lundi, 16 juillet 2018

Eleanor, de Jason Gurley.

L'ouvrage:
Eleanor est mariée à un homme qui l'aime profondément. Elle a une fille: Agnès. Lorsqu'elle apprend qu'elle est à nouveau enceinte, elle panique. En effet, elle se sent prisonnière de sa vie, de l'amour des siens, elle refuse ce second enfant.

Critique:
Le résumé ne signale pas quelque chose d'important. Si ce livre commence comme un roman axé sur la psychologie des personnages, il est surtout fantastique. Heureusement que je l'ai su (grâce à une chronique) avant de le lire, car sinon, j'aurais été très déçue qu'il ne soit pas uniquement psychologique, et ne l'aurais pas apprécié pour ce qu'il est. Sachant dans quoi je mettais les pieds, j'ai été sensible à la manière dont l'auteur traite le temps, le fait de pouvoir regarder des souvenirs, de se retrouver à tel moment de la vie d'untel, ou de passer dans les rêves de quelqu'un. Tout cela me fascinait avant de lire ce roman, et j'ai déjà imaginé ce genre de choses. Comme dans toute oeuvre de ce style, il y a des rituels qui sont comme des repères. Par exemple, au moment où notre monde va être perturbé par les agissements de ceux qui peuvent (dans une certaine mesure) manipuler le temps, l'air se charge d'électricité. Dès le départ, l'eau tient une grande place dans le récit: Eleanor adore nager et plonger, beaucoup d'événements importants se passent près de la mer ou quand il pleut... Cela m'a plu parce que pour moi (comme pour beaucoup de monde, je suppose) l'eau est un élément captivant. Indispensable, purificatrice, mais pouvant être dangereuse, elle révèle ses multiples facettes tout en attirant continuellement l'homme qui ne peut exister sans elle. De plus, je suis persuadée que certains passages où elle tient une place importante pourraient donner matière à de très fortes images dans un film.

Par ailleurs, le romancier installe une certaine ambiance grâce à sa description de paysages, de certaines scènes, et grâce à la part de mystère dont sont entourés des personnages, comme la gardienne ou Maya (au début).

Bien sûr, ce livre fascinera également parce qu'il touche un point sensible: le fait de vouloir sortir quelqu'un (ici toute une famille) de la peine en revenant dans le temps pour réparer les dommages causés. Je sais quelles erreurs je tenterais de corriger si une telle chance m'était donnée. J'ai aimé cette intrigue et la manière dont l'auteur exploite le thème. Celui-ci ayant été maintes fois utilisé, Jason Gurley a fait un pari risqué. Pour moi, il l'a réussi. J'ai aimé que l'auteur ne tombe pas dans le travers de certains qui consiste à dire que si on change les choses pour faire de bonnes actions, cela a forcément de mauvaises répercussions sur d'autres événements. Ici, les personnages ne savent pas quelles seront les conséquences de leur intervention. Ce qui est dommage, c'est qu'à la fin, le lecteur ne sait pas grand-chose non plus. Un chapitre supplémentaire n'aurait pas été de trop. Je suppose que l'auteur a souhaité que le lecteur choisisse, mais j'aurais voulu savoir comment lui voyait les choses. C'est le seul reproche que je ferai à ce roman.

Au long du livre, je n'ai pas réussi à ressentir de la compassion pour Agnès. Je savais qu'elle avait des circonstances atténuantes, et il est évident que lorsque quelqu'un a atteint sa limite, il ne peut pas se relever. De plus, je ne sais pas comment j'aurais réagi à la place d'Agnès, donc je ne devrais pas lui jeter la pierre... Cependant, je la trouve immonde envers sa fille. C'est surtout cela que je n'accepte pas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Random house audio.

Cassandra Campbell est un nom qu'on retrouve souvent à la fin de mes chroniques depuis quelque temps. J'apprécie de plus en plus le jeu de cette comédienne. Ici, elle n'a pas démérité. Que ce soit la mère aigrie, la fillette apeurée, le père dévasté (pour ne donner que ces exemples), elle a parfaitement allié intonation et modification de sa voix.

