jeudi, 22 février 2018

Regent's Park, de Ruth Rendell.

Regent's Park

L'ouvrage:
Mary quitte son petit ami, Alistair. En attendant de trouver où loger, elle doit garder la maison d'un couple âgé qui part en voyage. Il y a peu, la jeune femme a fait un don de moelle osseuse. Elle va être mise en contact avec le bénéficiaire.

Critique:
Ce roman m'a plu. La façon de faire de Ruth Rendell m'a un peu rappelé «La maison du lys tigré». Ce n'est pas du tout la même histoire, mais dans les deux romans, on rencontre des gens dans leur quotidien, et ils se croisent au hasard des événements. Ici, il y a plusieurs meurtres, et ils commencent assez vite. Les protagonistes en sont plus ou moins touchés. Le lecteur considère tout ce petit monde, et se demande si le coupable (surnommé «l'empaleur») est parmi eux... Quant à moi, mes hypothèses se sont révélées fausses, ce qui m'a plu. En revanche, je n'ai pas vraiment compris le mobile du tueur. Il a été marqué par quelque chose de traumatisant, mais pourquoi ses victimes sont-elles celles-là? Qu'est-ce qui a poussé «l'empaleur» à en arriver là? Il y a des demi-explications, mais cela m'a paru un peu mince.
L'intrigue est lente, mais cela ne m'a pas gênée pour les mêmes raisons que dans «La maison du lys tigré». Outre les meurtres, de petites énigmes jalonnent le récit. Les personnages participent, consciemment ou non, à leur résolution.

Certains sont antipathiques, comme Alistair. Il est très casse-pieds. Je me suis demandé assez tôt s'il n'était pas dangereux. D'autres sont sympathiques, mais une part d'eux met mal à l'aise. Je pense à Bean. Son amour et son respect des animaux le rendent aimable au lecteur, mais d'autres pans de sa personnalité sont déplaisants. On me dira qu'il fait ce qu'il peut dans un monde où l'existence n'est pas rose pour lui. Certes, mais j'ai été agacée, entre autres, par son acharnement concernant l'homme aux clés.

Roman est attachant. Il a une manière particulière de faire son deuil, mais après tout, pourquoi pas? Contrairement à d'autres, il ne nuit à personne, et tente (inconsciemment, au départ) de se reconstruire.

Mary est appréciable, mais a des côtés agaçants. C'est une bonne chose qu'elle ne soit pas parfaite. Par exemple, elle m'a semblé trop coulante face à Alistair. J'admets que je suis sévère, car il n'est pas aisé de se débarrasser de ce genre de personnes. J'ai aussi trouvé qu'elle faisait trop vite confiance à Léo. En tant que spectatrice extérieure, quelque chose me déplaisait chez lui. Là encore, Mary ne peut être totalement blâmée puisqu'elle était impliquée, et qu'il n'y avait que de minuscules signes d'étrangeté.

Quant à Carl, il éveillera des sentiments contradictoires chez le lecteur. Qu'aurions-nous fait à sa place?...

Mary travaille au musée Irène Adler. Cela fait que la romancière parle d'une nouvelle de Conan Doyle. Je l'ai lue, et en ai un vague souvenir. Je ne me doutais pas que la femme qui y est décrite avait pris une telle importance... Il est vrai que Sherlock Holmes est très apprécié de beaucou de lecteurs, et que de ce fait, Irène Adler (seule femme qui l'ait vraiment touché) intéresse forcément davantage les passionnés que les héros d'autres nouvelles.

Éditeur: Calmann Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise André pour la Ligue Braille.
J'ai apprécié cette interprétation. La lectrice n'en fait pas trop. J'ai également aimé qu'elle ne tente pas de prendre un accent pour les noms propres.

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lundi, 19 février 2018

L'endroit le plus dangereux du monde, de Lindsey Lee Johnson.

L'endroit le plus dangereux du monde

L'ouvrage:
À treize ans, Calista (dite Callie) Brodrick trouve une lettre d'amour dans son casier. Son auteur est Tristan Block, le garçon le moins populaire de l'école. Callie montre la missive à sa meilleure amie, Abigail, puis à Bryan, son petit ami. Elle ne sait pas qu'elle a déclenché quelque chose qui la poursuivra plusieurs années.

