lundi, 18 février 2019

Disruption - Intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmentée, de Stéphane Mallard.

L'ouvrage:
Stéphane Mallard explique ce qu'est la disruption, et pourquoi nous devons nous attendre à être «disruptés».

Critique:
Depuis deux malheureuses expériences, quand un documentaire me tente (surtout lorsqu'il a un rapport avec un aspect de la société), je réfléchis avant de m'y attaquer, de peur de tomber sur des essayistes imbus d'eux-mêmes, comme ce fut deux fois le cas. Ici, mes craintes ont vite été balayées. Je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit l'auteur, mais je n'ai pas eu l'impression qu'il donnait une leçon. Il explique comment il se fait que le monde soit en mouvement, et que ceux qui ne participent pas à ce mouvement risquent de se retrouver sur le carreau. Il donne aussi quelques petites pistes qui aideraient à participer à ces rapides changements. Ses «critiques» vont majoritairement aux chefs d'entreprises qui ne parviennent pas à voir le monde autrement, à tenter d'autres approches, etc. L'accélération des choses est impulsée par ceux qui mettent en place des idées touchant le plus de personnes possible, et étant susceptibles de tout faire bouger à très grande échelle. Le premier exemple que donne Stéphane Mallard est celui de l'intelligence artificielle. Il explique qu'en très peu de temps, elle sera capable de faire énormément de choses. Pour donner un exemple (qui est très loin d'être le seul et de représenter jusqu'où cela peut aller, mais qui m'a fait rire), il évoque des intelligences artificielles organisant un dîner entre leurs possesseurs qui sont amis. Connaissant les goûts de chacun, les intelligences artificielles peuvent, en très peu de temps, décider d'un menu qui plaira à tous les convives.

L'auteur évoque aussi les ambitions de certains réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter. Ne les utilisant pas (je demande à quelqu'un de mettre mes pages à jour), et n'étant pas preneuse de tout ce qu'ils proposent (aussi bien maintenant que dans le futur), cela m'a laissée froide, mais j'ai compris en quoi cela attirerait la plupart des gens, c'est-à-dire ceux qui les utilisent déjà à plein régime.

Stéphane Mallard conseille à tous (et pas seulement aux chefs d'entreprises) d'entrer dans ce monde innovant, et d'y participer. Pour moi, il a raison, mais certains de ses avis ne sont pas aisés à mettre en pratique. Par exemple, il explique que pour être un grand novateur, il ne faut pas avoir peur de la prise de risques. Certes, mais parfois, cela n'est pas réalisable. Imaginons que je prenne le risque de faire le travail que je souhaite faire depuis... peu de temps après ma naissance ( ;-) ): éditer des livres audio (ou du moins participer à l'édition de livres audio). Dans un secteur en progression, mais qui reste tout de même peu prôné par la société, pour avoir une possibilité de faire partie de ceux qui réussissent, il faudrait que je «disrupte» le secteur avec des idées qui auraient la chance de séduire la plupart. Il faudrait d'abord que j'aie l'opportunité d'être engagée par l'un des gros éditeurs présents sur le marché du livre audio... et j'ai beau être motivée, j'imagine que les éditeurs audio ne réagissent pas comme les dirigeants d'Apple qui, selon Stéphane Mallard, embauchent ceux qui, en voyant le Mac, ont les yeux qui brillent...

Autre chose m'a fait un peu tiquer. Je sais qu'il y a une part de mauvaise foi dans ce reproche, mais côtoyant des adolescents tous les jours, je pense que malheureusement, je peux avoir raison. Stéphane Mallard, exemples à l'appui, explique que les «disrupteurs» potentiels sont ceux qui n'obéissent pas aux règles, n'entrent pas dans la norme, qui ne travaillent pas en classe... Je pense qu'il aurait dû distinguer ceux qui ne travaillent pas, mais qui finissent par se rattraper de ceux qui ne font rien parce qu'ils pensent qu'ils seront toujours aidés par leurs parents, la société, l'état... J'approuve l'idée que quelqu'un de trop scolaire ne saura pas sortir d'un raisonnement pour en appliquer un autre qui conviendrait pourtant. Je dis d'ailleurs souvent à mes élèves que je suis là pour leur apprendre à réfléchir, à interroger les idées étudiées en classe, à avoir l'esprit critique, à avoir de la méthode, et je suis ravie quand ce que nous étudions leur inspire des débats bien argumentés. D'un autre côté, pour pouvoir bien exprimer ses idées et être pris au sérieux, il faut connaître un minimum la grammaire de sa langue. Pour moi, un élève qui tente d'écrire en maîtrisant la syntaxe, les accords, la conjugaison, et la ponctuation sera plus apte à la réflexion et donc à l'innovation qu'un élève qui ne maîtrise rien de cela, et argumente: «Bof, de toute façon, on comprend ce que j'écris, pourquoi je ferais un effort?» Quant à ce qui est d'être contre les règles, je ne peux m'empêcher d'imaginer certains adolescents pensant (et c'est là qu'on peut me taxer de mauvaise foi): «Stéphane Malard, il dit que pour disrupter le monde, et donc gagner plein de pognon, il faut être contre les règles! Allez, je vais faire tout ce qui me plaît, quand ça me plaît, et où ça me plaît, sans rien respecter!» Certes, mon argument est un peu fort, mais je me méfie...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

L'auteur adopte un ton adéquat: il n'est ni supérieur ni soporifique.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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29 lectures

jeudi, 14 février 2019

Tout sur mon chien, d'Alejandro Palomas.

