lundi, 13 juin 2022

Le noeud de la sorcière, de Deborah Harkness.

Le noeud de la sorcière

L'ouvrage:
Diana ayant appris à utiliser ses pouvoirs, à les maîtriser, et à en découvrir davantage sur elle-même, Matthew et elle peuvent se concentrer sur la recherche du livre de la vie. Cependant, la congrégation n'entend pas leur accorder la tranquillité, étant donné qu'ils ont bravé l'interdit du pacte.

Critique:
Le tome 3 de cette série m'a plu. Certaines choses m'ont déçue, mais j'ai réussi à en faire abstraction. Par exemple, je n'aime pas du tout ce que le lecteur découvre concernant Gallowglass. Avant de commencer ce tome, je pensais justement à cette éventualité, et me disais: «Non non. Deborah Harkness ne fera pas quelque chose d'aussi stupide. C'est bon pour les auteurs que je méprise!» Malheureusement, elle l'a fait...

J'ai aimé voir Diana évoluer. C'est un personnage que j'appréciais, au départ, mais il me semble que ses responsabilités l'ont fait mûrir. Par exemple, elle prend une décision dont elle sait que la toute première conséquence est un déchirement d'une durée indéterminée, mais voyant le long terme, elle n'hésite pas. Dans un entretien (disponible gratuitement sur Audible.fr, mais uniquement en anglais) Deborah Harkness explique que certains lecteurs lui ont dit que Diana les agaçait, car ils la trouvaient pleurnicharde. Au long de ma lecture, je n'ai jamais pensé cela, parce que je me disais qu'à la place de Diana, je serais bien moins courageuse qu'elle. Cela rejoint d'ailleurs un peu ce que répond l'autrice: «Imaginez que c'est une de vos amies. Vous voudriez l'aider, non?»

Les côtés un peu mièvres sont toujours là (voir la première critique de cette chronique), mais ils m'ont moins agacée parce que j'étais attachée aux personnages. De plus, avec tous les faits extrêmement délicats qui arrivent, les éléments un peu sirupeux sont sources de détente. ;-)

J'ai aussi apprécié les moments d'humour que l'autrice instille au milieu de la tension. Par exemple, certaines répliques d'Isabeau (notamment la fois où elle évoque son voyage avec les seize chariots), le fait que Sarah s'insère dans la famille, et une autre scène dont je ne peux dévoiler la teneur.

À la fin du tome 2, je déplorais que la romancière n'ait pas fait une certaine chose. Elle parvient à arranger un peu cela dans le tome 3. Bien sûr, ce n'est pas aussi bien que ce que je souhaitais, mais c'est mieux que si elle avait complètement laissé tomber ce personnage.

Il y a un genre de tome 4 qui est une suite sans vraiment en être une. Je ne sais pas s'il est sorti en français, mais son résumé ne me tente pas, donc je ne courrai pas après.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Comme dans les deux autres tomes, j'ai apprécié le jeu de la comédienne. Encore une fois, elle a joué sans exagération les sentiments et les émotions des personnages. Comme elle joue bien, je lui ai pardonné ses modifications de voix pour certains rôles. Ça m'a quand même un peu agacée.
Malheureusement, dans ce tome, on revoit les deux personnes pour lesquelles la comédienne a pris un accent anglophone. Cela m'a agacée parce que ce genre de choses m'énerve, mais surtout parce que cet accent n'a pas lieu d'être, comme je l'explique dans la chronique du tome 1.
Dans le tome 2, on rencontre une certaine Phoebe, et elle est encore là dans le tome 3. La comédienne prononce ce prénom Fibi, à l'anglophone. Ici, elle n'est pas à blâmer: je ne sais pas pourquoi, depuis les années 2000, tout le monde tient absolument à prononcer ce prénom à l'anglophone. Je peux comprendre qu'on n'apprécie pas la consonance du prénom en français, mais il se trouve qu'il a une prononciation française, et que ce n'est pas la même que l'anglophone. D'ailleurs, Fibi dans une conversation en français, je ne trouve pas ça particulièrement joli, outre le fait que ça m'agace parce que ce n'est pas la prononciation adéquate selon la langue.
Outre tout cela, Helena Coppejans fait partie des très rares comédiens qui prononcent correctement le français standard. Par exemple, elle n'oublie pas d'ouvrir les «ais / ait» et de fermer les «ai». Idem pour les «o», les «eu» devant consonnes, etc.

