jeudi, 4 juin 2020

Juste avant la nuit, d'Isabel Ashdown.

L'ouvrage:
Depuis quelques mois, Jess est revenue dans le village où elle a passé son enfance et son adolescence. Elle vit chez sa soeur (Emily) et le compagnon de celle-ci (James), et fait office de nounou pour leur fille d'un an (Daisy). Ce soir-là, Emily et James vont à une soirée, laissant Daisy sous la garde de Jess. À leur retour, l'enfant a disparu.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Très vite, un personnage m'a paru inappréciable, puis détestable. Pour moi, il est manipulateur, pervers narcissique, et peut-être même malade. À mesure que le livre avançait, j'avais peur que l'autrice imagine un revirement de situation qui tendrait à rendre ce personnage sympathique. Cela aurait été très maladroit, et heureusement, elle ne l'a pas fait. J'ai rapidement souhaité que ce protagoniste souffre beaucoup. Pour moi, il n'a pas assez souffert.
Quant aux autres, ils m'ont tous été sympathiques, même si l'un d'eux fait certaines choses pas toujours nettes. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, mais j'ai excusé ces choses parce que le personnage en question a été poussé par l'attitude de celui que je déteste, et en plus, n'a pas toujours prémédité ses actes. Ici, l'autrice présente un genre de cas de conscience au lecteur: approuvons-nous sans réserve ce personnage? Aurions-nous fait comme lui? Si nous l'approuvons, alors nous approuvons quelque chose de peu reluisant... Certes, mais il faut voir les circonstances, etc. Je pense qu'il serait intéressant d'en discuter entre personnes qui ont lu le roman.

L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Au récit du présent se mêle celui du passé, ce qui ne m'a pas gênée, même si je ne suis pas friande de cette structure. Isabel Ashdown crée certains rebondissements que je n'avais pas prévus, et qui s'insèrent bien dans l'histoire. Elle décrit bien la psychologie de ses personnages, et tous les événements sont cohérents.

J'imagine qu'en version originale, la première femme de James s'appelle April. En général, dans les romans, ce prénom est gardé tel quel. J'ai donc été étonnée qu'il soit traduit ici. Le côté positif (en tout cas, de mon point de vue), c'est que de ce fait, la lectrice ne l'a pas prononcé en prenant un accent anglophone.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Marchant pour les éditions Lizzie.

Ce n'est que le troisième livre enregistré par cette comédienne que je lis. Je me souviens avoir aimé sa prestation dans «La fille du train» et avoir été déçue de son jeu dans Une fois dans ma vie». Ici, j'ai apprécié son jeu. Elle entre parfaitement dans la peau des personnages, et nuance toujours très bien son intonation afin de faire passer leurs émotions. Ce n'est pas forcément facile, surtout, à mon avis, concernant le personnage détestable. En outre, Valérie Marchant ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles masculins. J'ai été déçue qu'elle prononce Saïmone pour Simon et Djékobze pour Jacobs, mais elle n'y met pas trop d'affectation.
Étant donné qu'au début de l'ouvrage, elle prononce correctement le nom de l'éditeur, je n'ai pas compris pourquoi, lorsque ce mot apparaît en tant que prénom dans le roman, elle le prononce mal. Elle dit Lidzie. Malheureusement, beaucoup de gens prononcent ainsi. C'est une faute, puisqu'en français et en anglais (c'est souvent en anglais que ce diminutif est employé), on ne prononce pas les deux «z» «dz».

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21 lectures

lundi, 1 juin 2020

Close to the cradle, de Nova Lee Maier.

L'ouvrage:
Didi Vos vient d'avoir un enfant. Son accouchement a été difficile. Elle a donc besoin d'une infirmière à domicile pour quelques jours. C'est Hennequin qui vient l'assister. Tout semble bien aller. Cependant, une policière fait des recherches concernant Hennequin...