L'ouvrage:
Fernando est dans un café. Il attend que son téléphone portable sonne. C'est alors que sa mère, Amalia, fait son apparition. Elle promenait sa chienne quand elle a vu son fils, et s'est demandé ce qu'il faisait ici.

Critique:
Quel plaisir cela a été pour moi de retrouver les personnages si attachants de «Une mère»! C'est bien sûr Amalia qu'on remarque le plus, mais elle ne prend pas toute la place. L'idée qu'on se fait d'elle est un peu plus nuancée: certes, sa priorité reste ses enfants, mais cela ne l'a pas toujours été, ou du moins, elle ne le leur a pas toujours montré. C'est ce que Silvia finit par lui dire, et concernant les faits qu'elle évoque, elle n'a pas tort.
On retrouve les manies d'Amalia (elle emmène son portable aux toilettes, par exemple), son adoration pour Ingrid (qui, selon Silvia, «est débile»), ses idées parfois tranchées...
Cette mère continue de faire rire le lecteur avec ses étranges idées sur tout, son amour du mot «organique», et son envie de bien faire. Comment ne pas s'esclaffer à la découverte de sa nouvelle croisade, au chapitre 12? Bien sûr, on éprouve aussi de la compassion pour elle qui oublie certaines choses. L'auteur montre un côté amusant de cela, lorsqu'Amalia mélange des renseignements, et balance un tas d'informations inexactes à la tête du petit ami de la serveuse.

Je n'ai été ni déçue ni vraiment étonnée d'apprendre comment ont tourné certaines choses pour Emma. Je pense que dès «Une mère», je savais quelque chose que Fernando constate dans ce tome 2.

Ce roman est aussi à lire pour ceux qui aiment les animaux, en prennent soin, considèrent les leurs comme des membres de leur famille, et souffrent de la perte de l'un d'eux. J'ai été très touchée par la détresse de Fernando, par sa peur (et son impossibilité, au début) d'aller vers R, par son amour et son respect des animaux.

Le narrateur émaille son récit de retours en arrière. Ils permettent au lecteur de comprendre pourquoi les personnages en sont là. Il y a aussi des anecdotes concernant la mère d'Amalia, l'enfance de Fernando et de ses soeurs...

Ce livre m'a autant plu que le premier. Il semblerait qu'il y ait encore une suite. J'espère qu'elle sort bientôt en français.

Éditeur: le Cherche-midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

J'ai été très contente que Martine Moinat, qui avait enregistré «Une mère», enregistre la suite. J'espère qu'elle fera pareil pour le tome 3!

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88 lectures

lundi, 11 février 2019

Fractures, de Franck Thilliez.

Fractures

L'ouvrage:
2007. Alice Dehaene a vingt-cinq ans. Voilà un an qu'elle suit une thérapie avec le docteur Luc Graham. Ce matin-là, il veut la soumettre à un test, qui, pense-t-il, pourra l'aider à faire ressortir des éléments nécessaires à sa guérison. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu. Au beau milieu de l'expérience, Alice prend peur, et s'enfuit.

Critique:
Si j'ai été déçue par les derniers romans de Franck Thilliez que j'ai lus (c'étaient également les derniers édités, à ce moment-là), si les suivants ne m'ont pas du tout tentée, il y a un moment que je veux lire «Fractures», qu'il a publié bien avant de se mettre à faire du trop spectaculaire, selon moi. Comme je m'y attendais, ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, je ne me suis pas ennuyée, donc aucun remplissage, aucun temps mort. Bien sûr, l'auteur retarde certaines découvertes, mais ce n'est pas grave parce que le récit est toujours captivant. J'avais deviné quelque chose, puis j'ai pensé que je m'étais complètement trompée, puis j'ai compris que j'avais raison. Cela ne m'a pas du tout gênée. Au contraire, cela veut dire que l'auteur a réussi à me berner, ce qui est très bien. Certains éléments peuvent être devinés assez rapidement (comme l'identité du catatonique), mais cela non plus n'est pas dérangeant, parce que c'est voulu. Il y a un élément que j'aurais dû trouver... et dont je n'ai pas su recoller les morceaux. Pourtant, l'auteur ne fait rien pour embrouiller les choses, il ne donne pas de faux renseignements... Je me suis dit que j'étais bébête de ne pas avoir compris cette solution, mais en même temps, j'ai été très contente qu'en restant simple et sans user d'artifices déloyaux, l'auteur parvienne à me damer le pion.

