jeudi, 4 mars 2021

La nanny, de Gilly Macmillan.

L'ouvrage:
Après la mort de son mari, Jo n'a d'autres solutions que de retourner vivre chez sa mère, Virginia (son père est décédé) dans la propriété de Lake Hall. Elle craint l'influence de Virginia sur sa fille, Ruby, dix ans. Jo et sa mère ne se sont jamais entendues, leur cohabitation risque donc d'être délicate.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié le fait qu'au départ, certains éléments pouvaient être considérés de deux manières différentes. L'autrice s'arrange pour que le lecteur se pose des questions, mais ne marine pas trop longtemps. Les parties narrées du point de vue de Linda sont assez édifiantes pour qu'on sache rapidement qui croire. L'autrice a bien joué, car cet aspect ne traîne pas trop, et sa «divulgation» (si j'ose le tourner ainsi) ne gâche en rien la lecture. En outre, cela permet que Gilly Macmillan n'insère pas trop de passages où le lecteur verrait comment un personnage s'y est pris pour en manipuler un autre. Le lecteur sait rapidement comment et pourquoi la chose a été possible, et il lui suffit d'un exemple pour comprendre que cela a été une affaire de tous les instants. Même en ayant vu les ressors utilisés par un personnage, même en comprenant parfaitement pourquoi ils ont si bien fonctionné, une partie de moi souhaitait que cela n'ait pas été aussi simple, qu'un personnage parvienne à se faire comprendre... Pourtant, il est évident que Gilly Macmillan n'a rien exagéré, que ce qu'elle décrit est tout à fait possible. Cela fait froid dans le dos. J'aimerais en dire davantage, mais je ne veux pas que ceux qui liraient ma chronique sans avoir lu le livre sachent directement qui il faut blâmer.

Malgré une psychologie des personnages finement expliquée, il me semble que la romancière flirte avec l'incohérence quant aux événements. Je ne suis pas experte, mais il me semble difficile qu'une personne ne sente pas le pouls de quelqu'un qui est toujours vivant. Certes, dans le cas des personnages de «La nanny», on peut alléguer que celui qui a cherché le pouls était, à ce moment-là, extrêmement nerveux, mais la nervosité peut-elle être à ce point déstabilisante?... D'autant que le personnage aurait préféré qu'il y ait un pouls... Je pense aussi qu'il aurait peut-être pu y avoir des moyens d'arrêter un personnage lorsqu'il a commencé à en faire chanter un autre.

Comme je pinaille, je trouve qu'il aurait été très intéressant que le personnage détestable ait quelques côtés aimables, mais je sais que cela aurait été très difficile pour l'autrice de faire cela, d'autant qu'une pénible comme moi aurait pu, par la suite, l'accuser d'incohérence.

L'un des thèmes est très bien abordé, et m'a mise autant mal à l'aise que dans «Ma meilleure ennemie», de Paula Daly. Cela a d'ailleurs fait que lorsqu'un personnage se demande pourquoi un autre ne veut pas lui dire le fond de sa pensée concernant un sujet, j'ai pensé: «Elle ne veut pas te le dire parce que tel autre protagoniste lui a fait croire que si elle le faisait, il y aurait des conséquences néfastes, comme l'a fait unetelle dans «Ma meilleure ennemie». Je me rends d'ailleurs compte, en écrivant cela, que dans «La nanny», on ne sait jamais pourquoi Untelle refuse de donner ses motifs à l'autre personnage. J'imagine que l'autrice aurait pu expliquer cela, à la fin, en donnant le genre d'informations auquel j'ai pensé.

Au début, le lecteur se demande ce qui est réellement arrivé en 1987. Là encore, Gilly Macmillan a posé finement ses pions. Elle ne nous laisse pas attendre indéfiniment. Les choses sont dévoilées par petites touches, et avoir rapidement quelques éléments fait qu'on n'a pas l'impression de faire du sur place.

Je trouve dommage qu'à l'instar de certains mots, le mot anglophone «nanny» remplace, en français, le mot «nounou». Non seulement le titre français n'a eu droit qu'à la traduction de l'article défini, mais le mot «nanny» est employé à la place de «nounou» dans le roman. :-(

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie.

