lundi, 20 novembre 2017

One of us is lying, de Karen McManus.

One of us is lying

L'ouvrage:
Bronwyn, Cooper, Addy, Nate, et Simon se retrouvent ensemble en retenue. Leur téléphone a sonné pendant le cours du professeur le plus anti-technologie du lycée. Pourtant, chacun sait que l'appareil qui lui a été confisqué n'est pas le sien. Chacun se demande comment ce portable a atterri dans son sac. Lors de la retenue, Simon fait une réaction allergique. Malgré les efforts déployés pour le sauver, il meurt. La stupeur passée, ses camarades sont interrogés. On finit par les soupçonner d'avoir tué Simon, car tout le lycée savait à quoi il était allergique. En outre, Simon dénichait tout ce que chacun aurait préféré cacher afin de le divulguer sur son blog, et il s'avère qu'il savait des choses sur les quatre étudiants qui étaient en retenue avec lui.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Karen McManus raconte les événements du point de vue des quatre étudiants, chacun s'exprimant tour à tour. Outre une énigme dont la solution fera froid dans le dos, elle décortique les relations qui se tissent dans ce genre de microcosme. Certains, bien contents que les soupçons ne se portent pas sur eux, en rajoutent, se permettant d'ostraciser l'une des quatre étudiants après qu'elle a dû avouer le secret que Simon détenait à son propos. En outre, les choses prennent un tournant inattendu. Les quatre étudiants deviennent peu à peu amis. Ils évoluent, se rendent compte de ce qui vaut vraiment la peine. Bien sûr, ils n'étaient pas superficiels. Il n'aurait pas été crédible que des personnes très superficielles deviennent soudain responsables, réfléchissent... Cependant, ils laissaient chacun se ranger dans telle ou telle catégorie. Bronwyn, par exemple, était l'élève modèle, et ne frayait pas forcément avec les «castes inférieures». Elle ne le faisait pas exprès, n'était pas dédaigneuse, mais les choses étaient ainsi, et elle ne faisait rien pour les changer.
Nate, quant à lui, semblait se complaire dans la catégorie du perdant. Quand on creuse, on se rend très vite compte que ce n'est pas si simple. La solution que Nate a trouvée pour sortir de ses ennuis est loin d'être la meilleure, mais sa situation illustre bien le fait que dans cette société, si on est dans la panade, on est seul.

Cooper est sûrement celui que j'ai le plus apprécié des quatre. D'abord parce que lorsqu'Addy est mise au ban de la petite société du lycée, il est l'un des rares à ne pas la rejeter. Ensuite parce que je trouve qu'il gère assez bien les problèmes dans lesquels il se débat.

J'ai moins aimé Addy... sûrement parce qu'au début, elle se laisse trop faire par son petit ami... Mais je l'ai quand même appréciée. J'ai aimé sa complicité avec sa soeur, et j'ai trouvé qu'elles s'en sortaient bien, après avoir vu la façon d'agir de leur mère...

J'ai apprécié que les autres personnages ne réagissent pas forcément de la même manière. Par exemple, la petite amie de Cooper ne juge pas les quatre étudiants. Elle est plutôt dans l'incertitude. Elle suit le mouvement de sa bande qui snobe Addy, mais ne le fait pas de manière acharnée.

Dès le départ, je n'ai pas soupçonné les quatre étudiants. Je n'avais pas envie qu'ils soient coupables, car je me suis très vite attachée à eux. Vous saurez si j'avais raison en lisant le livre. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Listenning Library.
La distribution est:
Kim Mai Guest: Bronwyn
MacLeod Andrews: Cooper
Shannon McManus: Addy
Robbie Daymond: Nate.

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samedi, 18 novembre 2017

Un monde sans fin, de Ken Follett.

L'ouvrage:
Kingsbridge, Angleterre, novembre 1327. Quatre enfants (Merthin, Caris, Gwenda, et Ralph) son témoins d'une poursuite. Ralph tue l'un des assaillants, et le chevalier attaqué (Thomas) assassine le second. Trois enfants s'enfuient. Thomas retient Merthin, et lui demande de l'aider à enterrer un document. Puis il lui fait jurer le secret.
L'auteur nous raconte la vie de ces personnages jusqu'en novembre 1361.