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21 lectures

jeudi, 12 juillet 2018

Boostez votre mémoire, de Jean-Yves Ponce.

L'ouvrage:
Jean-Yves Ponce donne ici ses techniques pour optimiser notre mémoire.

Critique:
Globalement, j'ai été déçue par ce livre. À certains moments, j'ai trouvé un désagréable écho des pensées d'Idriss Aberkane dans «Libérez votre cerveau». J'ai compris pourquoi quand j'ai entendu le nom de cet auteur dans les remerciements... J'ai été très agacée que Jean-Yves Ponce affirme que le «par coeur», c'était mal, et que le pauvre enfant (à qui on devrait laisser choisir ce qu'il souhaite mémoriser) était brimé parce qu'on lui disait qu'il était nul s'il n'arrivait pas à apprendre. Je veux bien qu'il y ait des professeurs de cet acabit (il y a des idiots dans chaque corps de métier), mais pourquoi en faire une généralité? Quant à moi, je n'ai pas attendu Jean-Yves Ponce pour dire à mes élèves (à qui je ne demande d'apprendre par coeur que les terminaisons des conjugaisons et certaines règles de grammaire) qu'ils ne devaient pas essayer d'avaler tous leurs cours en un après-midi, mais plutôt apprendre au fur et à mesure, par petites sessions, et revenir, les jours suivants, sur ce qu'ils avaient appris afin de l'ancrer dans le cerveau. Je n'ai pas non plus attendu Jean-Yves Ponce pour leur dire que s'ils ne comprenaient pas ce qu'ils apprenaient, et s'ils ne se concentraient pas réellement dessus, cela ne fonctionnerait pas. Pour fréquenter un forum de professeurs et pour avoir souvent discuté avec les collègues de mon établissement, je sais que beaucoup d'enseignants font ainsi.

Ensuite, j'ai trouvé que l'auteur répétait beaucoup certaines choses. Par exemple, au début du chapitre 3, il répète (en résumé) ce qu'il a dit au début du chapitre 1. Il répète aussi qu'il est passé à la télé grâce à sa technique de mémorisation, que c'est la meilleure, etc. Même s'il explique que chacun a ses méthodes, a plutôt une mémoire de tel type, et que donc, c'est à chacun de trouver ce qui fonctionnera le mieux, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il est fermé sur certains points. Voir par exemple ce dont j'ai parlé dans le premier paragraphe de cette chronique. Il dit aussi que les jeux vidéo développent l'imagination. Sûrement, mais pourquoi ne dit-il pas que les livres la font également beaucoup travailler?

Il écrit aussi beaucoup de choses évidentes. J'avais l'impression d'être prise pour une abrutie. Par exemple, si notre esprit vagabonde alors qu'on est en train d'apprendre quelque chose, l'apprentissage ne fonctionnera pas; un environnement constitué de tentations qui sont autant de distractions nuira à l'apprentissage, etc. Les techniques à proprement parler ne sont données qu'à partir du chapitre 4 (sur 8).

Ces méthodes consistent en une série de mnémotechniques, d'histoires qu'on se raconte pour retenir ceci ou cela. Je le fais parfois. Ce qui me gêne un peu ici, c'est que Jean-Yves Ponce propose de faire cela pour tout: les cours, l'agenda, la musique, etc. Parfois, il est plus rapide de retenir quelque chose sans se raconter d'histoires autour, du moins dans mon cas. C'est là que j'aurais souhaité que le propos soit un peu nuancé, que l'auteur n'expose pas cela comme la méthode révolutionnaire qui profiterait à tout le monde, mais plutôt comme une méthode qui a fonctionné sur lui et d'autres, et qu'il faut tenter.