Valérie Muzzi lit les chapitres narrés par Jo ainsi que ceux du point de vue de Linda. Gudule Zuyten lit ceux racontés par Virginia. Olivier Prémel interprète ceux du point de vue de l'inspecteur de police.

Je sais que Valérie Muzzi a enregistré d'autres romans, mais c'est le premier où je l'entends. J'ai beaucoup apprécié son jeu naturel. Outre jouer sans cabotinage émotions et sentiments, elle parvient à modifier sa voix pour le rôle de Ruby sans affectation. Une chose m'a rendue très perplexe. Je suis absolument persuadée d'avoir déjà lu un ou plusieurs romans enregistrés par elle. Sa voix me dit quelque chose. J'ai déjà eu une impression de «déjà entendu» concernant Camille Lamache, et n'ai jamais élucidé le mystère, mais je pense que j'avais dû l'entendre dans une ou plusieurs séries. Ici, cela me perturbe davantage, car je suis sûre d'avoir entendu Valérie Muzzi dans des romans... La seule explication serait qu'elle ait enregistré sous un autre nom. Or, si certains comédiens américains font cela, je n'ai jamais vu le cas en France. Je vais donc triturer mon cerveau pour essayer de faire correspondre la voix de Valérie Muzzi à celle à laquelle elle me fait penser. À suivre... En tout cas, je l'entendrai à nouveau avec grand plaisir.

Si je ne me trompe pas, c'est le premier livre dans lequel on peut entendre Gudule Zuyten. Au départ, cela m'a un peu fait hésiter à tenter ce roman, car je ne pouvais entendre aucun extrait de la voix et du jeu de cette comédienne. J'ai eu de la chance, car je n'ai pas été déçue. Gudule Zuyten joue également très bien. Elle n'avait pas forcément la partie facile, car Virginia étant guindée, la comédienne aurait pu souhaiter retranscrire cela dans son intonation. Il est heureux qu'elle n'en ait rien fait, principalement parce que dans les chapitres narrés par Virginia, le lecteur est dans la tête de celle-ci, et j'imagine que lorsqu'une personne pense, même si elle est guindée, elle ne va pas prendre un ton mondain dans sa tête. Cela aurait été un gros défaut d'interprétation, à mon avis.

Ce n'est pas la première fois que j'entends Olivier Prémel. J'apprécie également sa voix et son jeu. Ici, il n'avait pas un très grand rôle, mais je pense que je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Partage

106 lectures

lundi, 1 mars 2021

The last confession of Autumn Casterly, de Meredith Tate.

L'ouvrage:
Autumn Casterly a dix-huit ans. Depuis plusieurs années, elle s'est éloignée (moralement) de sa famille. Elle est devenue dealeuse pour gagner le plus d'argent possible afin de quitter la ville. Ce vendredi-là, Autumn ne rentre pas chez elle. Elle est coutumière du fait, mais ce jour-là, sa soeur, Ivy, s'inquiète...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le lecteur comprend très vite que sous la peste qu'est devenue Autumn, se cache l'adolescente qu'on n'a pas voulu comprendre. Seulement, on ne sait pas tout de suite ce qui est arrivé. On a quelques indices dont un élément qui a joué un rôle déterminant, mais pendant assez longtemps, il manque un morceau. Meredith Tate est habile, car tout ce qui est exposé au départ aurait pu être suffisant pour expliquer la défiance d'Autumn. Bien sûr, cela aurait été peu crédible, mais cela serait passé. La romancière expose ensuite quelque chose qui explique tout, quelque chose qu'un lecteur plus futé devinera peut-être au gré des indices donnés avant la révélation. Je ne peux pas trop en dire, mais malheureusement, cela doit se retrouver trop souvent dans la vie...

