jeudi, 21 mars 2019

Fleur de cadavre, d'Anne Mette Hancock.

Fleur de cadavre

L'ouvrage:
Copenhague.
Héloïse Kaldan est journaliste. Un jour, elle trouve une étrange lettre dans son casier. Puis elle en reçoit d'autres... Elles viennent d'Anna Kiel. Il y a trois ans, celle-ci a assassiné un riche avocat, puis s'est enfuie, non sans se montrer à la caméra de surveillance près de chez sa victime. Avec la réception de ces missives, Héloïse espère que si elle peut rencontrer Anna, elle pourra peut-être écrire un article sur l'affaire...

Critique:
Ce roman m'a plu. On trouve un thème qui me semble galvaudé par certains auteurs qui le mettent à toutes les sauces, et que justement, Anne Mette Hancock parvient à aborder de manière juste. En tout cas, cela ne m'a pas agacée de le retrouver ici. Non seulement l'auteur fait s'exprimer une victime, mais en plus, elle montre le point de vue d'une victime collatérale. Celle-ci n'a rien subi, mais souffre de ce qui a été infligé à d'autres. De toute façon, l'auteur n'en fait pas trop, rien n'est ni cliché ni grandiloquent.

Le roman ne traîne pas. Le lecteur assiste aux péripéties des policiers qui rouvrent l'enquête, et à celles d'Héloïse qui s'en mêle forcément et dont on découvre également la vie privée. À la fin, le lecteur a toutes les réponses, rien n'est bâclé. Il reste une chose qu'on se demande, mais il n'est pas grave qu'on l'ignore.

J'ai aimé qu'au début, on ne sache pas trop quoi penser d'Anna. On sait qu'elle a commis un meurtre, et est en fuite. Ensuite, Héloïse recueille des informations de diverses sources concernant la jeune femme, on s'en fait une idée, mais ces sources semblent se contredire. On ne saisit vraiment Anna (si j'ose dire) que lorsqu'elle se livre. (On me dira peut-être que c'est une lapalissade...)

Comme dans tout roman, il y a des personnages que j'ai appréciés, d'autres que j'ai détestés... Il y en a surtout un que j'aurais aimé faire énormément souffrir. J'ai imaginé différents supplices à lui infliger. Bon, disons qu'il y en a deux. Le deuxième aurait d'abord regardé les horreurs que j'aurais faites au premier, puis il les aurait également subies. ;-)

Je n'ai pas aimé que la meilleure amie d'Héloïse prône le pardon dans le sens où il aiderait la journaliste à aller mieux. Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, on peut ne pas pardonner, et finir par être indifférent. Ne pas pardonner ne veut pas forcément dire qu'on ressasse une rancoeur. Cela peut vouloir dire que la personne qui ne mérite pas le pardon hérite de l'indifférence de celui à qui elle le demande. Je dis encore cela (alors que je l'ai dit dans d'autres chroniques) parce que je déteste ceux qui, la bouche dégoulinante de bons sentiments (qui, pour moi, sont faux), disent que si on pardonne, c'est d'abord pour se faire du bien à soi-même. Certains peuvent trouver du soulagement à pardonner. C'est très bien pour eux. Mais tout le monde n'est pas ainsi. J'ai donc apprécié l'amie d'Héloïse jusqu'à ce qu'elle dise cela... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëlle Billaut-Danno.

La comédienne a été victime (de ma part) de la même chose que Sandra Parra. En écoutant l'extrait proposé sur Audible, j'ai pensé que ça pouvait aller, mais que ce serait moyen. Puis en lisant le roman, j'ai trouvé que j'avais été injuste à première écoute. Gaëlle Billaut-Danno a toujours le ton qui convient. Quelque chose m'a quand même interpelée: elle modifie un peu (mais elle ne le fait pas mal) sa voix pour les rôles masculins, et parfois, elle prend une voix plus grave pour Lisa et Connie, comme si c'étaient des hommes.
Sinon, il me semble qu'elle fait partie des très rares personnes qui prononcent correctement le mot «moeurs». Je n'ai jamais lu qu'il y avait une règle de prononciation particulière pour ce mot, et je ne comprends pas pourquoi 99,9% des gens le prononcent «moeurse». On ne dit pas «coeurse» pour «coeurs» ni «soeurse» pour «soeurs», donc pourquoi dire «moeurse» pour «moeurs»? C'est peut-être une exception, mais étant donné que je n'ai jamais lu de règle de prononciation concernant ce mot, je me demande d'où vient cette façon de dire, et je la suppose erronée.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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mercredi, 20 mars 2019

Avalanche hôtel, de Niko Tackian.

