jeudi, 25 avril 2019

L'opossum rose, de Federico Axat.

L'ouvrage:
Ted a décidé de se suicider. Il ne voit aucune autre solution, étant donné qu'il est atteint d'une tumeur inopérable. Alors qu'il va se faire sauter la tête, on sonne à sa porte. Un homme lui crie qu'il doit absolument lui ouvrir. Ted se résigne. L'homme lui apprend qu'il sait ce qu'il est sur le point de faire, et qu'il a une proposition intéressante à lui faire. Il connaît d'autres personnes qui souhaitent en finir: si Ted accepte de tuer l'un de ces gens, quelqu'un viendra ensuite le tuer. Il vaut mieux, lui explique l'homme, qu'il soit assassiné plutôt que suicidé. Cela sera moins éprouvant pour sa femme et ses filles.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Après que Ted a accepté de mettre fin aux jours de quelqu'un qui souhaite en finir, je me suis demandé comment ferait l'auteur pour continuer son roman sans faire de remplissage. Il s'en sort très bien. Il y a d'abord ce que découvre Ted lorsqu'il accomplit sa mission. Ensuite, les événements s'enchaînent, et certains sont de bons rebondissements. Tout n'est pas aussi simple que ce que le lecteur pourrait croire à la lecture des premiers chapitres. À un moment, j'ai pesté après certains personnages (surtout l'un d'eux), en plaignant ce pauvre Ted qu'on abusait... Oui, mais ce personnage qui m'agaçait n'avait finalement fait que ce qu'il pouvait faire... Lorsque j'ai appris ce qui arrivait vraiment, j'ai encore pensé que Federico Axat ne pourrait pas rendre tout cela vraisemblable. J'avais peur que le personnage que j'appréciais le plus soit coupable de tout... Heureusement, l'auteur n'a pas fait quelque chose d'aussi inepte. Tout est bien préparé, rien n'est bâclé... À la fin, tout est plausible. Une chose m'a déçue, mais ce n'est pas une incohérence, ce n'est pas quelque chose qui peut gâcher la lecture. Elle en décevra peut-être d'autres, mais elle ne rend pas le roman moins bon.

J'ai mis du temps à apprécier Laura, car je la voyais insensible et ambitieuse. Là aussi, il faut faire confiance à l'auteur: Laura n'est pas aussi simple que ce qu'on pense au début...

Il manque peut-être quelques explications concernant Justin. Je sais que je pinaille, et que ce qui est dit est suffisant, mais j'aurais aimé en savoir davantage. De plus, apparemment, Justin est un personnage qu'au final, le lecteur doit apprécier. Je n'y ai pas réussi...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maxwell Hamilton pour les éditions Hachette Audio.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Il met le ton adéquat, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les personnages féminins.

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24 lectures

lundi, 22 avril 2019

Twisted, d'Hannah Jayne.

L'ouvrage:
Lorsque Bex avait huit ans, son père a été accusé d'être un tueur en série. Ses victimes? Des femmes à qui il prenait leurs bijoux, bijoux qu'il donnait à sa fille. Au moment où il aurait dû être arrêté, il s'est enfui. L'enfant est allée vivre chez sa grand-mère.
Aujourd'hui, dix années ont passé. Sa grand-mère étant morte, Bex va vivre dans une famille d'accueil, chez Michael et Denise. Les choses commencent bien: le couple est très gentil et attentionné. De plus, Bex se fait des amis au lycée. Cependant, les événements prennent rapidement une tournure inquiétante...

Critique:
Ce roman (cadeau de Noël de ma mère) m'a beaucoup plu. J'imagine que certains lecteurs pourraient trouver l'héroïne pénible, parce qu'elle est presque toujours en train de s'inquiéter de ce qu'on va penser d'elle, craint qu'on sache de qui elle est la fille, se voit souvent rejetée si on savait... Je n'ai pas trouvé cela ennuyeux, parce qu'il me suffisait de me mettre à la place de l'adolescente. Bien sûr, on peut penser qu'elle n'a qu'à être forte, et rétorquer avec aplomb à ceux qui lui feraient des remarques qu'être l'enfant d'une personne immonde ne fait pas d'elle une personne immonde. Certes, mais je pense que cela n'est pas forcément simple à faire quand on se remet souvent en question, et qu'on est presque tout le temps dans un état de nervosité avancé, justement à cause de cela.
Là où j'ai trouvé Bex un peu pénible, c'est les fois où elle se montre légère envers Michael et Denise, et ne fait pas grand cas d'eux. Elle ne le fait pas exprès, soit...

