jeudi, 22 octobre 2020

L'homme et la nature, de Peter Wohlleben.

L'ouvrage:
Dans ce livre, Peter Wohlleben explique quel est le lien entre l'homme et la nature, et nous exhorte à le raviver.

Critique:
Ah! Quelle joie de retrouver Peter Wohlleben, ses informations documentées, ses explications claires et détaillées, son désir d'une communion et d'une harmonie entre l'homme et la nature. Je suis heureuse d'apprendre, grâce à lui, des informations qu'il a mis longtemps à assimiler, qu'il a dû examiner, expérimenter, creuser...

Certains tiqueront peut-être, car dans cet ouvrage, on retrouve quelques explications données dans des ouvrages précédents. Autant cela me gêne dans des romans ou dans des témoignages (Marie Cardinal faisait ainsi, par exemple, mais chez elle, c'était carrément du copier-coller), autant ici, cela ne me dérange pas du tout, car c'est approprié, et donc, pas indigeste.

L'auteur commence par nous montrer comment utiliser nos sens pour être à l'écoute de la nature. Le lien dont il parle passe par cela, mais aussi par le fait que l'homme doit respecter la nature. Pour certains, il s'agit même de la découvrir.

Tout comme dans ses ouvrages précédents, Peter Wohlleben n'est jamais pompeux ou moralisateur. Il prône le respect et l'harmonie. Bien sûr, cela déplaît à certains, mais ces personnes devraient tenter de s'imaginer à la place de la nature abîmée et spoliée.
L'auteur développe certaines idées en les creusant. Par exemple, il n'est pas pour l'utilisation du bois à outrance, et ses explications là-dessus sont logiques.

On trouve également des informations concernant le pouvoir guérisseur de certaines plantes. Bien sûr, certaines choses commencent à être connues. C'est d'ailleurs pour cela, à mon avis, que Peter Wohlleben s'est attardé sur celles que la plupart d'entre nous ignorent. En ce qui me concerne, il a visé juste, car je ne connaissais que la propolis parmi tous les éléments qu'il cite.

Pour ne pas trop dévoiler de choses, mais vous donner envie, je fais suivre une petite liste non exhaustive, d'éléments qui m'ont paru importants: la responsabilité (volontaire ou pas) de l'homme dans certains changements des forêts, le bain de forêt, le déboisement, les champs électriques des arbres, etc.

D'autre part, l'auteur explique comment lui est venue cette connaissance, comment il fait ses recherches, ce qu'il a expérimenté... Comme à chaque fois que je termine un de ses livres, je pense qu'il faudrait que Peter Wohlleben soit davantage écouté par les haut placés...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François d'Aubigny.

François d'Aubigny est un comédien dont j'apprécie le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Certains pourraient prendre prétexte du fait que ce livre n'est pas un roman pour être monotones ou pour faire de terribles effets (en arguant justement qu'ils ne veulent pas être monotones). François d'Aubigné évite ces écueils. Sa lecture est fluide, et il adopte le ton adéquat.
Malgré cela, je n'ai pu m'empêcher de regretter que l'ouvrage n'ait pas été enregistré par Thibault de Montalembert, qui a enregistré les autres livres de cet auteur sortis en audio. Lui aussi lisait parfaitement ces ouvrages, et je trouve dommage que la continuité ait été brisée. Il a été remplacé par un comédien dont le talent n'est pas à remettre en question, mais cela reste une déception pour moi.

Partage

34 lectures

lundi, 19 octobre 2020

Ne te perds pas en chemin, de Margaret Mizushima.

Ne te perds pas en chemin

L'ouvrage:
Cet après-midi-là, Adrienne (une employée des Sources Chaudes qui prodigue également des massages aux animaux, et est la petite amie du shérif adjoint) devait travailler quelques heures à la clinique vétérinaire de Cole Walker. Elle ne se montre pas. Les heures passent, et elle ne donne pas signe de vie...

Critique:
Si j'ai aimé le tome 1 de cette série, j'ai davantage apprécié sa suite. Les personnages sont bien installés, ont pris leurs habitudes les uns avec les autres, c'est sympathique de les voir évoluer ensemble. De plus, on apprend autre chose sur le passé de Mattie, chose dont je ne me doutais pas du tout.

