mardi, 23 juillet 2019

La dernière chasse, de Jean-Christophe Grangé.

L'ouvrage:
Le policier Pierre Niémans a mis du temps à se remettre des événements contés dans «Les rivières pourpres». Aujourd'hui, sa coéquipière, Ivana Bogdanovic, et lui forment une unité qui est envoyée en renfort sur des enquêtes. Celle à laquelle ils vont prêter leur concours porte sur le meurtre de Jürgen von Geyersberg, un riche héritier.

Critique:
À mon avis, ce roman ne fait pas partie des meilleurs de Jean-Christophe Grangé. En tout cas, il ne fait pas partie de mes préférés de cet auteur. Je sais que certaines choses propres à ce romancier ne me plaisent pas (meurtres sanglants, personnages qui ont forcément vécu un traumatisme et sont fatalement marginaux), donc je savais, en commençant ce livre, que je trouverais ces thèmes. Ils ne m'ont pas plu, mais en plus, je me suis fait la réflexion que j'avais oublié à quel point Niémans était abîmé. Bien sûr, il y a longtemps que j'ai lu «Les rivières pourpres» (juin 1999), mais je ne me souviens pas qu'il y était question de sa peur des chiens. Il faudrait que je le relise. Maintenant que j'y réfléchis, j'ai le vague souvenir d'une scène où le personnage principal a peur d'un chien, provoquant l'étonnement indigné du propriétaire, car ledit chien est très gentil, et en plus, n'a pas une attitude menaçante envers le personnage. Mais cette scène vient-elle de «Les rivières pourpres»? Elle m'est venue en tête parce que je fouille mon cerveau à la recherche d'un indice venant de ce roman, mais rien ne dit qu'elle en est extraite.

Pendant une grande partie du roman, l'énigme m'a paru plate. Niémans m'était moins sympathique que dans «Les rivières pourpres», Ivana m'indifférait (trop clichée pour moi), la famille du mort m'était antipathique, il me semblait que nos enquêteurs se traînaient... De plus, Niémans fait preuve de violence, ce qui, à mes yeux, n'est que du remplissage. Ça fait qu'il est rappelé à l'ordre, qu'il promet de ne pas recommencer, qu'on tergiverse un peu pour savoir ce qu'on va faire de lui... Enfin, je n'ai pas compris pourquoi Niémans n'avait pas deviné l'identité du tueur de Jürgen au moment où je l'ai trouvée. L'indice était quand même flagrant!

Les chapitres exposant les raisons de la mort de la victime étaient intéressants. Ils montrent (comme le font d'autres romans de cet auteur, mais aussi de Serge Brussolo) la folie et la perversité à grande échelle. J'imagine que malheureusement, ce genre d'horreurs est plausible...

Quant au thème de la chasse, il ne me plaît pas, mais l'écrivain a su l'exploiter au mieux pour servir son intrigue.

J'imagine qu'on retrouvera au moins Ivana dans un futur livre de Jean-Christophe Grangé, parce qu'on ne connaît pas les détails d'un élément de sa vie.

En relisant ma chronique de «Lontano» (roman de cet auteur que j'ai beaucoup aimé) je suis tombée sur une remarque que je voulais écrire concernant «La dernière chasse». Étant donné que mes exemples auraient été les mêmes que ceux utilisés pour ma chronique de «Lontano», je colle cette phrase ici. «Je trouve dommage que l'auteur use abusivement d'anglicismes. Il parle du «feeling» du personnage, celui-ci «check» sa boîte vocale, etc. Pour moi, c'est affecté.»

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
Je dois avouer que j'aurais aimé retrouver José Heuzé, qui a enregistré «Les rivières pourpres», que je n'ai pas entendu depuis longtemps (il a enregistré quelques livres pour Audible, mais ils ne me tentent pas), et dont j'aime beaucoup le jeu. Cela ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié l'interprétation de Thierry Blanc, comédien que j'avais découvert en lisant «La marque de Windfield». Cette prestation m'a donc plu. Il n'exagère pas lorsqu'un personnage est en colère. Même quand il modifie sa voix pour certains rôles, cela reste naturel. J'ai été déçue qu'il ne prononce pas Niémans comme l'a fait José Heuzé, principalement parce que je préfère la façon de le dire de ce dernier qui, à mon avis, est plus logique. Je ne vois pas pourquoi on aurait envie de le prononcer comme l'a fait Thierry Blanc. (Je ne sais pas comment l'écrire pour transcrire sa manière de le dire... Peut-être Niémannse. En tout cas, quand je l'écris comme ça, ma synthèse vocale le dit comme lui.) J'imagine que cela a été concerté avec l'éditeur, et justement, je trouve dommage que la personne qui s'est penchée là-dessus ait pensé judicieux de prononcer ce nom ainsi.

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lundi, 22 juillet 2019

The caregiver, de Samuel Park.

L'ouvrage:
Rio de Janeiro, fin des années 70. Mara Alencar, huit ans, vénère sa mère, Ana. Celle-ci est actrice, fait surtout du doublage, et a du mal à joindre les deux bouts. Un jour, quelqu'un pour qui elle travaille lui dit qu'il y aurait un moyen pour elle de gagner beaucoup d'argent: c'est un rôle d'improvisation qui peu être dangereux. Ana accepte.

