lundi, 13 août 2018

Swimming between worlds, d'Elaine Neil Orr.

Swimming between worlds

L'ouvrage:
Winston-Salem, Caroline du Nord, 1959.
Tacker Hart a fait des études d'architecture. Il a ensuite fait partie d'un programme lui permettant d'exercer ses talents au Nigeria. Il a été renvoyé aux États-Unis après avoir été accusé d'être trop amical avec les nigérians, de trop adhérer à leur culture. Le temps de trouver un travail, il tient l'épicerie familiale. C'est par ce biais qu'il retrouve Kate Munroe (une amie d'enfance), et rencontre Gaines (un noir qui se bat pour les droits des siens).

Critique:
Au vu du résumé, j'ai eu un peu peur qu'on tombe dans une espèce de triangle amoureux. Heureusement, je n'ai pas écouté cette crainte. Il n'est absolument pas question de cela dans le roman.

J'ai beaucoup apprécié Tacker qui réfléchit. Il est sûr que son expérience nigériane lui a ouvert les yeux. C'est possible, mais il devait déjà avoir l'esprit critique. Par exemple, lorsque Kate ne voit pas trop pourquoi il faudrait se battre pour que les noirs puissent avoir accès à certains lieux publics, il lui demande d'imaginer ce que cela lui ferait si elle ne pouvait aller dans tel ou tel endroit. Au début, elle tente d'argumenter, puis entre ses réflexions et l'expérience qu'elle vit par la suite, elle se rend compte que Tacker a raison. Cette ouverture d'esprit du personnage principal s'applique à d'autres détails quotidiens. Par exemple, il encourage Kate dans la voie qu'elle souhaite suivre, et n'imagine à aucun moment qu'elle devrait uniquement se marier et avoir des enfants. Pour lui, une famille n'est pas incompatible avec une carrière. Il a des idées très évoluées par rapport à son temps, et c'est sûrement pour ça qu'il en effraie certains.

Je sais qu'à l'époque, tous ceux qui ne voulaient pas entendre parler des mêmes droits pour tous n'étaient pas à mettre dans le même panier. Kate, par exemple, n'est pas raciste, ou disons qu'elle l'est parce que la majorité des blancs le sont, et qu'elle ne réfléchit pas plus loin. La première fois qu'elle voit Gaines, la situation fait qu'elle croit qu'il a peut-être volé la bouteille de lait qu'il a dans la main. Aurait-elle pensé cela si elle avait rencontré un blanc dans la même situation?
Certains blancs étaient réellement persuadés que les noirs avaient des microbes extrêmement dangereux et contagieux, et que frayer avec eux ne pouvait que rendre n'importe quel blanc malade. Cette croyance s'est implantée parce qu'elle a été véhiculée par la bêtise, mais peu de gens cherchaient à savoir si elle reposait sur quelque chose de tangible. L'ignorance et la peur de l'inconnu donnent souvent un résultat désastreux. J'ai aimé qu'Elaine Neil Orr ait bien contextualisé son roman.

Je n'ai pas trop apprécié Gaines. Je l'ai trouvé un peu froid. Peut-être était-ce de la réserve... Je lui ai préféré sa tante (Frances), et sa petite soeur (Valentine).

Le roman ne souffre pas de temps morts. L'histoire des personnages est inextricablement mêlée à celle du pays. Même Kate, qui préférerait n'avoir affaire qu'à ses problèmes familiaux, sera éclaboussée par ce qui se joue.
Je ne m'attendais pas à ce qui arrive à la fin du chapitre 38. C'est pourtant une possibilité qui traverse tout le roman. C'est seulement que je n'y étais pas préparée.

Le titre est très bien choisi. Outre l'idée que Tacker est une espèce de passerelle qui facilite la communication entre deux mondes, il y a une référence directe à des événements du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, j'ai apprécié le jeu subtil de Cassandra Campbell. Les protagonistes ont un accent du Sud des Étas-Unis, donc elle a dû faire cet accent. Moi qui n'aime pas du tout lorsque les lecteurs font ainsi (j'ai déjà reposé un livre enregistré par cette lectrice, malgré son talent, à cause d'accents trop marqués), ici, j'ai trouvé cela supportable.