L'intrigue du tome 1 m'a plu, mais j'étais un peu déçue d'avoir décrypté un indice; celle du tome 2 m'a semblé mieux ficelée. Les enquêteurs ne vont pas dans la bonne direction du premier coup, mais moi non plus. Je n'ai trouvé que lorsque l'autrice l'a décidé. J'ai également apprécié que tout ne soit pas concentré sur le travail des policiers. Il m'a plu de retrouver Cole au travail et dans sa vie privée. À ce sujet, pour l'instant, la romancière ne s'essouffle pas. Bien sûr, ce n'est que le tome 2, il faudra voir ce que donne la suite.

J'ai apprécié que Margaret Mizushima n'ait pas englué un personnage dans son ressentiment, et que ce protagoniste se soit montré plus sympathique envers notre héroïne que dans le tome 1. J'avais peur qu'il campe sur ses positions, et finisse par avoir l'air extrêmement ridicule et stupide.

Comme dans le tome 1, j'ai beaucoup aimé voir Mattie et Robo au travail: leur complicité, leur respect et leur grand attachement l'un envers l'autre...

La fin n'est pas absolument satisfaisante pour les personnages, mais tout ne peut pas toujours bien se terminer.

Il y a quand même un petit détail qui, pour moi, était un indice concernant un élément secondaire, c'est ce que Sophie pense de Bruno. Je suis contente parce que j'avais raison, et que je n'avais pas trouvé comment ce détail prendrait de l'importance. J'ai beaucoup aimé ce qu'a fini par en faire Margaret Mizushima.

C'est là que nous arrivons au moment fatidique de la complainte de la livrophile. Les tomes suivants ne sont pas encore sortis. Vais-je avoir la patience de les attendre, ou finirai-je par les lire en version originale, malgré mon besoin maniaque de continuité (tant au niveau de la langue que de la lectrice)?

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Tout comme dans le tome 1, le talent de Flora Brunier ne s'est pas démenti. Parfois, elle a dû jouer certaines nuances (une pointe de larmes dans la voix de Mattie, un brin d'insolence et de ressentiment dans celle d'Angie), et elle s'en est très bien tirée.

Acheter « Ne te perds pas en chemin » sur Amazon
Acheter « Ne te perds pas en chemin » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

45 lectures

jeudi, 15 octobre 2020

Les sentiers de l'oubli, de Margaret Mizushima.

Les sentiers de l'oubli

L'ouvrage:
Timber Creek, petit village du Colorado. Mattie Cobb, lieutenant de police, vient d'achever sa formation dans l'unité cynophile de Denver. Elle est déjà très attachée à son équipier, le berger allemand Robo. Pour leur première enquête, ils sont appelés près d'une cabane dans la forêt. La garde forestière a repéré des allées et venues suspectes, et ce jour-là, une grande tache de sang ne fait que renforcer ses craintes. Robo s'élance tout de suite sur une piste. Ils tombent sur un bouvier bernois blessé montant la garde auprès... d'un cadavre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture en entier, car elle en dit trop. Heureusement pour moi, je l'ai lue longtemps avant de me lancer dans le roman, ce qui fait que j'en avais oublié une grande partie. C'est en la relisant pour avoir l'orthographe de certains noms propres que je me suis aperçue qu'elle en disait trop.

L'enquête n'est pas forcément pleine de tension de bout en bout, mais l'autrice maîtrise ses effets. Les rebondissements sont à propos. Il y a bien un ou deux faux indices, mais je les ai pardonnés à la romancière, car ils étaient plausibles. De plus, un autre indice aiguille le lecteur vers la solution. J'ai été un peu déçue que l'héroïne ne le décrypte pas rapidement, surtout parce que moi, je l'ai décrypté. Cependant, elle est excusable, car l'explication qu'elle trouve au départ se tient.

