jeudi, 20 juin 2019

Les illusions, de Jane Robins.

L'ouvrage:
Callie et Tilda sont jumelles. Tilda est actrice, Callie travaille dans une librairie.
Un jour, Tilda présente son petit ami (Félix) à sa soeur. Celle-ci passe de sympathiques moments avec le couple. Mais certains éléments la mènent à penser que Félix manipule Tilda, et est violent envers elle.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Callie en est la narratrice. Au départ, j'ai imaginé que Jane Robins allait reprendre un thème (la violence conjugale physique et morale) et montrer jusqu'où cela peut aller. Cela me plaisait, même si cela ne m'apprenait rien de plus que ce que je savais, car le récit était palpitant. Si l'autrice ne nous dit rien de nouveau sur le thème, elle montre rapidement que son roman ne parlera pas uniquement de cela. À cause de ses craintes pour sa soeur, Callie fait certaines rencontres qui la mèneront dans un autre engrenage. On découvre aussi sa vie professionnelle et sentimentale. Et puis, par des retours en arrière, elle nous en apprend davantage sur Tilda et elle-même. Je n'aime pas les récits contenant des retours en arrière, et ici, le fait de ne pas toujours lire le présent de l'héroïne m'a beaucoup agacée, mais ces incursions dans le passé ne sont pas inutiles.

À mesure que l'intrigue avance, Callie découvre des choses, des événements déroutants arrivent... J'ai d'ailleurs été très déçue que l'un d'eux soit indiqué dès le départ, dans un prologue là pour faire saliver le lecteur, et qui a eu (comme d'habitude) l'effet inverse sur moi. Il aurait mieux valu qu'on apprenne cet événement au moment du récit où il a lieu, et pas dans un prologue qui ne fait que «spoiler» un élément clé.

À un moment, je me suis mise à soupçonner tout le monde d'être responsable de l'événement en question, mais également d'autres choses. Par exemple, j'imaginais que tel personnage était le véritable auteur de la lettre que Tilda écrit à Callie, etc. Callie elle-même n'est pas irréprochable. J'ai notamment été très gênée par son besoin de faire une certaine chose qui dénote une personne pas très nette. Bien sûr, cette chose est expliquée, à la fin, mais je n'ai pas été convaincue. Je sais que sur ce point, c'est moi qui suis trop sévère: l'attitude de Callie et ses raisons sont sûrement bien pensées.

La solution de l'énigme ne m'a pas trop étonnée, mais elle cadre parfaitement avec le reste, et n'a pas besoin de surprendre pour faire froid dans le dos. J'ai été un peu déçue de la décision de Callie dans le dernier chapitre, mais je sais qu'elle ne pouvait pas faire autrement...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëla Le Devehat pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. J'ai apprécié sa voix (pas trop grave et légèrement voilée) ainsi que son jeu. Elle est très bien entrée dans la peau des personnages, n'a pas pris d'horribles voix caricaturales pour les rôles masculins, et a très bien joué les émotions de chacun: peur, colère, désespoir... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir!

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lundi, 17 juin 2019

Smart women, de Judy Blume.

L'ouvrage:
Années 80.
Margo et Francine ont une amie commune. Elles commencent à bien s'entendre. Andrew, l'ex-mari de Francine, souhaite s'installer non loin de chez elle, afin de voir davantage Sarah, leur fille. De ce fait, Francine demande à Margo si elle ne connaîtrait pas une maison à louer dans le coin. Andrew devient alors le voisin de Margo.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il y a bien un personnage que je n'ai pas aimé, mais cela n'a en rien gêné ma lecture. En outre, si Judy Blume montre les côtés noirs de ce personnage (Francine), elle pousse le lecteur à se demander si ce protagoniste est entièrement fautif. Francine n'a fait que m'agacer, mais en arrière-plan, je me suis demandé si ses réactions n'étaient pas dues au fait qu'elle ne supportait plus les mauvaises choses qui lui étaient arrivées. Je trouvais affreux qu'elle soit si horrible envers Sarah, mais je pensais aussi que cela pouvait en partie s'expliquer... Cela veut dire que l'autrice a bien campé Francine, car le fait qu'elle soit désagréable n'est pas une incohérence par rapport au reste. Ce n'est pas non plus gratuit. C'est disproportionné selon quelqu'un d'extérieur, comme moi, mais ce n'est pas mal pensé.