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40 lectures

samedi, 11 août 2018

Yggdrasil, tome 2: La rébellion, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 2: La rébellion

L'ouvrage:
Nayla vient de découvrir ce que Dem lui cachait. Elle cède à la haine et à la colère. Dem ne se défend pas, et la laisse même accéder à son esprit.

Critique:
J'avais un peu peur de cette suite tout en souhaitant la lire. J'ai eu raison de continuer: ce que je redoutais n'a pas eu lieu. Bien sûr, il y a des combats, mais le roman n'en est pas rempli, et ils s'insèrent naturellement dans l'intrigue.

Dans le premier cinquième du roman, on assiste (avec Nayla qui voit cela tel un film) à l'enfance de Dem. Au début, j'ai pensé que cela n'apporterait rien, qu'il était même possible que je m'ennuie puisqu'avec ce qu'on sait déjà de Dem, on n'a pas besoin de savoir comment il a été conditionné. J'ai rapidement cessé de craindre l'ennui, et ai apprécié l'histoire et la manière dont elle était racontée. Si certains événements de l'enfance de Dem sont prévisibles au vu de ce qu'on sait de lui, Myriam Caillonneau a créé quelques surprises.

La trame de la personne se découvrant vouée à accomplir quelque chose m'effrayait un peu aussi. Or, l'auteur fait évoluer son personnage dans le bon sens, en tout cas, c'est ce que j'ai ressenti. Parfois, Nayla m'agaçait encore, mais je comprenais ses sentiments et son désarroi. J'avais également peur que sa relation avec Dem finisse par m'exaspérer. Cependant, elle évolue. Au début du tome 2, elle change, mais ne reste pas figée.

Depuis le début, cette série est plutôt sombre, mais l'auteur glisse parfois des pointes d'humour. Ici, j'ai particulièrement apprécié les passages où Nayla tente de dérider Lan Tarni, et surtout celui où elle lui offre un chocolat.

Les personnages que j'appréciais sont restés sympathiques: Leene, Mylera, Soildj Valo... Certains dont je me méfiais un peu, mais que j'aimais bien, ont montré qu'ils étaient sympathiques: Lan Tarni, par exemple. Entre son efficacité, et ce qu'il explique la dernière fois qu'on le voit, le lecteur s'attachera forcément à lui.

Là encore, il n'y a aucun temps mort. Nos héros sont précipités dans des aventures de toutes sortes, les événements s'enchaînent très bien, l'écriture est fluide, les presque vingt-trois heures d'écoute passent très vite!
Comme le premier tome, le tome 2 se termine par un événement qui donne envie de savoir très vite la suite!

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

Comme dans le tome précédent, l'interprétation de Camille Lamache m'a beaucoup plu. Elle a modifié sa voix a bon escient pour certains personnages, tout en adoptant toujours l'intonation appropriée selon l'émotion exprimée. À certains moments, Nayla pleure: la comédienne n'a ni surjoué ni été trop sobre. Cela a été le cas à chaque fois qu'elle a dû exprimer de fortes émotions.
Elle m'a expliqué que Myriam Caillonneau s'était beaucoup impliquée pour que la version audio de ses livres ait un bon rendu, et avait, entre autres, expliqué en détails comment tel nom propre devait être prononcé. À un moment, les personnages atterrissent sur une planète où ils rencontrent des xtirni. Ces créatures parlent une langue que l'auteur a sûrement inventée. La lectrice a lu ces petits passages de manière très naturelle. Cela n'a pas dû être facile, parce qu'elle devait prononcer des sons dont l'enchaînement ne fait pas sens, et devait le faire avec des à-coups. Sachant que la romancière avait très volontiers collaboré, et avait beaucoup apprécié le travail de Camille Lamache, j'imagine que, comme moi, elle a aimé la façon dont la lectrice a lu la langue des xtirni.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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43 lectures

jeudi, 9 août 2018

Les buveurs de lumière, de Jenni Fagan.