Critique:
Voilà un livre très dur, mais très juste. Après le premier chapitre, on retrouve les personnages quelques années plus tard, au lycée. Ils ne réfléchissent pas vraiment, font des fêtes orgiaques, se moquent les uns des autres sur les réseaux sociaux... Certains prennent des risques inconsidérés pour satisfaire leurs parents ou bien pour se sentir vivants. Leur égoïsme et leur nonchalance les rattraperont. Certains ne s'en remettront peut-être pas.

Lindsey Lee Johnson fait en sorte que les sentiments du lecteur ne soient pas tranchés quant à la plupart de ses personnages. Comment éprouver uniquement de la répugnance pour Callie, par exemple? Au moment même de ses actes répréhensibles, elle était prise entre deux feux, sentant bien qu'elle commettait une mauvaise action, mais souhaitant être approuvée par ses pairs. Comment blâmer totalement Dave qui cède à sa faiblesse, mais qui a l'impression qu'il ne sera jamais à la hauteur de ce qu'on attend de lui? Parmi ces étudiants, il en est pour qui je n'ai pas eu de compassion. Il y en a au moins deux à qui j'ai eu envie de dire de se remuer, et d'arrêter de se complaire dans la facilité.
D'un autre côté, certains sont plutôt sympathiques, comme Elizabeth qui supporte stoïquement d'être recherchée par les uns et dédaignée par les autres, tout cela pour de mauvaises raisons.

On sait que l'effet de groupe amplifié par celui des réseaux sociaux peut avoir des conséquences désastreuses, et faire ressortir le pire chez certains. C'est illustré de plusieurs manières dans ce roman. À mon avis, l'auteur n'exagère pas. C'est justement ce qui est effrayant.

Molly Nicoll, la jeune enseignante pleine d'idéaux, m'a agacée. Elle croit très vite tout savoir sur comment se comporter envers les élèves, et voit ses collègues comme des râleurs aigris. Si j'approuve Molly quant au fait de considérer les étudiants comme de véritables personnes, je trouve qu'elle s'y prend vraiment mal. Elle accepte toujours d'octroyer du temps supplémentaire pour rendre des devoirs qui étaient à faire à la maison, elle ne semble pas se formaliser des mots (pleins de mauvaise foi) que lui adressent certains parents, elle monte même la note d'une étudiante qui assure en pleurant qu'elle subit trop de pression quant à son travail scolaire! Elle se targue de comprendre ses étudiants, mais elle veut trop copiner avec eux. Elle aussi ne pourra comprendre les choses qu'après avoir été remise à sa place. Je sais bien qu'on appréhende mieux certains éléments lorsqu'on a vécu une situation, mais je trouve dommage que Molly se soit tout de suite vue comme la bonne fée, et ait regardé les autres enseignants de haut sans tenter de les comprendre. À ce sujet, la romancière est très forte. Il y a une scène où Molly expose sa façon de voir et se fait vertement rabrouer par ses collègues. À la lecture de ce passage, on a l'impression que Molly est humble, et que les autres sont donneurs de leçons. Or, lorsqu'on lit entre les lignes, on comprend que c'est le contraire.

J'ai apprécié la structure du livre. On navigue entre les points de vue des uns et des autres. J'ai aimé entendre parler de quelqu'un à travers les pensées d'Untel, puis d'être ensuite dans la tête de cette personne.

Éditeur français: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

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vendredi, 16 février 2018

*Parutions Audiolib, mars 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 14 mars.

Bakhita, de Véronique Olmi, lu par l'auteur, 13h11.
Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion. Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

Les loyautés, de Delphine de Vigan, lu par Marie Bouvier, Odile Cohen, Olivier Martinaud, 4h7.
Théo est en classe de 5 e quand sa professeure de SVT remarque des signes de perturbation chez le jeune homme. Ancienne enfant maltraitée, elle s’est fait la promesse de ne jamais passer à côté d’un enfant qui subirait la même chose. Va-t-elle trop loin en essayant de voler au secours de Théo ? Gravitant autour d’eux, le meilleur ami de Théo, Mathis, et sa mère, accentuent le côté dramatique de l’histoire et la densité du compte à rebours lancé irrémédiablement dès la première page.

