jeudi, 10 octobre 2019

L'âme du chasseur, de Deon Meyer.

L'âme du chasseur

L'ouvrage:
Après l'épisode mouvementé au cours duquel il a rencontré Zet Van Heerden, Thobela (dit P'tit) Mpayipheli a décidé d'abandonner la vie périlleuse qu'il menait. Deux ans ont passé depuis. Il est homme à tout faire dans un garage, et en ménage avec Myriam. Il aime tendrement Pakamile, six ans, le fils de sa compagne.
Or, voilà que son passé resurgit. La fille d'un de ses vieux camarades vient lui demander de l'aide. Thobela pense avoir une dette envers son ancien ami. Voilà pourquoi il se lance dans une mission extrêmement dangereuse.

Critique:
J'ai pris ce roman avec un peu d'appréhension, car (certains s'en souviennent peut-être) je l'ai déjà lu (en 2007) et il m'a traumatisée. Lors de ma lecture de 2019, je recomposais l'histoire, et à un moment, je me suis souvenue de ce qui m'avait marquée. C'est une chose absolument injuste, qui a au moins l'avantage de pousser un personnage à se remettre totalement en question... Bien sûr, ce qui est choquant, c'est que cette chose, en plus d'être terrible, a de graves conséquences, et qu'elle ne serait pas arrivée si Thobela était resté chez lui. D'ailleurs, au long de ma lecture, je pensais: «Il n'aurait pas dû y aller! Tant pis pour sa vieille amitié!» Au début, je me répondais à moi-même: «Oui, mais dans ce cas, il n'y aurait pas d'histoire.» Lassée par cette réponse, je me suis mise à imaginer une intrigue dans laquelle Thobela aurait dit non, et où la fille de son ancien ami aurait dû agir seule. Il l'aurait aidée de loin. Je ne sais pas encore comment il l'aurait aidée, mais le fait que cela aurait pu se passer ainsi n'a fait que me faire davantage râler parce que Thobela n'est pas resté chez lui.

Dans ce roman, le lecteur côtoie quelque peu van Heerden. (D'où, encore une fois, l'intérêt de lire les romans de Deon Meyer par date de publication.) Il m'a plu de retrouver ce protagoniste, mais je n'ai pas aimé qu'il fricote avec l'un des personnages. D'abord, je n'aime pas trop le personnage en question (je pense que mon aversion tient beaucoup à ce que sa profession lui fait faire), et ensuite, je croyais que van Heerden était déjà avec quelqu'un. Certes, c'est seulement sous-entendu, et après coup, on peut imaginer que justement, ce n'est pas explicite parce qu'ils ne sont pas ensemble.

J'ai été agacée par Janina Mentz. Il m'a semblé qu'elle ne se remettait pas en question. À l'inverse de Vincent, elle n'essaie pas de comprendre qui est Thobela, pourquoi il fait ce qu'il fait, etc. Certes, elle n'est pas aussi horrible que Tiger, mais elle n'en est pas loin dans un autre genre. Je sais qu'on la revoit au moins dans «À la trace». Dommage. Remarque, elle sera peut-être plus sympathique.

J'ai bien aimé la toute fin. Je la prévoyais depuis un petit moment. J'espère que c'est un bon signe.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont le grand talent n'est plus à prouver. Comme d'habitude, son intonation est toujours adéquate, et il joue sans jamais être affecté.

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lundi, 7 octobre 2019

Scarlett Bernard, tome 2: Trail of dead, de Melissa F. Olson.

Scarlett Bernard, tome 2: Trail of dead

Si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Kirsten (qui est à la tête du peuple des sorcières) est inquiète: deux de ses congénères ont été tuées. Pourquoi? Par qui? Kirsten décide de demander l'aide de Jesse, le policier ami de Scarlett.