Les buveurs de lumière

L'ouvrage:
Londres, novembre 2020.
À trente-huit ans, Dylan McCray vient de perdre sa grand-mère et sa mère. C'est alors qu'il découvre qu'elles étaient criblées de dettes. Sa mère avait tout prévu, il a une possibilité de repli: une caravane garée à plus de 900 kilomètres de là, à Clachan Fells, en Écosse. Il s'y rend. Alors qu'un froid polaire envahit le monde, Dylan rencontre ses voisins de caravane, parmi lesquels Stella (douze ans) et sa mère (Constance).

Critique:
Je me méfiais un peu de ce roman en le commençant. Mes craintes ont vite été balayées. Je suis rapidement entrée dans la vie de ces gens attachants. Jenni Fagan parvient très bien à combiner des éléments dont l'assemblage paraît improbable. Ses personnages sont quelque peu étranges. Dylan, géant barbu et tatoué, piétine les apparences, puisque la sienne n'est pas un signe qu'il se range dans une catégorie quelconque. C'est juste un homme gentil qui tente de comprendre sa mère, et de trouver sa place dans la petite communauté de Clachan Fells.

Stella, parfois plus mature que sa mère, est celle par qui la plupart des émotions arrivent. Obligée de braver l'intolérance, la fillette vit les événements du mieux qu'elle le peut. Naturellement portée à la gentillesse et la drôlerie, elle prend goulûment tout ce que cette existence lui offre. C'est également elle la plus réaliste: elle ose formuler les craintes des adultes à haute voix.

Constance m'a un peu agacée, principalement à cause de son étrange rapport avec Alistair. Pourtant, je lui pardonne, car s'il y a une chose qu'elle fait bien, c'est aimer sa fille. Elle la protège, la défend, lui explique la vie sans fioritures et toujours avec bienveillance, et surtout, elle l'accepte. C'est probablement grâce à cet amour sain que Stella est si équilibrée. J'ai beaucoup aimé lire des épisodes de cette paisible relation entre une mère et sa fille.

Ces personnages au fort caractère sont confrontés à un climat devenu soudain très rude auquel ils doivent s'adapter. Cela contribue à l'ambiance parfois étrange du roman.
Par ailleurs, Stella doit faire face à des situations assez difficiles à gérer. Par exemple, la scène où elle est chez le médecin est consternante. La mère et la fille sont très claires, aucune n'a l'air de prendre le problème à la légère. Pourtant, le médecin reste coincé dans un carcan dont il ne sait pas lui-même pourquoi il existe. Stella et Constance ont beau lui donner des exemples assez parlants (de toute façon, même sans eux, il devrait être assez intelligent pour comprendre), il s'obstine.

D'un autre côté, c'est sûrement le caractère de la fillette qui fait qu'elle fera rire de situations graves. Par exemple, la gentille enfant désire aider son voisin à ranger sa caravane, et commence à le débarrasser de vieilleries. Lorsque j'ai compris sur quoi elle avait jeté son dévolu, je n'ai pas pu m'empêcher de rire à cause de ce qu'elle disait, tout en appréhendant la suite. J'aime beaucoup que les auteurs fassent ainsi: des situations graves assorties d'une dose d'humour. D'un autre côté, j'ai parfois été frustrée, sentant que les personnages (sauf Stella) avaient du mal à exprimer leurs sentiments.

Pour moi, la fin est un point d'interrogation. C'est au lecteur de choisir ce qu'il arrivera. Je n'ai pas réussi à trancher... Pourtant, certains indices font qu'on va plutôt pencher vers une solution. Certes, mais elle ne me plaît pas... Cela n'enlève rien à la justesse du roman, c'est seulement que je n'aimerais pas une telle fin.

Un roman grave, drôle, fin, abouti, soulevant certaines questions délicates avec naturel.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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59 lectures

lundi, 6 août 2018

Burning down the house, de Jane Mendelsohn.

Burning down the house

L'ouvrage:
La famille Zane se trouve réunie pour le mariage de l'un d'eux. À partir de là, nous la suivons sur à peu près un an.