Minute, papillon!, d'Aurélie Valognes, lu par Maia Baran, 5h3.
Rose, 36 ans, mère célibataire, est une femme dévouée qui a toujours fait passer les besoins des autres avant les siens. Après avoir perdu son père et son emploi, la jeune femme apprend que Baptiste, son fils unique de 18 ans, quitte la maison. Son monde s’effondre. Cette ex-nounou d’enfer est alors contrainte d’accepter de travailler comme dame de compagnie pour une vieille dame riche et toquée, Colette, et son insupportable fille, la despotique Véronique. Et si, contre toute attente, cette rencontre atypique allait changer sa vie ?

Ma reine, de Jean-Baptiste Andrea, lu par Guillaume Jacquemont, 3h48.
Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui : Viviane, la reine. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

La disparition de Josef Mengele, d'Olivier Guez, lu par l'auteur, 5h48.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979. Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ? Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud.

Le prince de Cochinchine, de Jean-François Parot, lu par François d'Aubigny, 11h50.
1787, Nicolas Le Floch, en Bretagne pour la naissance de son petit-fils, fait l’objet d’un attentat. C’est le début d’une nouvelle enquête au cours de laquelle il va retrouver son ami de jeunesse Pigneau de Behaine évêque d’Adran venu négocier un traité d’alliance entre le roi de Cochinchine et la France. Dans un pays épuisé par le déficit grandissant et la faiblesse de Louis XVI, des ennemis extérieurs soutenus par des complots intérieurs vont se mettre en travers des intérêts du royaume. Le commissaire aux affaires extraordinaires va se jeter dans une intrigue haletante qui mélange les affaires d’État et un cas criminel.

Je te vois, de Clare Mackintosh, lu par Marcha Van Boven, 12h2.
Le jour où Zoe Walker découvre son portrait dans les petites annonces d’un journal londonien, elle décide de mener sa propre enquête. L’image floue n’est accompagnée d’aucune explication, juste d’une adresse Internet et d’un numéro de téléphone. Pour les proches de Zoe, c’est la photo d’une femme qui lui ressemble vaguement, rien de plus. Mais le lendemain et le surlendemain, d’autres visages féminins figurent dans l’encart publicitaire. S’agit-il d’une erreur ? D’une coïncidence ? Ou quelqu’un surveille-t-il leurs moindres faits et gestes ?

La Fontaine, une école buissonnière, d'Erik Orsenna, lu par l'auteur et Dominique Pinon, 3h14.
Erik Orsenna dresse ici le portrait d’un La Fontaine libre voire insoumis, fidèle ami, mauvais mari, accumulant les pépins d’argent et les querelles politiques, aimant la vie et les femmes « gentilles de corsage ». Un homme nonchalant qui masquait un travailleur acharné (il a écrit 240 fables et 60 contes), qui aimait les folies parisiennes autant que sa retraite à la campagne, qui instruisait le Grand Dauphin fils de Louis XIV par ses fables et défrisait la Cour par ses contes libertins. Et enfin et surtout, dans son rapport à la nature, La Fontaine était moderne : nous ne dominons pas celle-ci, nous lui appartenons. Un texte vivant, mené avec érudition et humour.

Les vertus de l'échec, de Charles Pépin, lu par François Hatt, 4h35.
Et si nous changions de regard sur l’échec ? En France, échouer est mal perçu. Nous y voyons une faiblesse, une faute, et non un gage d’audace et d’expérience. Pourtant, les succès viennent rarement sans accroc. Charles de Gaulle, Rafael Nadal, Steve Jobs, Thomas Edison, J.K. Rowling ou Barbara ont tous essuyé des revers cuisants avant de s’accomplir. Relisant leurs parcours et de nombreux autres à la lumière de Marc Aurèle, Saint Paul, Nietzsche, Freud, Bachelard ou Sartre, cet essai nous apprend à réussir nos échecs. Il nous montre comment chaque épreuve, parce qu’elle nous confronte au réel ou à notre désir profond, peut nous rendre plus lucide, plus combatif, plus vivant. Un petit traité de sagesse qui nous met sur la voie d’une authentique réussite.