Critique:
Comme je l'ai dit à la fin de ma chronique de «Les piliers de la terre», ce livre se déroulant environ deux-cents ans après, il n'en est pas la suite. Pour ceux qui auraient peur de devoir lire les trois énormes briques de la trilogie d'une traite, cela n'est pas obligatoire. Par contre, il est intéressant de les lire dans l'ordre, car dans «Un monde sans fin», il y a des allusions (explicites et implicites) aux héros du tome 1. Par ailleurs, on voit les évolutions ou les régressions faites par rapport à l'époque décrite dans le volume précédent.

Ken Follett développe avec minutie le thème de la médecine. Il met en regard les croyances des anciens et le progrès qu'apportent ceux qui se servent de leur sens critique et de leur expérience. Caris apprend qu'il faut se tromper et recommencer pour finir par acquérir des connaissances. Ce thème est d'autant plus intéressant qu'on retrouve ce genre d'oppositions partout. Dans la vie de tous les jours, quel que soit le corps de métier, il y aura immanquablement quelqu'un qui freinera par peur d'essayer autre chose, par souci de garder le monopole, par mépris et ignorance; mais il y aura aussi des gens qui se poseront des questions, et tireront des leçons de leurs erreurs. Ici, les habitants de Kingsbridge sont plutôt enclins à croire les moines, car à l'époque, la religion était omniprésente. Si certains réfléchissent, d'autres sont superstitieux, et laissent un bon orateur les convaincre.

Comme dans «Les piliers de la terre», les joutes entre l'Église, la noblesse, et le peuple sont longuement exposées. Parfois, cela paraît un peu long. Par exemple, les luttes de pouvoirs et les manoeuvres pour élire telle personne prieur se répètent. Certains lecteurs trouveront peut-être cela fastidieux. Pour ma part, cela m'a plu parce que le contexte était différent à chaque fois.
À une plus petite échelle, les manigances de chacun se retrouvent tout au long de l'oeuvre. Cela semblera peut-être exagéré à certains, pourtant, je pense que cela reflète assez bien ce qui arrive quand quelqu'un a une once de pouvoir.

Tout comme dans le tome 1, les femmes sont très loin d'être reléguées au second plan. Caris est sûrement la plus compliquée, mais aussi la plus fascinante. Ne pouvant concilier toutes ses aspirations, elle se voit contrainte à des choix en apparence insurmontables. De plus, il y a des situations où elle se met elle-même des bâtons dans les roues par peur, sachant pourtant que ce qu'elle redoute n'arrivera pas grâce aux circonstances. Elle m'a parfois agacée, mais je la comprenais.

Dans un autre genre, Gwenda est un personnage intéressant. Elle paraît gauche et geignarde, mais les épreuves font qu'elle doit s'adapter. Choisissant la lutte, la timide Gwenda accomplira des choses dont, au début, on ne l'aurait pas crue capable.
À son sujet, l'auteur a créé une situation à la fois grave et drôle. Je parle de ce que lui fait son père (Joby), et que sa mère accepte. L'excuse qu'ils se donnent et l'horrible idée qu'a Joby par la suite font frémir. Mais j'ai également éclaté de rire à cause de la manière dont le père explique son idée à sa fille: il est fier de lui, persuadé d'avoir trouvé un filon, et ne comprend pas pourquoi il devrait éprouver des remords...

Pétronille m'a un peu rappelé la mère de William dans «Les piliers de la terre». Tout comme cette dernière, elle ourdit dans l'ombre, et tire les ficelles de celui dont elle estime qu'il doit s'élever hiérarchiquement.

Quant aux «méchants», ils sont intéressants, parce que parfois, on parvient à comprendre leurs motivations. Cela ne veut pas dire qu'on pardonne leurs actes...

Tout comme pour le tome précédent, il est évident que l'écrivain s'est beaucoup documenté. Entre moeurs de l'époque, découvertes (c'est le début de l'utilisation des chiffres arabes), lois, et bien d'autres éléments, le lecteur est immergé dans le quotidien des protagonistes. Pour moi, cela a été un régal!