Les personnages principaux sont attachants. Mattie fait son travail avec coeur. Quant à sa vie privée, elle n'est pas calme à cause du passé qui la tourmente. À ce sujet, j'imagine que les choses vont avancer dans le tome 2 de la série.
Cole et ses filles sont très sympathiques. J'ai un peu peur qu'à leur propos, la romancière s'essouffle un peu si Cole ne parvient pas à concilier un peu mieux sa vie privée et son travail.
C'est Robo que j'ai trouvé le plus attachant. Il a même réussi à me faire sourire, alors que la situation était très tendue, car il frétillait de joie à l'idée de s'occuper d'un «méchant». J'ai apprécié que la romancière ne montre pas que Mattie et Robo ont une relation absolument parfaite. Ils sont très attachés l'un à l'autre, complices, respectueux l'un de l'autre, mais parfois, Robo tente de dominer certaines situations. J'ai du mal à le croire, car pour moi, les animaux sont parfaits (hahaha) mais je sais que c'est la vérité. Cela m'a rappelé le témoignage de Shreve Stockton racontant son amitié avec un coyote. Celui-ci cherche les limites, et elle ne parvient pas à les lui imposer.

La romancière analyse bien la psychologie de ses personnages, leurs sentiments, leurs émotions.

Je vais me hâter de lire le tome 2. En anglais, il y a d'autres tomes. J'espère qu'ils sortiront en français, et bien sûr, en audio. Si cela n'arrivait pas, je pourrais les lire en anglais, car j'apprécie le jeu de la lectrice, mais j'aimerais bien qu'il y ait une certaine continuité.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'apprécie la voix et le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle modifie sa voix (à peine, et non à outrance) pour les rôles masculins, elle joue les sentiments des personnages sans cabotiner.

Acheter « Les sentiers de l'oubli » sur Amazon
Acheter « Les sentiers de l'oubli » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

57 lectures

lundi, 12 octobre 2020

Captive, de Margaret Atwood.

Captive

L'ouvrage:
En 1843, Grace Marks, seize ans, a été arrêtée pour complicité dans deux meurtres. Lors de son procès puis de son emprisonnement, elle a plusieurs fois changé sa version des faits, a dit être amnésique, a eu des phases pendant lesquelles on la croyait folle... Le docteur Simon Jordan, spécialiste dans l'étude des maladies mentales, souhaite découvrir la vérité. C'est ainsi qu'il a de longs entretiens avec la prisonnière, et lui fait raconter son histoire.

Critique:
Le synopsis de ce roman m'a tout de suite tentée, et j'en attendais peut-être trop. J'ai d'abord eu du mal à y entrer. Cela a commencé à m'intéresser à partir du moment où Grace raconte son histoire (vers le chapitre 12 sur 53). De plus, j'ai été très agacée par le fait que l'autrice nous conte aussi la vie de Simon. Je ne voulais connaître que l'histoire de Grace, et les déboires de Simon (que sa mère veut marier, et qui se rapproche de sa propriétaire) m'ont cassé les pieds. Cela m'a étonnée de moi, car habituellement, j'aime que les auteurs ne nous montrent pas les personnages comme les policiers, les avocats ou les médecins uniquement absorbés par leur travail, comme s'ils n'avaient aucune vie en dehors. Je pense que dès le départ, j'ai trouvé Simon terne, et que de ce fait, sa vie ne m'intéressait pas. En outre, l'histoire de Grace était plus attrayante.

La romancière s'étant basée sur des faits réels, elle ne peut pas nous en dire davantage que ce qui s'est passé. Voilà pourquoi nous ne pouvons être sûrs de la culpabilité ou de l'innocence de Grace. Là où Margaret Atwood a parfaitement réussi, selon moi, c'est dans sa «création» de ce que la jeune femme raconte à Simon, de ce qu'elle pense (certains chapitres sont narrés par elle), dans ce qu'elle ressent. Le personnage est convaincant, et le lecteur a envie d'y croire. Quant à moi, j'en ai eu d'autant plus envie que seul son récit m'intéressait. Je ne sais pas trop quoi penser de la séance d'hypnose à laquelle elle est soumise. Je m'y connais trop peu pour savoir si elle a pu être «possédée» le temps de cette séance, si elle a pu feindre, etc. Je n'en ai donc pas vraiment tenu compte. Certes, cela m'arrangeait, car je souhaitais croire tout ce qu'elle racontait à Simon.