Jeunesse

Raiponce, de Walt Disney, lu par Maeva Méline, 1h.
La belle Raiponce est enfermée dans une tour sans porte. Quand la sorcière qui la détient veut entrer, la jeune fille laisse tomber son immense chevelure au sol. Un jour, un prince passe devant la tour. Ils passent un marché...

Les misérables - Édition abrégée, de Victor Hugo, lu par Philippe Sollier, 7h43.
Jean Valjean, après dix-neuf ans de bagne, est devenu un homme brisé. Pourtant, lorsqu'il est libéré en 1815, il retrouve espoir grâce à la rencontre de Fantine et de sa fille Cosette. À la mort de Fantine, il adopte Cosette qui devient sa raison de vivre, mais son passé le rattrape et il est traqué par l'inspecteur Javert.

Percy Jackson 3 - Le sort du titan, de Rick Riordan, lu par Benjamin Bollen, 8h54.
Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore. Ils n’ont la vie sauve que grâce à l’intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d’embûches s’annoncent : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le Seigneur des Titans.

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jeudi, 15 février 2018

*Parutions Sixtrid, février 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 22 février.

L'innocence pervertie, de Thomas H. Cook, lu par Marc Henri Boisse, 8h31.
Angelica, dix-huit ans, était la plus jolie fille d’Atlanta. Maintenant, elle gît dans un terrain vague et Frank Clemons, inspecteur alcoolique et divorcé, pense en voyant son corps à celui de sa propre fille, suicidée trois ans plus tôt. Cette enquête sera sa rédemption. Mais très vite, les questions surgissent : de quoi Angelica est-elle morte ? De qui était-elle enceinte ? Que cherchait-elle dans les galeries d’art un peu louches de la ville ? Et pour Frank, le mystère Angelica devient une obsession...

Mémoires secrets d'un valet de coeur, de Brigitte Aubert, lu par Nicolas Justamon, 9h18.
Paris, 1910. La ravissante Dédée, née André vingt ans plus tôt, officie dans le très huppé et fort discret hôtel Sélignac, claque pour messieurs qui apprécient les travestis. Tout roule pour ces « dames », à l’abri des violences du monde extérieur grâce à des protections en haut lieu, jusqu’au jour où l’on découvre l’une d’elles la gorge tranchée, émasculée. Seul indice : une médaille miraculeuse plantée dans son corps. Incarnation froufroutante de la Parisienne, Dédée, qui se morfond dans son écrin de velours rouge, saute sur l’occasion. Grâce au manuel du Pr Lacassagne et à la lecture assidue de revues spécialisées, elle a quelques notions de police scientifique, assez pour se lancer dans l’investigation ! Mais la tac irc;che se complique quand d’autres meurtres sont commis en divers lieux de la ville, selon le même mode opératoire sanglant et fétichiste. Que ferait-elle sans le soutien du Dr Féclas, un remarquable médecin légiste, magicien à ses heures perdues, amant de Nijinski et ami de Marcel Proust? Six décennies plus tard, Dédée a quatre-vingt-trois ans, elle écoute Sardou et se souvient de sa belle époque. Dans ces mémoires, le récit de ses exploits d’enquêteur se double de l’évocation savoureuse d’un monde révolu : une touche de Grand-Guignol, beaucoup de gouaille et un brin de nostalgie.