__Critique:_
Ce volume m'a autant plu que le précédent. Au cours de ma lecture, j'ai souri, parce qu'à la fin du tome 1, je pestais car j'allais devoir côtoyer un personnage déplaisant, et que dans ce tome-ci, tout tourne autour de ce protagoniste. Cela ne m'a finalement pas dérangée parce que les autres veulent justement châtier ce détestable personnage. ;-)

Pour moi, l'intrigue est bien menée, tout est cohérent, il n'y a pas de temps morts. Comme dans le tome 1, il y a un prologue, et comme dans le volume précédent, il ne fait pas partie de ceux que j'exècre. Il se passe avant le reste du roman, et ne fait que donner un indice sur la manière dont l'horrible personnage détesté obtient l'aide dont il a besoin. Cela ne gâche pas du tout la lecture, puisqu'on sait rapidement que l'affreuse personne obtient de l'aide, le fait de savoir de qui elle vient n'est pas une immense révélation.
Je suis surprise, car ce tome a une vraie fin. Appréciant la série, je vais tout de suite lire le tome 3, mais il est étrange que l'autrice n'ait pas terminé son tome 2 sur un moment plein de suspense. Elle l'achève plutôt sur un geste de bonté, d'altruisme. C'est une fin apaisante après certaines atrocités décrites dans le roman.

J'ai aimé retrouver Kirsten que j'avais appréciée dans le tome 1. Will (le loup-garou alfa) et elle sont plus sympathiques que Dash, même si celui-ci semble un peu plus aimable dans ce volume.

Melissa F. Olson parvient à glisser un peu d'humour dans un récit qui contient beaucoup de macabre. Par exemple, ce qui arrive au sweater de Molly.

Le coeur de l'héroïne balance toujours entre deux personnages. Malheureusement, ce tome montre qu'elle va plutôt vers celui que j'aime le moins (il m'est sympathique, mais je préfère l'autre). Ce n'est pas encore sûr, donc j'ai encore un peu d'espoir, d'autant que dans une grande partie de ce tome, quelque chose a empêché l'autre personnage d'être aux côtés de la jeune femme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Dans ce tome, j'ai eu moins de mal à reconnaître la comédienne. Comme d'habitude, son interprétation m'a plu. Elle joue les sentiments et les émotions des personnages sans jamais exagérer. De plus, elle ne force pas le trait pour les rôles masculins.

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jeudi, 3 octobre 2019

Les soldats de l'aube, de Deon Meyer.

Les soldats de l'aube

L'ouvrage:
Hope Beneke, avocate, a besoin d'un service assez particulier: l'une de ses clientes a sept jours pour retrouver le testament de son défunt compagnon. Elle y est désignée comme héritière. Cependant, l'homme a été assassiné, et le meurtrier a emporté le testament. Hope fait appel à un ancien policier devenu détective privé, Zet van Heerden. Très vite, elle est déroutée par le côté ombrageux de l'homme.

Critique:
J'ai lu ce roman en 2004, et l'ayant beaucoup aimé, l'ai offert à une amie. Puis j'ai lu «L'âme du chasseur» qui m'a traumatisée, et récemment (ayant digéré le traumatisme), je lis les livres de Deon Meyer dans l'ordre de publication. Je pense avoir eu raison de faire fi du classement proposé par Audible, et de me fier à l'ordre de publication. En effet, dans ce roman, nous croisons Mat Joubert (le personnage principal de «Jusqu'au dernier»), et il vaut mieux avoir lu «Jusqu'au dernier» avant d'apprendre un détail de la vie privée de ce personnage dans «Les soldats de l'aube». Après ce petit moment d'intense autosatisfaction pour avoir suivi mon instinct ( ;-) ), je recommande ce roman.

Le lecteur se doute rapidement qu'il est arrivé quelque chose qui a rendu van Heerden imbuvable. On a de petits aperçus de cette chose, mais on n'en connaît le fin mot (disons l'estocade finale) qu'alors que le roman est bien avancé. Le récit de l'enquête est entrecoupé de passages à la première personne du singulier racontant le passé de van Heerden. On finit par apprendre pourquoi ces scènes sont là. À ce sujet, j'ai apprécié ce que le personnage principal fait de cette histoire de son passé à la fin, et l'argument qu'il donne afin de ne pas faire ce qu'une autre personne souhaiterait.