Dans l'introduction, Judy Blume explique qu'au départ, Michelle (la fille de Margo) et Sarah ne prenaient pas tant de place, et qu'elle avait finalement souhaité leur en donner davantage, surtout à Michelle. Je ne sais pas trop quoi penser de cette dernière. Elle m'a beaucoup agacée, et je l'ai souvent trouvée injuste envers sa mère, mais elle n'a jamais eu l'intention de mal faire, et parfois, elle cherchait sa place. De plus, il y a certaines scènes où elle est sympathique, dont une avec Sarah et une avec Andrew. Enfin, elle résume bien son attitude au début du dernier chapitre.

Quant à Sarah, la pauvre n'a pas la partie facile. Elle marche sans cesse sur des oeufs, tentant de ne pas déplaire à sa mère (qu'elle aime profondément), et de s'accommoder de la nouvelle vie de son père. Elle ne veut pas être trop amicale avec Margo, mais se rend bien compte que sa mère est souvent injuste. L'adolescente ne réagit pas trop mal, compte tenu de ce par quoi elle passe. Elle est très attachante.

À travers des personnages creusés et une intrigue sans temps morts, Judy Blume montre des relations amicales et familiales. Tout est bien exposé. Chacun tente de s'en sortir, de faire au mieux, peut-être même Francine, mais uniquement vers la fin. Ce que nous apprend le dernier chapitre m'a plu, car on sait à quoi s'en tenir. Cependant, je pense qu'il pourrait y avoir une suite. La fin ne nous laisse pas sur notre faim, mais pour moi, il y aurait matière à une suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Penguin Random House Audio.

Rebecca Lowman fait partie de mes comédiens favoris, même si, parfois, je lui ai reproché d'être trop sobre. Ici, j'ai beaucoup aimé son interprétation. Elle joue très bien les différents personnages et leurs émotions.

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jeudi, 13 juin 2019

Parle-moi, de Sarah Mlynowski.

L'ouvrage:
Fin mai. Devorah a dix-huit ans, elle termine sa dernière année de lycée. Alors que son petit ami vient de la plaquer, et qu'elle en souffre, elle fait tomber son téléphone portable dans une fontaine. Elle le récupère rapidement, et après plusieurs essais, s'aperçoit que seul le bouton «envoyer» fonctionne. L'utiliser fait qu'un numéro est appelé. Après une conversation avec la personne qui répond, Devorah se rend compte que cette personne, c'est elle, au début de son année de Troisième. Elle pense immédiatement que l'occasion lui est donnée d'arranger certaines choses...

Critique:
J'ai d'abord voulu lire ce livre parce que je sais que si je pouvais arranger des éléments de mon passé en agissant autrement, je le ferais. C'est quelque chose que je souhaiterais énormément pouvoir faire. Donc, même en sachant que ce roman était pour adolescents et d'un genre à tendance un peu mièvre, j'ai voulu savoir ce qu'en ferait l'autrice. Pour moi, elle s'en sort bien. À mesure de l'évolution de l'histoire, la Devorah de dix-huit ans se rend compte que certains changements ne sont pas forcément pour le mieux. Certes, c'est quelque chose qui est ressassé dans les romans exploitant ce thème, et cela m'agace souvent. Ici, c'est passé parce que l'héroïne s'aperçoit peu à peu qu'elle a tort de se focaliser sur le seul changement qu'elle voulait vraiment faire, et la Devorah de quatorze ans opère certaines modifications qui s'avèrent des réussites (je pense surtout à ce qui concerne ses amies). En fait, j'ai apprécié que la narratrice ne finisse pas par penser qu'il ne faut absolument rien changer, que tout changement engendre le mal, etc. Je préfère que Devorah se rende compte, peu à peu, qu'il faut qu'elle soit moins tranchée, et qu'elle opère certaines modifications pour le bien de chacun. En agissant ainsi, Sarah Mlynowski ne dit pas: «Oh, vouloir changer des éléments de son passé, c'est mal! Heureusement qu'on ne peut pas!» Elle dit plutôt que si on a une deuxième chance dans la vie, il faut tenter d'être précautionneux, de ne pas la gâcher, de ne pas agir à tort et à travers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Listening Library.

