jeudi, 13 décembre 2018

#Famous, de Jilly Gagnon.

L'ouvrage:
Ce jour-là, Rachel est dans la file d'attente d'un fast-food. Sa meilleure amie (Mo) la bombarde de SMS désespérés: elle est sûre qu'elle va rater l'examen du lendemain. Rachel s'imagine alors envoyer à Mo une photo qui l'amusera. C'est là qu'elle se rend compte que celui qui va la servir est Kyle: il va au même lycée qu'elle, ils ont un cours en commun, et elle sait que son béguin pour lui est sans espoir.

Critique:
Ce roman est sympathique. J'avais peur qu'il soit mièvre, mais il m'a plu. Bien sûr, il y a quelques malentendus qui retardent certaines choses, mais ils n'arrivent pas trop tôt, et donc ne durent pas.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages, surtout Rachel. Elle sait exactement où elle se situe dans l'échelle sociale du lycée, en a pris son parti, et ne cherche pas à changer de place. Elle est intéressante et attachante. Elle prend ce qui lui tombe dessus du mieux qu'elle peut. Ce qui lui arrive juste après ce moment où Kyle lui a servi ses frites montre bien la bêtise et la méchanceté gratuite des gens. Rachel est plutôt effacée, et elle fait quelque chose que les filles populaires ne lui pardonnent pas. Donc, elles la lynchent en place publique.

Heureusement, ce thème n'est pas le seul abordé par Jilly Gagnon. Les choses évoluent, d'autres paramètres entrent en compte... J'ai très bien compris le recul de l'héroïne lorsqu'elle est, en quelque sorte, forcée d'accepter ce que d'autres ont manigancé dans son dos, et qu'elle sait que tout cela est frelaté.

J'ai aussi apprécié Kyle, mais un peu moins. Il est pourtant aimable, et quand il fait des erreurs, se repent. Toute cette histoire le force à évoluer, à se demander ce qu'il souhaite vraiment, à se pousser à ne pas tricher.

J'ai aimé qu'Emma ne soit pas absolument détestable. Certes, elle n'agit pas toujours bien, mais son histoire et certains de ses actes montrent qu'elle n'est pas méchante.

Je ne sais pas quoi penser de Mo. Bien sûr, elle veut le bonheur de son amie, mais parfois, elle en fait trop, tout comme la mère de Rachel...

Un livre sympathique, qui aborde certaines questions avec justesse, et dont les personnages principaux sont attachants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Ce roman m'a un peu fait penser à «Ensemble à minuit», parce qu'il est lu par les mêmes comédiens, et met aussi en scène deux gentils adolescents. D'ailleurs, si je n'avais pas de soucis pour penser «Rachel» concernant le rôle d'Arielle Delisle, je pensais toujours «Max» (le héros d'«Ensemble à minuit») au lieu de «Kyle» pour le rôle de James Fouhey. En tout cas, il m'a plu de retrouver ces comédiens que je connais peu, mais dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, ils ont joué sans tomber dans le larmoyant, sans trop en faire. Leur interprétation est naturelle, et je pense que c'est grâce à cela que les malentendus un peu tirés par les cheveux sont bien passés.

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lundi, 10 décembre 2018

The girl who lived, de Christopher Greyson.

L'ouvrage:
Faith Winters, sa soeur (Kim), son père (Michael), Jessica Foster et ses deux filles (Anna et Emily) doivent passer une soirée ensemble dans le chalet des Winters. Le lendemain, Faith aura treize ans. Lorsque Kim et elle arrivent, elles sont prises en chasse par deux hommes mystérieux. Kim est tuée, et Faith parvient à s'enfuir.
Voilà dix ans que la jeune fille va de cures de désintoxication en hôpital psychiatrique. Elle n'a jamais réussi à convaincre la police, et tout le monde croit que c'est Michael qui, avant de se suicider, a tué une de ses filles, ainsi que Jessica (avec qui il avait une liaison) et Anna Foster.
Aujourd'hui, Faith retrouve la liberté. Elle n'a pas renoncé à se faire entendre.

Critique:
Ce roman m'a globalement plu. L'auteur traîne un peu. En effet, dès le début, on se doute que Faith n'est pas folle. J'ai même trouvé gros que personne ne la croie, sauf Henry, l'agent du FBI qui tente de l'aider. Bien sûr, cela permet à Christopher Greyson de faire en sorte qu'on soupçonne tout le monde. Encore une ficelle que je n'aime pas trop, même si, ici, elle est assez bien utilisée. L'auteur sème rapidement des éléments qui font que n'importe qui est un tueur qui prend l'apparence d'une bonne âme. Quelques personnes échappent heureusement à cela. Il y a aussi ceux sur l'innocence desquels j'avais décidé de parier. Je suis contente de ne pas m'être trompée. Cette galerie de suspects permet à l'auteur de glisser des faux rebondissements (qui font quand même leur petit effet) au moment où Faith découvre que tel ou tel indice mène droit à telle personne.
Lorsque j'ai eu la solution, j'ai pensé que la personne au centre de tout était celle que j'aurais dû soupçonner en laissant tous les autres de côté, car en effet, les indices menant à cette personne sont, (à y bien réfléchir après coup) les plus convaincants.%%Je trouve quand même dommage qu'à vouloir surprendre, l'auteur en ait fait trop. En effet, je n'ai pas aimé ce qu'on découvre au sujet d'Henry. C'est une ficelle que j'ai trop rencontrée (sous d'autres formes), et qui ne m'a jamais plu, à quelques exceptions près où elle est parfaitement maîtrisée. Ici, cela rend certaines situations bancales, à mon avis...