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84 lectures

jeudi, 9 juin 2022

L'école de la nuit, de Deborah Harkness.

L'école de la nuit

Si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas mon résumé.

L'ouvrage:
Diana et Matthew ont réussi: ils sont dans l'Angleterre de 1590. La jeune femme se rend vite compte qu'elle est une incongruité dans cette société: son accent, sa démarche, rien ne colle. La plupart des amis de Matthew l'accueillent chaleureusement. L'un d'eux, Kit Marlow, la déteste, car elle est l'épouse de son aimé. Alors que Matthew tente de trouver une sorcière qui aiderait Diana à maîtriser ses dons, son père, Philippe, lui ordonne de revenir auprès de lui, en France.

Critique:
Le tome 1 m'avait plu, malgré les passages guimauves. Le tome 2 m'a plu aussi, mais les passages mièvres ont failli provoquer son abandon. En réfléchissant, je me suis dit que ces passages étaient quand même vraisemblables, et même s'ils sont un peu pénibles, ils ne s'insèrent pas mal dans le roman et la psychologie des personnages. Parmi ces thèmes agaçants, on trouve, par exemple, le fait que Matthew est très protecteur, mais aussi très possessif. On trouve aussi les tourments de Matthew. C'est surtout concernant ces derniers que je pense que, malgré tout, ils vont bien à l'ensemble.

Je me suis aussi un peu ennuyée lorsqu'il est question de la reine Elizabeth...

J'ai apprécié découvrir d'autres membres de la famille de Matthew. J'ai aimé que Diana puisse frayer plus consciemment avec sa propre magie, qu'elle se fasse des amis... Il m'a plu que l'autrice crée des péripéties et des aventures pour ses personnages, même si certaines sont peu plaisantes.

Deborah Harkness est parvenue à créer de la joie et de la frustration pour le lecteur et Diana concernant le séjour d'une personne chez les époux. Ma frustration tient surtout au fait que je n'ai pas vraiment compris pourquoi cette personne n'a pas voulu parler davantage avec Diana. Certes, elle devait avoir ses raisons...
Une autre source de frustration a été le fait que Diana et Matthew ont dû se séparer de deux personnages (surtout l'un d'eux). J'aurais préféré qu'ils le ramenassent avec eux. Bien sûr, cela n'aurait pas été possible, mais j'espérais que la romancière trouverait un moyen de rendre cela vraisemblable... Je reconnais que si elle avait fait ce que je souhaitais, j'aurais dit que ce n'était pas crédible. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Ce tome 2 est le deuxième roman enregistré par cette lectrice que je lis. J'ai beaucoup apprécié son jeu, d'autant qu'elle n'a fait aucun accent, ouf! Elle modifie un peu sa voix pour certains rôles, mais le fait toujours à bon escient, sans affectation. Son jeu est toujours naturel. Elle ne tombe jamais dans l'excès.

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71 lectures

lundi, 6 juin 2022

Le livre perdu des sortilèges, de Deborah Harkness.

Le livre perdu des sortilèges

L'ouvrage:
Diana Bishop est historienne. C'est également une sorcière qui ne veut pas utiliser la magie, car elle la tient responsable de la mort de ses parents. Un jour qu'elle fait des recherches à la bibliothèque de l'université où elle travaille, elle remarque un vampire qui semble s'intéresser à ce qu'elle fait. Lorsqu'il lui adresse la parole, elle l'éconduit rapidement. Cependant, les jours qui suivent, elle le trouve de plus en plus sur son chemin.

Critique:
J'avais peur que ce roman soit niais, mais je n'avais rien à perdre à l'essayer. Il m'a plu, car il n'est pas aussi guimauve que ce à quoi je m'attendais. Il l'est quand même... ;-)

Le sentiment amoureux est un peu rapide à naître chez les deux personnages principaux. Ils ne se connaissent pas tant que ça, et s'aiment de tout leur coeur.