Critique:
Ce roman m'a plu. De prime abord, la famille Zane n'est pas très sympathique. Cela commence avec Jonathan qui a trompé sa fiancée avec la nounou de ses demi-frères, et qui a cessé seulement parce que celle-ci a été congédiée. Ensuite, il y a Alex, la soeur de Jonathan, qui souffre d'un mal être perpétuel, et semble s'y complaire. En général, si je n'apprécie pas les personnages principaux, j'ai du mal à aimer le livre. Ici, cela n'a pas été ainsi, car l'auteur donne le ton dès le début, et on voit qu'elle-même n'apprécie pas beaucoup Jonathan. Quant à Alex, j'ai oscillé entre compassion et envie de la secouer.

D'autres personnages sont sympathiques. On suit beaucoup Poppy, dix-sept ans, nièce et fille adoptive de Steve Zane, le patriarche. Au début, je la trouvais un peu superficielle, très bornée, et il me semblait qu'elle mettait un point d'honneur à avoir des problèmes. Ensuite, j'ai compris qu'elle était plutôt perdue, et que malgré la sincérité de l'amour paternel de Steve, elle n'avait jamais vraiment trouvé sa place. Il n'est pas facile d'être bien dans cette étrange famille. Chacun semble ne pas vraiment s'intéresser aux autres. Et puis, Steve, pensant bien faire, va provoquer un manque de communication, désespérant ainsi Poppy. Le mal être croissant de la jeune fille et ce qu'il lui fait faire, montre qu'une vérité dévastatrice est souvent préférable à un mensonge par omission.

Outre Poppy, Félix se démarque, d'abord par sa très grande maturité, ensuite parce qu'il éprouve des sentiments. Il est très attachant, et atypique. Il n'est pas à sa place dans cette indifférence générale, mais s'en accommode. Il se rapproche instinctivement de Poppy, celle qui, justement, a davantage de sentiments (du moins les exprime-t-elle) que les autres. Félix trouve aussi un certain équilibre auprès de Neva, la nounou qui remplace celle circonvenue par Jonathan. Neva est également un personnage très fort. Parvenant à ne pas sombrer, elle évolue constamment.

Je n'ai pas apprécié Patricia. Je l'ai trouvée terne. On me dira qu'elle est assortie aux Zane.

Dès le départ, l'auteur fait de petits apartés indiquant que tel personnage prépare sa chute ou que tel événement déclenchera quelque chose. C'est adroitement fait, car même si cela donne de petits indices, cela ne révèle ni ce qui arrive ni comment cela arrive.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Si j'ai trouvé le jeu et l'intonation de Cassandra Campbell aussi bons que d'habitude, j'ai un reproche à lui adresser pour ce roman. Sous prétexte que Neva est russe et que Patricia est italienne, elle leur fait des accents qui, pour moi, ne sont pas naturels. Neva étant arrivée aux États-Unis à l'âge de dix ans, cela m'étonnerait qu'elle ait conservé un accent. Quant à Patricia, elle avait vingt ans, donc ça se discute. Néanmoins, il ne me semble pas que l'auteur précise qu'elles ont un accent. Dans ce cas, il est encore moins logique que le lecteur en fasse un. Je sais que la comédienne n'est pas forcément à blâmer. C'est peut-être l'éditeur qui lui a demandé de faire ainsi. Dans tous les cas, pour moi, ce n'est pas une bonne initiative.

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54 lectures

samedi, 4 août 2018

Yggdrasil, tome 1: La prophétie, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 1: La prophétie

L'ouvrage:
La galaxie est dirigée par Dieu. Ceux qui ne croient pas en lui ou ne le montrent pas assez sont considérés hérétiques. Nayla Kaertan a vu une planète considérée rebelle être anéantie. Elle qui n'était déjà pas adepte d'une foi aveugle est devenue résistante. Or, voilà qu'elle entame quatre ans de circonscription dans un vaisseau de transport dans l'armée de Dieu. Affectée au pôle Sciences, elle commence par constater que son supérieur direct, le lieutenant Marden, est assez désagréable, ce qui la conforte dans l'idée que ces quatre ans vont être insupportables...