Avalanche hôtel

L'ouvrage:
Joshua s'éveille dans une chambre d'un grand hôtel. Il pense avoir fait une chute. Ses souvenirs sont flous. Il se rend compte qu'il travaille dans cet hôtel, et que la police enquête sur la disparition d'une jeune fille, qui y séjourne souvent avec ses parents. Le calendrier lui apprend qu'on est en janvier 1980.
Puis un employé de l'hôtel lui dit qu'il doit absolument partir, et lui montre par où et comment. En suivant ses instructions, Joshua est précipité dans une avalanche... et s'éveille à l'hôpital où il apprend qu'on est en janvier 2018. Il ne se souvient de rien, excepté de ce qu'il vient de vivre à l'Avalanche Hôtel, et qui, pense-t-il, doit être un rêve. Cela a-t-il un rapport avec l'enquête sur laquelle il travaille? Est-ce pour cela qu'il est allé seul dans la montagne, et s'est retrouvé pris dans une avalanche?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il n'y a aucun temps mort. J'ai d'ailleurs été tout de suite happée par l'intrigue. Le début fait qu'on se pose des questions, la suite épaissit le mystère... Rien n'est bâclé, il n'y a pas d'incohérences. Étant très prise par le récit, je n'ai pas cherché à le disséquer pour trouver la solution avant que l'auteur ne la donne, petits morceaux par petits morceaux. À un moment, Joshua obtient une information importante. Cette découverte m'a, bien sûr, captivée, mais je ne voyais pas le rapport avec le reste. Je ne l'ai pas vu avant que l'auteur ne le dévoile.

Comme souvent, j'aurais voulu qu'il y ait davantage de détails à la fin, surtout quant à un élément. Mais je pinaille, car on peut deviner ces détails ou faire sans.

Niko Tackian expose une théorie à laquelle je ne crois pas trop. Si Joshua a pu «voir» certaines choses, c'est qu'il en a été imprégné par une autre mémoire que la sienne, la mémoire de quelqu'un qu'il a côtoyé assez longtemps pour créer des liens. J'ai déjà entendu cette théorie. Je n'y crois pas vraiment, mais je sais qu'elle n'a pas été inventée pour ce roman. En outre, elle s'insère bien dans la trame.

L'ambiance est importante ici, et contribue à faire monter la tension. Souvent, les personnages sont en montagne, sous un froid intense. Les efforts des protagonistes pour atteindre leur but, les effets du froid sur eux (circulation sanguine coupée, crampes...), tout est si bien décrit qu'on s'y croirait. Je m'imaginais d'autant plus les choses que j'ai lu une grande partie du roman dans mon lit, et que je pouvais remonter la couette sur moi si l'évocation du froid me le rendait trop présent.

Au-delà d'un récit palpitant, ce roman soulève certaines questions. Comment appréhende-t-on sa propre histoire? Comment des souvenirs qui ne sont pas les nôtres peuvent-ils s'imposer au point de nous pousser à les explorer? Peut-on aimer son enfant malgré tout?...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.

Olivier Chauvel fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Il m'est arrivé d'être un peu sévère concernant certains de ses choix d'interprétation, mais c'est un bon comédien. D'ailleurs, ici, les modifications de sa voix ne m'ont pas gênée, sauf pour certaines personnes âgées à qui il fait une voix caricaturant un peu celle de quelqu'un d'âgée, mais cela reste plausible. En outre, tous ses autres choix de jeu m'ont paru judicieux.

Comme d'habitude lorsque le livre est édité par Audiolib, il y a de la musique, ce que je n'aime toujours pas. Heureusement, ici, il n'y en a pas en début de chaque chapitre. En outre, la structure du livre est respectée.