Critique:
Ce roman m'a globalement plu, même si j'ai trouvé certaines incohérences. Par exemple, il est très rapidement évident qu'Hennequin souhaitait travailler pour ce couple en particulier. Cependant, comment a-t-elle su que Didi chercherait une infirmière? En outre, comment pouvait-elle prévoir que cela arriverait? La grossesse et l'accouchement de la jeune femme auraient pu ne pas nécessiter cela.
D'autre part, on comprend très vite qu'Hennequin n'est pas nette. C'est un peu dommage, car cela gâche un peu le suspense. Cependant, cela peut être pardonné à l'auteur car elle sort certains bons rebondissements de sa manche.

À part Miriam, Nelly, et le père d'Hennequin (les deux derniers arrivent tard dans le roman), je n'ai apprécié aucun personnage. Je trouvais cela étrange. Finalement, je pense que c'est voulu de la part de l'autrice, et que c'est encore mieux si, au départ, le lecteur ne comprend pas trop pourquoi il n'apprécie pas Didi, par exemple.

Les différentes découvertes de Miriam expliquent certaines choses concernant l'attitude et les actes d'Hennequin. Il me semble quand même que l'autrice laisse une petite part d'ombre afin que le lecteur puisse penser qu'Hennequin était aussi comme ça à cause de sa personnalité. Certes, elle connaît des déboires, mais elle avait un terrain favorable à ce qu'elle est devenue.

Je sentais venir le rebondissement final, et je ne parviens pas à savoir s'il m'a plu. S'il n'avait pas eu lieu, cela aurait montré quelque chose de plus tranché. Le lecteur pouvait vilipender tel personnage, et être satisfait de la manière dont les choses se terminent pour ce personnage. Ici, on peut être déçu de la façon dont certaines choses ont commencé, et on peut penser que si les événements avaient été autres, certaines catastrophes ne seraient pas arrivées. Cela ne me plaît pas vraiment (pour des raisons un peu naïves) mais je reconnais que c'est une meilleure fin que celle à laquelle on s'attend d'abord. Elle rappelle que dans la vie, les choses sont souvent injustes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

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34 lectures

jeudi, 28 mai 2020

La nuit de l'Orcière, de Pierre Petit.

La nuit de l'Orcière

L'ouvrage:
Années 70. Lorsqu'elle épouse Robert Chevrier, Louise devient la maîtresse de l'Orcière, la maison de son époux. Seulement, elle doit composer avec la présence de Rémi, le père de Robert. Le vieux n'est pas aimable, et semble guetter les faits et gestes de la jeune femme. D'autres événements vont, peu à peu, rendre l'atmosphère oppressante.

Critique:
Je ne suis pas friande de romans du terroir. En ayant lu pendant mon adolescence, j'ai maintenant peur d'y trouver du sirupeux et de l'invraisemblable, donc je m'en éloigne. J'ai tenté «La nuit de l'Orcière» parce qu'outre un synopsis intéressant, il est lu par un lecteur dont j'apprécie les interprétations. Je suis contente d'avoir essayé ce roman, car il m'a plu. C'est un roman du terroir, mais on n'y trouve pas les ingrédients qui me déplaisent. Reste ce qui me convient: le fait que nous sommes dans un village campagnard. En outre, un élément qui aurait pu m'agacer ne va pas assez loin pour que je râle, donc...

Si le père de Robert est un élément dont on se méfie rapidement, l'intrigue ne tourne pas uniquement autour de sa présence. Bien sûr, il interfère de différentes manières dans les rapports entre Louise et Robert, mais la jeune femme ne fraie pas uniquement avec lui. Par exemple, elle et sa grand-mère (qui, apparemment, fait une délicieuse charlotte au chocolat) sont très complices. Louise adore lire (fait qui introduit un pan de l'intrigue). Enfin, elle devient amie avec Rosa, la femme qui vient faire le ménage à l'Orcière.

