lundi, 18 juin 2018

The fall of butterflies, d'Andrea Portes.

The fall of butterflies

L'ouvrage:
Willa Parker, seize ans, a vécu jusque-là avec son père dans un petit village d'Iowa. Au moment où elle commence son récit, elle est dans un train qui l'emmène à Chicago, car elle doit entrer dans un prestigieux lycée privé, Pembroke, où ne vont que les enfants du gratin de la société. Elle y a été admise, car sa mère (une économiste qui ne s'est jamais préoccupée de sa fille) a le bras long, et a décidé que Willa devait devenir sophistiquée.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Willa est très attachante: pleine de verve, dépourvue de mièvrerie, très lucide quant à ce qui l'entoure, elle attire la sympathie, d'autant qu'elle doit s'accomoder de la décision que sa mère a prise pour elle. Andrea Portes nous raconte l'espèce de parcours initiatique que traverse l'adolescente. Malgré certaines situations prévisibles, elle ne tombe pas dans le cliché, principalement grâce aux réactions de son héroïne. Celle-ci, aidée de son fort caractère, saura composer avec les embûches qu'elle rencontrera. Si j'ai désapprouvé certains de ses actes, je les ai toujours compris.

Parfois, Willa interpelle le lecteur, et lui dit: «Là, je sais ce que vous imaginez.» Cela m'a fait rire, d'autant que les pensées fleur bleue qu'elle me prêtait n'étaient pas du tout les miennes. J'étais donc ravie qu'elle dise, ensuite: «Eh bien, cela n'arrivera pas.»

Outre une narratrice dont la repartie et la finesse d'esprit plairont forcément, l'auteur parsème son roman de situations cocasses qui rendent le reste des événements un peu moins dur. Par exemple, l'histoire de la salle de bains hantée. À la fois étrange et drôle (pour qui ne la vit pas, car Willa me dirait certainement qu'elle n'a pas du tout ri), cette anecdote m'a divertie tout en me proposant un petit mystère.

Dès le début, je n'ai pas aimé Remy. J'ai compris la fascination qu'elle exerçait sur la narratrice, même si j'avais envie de lui dire: «Willa, tu vaux mieux que ça!». Il est logique que notre héroïne, esseulée, soit captivée par une fille pleine d'assurance qui daigne poser les yeux sur elle. Je ne peux pas trop parler de l'amitié entre les deux jeunes filles, mais elle est l'épicentre du parcours initiatique de Willa, et lui fera comprendre beaucoup de choses, notamment quant aux valeurs qu'elle souhaite avoir.

Récit dont la gravité est teintée de drôlerie, qui aborde intelligemment le thème de l'amitié, portrait d'une jeune fille à la fois forte et sensible, ce roman est à découvrir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Il fut un temps où je trouvais qu'elle était trop sobre, et où j'appréciais beaucoup moins ses lectures qu'aujourd'hui. Depuis quelques années, je suis ravie de lui avoir redonné sa chance, car je trouve qu'elle s'est renouvelée, et a introduit des subtilités toujours à propos dans ses interprétations. Ici, elle n'a pas démérité.

Acheter « The fall of butterflies » en anglais sur Amazon ici ou en téléchargement audio anglais (Audible.fr)

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28 lectures

vendredi, 15 juin 2018

*Parutions Audiolib, juillet 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 4 juillet.

Calendar Girl 3 - Été (Juillet, Août, Septembre), d'Audrey Carlan, lu par Helena Coppejans, 10h7.
En juillet, direction Miami, où Mia est engagée pour jouer dans le clip d’un artiste de hip-hop. Malgré une expérience douloureuse quelques jours auparavant, Mia tombe sous le charme du latin lover. Ragaillardie, Mia s’envole pour le Texas où elle doit jouer le rôle de la soeur cachée de Maxwell Cunningham pour qu’il puisse toucher l’héritage de son père, un magnat du pétrole. Elle quitte cette famille d’adoption à regret pour retrouver Las Vegas, son père dans le coma, ses dettes et son ex-fiancé qui la harcèle. Pour couronner le tout, son amoureux, Wes, disparaît…

Madame Pylinska et le secret de Chopin, d'Eric-Emmanuel Schmitt, lu par l'auteur, 2h22.
« Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?
-Il y a des secrets qu’il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur. »
Dans le cadre du Cycle de l’Invisible, Madame Pylinska et le secret de Chopin est un conte initiatique, plein d’intelligence et d’humour, où la musique apprend à vivre et à aimer. Dans cet enregistrement exceptionnel, la lecture douce et malicieuse d’Éric-Emmanuel Schmitt s’allie à la virtuosité du pianiste-concertiste Nicolas Stavy pour nous faire découvrir, avec humour et poésie, l’univers fascinant de Chopin.