Faith est sympathique. Parfois, je m'énervais parce qu'elle faisait absolument tout ce qu'elle savait devoir éviter. Puis, je me disais qu'avec ce qu'elle avait vécu, il était normal qu'elle dérape. Elle a quand même le chic pour se mettre dans le pétrin. De plus, elle est souvent désagréable avec les gens. Là encore, cela se comprend. Et puis, il suffit de gratter un peu le vernis pour trouver la jeune fille sensible et avide d'amour.

Je ne peux pas trop parler des personnages ni de certains éléments sans orienter la pensée de ceux qui me liront. Si je dis que j'aime bien untel, ils se diront qu'ils peuvent l'éliminer de la liste des suspects...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Greyson Media.

Amy McFadden fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle parvient toujours habilement à modifier sa voix pour les rôls masculins sans que cela soit affecté.

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jeudi, 6 décembre 2018

La double vie d'Elise, de Leila Sales.

L'ouvrage:
Elise Dembowski, seize ans, n'a pas d'amis, et les filles populaires de son lycée la harcèlent. L'adolescente est rejetée par ses pairs depuis son enfance. Après une dernière tentative (qui échoue) pour faire partie des «cools», et pour, de ce fait, avoir des amis, la jeune fille pense qu'elle n'aura jamais sa place nulle part. C'est alors qu'elle prend l'habitude de sortir, le soir, pour de longues errances...

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Il aborde plusieurs thèmes avec beaucoup de finesse et de justesse. Le harcèlement adolescent est, malheureusement, quelque chose qui arrive bien trop souvent. Leila Sales décrit parfaitement ce que cela engendre chez notre héroïne. Elle n'omet pas de montrer l'absurdité et la bêtise de la chose: la plupart ne savent pas pourquoi ils harcèlent Elise, si ce n'est pour suivre certains élèves populaires. Les autres le font pour passer le temps, pour exercer leur petit pouvoir, mais aussi (comme le dit le père de l'héroïne) par jalousie. En effet, la jeune fille est ainsi traitée parce qu'elle est différente. Par exemple, elle s'exprime très bien, ne suit pas la mode vestimentaire, écoute de la musique en faisant attention aux paroles... L'auteur montre bien toutes ces règles non écrites auxquelles tout le monde se conforme, règles qu'Elise ne maîtrise pas, et qu'elle trouve (à l'instar du lecteur) incongrues, stupides, et cruelles. Malheureusement, la romancière n'exagère pas lorsqu'elle montre des adultes qui ne prennent pas les choses par le bon bout. Par exemple, une enseignante se préoccupe soudain d'Elise, parce que son attention en cours diminue, mais elle ne disait rien avant cela, malgré les signes, lorsque la jeune fille subissait le harcèlement de ses camarades. Il aurait peut-être été plus nuancé de la part de l'auteur de montrer un adulte qui voit certaines choses, et s'en préoccupe vraiment, car tous ne sont pas comme ceux qu'on voit dans le lycée d'Elise, mais il existe sûrement davantage de collèges et de lycées où les adultes ne voient rien ou bien ne veulent rien voir.

En dehors de l'univers lycéen, Leila Sales montre des personnes de tous horizons. Lorsqu'Elise découvre ces gens, la romancière crée une ambiance particulière, comme si c'était une sorte de rêve. La narratrice elle-même remarque que c'est si étrange qu'elle se croirait dans «Alice au pays des merveilles». Les rencontres ont lieu la nuit, l'endroit où elles se passent semble invisible à première vue... Ici, l'adolescente est vue autrement. De ce fait, elle n'est pas gauche, et n'a pas à faire attention à ses moindres paroles. Bien sûr, comme elle a des années de rabaissement derrière elle, à la moindre anicroche, elle s'imagine fautive.
Je crois que la romancière n'exagère pas: à force de harcèlement, une personne, malgré son esprit critique, peut être poussée à croire que, d'une manière ou d'une autre, elle est en faute. Pendant une grande partie du roman, Elise pense savoir ce qui l'a précipitée là-dedans. Cela la poussera à un acte extrême, dont les causes et les conséquences sont, à mon avis, plus parlantes que toutes les leçons de morale que pourraient recevoir les harceleurs.