Cassandra Campbell est l'autre raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman. J'aime beaucoup le jeu de cette comédienne, même s'il m'est arrivé de la trouver parfois trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité.

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lundi, 10 juin 2019

Hidden, de Catherine McKenzie.

L'ouvrage:
Ce vendredi soir, Jeff Manning a une tâche déplaisante à accomplir. Il doit annoncer à l'un de ses subalternes que l'entreprise le licencie. Il déteste devoir faire cela. Dans la soirée, sa collègue, Tish, à qui il en avait parlé, lui envoie un texto demandant si cela s'est bien passé. Jeff ne répond pas...

Critique:
C'est le troisième livre de Catherine McKenzie que je lis. Je l'ai aimé, même si certaines choses m'ont un peu gênée. L'auteur aborde un thème qui ne me plaît pas, en général, parce que je l'ai vu traité de manière trop peu crédible. Ici, Catherine McKenzie prend le temps, le donne à ses personnages, et ce qu'elle raconte est vraisemblable. Cela me gêne toujours un peu, mais je comprends que les protagonistes soient «tombés» (si on peut dire) là-dedans.

Je n'ai pas toujours apprécié Claire, mais je pense que cela vient beaucoup de l'interprétation d'Angela Dawe. Elle nous fait une Claire qui narre trop fort, sur un ton très peu naturel... Elle est si loin de celle qui a brillamment enregistré «Still missing» («Séquestrée») de Chevy Stevens. Son travail peu sérieux a fait que j'ai eu du mal à me faire à Claire. Bien sûr, je lui ai reproché des choses concrètes, notamment ce qui est arrivé avec Tim dans le passé, mais je pense qu'elle ne m'aurait pas autant déplu si la lectrice n'avait pas pris un ton de sorcière pour la jouer. En parvenant à faire abstraction de cette horrible interprétation, je peux dire que Claire est sympathique, qu'elle n'a jamais agi avec de mauvaises intentions, qu'elle est même plus aimable que sa soeur, Beth, qui a brisé le coeur de leur père, sans scrupules.
À travers ce qui arrive à Claire et ce qui est arrivé à Beth, la romancière pose une question dérangeante. Beth explique que si elle avait ignoré l'infidélité de son époux, sa vie de femme mariée aurait pu suivre normalement son cours. Après cette mauvaise expérience, elle pense que si quelqu'un se rend coupable d'infidélité une seule fois, il n'a qu'à l'oublier, et n'en rien dire à son conjoint. Je comprends cette façon de penser, même si je me dis qu'il vaut mieux savoir...

J'ai apprécié Tish, ainsi que sa fille, Zoé. Ce qui arrive à la fillette force Tish à sortir du marasme dans lequel elle est plongée, et qu'elle ne peut pas vraiment expliquer à son entourage. J'ai bien aimé la petite conversation mère/fille qu'elles finissent par avoir. Je ne pensais pas que la forme de stress que connaît Zoé (qui semble être une variante de ce qu'a expérimenté Tish) existait, mais finalement, je trouve cela logique.

Après avoir fini ce livre, je ne peux pas dire si j'aurais voulu que certains personnages agissent autrement. Bien sûr, si deux d'entre eux avaient fait une chose donnée, cela ajouté à l'événement du vendredi soir dont il est question dans mon résumé aurait absolument tout détruit. Cette chose n'ayant pas été faite, la destruction est plus restreinte. Je reste allergique au thème majeur abordé, et il m'a déplu de le retrouver chez une autrice que j'aime bien, mais Catherine McKenzie a su le rendre presque acceptable, surtout parce qu'elle n'a pas fait comme certains autres qui ont bâclé le chemin qui mène audit thème.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Jeff Cummings a lu les chapitres narrés par Jeff, Angela Dawe a interprété ceux vus par Claire, et Amy McFadden a enregistré ceux racontés par Tish.