Il est un peu gros qu'Ivy remue ciel et terre pour retrouver sa soeur, étant donné que celle-ci ne lui parle que pour lui dire des méchancetés, et qu'il est vraisemblable qu'elle a seulement décidé de ne pas rentrer chez elle ce week-end-là. L'autrice explique la chose par la manière dont Autumn gère la situation (si je puis le tourner ainsi). De plus, Meredith Tate ne tente pas de faire croire au lecteur qu'il est tout à fait normal qu'Ivy parte soudain en croisade pour retrouver sa soeur. Les amis d'Ivy eux-mêmes sont étonnés, et le lui font remarquer.

Ivy est un personnage attachant. Elle surprend, car elle est à la fois bien et mal dans sa peau. En effet, les messages dépréciateurs que lui envoie sa soeur portent leurs fruits, puisque Ivy pense qu'elle ne vaut pas la peine, mais d'un autre côté, elle n'a aucun complexe quant à son poids, ce qui est sympathique. La quête qu'elle entreprend ce week-end-là va l'obliger à se prouver qu'elle est forte moralement, et qu'elle sait appréhender les choses.

Ce roman fait partie de ceux dont j'aurais aimé qu'il y ait des chapitres supplémentaires après la résolution de l'énigme. Tout est dit, rien n'est bâclé, mais j'aurais voulu voir certains personnages reconstruisant quelque chose... Je pense que je suis la seule. ;-)

Malgré la tension presque constante, l'écrivain glisse de petites notes humoristiques. L'une d'elles m'a particulièrement amusée, d'abord parce qu'Autumn se joint au rire général (malheureusement, personne ne le sait), mais aussi parce que je pense à ce genre de plaisanteries depuis l'apparition de l'intelligence artificielle d'Amazon. J'imagine que beaucoup de personnes ont dû en faire les frais, et même si cela m'a fait rire dans le roman, j'imagine que cela doit être très désagréable quand on en est la cible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emma Galvin et Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai longtemps hésité à acheter ce livre, car je trouvais, en écoutant l'extrait proposé sur Audible, qu'Emma Galvin avait une lecture «brusque», une lecture «de brute». ;-) Comme le livre m'intéressait, j'ai laissé reposer mon cerveau après ma première impression, et ai réécouté l'extrait. À la deuxième écoute, j'ai pensé que je pourrais peut-être faire avec ce jeu. Maintenant que j'ai fini le livre, je sais que je peux entendre Emma Galvin à nouveau. Son jeu est naturel. Elle n'exagère rien, et n'est pas monotone.
Quant à Phoebe Strole, elle fait partie de mes comédiens favoris, et ici, elle n'a pas démérité.

Partage

171 lectures

jeudi, 25 février 2021

Neuf parfaits étrangers, de Liane Moriarty.

L'ouvrage:
Ils sont neuf à avoir souscrit à une cure de dix jours dans un centre de bien-être. Chacun souhaite aller mieux. Chacun a vécu de mauvaises expériences. Certains sont choqués, traumatisés. Ils souhaitent sortir de leur mal-être.

Critique:
Ce roman m'a plu. Les reproches que je formulerai ne sont en aucun cas adressés à l'autrice, mais à notre société, ou disons plutôt à certains représentants. Par exemple, je déteste le personnage de Masha. Pourquoi? Parce que Liane Moriarty a dépeint un protagoniste terriblement réaliste. Ce qu'est Masha est détestable, certes, mais de telles ignominies, de telles erreurs de la nature existent dans notre société. La romancière n'a fait que nous en montrer une avec brio.
Pour détailler un peu sans trop en dévoiler, Masha s'autorise à faire quelque chose, et ne l'avoue que lorsqu'elle est mise au pied du mur. Ce qui est détestable, ce n'est pas tant qu'elle ait eu l'idée de faire cela, mais le fait qu'elle l'ait fait à l'insu des clients. Chacun est responsable de soi-même, et certains auraient peut-être accepté l'expérience si elle leur avait été proposée. Mais Masha ne proposait pas, elle imposait. Si un jour, je m'offre un séjour dans un centre de bien-être, avant de signer quoi que ce soit, je demanderai à l'administrateur s'il peut me promettre (par écrit) qu'il n'est pas aussi malade que Masha. ;-)