Malgré tous ces points positifs, il me semble avoir trouvé une incohérence. Dans le prologue, l'auteur dit quelque chose. Le lecteur se base sur cela pour le reste du roman. Cependant, il n'est plus question de cet élément par la suite, du moins plus comme on s'y attendrait. Il aurait pourtant été facile à Franck Thilliez d'expliquer la disparition de ce paramètre, après nous avoir fait croire, au long du roman, qu'il était toujours là...

À travers certains personnages, le romancier aborde un thème qui fascine et effraie à la fois. Je n'en donnerai pas la nature exacte pour ne pas gâcher les découvertes, mais il s'agit de plonger au coeur du cerveau, et de découvrir comment certains «s'arrangent» lorsqu'ils sont confrontés à des situations traumatisantes. Je suis tombée sur le même cas de figure (moins exploré cependant) dans «The niht child», d'Anna Quinn.] J'imagine que les auteurs se sont documentés, et j'aimerais savoir jusqu'où ils ont raison. J'ai également vu ces théories exposées dans d'autres livres et films, donc je me doute qu'elles n'ont pas été inventées. C'est sûrement ce qui m'effraie le plus... Pour en savoir davantage, il faudrait sûrement que je lise des ouvrages théoriques sur le sujet...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maia Baran.
Je connais peu cette comédienne qui enregistre assez régulièrement, mais qui (malheureusement pour moi) n'a pas lu beaucoup de livres qui m'ont tentée. J'avais apprécié son jeu dans «1Q84», tout en trouvant qu'elle en faisait un peu trop pour la vieille femme. Ici, je l'ai trouvée parfaite. Quels que soient les personnages et quelles que soient les émotions qu'ils expriment, elle joue sans prendre une voix affectée, sans en faire trop. C'est un tour de force, car il est assez difficile pour une femme d'apporter la dose de jeu adéquate lorsqu'elle fait parler des hommes, et que ceux-ci sont en proie à de forts sentiments.

Petite digression qui, je l'espère, ne vous cassera pas trop les pieds. Quand j'ai regardé les sorties Audiolib de février, j'ai pesté parce qu'Adeline Chetail a enregistré le Mary Higgins Clark: en effet, je n'aime pas du tout cette romancière, mais rêve de lire des romans lus par Adeline Chetail. Donc, en pestant et ressassant l'injustice qui me frappait (Mouarf mouarf mouarf! ;-) ), j'ai pensé: «Mais pourquoi ils n'ont pas fait lire «Fractures» à Adeline Chetail! Maia Baran aurait pu enregistrer «Dernière danse»! Ils n'avaient qu'à les interchanger!» Je sais que les choses sont bien plus complexes que cela. Il est évident qu'on ne choisit pas un comédien pour un livre en pensant qu'il pourrait aussi en lire un autre, et qu'on pourrait échanger ce comédien avec celui qui lit l'autre livre. J'imagine qu'Adeline Chetail a été choisie pour «Dernière danse» parce que l'héroïne est une adolescente, et que cette comédienne se glisse facilement dans la voix d'adolescentes. De ce fait, elle n'aurait pas eu la voix (le registre vocal) pour enregistrer «Fractures». Je n'ai qu'à lire l'autre roman qu'a interprété Adeline Chetail («L'empire de sable»), (Ici, imaginez une longue digression que je vais vous épargner à propos du fait qu'en anglais, ce roman a été enregistré par... Andi Arndt.), et espérer qu'elle en enregistrera d'autres.

Je continue en ajoutant une autre digression, tant que j'y suis: j'ai un peu le même souci avec Florine et Noémie Orphelin. J'aimerais qu'elles lisent davantage, et que leurs lectures me tentent. J'aimerais même (si possible) qu'elles lisent un livre à deux, et qu'en début de ce livre, soit précisé laquelle fait quel rôle. Cela me guérirait peut-être de ma confusion. En effet, je ne parviens pas à dire qui est Florine et qui est Noémie...

Pour en revenir à «Fractures», maintenant que je l'ai entendu brillamment interprété par Maia Baran, je ne l'imagine enregistré par personne d'autre! J'espère aussi que Maia Baran enregistrera d'autres romans qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%: le chapitre 57 est sur deux pistes.

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100 lectures

jeudi, 7 février 2019

Arcadie, d'Emmanuelle Bayamack-Tam.