La symphonie du hasard 2, de Douglas Kennedy, lu par Ingrid Donnadieu, 7h52.
La suite de la vie tumultueuse d’Alice Burns : entre une famille aux personnalités complexes et une société en pleine mutation. Prise d’un besoin urgent de s’évader, le premier tome se terminait sur son départ pour l’Europe. Loin des siens et des liens toxiques qui les unissaient, Alice arrivera-t-elle à devenir la femme qu’elle a toujours rêvé d’être?

La daronne, d'Hannelore Cayre, lu par Isabelle Botton, 4h43.
Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence, qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau tout en élevant ses enfants, qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir, en arrive-t-on à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt... disons…un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.

La reine du bal, de Mary Higgins Clark et Alafair Burke, lu par Marcha Van Boven, 7h41.
Deux mois après sa dernière affaire, Laurie Moran cherche désespérément un nouveau sujet pour son émission Suspicion. Ryan Nichols, son nouveau collègue toujours aussi agaçant, lui fait une proposition : il y a trois ans, Ginny Wakeling, membre du conseil d’administration et riche donatrice de Metropolitan Museum of Art, a été retrouvée morte dans la neige, poussée du toit du musée lors de la célèbre soirée du Met Gala. Nichols cherche en fait à faire innocenter son coach Ivan Gray, le jeune petit-ami de la victime, qui reste le principal suspect. Malgré la réticence de Laurie à défendre Ivan Gray, son équipe soutient le projet au fort potentiel d’audience. Au cours de l’enquête, il s’avérera que Gray n’avait rien à gagner à la mort de Ginny, et Laurie se penchera du côté de l’héritage familial…

Le miracle Spinoza - Une philosophie pour éclairer notre vie, de Frédéric Lenoir, lu par David Manet, 4h53.
Banni de la communauté juive à 23 ans pour hérésie, Baruch Spinoza décide de consacrer sa vie à la philosophie. Son objectif ? Découvrir un bien véritable qui lui « procurerait pour l’éternité la jouissance d’une joie suprême et incessante. » Au cours des vingt années qui lui restent à vivre, Spinoza édifie une oeuvre révolutionnaire. Comment cet homme a-t-il pu, en plein XVIIe siècle, être le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes ? Le pionnier d’une lecture historique et critique de la Bible ? Le fondateur de la psychologie des profondeurs ? L’initiateur de la philologie, de la sociologie, et de l’éthologie ? Et surtout, l’inventeur d’une philosophie fondée sur le désir et la joie, qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur? À bien des égards, Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre. C’est ce que j’appelle le « miracle » Spinoza. F.L.

Jeunesse

Les Indestructibles - Les histoires des deux films, de Walt Disney, lu par Déborah Perret, 1h53.
Bob Parr, alias M. Indestructible, père de famille aux super pouvoirs, travaille dans une société d’assurances où il s’ennuie. Une mission secrète lui est confiée, qui va lui donner l’occasion de remettre son costume. Pour vaincre l’effroyable Syndrome, c’est toute la famille Indestructible qui reprend du service! Lorsqu’il s’agit de sauver le monde, son épouse Elastigirl n’est pas en reste, elle n’hésite pas à affronter un super-vilain qui a le pouvoir d’hypnotiser la population. En l’absence de sa femme, M. Indestructible, s’occupe des tâches domestiques. Pas facile de revenir au quotidien quand sommeille en vous l’âme d’un héros…

Le carnet d'Allie 1 - Le déménagement, de Meg Cabot, lu par Camille Donda, 3h46.
Parce que ses parents ont décidé de déménager, Allie Finkle, neuf ans, va devoir abandonner sa belle chambre rose, ses meilleures amies, son école, et tout ça pour quoi ? Pour une vieille maison délabrée, toute grise et grinçante. Sans parler de la nouvelle école qu'elle ne connaît pas! Comment empêcher ce désastre ? Pour se faciliter la vie, Allie invente des règles folles, qu'elle note précieusement dans son carnet.