Le roman est assez long, mais je n'ai pas trouvé que l'autrice traînait. Ce qui m'a un peu agacée, c'est plutôt que parfois, certains personnages se fâchent, et font beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

J'ai apprécié que Deborah Harkness, au long de son roman, invente différentes manifestations magiques. Certaines sont impressionnantes, voire effrayantes, mais d'autres sont sympathiques. Parmi ces dernières, on trouve la particularité de la maison de Sarah et Emily, ainsi que certains des habitants de cette maison.

Je n'aime pas trop ce que finissent par faire les personnages principaux, car j'ai peur de m'ennuyer dans le tome 2. À voir... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Helena Coppejans pour les éditions Audiolib.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. J'ai apprécié son jeu. Elle est parvenue à lire les passages un peu trop guimauves sans exagérer. D'une manière générale, elle a toujours joué sans excès. Malheureusement pour moi, il y a une faille. À un moment, Diana rencontre une certaine Agatha. Selon l'autrice, celle-ci a un accent australien. Malheureusement, la lectrice prend ce prétexte pour lui faire un simili accent anglophone (elle fait tous ses «r» à l'anglophone). Plus tard, le fils d'Agatha fait son apparition, et il a droit au même traitement de la part de la comédienne. Pour moi, c'est du gâchis, d'abord parce que cela m'a fait très mal aux oreilles, mais il y a une raison plus objective. Le roman est écrit en anglais, au départ. Il a été traduit en français pour que des non anglophones puissent le lire. Donc quand une américaine dit qu'une personne a un accent australien, ça reviendrait, en français, à faire un accent québécois (par exemple) pour une personne qui parlerait français. Je n'aurais pas aimé que la lectrice fît ainsi, mais si elle avait suivi son raisonnement jusqu'au bout, elle aurait dû faire des accents anglophones à tous les personnages, ainsi que lorsque Diana ou le narrateur omniscient racontait les événements. Ce n'est pas la première comédienne qui fait ce type d'erreurs que j'avoue ne pas comprendre, tant c'est gros. J'ai reproché cela au moins deux fois à Cassandra Campbell, dont, par ailleurs, le jeu est excellent.

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91 lectures

jeudi, 2 juin 2022

Séquences mortelles, de Michael Connelly.

Séquences mortelles

L'ouvrage:
Jack McEvoy travaille maintenant au Fair Warning, un site web publiant des articles mettant les consommateurs en garde contre de néfastes produits. Un jour, deux inspecteurs du LAPD lui rendent visite sous prétexte qu'il aurait eu des contacts avec Cristina Portrero, une femme qui vient d'être assassinée. Or, Jack ne l'a fréquentée qu'une fois, un an auparavant. Soupçonné par la police, il décide d'enquêter de son côté. Il ne tarde pas à remarquer un lien entre le meurtre de Cristina et d'autres...

Critique:
J'ai commencé par me méfier de ce roman, n'ayant pas aimé «L'épouvantail». Cependant, le résumé m'intéressant, j'ai abandonné ma réserve. J'en suis contente, car le roman m'a plu.

J'ai aimé suivre Jack dans son enquête. Il la faisait dans un cadre journalistique, et non policier, mais c'était aussi passionnant que s'il avait été inspecteur. C'est un personnage sympathique, même si, à certains moments, il était agaçant, car il semblait ne penser qu'à son article, et non aux dégâts qu'il pourrait causer.

Les rebondissements sont appropriés. Bien sûr, il en est un que le lecteur voit venir, mais je ne me suis pas ennuyée, donc je ne reproche pas ce côté un peu prévisible à l'auteur. De plus, il aurait été incongru que cet événement ne se produisît pas, et j'aurais été la première à m'en plaindre. ;-)
Je n'ai pas trop apprécié, à l'instar de Jack, qu'une question reste, mais cette question n'est ni une incohérence ni une maladresse.

Un autre rebondissement était prévisible, mais je n'y avais pas pensé. De ce fait, lorsqu'il est arrivé, j'ai eu peur, à l'instar de Jack et de Rachel. Je préfère la conclusion que lui a donnée l'auteur à celle qu'il nous fait entrevoir...

Pour son enquête, Jack s'intéresse à des questions d'ADN. Dans les romans policiers, ce genre de choses peut devenir difficile à suivre. Ici, cela ne l'a pas été.

Je n'aime pas trop la tendance de Connelly à faire fréquenter à ses héros différentes femmes. Avec Jack, il y a peut-être un espoir de stabilité...