Arcadie

L'ouvrage:
Voilà plusieurs années que la famille de la narratrice (Fara) est allée s'installer à Liberty House, une grande maison en pleine nature. Bichette, la mère de l'héroïne, étant (entre autres) électrosensible, il lui a fallu déménager en zone blanche. Le maître de maison, Arcadie, s'est fait un devoir de recueillir qui en avait besoin. C'est ainsi que Fara (qui avait six ans à son arrivée à Liberty House) grandit dans la petite communauté. Elle est d'abord ravie de profiter des joies de la nature. Puis elle ne tarde pas à tomber éperdument amoureuse d'Arcadie.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu parce qu'Emmanuelle Bayamack-Tam appelle à la tolérance, et montre comment chacun peut, bien qu'il s'en défende, avoir des préjugés, et ne pas accepter choses et gens, tout en se disant tolérant. La plus grande leçon est sûrement donnée au lecteur. Fara parle de cette communauté de telle manière que le lecteur l'assimilera forcément à une secte. L'adolescente raconte qu'Arcadie prône l'amour, le plaisir, etc, et il ne se prive pas de coucher avec chacun. Bien sûr, il ne force personne, mais une règle dit quand même que si un membre de la communauté veut faire l'amour avec un autre, celui qui est sollicité devrait accepter. Qu'en est-il de ceux qui ne veulent pas coucher avec n'importe qui? D'autre part, tout en militant pour l'acceptation des différences, Arcadie exhorte sa communauté au végétarianisme. Fara elle-même, tout en adorant Arcadie et en approuvant le fait qu'il faut s'aimer (pas forcément physiquement) les uns les autres, est bien contente de pouvoir manger de la viande à la cantine du collège, puis du lycée. De plus, Arcadie incite fortement ses ouailles à trouver des personnes qui viendraient agrandir la communauté... des personnes en quête d'amour et d'acceptation, certes, mais aussi avec un compte en banque bien garni... Le lecteur doit donc être très attentif au récit de Fara, et tenir compte de tous les paramètres, afin d'appréhender sa communauté pour ce qu'elle est vraiment. L'adolescente ne semble pas stupide, elle ne juge pas mal certaines situations, ne tente pas de trouver des excuses quand il n'y en a pas. Elle ne fausse donc pas la réalité. De ce fait, même si certaines règles paraissent extrêmes, même si la communauté cherche à parasiter des personnes ayant besoin d'aide, je me suis dit que si chacun y trouvait son compte, si chacun acceptait certaines choses de bon coeur et en étant pleinement conscient, pourquoi pas? Fara est d'ailleurs une très bonne illustration de cela. Elle ne triche jamais, et a le courage de prendre des chemins hasardeux lorsque quelque chose se révèle ne pas être ce qu'elle pensait. En outre, elle réfléchit. Elle décortique certaines choses, les met à plat. Par exemple, sans être d'accord pour obliger au végétarianisme, elle est pour la mesure. Tout en comprenant certains dangers dispensés par la bêtise humaine, tout en souhaitant les réduire, elle ne veut pas toujours tous les éviter à tout prix. Je ne sais pas trop quoi penser de sa décision finale. Cela dépend de ce en quoi cela pourrait se transformer... Certains diront que ce que veut faire la narratrice fait d'elle quelqu'un de très dangereux. Si elle reste dans la mesure, cela ne l'est peut-être pas...

La personne de Fara elle-même est un appel à la tolérance. C'est la première fois que j'entends parler de ce qui lui arrive au long du roman. J'imagine que cela doit être très déstabilisant... D'ailleurs, notre héroïne commence par s'affoler, se révolter, se demander ce qu'elle est... puis elle finit par s'accepter, ce qui est la seule chose à faire dans ce cas-là.

Parmi la galerie de personnages présentés, j'ai apprécié Kiersten, la grand-mère de Fara. Sa particularité la force à être tolérante envers celles des autres. De plus, elle faisait partie de ceux à qui Arcadie ne tournait pas la tête, mais qui vivaient dans la communauté en bonne intelligence.
J'ai aussi apprécié Daniel. Il est un peu comme Fara concernant la façon de voir les choses, la tolérance, etc.
Je ne sais pas trop quoi penser de Maureen... Elle est sympathique, mais aussi un peu trop torrentielle...
Je n'ai pas du tout apprécié Bichette. Le nom que lui a trouvé Arcadie (dans la communauté, presque tous abandonnent leur état civil) montre bien ce qu'elle est: une jolie fille sans cerveau. On n'apprend d'ailleurs jamais son prénom, alors qu'on finit par connaître celui du père de la jeune narratrice. Dès son arrivée à Liberty House, Bichette cesse de s'occuper de sa fille. Dans le seul chapitre où on la voit, elle dispense un conseil tellement stupide qu'il est dur d'imaginer qu'elle sait ce qu'est le bon sens. On me dira que mon persiflage montre mon intolérance envers Bichette, et que si elle dispense ce conseil, c'est qu'elle-même l'a mis en pratique. En effet, elle le prétend. J'aurais aimé qu'on puisse avoir une démonstration... ;-)
Quant à Marquis (le père de Fara) son histoire et son amour des fleurs ont éveillé ma compassion, mais lui aussi a complètement laissé tomber sa fille sitôt arrivé à Liberty House...