Le système pour retenir les chiffres ne me parle pas du tout. Il s'agit de convertir les chiffres en images selon leur forme (si j'ai bien compris). Or, pour moi, les chiffres n'ont pas une forme qui rappelle des éléments du quotidien, puisque je les lis en braille... Ce sont plutôt des formes abstraites. Un aveugle qui n'a jamais vu ne pourra pas utiliser ce système. D'une manière générale, beaucoup de conseils de mnémotechniques se basent sur des images mentales. Donc, sans les rejeter, il faudrait que je les essaie autrement. D'ailleurs, l'auteur préconise de personnaliser la technique, car c'est ce qui fonctionnera le mieux. C'est évident.

Si vous voulez lire un ouvrage sur notre mémoire et la capacité de notre cerveau, je me permets de vous recommander plutôt «Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau», de Norman Doidge. Il ne parle pas uniquement de la mémoire, mais à mon avis, l'auteur est plus ouvert, ses arguments sont plus pertinents...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurent Jacquet.

Comme je l'ai dit dans une autre chronique, Laurent Jacquet a une intonation qui se prête très bien à ce genre de livres. Il m'a plu de le retrouver ici égal à lui-même. Comme je pestais beaucoup après l'auteur, j'étais ravie que la lecture soignée et vivante de Laurent Jacquet me rende le livre moins pénible.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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mardi, 10 juillet 2018

*Parutions Audiolib, août 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 16 août.

La femme qui ne vieillissait pas, de Grégoire Delacourt, lu par Françoise Cadol, 3h54.
« À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté ; aucun cheveu blanc, aucune cerne ; j’avais trente ans, désespérément. »
Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre. Et puis, il y a Betty.

Légende d'un dormeur éveillé, de Gaëlle Nohant, lu par Antoine Leiris et Rafaèle Moutier, 14h17.
Robert Desnos a vécu mille vies – écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure –, sans jamais se départir de sa soif de liberté. Pour raconter l’histoire extraordinaire de ce dormeur éveillé, Gaëlle Nohant épouse ses pas ; comme si elle avait écouté les battements de son cœur, s’était assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard ou de García Lorca, avait tressailli aux anathèmes d’André Breton, fumé l’opium avec Yvonne George, et dansé sur des rythmes endiablés au Bal Blomet aux côtés de Kiki de Montparnasse et de Jean-Louis Barrault. S’identifiant à Youki, son grand amour, la romancière accompagne Desnos jusqu’au bout de la nuit.

Les huit montagnes, de Paolo Cognetti, lu par Emmanuel Dekoninck, 6h50.
« Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes. »
Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé – et son avenir.

Le seigneur des anneaux 3 - Le retour du roi, de John Ronald Reuel Tolkien, lu par Thierry Janssen, 19h13.
La dernière partie du Seigneur des Anneaux voit la fin de la quête de Frodo en Terre du Milieu. Le Retour du Roi raconte la stratégie désespérée de Gandalf face au Seigneur des Anneaux, jusqu'à la catastrophe finale et au dénouement de la grande Guerre où s'illustrent Aragorn et ses compagnons, Gimli le Nain, Legolas l'Elfe, les Hobbits Merry et Pippin, tandis que Gollum est appelé à jouer un rôle inattendu aux côtés de Frodo et de Sam au Mordor, le seul lieu où l'Anneau de Sauron peut être détruit.
Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par J.R.R. Tolkien à l'intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien.

Soeurs, de Bernard Minier, lu par Hugues Martel, 12h58.
Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres. Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante. Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ?
Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée... elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Une épouse, deux sœurs, trois communiantes... et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

La parole est un sport de combat, de Bertrand Périer, lu par l'auteur et François Montagut, 4h56.
« J’ai une histoire d’amour contrariée avec la parole. C'est parce que j’ai l’impression d’avoir perdu des années à l'apprivoiser que je mets aujourd'hui un point d'honneur à transmettre l'art de bien parler aux jeunes pour qu’ils se libèrent des déterminismes sociaux. Les mots pour débattre, plutôt que pour se battre. Bien parler suppose un entraînement, des techniques pour être à l’aise en public, mais aussi pour structurer un discours, le délivrer avec aisance, convaincre en toutes circonstances. Puisez dans ce livre de bons conseils pour nourrir et libérer votre parole. Devenez orateurs ! Si j’y suis arrivé, vous pouvez le faire ! »

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lundi, 9 juillet 2018

La symphonie du hasard, livre 2, de Douglas Kennedy.