À mesure que les choses avancent, la tension monte pour différentes raisons. Les motifs des uns et des autres sont «simples», mais cela ne fait pas que ce roman est simpliste. Pour moi, les faits ne sont pas trop gros. Certains penseront peut-être que des éléments sont du remâché. Pour ma part, je pense que l'auteur a su les introduire sans que cela n'amène de l'ennui. Une fois que j'ai compris que Rémi n'était pas net, j'attendais de voir quel serait son prochain stratagème, et je me demandais si ceux qui s'en apercevraient pourraient le déjouer.
Robert est un personnage intéressant. J'ai compris ses différentes réactions quant à ce qui arrive dans son couple. Il est un peu bourru, et n'exprime pas facilement ses sentiments, mais lors du premier «coup dur», il ne réagit pas si mal. Je me serais attendue à ce qu'il se referme. Ensuite, se débattant entre ce qu'il souhaite pour son entreprise et sa conscience, il effraie et attendrit à la fois. Enfin, la toute dernière chose qu'il fait montre sa lucidité quant à sa situation.

J'ai été un peu frustrée par la fin. J'aurais aimé savoir comment se passent les choses ensuite. On peut, certes, l'imaginer...

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Il me plaît toujours de retrouver ce lecteur qui n'est jamais monotone, et n'en fait jamais trop. Ici, il n'a pas démérité.

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47 lectures

lundi, 25 mai 2020

The accidentals, de Minrose Gwin.

The accidentals

L'ouvrage:
Opelika, Mississippi. Holly et Olivia McAlister ont deux filles, June et Grace. Lorsqu'elle est à nouveau enceinte, Olivia prend une décision dont les conséquences affecteront profondément et durablement la vie de sa famille.

Critique:
Ce roman m'a plu. Je l'ai trouvé dur psychologiquement, mais également très réaliste. Dès le départ, le souci de la famille McAlister vient du mal que ses membres ont à communiquer. Ensuite, Grace se reproche la conséquence la plus radicale de la décision d'Olivia (décision dont je parle dans mon résumé). Quelque part, sa soeur la lui reproche également. Plus tard, c'est June qui fera quelque chose qui changera certains paramètres de la vie de Grace. Quant à Holly, il aime ses filles, et à cause de ces événements qu'il ne peut contrôler, ne parvient pas toujours à le leur montrer.

Je voulais que Grace, au moment d'un événement qui marque son adolescence, puisse agir comme elle le souhaitait. En tout cas, en partie. Je ne comprenais pas pourquoi elle ne tenait pas davantage tête (surtout à cette horrible Frances), mais à y bien réfléchir, j'imagine que cela va avec ce mal à communiquer qui règne dans cette famille. Si je trouve des excuses à tous ses membres, je vilipende quand même Frances, qui a une très haute opinion d'elle-même, et n'est pas vraiment celle à qui on aurait envie de se confier. Elle aurait mérité de souffrir, à mon avis. Certes, on me dira qu'elle a peut-être souffert de sa décision la plus égoïste. Je n'en ai pas vraiment trouvé de traces dans le roman, mais il y a peut-être des choses au détour de phrases que je n'ai pas voulu retenir. Me connaissant, c'est possible. ;-)

Des aspects de ce livre sont assez frustrants. Par exemple, certains personnages ne savent pas une chose donnée, et la savoir aurait amélioré leur vie. Bien sûr, ceux qui taisent cet élément ne sont pas à blâmer, car ils ignorent les conséquences de cela. Dire la vérité leur aurait même nui. À la fin, on imagine que peut-être, les personnes concernées finiront par savoir, car l'autrice leur donne de minuscules indices que seul le lecteur peut déchiffrer. À la suite de cela, il faudrait qu'unetelle devienne assez proche de telles autres pour leur raconter sa vie... et encore, la conteuse devrait tout connaître de sa vie, et peut-être ses parents ne lui ont-ils jamais dit comment elle avait commencé...

À un moment, je me suis dit que Minrose Gwin exagérait. Dans la vie, on ne va pas vraiment tomber sur des personnes qui ont été mêlées, sans le savoir, à la même histoire, et qui finissent par se connaître tout en ignorant ce lien. Et puis j'ai pensé que si cela se trouvait, ce genre de choses arrivait davantage que ce que j'imagine.