J'ai déjà entendu Jeff Cummings sur d'autres romans. Étrangement, lorsque je commence un livre qu'il a enregistré, j'ai peur qu'il prenne un ton mièvre, et puis il se lance, et mes craintes sont balayées. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours un peu peur de sa lecture, mais au final, elle est adéquate. Son intonation est toujours appropriée aux sentiments des personnages.

J'ai déjà parlé de ma déception concernant Angela Dawe. Je ne m'explique pas ce ton criard, acariâtre, et donc totalement inadéquat qu'elle adopte dans ce roman, car «Still missing» n'est pas le seul livre qu'elle a, à mes yeux (à mes oreilles, devrais-je dire) bien interprété. Dans «Hidden», elle n'est pas égale à elle-même. J'espère que c'est un accident de parcours.

Amy McFadden fait partie des comédiens dont j'adore le jeu. Elle ne m'a absolument pas déçue. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions des personnages, et a modifié sa voix pour les rôles masculins sans exagération.

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jeudi, 6 juin 2019

Qui a tué l'homme homard?, de J. M. Erre.

Qui a tué l’homme-homard ?

L'ouvrage:
Petit village de Margoujols. Joseph Zimm a été assassiné et démembré. Un gendarme est dépêché sur les lieux pour mener l'enquête. Celle-ci nous est racontée par Julie de Creyssels, une habitante du village. Il semblerait que Joseph ait été détesté par tous, étant donné que c'était quelqu'un d'odieux.

Critique:
Pour moi, la caractéristique principale des romans de J. M. Erre, c'est l'humour. J'ai donc été très déçue de ne pas beaucoup rire. J'ai même failli abandonner le roman, mais comme mon mari s'est donné la peine de l'enregistrer, je l'ai continué. J'ai eu quelques sourires (par exemple, lorsque les migrants sont accusés du meurtre), et ai vraiment ri une fois: lors de la rencontre avec Michael. Je ne sais pas trop ce qui devait faire rire dans le blog de Winona Jane... Je l'ai plutôt trouvé ennuyeux. J'imagine que le fanatisme des Bernicola pour les autruches devait être cocasse, ainsi que l'absence de mémoire immédiate de Nicolaï et ses conséquences... cela n'a pas pris avec moi.

J'ai apprécié certaines choses, comme la façon dont l'auteur (par l'intermédiaire de sa narratrice) décortique les codes et ficelles des romans policiers. J'ai trouvé cela bien analysé. Bien sûr, il y a certaines choses auxquelles j'ai pensées avant que Julie n'en parle. Par exemple, elle se rend soudain compte qu'elle n'a pas évoqué tel personnage. Or, cela faisait un moment que je me demandais pourquoi elle n'en parlait pas. Donc cette ficelle, avec moi, n'a pas vraiment pris. J'ai également trouvé une incohérence, dont je ne peux pas divulguer la teneur sous peine de dévoiler un élément important.

Le romancier se moque des personnes qui croient tout savoir sur les mécanismes d'une enquête parce qu'elles ont suivi les séries télévisées policières. Cela m'a fait sourire, mais pas vraiment rire.
Julie, tout en décortiquant les codes du polar, retarde certaines révélations, et souligne qu'elle les retarde... C'est un peu lourd.
L'auteur nous fait le coup classique (comme il le reconnaît à demi-mots) de nous faire soupçonner tout le monde. Je le lui aurais sûrement pardonné si j'avais passé mon temps à rire... Les choses sont quand même globalement bien amenées.

L'héroïne (la narratrice) est attachante. Je ne suis pas toujours d'accord avec elle concernant le handicap, mais il faut dire que le mien est beaucoup moins «handicapant» que le sien. Je comprends d'ailleurs qu'elle ait terminé son récit sur une note moins positive que ce qu'elle avait prévu. Concernant ce sujet, je ne sais pas trop comment l'auteur aurait pu nous faire rire, mais pour moi, ses tentatives ne sont pas réussies, sauf lors de la première rencontre de Julie et Vanessa, et aussi les fois où la narratrice parvient à se débarrasser des deux abominables enfants...