J'ai apprécié tous les personnages venus faire la cure. Certains m'ont moins plu que d'autres, mais je les ai tous compris. Par exemple, je n'ai pas aimé l'engouement de Jessica pour les réseaux sociaux (elle en a l'utilisation la plus superficielle qui soit) ni son besoin de faire refaire chaque partie de son corps. Bien sûr, cela montre qu'elle n'est pas bien dans sa peau, et quand on creuse un peu, on se rend compte qu'elle est sympathique. Seulement, je ne sais pas du tout ce qui pourrait l'aider, puisque être aimée pour elle-même n'a pas fonctionné... Peut-être qu'elle n'a pas mûri... De toute façon, elle aussi représente beaucoup de personnes de notre société actuelle.

Concernant Ben et Jessica, j'ai un peu râlé à cause de clichés qui se mettent en place après l'événement qui a bouleversé leur vie, mais ces clichés ne sont pas imputables à l'autrice. Elle ne fait que dire comment la plupart des gens réagissent et réagiraient dans leur situation. La pauvre ne peut pas savoir que chez moi, elle touche un point particulièrement sensible.

J'ai très bien compris la douleur de la famille Marconi. Il est logique que deux d'entre eux se reprochent de n'avoir pas su empêcher le drame. Lorsqu'une personne se sent coupable d'un événement grave, ses proches assurent que non, elle ne l'est pas. À ce sujet, Heather a soulevé une question intéressante. Lorsque son mari refuse de la blâmer, elle lui dit qu'elle a peut-être envie qu'il le fasse. Je n'avais pas imaginé cela, mais une personne qui se fait des reproches a peut-être besoin d'entendre, juste une fois, qu'elle n'a effectivement pas agi comme il l'aurait fallu, mais qu'on est conscient qu'elle n'a rien fait exprès, qu'elle souffre aussi, et que chacun va devoir vivre avec cela.

Pour moi, l'intrigue est bien menée, et ne souffre d'aucun temps mort: suspense (je n'ai vu venir aucun rebondissement), psychologie des personnages bien pensée, le tout saupoudré de brins d'humour et d'un peu de romance.

J'ai beaucoup apprécié que Liane Moriarty prenne le temps de dire ce qu'il advient de ses personnages après. Il est logique que tout ne se termine pas parfaitement pour chacun, mais l'autrice n'en a pas trop fait, que ce soit dans les éléments heureux ou dans les tristes. J'aime que certains aient gardé des liens, que Carmel s'entende bien avec un personnage qu'elle imaginait ne pouvoir apprécier... J'ai moins aimé qu'un personnage n'ait pas tant souffert que cela...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Sodoyez.

C'est le deuxième livre enregistré par Colette Sodoyez que je lis. Au tout début, il m'a semblé qu'elle avait un peu de mal à ne pas trop en faire, mais c'est peut-être un effet de mes craintes passées (à cause d'une audiodescription qu'elle a dite de manière grandiloquente à mon goût, j'ai un petit mouvement de recul quand je lis son nom sur les livres audio, alors que son interprétation d'«Après l'incendie» m'a plu). Le tout début passé, j'ai apprécié son jeu. Elle ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles masculins, ne tente pas de faire un accent russe à Masha (certains l'auraient fait sous prétexte que Masha était russe). La comédienne joue les émotions des personnages sans les surjouer. Je regrette seulement qu'elle ait absolument tenu à faire un affreux (parce que pas naturel) «r» anglophone lorsque Frances évoque «Jane Eyre» (heureusement, cela n'arrive que deux fois) et à prononcer Izeur pour Heather. Concernant ce dernier point, si en anglais «ea» se dit «i», ce n'est pas toujours le cas. Dans le prénom «Heather», le «ea» se prononce «è». Il aurait donc été plus naturel et plus proche de l'original (donc plus logique) que Colette Sodoyez prononçât Èzeur. Je trouve assez gros que ni la comédienne ni la personne qui supervisait l'enregistrement n'aient creusé la question. J'écris donc ici ce que je pense depuis que l'erreur de prononciation a été commise sur le nom de famille des personnages principaux dans «Les apparences»: je veux bien être consultante en prononciation anglophone pour les éditeurs audio. Si cela arrivait (je peux toujours espérer), je pourrais dire que je fais un peu partie du milieu, même si ce n'est qu'à 0,001%. ;-)

Partage

175 lectures

lundi, 22 février 2021

Les fantômes de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason.