Olivia, Grace, June, et d'autres font certaines choses qui soulèvent des questions, parfois dérangeantes. Cela donne à réfléchir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

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49 lectures

jeudi, 21 mai 2020

Le secret d'Aiglantine, de Nicole Provence.

Le secret d'Aiglantine

L'ouvrage:
Messimi, petit village dans les environs de Lyon.
Ce jour-là, en rentrant chez lui, Firmin, le maréchal ferrant, trouve sa femme, Amélie, morte. Elle a été étranglée. Le gendarme Émilien Gontard trouve quelques maigres indices susceptibles de le mener au meurtrier. Cependant, pour cela, certains secrets devront être exhumés.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certains éléments sont prévisibles (j'en avais deviné un bien avant qu'il se produise), et certaines façons de faire paraîtront peut-être un peu grosses, cependant, tout est cohérent, rien n'est bâclé. Il y a peut-être un détail qui, à mon avis, n'est pas très crédible, c'est la réaction de Gabrielle à la fin, mais on peut pardonner cela à l'autrice.

Certains aspects de l'intrigue (notamment ce qui est arrivé à Amélie lorsqu'elle était jeune) peuvent paraître mièvres et même convenus. Cela ne m'a pas dérangée parce que la romancière a su ne pas trop en faire.
On pourrait également trouver peu crédible qu'Aiglantine finisse par tomber amoureuse si vite alors que son passé lui crie de fuir les hommes. Là encore, Nicole Provence parvient à s'en tirer sans exagérer.

Le suspense et la tension sont parfois adoucis par de petites notes humoristiques, comme par exemple certaines conversations entre Émilien et Césarine (sa femme). La romancière parvient à ne pas trop faire traîner les choses en parsemant son récit de révélations (j'en ai trouvé une, mais j'étais loin d'avoir tout deviné), et augmente la tension lorsque tous les protagonistes sont confrontés les uns aux autres dans les derniers chapitres.

Beaucoup de personnages sont sympathiques. Ils éveillent la compassion pour différentes raisons. Il est peut-être un peu dommage que le «très méchant» n'ait absolument rien d'aimable, mais ce genre de personnes existe malheureusement.

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Il m'a plu de retrouver ce lecteur dont j'apprécie la façon de lire. Ici, il n'a pas démérité: il n'a pas fait d'affreux effets de voix selon les personnages, et son ton est adéquat.

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66 lectures

lundi, 18 mai 2020

Carnegie Hill, de Jonathan Vatner.

Carnegie Hill

L' ouvrage:
Penelope (dite Pepper) vient d'acheter un appartement dans la résidence de Carnegie Hill. Elle est ravie, car elle va faire partie de l'assemblée des copropriétaires, là où se décide tout ce qui est important pour la résidence. D'autre part, la jeune femme va bientôt épouser Rick, son compagnon.

Critique:
Ce roman m'a plu. (Heureusement pour moi, parce que je l'ai précommandé, et de ce fait, je n'ai pas pu regarder des avis de lecteurs avant.) Si Pepper est le personnage principal, Jonathan Vatner montre la vie d'autres personnages vivant dans la résidence. À travers eux et les événements qu'ils vivent, certains thèmes sont intelligemment abordés. Par exemple, Sergueï ne parvient pas à «sortir du placard», ayant peur d'être rejeté par ses parents, renvoyé par ses employeurs... Pepper se rend rapidement compte que certains copropriétaires de sa résidence (dont celle qui supervise les réunions) ne tiennent pas à ce que des personnes faisant partie de minorités ethniques vivent près d'eux. Malheureusement, Jonathan Vatner n'exagère pas. La société est loin d'être aussi tolérante que ce qu'elle tente de faire croire. C'est d'autant plus écoeurant que le fait est que si on apprécie ou pas quelqu'un, cela tient à son caractère, et non au fait que sa peau soit d'une certaine couleur ou qu'il soit homosexuel.