Il va de soi qu'il resterait énormément de choses à évoquer, et que je m'arrête là pour ne pas trop en dévoiler.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Je trouve judicieux de la part de l'éditeur audio de n'avoir pas fait lire les deux tomes par le même lecteur. Cela aide d'autant mieux à ne pas considérer ce livre comme la suite directe de l'autre. Il me semble que le tome 3 sera lu par Patrick Descamps (qui a interprété le 1). Je l'aurais fait enregistrer par un autre comédien: un lecteur par tome. Néanmoins, je serai contente de retrouver Patrick Descamps si c'est bien lui qui lit le 3.
Le choix de Martin Spinhayer est, à mon avis, parfait. Il a su, sans difficultés apparentes, entrer dans l'époque, dans l'ambiance, dans la peau des personnages. Il a une voix de conteur et une diction soignée. Il n'avait pas la partie facile. Il a modifié sa voix, à bon escient, pour certains rôles. Cela montre son talent, car il n'est vraiment pas simple de faire cela pour autant de personnages, en ayant soin de garder un ton crédible. Hé oui, car ces personnages ont des sentiments, et parfois, les expriment! ;-) Donc, le lecteur doit les montrer. Je pense qu'ici, il serait aisé de surjouer. Le comédien évite cet écueil, et s'en tire très bien.
D'autre part, il ne tente pas de prendre un accent pour prononcer les noms propres étrangers, ce qui m'a ravie.
Je regrette qu'il ait enregistré peu de livres. Espérons que les éditeurs audio feront davantage appel à lui.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

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jeudi, 16 novembre 2017

La maison du lys tigré, de Ruth Rendell.

La maison du lys tigré

L'ouvrage:
Stuart Font, jeune et insouciant, profite de sa toute récente indépendance. Vivant au jour le jour, il songe davantage à fréquenter Claudia (une femme mariée) qu'à chercher un travail. Son projet actuel est sa pendaison de crémaillère, à laquelle il a invité ses voisins.

Critique:
Ce roman m'a plu. Pendant une grande partie, je n'ai pas su où l'auteur allait. J'entrevoyais bien certaines choses, mais sans trop pouvoir les assembler. Le récit est un peu lent, mais je ne me suis pas ennuyée, car la romancière plante un décor, présente des personnages. J'ai lu des chroniques: certains ont trouvé cela brouillon et poussif, au contraire de moi. J'ai bien aimé rencontrer ces personnages, découvrir leur vie quotidienne et les travers de certains, constater les minuscules interactions qu'il existe entre eux, voir ce que chacun pense des autres... Beaucoup d'entre eux ne sont pas très appréciables. En général, cela me rebute. Ici, cela ne m'a pas gênée. J'avais plutôt l'impression d'être complice avec l'auteur qui, je le pressentais, préparait des tours à jouer à ceux qui me déplaisaient. Du reste, certains m'étaient sympathiques.

À travers Olwen, Ruth Rendell développe le thème de l'addiction à l'alcool. J'ai été étonnée (même si je sais que je n'aurais pas dû) de voir jusqu'où pouvait aller cette femme pour se procurer de la vodka. Progressivement, elle perd la notion des choses, car rien n'est plus important à ses yeux. Cet assujettissement est assez effrayant.

Stuart fait partie de ceux que je n'ai pas aimés. Égoïste, couard, n'hésitant pas à profiter des autres, il me faisait l'effet d'une sorte de parasite. Je souriais lorsqu'il était corrigé par Freddy, le mari de sa maîtresse.

J'ai bien aimé Marius et Rose. Certains les trouveront peut-être un peu niais. Soit, mais cela ne nuit pas aux autres, donc je les ai volontiers excusés.

Le meurtre arrive assez tard. Il est préparé par tout ce qui se déroule avant. J'ai trouvé que c'était assez bien construit. D'abord, on nous montre la vie de personnages, puis l'un d'eux est assassiné. On commencera tout de suite à faire des associations d'idées en se basant sur ce qu'on sait pour trouver le coupable. En général, le genre d'histoires où on cherche l'assassin parmi une dizaine de protagonistes m'agace, mais ici, j'ai aimé connaître les événements précédents. Ayant été familiarisée avec ces personnages, c'est naturellement qu'après le meurtre, je me suis demandé qui avait bien pu le commettre. Les pistes auxquelles j'ai tout de suite pensé m'ont paru trop faciles. J'ai été contente de ne pas découvrir le meurtrier avant que l'auteur ne le dévoile.

