jeudi, 15 avril 2021

Loup et les hommes, d'Emmanuelle Pirote.

L'ouvrage:
Dix-septième siècle. Lors d'une soirée chez une amie, Armand de Canilac croise une femme portant une bague. Cette bague ne peut être que celle de Loup, le frère d'Armand. Or, voilà vingt ans que Loup a été condamné aux galères. Si cette femme porte sa bague, pense Armand, c'est qu'elle l'a croisé. Il décide de l'interroger, car il souhaite retrouver Loup, afin de lui présenter ses excuses, car celui-ci a été arrêté après une dénonciation d'Armand.

Critique:
Ce roman fait partie de ceux dont j'ai commencé par penser qu'il ne me plairait pas, et que j'ai fini par tenter parce qu'il a été enregistré par une lectrice bénévole dont j'apprécie la lecture. Cette fois encore, je n'ai pas été déçue.

Au départ, j'avais peur que le lecteur découvre très rapidement que Loup était le très gentil garçon que son méchant frère avait fait arrêter. C'est cet aspect qui me rebutait. En fait, on découvre plutôt que tout est nuancé. Il n'y a pas un frère plus «méchant» que l'autre, même si j'ai eu du mal à apprécier Loup. Chacun a vécu des choses, fait des choix en fonction de son caractère et de ses inclinations... De plus, ce qui arrive entre ces deux personnages est loin d'être la seule intrigue du roman. Emmanuelle Pirotte tisse sa trame autour d'eux et d'autres, et leur fait vivre des péripéties qui les mettent à l'épreuve.
Parmi les autres personnages, j'ai beaucoup apprécié Valère, le valet d'Armand. Il est droit, sage, c'est une force tranquille.

Il n'y a pas de temps morts. L'autrice mélange le présent et les souvenirs des personnages, tout en alternant les points de vue. Tout cela est très bien fait.

Afin de retrouver la jeune femme, Armand se rend en Nouvelle France. C'est l'occasion pour la romancière d'évoquer des paysages, mais aussi les conséquences de la colonisation. Là encore, elle fait cela très bien, car elle s'attache à aborder plusieurs aspects des choses. S'il y a guerre avec es colons, certaines tribus d'indiens sont en guerre avec d'autres. Et puis les histoires personnelles de certains se mêlent à l'Histoire, et rien n'est figé. Tout comme des tribus acceptent d'intégrer certains blancs, Loup et Armand vont devoir tenter de se comprendre et de s'accepter l'un l'autre. Quant à Brune, elle fait un pari risqué...

Si, à la fin, tout est dit, je ne dirais pas non à une suite. C'est surtout que j'ai l'impression que la Nouvelle France manque à Armand, à la fin. Certes, si c'était réellement le cas, et s'il y avait une suite, cela poserait problème... En outre, j'aimerais bien voir ce que deviennent d'autres personnages. Malgré cela, je sais que l'autrice n'aurait pas matière à une suite. Je le regrette, mais je me console un peu en me disant que dans une éventuelle suite, elle ferait peut-être des choix qui me déplairaient.

Éditeur: le Cherche-Midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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32 lectures

lundi, 12 avril 2021

Losing the atmosphere, de Vivian Conan.

L'ouvrage:
Vivian Conan raconte ici le combat de toute une vie. Dès l'enfance, elle se rend compte que quelque chose ne va pas chez elle, et tente de comprendre quoi...

Critique:
Ce témoignage m'a beaucoup plu. J'imagine qu'écrire cela, tout poser sur le papier, a aidé Vivian à mieux comprendre, à mieux guérir. Certes, mais cela a également dû être très difficile pour elle.
J'ai apprécié qu'elle reste la plus factuelle possible. Elle se raconte, explique ce qu'elle ressentait avec sincérité. Elle raconte d'abord son enfance, sa famille, ses relations avec chaque membre. Puis elle explique quand et comment elle a remarqué que quelque chose était différent chez elle. Elle commence assez tôt à voir un psychiatre. Au fil des spécialistes qu'elle rencontre, elle apprend à se connaître, à se découvrir, à palier certains manques dus à sa maladie...