L'Affaire Caïus, d'Henry Winterfeld, lu par Nicolas Lumbreras, 4h11.
CAÏUS EST UN ÂNE. La phrase inscrite par Rufus sur sa tablette remporte un grand succès en classe. Mais Caïus rougit de colère. Comment Rufus ose-t-il l’insulter, lui, le fils d’un richissime sénateur ? Mais le lendemain, plus personne n’a envie de rire. La même phrase est tracée en lettres rouges sur la façade du temple de Minerve. Or, dans la Rome impériale, le sacrilège est terrible...

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54 lectures

jeudi, 14 juin 2018

Les fruits de l'arrière-saison, d'Aurore Py.

La

L'ouvrage:
Septembre 1935.
Le soir du mariage de Pierre Catlan, la famille ignore encore qu'un drame se joue. Il obligera certains de ses membres à prendre une route inattendue, à remettre des pans de leur vie en question.

Critique:
Je me méfie un peu des romans du terroir, parce que beaucoup me paraissent un peu mièvres. Ayant aimé les deux autres livres d'Aurore Py, j'ai voulu lire celui-là. Je n'ai pas été déçue. J'ai très vite plongé dans l'histoire de cette famille aimante et soudée, dont les membres ont parfois du mal à communiquer. En fait, je pense surtout à Marie qui, par peur, et n'ayant pas toutes les données en main, n'a pas pu prendre la mesure de la situation dans laquelle elle se trouvait. J'ai compris que par la suite, elle culpabilise, mais aussi en veuille à ceux qui lui avaient caché l'essentiel. Même si la dissimulation n'était pas une mauvaise intention, elle montrait un manque de confiance. D'un autre côté, j'ai compris la peur du personnage qu'un rejet aurait brisé.

J'ai beaucoup apprécié Pierre qui est plus complexe que ce qu'on croit au départ. Si l'esprit de sacrifice dont il fait preuve au début peut être agaçant, la suite révèle que rien n'est aussi simple. Plus tard, j'ai eu l'impression que ce pauvre Pierre n'avait pas vraiment le droit d'être celui qu'il voulait, que chacun le renvoyait vers ce qui le rebutait. Bien sûr, il est normal que sa famille agisse ainsi, mais j'ai été frustrée pour lui, car il se rend compte qu'il s'est trompé de chemin au départ, et qu'il est trop tard pour en changer. Cela fait qu'il est parfois rude envers un personnage...

Je n'ai pas apprécié Louise. Pourtant, elle n'est pas méchante. Elle s'est mariée avec certaines espérances, et a été déçue. Extérieurement, on a l'impression qu'elle veut briser la belle entente familiale, mais elle veut surtout sa place. Elle se rend compte que son mari n'a pas les mêmes rêves qu'elle, ce qui la rend amère et méprisante. Je ne l'ai pas appréciée, mais je tentais, au long de ma lecture, de me mettre à sa place. Que ferais-je si mes espoirs étaient déçus? Si j'avais sans cesse l'impression qu'on me tourne le dos? Si je me sentais incomprise?

Emma m'a un peu agacée, parce qu'à trop vouloir préserver sa liberté, elle paraissait parfois ridicule. Elle était simplement maladroite. Du reste, on comprend qu'elle tienne à ne pas être assujettie. Lorsqu'elle et François exposent certains aspects de la loi, cela fait frémir. Il est judicieux que la romancière rappelle qu'à cette époque, la femme avait si peu de droits. D'autre part, les revendications d'Emma donnent lieu à deux scènes à la fois graves et drôles: celles du contrat de mariage.

Tous ces personnages montrent que rien n'est jamais tranché. C'est là le talent d'Aurore Py, qui fait en sorte que ses protagonistes aient de l'épaisseur, qu'on s'identifie facilement à eux, etc.

J'ai aimé l'ambiance souvent chaleureuse de la ferme. Chacun semble y trouver sa place, être apprécié pour son travail et ses qualités humaines, donner le meilleur de soi-même.

Je n'ai pas aimé la fin. Elle n'est ni bâclée ni incohérente, mais je n'aime pas ce qu'il s'y passe. Heureusement, l'auteur m'a dit qu'elle était en train d'écrire la suite. J'espère qu'elle sortira vite, car après, il faut qu'elle sorte en audio (ce qui n'est pas sûr) pour que je puisse la lire.

Éditeur: Marivole.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fernande Larsille pour la Ligue Braille.