Leila Sales donne également une petite leçon d'ouverture d'esprit à son héroïne et au lecteur. Je pense que personne ne sera vraiment fan de Sally et Java. À un moment, elles disent à Elise qu'elles savent bien qu'elle se sent supérieure à elles, et que ça n'est pas grave. La jeune fille réfléchit, puis explique au lecteur qu'en fait, elle ne les comprend pas. Quant à moi, je ne les comprenais pas trop non plus, mais ne pouvais m'empêcher d'assortir cela de soupirs ennuyés à leur égard. Bien sûr, on ne peut pas apprécier tout le monde, mais Sally et Java n'embêtent personne. J'imagine quand même (et j'espère) que je me serais contentée de ne pas les fréquenter (même à défaut d'amis), et que je ne les aurais pas raillées si j'avais été un personnage du roman.

J'aime beaucoup la famille d'Elise. Steve (son beau-père) et Danielle (sa mère) me font un peu rire avec leur façon d'élever leurs enfants, mais ils ne sont pas ridicules comme certains parents. Ils prônent la discussion, l'ouverture d'esprit, la tolérance, l'écoute. Parfois, ils ont l'air d'être un peu dépassés par leur méthode (par exemple lors du jeu d'Alex et de Neil à la pizzeria), mais ils ne semblent jamais stupides, comme ces parents qui déclarent fièrement qu'ils ne giflent jamais, qu'ils expliquent et négocient toujours... et dont les enfants sont de véritables pestes imbus d'eux-mêmes.
D'un autre côté, on voit peu le père de l'héroïne, mais lui aussi semble ouvert et attachant. S'il est déboussolé par le comportement de sa fille, il lui donne souvent l'occasion de s'exprimer, veut la comprendre, et répond présent quand c'est important.

Je suis très loin d'avoir évoqué tout ce que j'ai aimé. En effet, moi, la pinailleuse, je ne reproche rien à ce roman. Certains personnages sont déplaisants et agissent stupidement, mais c'est voulu, car l'auteur veut montrer quelque chose par ce comportement. Certains événements sont quelque peu prévisibles, mais je souhaitais qu'ils arrivent, ce qui veut dire que Leila Sales a habilement manoeuvré pour me faire espérer justement ce qu'elle a fait. Malgré la gravité du sujet, il y a beaucoup de scènes et de répliques amusantes, surtout lorsque Mel, Vicky et Harry sont dans les parages.
Ce livre, par de multiples moyens, exhorte le lecteur à être lui-même.

Remarques annexes:
Le nom du groupe de Vicky me fait beaucoup rire (il m'en faut peu): les Rideaux Sales ou les Rideaux Crasseux. (Je ne sais pas comment cela a été traduit en français.)
Je n'imaginais pas du tout que le métier de disc-jockey demandait tant d'adresse et d'écoute (que ce soit des morceaux ou du public).
Dire que je craignais de trouver ce livre médiocre, que j'ai longtemps hésité à l'acheter, et qu'ensuite, j'ai repoussé sa lecture deux fois! Heureusement que j'aime beaucoup la lectrice, c'est elle qui a fait que je me suis décidée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Listenning Library.

Rebecca Lowman fait partie de mes lecteurs préférés. Son intonation est toujours appropriée, et elle modifie sa voix pour les rôles masculins sans que cela soit affecté. Son jeu est toujours naturel et plein de sensibilité.
J'ai lu plusieurs chroniques de personnes qui ne la supportent pas disant qu'elle prend souvent un ton pleurnichard. Un jour, je lisais un roman lu par elle alors que j'étais au travail, mais en pause, et une élève qui était dans la salle de classe, et qui ne comprend pas l'anglais, m'a demandé si la lectrice était déprimée. Certes, à ce moment-là du livre, Rebecca Lowman lisait les déboires d'un personnage narrés par ledit personnage qui était triste, donc il était normal que cela s'entende dans sa voix. Cependant, depuis ma lecture des chroniques et la remarque de l'élève, je fais davantage attention à cela. C'est vrai que, parfois, la comédienne prend un ton qui pourrait paraître un peu plaintif. L'appréciant et comprenant son jeu (pour moi, son ton va toujours avec ce qu'elle lit), cela ne me gêne pas, mais je comprends que cela en embête certains.

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lundi, 3 décembre 2018

Appelle-moi par ton nom, d'André Aciman.

L'ouvrage:
Chaque été, les parents d'Elio (le narrateur) accueillent chez eux un jeune universitaire. Celui-ci assiste le père d'Elio, éminent professeur de littérature. L'année des dix-sept ans du narrateur, c'est Oliver (vingt-quatre ans), l'heureux élu. Chacun apprécie très vite Oliver. Quant à Elio, il est tout de suite attiré par lui.

Critique:
Quand jai annoncé à une amie (grande lectrice elle aussi) que je souhaitais lire ce roman, elle a été très étonnée, parce qu'elle était sûre qu'il était mièvre, et ne me plairait donc pas. Certes, le début est assez niais. Les deux personnages principaux jouent au chat et à la souris, Elio interprète les moindres faits et gestes de l'objet de sa flamme, il se consume de désir, se pose des tonnes de questions, se fait des films... Cela ne m'a pas tant exaspérée parce que je me disais qu'il était normal que les premiers émois plongent l'adolescent dans un abîme de questions... et de mièvrerie.