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lundi, 18 mars 2019

Sauf, d'Hervé Commère.

Sauf

L'ouvrage:
Lorsque Mathieu (dit Matt) avait six ans, ses parents sont morts dans l'incendie de leur manoir. Lui était en colonie de vacances. À son retour, il a été recueilli, puis élevé par sa tante (soeur de son père) et son oncle (Raymond). À présent, il a quarante-huit ans, et tient un dépôt-ventes.
Un jour, une femme y apporte un album de photographies. On y trouve des clichés pris par sa mère avant l'incendie fatal. Sur la dernière image, on voit le reflet de la photographe dans une vitre. Matt s'interroge sur l'identité de la femme qui a amené cet album. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, en quelques courts chapitres, Hervé Commère pose l'énigme. Ensuite, il épaissit le mystère en insérant des éléments inattendus... À un moment (lorsque Gary se persuade qu'il a trouvé la Catherine Dourdent qui les mettra sur la voie, alors qu'elle ne ressemble absolument pas au portrait-robot), j'ai eu peur que l'auteur introduise une incohérence. Bien sûr, on pourra penser que l'instinct de Gary est un peu trop chanceux, mais il ne se base pas uniquement sur cela: il y a aussi la réaction de la donzelle... Finalement, ladite réaction n'a qu'un mince rapport avec l'affaire, mais celle qui a initié tout cela n'en sait rien. En tout cas, Hervé Commère parvient à faire en sorte que cela ne soit pas une incohérence. C'est un peu tiré par les cheveux, mais plausible.

Plus tard dans le roman, ce qu'apprend le narrateur m'a fait me poser certaines questions... Lorsqu'on prend une décision importante, comment peut-on être sûr que chacun en sortira le moins perdant possible? L'un des personnages aurait-il agi ainsi s'il avait pu prévoir quelles seraient les conséquences pour un autre personnage? Mais cet autre personnage se serait-il bien comporté si la donne avait été autre? Malgré tout, je pense que le premier personnage a agi le moins mal possible.

J'ai beaucoup apprécié la plupart des protagonistes: Anna (qui trouve le moyen de plaisanter dans des situations graves, et qui est toujours là quand Matt en a besoin), Laurie, Gary (lui et ses cousins sont souvent source d'amusement, et parfois d'un peu de sagesse), Mylène, Raymond (qui a su gérer ses blessures, et montrer aux siens qu'il les aimait). Certains n'apprécieront peut-être pas Raymond à cause de l'un de ses actes. Je n'ai pas réussi à le lui reprocher... Quant à la tante du narrateur, on la voit peu dans le présent. Je l'ai également appréciée, même si j'aurais voulu que concernant certaines choses, elle fasse autrement. Sûrement n'a-t-elle pas voulu essayer, au cas où cela lui retomberait dessus.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort. Les chapitres sont courts, ce qui contribue à donner du rythme.

À la fin, le lecteur sait tout ce qu'il y a à savoir, et rien n'est bâclé.

Après le roman, il y a une nouvelle: «Grain de sable». Elle m'a plu. Elle est très bien pensée. L'auteur a très bien joué, parce que même si j'avais compris à peu près où il voulait en venir, je n'arrivais pas à savoir comment il y arriverait. Certains écrivains terminent leurs nouvelles par une chute. Pour «Grain de sable», Hervé Commère crée une chute, puis... une autre. Cette dernière m'a fait penser: «Voilà bien la nature humaine...».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Mancini pour les éditions Lizzie.

Je connais surtout Patrick Mancini en tant que comédien de doublage. Je l'apprécie d'ailleurs beaucoup, et quand j'ai su qu'il avait enregistré ce roman, j'ai tout de suite parié que son interprétation serait excellente. J'ai eu raison. Tant dans la narration que dans les dialogues, son jeu est toujours approprié. S'il modifie parfois un peu sa voix, il le fait judicieusement et sans excès, donnant très facilement corps aux personnages. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront. En effet, pour l'instant, il y en a quelques autres, mais ils ne me font pas envie.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 14 mars 2019

Une présence dans la nuit, d'Emily Elgar.