Hope engage ce détective-là parce qu'on lui a dit que si quelqu'un pouvait résoudre cette affaire, c'était lui. Au départ, j'ai pensé: d'accord, c'est un très bon détective, mais comment va-t-il faire avec rien? En effet, les meurtriers n'ont laissé aucun indice, et d'après la compagne du mort, celui-ci ne côtoyait personne d'autre qu'elle. Van Heerden s'est attardé (sûrement par habitude, pour ne rien négliger) sur quelque chose qu'il ne me serait pas du tout venu à l'idée de prendre en compte... et c'est là qu'il parvient à tirer un fil qui le mènera sur la piste. C'est bien joué de la part de l'auteur, car ce n'est absolument pas tiré par les cheveux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid (qui étaient les éditions Livraphone au moment où ce livre a été enregistré).

Je ne sais pas ce que je pourrais dire de plus concernant ce comédien. Outre mes habituels compliments pour son interprétation toujours de qualité, j'ajouterai qu'il a bien prononcé le nom d'un personnage (nom assez difficile à dire de manière naturelle). On retrouve ce personnage dans «L'âme du chasseur», et je me souviens que la lectrice bénévole qui l'avait enregistré à l'époque s'était trompée dans la prononciation. Étant maniaque, cela m'avait agacée. «L'âme du chasseur» est le prochain roman de Deon Meyer que je lis, cette fois interprété par Éric Herson-Macarel... :-)

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mardi, 1 octobre 2019

*Parutions des éditions Audiolib, octobre 2019.

Les titres suivants sont annoncés pour le 9 octobre.

  • L'automne à Pékin, de Boris Vian lu par Denis Lavant, 8h28.
    À dire vrai, il n’est pas question de Pékin dans ce roman, et d’automne guère plus, mais seulement d’un homme qui, ayant raté son autobus, se retrouve à construire des voies de chemin de fer en plein désert. Ils seront d’ailleurs plusieurs, bientôt, à s’en mêler : archéologue, médecin, abbé..., chacun venu là pour des raisons qui restent à élucider, mais avec une vision des choses bien précise, des rêves et des désirs bien singuliers.
  • Journal d'un amour perdu, d'Éric-Emmanuel Schmitt, lu par l'auteur, 3h.
    Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt a tenté d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Car, demeurer inconsolable reviendrait à trahir sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie. Ce journal explore le présent d’une détresse tout autant que le passé d’un bonheur, tandis que s’élabore la recomposition d’un homme mûr qui prend conscience de ne plus être « l’enfant de personne ». Dans la lignée de La nuit de feu, ce récit est peut-être son livre le plus personnel.
  • Jours sans faim, de Delphine de Vigan, lu par l'auteur, 3h30.
    Laure a 19 ans, elle est anorexique. Hospitalisée au dernier stade de la maladie, elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là. Jours sans faim raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour rendre à la vie ce corps vidé, trois mois pour capituler, pour guérir. La guérison de Laure, c'est aussi l'histoire de sa rencontre avec le médecin qui la prend en charge, peut-être le seul qui soit capable d'entendre sa souffrance, cette part d'enfance à laquelle elle n'arrive pas à renoncer. Delphine de Vigan, sous le pseudonyme de Lou Delvig, a écrit ce roman pour exorciser cette histoire en la transformant, en la réinventant. Elle a trouvé une voix, une voix extérieure, clinique, légère parfois. Le roman, écrit à la troisième personne, permet de raconter la souffrance physique et la détresse.
  • La cerise sur le gâteau, d'Aurélie Valognes, lu par Patrick Borg, 10h20.
    La vie est mal faite : à 35 ans, on n'a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire... Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose. Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari ! Car, pour Bernard, troquer ses costumes contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage ! Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien... Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?
  • Octobre, de Søren Sveistrup, lu par Ingrid Donnadieu, 17h20.
    Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révéleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer...
  • La forêt des ombres, de Franck Thilliez, lu par Jean-Christophe Lebert, 11h23m.
    Hiver 2006. Cœur de la Forêt-Noire. Le froid, la neige, l’isolement... Les conditions idéales pour écrire sur un tueur en série, retrouvé pendu voilà plus d’un quart de siècle. Le Bourreau 125... Cent vingt-cinq, pour les cent vingt-cinq grammes de chair qu’il faisait prélever aux épouses sur leurs maris, avant de les torturer. Aujourd’hui, Arthur Doffre, riche héritier, vieil homme paraplégique, souhaite le ramener à la vie par l’intermédiaire d’un roman. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur de polar occasionnel, a un mois pour écrire, enfermé dans un chalet avec sa famille, Doffre et sa jeune compagne. Mais il est des portes qu’il vaut mieux laisser fermées... et très vite, la psychose s’installe. Dès lors, une seule idée pour les hôtes : la fuite. Mais on ne quitte pas la Forêt-Noire si facilement. Pas avec une voiture mise hors d’état, pas en plein hiver, si loin de tout. Ne reste alors qu’une seule solution : combattre ses peurs, repousser la folie, grouper ses maigres forces ; et affronter l’impensable...
  • Les trois jours de Pompéi, d'Alberto Angela, lu par Thibault de Montalembert, 14h46.
    Auriez-vous survécu à l'éruption du Vésuve si vous aviez habité Pompéi en 79 après J.-C., et quelle existence auriez-vous menée jusqu'alors ? Elle n'aurait pas eu lieu le 24 août mais le 24 octobre, et ce qu'on appelait «Vesuvius» n'était qu'un modeste relief dont on ignorait la vraie nature, mais qui libéra soudain une énergie équivalant à celle de 50 000 bombes d'Hiroshima. Malgré l'ampleur du cataclysme, l'auteur a retrouvé sept survivants. C'est notamment à leurs côtés que nous participons à un passionnant reportage sur la vie quotidienne au pied du volcan puis à un film catastrophe avec bien des rebondissements. Un voyage au coeur de l'histoire.
  • La solution intérieure, de Thierry Janssen, lu par l'auteur, 9h14.
    De plus en plus de gens recourent aux « médecines alternatives et complémentaires ». La science s'y intéresse de près et invente de nouveaux modèles pour expliquer la santé, la maladie et la guérison. Ainsi, l'effet placebo n'est plus considéré comme une anomalie mais plutôt comme la preuve d'une réelle influence de la pensée sur la santé. La psycho-neuro-immunologie dénonce les dangers du stress et insiste sur le bénéfice des émotions positives. La relaxation, la méditation et l'hypnose sont étudiées dans les laboratoires de neurosciences. Les massages et la réflexologie se révèlent efficaces pour stimuler l'immunité. Le yoga, le tai-chi et le qigong mobilisent les mécanismes réparateurs de l'organisme. L'acupuncture produit de véritables effets sur le cerveau. À travers ces passionnantes découvertes et le témoignage de son expérience médicale et psychologique, Thierry Janssen nous rappelle que chacun de nous possède d'importantes capacités de prévention et de guérison.