Puis est venue une chose que je n'ai pas comprise. C'est la réaction d'Elio tout de suite après un certain événement. (Ceux qui ont lu le livre sauront de quoi je parle.) Pourquoi cette réaction a-t-elle été si radicale? D'autant que c'est passager puisqu'ensuite, il change d'attitude.
Après cela, au moment des quelques semaines d'été restantes, puis des quelques jours à Rome, les actes des deux personnages principaux m'ont paru logiques, et c'est sûrement là que je les ai le mieux compris et le plus appréciés. Je me disais donc que cette partie me plairait beaucoup. Cependant, je me suis ennuyée lors de la lecture de poèmes dans la librairie. Les personnages rencontrés ne m'ont pas intéressée. Le poète m'a même paru pénible. Certes, sa femme était là pour le tempérer, mais cela n'a pas vraiment pris chez moi.

Après cet été, vient l'inexpliqué. Je n'ai pas compris pourquoi Oliver agit ainsi. Certes, il dit à Elio que c'est dans l'air depuis environ deux ans, mais le narrateur et le lecteur auraient mérité davantage d'explications. D'autant qu'à la fin, Oliver ne semble pas satisfait de ce qu'il a choisi de faire après cet été-là. Il y a peut-être un début d'explication lorsqu'il évoque la réaction de ses parents si ceux-ci avaient su une certaine chose... Il serait logique qu'Oliver ait fini par faire ce qui plairait à ses parents. Il n'empêche que l'explication, ainsi que davantage de détails sur les sentiments du personnage, manquent.

À un moment du livre, l'explication concernant le titre est donnée. Je suis peut-être trop traditionnaliste, ou je ne sais quoi, mais je n'ai pas du tout vu où résidait la volupté dans le fait d'appeler son partenaire par son propre prénom et vice versa pendant l'acte sexuel. D'autre part, je ne pense pas être une prude coincée, mais l'histoire de la pêche n'a éveillé aucun sentiment romantique chez moi. Cela m'a plutôt écoeurée.

Après ces reproches, vous comprendrez pourquoi la mièvrerie du début m'a paru acceptable, voire sympathique, comparée au reste. Pour moi, ce roman est une déception.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gabriel Bismuth-Bienaimé.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Si j'ai bien compris, c'est la voix française d'Elio dans le film tiré de ce roman. Le livre m'a déplu, mais l'interprétation du comédien m'a plu. Lors des passages mièvres, par exemple, le jeu du comédien n'accentue pas cette niaiserie. Cela m'a aidée à ne pas la trouver trop pénible. Dans tout le roman (notamment lorsqu'Oliver annonce la chose qu'il n'explique pas, mais également par la suite), il aurait été très facile de tomber dans le larmoyant. Gabriel Bismuth-Bienaimé ne l'a pas fait. Il n'a en aucun cas été trop sobre, mais il a joué les diverses émotions des personnages sans les exagérer. Son interprétation toujours à propos sauve un peu le livre à mes yeux.

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jeudi, 29 novembre 2018

La vie secrète des animaux, de Peter Wohlleben.

L'ouvrage:
L'auteur aborde des questions que beaucoup de gens se posent: les animaux ont-ils des émotions? Ressentent-ils, entre autres, la douleur?... À travers des observations et des anecdotes, Peter Wohlleben offre des pistes sur lesquelles se pencher.

Critique:
Quand j'ai appris que l'auteur de «La vie secrète des arbres» avait écrit un livre similaire concernant les animaux, j'ai tout de suite su que cet ouvrage me passionnerait. Écrit par une personne avisée, attentionnée, ouverte d'esprit, préoccupée du bien-être de chaque espèce (qualités que Peter Wohlleben a montrées dans «La vie secrète des arbres»), il était obligatoire que ce documentaire me captive. Il a parfaitement répondu à mes attentes.

Peter Wohlleben ne prétend absolument pas tout savoir. Il ne joue en aucun cas les donneurs de leçons. Il exhorte son lecteur à accorder le bénéfice du doute aux animaux. Puisqu'on ne sait pas s'ils éprouvent des émotions (ou en tout cas avec quelle intensité), pourquoi ne pas tenter de leur occasionner le moins de souffrance possible? Pourquoi ne pas les considérer comme dignes qu'on respecte leurs «sentiments»? Bien sûr, l'auteur déplore la manière dont certains hommes traitent les animaux, mais il ne fait qu'être factuel. Comment nier la maltraitance et la souffrance occasionnées par les élevages en batterie, la barbarie de certaines pratiques, etc? Il m'a plu de trouver, dans cet écrit, l'argument qui est le mien: sans que tout le monde devienne végétarien, voire se nourrisse d'air (puisque les végétaux aussi ressentent), il serait sûrement possible de faire les choses d'une manière qui ne serait ni barbare ni irrespectueuse.