Mention spéciale au traducteur qui n'a pas commis l'erreur que beaucoup commettent. À un moment, Jack dit que Rachel lui a dit quatre mots: «Je t'aime toujours.» Beaucoup se trompent lorsqu'il y a un article ou un pronom personnel suivi d'une apostrophe, et ne compte pas cet article ou ce pronom personnel comme un mot. Or, c'en est un.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par André Nerman pour les éditions Audiolib.

C'est le premier livre enregistré par ce comédien que je lis. Son jeu m'a plu, il n'est ni trop sobre ni cabotin, il est naturel. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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78 lectures

lundi, 30 mai 2022

Ma vie en listes, de Kristin Mahoney.

Ma vie en listes

Note: En version originale, l'héroïne s'appelle Annie. Dans la version française, c'est Anna. Pour moi, le traducteur a dénaturé le livre sans raisons. En effet, pourquoi remplacer Annie par Anna? J'écrirai «Annie» dans ma chronique, afin de rester fidèle à l'autrice.

L'ouvrage:
Annie va entrer en CM2. Sa rentrée se fera dans le petit village de Clover Gap, où son père vient d'obtenir un travail. Annie et Ted (son frère) ne sont pas ravis de quitter Brooklyn, d'autant qu'ils sont persuadés que la cause réelle du déménagement est due à la fillette.

Critique:
Avant de tenter ce roman, je me suis posé des questions. En effet, il est constitué de listes. Cela a commencé par me faire reculer. Puis je me suis dit qu'essayer ne me coûterait rien. Bien m'en a pris: ce livre m'a plu. Les listes sont bien amenées, bien agencées, et elles ne signifient pas qu'il n'y a aucun dialogue. Par exemple, à propos d'un événement, Annie dit: «Trois choses qu'Untel a dites.» Elle dit aussi: «Deux questions que ma mère a posées», et dès qu'elle a listé une question, elle donne la réponse qu'elle y a apporté.

Je me suis rapidement attachée à Annie à laquelle je me suis quelque peu identifiée. Je n'allais pas jusqu'à souhaiter cacher certaines capacités à mes camarades de classe par peur de ne pas être appréciée, mais certaines de ses réactions auraient pu être les miennes. La fillette s'efforce (parfois maladroitement) de vaincre ses peurs et ses hésitations, de ne pas trop prendre ombrage des méchancetés qu'on (Amélia) lui fait... Cependant, elle ne se laisse pas faire. Et puis, elle est gentille. Heureusement, cela ne finit pas par la desservir. Certains diront que tout se termine un peu trop bien, surtout en ce qui concerne ce que j'appellerai la «découverte» d'Annie en juin. Cela ne m'a pas dérangée: cela fait plaisir lorsque les choses finissent bien. De plus, Kristin Mahoney n'oublie pas de disperser de petites pincées d'humour au long du roman.

Outre les aventures scolaires et amicales d'Annie, l'autrice aborde légèrement (mais pertinemment) certains thèmes, comme le racisme, les malentendus et maladresses engendrés par des parents qui ne veulent pas inquiéter leurs enfants... et le fait que personne n'est parfait. ;-)

Pour imiter le style d'Annie:
Trois bonnes raisons de lire ce roman:
1: La plupart des personnages sont attachants.
2: Plusieurs thèmes sont pertinemment abordés.
3: Il est globalement sympathique et réaliste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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104 lectures

vendredi, 27 mai 2022

Je serai ton ombre, de Lisa Jewell.

Je serai ton ombre

L'ouvrage:
Londres.
Un soir, en rentrant chez elle, Georgia Fors, dix-sept ans, a l'impression d'être suivie. Peu de temps après, son amie, Tilly, est agressée en sortant de chez les Fors. Georgia assure que la personne qui l'a suivie est Owen Pick, le voisin, un vieux garçon de trente-trois ans...

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que l'autrice pointe certaines choses du doigt, et ne finisse pas par tout détruire avec un coup de théâtre peu crédible. Elle s'arrange pour que le lecteur soupçonne plusieurs personnes, mais elle lui donne un guide en la personne de Saffyre Maddox, et s'arrange pour, à la fin, confirmer l'un de mes soupçons sans défaire le reste.
Quant à Owen, Lisa Jewell parvient à rendre le tout crédible par plusieurs biais, notamment en adoptant le point de vue dudit, et en expliquant ce qu'il a vécu et la manière dont il l'a appréhendé. À un moment, j'ai eu peur que certains éléments ne tiennent pas, mais non.