La symphonie du hasard, livre 2

L'ouvrage:
Alice arrive à Dublin pour passer un semestre à l'université de Trinity. C'est cette période qu'elle nous raconte.

Critique:
Si j'ai beaucoup aimé le début de l'histoire, cette deuxième partie m'a moins plu. Les événements s'enchaînent toujours de manière fluide, mais (allez comprendre pourquoi) j'ai eu l'impression que certaines choses ne tenaient pas vraiment. Est-ce l'auteur qui s'essouffle ou moi qui deviens plus exigeante?... Par exemple, je suis restée étrangement insensible lors du poignant récit de Peter (le frère de l'héroïne). J'apprécie ce personnage, et j'ai eu de la compassion pour lui, mais ce qu'il a vécu au Chili ne m'a pas prise aux tripes.
J'ai trouvé l'événement final de ce livre 2 trop prévisible (je m'y attendais, et j'aurais aimé que l'auteur me fasse mentir) et trop spectaculaire. Pourquoi le romancier a-t-il absolument voulu terminer cette deuxième partie sur quelque chose de marquant? Et pourquoi cette chose devait-elle justement être celle à laquelle je m'attendais?

Par ailleurs, Alice m'a souvent cassé les pieds. Déjà, dans le livre 1, elle me paraissait un peu entière... Ici, je l'ai trouvée prompte à juger, alors que de son côté, elle demandait qu'on la comprenne. Lorsque certains lui font remarquer (parfois vertement) qu'elle aurait dû parler plus tôt concernant ce que j'appellerai l'affaire Megan, elle s'offusque, se vexe... Bien sûr, elle n'est pas absolument fautive, mais ceux qui lui disent qu'elle n'a rien à se reprocher ont tort.

En outre, son histoire d'amour est peu vraisemblable. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe avec quelqu'un qu'elle connaît à peine. On dirait que l'auteur s'est dit: «Mince, il faudrait que je lui invente une histoire passionnée. Bon, je ne vais pas ajouter un garçon qu'elle prendrait le temps de connaître. Je vais faire quelque chose de plus intense pour intéresser le lecteur.» Ça a eu l'effet inverse sur moi...

D'une manière générale, lorsque notre héroïne se fait des amis, ils l'adorent tout de suite. J'ai trouvé ça peu crédible. L'exemple le plus parlant est sûrement Desmond. Dès la première minute, il semble considérer Alice comme sa fille.

D'autre part, certains clichés sont mal passés. Par exemple, quand on vit à Paris, si on dîne à 19h, on est un ringard. Il faut dîner très tard. Je ne sais pas où Douglas Kennedy a pris cette idée... Et puis, si on l'écoute, les Irlandais ne font que boire du thé ou de l'alcool, avec une nette préférence pour ce dernier. Certes, Alice est jeune, aime bien faire la fête... mais il y a quand même beaucoup de bière et de whisky sur sa route.

Je lirai la troisième partie, parce que j'ai quand même passé un bon moment, et que je veux savoir la suite.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que le traducteur ait écrit «jetlag» pour «décalage horaire». Je sais que depuis quelques années, on utilise plutôt le mot anglophone, mais ce n'est pas une raison, alors qu'il existe une expression en français. J'ai aussi été déçue de trouver «toquer» (qui est familier) pour «frapper». Là encore, le mot se répand, mais ce n'est pas une raison pour que Bernard Cohen, qui (me semble-t-il) usait d'un vocabulaire précis et recherché, se mette à l'utiliser.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.

J'ai été ravie de retrouver cette comédienne. Comme d'habitude, j'ai apprécié son jeu. Elle parvient à moduler sa voix pour les rôles masculins sans que ce soit exagéré. Elle adopte toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de la «raisonnable» Alice, de l'emportée Megan, etc. Elle parvient à faire vivre tous les personnages, et à montrer leurs particularités. Lorsque j'entends la voix qu'elle prend pour la mère d'Alice, par exemple, je visualise bien le personnage.
J'ai quand même regretté qu'Ingrid Donnadieu prononce Rousse pour Ruth. Comme je le dis dans ma chronique de «Le gang des rêves» (où Isabelle Miller a justement bien prononcé ce prénom), je ne sais pas trop pourquoi les comédiens qui enregistrent des livres ne veulent pas dire Ruth comme ça se prononce en français, et font des mélanges d'anglais francisé et d'allemand...