Critique:
Cette chronique n'est pas très facile à écrire. En effet, j'ai le sentiment d'être pleine de contradictions concernant ce roman. Par exemple, il m'a plu, et j'ai hâte de lire la suite. Cependant, j'ai peur que les personnages passent leur temps à se battre et à jouer au chat et à la souris... Autre exemple: je n'aime pas du tout les livres où le héros (ou l'héroïne) se rend compte qu'il est une sorte d'élu qui doit accomplir ceci ou cela, et pourtant, j'ai suivi les aventures de Nayla avec grand intérêt.

Autre chose m'a gênée... certains passages (notamment lorsqu'il est question de la déchirure) m'ont rappelé «La passe-miroir», de Christelle Dabos, comme si Myriam Caillonneau s'en était un peu inspirée. Cela m'a dérangée parce que j'aurais aimé que la référence soit clairement expliquée par l'auteur, surtout que c'est la seule chose qui m'a rappelé cette série: les trames des deux romans n'ont aucun rapport. Ceci dit, cela a peut-être été inconscient de sa part, ou bien j'ai vu une référence où il n'y en avait pas. Si c'est ainsi, je présente mes excuses à l'auteur pour cette remarque.

L'intrigue est bien menée. Nos héros connaissent de périlleuses aventures, évitent un piège pour en affronter un autre, font face à des cas de conscience... Je ne sais pas trop quoi penser de Dem. Je l'apprécie, mais ce que «voit» Nayla au chapitre 27 ne lui est pas favorable. Je pense quand même que Dem est sympathique.
Étrangement, Nayla m'a agacée. C'est la «gentille», donc j'aurais dû l'apprécier tout au long du roman. Pourtant, j'ai souvent trouvé qu'elle en faisait trop. Je lui préfère Mylera ou Leene Plaumec. Malgré cela, je l'apprécie. Je suppose que l'apprécier et être agacée par elle fait partie de mes nombreuses contradictions concernant ce roman.

L'écriture est fluide, le récit est rythmé.
Étant pinailleuse, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer quelques maladresses syntaxiques. Par exemple, à un moment, Dem réconforte Nayla, et l'auteur dit «(...) lui dit-il avec une main sur son bras.» J'aurais écrit: «lui dit-il en posant une main sur son bras.»
Une autre fois, elle dit «elle se rappelait des fous rires» au lieu de «les fous rires» ou «elle se souvenait des fous rires». Une autre fois, elle dit «elle se rappelle Olima», et là, c'est une bonne tournure, parce qu'elle ne dit pas «d'Olima».

Je tiens à remercier Myriam Caillonneau pour sa dédicace, qui montre l'importance des chats pour certains d'entre nous. J'ai aussi compris pourquoi un peu de tristesse se dégage de cette dédicace, le chat n'étant plus là...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'espère que je ne me trompe pas, mais je crois avoir lu, sur Twitter, que Myriam Caillonneau était très contente du travail de Camille Lamache sur «Yggdrasil». J'espère ne pas affirmer cela à tort. En tout cas, moi, j'ai aimé l'interprétation soignée de la comédienne. Elle parvient très bien à jouer tous les rôles sans aucune affectation, que ce soit dans les changements de voix ou dans les émotions exprimées. Cela n'a pas dû être simple. Entre les différents personnages et leurs forts sentiments, il devait être facile de surjouer, et de rendre certains passages mièvres. L'éditeur a su choisir la comédienne qui rend très bien le tout, se fondant parfaitement dans le texte et dans l'ambiance.
Je n'aurais pas prononcé Nayla comme l'a fait Camille Lamache (elle le prononce comme si cela s'écrivait Naïla), mais je préfère sa façon de prononcer à la mienne (je disais Neïla ou Nêla). En outre, je pense que cela a dû être concerté avec l'auteur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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57 lectures

vendredi, 3 août 2018

*Parutions Audiolib, septembre 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 12 septembre.