Une fois que j'ai accepté que je n'allais pas passer mon temps à rire, j'ai apprécié le déroulement de l'enquête, la narratrice, certains autres personnages...

À lire comme un divertissement, mais pas en s'attendant à avoir des fous rires.

Service presse des éditions Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 3 juin 2019

Don't play in the sun, de Evie T. McDuff.

Don't play in the sun

L'ouvrage:
Bufford, Caroline du sud. En 1941, à l'âge de onze ans, Alice Whitmore rencontre Jack Miles. Ils deviennent très vite amis. Plus tard, ils se marient. Tout va bien pour eux, mais Jack souhaite ouvrir un garage à Washington DC. Cela signifie que le couple habitera à une assez grande distance des parents d'Alice. Celle-ci est triste de tant s'éloigner d'eux, mais souhaite être une bonne épouse. Alors, elle suit son mari.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. À travers le récit d'Alice et celui de ses ancêtres (la jeune femme accède à des lettres et à des journaux intimes écrits par sa mère, sa grand-mère, et ses arrière-grands-mères), l'auteur montre des femmes qui ont dû se battre pour sortir d'une condition, ou être respectées, ou sauver leurs enfants... En très peu de pages, elle rend la vie de certaines de ces femmes très intéressante. Par exemple, il n'y a qu'une courte lettre de Lily, et ce qu'elle raconte est malheureusement quelque chose dont on sait que c'est très souvent arrivé (donc cela peut faire remâché aux yeux de certains), mais on ne peut qu'éprouver de la compassion pour elle. Chacune des femmes dont Alice découvre l'histoire a eu, un jour, la force de faire quelque chose. Les conséquences n'ont pas toujours été heureuses, mais ces femmes ont toujours fait au mieux. Peut-être Sheila aurait-elle pu agir autrement, mais ce n'est pas sûr...

Au long de ma lecture, Alice m'a beaucoup agacée. Je sais que ce qu'elle vivait était extrêmement difficile, et qu'elle n'avait pas la force de mettre un terme à ces tortures. Je sais que c'est souvent le cas des femmes qui subissent ce qu'elle endurait. Cependant, ses parents et sa fille auraient été un soutien si elle avait décidé d'agir comme il l'aurait fallu. Donc même si je la comprenais un peu, je lui en voulais aussi.
Ensuite, quelque chose arrive, et après cela, j'ai espéré qu'Alice aurait appris de ses erreurs. Certes, il est logique qu'elle éprouve de la compassion, mais à sa place, j'aurais été aussi intransigeante que Denise. Celle-ci paraîtra peut-être un peu extrémiste à certains lecteurs. Quant à moi, je l'ai toujours comprise. De plus, lorsqu'Alice est honnête avec elle, même si elle est furieuse et blessée, elle finit par se calmer, parce qu'elle a obtenu la vérité.

La fin fait qu'on veut savoir ce qui va arriver. La dernière scène laisse à penser que certains personnages vont y laisser des plumes, voire davantage. Ce livre étant un tome 1, je me demande par qui la suite sera racontée. Alice est la narratrice de ce tome. Sera-t-elle celle de la suite? Ou bien, sera-ce Denise? J'aurais dû attendre que le tome 2 sorte avant de lire le tome 1... Maintenant, je bave d'envie... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden.

Amy McFadden est aussi talentueuse que d'habitude. Elle exprime très bien les fortes émotions de certains personnages. Elle n'en fait pas trop, ne tombe pas dans le larmoiement. Elle prend un petit accent pour Javier, et cela ne m'a pas agacée, car elle sait le doser. Elle modifie un peu sa voix pour les rôles masculins: cela ne m'a pas gênée, car là non plus, elle n'exagère pas. Enfin, elle prend un accent du sud des États-Unis pour certains personnages. Je n'aime pas trop cela, mais Amy McFadden fait partie de ceux qui le font de manière naturelle.