L'ouvrage:
Danny a disparu. Ses grands-parents font appel à Konrad, policier à la retraite, pour la chercher. Ils ne s'adressent pas à la police car ils souhaitent un maximum de discrétion. Konrad accepte de leur rendre service parce que la femme était amie avec la sienne.

Critique:
Ce roman est la suite de «Ce que savait la nuit». Il m'a plu de retrouver Konrad qui m'est sympathique. Ici, il est embarqué dans deux affaires presque malgré lui, et tente de faire de son mieux. Il est attachant parce qu'il est sincère et opiniâtre. Dans ce tome, il tente encore de savoir qui a tué son père. Cela fait qu'il en apprend davantage sur ce dernier.

L'intrigue est bien menée. Konrad retrouve très vite Danny. Cela ne doit pas faire penser au lecteur que le livre va traîner. La découverte de la jeune fille n'est qu'un commencement. Les révélations et les rebondissements s'enchaînent assez rapidement, tout en laissant au lecteur le temps d'assimiler les éléments. Après coup, je me dis que j'aurais peut-être dû deviner certaines choses, mais je suis contente de ne pas les avoir trouvées. Il y en a d'autres que j'avais devinées, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture, car ce que j'avais trouvé se confirme assez vite.
La fin n'est ni bâclée ni incohérente.

Arnaldur Indridason aborde un sujet qui l'est assez souvent dans les romans policiers et les thrillers. Ici, il parvient à ne pas galvauder le thème en faisant ce qu'il faut comme il le faut.

Il pourrait être un peu déroutant de n'avoir aucune indication temporelle au début de certains chapitres. Pourtant, ce n'est pas le cas. Après quelques chapitres, j'ai pensé que ça pourrait l'être, puis je me suis rendu compte que je suivais très bien, que malgré les louvoiements entre le passé et le présent sans qu'il y ait de dates, je ne me perdais pas. Je pense que j'ai d'abord imaginé que l'absence d'indications temporelles en début de chapitres pourrait me gêner parce que certains auteurs en mettent lorsqu'il y a alternance entre le passé et le présent. Ce sont, en fait, ces auteurs qui en font trop. Quand le récit est bien mené, il n'y en a pas besoin.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Martin Spinhayer fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Son jeu reste naturel. Il rend très bien les émotions des personnages. Il modifie à peine sa voix pour les rôles féminins, et c'est très bien.

Partage

186 lectures

jeudi, 18 février 2021

Le souper des maléfices, de Christophe Arleston.

L'ouvrage:
Cité de Slarance.
Zéphyrelle est la fille d'un vieux guerrier aujourd'hui décédé. Elle prend des cours avec un ami de celui-ci, car elle souhaite être une parfaite combattante. Un jour, elle est recrutée par le dynarque de Slarance: elle doit enquêter sur d'étranges faits, dont le meurtre de tous les agents du dynarque.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que dès le départ, l'auteur nous montre que Zéphyrelle, malgré sa bonne volonté, a encore beaucoup de choses à apprendre. Elle est un peu pénible, car elle semble penser qu'elle saurait se sortir de n'importe quelle situation. Mais elle est sympathique, car elle écoute ses aînés, et tire des leçons de ses erreurs. Son art du déguisement m'a fait rire. D'une manière générale, j'ai apprécié de la voir évoluer, mûrir, ne pas hésiter à se frotter à certains défis, dont l'un est à la fois cocasse et dangereux...