J'ai lu une chronique dont l'auteur se plaignait que ce roman ne soit pas aussi palpitant à ses yeux que ceux mettant en scène l'inspecteur Wexford. N'aimant pas ces romans (je les trouve trop classiques), j'en conclus que l'auteur de cette chronique et moi sommes d'accord sur un point: si vous aimez les Wexford, il y a des chances que vous n'aimiez pas «La maison du lys tigré», et vice versa.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Dufaillé pour le GIAA
Ayant entendu le nom de la lectrice et ne l'ayant pas vu écrit, il se peut que je l'aie involontairement estropié. Si c'est le cas, j'en suis désolée.

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43 lectures

lundi, 13 novembre 2017

Run you down, de Julia Dahl.

Run you down

L'ouvrage:
Voilà deux mois que l'affaire Mendelson est terminée. Rebekah ne se remet pas de ce que cela a remué en elle. Elle s'enfonce dans une sorte de marasme. C'est alors qu'un homme (faisant partie de la communauté juive où se déroula l'affaire Mendelson) contacte notre héroïne. Il n'a confiance qu'en elle, étant donné sa pugnacité lors de l'affaire Mendelson. Sa femme a été retrouvée morte dans leur baignoire. La famille est convaincue que c'est un accident, mais pour lui, c'est un meurtre.

Critique:
Dans ce deuxième tome des aventures de Rebekah Roberts, Julia Dahl rappelle avec justesse que l'intolérance et les non-dits peuvent détruire. Elle montre une famille dont certains membres détestent les juifs, les noirs, bref, tout ce qui ne leur ressemble pas. Ils énoncent, avec conviction, des clichés sur des gens dont ils ne voient que quelques coutumes sans tenter de les comprendre ni de voir l'humain derrière chacun. Au milieu de cela, est catapulté un homme (Sam) qui s'est senti trahi par les siens justement à cause de ce que leur dictait leur culture. Si l'intolérance est nuisible, le fait de s'accrocher à un pan de sa culture afin de nier la détresse d'un enfant l'est également. Il est compréhensible que par la suite, l'adulte qu'est devenu Sam rejette les siens, soit perdu, se cherche, fasse de mauvais choix... Cet exemple et celui d'Aviva (la mère de Rebekah) montrent la dangerosité d'une fermeture d'esprit qui confine au sectarisme. Cette attitude est expliquée sans être excusée par l'auteur.

Dans ce tome, on fait la connaissance d'Aviva. On apprend son histoire. Ses actes et ses torts s'expliquent de la même façon que ceux de Sam. Outre cela, il est intéressant d'apprendre comment Aviva a vécu ce que, pour l'instant, on ne connaissait qu'à travers les yeux de Rebekah.

Rebekah est plus précautionneuse, moins susceptible, plus posée. Je l'ai trouvée plus sympathique dans ce tome. Une chose m'a déçue, mais rien n'est figé, donc j'attends la suite...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

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samedi, 11 novembre 2017

Quand sort la recluse, de Fred Vargas.

Quand sort la recluse

L'ouvrage:
Adamsberg serait bien resté en Islande, mais un meurtre (une femme écrasée par une voiture) le rappelle à Paris. Alors qu'il y travaille, il tombe sur un fait d'apparence insignifiante pour la police: des personnes âgées meurent après des piqûres d'araignées. Sans bien comprendre pourquoi, il commence à creuser de ce côté.

Critique:
Après avoir été très déçue par Gilles Legardinier, j'avais un peu peur que le sort s'acharne, et que Fred Vargas (que j'aime tant) s'essouffle. Heureusement, il n'en est rien.

J'ai d'abord retrouvé ce pourquoi je la lis en priorité: sa causticité, ses conversations entre absurde et bon sens, ses personnages si particuliers. J'ai aimé me replonger dans les manies de chacun: l'hypersomnie de Mercadet, les cafés parfaits d'Estalère, les vers de Veyrenc, les réserves de nourriture de Froissy...
J'ai adoré que les policiers fassent tout ce qu'ils peuvent pour le bien-être des merles qui nichent dans la cour de la brigade. Et bien sûr, il m'a plu de retrouver leur attention envers la Boule. Ces gens un peu étranges, hors du commun, montrent, encore et toujours, leur générosité et leur sensibilité.