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lundi, 30 septembre 2019

Scarlett Bernard, tome 1: Dead spots, de Melissa F. Olson.

Scarlett Bernard, tome 1: Dead spots

L'ouvrage:
Le commun des mortels l'ignore, mais les peuples du «vieux monde» (loups-garous, sorcières, et vampires) existent. Scarlett Bernard, elle, le sait. Elle travaille d'ailleurs pour eux. Ces créatures ne veulent surtout pas que les humains sachent qu'elles partagent leur monde, et lorsqu'elles dérapent, par exemple, lorsqu'elles tuent un humain, c'est à Scarlett qu'elles font appel pour nettoyer la scène de crime. D'autre part, la jeune femme a un pouvoir sur ces créatures...
À Los Angeles, les trois espèces cohabitent, et parviennent à ne pas se marcher sur les pieds. Dash (un vampire) contrôle ce petit monde.
Ce jour-là, Scarlett se rend trop tard sur les lieux dont elle doit s'occuper. Elle va commencer à «nettoyer» quand un policier arrive. Elle lui échappe grâce à la diversion qu'un loup-garou crée involontairement.

Critique:
J'ai hésité à acheter ce roman, parce que ce genre me fait un peu peur. J'ai renoncé à lire les Charlaine Harris (autres que les Harper Connelly), les Patricia Briggs (j'avais bien aimé le tome 1 de la série «Mercy Thompson», mais pas assez pour lire la suite)... J'ai fini par me décider pour ce roman parce que le résumé m'intéressait, et que des lecteurs le trouvaient bien. L'argument qui m'a décidée disait qu'il était différent des romans du genre. Je suis contente d'avoir essayé, car j'ai maintenant hâte de lire le tome 2.