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jeudi, 5 juillet 2018

Une journée exceptionnelle, de Kaira Rouda.

Une journée exceptionnelle

L'ouvrage:
Ce matin-là, Paul et Mia Strom se rendent dans leur maison de campagne en amoureux. Paul a tout organisé. Il tient à ce que cette journée soit parfaite.

Critique:
Cette chronique n'est pas facile à écrire, car il y a beaucoup de choses que je ne peux pas dire. D'ailleurs, je ne remercie pas les personnes (dont j'ai lu les chroniques) qui divulguent un élément important. J'admets qu'on le devine assez rapidement, mais j'aurais préféré le découvrir par moi-même.

L'auteur s'attaque à un thème maintes fois employé. Elle parvient à y apporter quelque peu sa patte. Par exemple, le lecteur est dans la tête d'un personnage, entend toutes ses pensées. Donc, il prend rapidement la mesure de ce qui lui est dit. Certaines affirmations du protagoniste font que le lecteur compose avec ce qu'on lui laisse voir... Le personnage s'adresse même au lecteur. Parfois, cela prête à rire. Par exemple, il dévoile ce qu'il sait être quelque chose de peu reluisant le concernant, puis dit: «Surtout, ne changez pas d'avis à mon sujet parce que je fais cela. Je sais que c'est mal, mais...», et il se trouve des excuses.

Au long de la journée (chaque chapitre débute à une heure précise), on découvre les acteurs de ce qui se joue, on assemble ce qu'ils nous disent, ce qu'on devine entre les lignes... C'est intéressant, mais au bout d'un moment, cela devient trop long. J'ai d'ailleurs été déçue parce qu'à force d'entendre l'auteur retarder les choses, j'ai imaginé ce que préparait l'un des personnages... et je l'ai si bien échafaudé que mon plan me semble plus abouti que ce qu'a fait l'auteur. Je crois que c'est la première fois que ça m'arrive! Par exemple, pour moi, il était évident que l'un des personnages reviendrait sur les lieux pour administrer une correction (ou plus si possibilité) aux autres. Je ne comprends pas qu'ils ne l'aient pas prévu. De ce fait, lorsque la scène se produit, au lieu d'avoir peur, j'ai soupiré d'exaspération.
Ensuite, j'ai trouvé très gros qu'un personnage ait eu des soupçons très peu de temps après en avoir rencontré un autre. Il est vrai qu'une personne extérieure sera parfois plus à même de comprendre une situation que quelqu'un qui est dedans jusqu'au cou, mais ici, j'ai trouvé cela bancal, d'autant que j'avais imaginé autre chose qui, pour moi, tenait mieux la route.
Enfin, je me serais bien passée de l'histoire d'amour. Ça aurait été moins gros sans elle.
Le fait que certains personnages disent avoir une preuve contre un autre est également discutable. Pour moi, ce qu'ils ont ne prouve rien. Un bon avocat pourrait même leur rétorquer qu'il est possible qu'ils aient eux-mêmes fabriqué la preuve. La seule chose qui parle en leur faveur serait la présence des empreintes digitales, mais ils auraient pu les avoir obtenues.

Certains aspects du livre sont intéressants, mais à mes yeux, ils ne rachètent pas tout ce qui m'a déplu.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut.