Une présence dans la nuit

L'ouvrage:
Alice Taylor est infirmière. L'un de ses patients, Frank, a été dans le coma après un infarctus. Depuis quelque temps, il en est sorti, mais ne peut ni bouger ni parler. La jeune femme est persuadée qu'il est conscient, qu'il entend ce qui l'entoure, et elle lui parle très souvent. Cependant, le médecin chef du service pense que le patient est en état végétatif permanent. Celui-ci aimerait pouvoir dire que c'est Alice qui a raison, mais il ne parvient pas à bouger, ne serait-ce que les paupières.
Un jour, une patiente est installée dans le lit à côté de celui de Frank. C'est Cassie Jensen. Elle a été victime d'un accident, on l'a trouvée dans un ruisseau non loin de chez elle. Elle est dans le coma. Frank entend les visiteurs de sa voisine se succéder: son mari (Jack), et la mère de celle-ci (Charlotte)... et puis une mystérieuse personne...

Critique:
Ce roman m'a déçue. Il n'a pas souffert de comparaisons ou du fait que je m'attendais à autre chose, mais trop d'éléments m'ont déplu. D'abord, j'ai trouvé Cassie, ainsi que son histoire, très fades. (Les chapitres alternent les points de vue, et ceux de celui de Cassie racontent son passé proche, afin de montrer comment l'accident a fini par arriver.) Je souhaitais qu'elle s'en sorte, bien sûr, mais elle n'éveillait rien de vraiment positif chez moi. Je pensais plutôt à sa chienne (Maisie) et j'espérais que celle-ci serait bien traitée. L'histoire de Cassie me paraissait très banale. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose: beaucoup d'histoires à l'aspect ordinaire m'ont plu. Mais ici, c'était renforcé par des situations qui me semblaient clichées, et des personnages qui, pour moi, étaient peu creusés.

Quant à Alice, je l'ai trouvée sympathique, mais elle non plus n'a pas vraiment su me toucher. Je suis davantage entrée dans sa vie que dans celle de Cassie, je l'ai même appréciée, ainsi que son mari, mais l'infirmière me paraissait un peu trop facile à prévoir... Il me semble que rien n'a vraiment distingué Alice et Cassie, même si la première a quand même marqué quelques points auprès de moi.

J'ai davantage apprécié Frank. Son histoire aussi étais banale, mais dans son cas, la sauce a pris. Pour moi, Émily Elgar a davantage su le démarquer que ses héroïnes. J'avais l'impression qu'il était le seul qui accordait de l'importance à ce qui devait en avoir... et pas seulement dans le service hospitalier. Ses regrets quant à ses actes passés, son amour pour sa fille, tout cela m'a plu. En outre, l'auteur imaginait et rendait bien sa frustration, son besoin de communiquer, ses pensées en général...

J'ai trouvé qu'il n'y avait pas assez de repères temporels...

Ensuite, la romancière a fait quelque chose que j'ai détesté. Elle a justifié cela, mais elle aurait très bien pu ne pas le faire! Elle-même trouve le moyen de prouver, par la suite, que cet élément aurait pu ne pas être. En plus, elle aurait pu faire monter le suspense en l'amorçant, puis quelque chose aurait pu le court-circuiter. Bref, certaines choses me paraissaient tièdes, mais cet élément a fini de gâcher ma lecture.

Enfin, il n'est pas très crédible qu'une personne coupable d'actes très graves les avoue (ainsi qu'un autre à propos duquel on ne lui a rien demandé) devant deux autres qui, ensuite, peuvent la dénoncer, puis témoigner contre elle (surtout une). On me dira que cela se défend, étant donné l'obsession de la personne coupable, mais je reste sceptique, puisque juste avant, elle a agi en faisant en sorte de n'être pas vue.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Loubière.