L'intrigue est bien menée. Il y a une ficelle un peu facile, mais elle ne m'a pas dérangée. Elle a été bien amenée, à mon avis.
À un moment, deux théories se combattent. Bex les analyse. Le lecteur aussi. Il y a une chose importante que l'adolescente ne faisait pas entrer dans son raisonnement. Or, il aurait été intéressant qu'elle en tînt compte, parce que d'un côté, ce fait corroborait l'une des théories, mais il était possible de l'utiliser de la manière dont la romancière a employé un autre fait. Et là, il corroborait l'autre théorie. Il aurait donc été aisé à Bex d'accepter d'en tenir compte.

J'ai trouvé la toute fin un peu rapide. Au moins, la romancière ne bâcle pas les choses: le lecteur sait ce qui arrive aux personnages, il n'y a aucun doute sur rien. Cependant, j'aurais aimé que le dernier chapitre soit un peu plus long, ou qu'il y ait un chapitre supplémentaire (ou un épilogue) se déroulant quelques mois plus tard, et disant comment vont les choses pour les personnages. Je sais que ce petit reproche est du pinaillage. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.
Amy McFadden est une comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu. Une fois encore, elle ne m'a pas déçue. Son ton est toujours approprié, et elle parvient très bien à modifier sa voix pour les rôles masculins sans exagérer.

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43 lectures

jeudi, 18 avril 2019

Isidore et les autres, de Camille Bordas.

Isidore et les autres

L'ouvrage:
Au début du roman, Isidore a onze ans. Il nous raconte quelques années de sa vie d'enfant normal entouré de frères et soeurs surdoués. Bérénice, Aurore, et Léonard en sont chacun à un stade plus ou moins avancé de leur thèse, Jérémy a déjà composé plusieurs morceaux de musique... Simone, la plus proche d'Isidore en âge (douze ans et demie), entre en Seconde. Elle veut être célèbre, et a décrété que son petit frère écrirait sa biographie.

Critique:
J'ai un énorme reproche à adresser à ce roman: il est... trop court!!! En effet, il m'a beaucoup plu, et je suis triste qu'il ait été si vite fini. Je pense que je l'ai préféré aux deux romans précédents de Camille Bordas. Bien sûr, il faudrait que je les relise pour m'en assurer. Dans «Isidore et les autres», la romancière expose certaines façons de voir la vie, entre autres à travers des réflexions de Simone (notamment sa théorie de l'entonnoir), le désarroi d'Aurore après la soutenance de sa thèse, le souhait de Bérénice de rester étudiante, ce que dit Herr Coffin à Isidore lorsque celui-ci lui dit qu'il désire être professeur d'Allemand... J'ai trouvé tout cela très bien pensé, très justement analysé. Je me suis même dit que Camille Bordas devait avoir fait un tour dans ma tête avant d'écrire ce roman, car elle dit beaucoup de choses auxquelles j'ai déjà réfléchi, et ses conclusions sont les miennes.

Outre cela, j'ai aimé suivre l'histoire de cette famille. C'est la vie que Camille Bordas nous raconte d'une plume fluide, parfois caustique, parfois grave. Tous les personnages, qu'on les apprécie ou non, ont quelque chose à dire.
Je ne sais pas trop quoi penser de Denise. Je ne peux pas blâmer ses parents et dire ici qu'ils auraient dû lui parler davantage, parce qu'ils le faisaient peut-être... Denise a éveillé à la fois ma compassion et mon agacement. Pourquoi est-elle ainsi? Apparemment, il y a des gens comme elle, et on ne peut pas toujours les comprendre... Malgré sa préoccupation majeure, elle savait être drôle. Par exemple, j'ai bien aimé la conversation dans laquelle elle explique à Isidore qu'elle n'aime pas le dîner, et où elle finit par le traiter de conformiste parce qu'il dit aimer ce moment, assortissant cela d'arguments... conformistes.