Éditeur: POL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Deux ou trois jours après avoir lu ce roman, j'ai découvert que les éditions Gallimard le sortaient en audio. Je n'ai absolument pas regretté ma lecture, parce que j'aime beaucoup la façon de lire de Martine Moinat. Comme d'habitude, elle ne m'a pas déçue. En bonne pinailleuse, je regrette qu'elle ait tenté de prononcer certains mots avec un accent anglophone, mais c'est mon seul reproche.

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lundi, 4 février 2019

The road to enchantment, de Kaya McLaren.

The road to enchantment

L'ouvrage:
Willow a passé une partie de son adolescence au Nouveau-Mexique, où sa mère (Monica) élevait des chèvres et exploitait des vignes. Aujourd'hui, à trente-neuf ans, elle vit à Los Angeles où elle est violoncelliste. Un soir, alors que son petit ami est en train de la plaquer, elle reçoit un appel de Darrel, son ami d'enfance. Celui-ci vit toujours chez ses grands-parents, non loin du ranch de Monica. Cette dernière vient de mourir après une promenade à cheval qui, apparemment, s'est mal terminée. Héritière des biens de sa mère, Willow doit se rendre au Nouveau-Mexique.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai lu des avis trouvés sur le site Audible.fr (les avis à propos des livres en anglais postés sur audible.com doivent être automatiquement transférés sur audible.fr, ce qui, pour moi, est une très bonne chose). La plupart étaient positifs. Une personne disait qu'habituellement, elle n'aimait pas les récits alternant passé et présent, mais qu'ici, cela ne l'avait pas dérangée. Étant comme elle, j'ai pris le pari que cela ne me gênerait pas non plus, et j'ai eu raison. Une autre personne disait que tout lui avait plu, sauf... la narratrice. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde appréciait Willow qui, selon elle, se comportait comme une adolescente à trente-neuf ans. Cela m'a interpellée, mais j'ai décidé de tenter le livre quand même, et de râler après moi si l'héroïne me déplaisait. Heureusement pour moi, je ne partage pas l'avis de la personne qui a été agacée par Willow. J'ai très bien compris qu'elle ne sache pas trop où elle en est, qu'elle souhaite des choses contradictoires, qu'elle semble être une girouette... Pour moi, ses hésitations et ses questionnements étaient légitimes. Je n'étais pas toujours d'accord avec elle, mais elle ne me paraissait pas du tout inconséquente ou pénible. J'aurais aimé que la personne qui ne l'a pas appréciée argumente davantage son propos.
Lorsque la narratrice raconte des pans de son adolescence (notamment ses premiers jours au lycée), je me suis identifiée à elle: je suis sûre que j'aurais réagi comme elle. Cela a fait que j'ai très vite éprouvé de la compassion pour elle.

Les retours en arrière ne sont pas très nombreux. De toute façon, ils s'insèrent bien dans l'intrigue, et arrivent au bon moment. Ils nous apprennent comment Willow et Darrel sont devenus amis, comment l'adolescente en est venue à beaucoup apprécier les grands-parents du jeune garçon, etc. Ils nous montrent aussi la personnalité de Monica. Je n'ai d'ailleurs pas trop apprécié cette dernière. Certes, on pourra trouver qu'elle est courageuse: elle se prend en main, recommence sa vie en choisissant d'être fermière et vigneronne... De plus, il est évident qu'elle aime sa fille. On n'oubliera pas non plus qu'elle sauve un taureau de la corrida... Certains de ses amis mettent aussi en avant le fait qu'elle n'était pas hypocrite, et ne mâchait pas ses mots. Ce sont des qualités que j'ai appréciées, mais j'ai aussi retenu qu'avant cela, Monica était celle dont la fille de treize ans devinait les humeurs selon la quantité d'alcool absorbée. De plus, malgré ses qualités, j'avais l'impression qu'elle se mettait en scène.

J'ai quand même préféré Monica au père de la narratrice. Il m'a semblé qu'il ne faisait pas attention à sa première fille, ne prenait pas ses sentiments en compte...

J'ai beaucoup apprécié les grands-parents de Darrel. J'ai aimé leur sagesse, leur gentillesse, le peu que nous apprenons de leur culture. Je serais bien entrée dans le livre pour demander au grand-père (même si cela ne se commande pas) de faire un beau rêve me concernant, puisque tous ses rêves sont prémonitoires. ;-) Cela engendre d'ailleurs un petit malentendu, car le grand-père de Darrel ainsi que le village sont au courant d'une chose concernant Willow avant elle. ;-)

Pour moi, l'intrigue ne traîne pas. Certains pans en sont peut-être un peu tirés par les cheveux, mais pas assez pour me faire pester, donc cela me va.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Blunderwoman Productions.