L'héroïne est sympathique. Elle a appris à s'accommoder de son travail, de ce qu'il implique... Elle a des choses à régler avec son passé, et cela ne lui sera pas facile.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. L'autrice s'arrange pour nous faire savoir ce qui concerne le «vieux monde» entre les réflexions de Scarlett (qui narre certains chapitres), et le récit qu'elle fait à Jesse (le policier du début qui finit par la retrouver). Le tout est bien amené. Melissa F. Olson ne traîne pas avant de révéler ceci ou cela. Par exemple, je ne me suis réellement intéressée au nom du coupable que lorsque l'héroïne a été sur la sellette, et il me semble qu'à partir de ce moment, on a vite su à quoi s'en tenir.
Il y a un prologue, mais il ne fait pas partie de ceux qui ne servent à rien, et gâchent la lecture. Il se passe avant les faits racontés par la suite.
J'ai beaucoup apprécié que le dernier chapitre prenne le temps de raconter les choses. Moi qui me plains de certaines fins trop rapides, je sais gré à Melissa F. Olson de n'avoir pas fait ainsi. Quant à la toute fin, elle donne envie de lire la suite, mais de toute façon, sans cela, j'aurais voulu la lire. D'ailleurs, je n'aime pas ce qu'on y apprend. Ce n'est pas du tout incohérent (je me suis même tout de suite dit que j'aurais dû y penser), mais cela veut dire qu'il va falloir que je fraie avec un personnage que j'ai appris à détester au long de ce tome.

La romancière présente plusieurs personnages attachants. Les vampires font plutôt figure de «méchants», mais elle atténue cela, en montrant qu'ils ne sont pas tous pareils. C'est d'ailleurs pour cela que Scarlett fera son possible pour sauver l'une d'eux.

Venons-en au petit reproche... J'ai trouvé dommage que deux personnages masculins se disputent le coeur de notre héroïne. Je reconnais que c'est bien amené, que l'écrivain n'en fait pas trop, et qu'en plus, ces deux personnages sont très sympathiques (j'ai quand même une petite préférence). Cependant, je n'ai absolument pas envie que ça fasse un truc à la Stephanie Plum où au bout du tome 16 ou 17, l'héroïne est toujours entre les deux mêmes hommes que dans le tome 1, et qu'on lit une interview de l'autrice disant fièrement que son héroïne ne choisira jamais, parce que c'est très bien comme ça. Je n'ai pas non plus envie que celui que Scarlett ne choisirait pas l'attende en soupirant. Et surtout, je ne voudrais pas qu'elle se décide pour celui que je ne préfère pas. En fait, il faudrait qu'elle opte pour celui que je préfère, et que l'autre tombe amoureux d'un personnage qui serait très sympathique au lecteur. ;-) La suite nous dira ce qu'il en est.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

J'ai trouvé ce roman en cherchant parmi les livres enregistrés par cette comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, j'ai d'abord été surprise parce que je ne la reconnaissais pas. Ce roman a été enregistré en 2012, et à cette époque, elle ne lisait pas comme en 2015 ou 2018. Pour moi, sa voix et son jeu étaient très différents. Quand j'ai entendu la présentation, j'ai eu peur, parce qu'elle prenait une voix annonçant qu'elle allait jouer aussi mal qu'Angela Dawe dans «Hidden», de Catherine McKenzie. Heureusement, dès le prologue, j'ai compris que son interprétation ne serait pas mauvaise, et à mesure que j'avançais dans ma lecture, je la reconnaissais. J'ai donc été un peu étonnée et perturbée, au début, mais je l'ai autant appréciée que dans les autres romans enregistrés par elle que j'ai lus.

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jeudi, 26 septembre 2019

Jusqu'au dernier, de Deon Meyer.