Je n'ai pas vraiment compris Aurore. Son mal être est explicable, mais ensuite, Isidore et le lecteur n'ont pas toutes les clés pour la décrypter. Ce n'est d'ailleurs pas un personnage qui m'a beaucoup marquée. Simone étant la plus proche d'Isidore, c'est celle que le lecteur connaît le mieux parmi ses frères et soeurs. J'approuve totalement Simone qui est exaspérée par le fait que beaucoup d'adolescents écrivent en faisant énormément de fautes. Son envie de célébrité m'a un peu fait tiquer, mais j'ai apprécié ses raisonnements, ainsi que son amour du petit cocon familial.
J'ai aussi apprécié Daphné. À travers elle, l'auteur pointe du doigt l'hypocrisie de la société.

Dans cette famille entre banale et peu commune (cinq enfants sont surdoués, mais chacun réagit comme tout le monde lorsqu'une douleur frappe), Isidore fait son petit bonhomme de chemin. Il est très attachant. De temps en temps, il fait une fugue pour faire plaisir à sa mère (il est persuadé qu'elle cherche une occasion de crier après un de ses enfants, parce que les surdoués ne lui en ont jamais donné), mais cela ne dure pas assez longtemps. Ces faux départs sont des occasions pour lui d'apprendre certaines choses auxquelles il ne se serait pas attendu, et pour le lecteur de rire un peu. Par exemple, l'une de ses escapades le pousse chez Bérénice, et ce sur quoi il tombe à son arrivée est assez cocasse. C'est très loin d'être la seule situation amusante du roman.

Joies, peines, personnages attachants et bien construits... ce roman est à lire!

Éditeur: Inculte.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lisette Vogel pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je connais peu cette lectrice bénévole. Tout comme dans «Mirage», j'ai apprécié son interprétation. Son ton est approprié, jamais affecté.

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56 lectures

mercredi, 17 avril 2019

Blood orange, d'Harriet Tyce.

Blood orange

L'ouvrage:
Alison est avocate. Elle aime beaucoup son travail. Son mariage commence à partir en vrille. Elle sait qu'elle a sa part de responsabilité là-dedans. C'est alors qu'on lui confie sa première affaire de meurtre. Elle doit défendre Madeleine qui a tué son mari, Edwin, de plusieurs coups de couteau.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, Alison m'agaçait, sans que cela ne gâche ma lecture. Je le précise, car souvent, quand un personnage m'énerve, j'ai envie de reposer le livre. Ici, je marchais complètement dans ce que voulait l'autrice: je ne trouvais pas l'héroïne sympathique, mais je souhaitais continuer le roman. Petit à petit, j'ai noté les quelques efforts que la narratrice faisait pour remettre sa vie sur les rails. J'ai aussi remarqué à quel point les déconvenues qu'elle essuyait la blessaient. Malgré ce qui ne me plaisait pas chez elle, je voyais sa fragilité, son envie de mieux faire. Bref, je pense qu'Harriet Tyce a montré un personnage complexe à la psychologie creusée. J'ai apprécié que mon aversion de départ laisse place à de la compassion et à de l'attachement pour cette femme qui admettait sa faillibilité.

J'ai assez vite deviné quelque chose d'important, mais cela n'a pas non plus gâché ma lecture. Au contraire, je faisais coller ce que savait Alison avec ma solution, et j'étais contente de voir que cela fonctionnait. Il y a même un point où je serais allée plus loin que l'autrice.