Parmi les situations cocasses, je n'en citerai que deux. (Comme toujours, il ne faut pas trop en dire, mais appâter le lecteur.) Adamsberg ne fume pas, mais il lui plaît de fumer des cigarettes volées à son fils, Zerk. Le jeune homme étant resté en Islande, le commissaire n'a bientôt plus rien à lui dérober. Il trouve la solution: il achète un paquet de cigarettes pour Zerk et en chipe de temps en temps. ;-)
Au fil de ses recherches, Adamsberg est tracassé par des détails qui semblent importants. Comme ils sont infimes et qu'il n'arrive pas toujours à les faire sortir de son inconscient, il les appelle les bulles gazeuses. Le psychiatre qu'il consulte à l'occasion de l'affaire des recluses les appelle les proto-pensées. J'aime bien ces deux images.

Comme souvent, l'histoire démarre lentement et tout met du temps à être résolu. Comme d'habitude, ce qui m'agace chez beaucoup m'a enchantée ici. Pour moi, rien ne traîne. Les éléments secondaires (l'un d'eux aurait pu devenir un problème si Adamsberg n'y avait remédié) sont une occasion d'en découvrir davantage sur certains, mais ils donnent également de la vraisemblance au tout. Une brigade n'est jamais fixée sur une seule affaire.

L'enquête est bien menée. Comme souvent, l'horreur fait intrusion dans ce petit monde sympathique. Le contraste entre l'insouciance de certains passages et les atrocités peu à peu révélées par les investigations est saisissant. C'est une autre force des romans de Fred Vargas: ses personnages font de leur mieux pour que la vie leur soit douce, mais ils sont rattrapés par la barbarie dont sont capables leurs semblables. Comment ne pas les approuver lorsque, dans ce cas précis, ils n'hésitent pas (certains en paroles et Adamsberg dans les faits) à franchir une certaine ligne? Qui ne l'aurait pas franchie à leur place?

J'ai été contente que la romancière «me pigeonne» (comme le dirait Adamsberg) tout au long de l'intrigue. J'ai quand même su avant le commissaire qui était coupable, mais ce détail n'a en rien gêné ma lecture.

Outre les découvertes dues à l'énigme des recluses, la brigade vit son drame personnel. Quelqu'un dérape. Ce n'est pas la première fois, mais on peut se demander si tout pourra redevenir comme avant par la suite. L'attitude des protagonistes semble dire que oui, mais une fois les événements passés, cela sera-t-il si simple?

Le titre du livre est une très bonne trouvaille.

Remarque annexe:
Je songe à relire tous les romans de Fred Vargas et à noter tous les passages cocasses, les expressions qu'elle a créées, etc. J'envisage même de publier ce florilège sur mon blog. Je suppose que cela a déjà été fait, mais je me dis qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, et que maniaque comme je suis, cela ne m'ira pas. L'ennui, c'est que je ne sais pas quand je vais m'y mettre... Dans pas trop longtemps, j'espère...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Janssen.

Le comédien est égal à lui-même. Il parvient à adopter un ton un peu rêveur lorsque le commissaire s'exprime, à prendre différentes voix sans que cela soit affecté... Je les marquerais sûrement moins, mais ce n'est pas désagréable.

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jeudi, 9 novembre 2017

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi.

Si la lune éclaire nos pas

L'ouvrage:
Fereiba commence par conter son enfance à Kaboul. Puis elle évoque la cassure que fut l'oppression des taliban. C'est ce qui la pousse à quitter l'Afghanistan avec ses enfants.