François Montagut fait partie des comédiens dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, il n'avait pas la partie facile. Je ne peux pas trop dire comment il devait jouer, mais sachez qu'à mon avis, il a été parfait. Le personnage le plus compliqué devait exprimer certaines choses assez difficiles à faire passer dans ce contexte (sauf pour ce personnage). Le comédien parvient toujours à adopter le ton approprié.
J'ai été un peu dérangée parce que je trouve qu'il fait beaucoup de blancs, et qu'ils sont souvent trop longs, mais je pense être une des rares personnes à détester les silences dans un livre. Il est normal qu'il y en ait entre les chapitres, mais même ceux-là, je les raccourcirais dans chaque roman. ;-)

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée: il y a plusieurs chapitres par piste.

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109 lectures

lundi, 2 juillet 2018

La cabane des pendus, de Gordon Ferris.

La cabane des pendus

L'ouvrage:
Écosse, après-guerre.
Douglas Brodie, ancien policier devenu reporter, est appelé par son ami d'enfance, Hugh Donovan. Celui-ci est accusé du viol et du meurtre d'un enfant. Le détective va tenter de prouver son innocence.

Critique:
Certains verront peut-être, dans le résumé de ce livre, la promesse d'une enquête prévisible. Gordon Ferris parvient très bien à en faire quelque chose de bien plus intéressant. Il captive très vite son lecteur en contant tout de suite la vie et les blessures (tant morales que physiques) de Douglas et Hugh. Je me suis très vite prise de sympathie pour eux. À travers leur vécu, l'auteur rappelle les traumatismes engendrés par la guerre. N'importe qui, à la place de Hugh, serait devenu accro à la substance qui aurait pu lui faire oublier sa douleur. De plus, connaître leur passé leur donne une dimension humaine.

Au départ, je pensais avoir deviné qui était coupable du crime dont on accusait Hugh. Cependant, les choses sont plus complexes, et elles dévoilent peu à peu un mélange de secrets et de corruption, le tout baigné dans une grande violence tant physique que psychologique. Ce livre m'a touchée parce qu'il est très réaliste. Tout ce que découvre le héros est vraisemblable, quelle que soit l'époque. Cela fera forcément passer le lecteur par toute une palette de sentiments très forts.

Globalement, l'intrigue est bien menée, mais j'ai trouvé dommage que l'auteur traîne dans le dernier quart. Douglas passe beaucoup de temps à aller ici et là, et pour moi, c'est trop détaillé. Je regrette aussi qu'il y ait au moins un élément discutable. Le personnage principal menace quelqu'un afin de l'obliger à dévoiler son jeu. De ce fait, il provoque une horrible conséquence qu'il ne prévoyait pas du tout. Pour moi, il était évident que cela arriverait.
Ces petits reproches ne doivent pas vous empêcher de lire ce roman dont les qualités surpassent les défauts, à mon avis.

«La cabane des pendus» est le premier tome d'une série de quatre. Cette enquête est inextricablement liée à la vie privée du personnage principal. C'est ce qui la rend d'autant plus intéressante pour moi. Je suis donc curieuse de voir si les autres enquêtes ont un rapport si étroit avec le détective. Si c'est le cas, j'aimerais savoir comment fait l'auteur. En effet, une autre affaire de meurtre qui concernerait une autre personne de l'entourage de Douglas semblerait un peu tirée par les cheveux. Mais une énigme moins personnelle serait-elle aussi captivante? Toutes ces questions font que si les éditions Sixtrid s'attaquent à la suite, je la tenterai.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Malaka.

Je me rends compte que j'ai entendu ce comédien sur très peu de livres. J'apprécie son jeu. Dans ce roman, il a su allier sobriété et sensibilité. Cela n'a pas dû être simple. Le chemin de Douglas étant jonché de cadavres, et l'ancien policier plongeant au coeur d'une horreur grandissante, il aurait été facile de trop en faire ou d'avoir une lecture trop froide.
À plusieurs reprises, Douglas fait allusion aux accents de ses interlocuteurs. Il explique aussi que lui-même module un peu le sien selon qu'il parle à untel ou unetelle, se transformant ainsi en caméléon. Ces accents ne sont pas imitables en français. J'ai donc été ravie que le lecteur ne tente pas d'en inventer.

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jeudi, 28 juin 2018

Quand le sommeil nous éveille, de Marc Rey.