À la fin, l'héroïne nous conforte dans l'impression qu'il faut se méfier de tous, que rien n'est simple. En effet, l'avidité et la délectation de Jim à entendre les terribles moments de la vie de Grace sont dérangeantes. De plus, la narratrice laisse entendre que Simon était un peu comme ça. Peut-être exagère-t-elle, mais Simon lui-même était un peu ambigu quant à ce qu'il ressentait.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Fidèle à elle-même, Élodie Huber a joué sans surjouer. En bonne pinailleuse, je regrette qu'elle ait prononcé Saïmone pour Simon. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de trop longs blancs. Certains sont entre les chapitres, ce qui est normal, mais certains sont à l'intérieur d'un chapitre entre deux phrases de la même scène. De toute façon, pour une allergique aux silences comme moi, ils sont tous trop longs. ;-)

Acheter « Captive » sur Amazon
Acheter « Captive » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

53 lectures

jeudi, 8 octobre 2020

Moi qui croyais te connaître, de Penny Hancock.

Moi qui croyais te connaître

L'ouvrage:
Holly et Julia sont amies depuis plus de vingt ans. Elles sont proches, complices, se comprennent, s'entraident... Holly est professeur à l'université, elle participe à un atelier sur le consentement. Elle s'attache à bien faire comprendre qu'à partir du moment où une personne ne dit pas explicitement qu'elle est d'accord,avoir une relation sexuelle avec cette personne est un viol.
Un jour, Saffie (la fille de Julia) accuse Saul (le fils d'Holly) de l'avoir violée...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Une histoire contant un cataclysme qui tombe sur une amitié est toujours un point de départ intéressant. L'autrice maîtrise son intrigue, car elle explore les conséquences de ce cataclysme. La psychologie des protagonistes est analysée, leurs actes et leurs paroles prennent une grande importance pour les autres... Certains agissent, au départ, sur une impulsion. Par exemple, Holly reproche le premier mouvement de Pete après que celui-ci a été informé de l'accusation. Le lecteur comprendra tout aussi bien Holly que Pete. Je penchais un peu plus vers l'un des deux, car j'avais décidé de prendre tout de suite parti concernant l'accusation, mais je pouvais comprendre l'autre. J'ai compris que Julia et Holly s'enferrent dans une situation qu'elles ne peuvent plus contrôler, que des paroles blessantes soient échangées, que chacune regrette l'autre... De plus, il m'était facile, n'étant pas impliquée, de décider de croire tel ou tel personnage. Je ne peux pas prévoir ma réaction si quelque chose de ce genre m'arrivait. J'espère, en tout cas, que si cela arrivait à quelqu'un que je connais, je ne cancanerais pas, comme le font certaines femmes qui, au départ, avaient des relations amicales avec Holly et Julia.

À cause de cette secousse, les deux héroïnes remettent beaucoup de choses en question, et sont parfois amenées à entendre des vérités qui leur font mal. Par exemple, Holly est confrontée au fait qu'elle rejette toute personne qui ne va pas dans son sens. Bien sûr, lorsqu'on sait pourquoi elle est fâchée avec sa soeur, on peut comprendre qu'elle n'ait pas accepté ce qu'elle voyait comme une calomnie.

Le thème du viol et des formes qu'il peut prendre est finement évoqué. D'abord, Holly se retrouve confrontée à une situation qui la met en face de ce qu'elle combat dans son métier. Ensuite, ce qui est arrivé à Saffie est un exemple assez délicat de non consentement. J'imaginais que la limite entre le consentement et le non consentement était facile à déterminer, mais ce que vit Saffie montre que cela ne l'est pas toujours. Certes, celui qui s'en est pris à elle savait très bien de quoi il retournait, mais l'adolescente, elle, ne l'a pas compris jusqu'à un certain moment de l'histoire.