Vivian ne blâme pas les psychiatres qui n'ont pas su la comprendre, et donc qui n'ont pas su l'aider. De plus, elle ne les range pas tous dans le même panier. Elle prend le temps d'expliquer lesquels ont tenté de l'aider, comment ils l'ont fait. Ce n'étaient pas forcément de mauvais médecins. C'est surtout qu'on savait très peu de choses sur le sujet, à l'époque. On en sait davantage aujourd'hui, mais des zones d'ombre subsistent. (Je ne dirai pas ce dont souffre Vivian ici, car elle le dit très tard dans le livre. Avec raison, elle raconte les choses telles qu'elle les a vécues.) Vivian a eu la chance de pouvoir comprendre (à plus de cinquante ans) ce qu'elle avait, puis de trouver le spécialiste qui en savait assez, et qui avait l'esprit assez ouvert pour l'aider au mieux. En effet, je m'y connais très peu quant à ce que sont des relations entre des psychiatres et leurs patients, mais Vivian faisait certaines choses qui, peut-être, dépassaient certaines limites. Oui, mais ne pas la laisser faire, et ne pas lui répondre, revenait à refuser de l'aider à guérir.

Si Vivian a pu, à certains moments, se montrer détestable envers ses proches, la faute ne lui revient pas toujours. En outre, elle reste très lucide quant à ses actes, et surtout quant à son besoin d'être soignée. Ensuite, lorsqu'elle parvient à mettre un terme sur sa maladie, et à en comprendre certains aspects, elle ne se cherche jamais d'excuses.

L'ouvrage se termine par une postface du médecin qui a compris et aidé Vivian. Il y explique avec davantage de détails certains aspects du mal de sa patiente. Cette postface est claire, sans jargon. Elle donne une image de ce médecin identique à celle que montre le récit de Vivian.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Greenpoint Press.

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75 lectures

jeudi, 8 avril 2021

La prisonnière du ciel, de serge Brussolo.

L'ouvrage:
Une jeune femme tombe du ciel, et s'écrase dans la piscine d'un hôtel de Tokyo. Sa chute est d'une telle violence que tous ses organes se brisent. Seulement, elle ne meurt pas. Elle est récupérée par Evguéni. Les circonstances étant extrêmement incongrues, celui-ci tient à savoir ce qui se cache derrière cela. Il va mettre Peggy Meetchum sur cette mission.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Si «L'homme de la banquise» contenait un peu de science-fiction, «La prisonnière du ciel» est bâti sur ce genre. Comme la plupart du temps avec Brussolo, on ne s'ennuie pas. L'énigme que pose d'abord cette jeune femme tombée du ciel est vite remplacée par celle que pose ce à quoi elle s'était laissée prendre. À partir de là, l'auteur joue avec les nerfs de Peggy, et entre ce qu'elle vit et ce qu'elle découvre, le lecteur a de quoi passer un bon moment. Le suspense est au rendez-vous, et rien n'est incohérent.

Ce qui arrive permet à Brussolo de développer des idées à la fois effrayantes, fascinantes, et loufoques. Il n'y a que lui qui puisse me faire rire et frémir à la fois. Il évoque (comme dans d'autres romans) la folie à grande échelle, et c'est très réaliste.

Finalement, il est expliqué pourquoi l'affrontement que j'attendais à la fin de «L'homme de la banquise» n'a pas eu lieu. Cela permet au romancier de prolonger la tension concernant une certaine chose. Cependant, à la fin de «La prisonnière du ciel», on en est au même point concernant ce sujet.

J'apprécie toujours Peggy, même si, là encore, je la trouve moins «elle-même» que dans les trois premiers romans l'évoquant.

J'ai été déçue par certains romans de Brussolo parmi les plus récents, je suis donc contente de me plonger dans la série «DESSTROY» dans laquelle je retrouve l'auteur un peu plus en forme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anika pour Littérature Audio, avec l'aimable autorisation de serge Brussolo.

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118 lectures

lundi, 5 avril 2021

Silent witness, de Rebecca Forster.

Ce roman est la suite de «Témoin hostile».

L'ouvrage:
Après le tumultueux procès d'Hanah Sheraton, Josie et la jeune fille tentent de mener une vie normale. C'est lors du premier jour de lycée de l'adolescente que Josie est appelée: Archer, policier à la retraite qu'elle fréquente, a été arrêté pour meurtre. Deux ans auparavant, sa femme (morte depuis), son beau-fils (Tim, treize ans, attardé mental), et lui sont allés dans un parc de loisirs. C'est là que Tim est tombé d'un manège, et est mort. Le père de Tim (Colin Wren) a appris cela récemment. Il a décidé d'attaquer le parc de loisirs pour défaillance mécanique. C'est là que Roger McIntire, l'un des gérants du parc, a apporté de fortes présomptions contre Archer.