Dix-huit ans plus tard, Mara vit en Californie, elle est aide à domicile pour Catherine Weaverly, qui souffre d'un cancer à l'estomac. C'est alors qu'elle se penche sur son passé...

Critique:
Ce roman m'a plu.
J'ai du mal à m'expliquer le fait que je n'ai pas pu apprécier Ana. Au long du livre, certaines choses la concernant peuvent ne pas plaire, mais mon aversion va au-delà de ces éléments. Je l'ai trouvée grandiloquente. J'avais l'impression qu'elle feignait son attachement à Mara. Pourtant, je sais que c'est faux... Ana serait plutôt à plaindre, si on est objectif. Je crois qu'une autre raison a contribué à ma dépréciation de ce personnage: j'en parlerai plus loin.

J'ai apprécié Mara (la narratrice) tout au long du livre. Qu'elle souhaite protéger sa mère (et agisse parfois un peu effrontément pour cela), qu'elle remette certaines choses en question à cause de ce qu'on lui dit, qu'elle raconte ses péripéties en dehors de Rio, j'ai toujours compris ses actes, même si je ne les approuvais pas toujours. La jeune héroïne est très sympathique. Elle peut sembler fragile, parfois, mais elle est très forte. Par exemple, lorsqu'elle demande à un personnage de laisser sa mère tranquille, malgré sa détermination, elle semble facile à briser. Et pourtant... C'est un peu la même chose lorsque Catherine s'en prend à elle. Elle sait qu'elle ne le mérite pas, n'étant pas en faute, mais ne se bat pas, et ce qu'elle dit au moment d'abandonner montre à la fois sa force et sa fragilité. Pendant ma lecture, je ne pensais pas que les choses tourneraient ainsi pour elle... J'ai aimé que l'auteur me surprenne tout en restant vraisemblable.

J'ai apprécié Jeannette. Elle se préoccupe réellement d'Ana et de Mara, et c'est un personnage cocasse. Je trouve dommage que la narratrice, et donc le lecteur, ignorent ce qu'elle devient.

Le roman ne souffre pas de temps morts. À travers l'histoire d'Ana et de sa fille, Samuel Park aborde une période délicate pour le Brésil.
J'ai bien aimé ce que nous apprend la toute fin, même si j'ai regretté que cela n'encourage pas Mara à tenter une réconciliation.

L'auteur alterne entre le passé et le présent de l'héroïne. Souvent, cela me dérange. Ici, sans que cela me plaise beaucoup, cela ne m'a pas trop gênée. De plus, la structure était judicieuse.

De plus en plus d'écrivains font des prologues inutiles, voire très casse-pieds parce qu'ils dévoilent des informations qui gâchent la lecture, et loin de me faire saliver, m'ennuient. Le prologue de Samuel Park n'est absolument pas de ceux-là. Il situe le présent de la narratrice, et ne gâche pas du tout la lecture.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Simon and Schuster Audio

Hahahaha, pour une fois, je vais faire un très gros reproche à la lectrice. L'héroïne (la narratrice) étant brésilienne, la comédienne lit tout le livre avec une pointe d'accent. Je me doute que cela a été fait avec l'accord (voire à la demande) de l'éditeur audio, mais j'ai détesté cela. Au début, j'ai même cru que je n'arriverais pas à en faire abstraction. Je ne comprends pas comment il se fait que je n'aie pas repéré cela lorsque j'ai écouté l'extrait avant d'acheter le roman sur audible.fr. Outre le fait que cela m'a énormément agacée, ce n'est pas cohérent, surtout lors des dialogues entre brésiliens. En effet, l'auteur écrit en anglais, mais il est évident que ces dialogues se tenaient en portugais. Donc quel est l'intérêt de faire un accent semi-portugais sous prétexte que la langue d'écriture du roman est l'anglais? Je pense que cet accent a renforcé mon aversion pour Ana. La lectrice augmentait un peu son accent lorsque celle-ci parlait. Je n'étais déjà pas très encline à apprécier le personnage, cela m'a davantage braquée à son égard.

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samedi, 20 juillet 2019

Le problème à trois corps, de Liu Cixin.

Le problème à trois corps

L'ouvrage:
Chine, 1969. Après avoir été accusée d'avoir trahi son pays, Ye Wenjie est emmenée à Côte rouge, un complexe militaro-industriel où on fait des recherches scientifiques. Elle devra y travailler.

Trente-huit ans plus tard. Wang Miao, chercheur en nanotechnologie, se rend compte que sur des photographies qu'il a prises, de curieux chiffres sont inscrits.