  • Les prénoms épicènes, d'Amélie Nothomb, lu par Françoise Gillard, 2h28.
    Épicène, adj. : Qui a la même forme au masculin et au féminin. Claude et Dominique, dont la rencontre au café a été fortuite, se marient et filent à Paris conquérir une nouvelle vie. De leur union naquit un enfant: Épicène. Un amour mère-fille fusionnel. Une détestation père-fille immédiate.
  • J'ai perdu Albert, de Didier Van Cauwelaert, lu par Didier Van Cauwelaert, 5h.
    « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »
    Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein...
  • L'Archipel du chien, de Philippe Claudel, lu par Féodor Atkine, 6h10.
    Dans l’Archipel du Chien, on enterre les morts debout car la terre est rare. Par moments, une odeur, comme un cadavre en décomposition empeste l’île. La découverte de trois corps isolés sème le trouble dans la petite communauté.
  • Sentinelle de la pluie, de Tatiana de Rosnay, lu par Stéphane Ronchewski, 9h23.
    La famille Malegarde est réunie à Paris pour fêter les 70 ans de Paul, le père, arboriste de renommée internationale. Sa femme Lauren prépare l'événement depuis deux ans, alors qu'importe les pluies diluviennes qui s'abattent sur la Ville Lumière et contrarient les retrouvailles. Mais Linden, le fils cadet, photographe charismatique, pressent que la redoutable crue de la Seine n'est pas la plus grande menace qui pèse sur l'unité de sa famille. Les secrets enfouis déferlent sous le ciel transpercé par les flots...
  • La terre des morts, de Jean-Christophe Grangé, lu par Lionel Bourguet, 16h6.
    Quand le commandant Corso est saisi de l’enquête sur les meurtres de stripteaseuses à Paris, il pense hériter d’une nouvelle affaire criminelle. Il a tort. S’amorce alors un affrontement sans merci avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre débauché, assassin. Mais un nouvel adversaire change la donne. Claudia Muller, une avocate manipulatrice et capable de tous les sortilèges va projeter une lumière nouvelle sur l’affaire. Corso découvrira qu’un assassin peut en cacher un autre et qu’une femme peut renverser le monde surtout quand ce monde est celui de la jouissance par le mal.
  • L'héritage des espions, de John le Carré, lu par Vincent Schmitt, 9h37.
    1961. L’espion britannique Alec Leamas et son amie Liz Gold trouvent la mort au pied du mur de Berlin. 2017. Peter Guillam, fidèle collègue et disciple de George Smiley dans les services de renseignement autrefois surnommés « le Cirque », est tiré de sa retraite en Bretagne par une lettre de son ancien employeur, qui le convoque à Londres. Pourquoi ? Ses activités d’agent secret pendant la guerre froide le rattrapent. Des opérations qui firent la gloire du Londres secret vont être minutieusement décortiquées par une nouvelle génération qui n’a que faire des luttes menées jadis par les Occidentaux contre le bloc communiste. Quelqu’un doit payer pour le sang des innocents sacrifiés sur l’autel de l’intérêt général.
  • La Guerre des intelligences, de Laurent Alexandre, lu par Arnaud Romain, 8h51.
    Notre cerveau biologique est de plus en plus concurrencé par l’Intelligence Artificielle. Tous les métiers, mêmes les plus complexes, seront touchés par ce tsunami technologique. La cohabitation entre les cerveaux humains et ceux de silicium pourrait conduire à des inégalités insupportables voire à une guerre des intelligences. Mais, en dopant les capacités intellectuelles des hommes de demain, une révolution de notre système éducatif pourrait rendre les Intelligences Humaines et Artificielles complémentaires, et créer une société au potentiel illimité. Quels scénarios l’Humanité devra-t-elle choisir ? Laurent Alexandre nous appelle à prendre conscience de ce changement de civilisation.

Ouvrages pour la jeunesse.