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Quand Mathilda disparaît lors de la partie de cache-cache, j'imaginais que Carl avait suivi sa femme et sa fille, et alors qu'Alison comptait, avait dit à l'enfant: «Viens, on va faire une blague à maman.», avant de l'emmener. Je me disais même qu'il lui aurait dit de ne rien dire, qu'il faudrait garder cela secret pendant un moment, et que dans quelques semaines, ils pourraient avouer à Alison qu'ils lui avaient fait une plaisanterie. Ensuite, Mathilda aurait fini par le dire à sa mère, sentant que quelque chose n'était pas net. Cela aurait peut-être été un peu difficile à faire tenir, donc je n'en veux pas à la romancière de n'avoir pas utilisé cette ficelle, mais je pense qu'elle aurait pu.


Je n'arrivais quand même pas à trouver comment Alison saurait ce qu'il y avait à savoir, et comment elle se sortirait de la situation. L'autrice a bien joué.

Très souvent, je râle après les prologues de ce genre de romans qui sont là pour nous faire baver, et qui m'agacent énormément. Là encore, Harriet Tyce a marqué un point! En lisant son prologue, on se doute qu'il aura un rapport avec la solution, mais on ne sait pas comment. Il suscite un petit questionnement, mais ne donne pas trois tonnes d'indices. Pour moi, ce prologue pose certaines choses, invitant le lecteur à remarquer de petits éléments au long du livre, mais l'écrivain ne se moque pas de lui, à l'inverse des auteurs des romans qui font des prologues qui ne servent à rien, et après lesquels j'ai râlé au cours de mes chroniques.

Outre l'existence d'Alison, nous découvrons l'affaire dans laquelle elle est plongée. La quatrième de couverture du roman y va avec de gros sabots, pointant exagérément les ressemblances entre cette affaire et ce que vit l'héroïne. Harriet Tyce, elle, fait cela bien plus subtilement. Il est dommage que la quatrième de couverture appuie là-dessus, car il est bien mieux que le lecteur se fasse de petites remarques à mesure qu'il avance dans l'ouvrage.

Je voudrais dire d'autres choses, mais j'en dévoilerais trop. Globalement, je n'ai rien à reprocher à ce livre. Je le conseille.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

Moi qui apprécie beaucoup cette comédienne, j'ai de la chance qu'elle ait enregistré ce roman. J'ai aimé son interprétation. Elle est parfaitement entrée dans la peau d'Alison, rendant très bien son désarroi, ses espoirs lorsqu'elle se promettait de mieux faire, etc.
Elle a également été naturelle lorsqu'il s'est agi de jouer Mathilda, campant une enfant de six ans vraisemblable, et ne cabotinant pas.
À un moment, elle doit jouer un garçon de quatorze ans. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a adopté une intonation et un timbre de voix qui auraient pu être ceux d'un adolescent. Par ailleurs, elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les personnages masculins.
J'ai été déçue qu'elle prononce certains noms propres («orange» dans le titre, ou «Brighton» par exemple) en prenant un accent anglophone...

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Certains chapitres sont coupés en deux pistes. Les éditions Lizzie, comme Audiolib, sont adeptes des pistes ne dépassant pas (ou presque pas) le quart d'heure. (Est-ce une idée que Liza Faja, qui travaillait chez Audiolib avant, et qui fait maintenant partie de l'équipe de Lizzie, a apportée avec elle?) Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, je trouve cela dommage, car pour moi, cela fait que la version audio du livre n'est pas propre. De plus, outre la musique en début de chaque chapitre (ce que je trouve déjà très désagréable), l'éditeur a ajouté quelques notes au milieu de certains chapitres, sûrement pour faire ressortir un changement de scène. Je pense que l'auditeur est assez intelligent pour comprendre que quand la lectrice dit «deux jours plus tard», on a changé de scène; ou que même s'il n'y a pas d'indications temporelles, le texte est assez explicite pour qu'on sache que quelques heures sont passées.

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100 lectures

lundi, 15 avril 2019

Worthy, de Catherine Ryan Hyde.

Worthy

L'ouvrage:
Aaron est veuf depuis presque deux ans. Il vit avec son fils de quatre ans, Buddy. Ce soir-là, le père et le fils se rendent dans un drugstore où ils ont leurs habitudes. Buddy n'aime pas trop y aller parce qu'il faut laisser la chienne devant la porte, mais aussi parce que son père discute beaucoup avec Virginia, l'une des serveuses. C'est d'ailleurs ce soir-là qu'Aaron, pendant que Buddy donne à manger à leur chienne, invite Virginia à sortir avec lui, un de ces prochains jours. Cela enchante la jeune femme.
Aaron et elle ne pourront jamais sortir ensemble...