Critique:
Ce roman ne m'a pas plu. La situation d'Ye Wenjie m'a intéressée, puis l'étrange découverte de Wang Miao m'a interpellée. Cependant, entre ces deux scènes (chapitres 2 et 3, puis chapitre 6), je me suis ennuyée. Ensuite, si le sort de ces deux personnages m'intéressait toujours, tout ce qui l'accompagnait me laissait froide. À mesure qu'on avance dans le roman, on retrouve un thème qui a souvent été utilisé (notamment par Serge Brussolo ou Pierre Bordage), mais ce n'est pas ce qui m'a ennuyée, car ce n'est pas parce qu'un sujet est réutilisé qu'il ne l'est pas à bon escient. J'ai d'ailleurs pensé que l'auteur décrivait des réactions plausibles concernant ce thème. (Je ne dirai pas ce que c'est pour ne pas trop en révéler)

Il y a également une idée qui devient de plus en plus courante, celle qui consiste à dire (en le prouvant) que l'homme est responsable de la dégradation de la planète, et n'a cure des autres espèces qui la peuplent. Les exemples donnés m'ont paru bien choisis. Je ne sais pas si cela m'aurait poussée à prendre la même décision qu'Ye Wenjie. Je suis incapable de dire ce que j'aurais fait à sa place...

Entre ces faits qui ont retenu mon attention, il y a de la science physique, de la politique, des stratégies de combat et d'assujettissement... Tout cela m'a agacée.

Wang Miao et d'autres jouent à un jeu en ligne appelé Les trois corps. Si certains aspects du jeu ont retenu mon attention (comme le système des ères régulières et chaotiques), j'ai trouvé que globalement, cela traînait.

Enfin, les personnages que j'appréciais finissent par faire des choses qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent Schmitt.
J'ai apprécié le jeu du comédien, mais je me rends compte que je n'ai pas grand-chose à en dire. Je pense que je m'ennuyais tellement que j'y ai fait moins attention. En tout cas, il n'a pas surjoué (je l'aurais remarqué) que ce soit pour ce qui est des sentiments des personnages ou quant au fait de modifier sa voix pour les protagonistes féminins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux ou trois pistes.

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jeudi, 18 juillet 2019

ADN, d'Yrsa Sigurdadottir.

ADN

L'ouvrage:
Islande, 2015. Ce matin-là, la police est appelée parce que deux enfants se sont réveillés enfermés dans leur chambre, et sont sortis de chez eux par la fenêtre. Dans la maison, leur mère est trouvée morte: elle a été atrocement mutilée. Quant à leur soeur, Margrét, elle demeure introuvable. C'est Huldar, le policier qui dirige l'équipe chargée de l'enquête, qui finit par découvrir l'enfant... sous le lit de sa mère. La fillette a été témoin du meurtre.

Critique:
J'ai pris ce roman avec une certaine méfiance, parce que les meurtres macabres me fatiguent. La seule raison pour laquelle j'ai tenté «ADN» est qu'il a été enregistré par une lectrice que j'aime beaucoup. Je devrais la remercier, car ce livre (dont j'imaginais qu'il me ferait soupirer d'ennui) m'a beaucoup plu. Outre une intrigue qui, pour moi, ne souffre pas de temps morts, ce roman contient des personnages attachants. Bien sûr, Margrét suscitera beaucoup d'empathie. Son monde s'écroule, et des inconnus lui posent des questions sur la nuit effrayante qu'elle a vécue et qui a détruit son univers. Quand elle se ferme, si on est déçu de ne pas avoir d'autres indications sur ce qu'a dit ou fait le meurtrier, on comprend cette petite fille qui ne sait plus en qui avoir confiance. J'ai été contente qu'elle finisse par trouver une véritable alliée qui ne pourra pas la décevoir. J'espère que dans les tomes suivants, elle reverra son amie. La série étant consacrée à Freyja et Huldar, si on voit Margrét par la suite, ce sera peu, mais cela n'est pas impossible, et me plairait. Pour cela, il faudrait encore que le frère de Freyja ne soit pas en mesure de récupérer l'amie de Margrét... Voyons la suite quand elle sortira. J'ai aussi beaucoup aimé ce que fait Margrét à la toute fin. C'est un personnage très attachant.

Karl m'a été sympathique. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement intéressant, mais pour moi, il vivait avec une souffrance qu'il gérait comme il pouvait, et qui a éveillé ma compassion. Je n'ai pas du tout apprécié son frère, ne comprenant pas pourquoi il était si distant. J'imagine que c'était sa manière de gérer sa propre souffrance. Cependant, il n'a pas éveillé ma compassion parce qu'il la fait payer à Karl qui n'y était absolument pour rien.

Souvent, les policiers de ce genre de romans ont un lourd et douloureux passé avec lequel ils tentent de composer. Cela m'agace. J'ai donc aimé que ce ne soit pas le cas d'Huldar. Certes, il doit vivre avec un ou deux éléments problématiques, mais il ne doit pas traîner des casseroles de tristesse et de souffrance dans son sillage. Je l'ai apprécié. Il tient à bien mener son enquête, n'est pas particulièrement ambitieux, reconnaît ses torts (il lui arrive de mal agir... notamment concernant les femmes), il ne tente pas de passer pour un super héros... En gros, il a ses bons et ses mauvais côtés, ce qui me l'a rendu sympathique.

J'ai également apprécié Freyja. À travers son travail, j'ai découvert les méthodes utilisées concernant les interrogatoires d'enfants témoins d'événements délicats. Quant à Freyja en tant que personne, elle m'a plu, et j'espère la découvrir davantage lors des tomes suivants.