  • Les Mondes d'Ewilan 2 - L'OEil d'Otolep, de Pierre Bottero, lu par Kelly Marot, 7h8.
    À Gwendalavir, Ewilan se prépare à partir pour Valingaï afin de rendre Illian à sa famille et retrouver les siens. Avec Liven, apprenti dessinateur, elle découvre qu’une méduse aux tentacules mortels tente de bloquer l’accès à l’Imagination. Mais peu à peu, un mal sourd infecte son organisme. Soutenue par Salim et Ellana, elle parvient cependant aux confins de l’Empire devant l’œil d’Otolep. Ce lac mythique la délivrera-t-il du parasite mortel qui lui a été inoculé à l’Institution ?
  • Les orangers de Versailles, d'Annie Pietri, lu par Emmylou Homs, 2h37.
    Fille de l’un des jardiniers du château, Marion entre au service d’Athénaïs de Montespan, favorite du Roi-Soleil. Marion a un don : elle reconnaît les odeurs et sait marier les essences. La marquise comprend le parti qu’elle peut en tirer. Un jour, la jeune servante découvre qu’un terrible complot se trame contre la reine, et qu'à son insu, elle en est complice...

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50 lectures

jeudi, 2 août 2018

Parole donnée, de Patrick Henderickx.

Parole donnée

L'ouvrage:
1992. Patrick Henderickx vient de sortir de prison. Il s'est juré de ne plus retomber dans le milieu des truands. Il parvient à peine à joindre les deux bouts. C'est alors que le policier à qui il a eu affaire auparavant, et avec qui il est devenu ami lui propose de l'aider à «sauver des jeunes».

Critique:
L'auteur raconte son parcours après la prison. Ayant été victime de pédophilie dans son enfance, il commencera par s'attacher à aider des enfants et des adolescents qui ont eu un parcours «difficile». Le plus souvent, il agit instinctivement. Il se trompe parfois, mais son vécu et son empathie le font aller dans la bonne direction. Il explique le «regard de travers» que les jeunes et lui attirent souvent. Malheureusement, personne n'est à l'abri des préjugés. Lui-même raconte comment il s'y est laissé prendre.

Plusieurs fois, au cours de son récit, il insiste sur le fait que beaucoup disent (ou disaient, lorsqu'il était plus jeune) que la pédophilie, ça n'existait pas. Un moyen assez effrayant de laisser perpétrer ces actes barbares et nuisibles. Quant à lui, il ne peut pas continuer de vivre tant que ces horreurs se poursuivent. Voilà pourquoi il décide de prendre le taureau par les cornes... On a beau savoir que cela existe, le lire est toujours déstabilisant. Lorsque Patrick Henderickx s'attaque à la pédophilie, et raconte son combat sans pathos ni complaisance, on a l'impression d'aller au bout de l'horreur, de la cruauté, et à l'instar de l'auteur, on a envie de tuer tous les pédophiles... Avoir lu des romans et des faits divers, être informé ne prémunit pas, cela ne prémunira jamais, contre de telles abominations.

Le récit de patrick Henderickx est dur, mais il ne fait que rendre compte de faits qu'il tente de changer au lieu de se lamenter. Bien sûr, il ne peut pas sauver le monde entier, mais il essaie d'aider les gens en détresse, et plus particulièrement les enfants. En outre, les récits horrifiants sont entrecoupés de moments de répit où l'auteur raconte des victoires. Ce livre est fort en émotion, en sentiments (positifs et négatifs).

Le narrateur raconte aussi comment est née l'amitié entre celui qu'il appelle Pierrot (le policier) et lui. Cette histoire, à la fois étrange et empreinte d'humanité, ne manquera pas d'étonner et d'émouvoir le lecteur.

Il n'est pas facile d'écrire une chronique sur ce genre de livres sans avoir l'air soit pâmée (ce qui ôterait toute envie à une personne sensée de le lire), soit froide (ce qui donnerait quelque chose de convenu). Je ne suis pas sûre de m'en être vraiment sortie, mais je vous conseille ce livre. Patrick Henderickx, lui, vous conseillerait sûrement, ainsi qu'à moi, d'agir pour l'aider à éradiquer la pédophilie. En effet, c'est ce que lui-même a fini par faire.