La grotte aux fées, de Marie-Bernadette Dupuy, lu par Sarah Jalabert, 24h30.
À Angoulême, en 1920, Faustine poursuit son métier d'enseignante auprès d'orphelines. Veuve de Denis, la jeune femme ne peut plus masquer son amour pour son ami d'enfance Matthieu. Ce qui provoque la colère de Bertrand Giraud, son beau-père et principal bienfaiteur de l'institution où elle travaille.
Au Moulin du Loup, Claire doit, elle aussi, faire face à l'adversité quand sa fidèle servante et amie Raymonde meurt accidentellement en laissant trois orphelins... Malgré tout, blessures et tourments font jaillir chez Claire, Faustine et les autres habitants de la Vallée des Eaux-Claires un puissant désir de vie et d'espoir.
Suite de la généreuse saga familiale au coeur des Charentes initiée par les romans Le Moulin du Loup, Le Chemin des Falaises et Les Tristes Noces.

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mercredi, 14 février 2018

La symphonie du hasard, livre 1, de Douglas Kennedy.

La symphonie du hasard, livre 1,

L'ouvrage:
Alice Burns est éditrice à New York.
Ce jour-là, elle va rendre visite à son frère (Adam), qui est en prison. Il lui avoue quelque chose concernant le passé familial. Cela plonge la jeune femme dans ses souvenirs.

Critique:
Avant de lire ce roman, je suis tombée sur la chronique d'une personne furieuse qui s'attendait à aimer le dernier Douglas Kennedy, et qui a trouvé qu'il ne s'y passait rien. Malgré cet avis défavorable, j'ai écouté mon instinct (celui-là même qui m'avait dit de ne pas lire «Cinq jours» dont le résumé évoque un livre de Danielle Steel). Bien m'en a pris, car j'ai beaucoup aimé cette première partie.

La narratrice évolue dans un milieu familial très tendu. Sa mère (Brenda) regrette ses choix, ne supporte pas qu'on lui cache quelque chose (ce qui fait qu'elle a développé un radar à secrets), fait des scènes où elle se donne souvent en spectacle, est très (voire trop) directe. Alice et Brenda ont des rapports conflictuels, parce que la mère a rapidement appris à sa fille qu'elle ne la désirait pas. Cependant, elle la soutient lorsqu'elle est harcelée au lycée, l'emmène se faire prescrire la pilule, etc. Alice se sent davantage comprise par son père (Brendan). Il m'a plutôt semblé que malgré tout, c'était Brenda qui aimait ses enfants. Elle est très casse-pieds, mais sa vie n'est pas facile, et malgré sa mauvaise foi concernant certains points, c'est elle qui est présente lors des coups durs. Brendan me semble égoïste. La petite scène où il raconte comment il est devenu coursier pendant la guerre ne m'a pas du tout attendrie à son égard. Je comprends qu'il ait souhaité sauver sa peau, mais je n'ai absolument pas cru au fait qu'il en soit tourmenté. Il voulait juste faire son petit effet, ce qui semble lui être habituel. Si Brenda se donne souvent en spectacle, Brendan semble se mettre en scène en permanence. Je n'ai pas non plus aimé sa réaction lorsqu'il découvre qu'Alice fume. Une interdiction pure et simple n'aurait sûrement pas non plus été la chose à faire, mais ce qu'il fait semble, là encore, une façon grandiloquente de montrer que seul lui sait comment agir. Sur ce point, je suis donc en désaccord avec l'héroïne qui pense que son père l'aime davantage que sa mère. Au fond, elle sait que tout est bien plus compliqué, mais elle ne veut pas trop creuser dans cette direction. Peut-être le fera-t-elle dans les parties suivantes.

Plus tard, on suit Alice à l'université. L'auteur décrit très bien la vie estudiantine. Notre héroïne retrouve certaines choses qu'elle a connues au lycée: la course au pouvoir, la suprématie de ceux qui ont des moyens financiers, les catégories dont il faut absolument faire partie, les petites trahisons qu'on est obligé de commettre vis-à-vis de soi-même, l'intolérance quant à ce qui est différent... Nous sommes au début des années 70, et le racisme et l'homophobie ne s'expriment pas comme maintenant. Avant, c'était plus franc. Je ne veux pas dire que c'était mieux, mais je trouve que maintenant, c'est plus sournois. Il est bien sûr effarant que ce fléau qu'est l'intolérance n'ait pas disparu aujourd'hui.