Critique:
Le roman de Nadia Hashimi est terriblement actuel, surtout à partir du moment où Fereiba décide de quitter l'Afghanistan. L'auteur s'attache à montrer les causes et les conséquences du départ massif de gens qui ne sont plus en sécurité dans leur pays. L'histoire de Fereiba est unique, mais se base sur des éléments vécus par d'autres. Je me doutais de certaines choses. Par exemple, on sait bien qu'une personne normale aime son pays, ne veut pas le quitter, surtout pour aller vers un inconnu incertain. C'est cette perte de repères qui fait que des gens agissent mal. En outre, si une personne est mauvaise, la souffrance ne la rendra pas raisonnable. Les individus que nous suivons le plus à travers le roman sont simplement des gens qui veulent se faire une petite place, et dans la mesure du possible, ne causer de tort à personne. Salim est mortifié lorsqu'il commence à voler, et même s'il se trouve des excuses, il finit par penser qu'il ne peut pas s'engager là-dedans. Seulement, Nadia Hashimi laisse entrevoir d'autres protagonistes, pas forcément aussi sympathiques. Pour eux, on ressent moins de compassion. Ainsi, l'auteur ne rejette la faute sur personne, sauf, bien sûr, sur la violence qui gouverne certains, qu'ils soient seuls ou en groupe, souhaitant diriger une poignée de gens ou une nation. Quant aux pays qui rejettent les migrants qui arrivent en masse, elle ne juge pas: elle raconte les faits. Des gens qui souffrent, des pays qui ne peuvent pas tous les accueillir...

Le début du roman présente un contraste saisissant avec sa suite. Il nous montre une famille parmi tant d'autres, son histoire. La romancière décrit le caractère de ses personnages, les événements qui jalonnent leur vie et leur manière d'y réagir. Ainsi, ils sont travaillés. Il est facile de s'identifier à eux lorsqu'ils doivent faire face à une réalité à laquelle personne n'est jamais préparé. L'exil leur fera faire des rencontres parfois inattendues, parfois chaleureuses, parfois désagréables...

Il n'y a aucun temps mort. J'aurais quand même souhaité que la fin en dise davantage, que Nadia Hashimi ajoute un ou deux chapitres...

Éditeur: Milady.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Comme d'habitude, jil m'a plu de retrouver Martine Moinat. Je suis contente qu'elle ait prononcé les mots afghans sans affectation. D'autre part, il y a un glossaire concernant justement les mots afghans. La lectrice a choisi de donner la traduction en cours de lecture, à la fin de la phrase où on trouve le mot. Je trouve cela bien mieux que de lire le glossaire à la fin. Elle l'a également fait, mais comme elle a donné la traduction des mots à mesure du texte, cela ne m'a pas gênée. Parfois, elle a même donné la traduction d'un mot rencontré auparavant, et donc déjà traduit. Je trouve que c'est une délicate attention de sa part. En effet, ces mots étant inconnus pour beaucoup de lecteurs, entendre la traduction une seule fois ne fait pas qu'ils sont directement assimilés et reconnus quand on les retrouve plus tard. Je remercie donc la lectrice qui a fait preuve de bon sens.

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86 lectures

lundi, 6 novembre 2017

Invisible city, de Julia Dahl.

Invisible city

L'ouvrage:
Rebekah Roberts, vingt-deux ans, est venue de Floride tenter sa chance à New York en tant que journaliste. Elle essaie d'oublier que sa mère l'a abandonnée alors qu'elle était bébé.
Ce jour-là, on l'envoie couvrir la découverte d'un cadavre, celui de Rifka Mendelson, une femme issue de la même communauté juive que sa mère.

Critique:
J'ai tenté ce livre parce que j'aime beaucoup la lectrice, mais je pensais que ce serait une histoire insipide. Je suis contente de m'être trompée. Si on veut savoir qui a tué, ce n'est pas le plus important. Pour moi, Rebekah compte davantage. Sa psychologie est très bien explorée. Elle ne mène pas une vie facile: malgré une thérapie, elle est loin d'avoir fait la paix avec l'idée que sa mère l'a abandonnée. De plus, elle est reporter, et n'a pas autant de confort que les journalistes «installés». Avec cette affaire, elle sent qu'elle a la chance d'écrire une série d'articles qui pourraient la faire remarquer, mais aussi qu'elle pourrait en apprendre davantage sur la communauté dans laquelle vit peut-être sa mère. Rebekah est attachante. Elle veut jouer dans la cour des grands, mais n'est pas encore armée pour cela. Par exemple, elle oublie régulièrement de noter les paroles exactes et les noms des personnes dont elle tente de recueillir les témoignages. Elle est assez susceptible quand elle imagine qu'on ne la pense pas à la hauteur, et elle met les pieds dans quelque chose qui risque de la dépasser.