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56 lectures

lundi, 11 juin 2018

Pretty little world, d'Elizabeth LaBan et Melissa DePino.

Pretty little world

L'ouvrage:
Trois couples (Mark et Célia, Chris et Stéphanie, et Léo et Hope) sont amis et voisins. Ils se rendent des services, sont très souvent les uns chez les autres. Un jour, Mark et Célia décident de déménager, car leur maison est trop petite. Les deux autres couples (surtout les femmes) sont effarés. C'est alors que Stéphanie trouve la solution: faire tomber les murs qui séparent les trois maisons.

Critique:
Si j'ai trouvé quelques faiblesses à ce roman, il m'a plu. J'étais curieuse de voir comment les auteurs exploiteraient cette idée. D'abord, elles montrent plusieurs réactions. Chris et Léo sont peu enthousiastes, mais pas absolument opposés à ce que propose Stéphanie. Hope a un peu peur, mais veut tenter l'aventure. Quant à Célia, il me semble avoir eu du mal à la cerner pendant tout le roman. Je n'ai jamais trop su ce qu'elle voulait. Certes, c'est elle qui instaure les règles de leur cohabitation, elle semble heureuse de faire partie de cette grande famille, mais elle est changeante. On la voit peu, car elle travaille beaucoup. Ensuite, elle fait des choix qui ne me paraissent pas judicieux... À côté de cela, j'ai trouvé Hope trop tranchée. Elle est extrêmement casse-pieds avec son mari qui n'a pas le droit de faire grand-chose, s'emporte pour un rien, change d'avis concernant un élément très important, et râle parce que Léo n'a pas lu dans ses pensées! Lorsqu'elle apprend un fait qui ne la regarde que jusqu'à un certain point, elle veut tout régenter, imposer son point de vue... D'un autre côté, elle s'occupe bien des enfants (malgré une faiblesse qu'elle ne se pardonne pas), et fait son possible pour que tout le monde soit bien.

J'ai trouvé un peu dommage que les auteurs en fassent trop concernant la complicité entre certains. Par exemple, on voit souvent Chris et Hope ensemble, ils s'entendent très bien. C'est une belle amitié, mais elle est tellement montrée en parallèle de disputes entre Léo et Hope et de l'indifférence de Chris envers Stéphanie, qu'on dirait que Chris et Hope auraient dû être ensemble. Si on ajoute à cela que Léo est attiré par Stéphanie...

Je ne sais pas trop quoi penser de Nicky. Je comprends tout à fait sa décision finale que je trouve sensée, mais elle avait l'air d'être très amoureuse... Peut-être avait-elle besoin de cet amour éphémère pour regagner confiance en elle, et prendre justement cette décision qui, à mon avis, lui sera bénéfique... À l'instar d'autres personnages, Nicky semble ne pas trop savoir ce qu'elle veut, et faire d'importants choix sans y réfléchir (sauf à la fin)... Je sais que beaucoup de gens sont ainsi, mais j'ai du mal à le comprendre.

Ces inconvénients m'ont embêtée, mais n'ont pas gâché ma lecture. Il faut se dire que le reste est le plus important.

Remarque annexe:
Il existe d'autres livres qu'Harry Potter... Il est dommage que les auteurs le mettent à toutes les sauces.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

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52 lectures

jeudi, 7 juin 2018

Moi, Simon, seize ans, homo sapiens, de Becky Albertalli.

Moi, Simon, seize ans, homo sapiens

L'ouvrage:
Simon (seize ans) nous fait découvrir son petit univers: sa famille, ses amis, ses cours. Depuis quelques mois, il correspond par mails avec un garçon de son lycée dont le pseudonyme est Blue. Chacun ignore l'identité de l'autre. Au fil des messages, ils tombent petit à petit amoureux l'un de l'autre. C'est sur l'un de ces messages que tombe Martin Addison. Il fait alors du chantage à Simon il révélera à tous (sur les réseaux sociaux) que Simon est homosexuel, sauf si celui-ci l'introduit dans son cercle d'amis, et surtout auprès d'Abby.

Critique:
Ce livre m'a plu. J'ai eu un peu de mal à y entrer, car j'ai commencé par trouver peu crédible que Simon ait été imprudent au point que quelqu'un ait pu voir ses e-mails. Ensuite, j'ai appris à le connaître, ainsi que ceux qui gravitent autour de lui, et cette petite incohérence ne m'a plus paru si importante.