Outre cela, au long de l'ouvrage, j'ai retrouvé le même cheminement de pensée que le mien. Qui côtoie des animaux a sans cesse des preuves qu'ils ressentent, qu'ils ont des émotions. J'aime beaucoup l'argument de Peter Wohlleben concernant ceux qui nous exhortent à cesser de faire de l'anthropomorphisme. D'ailleurs, l'auteur explique bien que si les animaux ressentent, il ne nous est pas facile de comprendre comment et avec quelle intensité. Il y a également, vers la fin du livre, une idée dont je rêve depuis très longtemps: pouvoir communiquer avec les animaux afin qu'eux nous «disent» ce qu'ils ressentent, comment ils le ressentent, etc. Les observer nous permet d'apprendre, mais il serait tellement mieux de pouvoir communiquer avec eux...! À ce sujet, l'auteur évoque le cas de Coco et d'autres gorilles. Je ne connaissais pas du tout ces cas. Ils donnent un peu d'espoir: peut-être qu'un jour, la communication et la compréhension seront possibles.

Les exemples donnés et les anecdotes racontées par Peter Wohlleben évoquent plusieurs espèces: les chèvres, les chevaux, les cerfs, les oiseaux, mais aussi les insectes de toutes sortes. J'ai apprécié qu'il étende ses observations à tant d'espèces, et je regrette que le livre n'ait pas été plus long.

Mon but étant d'en dévoiler le moins possible, je n'évoquerai qu'une seule des anecdotes contées par l'auteur. Elle apparaît lorsqu'il se demande si les animaux peuvent compter. Il parle alors de la chienne de la famille, Maxie. En semaine, celle-ci éveillait la petite famille très peu de temps avant que le réveil sonne, afin qu'on lui ouvre la porte. Le week-end, à l'instar de ses maîtres, Maxie faisait la grasse matinée. Comment lui était-il possible de savoir quels jours le réveil ne sonnerait pas? Cette anecdote m'a beaucoup plu, parce que voilà longtemps que je suis persuadée que mes chats savent beaucoup de choses. ;-) Ils savent ce que je ressens. (Moi aussi, j'aurais des faits à raconter à ce sujet.) Ils savent que le troisième jour de la semaine, ils vont me voir davantage que les deux premiers et le quatrième et le cinquième...

Un livre prônant l'ouverture d'esprit, le respect des espèces, la tolérance, la communication...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
J'ai trouvé judicieux que l'éditeur ait demandé au comédien qui avait interprété «La vie secrète des arbres» d'enregistrer «La vie secrète des animaux». J'ai retrouvé, avec grand plaisir, le talent de conteur de Thibault de Montalembert. Son intonation est toujours adéquate. Il adopte parfaitement le ton le mieux à même de rendre les intentions de l'auteur, et n'exagère jamais. Lorsque Peter Wohlleben appelle son lecteur à faire attention aux animaux, lorsqu'il met l'accent sur le mal qui leur est fait, le lecteur ne prend absolument pas un ton supérieur ou larmoyant. Il montre la compassion que prône l'auteur. Pour moi, il s'est très bien glissé dans ce livre, dans la peau de celui qui raconte, etc. Je n'aurai qu'une minuscule remarque. L'auteur écrit plusieurs fois «moi aussi». Le narrateur fait alors une liaison mal-t'à-propos en disant «moi zaussi». C'est en l'entendant que je me suis aperçue qu'il n'était pas le seul. J'ai déjà entendu cela chez plusieurs personnes, et me suis toujours demandé pourquoi cette erreur était commise. Peut-être parce qu'on fait cette liaison lorsque le pronom personnel est «nous», «vous», ou «eux»...

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lundi, 26 novembre 2018

Le cimetière des livres oubliés, tome 4: Le labyrinthe des esprits, de Carlos Ruiz Zafón.

 Le labyrinthe des esprits

L'ouvrage:
Barcelone, 1959. La police doit retrouver un ministre disparu. Le personnage étant haut placé, plusieurs branches doivent collaborer. C'est ainsi qu'Alicia Gris, bientôt trente ans, se retrouve lancée dans cette enquête. Elle doit donc retourner à Barcelone où elle a passé une partie de son enfance, où elle a perdu ses parents, où elle a été blessée lors d'un bombardement... Son enquête l'amènera à croiser les patrons de la librairie Sempere et fils.

Critique:
Quelle joie cela a été pour moi lorsque j'ai su que ce titre sortait chez Audiolib, interprété par le comédien si talentueux qui a enregistré les trois autres tomes de la série! Mon attente n'a pas été déçue. Ce roman est aussi savoureux que les trois autres. Dès que j'ai lu la durée (plus de vingt-huit heures), j'ai pensé: «Hmmm, cela ne va pas être assez long.» En effet, outre le bonheur de retrouver des personnages appréciés, je me suis replongée avec plaisir dans l'écriture de Carlos Ruiz Zafón: précise, fine, installant une ambiance très réaliste. À la fin de l'ouvrage, je n'ai pu que constater que ma prédiction était juste: on n'a jamais assez des Sempere, de Fermín, et des intrigues passionnantes (qui s'entremêlent et se recoupent) créées par l'auteur.