La psychologie des personnages est bien montrée, bien analysée.

Au long de ma lecture, j'ai eu l'impression que ce thriller était moins dérangeant pour les âmes sensibles que les deux autres romans de Lisa Jewell que j'ai lus. Dans «Comme toi», ce qui arrive à l'un des personnages m'a horrifiée, et pour moi, cela a été un énorme point noir. L'autrice n'est en aucun cas à blâmer, mais ma sensibilité a été mise à rude épreuve. J'ai eu le même type de réaction pour «On se reverra». Ici, certaines choses sont terribles, mais pas rédhibitoires. Les personnages qui ont souffert peuvent s'en sortir.

Je regrette le titre français. Pourquoi ne pas avoir traduit le titre («Invisible girl»)? Pourquoi en avoir inventé un? Certes, ce titre renvoie à la même chose dans le roman, il est moins mal choisi que d'autres...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

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75 lectures

lundi, 23 mai 2022

Qui le sait?, de Lesley Kara.

Qui le sait?

L'ouvrage:
Astrid Phelbs, trente-deux ans, ancienne alcoolique, sort de cinq mois de cure de désintoxication. Elle a quitté Londres, et loge chez sa mère, à Flinstead. Elle fait de son mieux pour ne pas replonger, notamment en allant aux réunions des alcooliques anonymes, même si cela ne l'enchante guère. C'est dans cet état d'esprit qu'elle commence à avoir la sensation d'être suivie, et aussi de sentir l'après-rasage de son ancien petit ami, Simon. Or, il est absolument impossible que Simon soit à Flinstead...

Critique:
J'ai préféré ce roman au précédent livre de l'autrice. D'abord, j'ai trouvé la fin moins frustrante. Certes, j'aurais voulu que certaines choses soient précisées, mais le lecteur peut les deviner. En fait, j'aurais voulu qu'il y ait un autre chapitre avant l'épilogue, chapitre qui expliquerait davantage certaines choses. Mais c'est une frustration qu'on retrouve assez souvent chez moi, ça ne veut pas dire que d'autres en seront victimes.
D'autre part, dans «La rumeur», j'ai trouvé que Lesley Kara traînait un peu vers la fin, et pas ici.

Là encore, la romancière utilise la ficelle éculée qui fait qu'on peut soupçonner tout le monde ou presque. Je l'avais trouvée bien amenée dans «La rumeur». Ici, je pense que l'autrice s'en sort encore mieux. Je ne peux pas dire pourquoi, mais cela fait qu'elle emploie une autre ficelle qui paraîtra peut-être exagérée à certains, et qui, à mon avis, est bien utilisée.

J'ai apprécié Astrid qui est sincère dans son envie de faire peau neuve, et de réparer les fautes qu'elle a commises. Elle reconnaît volontiers qu'elle a été indigne de confiance. Elle se révolte quelque peu contre sa mère qui la surveille, mais là aussi, elle admet qu'elle l'a cherché.

Quant à l'intrigue, je l'ai trouvée bien menée. Pour moi, il n'y a pas eu de lenteurs. De plus, la romancière a su insérer quelques rebondissements à propos. Certains sont un peu maigres, mais ils m'ont plu. De plus, ils allaient tous dans un sens qui me convenait.

Il y a un semblant d'incohérence, lorsqu'Astrid surprend une phrase de la conversation téléphonique entre Richard et on ne sait qui. Astrid s'imagine qu'ils parlent de quelque chose, et plus tard, elle se rend compte qu'elle a exagéré et surinterprété. Certes, mais alors, pourquoi cette phrase? L'héroïne trouve une explication qui peut tenir la route. C'est pour ça que je parle de «semblant»: ce n'est pas une véritable incohérence, mais la solution me paraît quelque peu bancale...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Garance Thénault pour les éditions Lizzie.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. J'ai apprécié son jeu. Elle ne tombe jamais dans le larmoiement lorsqu'Astrid parle du mal qu'elle a commis. Elle rend bien les sentiments et les émotions des divers personnages. De plus, elle a passé un de mes tests de pinailleuse: elle dit correctement «dégingandé».
Le seul reproche que je lui adresse tient à sa prononciation de Simon et de Richard. Elle a voulu faire du mi-anglais mi-français. Pour moi, dans un texte en français, prononcer des noms propres avec une partie d'accent peut être désastreux. Ici, cela l'est, car cela donne Saïmone et Ritcharde. Je ne vois pas ce qui aurait été catastrophique si elle avait prononcé ces prénoms comme ils se disent en français...