J'ai voulu acheter ce roman en priorité pour sa lectrice. En lisant les avis, j'ai été ravie de constater que chacun était d'accord avec moi quant à son talent. Encore une fois, je n'ai pas été déçue par sa prestation. Son ton est toujours adéquat. Elle sait rendre les émotions avec subtilité et sensibilité. De plus, elle n'en fait pas trop lorsqu'il s'agit des rôles masculins.

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jeudi, 31 janvier 2019

La marque de Windfield, de Ken Follett.

La marque de Windfield

L'ouvrage:
Angleterre, collège de Windfield, 1866. Dans les bois près de l'établissement, se trouve un trou d'eau. Ce jour-là, les collégiens n'ont pas le droit de s'y baigner, n'étant pas autorisés à quitter l'école. Micky Miranda, ayant trop chaud, décide de braver l'interdit. Il entraîne son camarade, Edward (appartenant à la riche famille de banquiers Pilaster). Là-bas, ils découvrent que trois autres adolescents (dont Hugh, cousin d'Edward) ont eu la même idée qu'eux. Edward s'amuse alors à jeter les habits de ses camarades dans l'eau, ce qui engendre une bagarre. Hugh parvient à récupérer ses affaires et à s'enfuir avant la fin des hostilités. Par la suite, il apprend que l'un de ses deux compagnons, Peter, s'est noyé. Cela lui semble suspect pour plusieurs raisons, mais à ce moment, il n'a pas le temps de creuser cette histoire, car le même jour, on lui annonce que son père, ruiné, s'est suicidé.

Critique:
Je sais que Ken Follett a touché à plusieurs genres. Par exemple, j'ai adoré les deux premiers tomes de «Les piliers de la terre» qui se passent dans l'Angleterre des années 1120 et plus puis 1320 et plus. Ici, l'époque et les gens sont totalement différents, et le livre m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, j'ai quelques petites remarques. Commençons par cela: j'ai trouvé dommage que les «méchants» ne soient pas un peu punis au long du livre, notamment deux personnages vraiment horribles dont j'aurais aimé qu'ils reçoivent certaines déconvenues bien avant la fin. On me dira que cela arrive lorsque l'une d'eux n'obtient pas ce qu'elle veut concernant Nora et que, de ce fait, les conséquences ne sont pas celles qu'elle espérait. Certes, mais de toute façon, n'aimant pas Nora, j'aurais préféré qu'elle ne fasse pas partie du paysage. J'ai quand même été contente qu'elle réussisse à damer le pion à la méchante. Quant à l'autre personnage immonde, il obtient toujours ce qu'il veut... du moins, sur une trop grande partie du roman. D'autre part, j'aurais aimé qu'un couple se forme bien plus tôt, et qu'on puisse profiter de scènes où les deux personnages sont heureux ensemble.

Le roman est assez épais (plus de 18h en audio) et pour moi, ne souffre d'aucune longueur. Bien sûr, je pestais lorsque l'auteur passait délibérément d'un moment où des choses importantes allaient être dites à d'autres personnages dont la vie était (à mes yeux) moins intéressante. Je sais que cela est fait exprès, que beaucoup d'auteurs font ainsi, mais certains s'arrangent pour que cela soit un peu moins flagrant. En fait, je pestais surtout quand j'arrivais aux chapitres montrant les «méchants» que je n'aimais pas.
«Allons donc, ils vont encore intriguer, manipuler, empêcher de bonnes choses d'arriver! grognais-je.»
De toute façon, j'ai fini par apprécier ces moments parce qu'ils faisaient avancer l'intrigue. Elle est d'ailleurs très réaliste, il n'y a pas d'incohérences. Chaque personnage est analysé, bien exposé. Quant aux péripéties, elles s'enchaînent avec fluidité et sont toujours crédibles. Entre chaque partie, il s'écoule plusieurs années. Je pensais que ces ellipses m'ennuieraient, mais cela n'a pas été le cas. Pourtant, je n'aime pas du tout les sauts si importants dans le temps. Par exemple, il se passe onze ans entre la fin d'une partie et le début de la suivante. L'auteur a fait en sorte que ces ellipses ne fassent pas ressembler son roman à du gruyère. ;-)
À un moment, je me suis demandé comment l'écrivain allait se débarrasser de certains personnages. J'imaginais que ceux-là finiraient par disparaître. J'avais peur qu'il fasse n'importe quoi, mais non. Pour l'un d'eux, il a trouvé les bonnes circonstances, et ce qui arrive n'est pas du tout incongru. Quant à l'autre, Ken Follett a méticuleusement préparé ce qui finit par advenir.