Alicia est un des personnages que nous découvrons dans ce roman. Ayant eu une enfance chaotique, elle est tourmentée, voire torturée, et a fini par se persuader (non sans qu'une certaine personne l'y pousse) qu'elle ne pourrait jamais prétendre à une vie paisible. Son caractère et son passé expliquent cela. J'ai ressenti de la compassion pour elle. Elle n'est pas toujours aimable, et se pense dangereuse pour ceux qui mènent une vie sans heurts. Au long du roman, elle n'est pourtant pas si odieuse. Certes, il lui arrive d'être revêche, et elle s'imagine entraînant ceux qui s'aventureraient à l'aimer là où la projettent ses démons intérieurs. Il lui arrive également... de tuer. Cependant, Alicia se remet souvent en question. On ne pourra s'empêcher de la comparer avec d'autres personnages du roman (que je ne citerai pas pour ne pas trop en dire) et qui sont bien plus détestables parce qu'ils prennent plaisir à dominer, rabaisser, torturer...

J'ai aimé côtoyer à nouveau Daniel et Béa. Daniel se rend bien compte du rôle que veut lui assigner Fermín (celui-ci ne cesse de le clamer), et comprend qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il endosse ce rôle plutôt que celui du vengeur. Fermín imagine Daniel comme un petit garçon fragile qui, sous le coup de la colère et de la douleur, pourrait mal agir. Je le vois un peu comme ça, moi aussi, mais je comprends qu'il souhaite savoir. Je préfère que l'auteur ait orienté les choses comme il l'a fait à ce sujet.

Le roman ne souffre d'aucun temps mort. Si les intrigues semblent labyrinthiques (comme l'annonce le titre), rien n'est laissé au hasard, tout se tient. Parallèlement à ce que vivent les personnages, l'auteur crée une atmosphère entre merveilleux, fantastique, et gothique, avec les romans de Víctor Mataix racontant les aventures d'Ariadna. Parfois, alors que les personnages se débattent avec les horreurs qui leur tombent dessus, Carlos Ruiz Zafón sort Fermín de son chapeau. Alors, celui-ci égaie et allège l'ambiance, tout en prenant très bien la mesure des événements. Par exemple, lorsque Fermín, Fernandito et Alicia sont dans le taxi, la situation est critique. Fermín le sait parfaitement, et cela le touche énormément. Donc, il fait son possible pour y remédier au plus vite, tout en abreuvant le chauffeur de taxi de répliques et de considérations pleines d'humour. Que serait cette série sans la gouaille et le bon sens de l'incomparable Fermín? Il y manquerait quelque chose d'important.

Il m'a plu de retrouver Isabella pour un petit moment. J'ai apprécié d'en apprendre un peu plus sur elle. J'ai aussi aimé découvrir certaines choses, dont l'une était prévisible, même si je ne voulais pas spéculer là-dessus.

Une question me reste concernant David Martin. Je me la pose depuis «Le jeu de l'ange», et ici, elle ne trouve pas de réponse. Il y a une petite explication (donnée dans «Le prisonnier du ciel» et renforcée ici), mais il me manque un morceau.
Pour moi, une autre question reste sans réponse. Elle concerne Salgado. On peut admettre que la chose ait pu arriver, mais j'aurais aimé savoir comment.

Je ne connaissais pas du tout l'existence des faits que révèle l'enquête d'Alicia et de Vargas. Je ne sais pas si l'auteur s'est appuyé sur des événements réellement arrivés.

J'ai beaucoup aimé que Carlos Ruiz Zafón prenne le temps de faire une fin détaillée, de donner le plus d'explications possibles concernant ses personnages, de les montrer après les événements de 1959-1960. Il nous permet, entre autres, de découvrir Julián Carax sous un autre jour: plus posé, moins tourmenté, se consacrant beaucoup à l'écriture... J'exagère un peu quand je dis qu'il est moins tourmenté. Disons plutôt qu'il gère mieux ses peines. Il sait qu'il ne peut pas revenir sur ses erreurs, en souffre, et tente de vivre au mieux avec cette douleur.

Avant de lire «Le labyrinthe des esprits», j'ai relu les trois autres tomes de la série. Cela m'a permis de me les remettre en tête. Pour moi, ces livres doivent se lire d'une traite. Ainsi, on appréhende mieux les différentes intrigues, et on comprend mieux les clins d'oeil qu'il y a des uns aux autres. Malgré l'ordre de publication des livres, malgré le rappel que fait Julián Sempere à la fin de «Le labyrinthe des esprits», je persiste à penser qu'il faut lire «Le jeu de l'ange» en premier, puis «L'ombre du vent». Ensuite, viennent «Le prisonnier du ciel» et «Le labyrinthe des esprits». Je dis cela à cause de la chronologie des faits. «Le jeu de l'ange» se termine dans la première moitié des années 30. Certes, l'épilogue se passe en 1945, mais les autres tomes permettent très facilement de le situer par rapport aux événements qu'ils racontent. De plus, «L'ombre du vent» commence en 1945. On me dira que dans les trois autres tomes, il y a quelques retours en arrière. C'est vrai, mais ils sont là pour expliquer des choses posées soit dans «Le jeu de l'ange» soit dans les premières parties de «L'ombre du vent». Celui qui est dans «Le labyrinthe des esprits» explique comment un personnage connaissait Alicia. On n'en a donc pas vraiment besoin avant. De plus, tous les retours en arrière se passent après «Le jeu de l'ange» (1938, 1939) ou commencent peu avant la fin des événements racontés dans ce roman (1933).
D'autre part, si on commence par «L'ombre du vent», on sait tout de suite ce qui est arrivé à un personnage qu'on découvre dans «Le jeu de l'ange». Je trouve cela dommage.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux.