Jusqu'au dernier

L'ouvrage:
Afrique du Sud. La police du Cap est confrontée à un braqueur de banques qui utilise toujours le même modus operandi. Parallèlement, un meurtre est commis. La victime (James Wallace) semble ne pas avoir d'ennemis. Seulement, l'homme ne serait pas aussi fidèle que le pense sa femme.
Mat Joubert, capitaine de police, enquête sur ces affaires en tentant de faire avec l'incommensurable peine qui est la sienne depuis deux ans, depuis la mort de sa femme.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai d'abord beaucoup apprécié Mat Joubert dont je comprenais la douleur et l'amour du métier. Je le suivais dans d'autres détails: son goût prononcé pour la nourriture pas forcément bonne pour la santé, mais aussi sa volonté d'être mieux dans son corps. Il commence par détester ce que lui impose son supérieur, mais finit par souhaiter lui montrer qu'il peut maigrir et être bien dans sa peau. C'est la même chose quant à sa vie privée. Il reste dévasté par la mort de sa femme et ses circonstances, semble ne pas vouloir s'en sortir, mais finit par se rendre compte qu'il veut reprendre le dessus. C'est un personnage très sympathique. Il a été brisé, mais se reconstruit peu à peu. J'ai également apprécié son attitude envers Benny Griessel.

Les deux énigmes sont plaisantes à suivre. J'ai tout de suite pensé que celle du braqueur de banques serait la plus facile à élucider. Quant à la seconde, au moment où le coiffeur (j'écris plutôt sa profession, car je n'ai pas l'orthographe de son nom) commence à dresser une liste de noms, j'ai imaginé quelque chose qui aurait regroupé certains lors d'un événement arrivé de nombreuses années auparavant. L'énigme se tient, il n'y a pas d'incohérences. J'aurais quand même préféré que le meurtrier fasse beaucoup souffrir ses victimes avant de les tuer. J'ai trouvé qui était coupable avant Mat, parce qu'à un moment, un personnage dit quelque chose, et j'ai pensé que ce personnage agissait à dessein... J'avais le bon raisonnement. De ce fait, j'avais également deviné le mobile avant Joubert. Une fois qu'on a le coupable, étant donné les victimes, on se doute de ce qui est arrivé. Avoir résolu l'énigme n'a en rien gâché ma lecture. Je restais attachée à la psychologie des personnages, surtout celle de Joubert.

Après avoir lu «Les soldats de l'aube» (ce blog n'existait pas à l'époque), j'ai souhaité lire d'autres romans de Deon Meyer. J'ai donc lu «L'âme du chasseur» (une bibliothèque sonore l'a enregistré à ma demande), et... j'ai été traumatisée. Pendant plusieurs années, j'ai vu les romans de cet auteur sortir en audio, tous lus par le très talentueux Éric Herson-Macarel, et à chaque fois que je pensais réessayer, je me disais: "Souviens-toi de «L'âme du chasseur».» Plus tard, j'ai lu «Meurtres pour rédemption», puis "Nous rêvions juste de liberté»... Ces deux livres m'ont beaucoup marquée, et ont repoussé mon seuil de tolérance. Je me suis donc dit que je pouvais sûrement retenter Deon Meyer. Étant donné qu'il vaut mieux lire ses romans dans l'ordre de publication (d'après ma lecture des résumés, on se retrouve un peu dans le même cas que pour les romans de Michael Connelly), et que j'ai complètement oublié les deux que j'ai lus, il va falloir que je relise «L'âme du chasseur». Je verrai bien si je suis aussi touchée que la première fois. Au sujet de l'ordre de lecture, je ne sais pas pourquoi, mais sur Audible, les romans de Deon Meyer ne sont pas classés dans l'ordre de publication. Par exemple, «Jusqu'au dernier» est indiqué comme étant le tome 6 de la série mettant en scène Benny Griessel. Or, si on voit Benny dans ce roman, il n'en est pas le policier principal. Je pense qu'il ne faut pas suivre l'ordre indiqué par Audible (je ne sais pas sur quoi ils se sont basés pour le déterminer), mais l'ordre de publication.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Le talent d'Éric Herson-Macarel reste inaltéré: lecture fluide, jeu naturel, ton toujours adéquat, prononciation jamais affectée... Je suis contente: me lancer dans les Deon Meyer signifie beaucoup d'heures d'écoute de ce comédien.

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mercredi, 25 septembre 2019

La nuit quand elle vient, d'Aurore Py.

La nuit quand elle vient

Note: Ce roman est la suite de «Les fruits de l'arrière-saison».