Pour moi, un autre point noir de ce roman est sa lectrice. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et je sais que je suis souvent sévère. Au départ, Sophie Loubière a un ton un peu affecté. Elle en fait trop, et parfois, on dirait qu'elle s'adresse à de très jeunes enfants. Cependant, elle semble mieux entrer dans la peau des personnages à mesure de l'avancée du récit, et très souvent (surtout quand Frank raconte) abandonne le ton un peu affecté pour de très bonnes intonation.
Ce que j'ai eu le plus de mal à supporter, c'est sa propension à prononcer des noms propres avec un accent soi-disant anglophone. Lorsque ledit accent est bien fait, cela m'agace, car je ne trouve pas cela naturel du tout dans un texte en français. Alors quand, en plus, l'accent est mal fait, imaginez ma rage! Heureusement, on échappe à Loussi pour Lucy (je me demande pourquoi), à Kérol pour Carole, et au bout de quelques chapitres, Dévide retrouve son prénom (David). Mais tout au long du roman, on a droit à Mary avec l'accent, et surtout à Épril (pour April) et à Késsi (pour Cassie). Ce dernier prénom, la lectrice le dit comme on prononce Casey en anglais. Je croyais d'ailleurs que cela s'écrivait Casey. Il a fallu qu'une amie (qui a le livre) me l'épèle.

Pour information, la structure du livre est respectée à 99%: le prologue et le chapitre 1 sont sur la même piste.

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89 lectures

lundi, 11 mars 2019

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie, de Ruth Ware.

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

L'ouvrage:
Angleterre.%%Leonora (dite Nora) Shaw a vingt-six ans, et est auteur de romans policiers. Un jour, elle reçoit un mail collectif d'une certaine Florence. Celle-ci invite les destinataires du mail à l'enterrement de vie de jeune fille de Clare Cavendish. Nora n'a pas vu Clare depuis dix ans. Elles étaient très bonnes amies depuis l'âge de cinq ans, et après le lycée, ont perdu contact. La jeune femme n'a pas vraiment envie d'assister à ce week-end dans une maison perdue au milieu des bois, mais Nina (une amie d'école avec qui elle a gardé contact) est aussi invitée, ne veut pas trop y aller, et propose que Nora et elle y aillent ensemble.
Le week-end ne va pas bien se passer...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que «La disparue de la cabine numéro 10». Cela pourrait paraître étonnant parce qu'il y a une ficelle dont, habituellement, je n'aime pas l'utilisation. Au bout d'un moment, tout le monde est suspect. Comme dans le roman sus-cité, cela ne m'a pas dérangée parce que j'ai trouvé que c'était bien exploité. La romancière fait allusion à Agatha Christie, donc on comprend qu'elle s'en inspire, mais pour moi, ce n'était pas aussi poussif que les romans d'Agatha Christie que j'ai lus. De plus, si on n'est pas trop stupide, on ne soupçonne pas absolument tout le monde. Sur quatre personnes, je n'en ai vraiment soupçonné que deux. L'une de celles que j'avais écartées n'était pas coupable, et j'en remercie l'auteur. Elle aurait très mal joué, à mon avis, en faisant de cette personne la coupable. La solution de l'énigme ne m'a pas trop surprise, mais ça n'est pas gênant, car Ruth Ware la prépare au long du roman. Rien n'est incohérent. Maintenant que j'ai dit tout cela, je ne peux pas vraiment dire ce que je pense des personnages en les nommant, pour ne pas trop donner d'indices. Je dirai juste que le coupable est celui que je soupçonnais le plus, et que j'aimais le moins...

Comme dans l'autre roman de Ruth Ware, je me suis très vite attachée à l'héroïne. J'ai très vite compris les sentiments qu'elle exprimait, j'ai partagé ses craintes, son mal-être, son dégoût. En plus, elle adore être chez elle, tout comme moi, donc je l'approuvais lorsqu'elle disait qu'elle voulait rentrer chez elle. ;-)

Un autre élément m'a paru très bien exploité: le week-end se passe dans une grande maison perdue dans les bois, il fait froid, il neige... L'ambiance est propice à de sombres événements...

Je regrette que certaines choses ne puissent être réparées, après que deux personnages savent tout, mais cela ne crée aucune incohérence, donc ce n'est pas si grave.