J'ai apprécié le mélange de normalité et d'extravagance qui compose la vie de Simon. Tout est très réaliste. Ses parents sont sympathiques, mais ont leurs petites failles. Par exemple, le père fait des plaisanteries souvent lourdes sur un sujet dont il ignore qu'il est plus délicat qu'il ne le serait dans une autre famille. Sa mère a du mal à laisser ses enfants voler de leurs propres ailes (ce qui est logique), et tente (pas toujours avec succès) de ne pas les analyser du point de vue de la psychologue qu'elle est. Les soeurs de Simon sont très différentes l'une de l'autre. Quoi de plus normal? Elles se distinguent parfois par des actes inattendus.
Dans cette famille, le plus important est l'amour que chacun se porte. Tous ces personnages m'ont touchée, parce qu'ils donnent envie de partager leurs moments de détente, et ils sont unis. Bon, si j'étais dans le roman, je n'irais quand même pas jusqu'à regarder des émissions de télé réalité avec eux. ;-) Mais ils ont d'autres jeux qui m'ont semblé sympathiques.
N'oublions pas Bieber, le chien, qui ne rate pas une occasion d'être caressé et câliné, et que chacun chouchoute.

Quant aux amis de Simon, chacun a sa personnalité, ses particularités, ils sont solidaires. Becky Albertalli a su créer une ambiance qui m'a tout de suite parlé, car elle me rappelait mes années lycée.

Concernant l'intrigue... difficile d'en parler, car le but est de ne pas trop en dévoiler. Pour moi, elle est sans temps morts et sans invraisemblances. Entre répliques et situations cocasses (comme la première cuite de notre héros), gravité (l'amour naissant entre certains), désespoir (l'un des personnages se rend compte qu'il a déclenché quelque chose qu'il ne maîtrise pas), l'auteur fait passer émotions et sentiments avec beaucoup de naturel. Elle en profite pour montrer diverses situations dans lesquelles des garçons disent à leurs famille et amis qu'ils sont homosexuels. Certains réagissent avec maladresse en voulant absolument montrer que pour eux, cela ne change rien. Malheureusement, ils en font trop. Cela se comprend, et il vaut mieux des réactions maladroites bien intentionnées qu'un rejet. Pour moi, la romancière a eu raison de montrer cela, car je pense que cela doit souvent se produire.

Remarques annexes:
J'ai assez rapidement deviné qui était Blue. Je pense que c'est voulu.
J'imagine les personnes ayant beaucoup apprécié le livre tentant de se faire le menu aux Oreo de Simon. ;-) Pour ma part, j'aime bien ces biscuits, mais le menu m'écoeure un peu, je ne l'essaierai donc pas.

Il semblerait qu'il y ait une suite (je l'ai vue en audio anglais sur Audible) qui, si j'ai bien compris, serait racontée du point de vue de Leah (une amie de Simon). Je ne sais pas encore si elle m'intéresse. À voir...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gauthier Battoue.

Je sais que ce comédien fait du doublage, mais je ne l'ai jamais entendu dans cet exercice. J'ai aimé sa lecture de ce roman. Il joue les sentiments des protagonistes avec beaucoup de naturel. Il n'a pas beaucoup modifié sa voix pour les rôles féminins, et c'est très bien. Sa lecture est adéquate. Il n'a pas eu la partie facile (à mon avis) lorsqu'il s'est agi de lire les mots tendres qu'échangent certains. Il est délicat de ne pas avoir l'air mièvre ou froid. Il s'en est très bien tiré. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir!

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84 lectures

lundi, 4 juin 2018

Tout homme est une nuit, de Lydie Salvayre.

Tout homme est une nuit

L'ouvrage:
En 2014, Anass apprend qu'il a un cancer. Peu à peu, de moins en moins à l'aise dans sa vie quotidienne, il décide de s'installer dans un village de Provence.