Critique
Ce roman m'a presque autant plu que «Témoin hostile» dont il est la suite. J'ai aimé savoir comment se passe la cohabitation entre Hannah et Josie. J'ai un peu tiqué que l'avocate n'ait pas assez de temps à accorder à l'adolescente. Certes, elle est occupée par l'affaire qui la déstabilise judiciairement et personnellement, mais il n'est pas très crédible qu'elle ait si peu de temps pour Hannah. Ensuite, cela s'arrange un peu, lorsqu'elles font certaines choses importantes ensemble.

Il y a certains rebondissements intéressants, mais ils ne m'ont pas vraiment surprise. Quant à savoir ce qui était arrivé à Tim, je me suis très vite doutée de la réponse. À ce sujet, on peut même dire qu'il y a une incohéremce. Comment se fait-il que la personne qui apporte la réponse n'ait pas fait parvenir la preuve à Josie dès que la raison de l'arrestation d'Archer a été connue? Certes, la personne en question n'en a peut-être pas eu connaissance, et l'a peut-être su au moment où Wilson a remué les choses.
D'autre part, un personnage fait plusieurs mauvaises actions, et on ne connaît l'étendue de sa nuisance qu'à la fin. Seulement, le lecteur se doute que c'est cet individu qui est cause de beaucoup de mal, même si, au dernier moment, Rebecca Forster suggère un autre nom pour l'un des terribles actes.

J'avais apprécié Archer dans le tome 1. Ici, je l'ai apprécié, mais j'ai été ennuyée qu'il commence par s'emporter, ne pas vouloir ceci et cela... Il est également invraisemblable qu'il ait fait quelque chose qu'on lui avait dit de ne pas faire. Il n'est pas vraisemblable qu'il ait cru qu'il tirerait avantage de cette transgression. De quelque côté qu'on la prenne, on retombe toujours sur lui étant puni pour cela. Il ne faut pas être très intelligent pour le savoir. Josie le récapitule ensuite, mais le lecteur n'en a pas besoin. C'est dommage, parce que ça montre Archer comme un benêt impulsif. C'est renforcé par son inimitié envers Hannah. Certes, il n'est pas ravi que la jeune fille vive chez Josie, mais il n'essaie pas de trouver des terrains d'entente avec l'adolescente. Bien sûr, Hannah le lui fait payer, mais ses motivations sont faciles à comprendre...
Si tout cela m'a un peu déplu concernant Archer, j'ai très bien compris qu'il n'ait pas voulu s'occuper de tim, et que, pendant son mariage, il n'ait pas créé de liens avec le jeune garçon. J'imagine qu'à sa place, j'aurais réagi de la même manière.

À la fin, Hannah et Josie ne sont pas d'accord concernant ce qu'a fait un personnage. Il est logique qu'Hannah pense comme elle le fait à cause de ce qu'elle a vécu. J'ai presque failli l'approuver. Cependant, en agissant ainsi, et même en faisant autre chose avant, ce personnage a été égoïste et cruel envers plusieurs autres.

Ce roman m'a un peu moins plu que le précédent, mais je l'ai apprécié, et je le recommande.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Tantor Media.

Le changement de lecteur est, je pense, une des raisons pour lesquelles j'ai un peu moins accroché au tome 2. Le tome 1 est le seul qui existe en français. De ce fait, mon mari ne peut m'enregistrer les suivants. Je pense que si la suite avait été enregistrée par Amy McFadden, ou Andi Arndt,, ou Cassandra Campbell, le changement de lecteur m'aurait moins perturbée. Ann Marie Lee fait pourtant partie des lecteurs que j'aime beaucoup... Cependant, depuis quelque temps, je me suis rendu compte qu'elle prenait un ton affecté. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas vu (entendu) avant. Elle n'a pas changé sa façon de lire, c'est moi qui perçois des choses qui ne m'embêtaient pas avant.

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135 lectures

jeudi, 1 avril 2021

L'homme de la banquise, de Serge Brussolo.