J'étais davantage attachée à Rebekah qu'à son enquête, mais je suivais quand même celle-ci avec intérêt. Je n'ai pas deviné qui avait tué Rika, ce qui veut dire que Julia Dahl a fait en sorte que je ne me pose pas trop de questions. La solution m'a paru simple... après que l'auteur l'a donnée. D'apparence banale, l'enquête réserve d'autres surprises, notamment concernant une personne que rencontre Rebekah. En outre, les événements qui découlent du meurtre font qu'on en apprend davantage sur la communauté Hasidic. Pour ma part, je n'en savais pas grand-chose.

À la fin de l'ouvrage, il y a une interview de Julia Dahl. Je suis toujours friande de ce genre d'entretiens. Celui-ci m'a plu. L'auteur y parle de son héroïne, du monde du journalisme, de la communauté Hasidic...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

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dimanche, 5 novembre 2017

*Parutions Audiolib, décembre 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 29 novembre 2017.

  • Le Jour d'avant Le jour d'avant, de Sorj Chalandon, lu par Stéphane Boucher, 7h59.
    Enfant, Michel Flavent a rêvé de rejoindre son frère Joseph à la mine. Mais la catastrophe du 27 décembre 1974 a mis fin à ses rêves. Ce jour-là, 42 mineurs étaient tués par le grisou à la fosse Saint-Amé. Grièvement blessé, Joseph ne survit pas. Après cette tragédie, Michel quitte le Nord et s’exile à Paris, attendant l’heure de la revanche. Quarante ans plus tard, veuf et sans attache, Michel décide enfin de rentrer au pays pour punir le dernier contremaître encore en vie : en finir avec cet homme, c’est mettre fin à sa rage. Et offrir une vraie tombe à Joseph. Mais il y a d’autres regards sur l’histoire...
  • Underground railroadUnderground railroad, de Colson Whitehead, lu par Aïssa Maïga, 10h45.
    Cora, 16 ans, est une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie. Quand César, fraîchement débarqué de Virginie, lui parle d’un réseau clandestin de souterrains creusés à travers le Sud, pour la première fois la jeune fille entrevoit une possibilité de fuite et l’espoir d’une vie meilleure. Ensemble, ils réussissent à s’échapper et entreprennent un long périple pour retrouver leur liberté. En donnant une réalité physique à cet « Underground Railroad » – le réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui dura jusqu’à la guerre de Sécession, et que l’auteur imagine ici comme un véritable train circulant sous la surface de la terre –, Colson Whitehead dissèque les fondements et les mécanismes du racisme avec une maîtrise époustouflante.
  • L'Appel sauvage L'appel sauvage - Nouvelle traduction de L'Appel de la forêt, de Jack London, lu par Jean Reno, 3h44.
    « Buck ne lisait pas les journaux, sinon il aurait su que cela risquait de barder, pas seulement pour lui, mais pour tous les chiens de la côte, à forte musculature et à longs poils chauds, du détroit de Puget à San Diego. Des hommes, qui cherchaient à l’aveuglette dans les ténèbres arctiques, avaient découvert un métal jaune, et des compagnies de paquebots et de navigation claironnaient la trouvaille : voilà pourquoi des milliers d’êtres humains se ruaient vers les terres du Nord. Or ces hommes voulaient des chiens... »
    «L’Appel sauvage» est le livre le plus emblématique de London sur le Grand Nord, et bien davantage : par-delà l’aventure du chien Buck, entraîné dans la terrifiante ruée vers l’or du Klondike en 1897, rudoyé et humilié par la chiennerie humaine, c’est un extraordinaire hymne à la gloire – ambiguë – du monde sauvage, et un condensé de l’expérience humaine de London.
  • Origine Origine, de Dan Brown, lu par François d'Aubigny, 15h23.
    Robert Langdon, professeur en symbologie à Harvard, va être confronté à la rencontre dangereuse de deux questions existentielles que l’homme se pose depuis toujours, et d’une découverte à couper le souffle qui pourrait bien leur apporter des réponses...
    Comme dans ses précédents polars, Dan Brown associe sciences, religions, histoire, art et architecture pour dresser une intrigue palpitante et fascinante.
  • La Vie secrète des arbres La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben, lu par Thibault de Montalembert, 7h6.
    Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s'organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans...
    Prodigieux conteur, Wohlleben s'appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres.

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