Fanalpe est un peu du même tonneau. Il n'est pas parfait, et ses erreurs engendrent un rire teinté d'agacement chez le lecteur. Par exemple, je me suis dit qu'il était vraiment idiot de n'avoir pas pensé que son plat «enchanté» ne serait pas uniquement goûté par celle à l'intention de qui il l'avait préparé. Christophe Arleston, lui, y a bien pensé... ;-) Par contre, il y a une chose qui me semble une incohérence: je n'arrive pas à comprendre comment Fanalpe a fait pour verser sa sauce dans le repas du dynarque sans que ni Zéphyrelle, ni le goûteur, ni celui qui les accompagne ne s'en aperçoive...

Mis à part cela, pour moi, tout se tient. La résolution de l'énigme est simple... une fois qu'on a la solution. Je ne sais pas pourquoi je n'y avais pas pensé.

Le roman est parsemé de situations et de répliques humoristiques. Par exemple, la peur teintée d'admiration de chacun pour les silences du dynarque, ou bien certaines conséquences de ce que fait Fanalpe afin que son oie ait l'âge requis. ;-)

La fin ne laisse pas le lecteur avec des questions, mais certains éléments donneraient matière à une suite. Je dis surtout cela parce qu'ayant beaucoup apprécié ce roman, j'aimerais en retrouver certains personnages. Certes, il faudrait que l'auteur créât une énigme d'un autre genre (il ne va quand même pas y avoir d'autres meurtres dans la même cité, ce serait un peu gros), ce qui permettrait au lecteur de retrouver la verve et le savoir-faire de Zéphyrelle et de Fanalpe.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandre Donders pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

C'est le premier roman que je lis enregistré par ce comédien. Son interprétation m'a beaucoup plu. Il joue les sentiments des personnages sans les exagérer, et ne fait pas d'affreux effets de voix pour les rôles féminins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Partage

195 lectures

lundi, 15 février 2021

The starter house, de Sonja Condit.

L'ouvrage:
Eric et Lacey veulent fonder une famille. Pour cela, la jeune femme souhaite qu'ils achètent une maison qui serait le symbole et le ciment de leur vie ensemble. Ils trouvent une maison de laquelle Lacey tombe tout de suite amoureuse. Peu de temps après leur installation, la jeune femme rencontre un garçonnet qu'elle imagine être un jeune voisin. Seulement, il lui dit que la maison est à lui, et Lacey se rend vite compte qu'elle est la seule à le voir...

Critique:
Je ne suis pas très fan des romans d'épouvante, mais celui-là m'a plu. Malgré mon peu d'expérience de ce genre, je pense que les habitués ne courront pas après ce livre, car certains éléments semblent clichés: la maison hantée par un enfant, des horreurs impliquant des enfants étant arrivées des années auparavant, le mari refusant de croire sa femme quant au fantôme, etc. L'auteur complexifie les choses lorsque le fameux fantôme déplace des objets (quand il mange des gâteaux ou joue aux dames avec Lacey) mais là encore, j'imagine que les habitués du genre diront que c'est très prévisible. Je pense donc que ce roman plaira davantage à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans ce genre de lectures qu'à celles qui en ont beaucoup à leur actif.

Sonja Condit introduit un élément nouveau dans la machine, du moins nouveau pour moi qui m'y connais peu. Cela concerne l'identité du fantôme. Je n'avais encore jamais vu ce genre de situations...

Les événements concernant la maison sont une occasion pour Lacey de se rapprocher de sa mère Les deux femmes ne s'entendent pas, principalement parce que Lacey reproche à sa mère de lui avoir fait mener une vie de bâton de chaise lorsqu'elle était enfant, alors qu'elle souhaitait avoir une vie normale, et qu'elle aurait pu avoir cela en habitant avec son grand-père. En outre, la mère a certaines particularités quelque peu horripilantes. Ce qui arrive dans la maison force les deux femmes à se rapprocher, et enfin, à se parler.

Je n'ai pas apprécié la réaction d'Eric. Bien sûr, elle est logique, et elle est importante afin que le roman puisse prendre la direction souhaitée par l'auteur. Donc je la comprends, même si elle ne m'a pas plu.