L'ouvrage:
On demande à Peggy Meetchum de retrouver un corps enfoui sous la glace en montagne. D'autres grimpeurs plus expérimentés qu'elle ont été pris en défaut. Ce travail est très bien payé. Manquant d'argent, Peggy accepte la mission.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai d'abord été contente de retrouver Peggy Meetchum, même si j'ai été un peu déçue qu'elle semble moins travaillée que dans les trois romans précédents la mettant en scène.
J'ai également apprécié que l'intrigue soit pleine de surprises. La mission confiée à Peggy en début d'ouvrage n'est qu'une toute petite partie de ce qui arrive. Cette mission ne sert qu'à précipiter notre héroïne dans d'autres aventures. Outre ce genre de rebondissements, l'auteur fraie ici avec la science-fiction. Cela m'a un peu déroutée, au départ, parce que pour moi, les romans évoquant Peggy Meetchum n'ont aucun rapport avec ce genre, mais pourquoi pas? De plus, si les possibilités et les effets secondaires apportés par les nanoparticules sont de la science-fiction, il me semble que ce n'est pas si éloigné de notre société que cela.

J'ai également aimé retrouver la description de ce qui arrive dans une ambiance glacée. Cela contribue aux rebondissements du récit.

Si un habitué de Brussolo sait très bien que le romancier sait créer de très méchants personnages, en général, le lecteur finit par peu côtoyer ces individus. Ici, c'est quelque peu différent. Brussolo met une très méchante sur notre route, et c'est à nous de voir ce qu'on ressent exactement pour elle. Elle est détestable, mais ce qui lui arrive peut éveiller la sympathie du lecteur à son égard. Quant à moi, je ne l'ai pas appréciée. De plus, j'ai compris qu'elle souhaite se venger, mais elle m'a tout de suite paru moins digne de compassion quand elle a décidé de ne pas s'en prendre aux véritables responsables de son malheur. Elle aurait été plus facile à apprécier s'ils avaient été sa cible.

Il m'a semblé que ce roman n'avait pas de fin. En fait, le lecteur s'attend à une confrontation, et elle n'a pas lieu. J'ai commencé à lire la suite, et rien n'y dit que la confrontation s'est passée pendant le temps écoulé entre les deux tomes. J'espère en savoir plus au long de ma lecture...

Éditeur: Vauvenargue.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 29 mars 2021

Little monsters, de Kara Thomas.

L'ouvrage:
Ne pouvant plus supporter de vivre avec sa mère, Kacey Young, dix-sept ans, est envoyée chez son père (qu'elle ne connaît pas), dans la petite ville de Broken Falls. La famille de son père l'accueille bien, même si sa venue commence par déplaire à Lauren, sa demi-soeur de treize ans.
Au lycée, Kacey est rapidement abordée par Bailey. Celle-ci et son amie Jade l'incluent dans leur cercle. Cependant, cette amitié est étrange, car Bailey et Jade poussent Kacey à braver des interdits.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai lu des chroniques sur Babelio. Certaines étaient positives, et allaient dans le sens de ce à quoi je m'attendais, car j'ai aimé «The cheerleaders», de Kara Thomas. Une autre était négative. Selon la personne, les adolescentes en général ne sont pas stupides et artificielles comme elles le sont dans «Little monsters». Après avoir fini le roman, je peux dire que le genre d'adolescentes créé par Kara Thomas est crédible. Je ne veux pas dire que toutes sont ainsi, mais que celles-là sont une partie du tout. De toute façon, si certaines sont détestables, ce n'est pas dû à leur adolescence, mais à leur caractère, à leur personnalité. Quand on est détestable, on n'a pas besoin d'avoir dix-sept ans, on peut l'être à dix ou à quarante ans. Je n'en dirai pas plus quant au caractère de certaines de ces jeunes filles pour ne pas trop en dévoiler.

La personne ayant écrit la chronique négative disait qu'elle avait détesté la fin. De ce fait, au long de ma lecture, je me suis préparée à une fin que je n'aurais pas aimée. J'ai donc soupçonné plusieurs personnes (comme le souhaitait l'auteur), et j'ai tellement souhaité que mes soupçons se révèlent faux que j'ai été moins déçue par la fin que j'aurais pu l'être. En effet, je suis déçue que l'un des personnages soit impliqué. J'aurais préféré que ce personnage ne fraie pas avec toutes cette horreur. Si je poussais un peu la réflexion, je pourrais même dire qu'il est quelque peu incongru que ce personnage se soit retrouvé à faire cela. Certes, c'est bien expliqué et justifié par l'autrice, mais je pense qu'elle aurait pu laisser ce personnage dans le monde normal.