J'ai eu du mal à apprécier Birdie. Son mari (George) et elle vivent une crise dont elle le rend seul responsable. Les choses sont pourtant plus nuancées. Certes, Birdie est à plaindre, mais pas seulement; George est à blâmer, mais pas seulement.

Quant à Pepper et Rick, l'auteur tente de nuancer certaines choses, mais l'attitude de Rick n'inspire pas vraiment confiance. Par exemple, lorsqu'il dit à Pepper qu'il ne veut pas la tromper, mais préfère avoir son pardon à l'avance au cas où il céderait à la tentation... D'autres choses font qu'il n'est pas appréciable, mais je n'en dirai pas trop. Certains lecteurs arriveront peut-être à nuancer leur jugement concernant Rick, surtout que Pepper n'est pas absolument parfaite. Moi, je n'ai pas pu. Quant à Pepper, parfaite, elle ne serait pas crédible. Au moins, elle essaie de bien faire.

J'ai apprécié Francis et Carole. Certains de leurs côtés sont sympathiques, d'autres sont agaçants. À l'instar de George et Birdie, ils souffrent de difficultés à communiquer. Cependant, pour moi, ils y parviennent mieux au long du roman. L'auteur présente des situations délicates dont il n'est pas toujours simple de se tirer. J'ai apprécié la fin. Elle nous dit que si on parvient à faire avec les aléas de la vie, on tirera son épingle du jeu.

Un livre sympathique, qui fait réfléchir en teintant la gravité de notes humoristiques.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

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64 lectures

jeudi, 14 mai 2020

Une fille modèle, de Karin Slaughter.

Une fille modèle

L'ouvrage:
Pikeville, Georgie. Mars 1989. Ce soir-là, Gamma Quinn et ses filles (Samantha et Charlotte) s'apprêtent à s'attabler devant des spaghettis, lorsque l'enfer entre chez elles.

Vingt-huit ans plus tard, si tous ceux qui ont perdu quelque chose au cours de cette fatale soirée tentent de l'oublier, cela s'avère impossible. De plus, certains événements vont faire resurgir les blessures du passé.

Critique:
Je n'ai lu qu'un roman de Karin Slaughter, et il m'a plu. J'ai donc été contente de pouvoir tenter celui-ci. Le livre est assez épais, mais il n'y a pas de longueurs. Bien sûr, la même soirée racontée de deux points de vue différents peut engendrer des redondances, mais cela ne m'a pas gênée, car il y en a peu.

La romancière prend le temps d'explorer la psychologie de ses personnages principaux, ce qui m'a plu. Tout cela est crédible. J'ai quelque peu reproché certaines réactions à tel ou tel personnage, mais je sais qu'à leur place, j'aurais réagi comme eux, voire encore moins bien. Il est impossible de savoir si on parviendrait à se relever après avoir vécu de tels événements. J'imagine que cela m'aurait été très difficile.
Je regrette quand même que deux personnages aient perdu tout ce temps à cause de l'obstination de l'un d'eux...

Karin Slaughter crée au moins un rebondissement auquel je ne m'attendais pas. Il y en a un autre dont je n'avais deviné qu'une partie, et un autre auquel j'avais pensé, et à propos duquel j'espérais me tromper... En tout cas, il y a du suspense, la tension est omniprésente, rien n'est incohérent, rien n'est bâclé. Ce roman fait partie de ceux pour lesquels j'aimerais un chapitre supplémentaire, voire une suite dans laquelle on retrouverait certains personnages. Mon mari a lu un autre roman (très court) qui se passe au cours des vingt-huit ans d'ellipse entre le début et le reste de «Une fille modèle». Cependant, ce roman ne me tente pas parce que ce ne serait pas une suite, et en plus, mon mari m'a dit une chose qui ne m'a pas plu au sujet de ce livre.

Ma chronique n'est pas très longue, mais je pense que parler de ceci ou cela dévoilerait trop de choses sur l'intrigue. Je vous conseille donc ce thriller bien ficelé.