Éditeur: Presses de la renaissance.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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78 lectures

mercredi, 1 août 2018

*Parutions Audible, août 2018.

Les titres suivants sont annoncés pour le 2 août.

  • Une fille, qui danse, de Julian Barnes, lu par Théo Frilet.
  • Crime et déluge (Agatha Raisin enquête 12), de M. C. Beaton, lu par Françoise Carrière.
  • Le puits d'argent (Les Cités des Anciens 8), de Robin Hobb, lu par Raphaël Mathon.
  • Un espion dans l'équipe (Goal ! 2), d'Antoine Griezmann, lu par Raphaël Mathon.
  • La colère des anges (Charlie Parker 12), de John Connolly, lu par François Tavares.
  • Le royaume en danger (Les héritiers 5), d'Erin Watt, lu par Benjamin Jungers et Bénédicte Charton.
  • Osez: 20 histoires de correspondance érotique, Collectif d'auteurs, lu par Isabelle Coltel et Michel Parpaing.

Les titres suivants sont annoncés pour le 9 août.

  • Le cimetière du diable (Bourbon Kid 3), auteur anonyme, lu par Nicolas Justamon.
  • Les Canons de la liberté (Outlander 6.2), de Diana Gabaldon, lu pa Marie Bouvier.
  • Les secrets de l'île (Meurtres à Sandhamn 4), de Viveca Sten, lu par Raphaël Mathon.
  • Goldman sucks, de Pascal Grégoire, lu par Yann Sundberg.
  • Rebecca, de Jean-Yves Masson, lu par Victorien Robert.
  • Porteurs d'âmes, de Pierre Bordage, lu par Damien Witecka.
  • Les blessures du silence, de Natacha Calestrémé, lu par Alexandra Mori.

Les titres suivants sont annoncés pour le 16 août.

  • Abnégation, d'Éva Delambre, lupar Laure Giappiconi.
  • La philo des super-héros, de Jonas Mary, lu par Barbara Tissier.
  • La nuit a dévoré le monde, de Martin Page, lu par François Montagut.
  • Ces gestes qui parlent à votre place, de Joe Navarro et Marvin Karlins, lu par Alexandre Donders.
  • Hunter, de Roy Braverman, lu par Florian Wormser.
  • Comment gérer un partenaire toxique, de Christophe Medici, lu par Ludmila Ruoso.
  • La magie de la peur (Le Soldat chamane 4), de Robin Hobb, lu par Matthieu Dahan.
  • Vous êtes 10 fois plus intelligent que vous ne l'imaginez, de Christophe Bourgois-Costantini, lu par Nicolas Djermag

Les titres suivants sont annoncés pour le 23 août.

  • La France mystérieuse, de David Galley, lu par Hervé Carrascosa.
  • Sans plus attendre (Blue Heron 2), de Kristan Higgins, lu par Tatiana Werner.
  • L'avenir au bout du pied (Goal ! 3), d'Antoine Griezmann, lu par Raphaël Mathon.
  • La cité du feu sacré (The Mortal Instruments 6), de Cassandra Clare, lu par Bénédicte Charton.
  • Les anges sont sans merci (Felicity Atcock 4), de Sophie Jomain, lu par Lila Tamazit.
  • Exercices sexuels de style (Tome 2), de Maïna Lecherbonnier, lu par Pascale Chemin.
  • Le retour de l'assassin (Le fou et l'assassin 4), de Robin Hobb, lu par Sylvain Agaësse.

Les titres suivants sont annoncés pour le 30 août.

  • L'art d'aller à l'essentiel, de Leo Babauta, lu par Marie-Christine Letort.
  • Tout sur mon chien, d'Alejandro Palomas, lu par Martin Amic.
  • Prendre un papa par la main, de Tristane Banon, lu par Christine Braconnier.
  • Flambeau, de Marc Laine, lu par Hervé Carrascosa.
  • Petits meurtres à Mangle Street, de M. R. C. Kasasian, lu par Sophie Loubière.
  • L'amour en marge, de Françoise Rey, lu par Linda Limier.

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