À la fin du prologue, j'ai pensé qu'une certaine chose arriverait fatalement. Par la suite, j'ai pu constater que j'avais raison. Sinon, rien ne traîne, tout se tient, rien n'est bâclé. Il y a un rebondissement qui est éculé, et qui ne bernera pas le lecteur, mais ses répercussions ne durent pas, et elles permettent à la police de découvrir un indice. De ce fait, je ne reproche pas ce rebondissement à l'auteur.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Appréciant la lecture de Martine Moinat, j'ai tenté ce livre alors qu'il ne m'attirait pas trop. Il m'est souvent arrivé de faire ainsi, et lorsqu'il s'est agi de romans enregistrés par cette lectrice, j'ai souvent eu (comme ici) de bonnes surprises. J'espère que si les tomes suivants sortent en français, elle les enregistrera.

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mercredi, 17 juillet 2019

*Parutions Audiolib, août 2019.

Les titres suivants sont annoncés pour le 21 août.

  • Soif Soif. d'Amélie Nothomb, lu par Grégori Baquet, 2h30.
    Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha.
  • SoifManifesto (suivi d'un entretien avec l'autrice), de Léonor Récondo, lu par l'autrice t Jacques Chaussepied, 3h14.
    La vie et la mort s’entrelacent au coeur de ce « Manifesto » pour un père bientôt disparu. Proche de son dernier souffle, le corps de Félix repose sur son lit d’hôpital. À son chevet, sa fille Léonor se souvient de leur pas de deux artistique – les traits dessinés par Félix, peintre et sculpteur, venaient épouser les notes de la jeune apprentie violoniste, au milieu de l’atelier. L’art, la beauté et la quête de lumière pour conjurer les fantômes d’une enfance tôt interrompue. Pendant cette longue veille, l’esprit de Félix s’est échappé vers l’Espagne de ses toutes premières années, avant la guerre civile, avant l’exil. Il y a rejoint l’ombre d’Ernest Hemingway. Les deux vieux se racontent les femmes, la guerre, l’oeuvre accomplie, leurs destinées devenues si parallèles par le malheur enduré et la mort omniprésente.
    Les deux narrations, celle de Léonor et celle de Félix, portées par les lectures intimistes de l’autrice et du comédien Jacques Chaussepied, transfigurent cette nuit de chagrin en un somptueux éloge de l’amour, de la joie partagée et de la force créatrice comme ultime refuge à la violence du monde.
  • SoifLa Femme du banquier, de Cristina Alger, lu par Rachel Arditi, 9h19.
    Un matin de novembre, un homme et une femme embarquent à bord d'un avion privé à destination de Genève. Pris dans un orage, l'appareil disparaÎt des radars. L'épave sera retrouvée quelques heures plus tard dans les Alpes. Parmi les victimes figure Matthew Werner, un cadre de la Swiss United, une puissante banque offshore. Sa jeune veuve Annabel reste seule aux prises avec les secrets qu'il a laissés derrière lui. Découvrant que la mort de Matthew n'a rien d'accidentel, elle se retrouve prise dans un jeu de cache-cache terrifiant, contrainte à fuir des ennemis puissants que rien n'arrête.
    Pendant ce temps, Marina Tourneau, ambitieuse journaliste, est enfin arrivée au sommet. Mais après la mort de son mentor, elle accepte d'enquêter sur un nouveau scandale concernant la Swiss United. Cet article pourrait sauver la vie d'Annabel. Seulement, il faudrait que Marina veuille bien le publier...
  • PolicePolice, d'Hugo Boris, lu par Axelle Laffont, 3h30.
    Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ? Un huis clos saisissant qui offre un regard différent et bouleversant sur la police.
  • Les imposteursLes imposteurs, de John Grisham, lu par Maxime Van Santfoort, 10h46.
    À leur arrivée dans leur école de droit, Mark, Todd et Zola voulaient changer le monde, le rendre meilleur. Mais aujourd’hui, alors étudiants en dernière année, les trois amis s’aperçoivent qu’ils ont été dupés. Ils ont contractés de lourds emprunts pour financer des études dans une école qui n’est qu’une vulgaire usine à fric, un établissement de troisième zone dispensant un enseignement si médiocre qu’à la sortie, personne, ou presque, ne pourra réussir l’examen du barreau, et encore moins trouver un travail décent. Et quand ils découvrent que leur école, comme d’autres, appartient à un financier de New York qui tire les ficelles dans l’ombre et a aussi dans son escarcelle une banque spécialisée dans les prêts étudiants, les trois amis comprennent qu’ils ont été pris dans la « Grande arnaque des écoles de droit ». Mais il existe peut-être une échappatoire, un moyen de se libérer du joug de cette dette écrasante, de révéler les magouilles de cette banque, et même de gagner quelques dollars au passage...
  • La Nuit du mal - La Saga du Soleil noir, vol. 2La Nuit du mal - La Saga du soleil noir, 2, d'Éric Giacometti et Jacques Ravenne, lu par François Hatt, 11h 34.
    La vie continue à Londres malgré les bombardements. Pour faire basculer le conflit à l'issue encore incertaine, Mallorley, l'officier britannique en charge des actions spéciales, tente de percer les secrets de son prisonnier, Rudolf Hess, le maître SS de l'ésotérisme enfermé dans la tour de Londres. De l'autre côté de l'Europe, l'Ahnenerbe, institut nazi spécialisé dans l'occulte et l'archéologie, effectue des fouilles en Crète, sur le site antique de Cnossos. Les Allemands espèrent trouver la troisième Swastika. Mais une série d'assassinats mystérieux les en empêche. Tristan et Erika sont alors envoyés par Himmler pour retrouver la trace de la croix gammée. Une course folle s'engage, du château de Wewelsburg jusque dans une abbaye en Autriche qu'a fréquentée Hitler dans sa jeunesse, et qui se terminera à Venise, où se joue le duel ultime de cette guerre de l'ombre.