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98 lectures

jeudi, 19 mai 2022

Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi.

Tant que le café est encore chaud

L'ouvrage:
Japon.
Ce jour-là, le petit ami de Fumiko veut lui annoncer son départ pour les États-Unis. Il va pouvoir réaliser son rêve: travailler dans le jeu vidéo. Cela veut dire qu'il abandonne sa relation amoureuse avec la jeune femme. Il ne le lui dit pas, mais c'est une évidence. C'est au Funiculi Funicula, un café, qu'ils échangent leurs derniers mots. Frustrée par cette entrevue catastrophique, Fumiko se triture les méninges pour parvenir à modifier le cours du destin. C'est alors qu'elle se rappelle une légende urbaine concernant le Funiculi Funicula: il permettrait de revenir dans le passé...

Critique:
Lorsque ce genre de romans passe à la portée de mes mains, je souhaite toujours les lire en espérant que la sacro-sainte règle selon laquelle le passé ne doit pas être changé n'est pas en vigueur. Dans «Tant que le café est encore chaud», cette règle ne peut pas être transgressée, car quoi qu'on fasse lors d'un retour dans le passé, on ne changera pas le présent. Cependant, les personnages réfléchissent, et s'adaptent le plus possible. Ils ne peuvent pas changer le présent, mais ils peuvent, par exemple, adopter l'attitude la plus en adéquation avec ce qu'ils aimeraient que soit leur présent. L'auteur a choisi des situations que n'importe qui pourrait vivre, ainsi, il montre au plus grand nombre qu'il ne faut pas perdre espoir. Cependant, certaines situations ne peuvent pas être exactement comme dans le roman. Par exemple, celle de Fumiko ne pourrait pas être celle de chaque personne dont le petit ami part travailler dans un autre pays. Celle de monsieur et madame Fussaki, en revanche, est peut-être celle qu'on retrouve le plus souvent chez les personnes dans leur cas.

Il y en a une que je n'ai pas appréciée. Lorsque je la trouve dans certains romans, je ne parviens pas à accepter qu'elle contente tout le monde, qu'une personne semble ravie de se sacrifier pour quelque chose qu'elle ne verra jamais... On trouve cette idée dans «La commode aux tiroirs de couleur», d'Olivia Ruiz, concernant la mère de l'héroïne. C'est une idée qui me déplaît souverainement. Certes, je suis une sale égoïste... ;-) Il faudrait que je rencontre quelqu'un qui réagirait de cette manière, afin de lui poser toutes mes questions à ce sujet.

D'une manière générale, Toshikazu Kawaguchi présente de sympathiques personnages, et décrit leur caractère et les situations dans lesquelles ils sont de façon à faire ressentir de l'empathie au lecteur, excepté, me concernant, à propos de la dernière situation évoquée.

Outre cette idée de retour dans le passé, le romancier crée une ambiance très agréable. Les clients habitués discutent avec les patrons, ceux-ci et la serveuse sont chaleureux (même si cette dernière fait parfois semblant de ne pas l'être), et certaines situations sont cocasses. Par exemple, le fait que la femme en blanc ne se lève qu'une fois dans la journée, et que certains attendent cela comme le messie. À ce sujet, un événement drôle arrive, parce qu'une habituée souhaite ne pas trop attendre. L'anecdote de la malédiction est également amusante, parce que ladite ne fait pas vraiment de dégâts, et qu'elle est simple à arrêter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Spiteri pour les éditions Audiolib.

Philippe Spiteri fait maintenant partie des comédiens que je retrouve avec plaisir, après l'avoir entendu sur deux romans. Son jeu n'est jamais ni trop sobre ni affecté. Ici, il a naturellement interprété les personnages, entrant dans leur peau sans difficultés apparentes.

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge 2022 NetGalley.

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