À cause de sa famille pleine de secrets, où les parents communiquent à coups de disputes, Alice a des réactions excessives. Par exemple, j'ai trouvé incroyable que sa bouderie envers Peter se prolonge au-delà d'une journée! La narratrice est consciente de son intransigeance, mais ne parvient pas à nuancer les choses. J'ai été tout aussi choquée de ce qu'elle fait concernant Bob, avant même de savoir certaines choses. Je croyais être trop intransigeante avec les autres, mais cette chère Alice me bat à plate couture! Cela lui fait prendre des décisions démesurées. Concernant Bob, je n'ai pas compris pourquoi elle n'a pas accordé davantage d'importance au «détail» que lui apprend sa mère...

Vous aurez compris que contrairement à la personne dont j'ai lu la chronique, je ne me suis pas ennuyée. J'ai aimé suivre l'héroïne dans sa découverte de la vie. Pour moi, les événements se sont enchaînés de manière fluide.

Cette trilogie aurait dû sortir en un tome. Je dis cela parce qu'en général, les longs romans de Douglas Kennedy sont découpés en parties. Je suppose qu'ici, un tome correspond à une partie. Je suis extrêmement déçue qu'on se mette à découper les romans de Douglas Kennedy pour une histoire de gros sous. Je ne sais pas d'où vient cette idée, mais il est irrespectueux de vouloir se faire encore plus d'argent sur le dos des fans qui, en plus, doivent attendre la suite. Pour ma part, j'ai la chance d'avoir eu ce livre en service presse, mais je pense que pour le principe, je n'aurais pas acheté les trois tomes. Bien sûr, l'éditeur audio n'est pas en cause, il ne fait que suivre le découpage de l'éditeur papier.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.

J'ai été ravie qu'Ingrid Donnadieu enregistre ce roman. Elle est très bien entrée dans la peau des personnages. Lorsqu'elle modifie sa voix pour certains rôles, c'est à bon escient et sans affectation. Lorsqu'elle prononce des mots à l'anglophone, c'est, la plupart du temps, sans exagération. Dans les dialogues, son intonation est toujours naturelle. Son jeu vivant et nuancé m'a beaucoup plu.

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76 lectures

lundi, 12 février 2018

The best kind of people, de Zoe Whittall.

The best kind of people

L'ouvrage:
Avalon Hills, petit village des États-Unis. George Woodbury, enseignant respecté et admiré, est accusé de tentatives de viol sur mineures.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Zoe Whittall n'hésite pas à soulever des questions très dérangeantes. La situation est tout de suite floue parce que George, en plus d'avoir accompli un acte héroïque dix ans plus tôt, n'a jamais eu de gestes déplacés envers ses enfants (Andrew et Sadie), et n'a jamais eu une attitude étrange vis-à-vis de sa femme (Joan). De plus, les accusations font état de paroles, mais il n'y a pas eu viol. Confronté à une situation de ce genre, que penser? Comment trancher? C'est effrayant, car cela pourrait arriver (c'est même déjà arrivé) dans la vie de n'importe qui. Zoe Whittall montre un éventail de réactions dont certaines sont compréhensibles. Sadie est probablement la plus lucide de la famille, car elle envisage la possibilité que les accusations soient vraies. Cela la plonge dans un abîme de douleur, elle doit tout remettre en question, mais au moins, elle tente d'affronter les événements et d'être rationnelle. Bien sûr, cela ne va pas sans heurts. L'adolescente perd ses repères et s'en crée de nouveaux qui ne sont pas très sains, mais comment la blâmer?

On pourrait dire que la réaction de Clara est également raisonnable. Je l'ai trouvée moins appropriée que celle de Sadie, car Clara ne veut voir qu'un aspect des choses. Sadie, elle, se force à tout envisager.

Joan m'a un peu agacée, même si j'ai compris qu'elle oscillait entre besoin de protéger sa vie bien construite et nécessité de faire face à ce qui arrive.
Quant à Andrew, il semble que ce bouleversement soit un déclencheur qui fait ressortir des éléments mal vécus et mal digérés, accentuant ses zones d'ombre. Je lui ai trouvé moins d'excuses qu'à sa mère, parce qu'on dirait qu'il se croit tout permis...