Car pour s'emparer de la Swastika, c'est à Hitler lui-même qu'il faudra s'en prendre.

  • Seconde Fondation - Le Cycle de Fondation, IIISeconde Fondation - Le Cycle de Fondation, III, d'Isaac Asimov, lu par Stéphane Ronchewski, 11h1.
    Conçue par le psychohistorien Hari Seldon pour restreindre l'ère de chaos résultant de la décadence de l'Empire galactique, la Fondation est désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d'imposer sa volonté à quiconque. Avec ses pouvoirs et les immenses ressources que lui procurent la Fondation, il s'est donné pour objectif d'étendre sa domination aux ultimes vestiges de l'Empire défunt. Mais déjà une nouvelle légende prend forme : il existerait une seconde Fondation, consacrée aux sciences mentales, œuvrant de façon occulte pour garantir l'accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon...
    En début de plusieurs chapitres, certaines phrases de l’Encyclopedia Galactica sont laissées incomplètes par l’auteur. Ces coupes, marquées par des points de suspension dans le texte original, sont traduites à l’audio par une diminution du niveau sonore.
  • Petit traité des grandes vertusPetit traité des grandes vertus, d'André Comte-Sponville, lu par Philippe Sollier, 11h44.
    Mieux vaut enseigner les vertus, disait Spinoza, que condamner les vices. Il ne s'agit pas de donner des leçons de morale, mais d'aider chacun à devenir son propre maître, comme il convient, et son unique juge. Dans quel but ? Pour être plus humain, plus fort, plus doux, plus libre. Les vertus sont nos valeurs morales, mais incarnées : toujours singulières, comme chacun d'entre nous, toujours plurielles, comme les faiblesses qu'elles combattent ou redressent. Il n'y a pas de Bien en soi. Le bien n'existe pas ; il est à faire, et c'est ce qu'on appelle les vertus. Ce sont elles que je me suis données ici pour objet : de la politesse à l'amour, dix-huit chapitres sur ces vertus qui nous manquent (mais point totalement : comment pourrions-nous autrement les penser ?), et qui nous éclairent.
  • Marie et Bronia, le pacte des soeursMarie et Bronia, le pacte des soeurs, de Natacha Henry, lu par Florine Orphelin, 5h54.
    À la mort de leur mère, Bronia et Marie sont dévastées. Bronia prend sa petite sœur sous son aile et les deux sœurs grandissent habitées par le même rêve : étudier pour devenir « quelqu’un ». Mais en tant que femmes, les portes des universités polonaises leurs sont fermées. Elles vont alors faire un pacte : Bronia part la première faire des études de médecine à Paris, et une fois installée, elle fera venir Marie pour que celle-ci puisse étudier à son tour. L’effervescence des années étudiantes, les premières amours et les kilomètres n’affaibliront en rien le lien inébranlable qui les unit. Ensemble, elles traverseront toutes les épreuves et parviendront jusqu’au bout de leurs rêves et même au-delà de ce qu’elles avaient espéré. L’une deviendra Marie Curie, l’autre l’une des premières gynécologues femme au monde.
  • Miss Peregrine 4 - La Carte des joursMiss Peregrine 4 - La Carte des jours, de Ransom Riggs, lu par Benjamin Jungers, 12h43.
    Jacob Portman est de retour chez lui, en Floride, là où tout a commencé. Et cette fois, son rêve est devenu réalité : Miss Peregrine et les enfants particuliers sont à ses côtés. Ces derniers découvrent, fascinés, le monde moderne. Afin de faciliter leur intégration, Jacob est chargé de leur donner des cours de normalité. Au programme : plage, baignade, et leçons particulières... Mais la découverte d’un mystérieux bunker dans la maison de son grand-père va tout changer. Persuadé qu’Abe lui a laissé des indices pour sauver des enfants particuliers isolés, Jacob entraîne ses amis sur les routes. C’est le début d’un jeu de piste dangereux, à travers un long périple dans l’Amérique d’aujourd’hui, territoire étrange, aux espaces parallèles peuplés de créatures d’un autre temps.

Les titres suivants sont annoncés pour le 28 août.