Outre la psychologie des personnages, Penny Hancock crée des rebondissements à propos. Il y a juste une chose qui peut être une incohérence. Il n'est pas très logique que la fille de Pete n'ait pas toujours son journal intime avec elle chez le parent chez lequel elle se trouve.

L'autrice jette bien quelques faux indices en pâture au lecteur, mais je les lui pardonne, car tout est plausible et bien amené.

À la fin, certaines choses restent en suspens, mais cela n'est pas gênant, car pour que le cours de ces éléments aille franchement d'un côté ou de l'autre, il faut du temps. De plus, la romancière donne de petits indices quant au côté vers lequel iront les personnages.

Dans certains romans, il est très casse-pieds de lire que la police met des bâtons dans les roues des personnages. Ici, ce n'est pas le cas. J'apprécie que Penny Hancock nous montre des policiers soucieux de bien faire leur travail, ressentant de la compassion pour les victimes...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, le jeu de Manon Jomain est naturel. Elle modifie un peu (mais pas à outrance) sa voix pour les rôles masculins, joue (sans cabotiner) les émotions des personnages, et ne prend pas un horrible accent pour les noms propres étrangers. Je sais que j'aurais eu des envies de meurtre si elle avait prononcé Rowan autrement que la manière dont elle l'a fait. Petit bémol: étant une maniaque extrémiste (hahaha) je n'ai pu m'empêcher de noter que la comédienne fait partie de ceux qui prononcent mal le mot «dégingandé».

Acheter « Moi qui croyais te connaître » sur Amazon
Acheter « Moi qui croyais te connaître » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

71 lectures

lundi, 5 octobre 2020

Entre les lignes, de Michelle Adams.

Entre les lignes

L'ouvrage:
Chloé a eu un accident de voiture. Sa famille a craint pour sa vie, mais après un temps dans le coma, elle a fini par se réveiller... amnésique.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le scénario de la personne amnésique qui va forcément chercher à se souvenir de son passé est assez classique, mais il me passionne toujours. En plus, j'ai déjà lu un roman de Michelle Adams, et je l'ai aimé, donc je souhaitais lire «Entre les lignes».

Malgré certains éléments assez faciles à deviner, l'autrice parvient à faire en sorte que suspense et tension soient au rendez-vous. De plus, elle se débrouille (bien) pour que cela coure sur tout le roman, et pas uniquement vers la fin. Cela s'intensifie vers la fin, mais c'est toujours présent. Pour cela, la romancière emploie différentes ficelles. D'abord, il y a celle du personnage manipulateur dont on découvre assez vite la duplicité. Et bien sûr, on apprend dans la foulée que ce personnage a toujours manipulé les autres. Ce genre de choses est toujours effrayant. La narratrice nous donne un aperçu de ces manipulations, mais on en voit également le résultat sur au moins un autre personnage. On s'imagine toutes ces années où le protagoniste a dominé, assujetti, et donc a blessé, a effrité la confiance d'autres en eux-mêmes... surtout d'un autre personnage...

Une ficelle est peut-être un peu grosse (celle concernant celui qui a tué quelqu'un dont je tairai le nom), mais pour moi, elle est très bien utilisée. Certes, elle révèle un élément qui paraît convenu, mais elle est bien employée, et ne donne lieu à aucun faux indice, à aucune incohérence. J'avais deviné ce que cachait cette ficelle avant la narratrice, mais pas dès le départ.

J'ai apprécié que Chloé souhaite savoir la vérité, même si elle devait découvrir des choses peu reluisantes à propos d'elle-même. Bien sûr, quand elle s'aperçoit qu'elle a mal agi sur certains points, je lui en ai voulu, mais elle s'en voulait également, donc j'ai plutôt fini par me mettre à sa place.

La toute fin révèle un élément quelque peu dérangeant. Cet élément ne m'a pas plu, mais objectivement, il est bon que Chloé n'y réagisse pas comme moi. D'autre part, les personnages sympathiques semblent souhaiter avancer. Chloé n'est pas la seule à avoir eu le courage de se débarrasser des mauvaises influences, alors qu'il est évident que cela n'est pas simple.