Après avoir bien craché sur les méchants, je ne peux pas trop dire qui ils sont, sinon, ceux qui n'ont pas lu le roman n'auront pas de surprises. Je vais donc citer quelques «gentils» (mais pas tous). Bien sûr, j'ai apprécié Hugh (le personnage principal) qui, malgré un tempéramment parfois un peu dur, tente toujours de faire au mieux, pense à ceux qui le méritent, et ne tend pas l'autre joue à ceux qui l'ont piétiné. J'ai très vite apprécié Maisie qui s'écarte de la personne vénale qu'elle pensait être. À mesure qu'elle évolue, elle se rend compte qu'elle a une conscience, des sentiments, et elle finit par refuser d'être la garce qu'elle imaginait avoir le droit d'être. L'auteur a fait en sorte que le revirement de Maisie soit crédible. Elle n'a pas du tout l'air d'une midinette au coeur en shamallow. D'ailleurs, elle fait de son mieux, mais accepte une situation qui l'avantage et qu'elle pouvait refuser. Bien sûr, si elle avait agi ainsi, le lecteur n'y aurait pas cru. Le personnage est donc à la fois vraisemblable et sympathique. C'est là toute la force de l'auteur et tout le charme de Maisie.
D'autres personnages m'ont plu, comme Rachel ou Solly... Quant à Emily, elle est un peu naïve au départ, mais fait preuve d'une grande force de caractère, et est attachante. J'ai aussi apprécié qu'un personnage finisse par reconnaître ses erreurs.

J'ai trouvé une petite incongruité: il est un peu étrange qu'une famille sud-américaine ait pour nom Miranda, ce qui fait davantage anglais qu'espagnol...

Un très bon moment de lecture!

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son interprétation. Trouvant toujours le ton adéquat à la fois pour les émotions des personnages et la narration, il évite habilement le surjeu et la monotonie. En outre, il joue les protagonistes féminins d'une manière très naturelle, sans pousser sa voix dans les aiguës. Comme je suis pénible sur un certain sujet, je ne peux m'empêcher de l'évoquer: je n'ai pas aimé qu'il prononce certains noms anglais en prenant un accent. Cependant, il n'en fait pas trop, donc c'est passé. De plus, il fait malheureusement partie de ceux qui croient qu'il faut prononcer «Migouel» pour Miguel afin d'adopter une consonance espagnole...
J'espère que Thierry Blanc enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Il est divisé en parties, elles-mêmes divisées en chapitres constitués de sous-chapitres. Certains de ces sous-chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 28 janvier 2019

Le signal, de Maxime Chattam.

Le signal

L'ouvrage:
La famille Spencer quitte New York pour s'installer dans un petit village de Nouvelle Angleterre: Mahingan Falls. Ils adorent leur maison. Cependant, chacun se pose très vite des questions, car d'étranges phénomènes se produisent. Une nuit, Olivia (la mère de famille) sent un souffle glacé sur sa nuque, alors qu'il ne semble pas y avoir de courant d'air. Zoey (le bébé) est mal à l'aise dans sa chambre: elle fait beaucoup de cauchemars. Les deux adolescents de la famille (Chad et Owen) constatent qu'un épouvantail des champs voisins... se déplace. Quant à Tom (le père de famille), il trouve une espèce de journal intime ayant appartenu à un ancien propriétaire de la maison, et ce qu'il y lit n'est pas pour l'apaiser.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Léviatemps», j'avais décidé de ne plus retenter Maxime Chattam. En voyant que «Le signal» était lu par un comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, j'ai lu le résumé. J'ai pensé que cela rappellerait certains romans de Stephen King pleins de spectaculaire (ce que je n'aime pas trop), mais j'ai voulu essayer. Si ce livre ne fera pas partie de mes coups de coeur 2019, j'ai passé un bon moment avec. Je m'attendais à ce qu'il soit ainsi, je l'ai lu en connaissance de cause, et il s'est révélé être comme je l'imaginais.

J'ai pensé à Stephen King avant ma lecture, et tout au long du livre, j'y pensais encore. L'ambiance et certaines ficelles sont de celles qu'on retrouve dans des romans de cet auteur. Par exemple, l'épouvantail tueur, c'est quelque chose que Stephen King aurait pu utiliser. Je dois dire qu'en écrivant «épouvantail tueur», je suis prise de fou rire, parce que cela fait un peu ridicule, mais pendant ma lecture, je n'ai pas du tout trouvé cela incongru. Je n'avais pas très peur parce que j'ai déjà lu plusieurs livres avec ce genre de choses, mais j'étais quand même attentive à ce qui arriverait, et je souhaitais que les personnages pris en chasse s'en sortent.