  • SimetierreSimetierre, de Stephen King, lu par Julien Chatelet, 20h.
    Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque « simetierre » où des générations d'enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l'existence des Creed, et l'on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque... Une plongée dans un monde paranormal et horrifique, aussi réjouissante qu’angoissante.
  • La marche méditative

La marche méditative, de Jean-Christophe Freseuilhe, lu par l'auteur, 2h30.
Associant théorie et pratique, un enregistrement inédit qui vous guidera dans l’exercice de la marche méditative pour atteindre la pleine conscience en milieux naturel ou urbain. Dans nos sociétés modernes, nous privilégions l’efficacité et la rapidité, nous courrons après un quotidien minuté et, bien souvent, la marche, jugée oisive, est délaissée. Pourtant, il est primordial de simplement prendre le temps et de savoir revenir à l’essentiel. Si la méditation se pratique généralement de manière immobile, elle peut également révéler tous ses bienfaits dans le mouvement. La marche méditative apparaît alors comme un formidable remède pour se reconnecter avec le monde extérieur et ressentir son corps dans son entièreté. En s’appuyant sur différents points d’ancrage (respiration, vision, sensations du corps...), cette pratique offre un moment de recueillement indispensable pour se ressourcer et tendre vers la sérénité.
Cet enregistrement inédit vous permettra d’expérimenter en profondeur une méditation en pleine conscience, accessible à tous et au quotidien, en pleine nature ou en ville, pour faire de n’importe quel environnement votre terrain d’expression.

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mardi, 16 juillet 2019

L'homme qui savait la langue des serpents, d'Andrus Kivirähk.

L'homme qui savait la langue des serpents

L'ouvrage:
Estonie.
Leemet est né au village. Son père voulait vivre avec son temps, labourer, manger du pain... Mais peu après la naissance de son fils, il est mort. Sa femme, qui détestait vivre au village, est retournée habiter dans la forêt, emmenant ses deux enfants. Leemet raconte sa jeunesse, sa famille, ses amis, et comment il en vient à se poser des questions quant aux croyances de ceux qui préfèrent vivre au village.

Critique:
Lorsque j'ai décidé de lire ce roman, j'ai provoqué l'étonnement d'une amie grande lectrice. Elle n'était pas du tout tentée par ce livre, et était persuadée qu'il ne me plairait pas. Je trouvais qu'il pouvait être étrange, mais mon instinct me disait de l'essayer. Je suis ravie de l'avoir écouté. Ce roman m'a beaucoup plu. Il m´est assez difficile d'écrire une chronique le concernant, car il fait partie de ces livres auxquels, à mon avis, je ne saurai pas rendre hommage.

Andrus Kivirähk manie l'humour à merveille. Il s'en sert souvent pour montrer qu'il ne faut pas s'enchaîner à un dogme religieux ou à des superstitions. Le narrateur commence par être fasciné par le village et ceux qu'on y rencontre (il y a d'ailleurs des passages très cocasses concernant le pain), puis il réfléchit, et ne comprend pas pourquoi il devrait avoir foi en Dieu (il en a assez de devoir croire à des génies de la forêt, et pour lui, Dieu n'est qu'un génie supplémentaire), être baptisé, changer de prénom... L'auteur se moque ici de la religion lorsqu'elle devient fanatisme. Il se gausse également d'Ülgas (le vieux «sage») qui ne jure que par les génies, et se targue de savoir guérir n'importe quoi. Outre les discussions que Leemet a avec des croyants fanatiques, il y a certaines scènes qui font qu'on ne peut que railler les participants. Par exemple, Johannes étant persuadé de pouvoir sauver sa vache mourante grâce à des remèdes que lui ont appris les étrangers (personnes à qui il pense tout devoir), ou de jeunes villageois se disputant parce que chacun est sûr de reconnaître... l'origine du crottin qu'ils trouvent lors de leurs pérégrinations... À travers tous ces exemples, l'auteur dit que ce qui compte, c'est surtout d'agir en son âme et conscience, et avec bon sens. On peut croire en Dieu ou aux génies, mais pourquoi y obliger les autres?

Les rares habitants de la forêt se replient quelque peu sur leurs traditions, mais le narrateur montre que certaines sont utiles. Par exemple, il est content d'avoir appris la langue des serpents, de pouvoir communiquer avec la plupart des animaux par ce biais. Là encore, c'est son bon sens qui parle. Bien sûr, en réalité, on ne peut pas opposer la modernité au fait de connaître la langue des serpents, puisque l'homme n'a jamais pu communiquer avec les serpents et les autres animaux. Cependant, l'auteur montre que les chrétiens qui vilipendent les serpents n'auraient qu'à les laisser tranquilles afin de ne pas être mordus. Le narrateur méprise les chasseurs qui se mettent à plusieurs pour terrasser un seul animal (élan, chevreuil, etc). Je n'ai pas la possibilité (comme Leemet) de pousser un animal à se sacrifier pour pouvoir manger, mais je méprise également le genre de chasseurs dont il parle.