Critique:
Lydie Salvayre touche un point sensible dans ce roman. Dans le village, Anass est étranger. Son prénom (que certains imaginent arabe) et le fait qu'il soit un peu typé avivent l'imagination. Au café, les hommes supposent, cancanent, excitent leur haine (dont ils ignorent la cause) contre ceux qu'ils considèrent comme différents d'eux. Au début, une chose m'a gênée: tous ces hommes qui s'énervaient après Anass semblaient une masse indistincte de laquelle personne ne se démarquait. Ils avaient tous l'air d'abrutis ne sachant réfléchir. Heureusement, l'auteur corrige assez vite cela. Gérard, un habitué, fait parfois valoir qu'à Anass en tant que lui-même, on n'a rien à reprocher. L'auteur s'applique à montrer la bêtise des raisonnements de ces hommes d'abord en leur faisant dire des énormités, souvent d'une voix avinée, tout en montrant leur peu de sens commun. De plus, elle leur oppose Gérard et Jacques. Ce dernier a un esprit plus critique (du moins l'affirme-t-il davantage) que Gérard, et il analyse très bien les syllogismes et les préjugés dans lesquels sont fièrement englués ces piliers de bar. On dira que Lydie Salvayre exagère. S'il m'a semblé qu'elle avait peut-être forcé le trait concernant ces hommes, je pense que, malheureusement, il doit en exister davantage qu'on le croit. En tout cas, la romancière montre comment, à coups de jugements à l'emporte-pièce, ils se persuadent qu'Anass a commis des actes inventés par eux-mêmes, et font confiance à des hommes politiques qui leur promettent de bouter l'étranger hors de France. Car en effet, ces hommes imaginent que tous leurs malheurs et leurs frustrations (vie terne, déboires conjugaux, mésentente avec untel) viennent des étrangers. C'est choquant, mais apparemment pas pour tout le monde, puisque cela reflète une certaine réalité.

Lydie Salvayre montre bien cet état de choses. Son analyse est très bien vue et très réaliste. Cependant, je n'ai pas réussi à entrer totalement dans le roman. Ce n'est de la faute de personne, et cela ne fait sûrement pas que je le déconseille. Je pense que beaucoup devraient le lire, et j'espère qu'ils écouteraient Gérard et Jacques lorsque ceux-ci montrent l'absurdité des raisonnements mis en avant. Cela n'a pas absolument pris avec moi parce que je pourrais citer plusieurs livres où ce thème est abordé (de différentes façons), dont certains sont devenus cultes pour moi. Lydie Salvayre renouvelle le thème en l'actualisant, et en montrant les dangers de raisonnements dont l'intolérance et la méconnaissance sont les maîtres mots. Mais pour moi, elle arrive trop tard. De plus, j'ai eu du mal à apprécier Anass. Rien ne le démarque vraiment. Rien ne fait qu'il est lui et pas un autre. Pour moi, il n'a pas assez de personnalité. Bien sûr, j'ai été sensible à ce qu'il traverse, mais seule la compassion, et non une envie de le connaître davantage, m'aurait poussée vers lui si j'avais été un personnage du roman. Quant aux hommes tenant conférence au café, si certains sortent du lot, ce n'est que par petites touches. Pendant un moment, on peut les interchanger sans problèmes. Je suppose que c'est fait exprès: on voit une foule anonyme qui se monte contre une seule personne. Certes, mais c'est justement une des raisons pour lesquelles j'ai été moins touchée.

Remarque annexe:
J'ai la naïveté de penser que lorsqu'on utilise quelque chose volontairement, on le maîtrise. Ainsi, lorsque j'ai vu que Lydie Salvayre employait un langage soutenu, et faisait parler Anass à l'imparfait du subjonctif, j'ai d'abord été contente. J'ai donc été surprise de trouver des erreurs. Il s'agit de «vivasse» pour «vivre» à l'imparfait du subjonctif, et du verbe «agonir» conjugué comme le verbe «agoniser». Je pensais qu'à partir du moment où un auteur employait des tournures soutenues, cela lui était naturel, et qu'il ne se trompait pas...

Service presse des éditions Sixtrid par l'intermédiaire d'Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel et Alain Granier.

Je n'avais encore jamais lu d'ouvrages interprétés par Lazare Herson-Macarel, mais je sais qu'il en a déjà enregistré plusieurs. Il est le fils d'Éric Herson-Macarel. J'ai apprécié son jeu. Je pense qu'il est parfaitement entré dans la peau d'Anass, personnage tourmenté, cherchant de nouveaux repères... Quelque chose m'a perturbée (mais pas déplu): il n'a pas la même voix qu'Éric Herson-Macarel, mais il a souvent ses intonations.

Je n'ai entendu Alain Granier que sur un ouvrage. Je me souvenais avoir apprécié son jeu. Cela a également été le cas ici. Il n'avait pas la partie facile, surtout quand il fallait enchaîner les répliques des hommes réunis au café, tout en précisant qui parlait. Alain Granier a fait cela très naturellement. Au long du roman, il a toujours adopté le ton adéquat.