Dans le village, beaucoup ont des réactions extrêmes, et certains font rejaillir leur condamnation de George sur sa famille. Mais l'auteur ne s'arrête pas là: les accusatrices aussi sont en butte à la vindicte... Tout cela est très bien analysé.

On rencontre aussi le parasite qui se repaît des malheurs qui se passent à deux pas de chez lui, et qui pousse son avantage assez loin. Certains excuseront peut-être en partie sa conduite, car il semble qu'il n'ait pas mesuré tout ce que son attitude impliquait, mais à l'instar d'Elaine, je n'accorde aucune circonstance atténuante au parasite.

Au long du roman, des éléments restent flous. Je pense que c'est voulu. Par exemple, on n'en apprend pas beaucoup plus sur George. Ne vous inquiétez pas, la romancière ne nous laisse pas sans réponses... La toute fin m'a, malheureusement, paru terriblement réaliste.

C'est un livre sur lequel il y aurait énormément à dire. On pourrait organiser des débats autour de presque tout ce qui s'y déroule. Cependant, ne pouvant trop en dire, c'est avec frustration que je m'arrête là. Je vous recommande ce roman très bien pensé, qui représente parfaitement la société confrontée à ce genre de situations. J'espère qu'il sera vite traduit en français!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

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jeudi, 8 février 2018

La femme à la fenêtre, de A. J. Finn.

La femme à la fenêtre

L'ouvrage:
New York.
Voilà un an qu'Anna Fox n'est pas sortie de chez elle. Elle est agoraphobe et vit seule. Comme elle s'ennuie parfois, elle joue aux échecs, aide des personnes ayant le même trouble qu'elle (tout cela en ligne), regarde des films policiers en noir et blanc... Elle observe aussi ses voisins...

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai d'abord aimé que l'auteur prenne le temps de présenter Anna. On la voit dans son décor, son quotidien. Connaissant son trouble et sa solitude, on se demande ce qui lui est arrivé.

Ensuite, lorsque la narratrice raconte ce qu'elle a vu, et que la police ne la croit pas, l'auteur a bien agencé les choses parce que même si un lecteur aguerri pensera savoir qui dit la vérité, le doute est permis, justement à cause de ce qu'on sait de chacun. Au sujet de ce pan de l'histoire, j'ai quand même trouvé que le passage où Anna s'inquiétait pour Jane, et où on ne lui disait rien (d'abord à l'hôpital, puis chez elle) était un peu long. Le fait qu'on attende à ce point avant d'apprendre à l'héroïne ce qu'il s'est passé fait que pour moi, cela vient trop tard. J'avais deviné qu'on lui révélerait cela. Bien sûr, ce n'est qu'un moment au milieu du récit, donc ce n'est pas très grave, et ne gâche rien.

Concernant la vie de notre héroïne, quelque chose est dévoilé par petites touches. J'avais très vite compris ce que c'était, mais je n'avais pas imaginé les circonstances. Ces circonstances étant très importantes, cela a presque eu le même effet que si je n'avais rien deviné. En effet, ces paramètres m'ont sonnée, tant ils sont accablants pour un personnage. Je ne sais pas s'il est possible de se remettre d'une chose pareille...

D'autre part, l'écrivain a sorti une carte de sa manche que je n'ai absolument pas vue venir! J'ai été ravie d'avoir été si bien dupée! Ensuite, il explique très bien comment tout est possible, et rien n'est incohérent ou bâclé.

Pour parler de passages plus légers, le clin d'oeil au genre de films (en tout cas à la période) qu'affectionne Anna est amusant, puisque la voisine s'appelle Jane Russell.

Le titre n'est pas exactement traduit. Au début, je ne comprenais pas le titre original. On ne se l'explique qu'après avoir lu le roman. Il me paraît logique que l'éditeur français ait choisi de traduire ce qui apparaît à la lecture du résumé: une femme, de sa fenêtre, observe ses voisins.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien entre l'auteur et la lectrice. Je suis toujours friande de ces conversations. Ici, je regrette quand même qu'elle soit très courte, et manque un peu de naturel...