Au long de ma lecture, j'ai été contente de voir que la traductrice ne faisait aucune faute de syntaxe, et employait «après que» avec l'indicatif. En relisant le résumé pour voir si Shaw y était écrit (il me fallait l'orthographe pour cette chronique), j'ai lu que ce roman avait été traduit par... Séverine Quelet que je complimente dans ma chronique de «La veuve». Je réitère donc ici mes compliments pour la fluidité du texte, et surtout l'absence d'erreurs de syntaxe. J'espère lire beaucoup d'autres romans traduits par Séverine Quelet. (Je trouve d'ailleurs dommage que l'éditeur audio Lizzie ne demande plus aux comédiens, alors qu'il le faisait au début, de donner le nom du traducteur des ouvrages étrangers. En effet, le nom de la traductrice était donné pour «La disparue de la cabine numéro 10», et il ne l'est pas pour «Promenez-vous (...)».)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier pour les éditions Lizzie.

Je n'ai entendu cette comédienne que dans «Le sourire des femmes» où je l'ai appréciée. Ici, j'ai également aimé son jeu. Elle entre dans la peau des personnages sans modifier sa voix à outrance, rend très bien leurs intentions, leurs émotions... Je trouve dommage qu'elle ait prononcé certains noms à l'anglophone, mais elle le fait pour peu de noms.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 90%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et trois chapitres sont coupés en deux.

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85 lectures

jeudi, 7 mars 2019

Sisters, de Michelle Adams.

Sisters

L'ouvrage:
À l'âge de trois ans, Irène Harringford a été abandonnée par ses parents. Ils l'ont envoyée vivre chez sa tante, la soeur de son père. Celle-ci s'est chargée de la fillette à reculons. Irène n'a plus eu de contacts avec ses parents. Elle en a eu avec sa soeur aînée, Éléonore, celle qu'ils ont gardée...

Trente ans après, Éléonore téléphone à Irène pour lui dire que leur mère est morte. Elle souhaite que sa soeur vienne assister aux funérailles. Celle-ci, espérant que son père lui dira peut-être enfin les raisons de son abandon, fait le voyage de Londres à Horton, petit village écossais.

Critique:
Ce roman m'a plu. Comme je pinaille souvent, j'ai quelques reproches à lui adresser, mais ces éléments sont très loin d'avoir gâché ma lecture. Ils m'ont juste un peu agacée. Par exemple, étant donné le comportement d'Éléonore, ainsi que certains de ses propos, on comprend assez vite pourquoi Irène a été abandonnée. C'est un peu dommage, mais il fallait bien que l'auteur nous donne un petit os à ronger. De plus, elle se rattrape, car on ne sait pas tout tout de suite. J'ajoute qu'à la place des parents, j'aurais fait une chose bien plus horrible que je n'aurais même pas considérée comme telle. J'ai conscience qu'ils ont opté pour ce qu'ils estimaient être la solution la moins mauvaise, mais me connaissant, j'aurais fait quelque chose de très discutable. Aurais-je pu me débrouiller avec ma conscience, par la suite? Sûrement, étant donné ce qu'on apprend au fil des pages.

Si j'ai regretté de connaître une partie de la solution avant que l'auteur n'abatte toutes ses cartes, j'ai trouvé que le roman ne traînait pas. Michelle Adams s'attache d'abord à nous montrer la psychologie des deux soeurs. Elle fait cela très bien. Ensuite, un événement inattendu survient, et il est la raison pour laquelle les choses s'accélèrent. À partir de ce moment, la romancière a bien su faire monter la tension et le suspense, et je n'ai rien deviné avant qu'elle ne le décide. Il y a un détail qui pourrait être vu comme une incohérence, mais l'écrivain parvient à peu près à l'expliquer.

Comme souvent, j'aurais souhaité davantage d'explications concernant un élément, et aussi au sujet de l'après. Mais cela n'est pas un énorme manque.

À un moment, Irène explique qu'elle ne peut pas vivre avec sa soeur, mais ne peut pas non plus l'exclure totalement de son existence. Quant à moi, je ne sais pas si j'aurais souhaité qu'Éléonore fasse partie de ma vie, même avant de tout savoir sur son compte...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

J'avais apprécié le jeu de cette comédienne dans «La forme de l'eau», mais j'avais regretté qu'elle fasse une voix particulière à un personnage. Ici, elle modifie bien moins sa voix, elle a trouvé le moyen pour que cela cadre avec les personnages, que cela ne soit pas exagéré. D'autre part, elle est bien entrée dans la peau des divers protagonistes, exprimant bien leur peur, leur colère, leur désarroi...