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76 lectures

jeudi, 31 mai 2018

Maîtres du jeu, de Karine Giébel.

Maîtres du jeu)

L'ouvrage:
Ce livre se compose de deux nouvelles.

Post mortem:
Aubin Mesnil est décédé après une longue maladie. Il lègue sa maison ardéchoise à une actrice très célèbre: Morgane Agostini. Le frère du défunt est furieux, d'autant que celui-ci ne connaissait pas la bénéficiaire de son legs.

J'aime votre peur:
Un dangereux psychopathe, emprisonné depuis six ans, vient de s'évader. Il adore torturer des gens devant leurs proches pour se délecter de la souffrance subie. La police est à sa recherche.

Critique:
J'ai beaucoup aimé la première nouvelle. Elle est à tiroirs: l'auteur pose les choses, et on se rend compte que ce n'est pas si simple, qu'un pan de l'histoire en cache un autre. L'ambiance est oppressante presque dès le début. Les événements et les personnages sont du pur Giébel. J'ai savouré cette nouvelle, parce que l'auteur s'est arrangée pour qu'on ne s'attache pas aux personnages. Donc quoi qu'il leur arrive, on n'aura pas de peine pour eux, et on goûtera tout le sel de l'implacable destin dans lequel ils se précipitent. Il en est bien un pour qui j'ai ressenti de la compassion, mais Karine Giébel prévient tout de suite son lecteur quant à ce personnage... J'aurais peut-être dû voir venir certaines choses, mais j'étais trop absorbée pour tenter de décortiquer la nouvelle. Dommage qu'elle ait été si courte...

J'ai moins aimé «J'aime votre peur». J'ai trouvé que la romancière en faisait beaucoup trop. Le méchant tueur qui se repaît de la souffrance des autres, et bien sûr, qui a souffert dans son enfance, c'est un peu facile... peut-être aurait-il fallu qu'elle prenne davantage le temps de décrire ce qui a fait qu'il en est arrivé là. Le sujet étant (à mon sens) galvaudé, il aurai fallu qu'il soit renouvelé par quelque originalité.
Ensuite, j'ai trouvé Sonia très nunuche. Elle semblait ne penser qu'aux hommes sur lesquels elle pourrait sauter.
De plus, l'auteur pointait trop un coupable possible du doigt, et retardait trop le moment de la révélation.
La fin rachète peut-être un peu le reste, mais tout arrive trop vite, sans vraiment être préparé... Il y a bien de maigres indices au cours de la nouvelle, mais trop peu.

J'ai aimé relire du Giébel, mais j'ai été déçue de l'inégalité (selon moi) des deux nouvelles. Je recommande quand même ce livre, ne serait-ce que pour «Post mortem».

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Madeline Volet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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122 lectures

lundi, 28 mai 2018

Les aventuriers de la mer, tome 9: Les marches du trône, de Robin Hobb.

Les aventuriers de la mer, tome 9: Les marches du trône

L'ouvrage:
Selden veut habiter chez les Khuprus afin de participer à l'aide apportée aux dragons. Ambre est profondément troublée quant à ce qu'a fait Parangon. Althéa va tenter de parler à Vivacia.

Critique:
Avant de commencer cette dernière partie (qui est la fin du tome 3 original), j'ai fait quelque chose que je fais très rarement. Je suis allée écouter des morceaux du dernier chapitre pour voir si au moins une des choses que je souhaitais arrivait. Il fallait que je sois préparée au cas où cette chose précise ne se passe pas comme je l'espérais... Pour ceux que cela intéresse, j'ai fait ça (de manière différente) avec «Le proscrit», de Sadie Jones. Je ne voulais pas le lire s'il se terminait mal. J'ai donc tenté une amie avec, elle l'a lu, et m'a dit ce qu'il en était.

Dans cette dernière partie, il m'a semblé que Robin Hobb avait retrouvé son rythme de croisière. Les circonstances dans lesquelles certains personnages sont réunis m'ont paru grosses, mais la romancière a dû prévoir qu'on lui ferait ce reproche, car elle s'empresse d'expliquer que parfois, ce genre de coïncidences, c'est le destin.