Éditeur français: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Harper Audio.
Ann Marie Lee fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. J'ai donc été contente de la retrouver. Elle n'avait pas vraiment la partie facile. Par exemple, lorsqu'Anna pleure et tente d'être écoutée de ceux qui ne la croient pas, il fallait montrer son désarroi et sa rage sans trop en faire. De plus, la lectrice n'exagère pas sa voix pour les rôles masculins.

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lundi, 5 février 2018

Blame, de Jeff Abbott.

Blame

L'ouvrage:
Lake Heaven, petit village des États-Unis.
Il y a deux ans, Jane Norton et David Hall (entre quinze et seize ans) ont eu un accident de voiture. Plus tard, on a retrouvé une lettre de suicide de la main de Jane sur les lieux. Seulement, la jeune fille s'en est tirée et son compagnon est décédé. L'adolescente est tenue responsable de cette mort par Perri (la mère de David), par Kamala (l'ancienne petite amie du jeune homme), et par certains de ses camarades de lycée. Pour ne rien arranger, Jane a oublié les trois dernières années de sa vie.
C'est alors que quelq'un ayant pour pseudonyme Liv Danger publie d'étranges messages sur les réseaux sociaux disant qu'il sait ce qui est arrivé cette nuit-là, et que tous vont payer. On retrouve cette dernière affirmation sur la tombe de David.

Critique:
Ce roman m'a plu. Pourtant, une vieille routarde comme moi aurait pu être agacée par des choses qu'un lecteur un peu aguerri verra tout de suite. Par exemple, Perri déteste Jane ouvertement. Il sera donc peu probable qu'elle soit Liv Danger. Du reste, presque dès le début, il devient ridicule de la soupçonner. Ensuite, cette lettre de suicide retrouvée le lendemain des faits intriguera forcément. On n'y croit pas vraiment. Heureusement, Jeff Abbott n'épuise pas son lecteur à vouloir lui faire avaler des couleuvres. Il réfute vite, en montrant toute l'incertitude dont il est entouré, le soi-disant indice sur l'état mental de Jane qu'est la lettre.

On pourrait aussi reprocher une certaine lenteur. Les choses sont posées, mais il faut un moment pour arriver au coeur de l'intrigue. Soit, mais cela ne m'a pas gênée. On découvre Jane, ses relations compliquées avec son entourage, ses difficultés à trouver sa place... Dès le départ, on n'apprécie pas trop sa mère, Laurel. En ce qui me concerne, même après que nous savons tout ce qu'il y a à savoir, je blâme énormément Laurel. Si elle est moins dangereuse que d'autres, c'est, à mon sens, une très mauvaise mère, et une personne assez égoïste.

Kamala est assez complexe. Au final, je ne l'apprécie pas, parce qu'elle va trop loin, mais on peut comprendre sa colère.
Je me demande si c'est moi qui n'ai pas tout suivi ou si Jeff Abbott a perdu l'un de ses personnages en route. En effet, il me semble qu'on ne sait pas ce qu'il advient d'Adam.

Jane, quant à elle, si elle est désoeuvrée et sympathique, n'est pas absolument sans reproches. C'est une bonne chose. L'héroïne parfaite aurait sans doute été agaçante.

Une fois l'intrigue engagée, Jeff Abbott commence à résoudre quelques énigmes. Entre le passé et le présent, on avance dans le brouillard accompagnant l'héroïne. Si on se doute de certaines choses, l'auteur sait surprendre et faire monter la tension. Par exemple, lorsque Jane est piégée, et que Trevor ne peut pas l'aider, on ressent son désarroi, son impuissance, voire son dégoût. De plus, lorsque Jane et Perri approchent du but, le fait que la jeune fille soit sur le point de se trouver mal tout en continuant d'ignorer ce qu'elle va découvrir est assez marquant.

Une intrigue d'apparence banale, des personnages complexes, un bon thriller.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bailey Carr, Lauren Fortgang, Greg Tremblay, et Vanessa Johannson pour les éditions Hachette Audio.

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