Tous les chapitres commencent par un passage musical. Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, je n'aime pas du tout qu'il y ait de la musique dans un livre audio. Cela ne fait que retarder la suite du récit, selon moi, et cela enlève de la fluidité à l'ensemble.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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146 lectures

lundi, 4 mars 2019

La veuve, de Fiona Barton.

La veuve

L'ouvrage:
Angleterre, juin 2010. Glenn Taylor vient d'être renversé par un bus. Les journalistes assaillent sa veuve, Jane. Maintenant que Glenn est mort, elle peut parler, dire ce qu'elle sait quant à ce dont son mari fut soupçonné deux ans auparavant.

Critique:
Ce roman m'a bien moins plu que «La coupure», mais je l'ai aimé. Le thème principal est abordé à outrance par beaucoup d'écrivains. De ce fait, pour moi, il n'y avait pas grand-chose de nouveau, d'autant que l'auteur n'introduit rien qui démarquerait un peu son roman des autres évoquant ce sujet. De plus, si les personnages sont intéressants (surtout Jane et Bob), ils m'ont bien moins interpellée que ceux de «La coupure» (où ma préférence allait à Emma et Angie).

L'un des points positifs est l'ambiguïté de l'un des personnages. Je me suis rapidement demandé si ce protagoniste ne se jouait pas de tous. Concernant cela, la romancière amène finement les choses. Elle maintient l'ambiguïté le temps qu'il faut sans que cela soit pesant, et se sort de toutes les situations qu'elle rend étranges. À la fin, aucune question ne subsiste, rien n'est bâclé, et Fiona Barton est cohérente avec le reste de son roman. Elle n'a pas lancé de faux indices à tort et à travers qui, à la fin, se révèlent inexplicables. Je le souligne parce que certains auteurs font cela, et c'est très pénible. Fiona Barton, elle, ne se moque pas du lecteur.

Kate m'a encore plus agacée que dans «La coupure». Quelle charognarde insensible!!! Elle ne pense qu'à son contrat, à son article... Même si je pense que Jane a mal interprété certaines choses, Kate a été stupide de ne pas lui avoir fait lire l'article avant. Ainsi, Jane, sachant parfaitement ce qu'elle avait écrit, pouvait demander que ceci ou cela soit corrigé, et de toute façon, cela aurait empêché qu'elle se mette en colère, par la suite, en pensant savoir ce que disait l'article. J'ai donc été satisfaite lorsqu'elle jette Kate comme une malpropre. L'auteur a beau expliquer que certaines personnes ayant été interviewées par Kate, dans des affaires passées, ont été très heureuses de son travail et gardent contact avec elle, je l'ai trouvée particulièrement désagréable et suffisante ici. Comme je l'ai dit dans une autre chronique, je sais bien que tous les journalistes ne peuvent pas être comme celle imaginée par Julia Dahl, mais puisque Fiona Barton vante le côté humain de sa création, elle aurait dû le faire ressortir.

Ce roman étant antérieur à «La coupure», et mettant également Kate en scène, j'ai eu peur qu'avoir lu «La coupure» avant «La veuve» me desserve. Or, cela n'a pas été le cas. Il est possible que Kate se rappelle l'affaire de la veuve Taylor dans «La coupure» et l'évoque de manière à en donner la conclusion (elle le fait concernant une ou deux affaires), mais si c'est le cas, je l'ai oublié.

Même si le thème principal est (selon moi) trop abordé dans les romans policiers, le livre ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage.

Je râle souvent quand je trouve des fautes de syntaxe dans les romans ou dans l'audiodescription de certains films. De ce fait, je m'attache aussi à pointer ce qui, pour moi, est bien fait. Ici, non seulement je n'ai pas repéré d'erreurs de syntaxe, mais la traductrice, Séverine Quelet, n'a pas fait une faute qui, malheureusement, se répand. Elle a écrit «elle se le rappelle», alors que beaucoup commettent l'erreur d'écrire ou de dire «elle s'en rappelle».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Eve Dufresne pour les éditions Lizzie.