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jeudi, 30 mai 2019

La voie du loup, de Beth Lewis.

La voie du loup

L'ouvrage:
À l'âge de sept ans, Elka vivait dans un petit village avec sa grand-mère. Celle-ci s'occupait de la fillette pendant que les parents de cette dernière allaient faire fortune en ville. Un jour, l'enfant s'est perdue dans les bois, et a été recueillie et élevée par un homme qu'elle surnomme «le trappeur». Dix ans s'écoulent. Elka apprend alors que son père adoptif est recherché pour le meurtre de plusieurs femmes. Complètement déboussolée, elle s'en va. Elle souhaite fuir cette situation, et décide d'en profiter pour tenter de retrouver ses parents.

Critique:
J'ai adoré ce roman (autre cadeau de ma mère pour Noël 2018). Sa plus grande force est son héroïne. Cette fille de la nature doit faire face à des situations auxquelles elle n'est pas préparée, et trouve toujours le moyen de s'adapter. Bien sûr, elle se débrouille mieux sous un orage que confrontée à la cruauté humaine, mais elle s'en sort toujours. J'aurais agi comme elle sur le bateau.
Le plus dur pour la narratrice est sûrement de devoir accepter la duplicité de son père adoptif, et également autre chose qu'elle-même a du mal à se pardonner.

J'ai souri lorsque notre héroïne s'embarrasse de Pénélope. Elka pense d'ailleurs que sa compagne ne lui sera d'aucune utilité, étant une pauvre chose fragile. Ce curieux duo ne manquera pas de surprendre le lecteur. Je dois dire que je n'ai pas trop apprécié Pénélope. Pourtant, elle ne trahit pas Elka... je la trouvais surtout pénible lorsqu'elle minaudait avec Mark, et je me demandais ce que celui-ci lui trouvait. Mais Pénélope prouve à tous (je ne l'aurais pas pensé d'elle, et cela a fait que j'ai retiré toutes mes mauvaises pensées à son égard) qu'elle apprécie Elka à sa juste valeur.

Non seulement le roman ne traîne pas, mais l'auteur a su faire monter la tension de multiples manières. Il y a d'abord ce que vit Elka sur le bateau. (Je savais qu'elle était tombée sur une personne méprisable avant qu'elle ne le découvre. Il m'a d'ailleurs semblé étrange qu'elle ne se méfie pas, et tombe sous le charme d'un beau parleur.) Il y a ensuite les péripéties que Pénélope et elle vivent. Enfin, il y a la mission qu'elle finit par se donner.

Ce roman a une vraie fin. Cependant, j'aurais souhaité savoir ce que devient la narratrice. À la toute fin, on sait certaines choses, mais je pense que j'aurais aimé savoir la suite, même si on me rétorquera qu'on peut facilement l'imaginer. Je pense qu'elle n'est pas forcément toute tracée à cause d'un détail (que je ne dévoilerai pas ici pour ne pas trop en dire).

Je ne sais pas vraiment quand se passe le roman, mais au vu de certains détails, j'imagine que c'est au dix-septième ou dix-huitième siècle...

Une héroïne très attachante, une intrigue très bien pensée, une ambiance parfaitement exposée. Une réussite!!!

Éditeur français: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Harper Audio.

Les habitués de ce blog savent sûrement qu'Amy McFadden fait partie des lecteurs dont le jeu me plaît beaucoup. Ici, elle n'a pas démérité.

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lundi, 27 mai 2019

The repeat year, d'Andrea Lochen.

The repeat year

L'ouvrage:
1er janvier 2012. Olive s'éveille... chez Phil, son ex, celui qui l'a plaquée en février 2011. D'après ses souvenirs, elle ne l'a pas vu la veille au soir. Comment donc s'est-elle retrouvée chez lui? Il lui rafraîchit la mémoire, mais ce qu'il lui raconte, c'est la soirée du 31 décembre 2010. Entre ce qu'il lui dit et la date qu'affiche son ordinateur, la jeune femme se rend compte qu'elle est en janvier 2011. Elle va donc revivre l'année 2011. Après le choc initial, elle se dit qu'il faut qu'elle fasse en sorte que Phil ne la quitte pas.