J'apprécie toujours autant le jeu de Frédéric Meaux. Il sait très bien modifier sa voix pour certains rôles sans que cela soit exagéré. Il joue parfaitement les diverses émotions des différents personnages. Que Daniel soit désoeuvré, que Fermín fasse part de son opinion sur tel ou tel sujet, que Fernandito frétille d'aise à l'idée de participer à l'enquête, que Béa tente (de manière douce, posée, mais également amusée) de ramener le calme après une ou plusieurs remarques de Fermín, que les tortionnaires soient froids ou mielleux, la voix et le ton du comédien sont naturels, son jeu est excellent. Il semble à l'aise en toute situation, et son interprétation fait vivre chaque personnage. Je regrette seulement qu'il prononce certains noms propres en faisant un accent espagnol, ce qui, pour moi, fait moins naturel. Enfin, je trouve dommage que personne (absolument personne) ne lui ait dit qu'en espagnol, «gue» et «que» se disent comme en français, on ne prononce pas le «u». Si on veut prononcer «Miguel» à l'espagnole, on ne dit pas «Migouel». Idem pour «Raquel», etc. Je suis toujours déçue quand j'entends un comédien faire cette erreur, parce que je trouve indispensable que la personne qui dirige les comédiens lors des enregistrements sache ce genre de choses. Ce n'est pas la première foi que je rencontre cela, et je suis extrêmement agacée que l'erreur ait pu être commise. On sait prononcer correctement «que» et «gue» en espagnol quand on a étudié cette langue, ne serait-ce qu'au collège.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en plusieurs pistes, et beaucoup d'autres sont rassemblés par trois ou quatre sur une seule piste.

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211 lectures

jeudi, 22 novembre 2018

Une femme simple et honnête, de Robert Goolrick.

Une femme simple et honnête

L'ouvrage:
Wisconsin, hiver 1907. Dans le village où se déroule une grande partie de l'intrigue, Ralph Truitt, cinquante-quatre ans, est craint et peu apprécié. C'est un riche homme d'affaires, et beaucoup de villageois travaillent pour lui. À présent, il attend un train qui a du retard, et imagine que certains jasent.
Quelque temps auparavant, il a passé une annonce dans un journal de Chicago, annonce dans laquelle il disait rechercher une femme qui n'attend pas un mariage d'amour, qui n'a pas d'idées de grandeur... Après cela, il a correspondu avec Catherine Land: elle lui a écrit ne plus attendre grand-chose de la vie, et être cette femme simple et honnête qu'il cherche. C'est donc elle qui arrive par ce train qui a du retard.

Critique:
Comme j'ai lu «Féroces», j'ai eu une petite appréhension en m'attaquant à «Une femme simple et honnête»: j'avais peur d'y trouver des horreurs psychologiques. Je me suis décidée parce que le résumé m'attirait. S'il y a bien des éléments durs, ce roman renferme aussi un peu d'espoir. En outre, il est très réaliste.

On apprend assez vite le passé de Catherine, ainsi que ce qu'elle compte faire et pourquoi. Cela m'a un peu fait râler, mais finalement, ce n'est pas très étonnant. Le plus surprenant est peut-être que ce soit justement Catherine qui soit tombée sur l'annonce de Ralph.

Au long du roman, je me suis attachée à certains personnages. L'auteur décrit très bien le caractère de Ralph, ainsi que les épreuves qu'il a connues. Il fait pareil concernant Catherine. Là, on cerne les personnages, on compatit quant à ce qu'ils ont souffert. Catherine est plus ambiguë que Ralph. Elle arrive avec un objectif, la vie qu'elle connaît avec Ralph est (je pense) telle qu'elle l'imaginait, et pourtant... C'est surtout ce personnage qui interpelle. Elle évolue d'une manière qu'elle-même n'avait pas envisagée, et cela la déstabilise, ce qui fait que pendant une partie du roman (le début de la troisième partie), elle est perdue. À ce moment-là, je ne savais plus trop quoi penser d'elle. Son évolution m'avait fait l'apprécier, mais ce qu'elle fait après son retour de Saint-Louis me rendait perplexe. Bien sûr, on comprend pourquoi elle le fait malgré tout, mais je me disais qu'elle aurait pu «chercher une autre solution». L'intrigue semble simple, au départ, mais elle se complexifie justement grâce à l'ambivalence de Catherine, et aussi des réactions de Ralph.