La fin me convient. Certes, il y a de la casse, mais la romancière n'aurait pas pu l'éviter. Tout est cohérent, et rien n'aurait pu être résolu sans cette casse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Partage

198 lectures

jeudi, 11 février 2021

Reste avec moi, de Jessica Warman.

L'ouvrage:
Elizabeth a fêté ses dix-huit ans la veille au soir sur le bateau de son père. Ce matin-là, elle s'éveille pour voir que son corps est... dans l'eau, apparemment moyé. Pourtant, elle se déplace sur le bateau... Elle se rend vite comte qu'elle est réellement morte, et que si elle peut se déplacer, en esprit, personne me la voit ni ne l'entend.

Critique:
Ayant aimé «Maintenant qu'il est trop tard», j'ai souhaité lire «Reste avec moi». Il m'a plu. L'autrice montre qu'Elizabeth prend conscience de certaines choses: par exemple, de son vivant, c'était une peste. Cependant, ce n'est pas si simple. La jeune fille éveille donc des sentiments contradictoires chez le lecteur, car malgré son attitude générale, elle avait une conscience.
Marshal, le père d'Elizabeth, a éveillé le même type de sentiments chez moi. Il souffre d'avoir perdu sa fille, il a tenté (mollement, certes) de l'aider avant sa mort, mais ses actes passés envers Lisa sont détestables. Certes, Lisa avait sa part de responsabilité, mais les choses auraient pu tourner autrement si chacun y avait mis du sien.
On peut voir d'autres personnages ainsi: ils sont à la fois à plaindre et à blâmer. C'est intéressant, car cela rend le tout crédible.
Par contre, il est un personnage dont je me sus rapidement méfiée, et la suite m'a donné raison. Je suis assez contente d'avoir vite démasqué ce protagoniste, car à chaque fois qu'il en était question, je collectais les indices que j'accumulais comme des preuves de sa petitesse d'esprit, et au final, tout colle. Il y a juste une incohérence que l'autrice aurait facilement pu éviter. Vers la fin, quelqu'un finit par deviner quelque chose, et le balance à la tête de quelqu'un d'autre. La personne incriminée ne nie pas, et explique même ses raisons. Ensuite, elle est arrêtée. Certes, mais il n'y a aucune preuve de sa culpabilité. Jessica Warman aurait gommé l'incohérence en faisant en sorte, par exemple, que le personnage qui entend les aveux les enregistre sur son téléphone portable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Je me suis tout de suite mise à la place d'Elizabeth qui voit les choses se dérouler, et ne peut rien faire, ne peut plus parler à ceux qu'elle aime... J'ai également apprécié que la romancière soulève certaines questions quant à la portée des actes de chacun.%%Avec délicatesse, Jessica Warman aborde la question du pardon. Elle ne donne aucune leçon de morale, à l'inverse d'autres auteurs pénibles. Elle met plutôt l'accent sur le fait de se pardonner à soi-même. Elle en évoque la difficulté sans gros sabots. J'ai trouvé cela bien exposé.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Noémie Guérin pour l'association Valentin Haüy.

Partage

262 lectures

lundi, 8 février 2021

This magnificent dappled sea, de David Biro.

L'ouvrage:
1992, village de l'Italie du Nord. LucaTaviano, neuf ans, doit être hospitalisé à la suite d'un rhume qui semble ne pas passer. Après examens, on découvre qu'il a une leucémie. Le traitement ne fonctionnant pas, et l'oncologue jugeant qu'il n'y a plus rien à faire, une infirmière (Nina Vocelli) devenue amie avec le petit garçon, soumet son cas à un professeur frayant avec des méthodes plus avancées. Il s'avère que Luca a besoin d'une greffe de moelle. On lui trouve même un donneur compatible en peu de temps. Seulement, celui-ci n'a aucun lien avec l'enfant: c'est un rabbin new-yorkais. Cette découverte plonge Nina et la grand-mère de Luca dans un abîme de perplexité.

Critique:
Ce roman m'a plu. Au départ, j'ai craint que l'auteur en fasse trop concernant la seconde guerre mondiale (le résumé précise que les événements de 1992 forcent certains personnages à se remémorer cette époque), mais il n'en est rien. Je suis donc contente d'avoir combattu ma petite appréhension.