Dix-neuf ans plus tard, alors que Virginia vient tout juste de se fiancer, son chien de six ans disparaît. Dévastée, elle le cherche partout, colle des affiches en ville...

Critique:
Après avoir apprécié un livre de Catherine Ryan Hyde, j'ai voulu en essayer d'autres. Cette autrice est risquée: certains résumés de ses livres flirtent avec le niais. C'était un peu le cas pour «Worthy». Heureusement, j'ai trouvé que la romancière s'en sortait bien. Il y a un passage un peu mièvre, à mon avis, mais l'auteur le sauve en montrant que l'événement a débloqué Buddy concernant quelque chose. De plus, certains faits ôtent toute niaiserie à la chose. Par exemple, il est très facile de deviner (même si ce n'est pas écrit de manière explicite) que pendant dix-neuf ans, Buddy a été malheureux. Il n'en fait pas toute une montagne, se rend même compte que son grand-père a fait de son mieux... Mais celui-ci n'a pas essayé de le comprendre, ni de l'aider à surmonter son traumatisme... C'est à cause de cela que, pendant tout le roman, j'ai eu l'impression que Buddy était beaucoup plus jeune qu'en réalité. C'est un personnage très sympathique et attachant. On éprouve rapidement de la compassion pour lui. Lorsqu'il se retrouve à devoir faire face à ce qui l'a traumatisé, il fait preuve de beaucoup de courage, même s'il est persuadé qu'il en est incapable. De plus, malgré ce qu'il a vécu, il n'a pas mal tourné. Enfin, il est très respectueux des animaux, ce qui m'a beaucoup plu.

Virginia aussi est sympathique, mais elle m'a parfois agacée. Par exemple, son empressement à vouloir sortir avec Aaron, le fait qu'elle ne se rende pas compte que Lloyd n'était pas quelqu'un de respectable (il devait bien y avoir des indices, même si le lecteur a seulement été témoin d'un événement). et d'autres petites choses me l'ont rendue moins aimable.

Le lecteur sait très vite un fait que les protagonistes découvrent plus tard. J'ai eu peur que la romancière fasse arriver cette découverte au tout dernier moment, ce qui m'aurait agacée. Heureusement, elle ne la retarde pas trop.

J'ai passé un bon moment avec ce livre.

Remarque annexe:
Si ce roman est traduit un jour, je me demande ce que sera le prénom (celui qui deviendra définitif) du chien.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.

Nick Podehl lit les chapitres racontés du point de vue de Buddy, et Tanya Eby interprète les chapitres du point de vue de Virginia.
Je connais très peu ces deux comédiens. J'avais un a priori positif quant à Nick Podehl. Il ne m'a pas déçue dans ce roman. Il est très bien entré dans la peau des personnages, et a joué leurs émotions sans exagérer ni déformer sa voix pour les rôles féminins.
J'avais un a priori négatif concernant Tanya Eby parce que j'ai essayé de lire un roman qu'elle a enregistré, et j'ai trouvé qu'elle surjouait. Il s'agissait d'un roman écrit par elle... peut-être s'était-elle mis trop de pression... En tout cas, dans «Worthy», sa prestation m'a plu. Elle aussi a joué sans surjouer.

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jeudi, 11 avril 2019

La boîte de Pandore, de Bernard Werber.