Dans ce roman, on rencontre certains personnages qui, pour moi, ne savent pas prendre les bons côtés de la vie. Je ne parlerai que d'Alice afin de ne pas vous gâcher la lecture. Alice préfère une vie de perdition (apparemment, elle aime la luxure) plutôt qu'une vie davantage rangée (et donc moins dangereuse)aux côtés de sa soeur. J'ai eu du mal à la comprendre, mais j'imagine que si l'auteur a créé un tel personnage, il doit en exister dans la vie. L'histoire d'Alice permet au lecteur de savoir et de comprendre comment Catherine est arrivée où elle en est. Si elle est ambiguë, on ne peut nier que c'est une battante. Malgré les coups qu'elle reçoit de la vie, elle se relève. Malgré certains de ses actes et intentions, on éprouve de la compassion pour elle qui a appris la vie à coups de déconvenues. Son parcours (même s'il n'est pas identique) est à mettre en parallèle avec celui de Ralph. Il a appris les mêmes leçons de la vie.

Outre une intrigue captivante et des personnages qui soulèvent d'importantes questions, Robert Goolrick crée des ambiances à merveille. Qu'on soit dans le petit village du Wisconsin, auprès d'Alice, ou dans les luxueuses chambres d'hôtel de Saint-Louis, il suffit de quelques descriptions et dialogues pour être plongé dans l'ambiance de l'instant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Xavier Percy pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Elle sonne juste. Il n'a pas trop modifié sa voix pour les différents personnages, ce qui m'a plu. Il a très bien joué (sans surjeu) les sentiments qu'ils vivent et expriment. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Je regrette que l'éditeur audio ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Je n'aime pas la musique dans les livres, car pour moi, elle ne fait que retarder la lecture.

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lundi, 19 novembre 2018

Six months later, de Natalie D. Richards.

Six months later

L'ouvrage:
Chloé est lycéenne. Elle ne fait partie ni des élèves brillants ni des populaires. En ce jour de mai, elle vient d'écoper d'heures de retenue pour avoir déclenché l'alarme incendie. Elle avait fait cela pour créer une diversion, parce que son amie, Maggie Campbell, était en train de faire un exposé devant la classe, que son stress accentuait son bégaiement, ce qui renforçait son stress..., et que certains commençaient à rire.
Chloé est maintenant en étude, elle fait partie d'un groupe de travail. Après tant d'émotions, elle cède au sommeil. La fin de l'heure et le départ de ses congénères l'éveilleront, pense-t-elle.

Lorsqu'elle se réveille, elle constate que quelque chose ne va pas. Elle est dans la même salle, mais il n'y a personne d'autre, il fait nuit, ses mains sont pleines de terre, et... il neige. Petit à petit, Chloé se rend compte que six mois ont passé, et qu'elle les a oubliés. Elle découvre également que certaines choses incroyables sont arrivées pendant ce temps...

Critique:
Ce roman étant pour la jeunesse, et contenant un garçon dont toutes les filles rêvent, j'avais peur qu'il soit niais. Cependant, j'ai décidé de le tenter parce que le synopsis m'intéressait, et que j'aime bien la lectrice qui l'a enregistré. Je suis contente de ma lecture. J'ai trouvé l'histoire d'amour un peu trop facile, mais certaines choses se compliquent la concernant, la rendant moins simpliste.

Lorsque je lis un roman où le personnage principal est amnésique, je me demande toujours ce qui se passerait si cela m'arrivait. Comment réagirais-je? Comment se comporterait mon entourage? Je me dis surtout que j'aurais sûrement peur, que je serais perdue... J'ai donc compris le désarroi de Chloé. De plus, elle ne peut pas tout de suite se confier, ce qui empire sa situation.

À force d'aller à la pêche aux renseignements en tentant de paraître naturelle, Chloé finit par trouver un fil sur lequel tirer. Je trouve que c'est bien exploité parce que le lecteur avance à la même vitesse qu'elle, et il a tout le temps de supposer, d'imaginer... Lorsque l'héroïne commence à avoir des bribes de réponses (dont l'une donnée par madame Miller), le lecteur est (comme Chloé) perplexe.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts. Entre le désarroi de Chloé, ses questions, son désir de rattraper des bévues dont elle ne se souvient pas, ses relations avec ses parents, avec ses camarades, le lecteur a assez de matière pour ne pas s'ennuyer. Puis arrivent les rebondissements, et enfin, l'explication. Pour moi, tout est crédible, tout se tient. Malheureusement pour le monde, mais heureusement pour l'intrigue, quelque chose de ce genre est tout à fait plausible.

Ce roman m'ayant beaucoup plu, je lirai l'autre livre de Natalie D. Richards.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Woo Zeller pour les éditions Tantor Audio

Emily Woo Zeller fait partie des lecteurs que j'aime bien, mais dont je me méfie un peu, car elle m'a déçue sur certains livres. Ici, son interprétation m'a plu. Elle n'est pas trop sobre, ne se met pas à hurler comme une damnée, ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, ne crie pas en ayant l'air de se retenir... autant de choses déplaisantes que je l'ai entendue faire dans d'autres livres. Ici, elle joue le livre sans trop en faire, et met toujours le ton adéquat tant dans la narration que dans les dialogues.

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