Quand le sommeil nous éveille

L'ouvrage:
Un documentaire sur le sommeil: explications, conseils, etc.

Critique:
Le sommeil me fascine, voilà pourquoi je lis tous les documentaires le concernant qui me tombent sous la main. Certains me diront que je cours le risque de répétitions. Ici, par exemple, j'ai lu des choses qui sont également dans «Je rêve de dormir». Cela ne m'a pas du tout gênée, parce que certains propos étaient abordés un peu différemment, donc cela revenait au même, mais il y avait un autre angle d'attaque.
Outre certaines explications, j'ai retrouvé beaucoup d'études de cas similaires à celles exposées dans «Je rêve de dormir». C'est logique, puisque les «maladies» du sommeil sont les mêmes. Cela m'en a remis quelques-unes en tête.

Ce documentaire m'a plu également parce que l'auteur n'est ni donneur de leçons, ni pédant, ni pompeux. Il explique des choses,et donne des conseils. Certains diront que ceux-ci sont parfois durs à appliquer. C'est possible, mais quiconque a un peu de bon sens saura qu'ils sont bons. À ce sujet, il en est un qui me tient particulièrement à coeur: celui qui dit que pour qu'on puisse bien dormir, il faut que la température de la chambre soit entre 18 et 20°. J'ai déjà pu vérifier que c'était vrai. Malheureusement pour moi, il m'est souvent très difficile de rafraîchir ma chambre, pour diverses raisons.
Marc Rey rappelle, par exemple, qu'une bonne hygiène du sommeil va avec une bonne hygiène alimentaire, etc. Je pressentais certaines choses que j'ai trouvées dans ce livre, et même si tout n'est pas facile à appliquer, je trouve tout très judicieux.

En début d'ouvrage, l'auteur explique certaines choses, et cela nous aide à comprendre pourquoi, par exemple, le sommeil d'avant minuit est le plus réparateur, ou pourquoi la qualité du sommeil diurne (pour ceux qui travaillent de nuit) ne pourra jamais être aussi bonne que celle du sommeil nocturne. Tout ceci m'a beaucoup intéressée.
L'auteur insiste sur le fait que le sommeil de chacun est différent en quantité, en qualité, etc. En fin d'ouvrage, il y a même un questionnaire pour découvrir son chronotype. Ainsi, on peut savoir si on est court ou long dormeur, plutôt du soir ou du matin, et tenter (grâce aux conseils) de s'adapter. En effet, c'est à nous de nous adapter à notre sommeil, car on paiera le fait d'avoir voulu le plier à nos exigences. J'ai apprécié qu'il y ait ce questionnaire, mais si j'avais voulu le faire, j'aurais eu besoin d'une personne qui voit. (Lorsque je demande quelque chose à mon mari, je dois attendre (parfois plusieurs années) avant qu'il le fasse, donc j'ai renoncé à demander son aide dans ce cas.) Si vous achetez ce livre audio sur Audible, et que vous n'êtes pas aveugle, vous pourrez sans soucis faire le questionnaire, car un document en PDF accompagne l'audio. Je regrette que l'auteur n'y ait pas pensé, et n'ait pas fait en sorte que l'intégralité du questionnaire puisse être fait par une personne aveugle. À noter qu'il ne lui est peut-être pas aisé de transformer les schémas des réponses aux questions concernées en textes.

Marc Rey évoque également des études faites sur les rêves lucides. (Ici, permettez-moi de râler après ma prof de philo qui m'assurait qu'il était impossible que, lors de certains de mes rêves, je sache que j'étais en train de rêver.) Cette étude permettrait d'aider certains à se débarrasser de cauchemars récurrents. Cela rejoint ce que j'avais lu dans «You'll never know, dear». Dans ce roman, l'auteur exagère un peu, mais elle se base sur quelque chose d'existant. Cela m'intéresse (même si je n'ai pas de cauchemars récurrents), et j'irai faire un tour sur le site indiqué.