La boîte de Pandore

L'ouvrage:
2020. Un soir, René Toledano, trente-deux ans, professeur d'histoire en lycée, se rend, avec une amie (professeur de SVT dans le même lycée) à une soirée concernant l'hypnose. Opale, celle qui dirige les opérations, choisit René pour une expérience d'hypnose régressive. Il assiste à un épisode de l'une de ses vies antérieures, et en ressort choqué.
Le lendemain, il retourne voir Opale afin qu'elle lui montre une autre de ses vies antérieures pour tempérer le traumatisme subi.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé la trilogie des fourmis (sauf les humains du tome 3) et le diptyque mettant en scène Lucrèce Nemrod et Isidore Katzenberg, j'ai été assez déçue par Bernard Werber. Pourtant, j'ai voulu tenter ce roman. J'ai surtout aimé les idées autour de l'intrigue: ce qui est dit sur la mémoire, le fait de pouvoir influencer un esprit, etc. Cela fait un moment que je me demande si nous avons des vies antérieures, et s'il nous est possible d'y accéder. L'expérience de René m'a donc beaucoup intéressée. Néanmoins, je ne sais toujours pas si ce qu'il vit est possible. Jusqu'où l'auteur s'est-il documenté? Qu'a-t-il imaginé? D'autre part, j'ai trouvé peu crédible qu'après avoir été guidé seulement trois fois par Opale, René parvienne à s'auto-hypnotiser, et à faire seul tout le chemin indiqué par la jeune femme. Autre chose m'a fait tiquer, comme d'habitude lorsque je rencontre un auteur qui imagine que tous ses lecteurs peuvent se servir de leurs yeux. Selon le déroulé indiqué ici, l'hypnotisé visualise un escalier, un couloir, une porte, puis derrière cette porte, celles (numérotées) de ses vies antérieures. Il doit ouvrir celle dont le numéro s'éclaire. Je ne sais pas si les personnes aveugles n'ayant jamais vu peuvent s'imaginer l'escalier et le couloir, mais je sais que j'aurais du mal. Néanmoins, cela doit être possible. Cependant, qu'en est-il de la porte dont le numéro s'éclaire?

Au long du roman, René s'attache à détromper les gens quant aux mensonges de l'histoire. Je ne suis absolument pas férue d'histoire, mais j'ai été surprise de constater que je savais certaines choses expliquées par le personnage. Si moi, qui suis très loin d'être aussi calée que les historiens, connaissais ces éléments, je me dis que d'autres en savaient encore plus que moi, et que pour beaucoup de lecteurs, les révélations de Bernard Werber n'en sont pas.

Au départ, je n'ai pas trop aimé ce que découvre René quant à sa première vie. Ensuite, l'auteur a su orienter les choses de manière à ce que cela m'agace moins. J'ai même fait un parallèle avec «Le jour des fourmis», lorsque cent-troisième (si je me souviens bien de son nom) regarde la télévision pour tenter de comprendre les «doigts». Après son expérience, elle parle des côtés négatifs de notre civilisation, puis elle glisse vers les côtés positifs, et si son exposé commence mal, elle reconnaît que les côtés positifs sont importants. Ici, c'est un peu la même chose: notre civilisation est comparée à celle de la première vie de René (il s'appelait Geb), et nous semblons avoir tous les défauts du monde, alors que ceux qui vivaient au temps de Geb paraissent parfaits en tous points. À mesure que le livre avance, Geb se rend compte des failles de sa civilisation.

C'est le premier livre que je lis où l'auteur donne la solution d'un tour de magie. Je connais donc au moins un tour que je pourrai faire à quelqu'un. Bien sûr, il faudra que ceux à qui je m'attaquerai n'aient pas lu ce roman. ;-)

Je n'ai pas vraiment adhéré à l'intrigue. Je ne vais rien en dire, car je m'aperçois que je dévoilerais trop de choses si je le faisais. Je ne regrette cependant pas ma lecture parce que tout ce qui a trait à la mémoire, à l'hypnose, et à la manière dont peut réagir notre esprit, m'a plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aurélien Ringelheim.

J'apprécie beaucoup le jeu de ce comédien qu'à mon avis, on entend trop peu. Ici, il n'a pas démérité. Sans modifier sa voix à outrance, il entre très bien dans la peau des divers personnages. Son ton est toujours adéquat.