Si l'énigme concernant les origines de Luca est intéressante, pour moi, ce n'est pas le côté le plus attirant du roman. J'imagine d'ailleurs que certains lecteurs, à l'instar de Luca, seront un peu frustrés de la manière dont se termine cette quête. Cela n'a pas été mon cas, parce que ce qu'a fait David Biro est crédible. S'il avait pris une autre direction (celle souhaitée par Luca), cela aurait aussi été crédible, mais un peu moins. À mon avis, cette «énigme» met plutôt en garde contre les non-dits, les malentendus et le climat sournois qu'ils peuvent engendrer. À cause de cela, le grand-père de Luca (Giovanni) a passé plus de quarante ans à se tourmenter. Raconter les événements, ne serait-ce qu'à sa femme, aurait sûrement été une meilleure manière d'agir. Bien sûr, il avait ses raisons pour ne pas parler, mais à mes yeux, elles n'étaient pas valables. Certes, pour une personne qui n'est pas impliquée, c'est toujours plus facile de penser qu'il vaut mieux dire toute la vérité. Heureusement pour moi, je n'ai jamais été dans ce genre de positions. J'espère que si cela m'arrivait, je ferais ce que je prône aujourd'hui.

Au début, je n'aimais pas trop Sarah. Je la trouvais trop repliée sur elle-même. Son besoin de retourner dans sa communauté me faisait frémir, car cela me la faisait penser sectaire. Ensuite, je trouvais que sa haine de l'Italie en faisait quelqu'un de borné, sans esprit critique. Qu'une atrocité soit arrivée à la famille de Sarah en Italie ne peut être une raison valable pour elle de détester le pays en question, même si je comprenais que lorsque de forts sentiments sont en jeu, la neutralité de l'esprit critique n'est pas toujours possible. J'approuvais davantage Sarah lorsqu'elle souhaitait que le pacte entre Joseph et elle soit toujours respecté.
Sarah et Giovanni sont des personnages complexes dont il est intéressant de réfléchir aux motivations.

J'ai apprécié Nina. Heureusement, l'auteur a pris soin de ne pas la rendre parfaite. Par exemple, elle aurait dû parler plus tôt à Luca concernant Giovanni, cela aurait évité que le garçonnet soit tourmenté pendant un certain temps après les révélations de Samuel. Mais cela, Nina l'ignorait. Elle a fait de son mieux pour que Luca souffre le moins possible.
J'ai quelque peu désapprouvé la relation amoureuse de l'infirmière. Je me disais que le personnage n'était pas fiable. À vous de voir si j'ai raison. ;-)

Un livre qui fait réfléchir quant à la portée de nos actes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

Cassandra Campbell fait partie de mes comédiens favoris. Si j'ai autant apprécié son jeu que d'habitude, j'ai détesté qu'elle prenne un semi accent italien pour les personnages italiens. Ce n'est pas seulement parce que lorsque je lis dans une langue, j'ai horreur qu'on prenne des accents d'autres langues. Après tout, si le personnage a un accent, je comprends que le comédien le fasse, même si cela me déplaît. Ici, cet accent est un contresens. En effet, nous sommes dans le même schéma que dans «Under darkening skies», de Ray Kingfisher (sauf que dans ce roman, c'était le norvégien): les personnages sont italiens, et ils parlent italien entre eux. Le livre est écrit en anglais, donc conventionnellement, les paroles des personnages italiens sont écrites en anglais. Il ne faut donc pas faire d'accent puisqu'ils parlent leur langue. S'ils parlaient anglais, et si l'auteur précisait qu'ils ont un accent italien en parlant anglais, il faudrait peut-être le faire. Par exemple, dans le roman, c'est le cas quand Nina s'adresse à Joseph, et encore, il n'est dit nulle part qu'elle parle anglais avec un accent italien. Ce n'est pas la première fois que je trouve ce contresens dans un roman anglophone, et c'est extrêmement casse-pieds!!!

Partage

235 lectures

- page 1 de 447