Je me demande jusqu'à quel point l'autrice s'est documentée concernant la thérapie reconstructive. En effet, j'aimerais savoir si ce qu'elle en dit est vrai. J'espère que non, car cela voudrait dire que n'importe qui pourrait subir cela...

Une intrigue bien menée, des personnages crédibles conduisant à se poser des questions sur ce que nous ferions dans leur situation...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, j'ai été ravie d'entendre le jeu toujours naturel de cette comédienne. Elle n'a pas démérité, elle ne surjoue pas.

Au long du roman, de courts passages sont narrés par quelqu'un d'autre que Chloé. J'imagine qu'ils sont signalés par une police de caractère différente du reste, à l'écrit. L'éditeur audio a choisi une solution que j'ai trouvée bonne: pour ces passages, la voix de la comédienne résonne très légèrement.

Acheter « Entre les lignes » sur Amazon
Acheter « Entre les lignes » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

75 lectures

jeudi, 1 octobre 2020

Le mystère Sammy Went, de Christian White.

Le mystère Sammy Went

L'ouvrage:
Melbourne, Australie. Kim, trente ans, est abordée par un homme qui lui parle, sans raison apparente, de l'enlèvement d'une enfant de deux ans. La jeune femme commence par croire que l'homme la soupçonne du kidnapping. Il finit par expliquer que la fillette ayant été enlevée vingt-huit ans plus tôt, il pense que Kim est cette enfant.

Critique:
J'attendais sûrement trop de ce roman. En tout cas, il m'a déçue. D'abord, j'ai trouvé que l'auteur traînait beaucoup. Dès que Kim a demandé des éclaircissements à une personne, celle-ci aurait tout de suite dû dire ce qu'elle savait. Elle avait des raisons de se taire, mais les choses avaient changé, il fallait maintenant parler, c'était évident. Bien sûr, l'auteur ne pouvait pas faire ainsi, car il aurait tout dévoilé, mais ne pas le faire rend encore plus évident le fait qu'il traînait. De plus, au départ, il nous fait croire que l'un des personnages en savait davantage qu'un autre, alors que c'est l'inverse. Ce faux indice ne m'a pas plu, car il n'était pas fin. Là encore, ne pas le créer signifiait en dire trop trop vite au goût de l'écrivain. Je comprends, mais cela ne m'a pas plu, car c'était trop gros.

Je n'ai pas trop apprécié la structure (les chapitres alternent le passé et le présent). Elle est très artificielle. Cependant, là encore, un récit linéaire aurait donné la solution de l'énigme trop tôt. Certains auteurs parviennent à créer assez de rebondissements et de suspense pour que le lecteur ne soit pas gêné de ne pas avoir la solution tout de suite. Ici, pour moi, cela n'est pas le cas. En outre, lorsque Kim finit par savoir ce qui est arrivé, elle ne demande pas au personnage qui connaît toute l'histoire de lui en expliquer les côtés obscurs. Elle dit au lecteur pourquoi, mais ce n'est pas crédible. Heureusement, le lecteur, lui, sait tout.

Lors des retours en arrière, on voit ce qui est arrivé lorsque Sammy a été enlevée et les jours qui ont suivi. Là aussi, ça traîne beaucoup. Certes, il y a des éléments intéressants, comme la critique des fanatiques ou la façon dont réagit un personnage qui n'ose pas être lui-même par peur du regard des autres. Cependant, cela n'a pas rattrapé le livre pour moi

Je n'ai pas compris Molly... J'ai juste saisi qu'apparemment, elle avait été mal paramétrée du début à la fin. ;-)

J'ai apprécié la note de l'auteur. Ce qu'il y dit a d'ailleurs fait que je me suis reproché d'écrire une critique non élogieuse. Donc, je n'ai pas trop aimé le livre, mais j'ai trouvé sympathique que Christian White nous ouvre son coeur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ana Piévic.

Je n'avais entendu cette comédienne que sur des extraits. Son jeu m'a plu. Outre les sentiments des personnages, elle devait en jouer certains qui ne sont pas très bien dans leur tête. ;-) Elle s'en est très bien tirée. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Acheter « Le mystère Sammy Went » sur Amazon
Acheter « Le mystère Sammy Went » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

79 lectures

lundi, 28 septembre 2020

Rien qu'à moi, d'Elisabeth Norebäck.