La personne dont j'ai lu la chronique négative a surtout apprécié le début du roman où Kacey fait de son mieux pour être acceptée de Bailey et Jade. Elle aurait préféré que cela continue dans cette voie. J'ai préféré la direction prise ensuite par l'auteur. Si elle avait continué comme au début, j'aurais sûrement pensé que «Little monsters» était une pâle copie (même si sorti avant) de «Girl gone mad».

Le roman m'a donc plu. Pour moi, l'intrigue ne traîne pas, tout en laissant au lecteur le temps d'assimiler les choses, et de faire des hypothèses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole et Brittany Pressley pour les éditions Listening Library.

J'ai longtemps hésité à tenter ce livre, car je ne suis pas friande de la lecture de Brittany Pressley. Son jeu n'est pas vraiment naturel, et elle joue trop de l'enrouement de sa voix. Heureusement pour moi, elle intervient bien moins que Phoebe Strole. Cette dernière est toujours aussi talentueuse. Sa lecture est naturelle, son jeu n'est ni trop sobre ni exagéré.

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135 lectures

jeudi, 25 mars 2021

Tout le bleu du ciel, de Mélissa da Costa.

Tout le bleu du ciel

L'ouvrage:
Émile a vingt-six ans. Il souffre d'un Alzheimer précoce. Il lui reste, au mieux, deux ans à vivre. Il ne veut pas que sa famille et ses amis souffrent en le voyant s'étioler. Il ne veut pas finir sa vie dans un hôpital. Alors, il passe une petite annonce: il souhaite voyager, et être accompagné. Une jeune femme, Joanne, lui répond, et part avec lui en camping-car sans lui poser de questions sur sa maladie. Elle lui laisse choisir l'itinéraire, est taciturne...

Critique:
Si je n'avais pas déjà lu «Les lendemains», j'aurais certainement ignoré «Tout le bleu du ciel», car je déteste les romans où on sait dès le départ que le personnage principal est condamné par une maladie. Ayant aimé «Les lendemains» malgré les thèmes délicats qu'il aborde, je me devais de tenter «Tout le bleu du ciel». Ce roman m'a plu, même si je déteste toujours les livres où on sait dès le départ que le personnage principal est en sursis.

Le lecteur se doute très vite que Joanne est une cabossée de la vie, et que ce départ est comme une fuite pour elle. On apprend son histoire petit à petit, au gré des souvenirs qu'elle partage. Quant à Émile, son présent est teinté de retours en arrière qui font qu'il réfléchit à son passé. Comme dans tout roman, il y a des personnages que le lecteur apprécie davantage que d'autres. Quant à moi, je n'ai trouvé aucun côté positif à Laura. Quant à Léon, j'ai l'impression qu'il n'a pas compris tous les torts qu'il a eus.
Émile et Joanne sont, à l'instar de l'héroïne de «Les lendemains», obligés de composer avec une terrible situation. L'autrice jalonne la route de ses personnages d'agréables rencontres. Cela est réconfortant, surtout pour quelqu'un comme moi qui pense que beaucoup d'êtres humains ne valent pas la peine. Je dois reconnaître que des personnes comme celles dépeintes par Mélissa da Costa existent également. D'ailleurs, elle ne montre pas uniquement de gentilles gens. Il n'y a qu'à voir le passé de nos héros.

Au fil des expériences qu'elle décrit, et des citations recueillies par Joanne et son père, la romancière s'efforce de montrer à son lecteur qu'il faut prendre la vie du bon côté, ou tout au moins, qu'il ne faut pas se laisser submerger par les coups durs qu'on subit. Être triste et ressasser ses pertes, c'est gaspiller son temps et son énergie, je le sais, et je suis d'accord avec Mélissa da Costa, même si ce sage précepte n'est pas toujours simple à appliquer. Je lui adresserai quand même une petite critique. Par l'intermédiaire de Joanne, elle fait très souvent référence à «L'alchimiste», de Paulo Coelho. C'est le livre préféré de notre héroïne. Je peux comprendre pourquoi, seulement, j'en veux à Paulo Coelho concernant ce roman, et j'ai la rancune extrêmement tenace. Quand «L'alchimiste» est sorti, tout le monde en a parlé, tout le monde l'a encensé. Je l'ai donc lu. Quelle ne fut pas ma rage lorsque j'ai découvert que l'auteur bénéficiait d'un triomphe qu'il ne méritait pas! En effet, cette histoire, il ne l'a absolument pas inventée. Elle vient d'une légende. Certes, il y a ajouté des choses pour en faire un petit roman, mais je n'ai lu nulle part qu'il disait qu'il s'était inspiré d'une légende qu'il avait rallongée. Il l'aurait dit, je lui en aurais peut-être moins voulu. C'est du propre de prôner la sagesse et la bonté, et de piller une légende sans citer sa source. Les sources sont citées sur Wikipédia, mais ce n'est pas écrit en début ou en fin de roman (en tout cas pas dans les versions que j'ai eues entre les mains) ce qui fait que je l'ai découvert en lisant le roman, parce que je connaissais la légende.