Ambre rappelle un peu le fou de «L'assassin royal». Elle pense avoir quelque chose à accomplir, mais ne sait pas quoi. Elle perçoit des prophéties, mais ne sait pas les interpréter. Elle est moins grandiloquente que le fou, ce qui fait qu'elle m'a été davantage sympathique. (Ou comment s'attirer les foudres des admirateurs du fou...)

Pour moi, l'auteur en a trop fait concernant Hiémain. Elle l'a un peu dénaturé. Bien sûr, son expérience marine, son lien avec Vivacia, son admiration (très agaçante) pour Kennit, tout cela a forcément influé sur sa personnalité, mais pour moi, il n'était pas dans son caractère d'être amoureux de la personne qu'il aime. Bien sûr, c'est préparé, la romancière ne le sort pas de nulle part, mais j'ai trouvé ça trop convenu, et je l'aurais mieux accepté si cela avait été un autre que Hiémain. De toute façon, dans ce tome 3 (donc dans les trois derniers en français) je l'ai trouvé trop différent de lui-même pour être totalement crédible. Le comble est atteint quand il ose désapprouver Malta et son fiancé qui affichent leur amour simplement et sans grandiloquence, ainsi q'Althéa qui évoque sa relation assez libre avec celui qu'elle aime. Cette pudibonderie ne cadre pas avec le caractère de Hiémain qui, habituellement, a l'esprit ouvert, et qui, en plus, n'a jamais trouvé à redire lorsque cela venait de Kennit et Etta.

Certains s'offusqueront peut-être de voir la manière dont les dragons (par l'intermédiaire de Tintaglia) traitent les humains. Quand on y réfléchit, les humains ont ce comportement envers les animaux. Et encore, les dragons sont bien moins cruels. Concernant Tintaglia, Robin Hobb assortit sa tyrannie de moments amusants, notamment quand elle râle parce qu'elle a faim, puis qu'on lui sert de la mauvaise nourriture.

L'auteur se débarrasse bien facilement d'un personnage. Je ne l'aimais pas, donc sa disparition ne m'a pas chagrinée, mais il me semble que Robin Hobb ne savait pas quoi en faire et a choisi la facilité. Certes, je ne sais pas trop ce qu'aurait pu devenir ce personnage s'il avait été en mesure de rentrer chez les siens... mais il est dommage que l'auteur n'ait pas eu davantage d'imagination.

Je pensais qu'une fois leur «nature» (si j'ose dire) révélée, toutes les vivenefs réagiraient de la même façon. Or, chacune réagit différemment. À y bien réfléchir, c'et logique, parce que si on fait partie du même peuple, on a forcément un caractère et un vécu qui font qu'on ne remettra pas tout en question ou pas de la même manière que d'autres, même si ce qu'on découvre est extrêmement déroutant.

Depuis le début, je n'appréciais pas vraiment Sérille, tout en comprenant ses motivations. Je crois que j'ai eu envers elle les mêmes réserves qu'envers Astérie dans «L'assassin royal», sans vraiment savoir pourquoi. Malgré cela, je ne suis pas mécontente de sa situation finale.

J'ai apprécié qu'on revoie un peu Ophélie. Son enjouement et sa repartie ont été une détente après tous ces combats!

Il y a peut-être une petite incohérence. Parangon raconte à Ambre ce qui est finalement arrivé à l'équipage d'Igrot, puis à Igrot lui-même. Pourquoi les deux protagonistes en cause n'ont-ils pas fait en sorte que cela arrive avant? Parangon explique qu'il a essayé de faire certaines choses seul, mais pourquoi ce qui fut fait pour l'équipage ne fut-il pas tenté longtemps auparavant sur Igrot lui-même?

J'aime bien les interrogations d'Ambre et de Parangon quant au fait d'aider les gens, même si cela doit être contre leur gré.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Comme tout au long de la série, le comédien a très bien incarné les personnages. À un moment, j'ai eu peur que la voix dolente et un brin stupide qu'il prend pour le gouverneur ne soit pas crédible lorsque celui-ci tente d'être sérieux, mais au contraire, elle renforce la fatuité du personnage qui, justement, tente de faire croire qu'il est un fin stratège alors qu'il n'est qu'un pantin capricieux. Ce personnage exaspérant m'a souvent fait rire au long de la série, et l'interprétation du comédien a renforcé l'image que je m'en faisais. Je l'ai déjà dit, mais mieux vaut se répéter que se contredire. ;-)

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%. Le dernier chapitre et l'épilogue sont sur la même piste.

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