L'ouvrage:
1939. Un drame est arrivé chez Auffray, le voisin de la Vineuse. Cela touche ses habitants de près. D'autre part, certains (comme Emma) pensent, avec anxiété, que la guerre va éclater.

Critique:
Cela a été une joie pour moi de retrouver les personnages de «Les fruits de l'arrière-saison». J'ai aimé ne plus du tout être agacée par Emma. Dans cette suite, c'est un des personnages que j'ai le plus appréciés. Elle a un sens aigu de la justice, et même si elle est un peu rude parfois (si ce n'était pas le cas, ce ne serait pas Emma), j'ai toujours approuvé ses actes, et j'ai toujours compris ses motivations.

Étrangement, c'est Marie qui m'a exaspérée. Pourtant, je sais que je suis injuste envers elle. Elle travaille dur pour que sa ferme prospère, et cela lui est tombé dessus avec les premiers événements du tome 1. Elle n'y était pas du tout préparée, et a su gérer la situation. Cela l'a endurcie, et elle a malheureusement fait passer d'importantes choses au second plan. Au cours du roman, elle se remet en question, mais pour moi, ne fait pas assez d'efforts. De plus, il m'a semblé que sa place dans l'histoire devenait moins importante que celle d'Emma, alors que dans le tome 1, c'était l'inverse. Je me suis dit que puisqu'elle m'agaçait, elle méritait d'être moins importante. ;-)

Quant à Louise (qui m'embêtait aussi), je n'ai pas réussi à vraiment l'apprécier, mais... quelque chose me l'a rendue un peu plus sympathique: c'est le fait que sur un point, elle est comme moi. ;-)

La plupart des autres personnages m'ont été très sympathiques: Gabin (qu'on apprend à connaître), Claire et Baptiste (même si on les voit très peu), François (qui prend conscience de ses failles), Jeanne (qui tente de gérer les événements au mieux), Roberjo et Andrio (dont la complicité est très plaisante)...

Comme d'habitude, Aurore Py montre des personnages qui, avant tout, sont humains. Ils doivent se débrouiller avec des paramètres pas toujours évidents, des coups que leur envoie la vie, et chacun s'en sort comme il peut. Au passage, certains développent des traits de caractère qui ne me plaisent pas toujours, mais qu'aurais-je fait à leur place?

L'intrigue est sans temps morts. À un moment, je me suis surprise à penser: «Mince! J'en suis au chapitre 36, et il n'y en a que 56! Mais c'est pas assez!»
À la fin de «Les fruits de l'arrière-saison», je n'attendais pas particulièrement de suite. Après avoir achevé «La nuit quand elle vient», j'espère qu'il va y avoir une suite... et que ce sera le prochain roman d'Aurore Py.

Remarques annexes:
Moi qui aime beaucoup trouver de l'imparfait du subjonctif dans les livres, il m'a plu que la romancière l'emploie plusieurs fois. Parfois, il n'était pas employé alors que la concordance des temps l'aurait permis, et je me disais: «Oh! Quel dommage!» ;-)
Aurore Py fait partie des rares personnes qui ne se trompent pas en utilisant le verbe «palier»: elle met bien un complément d'objet direct et non un complément d'objet indirect (faute que beaucoup font).

Service presse des éditions de l'Aube.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 23 septembre 2019

Evie, de K. L. Slater.

Evie

L'ouvrage:
Voilà trois ans qu'Evie Cotter (qui avait cinq ans) a été enlevée. Les journalistes ont montré sa mère (Toni) comme négligente. Le dossier n'est pas classé, mais on a perdu espoir de retrouver l'enfant. Pourtant...

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire un résumé aussi attrayant que celui de la quatrième de couverture, tout en essayant d'éviter un élément que celle-ci ne devrait pas donner. Donc, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, et de garder à l'esprit que le livre est plus palpitant que ce que laisse entrevoir mon résumé.