Ce roman a exactement la même structure narrative que «La coupure»: les chapitres alternent les points de vue, et celui d'un seul personnage est relaté à la première personne du singulier. Je pensais donc que comme pour «La coupure», l'éditeur audio ferait enregistrer ce livre à plusieurs voix, et qu'Anne Tilloy interpréterait les chapitres du point de vue de Kate. Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas été fait ainsi. D'autre part, Marie-Eve Dufresne fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle s'est arrangée pour adopter une intonation qui montre, sans exagération, l'ambiguïté du personnage dont je parle plus haut. Son ton est toujours approprié. Je regrette seulement qu'elle ait tenté de prononcer certains noms à l'anglophone: Terry en faisant le «r» anglophone, Saïmone pour Simon...

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 28 février 2019

Chien-Loup, de Serge Joncour.

Chien-Loup

L'ouvrage:
2017. Lise est un peu lasse de certaines choses très présentes dans la société actuelle. Elle propose donc à Franck (son compagnon) de louer une maison dans un petit village où les nouvelles technologies sont inaccessibles. Franck n'est pas très enthousiaste, mais il accepte.

Critique:
Après avoir adoré «Repose-toi sur moi», j'attendais peut-être trop de «Chien-Loup». Il ne m'a pas autant plu. Lise et Franck ont commencé par m'agacer, chacun pour des raisons différentes, voire opposées. Lise me paraissait trop empressée à faire corps avec la nature et à rejeter tout ce qui était nouvelles technologies, et Franck me faisait soupirer parce qu'il ne pouvait pas vivre sans son smartphone. Vous allez me trouver très tordue, mais j'aurais apprécié de la mesure. Chacun était trop dans les extrêmes, me semblait-il. Ensuite, Franck m'a paru moins pénible. Il évoluait, réfléchissait, et sa curieuse relation avec cet étrange chien qui s'est mis à le suivre m'interpellait. Au long du livre, je l'ai parfois encore trouvé agaçant pour diverses raisons, mais j'ai aimé qu'il se remette en question et qu'il s'attache au chien. À propos de ce dernier, il est un peu étrange que personne ne le connaisse, le village étant petit...

Quant à Lise, je crois ne l'avoir pas trouvée assez consistante. Elle avait un peu l'air d'une caricature de personne appréciant la nature et ses bienfaits. Par exemple, le fait qu'elle cueille des herbes dont elle ignore le nom (elle ne dit pas le savoir) pour les faire infuser, c'est (comme le souligne Franck) un peu dangereux.

L'auteur alterne le chapitres racontant le présent de Franck et Lise avec d'autres se passant dans le même village en 1914-1915. En général, je n'aime pas cette structure. Ici, cela ne m'a pas trop gênée, mais ce qui arrive en 1914-1915 ne m'a pas vraiment intéressée. J'ai tout de suite su ce qui arriverait. Parfois, cela ne me dérange pas de deviner des événements de romans, mais ici, cela ne m'a pas plu parce que ce n'était pas une énigme où il s'agissait de mettre au jour les ficelles de l'auteur. Non, ici, c'était un récit cliché, auquel le romancier a ajouté des fauves censés apporter de l'originalité. J'ai quand même été contente de savoir (grâce à un habitant du village en 2017) comment ce qui a débuté fin 1914 a évolué.

À travers ses deux trames, Serge Joncour a retranscrit une certaine ambiance: un village au mileu de nulle part; d'un côté, des fauves et des villageois cancaniers redoutant les étrangers, et de l'autre, un curieux chien à la fois attachant et effrayant. L'auteur n'a pas oublié de rappeler que pendant la première guerre, les femmes avaient remplacé les hommes aux champs. Cette atmosphère est très bien rendue.

Service presse des éditions Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Dominique Pinon.
Je sais que ce comédien enregistre des livres depuis quelques années, mais je ne l'avais jamais entendu sur un livre entier, parce que rien de ce qu'il a enregistré avant «Chien-Loup» ne m'a tentée. J'ai apprécié son jeu. Par exemple, il rend bien le ton des détracteurs de l'Allemand, il n'exagère jamais lorsqu'il s'agit de jouer les personnages féminins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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