Rien qu'à moi

L'ouvrage:
Stella Widstrand est psychothérapeute, est mariée, a un enfant, mène une vie qui la satisfait. Cependant, une nouvelle patiente va raviver une douleur qui a causé, vingt-et-un ans plus tôt, une blessure qui n'a jamais cicatrisé. Dès qu'elle voit cette patiente, Stella est convaincue que c'est sa fille, Alice, disparue à l'âge d'un an...

Critique:
Ce roman m'a plu. Très vite, il m'en a rappelé un autre (dont je ne donnerai pas le titre, car ceux qui l'auraient lu devineraient tout de suite où va «Rien qu'à moi»), et j'ai très vite appliqué ce qui est arrivé dans ce livre à celui d'Elisabeth Norebäck. De ce fait, il y a un personnage dont je me suis rapidement méfiée, et contre qui je relevais tout ce que je pouvais, même les indices que l'autrice souhaitait flous. J'ai été contente de découvrir que je ne me trompais pas, mais un peu déçue d'avoir trouvé si vite. À un moment, la romancière est parvenue à me faire quelque peu douter, mais alors, il m'aurait fallu envisager une vérité qui ne me tentait pas du tout. Donc malgré ma déception d'avoir tout deviné très vite, je suis contente que l'autre hypothèse ne soit pas celle choisie par l'écrivain. De plus, il m'a plu que certains indices donnés pour disculper ce personnage n'aient pas été des incohérences.
Plus tard, d'autres indices m'ont poussée à envisager autre chose, et je suis contente qu'Elisabeth Norebäck ne l'ait pas fait. Cela ne m'aurait pas plu, mais en plus, cela aurait été gros.

Ma déception a été atténuée par le fait que l'intrigue est bien menée. Pour moi, il n'y a pas vraiment de rebondissements, mais tension et suspense sont au rendez-vous. Le schéma peut paraître un peu classique: le protagoniste que personne ne croit, sur qui tout s'abat, qui finit par avoir l'air fou parce qu'il a connu un épisode dépressif par le passé... Cela ne m'a pas gênée, parce que ça n'a pas tant duré: peu à peu, des personnages ont accepté de se pencher sur les faits...

Il n'y a pas de véritables rebondissements, mais l'autrice a su me surprendre. Il y a des choses auxquelles j'aurais dû penser concernant le personnage dont je me méfiais, et cela ne m'a même pas effleurée.

À la fin, tout est dit, mais j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires se passant quelques mois plus tard, et expliquant comment sont les relations entre deux personnages. Le lecteur peut les imaginer, certes...

Remarque annexe:
En bonne maniaque, j'en ai assez que les personnages des romans gaspillent leur nourriture. Ici, par exemple, Stella commande des gâteaux dans un café, et ne les mange pas. De plus en plus souvent, dans les romans, les personnages commandent quelque chose ou se font à manger, puis finissent par gaspiller leur repas parce qu'ils sont anxieux ou autre. Quand je lis cela, je m'imagine toujours que beaucoup de gens doivent faire des choses de ce genre dans la vraie vie, et je trouve cela honteux.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Je retrouve Manon Jomain avec plaisir, car j'apprécie son jeu naturel. Ici, j'ai commencé par me demander pourquoi elle prenait une voix plus basse et plus assourdie lorsqu'elle contait les retours en arrière. Au bout d'un moment, je me suis dit que c'était justement pour montrer que c'étaient des retours en arrière. Certains sont signalés par des dates, mais un ou deux ne sont pas signalés. J'imagine que sur la version écrite du roman, ils sont en italique. Même si j'ai d'abord été surprise par ce petit changement de ton, j'ai trouvé que c'était un bon choix éditorial afin de faire comprendre à l'auditeur que ces passages narraient des éléments passés.

Acheter « Rien qu'à moi » sur Amazon
Acheter « Rien qu'à moi » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

74 lectures

- page 1 de 439