Ce roman m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, je lui adresserai quelques reproches.
K. L. Slater alterne le récit des quelques semaines ayant précédé l'enlèvement d'Evie et la narration du présent. Cette structure est ainsi car le but est de faire mariner le lecteur, ce que je n'apprécie pas, mais il aurait été étrange que l'écrivain ne l'utilisât pas.
Pendant le récit de ce qui arriva trois ans plus tôt, l'autrice dévoile certaines de ses cartes, ce qui m'a plu. En effet, elle ne tente pas de nous faire croire une certaine chose, alors qu'elle aurait pu. Je lui en ai été reconnaissante, j'aurais trouvé cela un peu déloyal. Ensuite, elle utilise un procédé qu'on retrouve souvent dans ce genre de romans: tout le monde est suspect. Comme dans d'autres livres, je me suis amusée à tenter d'écarter ceux que la romancière nous met trop sous le nez, à chercher des mobiles à chacun... J'avais deviné certaines choses. J'avais même réussi à trouver le mobile de la personne responsable. Bien sûr, je n'avais pas tout deviné, je n'avais que des suppositions et de grandes lignes.
Certains personnages m'ont tout de suite déplu, et je me suis dit que même s'ils n'étaient pas coupables, ils n'étaient pas appréciables. L'auteur a tenté de rendre l'un d'eux sympathique en expliquant certains faits, en en montrant d'autres... Certes, ce protagoniste finit par faire quelque chose de bien, mais de toute façon, au départ, ce n'était pas un personnage aimable. Soit, il a été abusé, mais cela n'aurait pu être possible s'il avait été moins présomptueux.

J'ai trouvé Toni trop prompte à juger certaines gens, et pas assez méfiante envers d'autres. Cela m'a agacée.

K. L. Slater fait quelque chose afin de créer un rebondissement, et je pense qu'elle s'y est prise de la manière la moins malhonnête possible. Malgré tout, il y a quelques incohérences. Certaines sont explicables, et donc ne sont pas de vraies incohérences, mais elles sont un peu discutables. D'autres sont plus difficiles à expliquer.

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L'autrice tente de faire croire au lecteur que Jo, la femme qui a fait un AVC est Toni. Jo parle donc d'Evie comme si celle-ci était sa fille. Cela s'explique par le fait que, selon Tara, Jo s'attachait trop à l'enfant. Mais Jo en parle comme si elle avait gardé Evie très longtemps, puis Tara dit que la fillette était avec Phil et elle tout le temps. On imagine donc que l'enfant n'est pas restée si longtemps avec Jo, un mois tout au plus... En outre, une phrase de Jo ne cadre pas avec cela. Elle laisse entendre qu'Evie était avec elle jusqu'à son AVC, alors que celui-ci a eu lieu il y a peu. Enfin, il est étrange que personne ne trouve rien concernant cette femme qui a fait un AVC (D'ailleurs, qui donc l'a emmenée à l'hôpital si personne ne sait qui elle est?) et qu'on laisse entrer quelqu'un qui se dit sa soeur, sans rien vérifier. Surtout qu'ensuite, Nancy dit que les renseignements donnés par la soi-disant soeur ne semblent pas cadrer...

Comme souvent, j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires racontant l'après.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Émilie Ramet pour les éditions Hardigan.

J'avais un a priori très négatif quant à cette comédienne. En effet, elle a enregistré d'autres livres qui m'ont tentée, et lorsque j'ai écouté des extraits, son jeu ne m'a pas paru naturel. Quand «Evie» est apparu dans les précommandes d'Audible, j'ai tellement voulu le lire que je me suis dit que je devais redonner une chance à la lectrice. Avant de le prendre, j'ai écouté un extrait, et la comédienne ne m'a pas semblé mauvaise. Après avoir lu un livre entier enregistré par elle, je peux dire que j'ai apprécié son jeu, mais que certaines choses m'ont déplu. Globalement, elle a bien rendu les émotions des personnages. Il y a eu un ou deux petits couacs, par exemple lorsqu'Anita répond doucement (ici, j'ai imaginé qu'elle répondait d'une voix lasse et triste à cause du contexte), et que la comédienne adopte plutôt un ton belliqueux. Je n'ai pas non plus apprécié qu'elle modifie sa voix pour certains personnages comme le policier. J'ai trouvé cela très peu naturel. En revanche, j'ai apprécié l'intonation et le timbre de voix qu'elle donne à Evie. Je tenterai d'autres livres qu'elle a enregistrés.

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