Pour information, la structure du livre a été respectée. J'ai été ravie de le constater, et cela m'a beaucoup étonnée. En effet, les éditions Audiolib sont attachées aux pistes d'environ un quart d'heure, et n'hésitent pas à couper des chapitres qu'elles jugent trop longs en plusieurs pistes, mais aussi à rassembler, sur une piste, des chapitres jugés trop courts. Dans «La boîte de Pandore», certains chapitres sont très courts. Heureusement, l'éditeur audio n'a pas fait subir à ce roman ce à quoi a eu droit (par exemple) «Nous», de David Nichols. Je suis vraiment contente de ce progrès!!! Pourvu qu'il s'étende aux chapitres durant plus d'un quart d'heure!!!

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71 lectures

mercredi, 10 avril 2019

La griffe du chat, de Sophie Chabanel.

La griffe du chat

L'ouvrage:
Nicolas Pérard, propriétaire d'un bar à chats lillois, est retrouvé mort d'une balle dans le ventre. L'arme étant près de sa main, il s'agirait d'un suicide. Sa veuve est surtout triste parce que le chat vedette du bar, Ruru, a profité que la porte soit ouverte pour s'échapper. La commissaire Romano et son adjoint Tellier mènent l'enquête.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Certes, l'intrigue est un peu classique dans le sens où on finit par soupçonner tout le monde, mais elle ne souffre pas de temps morts, et tout se tient. De plus, les personnages (surtout Romano et Tellier) sont bien campés, travaillés... Cela fait qu'outre l'intrigue principale, l'autrice dépeint également la vie des deux protagonistes. Par exemple, Tellier connaît des déboires qui le pousseront à de cocasses extrémités. Enfin, Sophie Chabanel agrémente son roman de notes humoristiques. Elles viennent de sa manière de dire certaines choses en tant que narratrice omnisciente, mais aussi de situations dans lesquelles sont précipités nos enquêteurs de choc. Par exemple, Romano accepte que le lieutenant Clément (boulet notoire qui a atterri sous le commandement de la commissaire parce que sa hiérarchie savait qu'elle n'aurait pas le coeur de le rejeter) prenne part à l'enquête. Les interventions de Clément et les pensées de Romano quant à lui sont toujours source d'humour. Finalement, malgré le peu de jugeote du lieutenant, on découvrira qu'au moins une de ses suppositions était vraie.

Romano et Tellier on un caractère bien trempé. Ils se complètent, se comprennent, et s'aperçoivent qu'ils se manquent au bout de trois jours de non collaboration forcée. La commissaire combat les préjugés concernant les femmes, et oublie parfois ceux concernant les hommes. J'ai apprécié qu'elle tienne absolument à son petit confort, qu'elle aille jusqu'à dormir dans une pièce différente de sa maison chaque soir, etc. Quant à Tellier, j'ai apprécié (par exemple) sa manière d'élever ses enfants, et aussi de ne pas les laisser tomber.

Comme je le disais, on finit par soupçonner tous ceux qui gravitaient autour de Nicolas. Je n'aime pas trop cette ficelle, mais ici, je l'ai trouvée bien exploitée, d'abord parce que l'autrice ne s'acharne pas à brandir ostensiblement tel personnage pendant une partie du roman, puis tel autre, en guise de coupable, et ensuite parce qu'elle a quand même créé un rebondissement que je n'ai pas vu venir.

J'aime beaucoup la toute fin.

Remarques annexes:
Le nom de la victime revient souvent dans le livre, ce qui est normal. Donc la lectrice le dit souvent... À cause de la ressemblance entre ce nom et celui du chanteur, je ne cessais de penser au nom du chanteur. ;-) (Je sais que cette remarque est stupide, mais j'assume. ;-) )
Autre remarque stupide (heureusement que le ridicule ne tue pas): Romano est toujours désignée par son nom, et on ne connaît pas son prénom (ou s'il est dit une fois, je l'ai manqué). De ce fait, dans ma tête, je l'appelais parfois Elsa, en pensant à la comédienne Elsa Romano qu'il me plairait d'entendre davantage sur des livres audio.

Voici une phrase qui m'a beaucoup fait rire: «L'opéra, c'est quand on regarde sa montre au bout de deux heures et demi, et qu'il s'est écoulé vingt minutes.»

J'espère que Sophie Chabanel écrira d'autres romans aussi sympathiques où on retrouvera les mêmes policiers.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Christine Letort.