Un livre très intéressant, rempli de renseignements utiles.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'apprécie la voix claire et le jeu de Maud Rudigoz. J'ai eu l'impression qu'elle était davantage à l'aise dans ce documentaire que dans les romans que je l'ai entendue lire. Même si la pinailleuse que je suis trouve qu'en général, cette comédienne en fait parfois un peu trop, je suis toujours ravie de voir son nom sur un livre audio qui me tente.

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122 lectures

lundi, 25 juin 2018

The girls from Corona del Mar, de Rufi Thorpe.

The girls from Corona del Mar

L'ouvrage:
Mia (la narratrice) et Laurie-Anne se connaissent depuis leur enfance. Nous les suivons de leur adolescence jusqu'à ce qu'elles aient la trentaine.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Plus on avance, plus le mystère s'épaissit quant à cette amitié. J'étais davantage tranchée que Mia sur quelques points, et plus coulante qu'elle sur d'autres. Elle se décrit comme l'égoïste, l'ingrate. Cela la fait culpabiliser, mais elle ne parvient pas à aller contre sa nature. Seulement, lorsqu'elle expliquait ses motivations dans telle ou telle situation, je la comprenais, et je me disais qu'à sa place, j'aurais sûrement agi de la même manière. Par exemple, ses raisons pour ne pas aller à l'enterrement de Jim m'ont paru tout à fait recevables. D'un autre côté, Laurie-Anne, décrite par son amie comme la gentillesse incarnée, m'a parfois déconcertée. Ce qu'elle dit à Mia lorsque celle-ci, bouleversée, lui apprend ce qui est arrivé à sa chienne, n'est pas vraiment la réponse qu'on attend d'une amie. J'ai également tiqué que Laurie-Anne et son mari renvoient cavalièrement Mia chez elle après la naissance de Zack, alors que celle-ci proposait spontanément son aide et semblait être la seule qui se préoccupait vraiment de Laurie-Anne.
D'un autre côté, Laurie-Anne forçant Mia à dire la vérité à Franklin m'a paru être une véritable preuve d'amitié, même si au moment où cela arrive, la narratrice est furieuse parce qu'elle voit déjà sa vie (dont certains pans sont bâtis sur des mensonges) s'écrouler.

J'ai d'abord compris l'attitude de Laurie-Anne quant à Zack. Mia la juge sévèrement et est choquée des propos qu'elle ose tenir. Certes, elle va loin, notamment en disant qu'une mère devrait pouvoir décider de tuer son enfant. Cette idée est révoltante, mais lorsqu'on pense à Zack, on s'interroge. Bien sûr, ce que propose Laurie-Anne n'est pas recevable en ce sens où elle voudrait le généraliser.
Mia passe son temps à nous montrer son amie comme quelqu'un qui fut injustement malmené par la vie. Il y a incontestablement une part de vrai là-dedans, mais Laurie-Anne a aussi pris de mauvaises décisions.

J'ai apprécié que Rufi Thorpe nous montre une facette de chaque héroïne, puis une autre, puis une autre... pour qu'on se rende compte que rien n'est jamais simple. On ne peut pas résumer Laurie-Anne à une gentille fille cabossée par la vie, ni Mia à une fille égoïste, lâche et compliquée. Il y a de cela, mais pas seulement. Des éléments finaux pousseront le lecteur et Mia dans une certaine direction. J'en ai été moins étonnée que la narratrice. Étant moins impliquée qu'elle, j'avais collecté quelques indices qui me permettaient, non pas de deviner la teneur de ces éléments, mais d'imaginer que Laurie-Anne pourrait agir ainsi. Une question reste sans réponse, mais cela n'est pas très gênant. Si on décide que la réponse est oui, il faut ensuite savoir si ce paramètre est une circonstance atténuante pour l'une des héroïnes...

Ce roman est loin de n'évoquer que ces deux personnages complexes. Les autres sont également intéressants. Par exemple, je ne sais pas trop quoi penser de Dana, la mère de Laurie-Anne. Certaines de ses réactions sont très saines, mais d'autres me laissent perplexe... notamment concernant le mystère sans réponse...

Un livre qui soulève de graves questions, et qui montre habilement différents points de vue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio.

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