Toutes les ficelles censées effrayer sont de ce style, et je pense qu'elles atteindront leur but chez ceux qui apprécient ce genre. Maxime Chattam réunit les ingrédients adéquats: grande maison ayant abrité des gens qui ont beaucoup souffert, phénomènes inexplicables rationnellement... De plus, il évoque quelque chose qui intéresse beaucoup de monde: les fantômes, ou du moins les esprits qui hantent un endroit.

Les personnages principaux sont attachants. Les quatre enfants sont très courageux et solidaires. Tom et Olivia m'ont également été sympathiques. Bien sûr, j'ai apprécié Ethan qui garde l'esprit ouvert, qui veut comprendre et faire au mieux...
En parallèle de ces étranges phénomènes, une adolescente vit des événements qui n'ont rien à voir avec le fantastique, et qui sont, eux aussi, terrifiants. J'ai apprécié que l'auteur fasse se côtoyer ces deux trames, faisant ainsi ressortir le côté affreux de chacune.

La solution de l'énigme est intéressante, parce que même si nous savons qu'elle est impossible en dehors du roman, elle plaira beaucoup à ceux qui détestent ce qui cause le mal dans le village. Je connais déjà une personne qui aimerait ce livre rien que pour ça! Elle a déjà posté quelques commentaires sous le pseudonyme de Birdie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Comme d'habitude, j'ai apprécié l'interprétation de ce comédien. Il parvient à jouer les diverses émotions des personnages, ainsi que les effrayantes voix sans en faire trop. Je pense qu'il aurait été très facile de cabotiner à ces occasions.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 24 janvier 2019

Le Paris des merveilles, tome 2: L'élixir d'oubli, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 2: L'élixir d'oubli

L'ouvrage:
Paris, octobre 1909.
Edmond Falissière est malade. Avant de partir pour une cure d'eau des sources d'Auvergne, il demande à Griffont de lui rendre un service. L'une de ses connaissances pense être victime d'un esprit frappeur. Griffont sait que c'est impossible, car ces esprits n'existent pas. Il accepte donc d'aller voir de quoi il retourne exactement.

Critique:
Quel plaisir pour moi de retrouver l'univers de cette série! J'ai autant apprécié de m'y promener que lors de ma lecture du tome précédent. J'ai surtout aimé retrouver Griffont et Aurélia qui restent égaux à eux-mêmes. À leur sujet, quelque chose m'a fait rire. Dans ma chronique du tome 1, je me demandais s'il n'y avait pas un récit de leur passé. Dans le tome 2, il y a un retour en arrière qui raconte, entre autres, leur rencontre. Bien sûr, je n'aime toujours pas cette construction, mais il m'a plu de découvrir le début de l'histoire de ces amants terribles. De plus, l'auteur a fait en sorte que les éléments de 1720 soient indispensables à la compréhension de l'intrigue principale. Il a également fait exprès de placer les deux retours en arrière juste après un moment crucial, alors que le lecteur veut absolument savoir la suite! ;-)

L'humour est toujours au rendez-vous. J'ai particulièrement ri lors de la confrontation (si j'ose dire) entre Aurélia et Cécile.

L'intrigue est bien ficelée, et comme dans le tome précédent, il n'y a ni temps morts ni lenteurs. L'auteur a conservé l'ambiance du premier volume. Grâce à certains détails (des répliques, des situations...) on se croirait vraiment dans le Paris de 1909. Je regrette un peu qu'Aurélia soit amie avec Arsène Lupin, parce que je fais partie des rares qui n'aiment pas trop ce personnage. Je reconnais que Pierre Pével l'a bien campé. On le voit peu, mais sous cette plume, il est égal à ce qu'il est sous celle de Maurice Leblanc. On pourra s'étonner que je ne l'apprécie pas, alors que j'aime beaucoup Aurélia qui lui ressemble un peu, et qui est parfois agaçante, partant pour plusieurs mois sans prévenir, par exemple. Je la trouve plus sympathique qu'Arsène Lupin, même si je ne l'absous pas de toutes ses fautes. ;-)

À la fin du tome 1, il y a une nouvelle se déroulant en 1910. Comme je ne savais pas quand se passait le tome 2, je l'ai lue. Cela fait que j'ai souri à la lecture du passage de «L'élixir d'oubli» qui la prépare.

Je n'ai pas encore lu le tome 3, et je m'attriste que ce cycle ne comporte que trois tomes. Moi qui me dis, quand je vois une longue série, que ça doit très vite s'essouffler, je suis déçue que ce cycle ne compte pas davantage de livres.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans le tome 1, j'ai apprécié l'interprétation de la lectrice. Elle a conservé ce qui, pour moi, était de bonnes choses, comme la voix souvent gouailleuse de Lucien. Elle a également bien joué les sentiments des divers personnages. Je pense surtout à ce qui arrive juste avant le premier retour en arrière, lorsqu'Aurélia est désespérée. La lectrice a montré ce désarroi sans exagération.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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