Le livre est long, mais l'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Quand j'ai vu que la fin approchait, j'ai pensé que finalement, le roman n'était pas assez long. J'aurais bien passé davantage de temps avec les personnages.

Je ne sais pas du tout ce que j'aurais fait à la place de Joanne, mais je pense qu'elle a agi au mieux, car elle est parvenue à respecter à la fois la volonté d'Émile et sa famille, alors que cela semblait être impossible.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bruno Meyère.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai apprécié sa lecture. Il ne tombe jamais dans le larmoyant, ce qui aurait gâché le roman. Il adopte toujours le ton adéquat. Pour les rôles féminins, il modifie un peu sa voix, mais il n'exagère pas, ce qui fait que son jeu reste naturel. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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lundi, 22 mars 2021

Two truths and a lie, d'Ellen McGarrahan.

Two truths and a lie

L'ouvrage:
Miami. En 1990, Ellen McGarrahan, alors jeune journaliste, assiste à l'exécution de Jesse Tafero, accusé du meurtre de deux policiers. Les dernières paroles de Jesse ont été pour clamer son innocence. Cela impressionne et marque Ellen. Pendant plusieurs années, l'affaire la hante. Et si Jesse était innocent? Elle finit par devenir détective privé, et enquête minutieusement sur ce cas. Elle veut savoir comment se sont réellement passées les choses, ce matin de février 1976 où deux policiers ont été abattus.

Critique:
Ce témoignage m'a plu. Je pense qu'à la place de l'autrice, je serais passée par les mêmes phases. J'aurais d'abord tenté de me débarrasser de l'affaire, de l'oublier. Puis voyant que cela m'était impossible, je me serais jetée dedans à corps perdu.

Au cours de ma lecture, je me suis plusieurs fois demandé comment Ellen McGarrahan pourrait trouver la paix. En effet, comment pourrait-elle finir par acquérir des certitudes, puisque Walter (par exemple) a donné différentes versions de ce qui est arrivé ce matin de février 1976? Pourquoi, au moment où Ellen lui demande de lui dire la vérité, au moment où elle lui parle coeur à coeur, pourquoi la lui dirait-il, alors qu'il a plusieurs fois changé sa version des faits? Heureusement, notre détective ne se base pas uniquement sur les dires de Walter. Son livre nous présente certains individus peu recommandables. Les différents témoignages montrent bien qu'il est impossible de se fier à ce qu'on pense d'une personne. En effet, certains sont persuadés de l'innocence ou de la culpabilité d'untel ou d'untel, mais même s'ils les connaissent bien, ils n'ont rien vu ce matin de février 1976.

Au cours de ma lecture, j'ai eu de la peine pour Ellen, pensant qu'elle ne parviendrait jamais à démêler le vrai du faux dans le dédale des témoignages. Elle a quand même réussi à faire quelque chose qui lui a apporté (et de ce fait au lecteur) certaines réponses. En recoupant les témoignages et en faisant une reconstitution, elle a été en mesure d'écarter des possibilités et d'en privilégier d'autres. Elle ne finit pas par savoir ce qui est arrivé minute par minute, mais elle est sûre de savoir si Jesse a tiré. C'est corroboré par les explications que lui donne Michael J. Sats.

Je ne sais pas quoi penser du témoignage d'Eric. J'imagine qu'il est sincère, c'est-à-dire qu'il a occulté la plupart des choses, et a, inconsciemment, «reconstruit» ce qui est arrivé ce matin de février 1976,. Cependant, jusqu'à quel point a-t-il fait cela? Se souvient-il de davantage que ce qu'il a dit à Ellen?

Ce livre retrace l'opiniâtre travail de recherche d'Ellen, ainsi que les effets que l'affaire a eus sur sa psychologie, sa vie privée, etc. Son besoin d'enquêter m'a un peu effrayée, parce que je sais que je serais tout à fait capable d'être obsédée comme elle le fut par une affaire dans ce genre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Cassandra Campbell fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité.

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