Critique:
Ce roman (autre cadeau de ma mère pour Noël 2018) m'a beaucoup plu. L'histoire est un peu légère, mais je m'y attendais, et pour moi, cela ne tourne pas à la mièvrerie, donc ça me va. Il y a seulement une chose que j'ai trouvée discutable: il est évident que Kerrigan (prénom que j'écris ainsi d'après la prononciation de la lectrice, mais cela pourrait aussi s'écrire Carrigan... ou encore autrement) n'a pas agi par altruisme. Elle ne fait d'ailleurs aucune difficulté pour l'admettre. Bien sûr, elle explique qu'il y avait un peu d'altruisme parmi tout ce qui l'a poussée, mais c'était loin d'être le plus important. Avant même qu'elle l'admette, c'était évident. Il n'aurait pas été crédible qu'elle brandisse l'altruisme, parce qu'alors, elle aurait agi autrement. De ce fait, je regrette la tournure que prennent les choses entre elle et Olive à la fin. Cette remarque amène forcément celle sur le fait que si Olive avait été plus courageuse dès le départ, Kerrigan n'aurait rien fait. Comment ne pas blâmer l'héroïne pour ce manque de courage, tout en la comprenant également? Je ne peux pas dire ce que j'aurais fait à sa place...

Au long du roman, l'année suit son cours. Le lecteur sait très vite qu'Olive veut éviter ses erreurs passées, donc il n'est pas surpris de la voir agir autrement. Cela pourrait peut-être paraître un peu long à certains qui pourraient penser: on sait ce qu'elle veut faire, alors pourquoi nous le montrer? Quant à moi, cela ne m'a pas du tout ennuyée. J'observais l'héroïne remettant précautionneusement ses pas dans les siens (si j'ose dire) et bifurquer afin d'éviter tel ou tel obstacle, tout en en créant d'autres. Il m'est assez pénible d'entendre souvent un certain refrain lorsque je lis un roman où l'auteur joue avec le temps (à savoir: si on essaie d'améliorer les choses, on n'obtiendra que le mal). Ici, j'ai trouvé qu'Andra Lochen s'en sortait bien. Olive n'attire pas une montagne de désastres, mais rien n'est tout rose. Outre ce qui arrive avec Phil, il y a d'autres événements familiaux qu'elle parvient à mieux gérer, même si ce qui se passe ne lui plaît pas trop. Enfin, cette étrangeté que l'univers lui fait vivre la rapproche de Cherry, connaissance de sa mère qu'elle trouvait ennuyeuse. J'ai apprécié ce rapprochement qui obligeait la narratrice à voir Cherry autrement.

À part mon reproche concernant Kerrigan, il m'a plu que le roman respecte des codes donnés. En effet, lorsque je tente certains livres, le résumé et l'image de la couverture (souvent décrite par une amie) me donne à penser qu'il sera plutôt comme ci ou plutôt comme ça. «The repeat year» a répondu à l'impression que m'avaient donnée le résumé et la couverture. Je le souligne ici, parce que sitôt cette chronique tapée, je vais taper celle de «Like no other» dans lequel l'autrice n'a pas respecté certains codes, et je vais répandre mon courroux sur sa tête. ;-)

Il va de soi qu'Andrea Lochen nous pousse à nous demander ce que nous ferions dans le cas de son héroïne. Serions-nous raisonnables? Commettrions-nous le même type d'erreurs? Il y a des événements de mon passé que j'aimerais beaucoup pouvoir changer, donc même sous un aspect léger, le sujet de ce roman ne pouvait que me fasciner et m'interpeller.

Lecture sympathique, avec quelques questions intéressantes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Comme d'habitude, Amy McFaden ne m'a pas déçue. Elle est très bien entrée dans la peau des personnages, a rendu leurs émotions sans affectations, et n'a pas forcé le trait pour les voix masculines.

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