Cetta, car tout comme elle, il sait que Sal est ému. Toutes ses manières bourrues et ses démonstrations étranges y sont: il souffle très fort par le nez, il râle... On me dira que ça aussi, c'est de la mise en scène. Certes, mais c'est l'auteur qui met Sal en scène. Le protagoniste ne se rend pas compte que son attitude peut sembler jouée. Lorsque Christmas se met en scène, il sait pertinemment qu'il joue et se donne en spectacle. Voilà pourquoi Sal ne m'agace pas à l'inverse de Christmas. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce personnage, mais il ne faudrait pas que j'en dévoile trop.

Je n'ai pas compris l'intérêt de la structure du livre, surtout au début. Les premiers chapitres racontent les débuts de Cetta, puis on voit Christmas à quatorze ans, puis à nouveau Cetta à quatorze ans... Ensuite, le récit finit par être linéaire, mais pourquoi ne l'est-il pas depuis le départ? Pour moi, cette structure n'apporte rien d'intéressant. L'auteur a peut-être voulu mettre en regard la situation de Cetta et de Christmas au même âge... Je pense que le lecteur aurait pu le faire seul si le récit avait été linéaire. De plus, le désavantage de cette structure est qu'elle nous donne des clés (maigres, mais elles sont quand même données) quant à ce qui arrive ensuite.

Comme dans «Les enfants de Venise», on retrouve des personnages racistes, blâmant un peuple ou une race pour quelque chose qu'une personne ou un groupe de personnes a fait. Malheureusement, cela se produit très souvent dans la vie: je pense que l'auteur n'exagère pas.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Miller.

Tout comme «Les enfants de Venise», ce roman n'est pas facile à interpréter à voix haute, pour les mêmes raisons: il y a beaucoup de personnages, ils ont de fortes émotions... Isabelle Miller a mis la dose de jeu nécessaire sans être ni morne ni cabotine.
Quant à la prononciation des noms propres étrangers, je pense qu'elle conviendra à tous. Il n'a pas dû être simple de trouver une prononciation acceptable pour Christmas. Concernant le prénom Ruth, j'ai entendu tellement de lecteurs mal le prononcer (avec un «r» à l'anglophone, avec un «r» semi-allemand, avec «ou» pour le «u», avec «oeu» pour le «u», avec le «th» à l'anglaise, avec «s» à la place du «th») que j'avais peur. J'avais tort. Isabelle Miller le prononce normalement. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi tant de lecteurs (bénévoles et professionnels) voulaient le dire autrement qu'à la française, ce qui a parfois engendré des prononciations inexactes, quelle que soit la façon (à l'anglaise, à l'allemande) dont voulait le dire le lecteur.

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lundi, 31 juillet 2017

Ashes ashes, de Jo Treggiari.

Ashes ashes

L'ouvrage:
Après qu'un virus a décimé la population, Lucy Holloway, seule rescapée de sa famille, tente de survivre depuis au moins un an. C'est alors qu'elle rencontre quelques survivants. Épuisée d'être seule, effrayée par les redoutables balayeurs qui enlèvent n'importe qui n'importe quand, Lucy se joint à cette petite bande.

Critique:
Globalement, ce roman m'a plu. Pourtant, il ne se démarque pas vraiment. Jo Treggiari a repris les ingrédients du genre, et en a fait un roman post-apocalyptique. L'héroïne est impétueuse, comme ses consoeurs du genre. Cependant, elle ne m'a pas agacée. À un moment, elle veut combattre les balayeurs contre toute raison. Malgré son entêtement insensé, j'ai très bien compris son point de vue. Je n'ai pu m'empêcher de la comparer à Katnis, l'héroïne de «Hunger games». Je l'ai trouvée plus humaine, car moins grandiloquente.

Il y a une ressemblance un peu trop forte à mon goût avec «Les chroniques lunaires». Je pense à ce qui concerne l'héroïne et le virus, son sang... Je parle de ce que j'ai lu, mais si ça se trouve, d'autres livres utilisent ce schéma. J'espère que non, car cela peut devenir lassant.

Certains rebondissements ne sont pas de vraies surprises. Par exemple, ce que fait Del à un moment... Dans le même ordre d'idées, il est un peu gros que Lucy et Aiden acceptent une tasse de café de leurs ennemis sans sourciller.
C'est la même chose en ce qui concerne certaines découvertes quant aux balayeurs. La traque qui a lieu vers la fin relance l'intérêt du lecteur, mais en fait, rien de ce qui la concerne n'est vraiment surprenant.
Je pense que c'est surtout dû au fait que ce roman arrive après d'autres qui ont déjà utilisé ces ficelles.

Quant à l'histoire d'amour, elle s'insère assez bien dans l'intrigue. Elle n'est pas gênante comme elle peut l'être dans «Hunger games». En outre, elle fait partie des topoï du genre.

Ma chronique n'est pas vraiment positive. J'ai pourtant passé un bon moment avec ce roman dans lequel je me suis facilement plongée, qui allie aventure, énigmes, personnages sympathiques...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Oasis Audio.

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