Éditeur: Harper Collins.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 11 mai 2020

Under darkening skies, de Ray Kingfisher.

Under darkening skies

L'ouvrage:
Toronto, 2011. Ingrid Jacobson, bientôt quatre-vingt-dix ans, est mourante. Au moment où elle prononce ses derniers mots, elle croit parler à son époux, Orlov, alors que celui-ci est mort trente ans auparavant, et que c'est en réalité leur fils, Arnold, qui est à son chevet. Elle lui adresse une curieuse requête. Après la mort d'Ingrid, Arnold, en triant les affaires de sa mère, tombe sur une étrange lettre reçue deux ans plus tôt. Cette missive, ainsi que la demande pressante d'Ingrid sur son lit de mort, poussent Arnold à fouiller le passé maternel.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il présente pourtant des aspects qui, a priori, ne me plaisent pas. Par exemple, les chapitres alternent le présent d'Arnold et le passé d'Ingrid. Je préfère les constructions linéaires. Ici, cela m'aurait plu, mais l'alternance des époques ne m'a paru ni incongrue ni malvenue. D'autre part, le passé d'Ingrid se déroule pendant la deuxième guerre mondiale. C'est un sujet qui, à mon goût, revient trop dans les romans. Ici, j'ai, au contraire, trouvé que j'en apprenais davantage sur un pan que je connaissais peu.

L'auteur s'attache à montrer les sentiments de ses personnages principaux. Ils passent par plusieurs phases: ils se retrouvent confrontés à des situations extrêmement délicates, et font ce qu'ils peuvent. Je pense surtout à Ingrid et Orlov qui sont mis à rude épreuve, et ne s'aigrissent pas, tentent de prendre en compte les motivations de l'autre, même lorsque cela les blesse.

Je trouve dommage qu'Arnold n'ait pas eu connaissance de tout cela, mais outre qu'on peut très bien comprendre pourquoi Ingrid a tenu à le lui cacher, il finit par savoir l'essentiel, et comble les blancs en devinant le reste.

Arnold est également attachant. Il perd ses repères, se retrouve désoeuvré car il n'a plus à s'occuper de sa mère, se voit face à une énigme qu'il a peur de devoir résoudre seul, énigme qui l'effraie d'autant plus qu'au départ, il pense que ses parents n'ont pas eu un rôle honorable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. J'ai un peu moins aimé les passages où le lecteur est dans la tête du vieux nazi (dont on devine rapidement qui il est), mais ils ne sont pas très longs. De plus, ils expliquent pourquoi et comment certains ont pu se laisser prendre (si j'ose le tourner ainsi) par l'idéologie nazie. Ces passages m'ont moins plu parce qu'ils retardaient la suite du récit, mais ils sont intéressants.

Le lecteur devine rapidement ce qu'il y a à savoir concernant Ulrich, mais connaître les grandes lignes avant que les détails ne soient révélés ne m'a pas gênée, parce que je me demandais comment les choses s'étaient passées, et que j'avais le temps de spéculer à ce sujet.
Il y a une scène peut-être un peu grosse (je ne peux pas dire laquelle, car je dévoilerais un moment clé). Je l'ai pardonnée à l'auteur parce qu'il parvient à la rendre à peu près crédible, mais aussi parce que je n'aurais surtout pas voulu qu'elle ait une autre fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Brilliance audio.

Cassandra Campbell fait partie de mes lecteurs favoris. Ici, j'ai beaucoup aimé son interprétation des sentiments des personnages. Ceux-ci sont souvent très forts, et la comédienne les joue sans les surjouer. J'ai regretté qu'elle fasse un accent à presque chaque personnage. Je peux comprendre que les Allemands parlant norvégien aient un accent, mais que les Norvégiens parlant norvégien en aient un me laisse perplexe. Bien sûr, tout cela est en anglais, mais on sait que les personnages parlent dans leur langue maternelle. Il ne fallait donc pas leur faire un accent puisqu'ils parlent leur langue maternelle couramment.

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