D'autres scènes cocasses sont engendrées entre autres par le curieux élevage pratiqué par les anthropopithèques. La dernière scène où cet élevage est présent commence par être étonnante, puis à la fois heureuse (pour le narrateur), et triste (pour l'élevage). Le roman est un peu à cette image: au début, et pendant une grande partie, on rit, on est étonné de la manière dont ces gens vivent. Ensuite, viennent des moments plus durs... À partir de là, j'ai eu peur que le livre me plaise moins, mais cela n'a pas été le cas. Il a pris un autre tournant, et si j'en ai été attristée, j'ai continué de suivre Leemet avec grand intérêt. Je me demandais (comme souvent quand un roman me plaît) comment je réagirais à sa place. Je préférerais ne pas être confrontée à ce qu'il vit, et donc ne jamais connaître la réponse à cette question. Toujours est-il que cette interrogation m'a aidée à ne pas en tenir rigueur à Leemet lorsqu'il dérape...

La postface du traducteur explique certaines choses. Cela m'a intéressée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Dekoninck.

Il m'a plu de retrouver ce comédien dont j'aime beaucoup le jeu toujours naturel et adéquat. Ici, il n'a pas démérité. Je suppose qu'il s'est renseigné quant à la manière de prononcer les noms propres. Je ne sais pas comment il s'est débrouillé, mais ses prononciations (forcément avec une inflexion particulière et inhabituelle pour moi) ne m'ont absolument pas gênée. Je crois que c'est un tour de force de sa part, car généralement, dès qu'il y a un accent autre que celui de la langue principale dans un livre audio, cela me déplaît.

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lundi, 15 juillet 2019

House on fire, de Bonnie Kistler.

House on fire

L'ouvrage:
En général, lorsqu'un homme ou une femme se remarie, et qu'il ou elle a des enfants d'une première union, les relations ne sont pas simples. Ce n'est pas le cas dans la famille de Pete Conley et Leigh Huyett. Les trois enfants de Leigh (Zack et Dylan, vingt ans; et Chrissy, quatorze ans) se sont tout de suite très bien entendus avec les enfants de Pete (Christopher dit Kip, dix-huit ans; et Mia, dix ans). Voilà cinq ans que le couple est marié.
Ce soir-là, Pete et Leigh doivent aller récupérer Kip et Chrissy au commissariat: ils revenaient d'une soirée, et en voulant éviter un chien, Kip a foncé dans un arbre... L'alcootest s'est révélé positif. Le lendemain, alors que l'avocate et amie de la famille (Shelby Randall) tente de prouver que l'accident est arrivé avant minuit, et que donc, Kip n'avait pas encore dix-huit ans, un terrible événement se produit. La famille restera-t-elle soudée face à cela?...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. La quatrième de couverture (en plus d'en dire un peu trop) le compare à ceux de Jodi Picoult et Celeste Ng. Je n'aime pas que des auteurs soient comparés à d'autres: un auteur est lui-même et personne d'autre. Ici, la comparaison m'a fait tiquer, mais après avoir lu le roman, j'ai compris pourquoi elle était faite. Je ne l'approuve toujours pas (parce qu'alors, il faudrait dire que l'ambiance et la façon de faire de l'autrice peuvent rappeler «The rest of her life» et «While I'm falling» de Laura Moriarty, ou «The best kind of people», de Zoe Whittall, etc), mais je pense que ceux qui aiment Celeste Ng et Jodi Picoult peuvent aimer Bonnie Kistler. Peut-être aussi que celui qui a fait cette comparaison avait «Keeping Faith» (de Jodi Picoult) en tête, roman où quelqu'un fait ce qu'un des personnages de «House on fire» finit par faire... ;-)

Pete et Leigh, qui ont réussi leur second mariage, vont être confrontés à une très rude épreuve. À mesure que chacun avance, se fait son opinion, s'accroche à ce qu'il veut croire, je me suis demandé ce que j'aurais fait à leur place, et même si, à un moment, l'un d'eux m'a agacée, je n'ai pu blâmer personne. Leur situation est de celles qu'on veut ne jamais vivre. L'autrice explore très bien leur psychologie, expose à merveille leurs craintes, leurs faiblesses, leur souffrance. Elle en profite pour faire de petites remarques (entre ce que vivent certains et ce que font d'autres) sur le mensonge, le pardon, la confiance, l'amour de chaque membre d'une famille pour les siens, et surtout: lorsqu'un grand malheur nous arrive, on cherche quelqu'un sur qui rejeter la faute, et souvent, c'est soi-même qu'on blâme. Tout cela m'a parlé. J'ai très bien compris ces personnages et leurs questionnements. Je sais, comme le dit Bonnie Kistler, qu'il ne faut pas s'accuser de tous les maux, et j'ai apprécié que tout en le disant, elle reconnaisse que c'est extrêmement difficile.
Les enfants sont tous très attachants...

La quatrième de couverture parlant de retournements de situations, j'avais peur qu'il y ait des invraisemblances, qu'à trop vouloir surprendre (comme a pu faire Jodi Picoult ;-) ), Bonnie Kistler s'enlise. Heureusement, elle ne m'a pas déçue. Je me disais qu'au dernier moment, Leigh trouverait le journal de Chrissy, et qu'ainsi, elle aurait la certitude de savoir ce qui est arrivé. L'autrice n'a pas utilisé cette ficelle, et ce qu'elle a fait m'a plu. Ma ficelle semble d'ailleurs un peu grosse à côté...