Je pense ne pas exagérer en disant que Marie-Christine Letort est la comédienne parfaite pour ce roman, et donc pour les livres de ce genre où le rire côtoie la gravité. Son jeu est sans failles. Quel que soit le sentiment, son interprétation est naturelle. Elle passe sans difficultés de la gravité au rire, et n'en fait jamais trop. Tout cela sans modifier sa voix à outrance, ce dont elle n'a absolument pas besoin, sachant, par son intonation, faire comprendre qu'on passe de tel à tel personnage. S'il y a une suite, et qu'elle est adaptée en audio, j'espère que c'est Marie-Christine Letort qui la lira.

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lundi, 8 avril 2019

The cheerleaders, de Kara Thomas.

The cheerleaders

L'ouvrage:
Monica Rayburn a seize ans. Cinq ans auparavant, sa soeur, Jennifer, s'est suicidée: elle ne se remettait pas de l'assassinat de deux de ses amies. Ce soir-là, Monica, qui vient de se faire avorter, cherche des anti-douleurs. Ses pas la conduisent dans le bureau de Tom, son beau-père. Celui-ci est policier, il a enquêté sur le meurtre des amies de Jennifer. En fouillant le bureau, Monica découvre le téléphone portable de sa soeur. Elle le ramène dans sa chambre, et l'examine. Elle découvre que le jour de sa mort, Jennifer a reçu un appel d'un numéro qui n'est pas dans ses contacts. Intriguée, Monica envoie un texto à ce numéro.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je me suis très vite attachée à Monica. J'ai compris son mal-être dû en partie à ce qu'elle vient de vivre. Rapidement, elle exprime ses doutes quant aux meurtres et au suicide des jeunes filles. Et voilà que l'occasion lui est donnée de chercher elle-même des informations. Les choses ne sont pas faciles pour elle, et c'est avec plaisir que j'ai vu se développer, au long du roman, son amitié avec Ginny, à qui elle ne parlait pas trop avant. Bien sûr, elle reste attachée à ses deux amies (Rachel et Alexa), mais dans ce tournant de sa vie, elles ne jouent pratiquement aucun rôle.

Si Ginny est sympathique, je ne parviens pas à comprendre totalement ce que le lecteur apprend à la fin la concernant. Elle l'explique, et ses raisons paraissent valables, mais il lui aurait été possible de tout raconter au moment où les événements se sont passés. Certes, il est une chose qu'elle aurait eu du mal à expliquer, mais elle aurait pu, uniquement concernant ce fait, tronquer la vérité...

L'intrigue est prenante et bien menée. Kara Thomas lance quelques fausses pistes, mais ne tente pas de nous y faire croire à tout prix: elle donne des éléments, et Monica échafaude des théories réalistes. J'ai été contente que deux des personnages ne soient coupables de rien. Je pense qu'incriminer l'un ou l'autre était assez tentant pour l'auteur, car ils faisaient des coupables intéressants. Cependant, elle a choisi quelqu'un d'autre, et j'ai trouvé cela très bien. Pour moi, la solution est vraisemblable. L'auteur n'a pas hésité à insérer des éléments qu'on raccroche au reste ensuite. Ils accentuent la crédibilité de la solution.

Je n'ai pas compris pourquoi Jennifer en était arrivée à cette extrémité. Certaines explications sont données, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue. Ce n'est pas forcément une faiblesse de l'histoire, mais pour moi, on aurait dû avoir davantage d'informations sur les sentiments de Jennifer.

Un bon moment de lecture.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'apprécie beaucoup la voix et le jeu de Phoebe Strole. Ici, elle n'a pas démérité, tant dans sa narration que dans l'expression des sentiments des personnages. Elle n'a pas non plus exagéré pour les rôles masculins. À un moment, Monica pleure. La lectrice ne joue pas ce passage de manière affectée, elle s'en sort très bien. L'héroïne pleure à gros sanglots. Phoebe Strole a pris le parti de montrer ces pleurs, mais de ne pas tenter les gros sanglots. Je pense qu'elle a eu raison.

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