En parallèle, la romancière développe une autre intrigue autour des affaires dont s'occupe Leigh (celle-ci est avocate). J'ai d'abord eu peur que cette bifurcation par rapport à la trame principale ne me plaise pas, mais là encore, je me suis trompée. Non seulement cela m'a plu, mais je n'avais pas du tout deviné ce qu'il y avait à savoir. J'ai été aussi surprise que Leigh! Ensuite, j'ai tenté de prendre l'autrice en défaut (ce ne serait pas drôle sinon), mais je n'y suis pas parvenue, ce qui m'a beaucoup plu.

Un roman profond, abouti, qui ne peut pas laisser indifférent, que je ne suis pas près d'oublier...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Simon and Schuster Audio

J'ai acheté ce roman parce que le résumé me plaisait, mais mes recherches m'ont menée vers lui parce qu'il est lu par Cassandra Campbell, une comédienne dont j'apprécie particulièrement le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle est parfaitement entrée dans l'ambiance du roman et dans la peau des personnages. Elle a joué sans faillir la galerie de protagonistes inventés par Bonnie Kistler. J'ai été agréablement étonnée qu'à certains moments, elle parvienne à passer, d'une réplique à l'autre, de l'avocate sûre d'elle qu'est Shelby à Pete ou Kip qui sont totalement perdus. Avec talent, sans jamais trop en faire, la lectrice interprète les divers sentiments des protagonistes: que l'une soit en colère, que l'un soit désespéré, qu'un autre ait la gorge nouée, le jeu de Cassandra Campbell est toujours adéquat.

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jeudi, 11 juillet 2019

En attendant le jour, de Michael Connelly.

En attendant le jour

L'ouvrage:
Après avoir travaillé aux vols et homicides pendant plusieurs années, Renée Ballard est de quart de nuit. Son coéquipier et elle sont les premiers sur les lieux d'affaires qui nécessitent la police pendant la nuit, mais ensuite, ils doivent donner ces affaires aux équipes de jour. Cela fait qu'ils ne vont jamais au bout d'une enquête. C'est très frustrant pour Renée. Cette nuit-là, le tandem va assister au commencement de trois affaires: un cambriolage, une agression, et un quintuple meurtre. Cette fois, Renée écoute son désir de ne pas être mise hors-jeu dès le jour levé.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai trouvé que l'auteur se renouvelait, ce qui est bien, car il commençait à s'essouffler. Certains de ses romans précédents m'ont même ennuyée. D'abord, il nous présente un nouveau personnage, donc il doit nous montrer son caractère, son passé, etc. Elle est aussi assoiffée de justice et pugnace que Bosch et Haller.
Ensuite, Michael Connelly évite que le lecteur se traîne péniblement en lui donnant plusieurs enquêtes à lire à la fois. Pour moi, cela n'a que des avantages. D'abord, c'est réaliste. Certes, un policier va se focaliser sur une enquête, mais il est logique qu'il lui en tombe plus d'une dessus en même temps. Donc, ici, le lecteur réfléchit dans différentes directions, ce qui est très intéressant. De plus, l'auteur peut se permettre d'élucider un mystère bien avant la fin, puisqu'il en reste deux. Voilà comment il évite un roman trop routinier. Enfin, parfois, des événements liés à telle ou telle affaire soulèvent des questions ou entraînent des éléments inattendus... Bref, j'ai trouvé tout cela bien agencé.

J'ai apprécié la manière dont Renée a géré l'enquête concernant l'agression. Le reste aussi, mais je mets l'accent sur cette affaire-là parce qu'elle pousse notre héroïne dans ses retranchements.

Il y a, me semble-t-il, un clin d'oeil à d'autres romans de Connelly, outre l'allusion à la série «Bosch». L'un des policiers croisé dans «En attendant le jour» est, si je me souviens bien du nom, le fils d'un autre policier qui a travaillé avec Bosch, et que, d'ailleurs, celui-ci n'aimait pas. On voit aussi le docteur Hinojos, que Bosch rencontre dans «Le dernier coyote», puis à qui il demande, plus tard, d'aider Maddie.

Je n'ai qu'un reproche à adresser à l'héroïne. Elle a adopté une chienne (Lola) avec qui elle a une grande complicité. Bien. Cette chienne passe presque tout son temps à être gardée parce que sa maîtresse travaille. Lorsque celle-ci est sur le terrain, cela se comprend, mais quand elle va au commissariat, elle pourrait l'emmener. Souhaitant pouvoir être davantage auprès de mes animaux, le comportement de l'héroïne à ce sujet me fait d'autant plus pester. Un humain, même si cela ne lui plaît pas, comprendra que son père ou sa mère travaille beaucoup et le voie peu; un animal se sentira abandonné. C'est d'ailleurs le cas de la chienne de Renée...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Caroline Klaus.

Je connais très peu cette comédienne, car la plupart des livres qu'elle a enregistrés ne me tentent pas. J'avais aimé sa prestation dans «Maman a tort». Ici, je l'ai beaucoup appréciée. Sa voix est très agréable, son intonation est toujours adéquate, elle transcrit très bien les émotions des personnages, ne fait pas d'affreux effets de voix... J'espère qu'elle enregistrera davantage de romans qui me tenteront, car j'ai très envie de l'entendre à nouveau.

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