lundi, 19 novembre 2018

Six months later, de Natalie D. Richards.

Six months later

L'ouvrage:
Chloé est lycéenne. Elle ne fait partie ni des élèves brillants ni des populaires. En ce jour de mai, elle vient d'écoper d'heures de retenue pour avoir déclenché l'alarme incendie. Elle avait fait cela pour créer une diversion, parce que son amie, Maggie Campbell, était en train de faire un exposé devant la classe, que son stress accentuait son bégaiement, ce qui renforçait son stress..., et que certains commençaient à rire.
Chloé est maintenant en étude, elle fait partie d'un groupe de travail. Après tant d'émotions, elle cède au sommeil. La fin de l'heure et le départ de ses congénères l'éveilleront, pense-t-elle.

Lorsqu'elle se réveille, elle constate que quelque chose ne va pas. Elle est dans la même salle, mais il n'y a personne d'autre, il fait nuit, ses mains sont pleines de terre, et... il neige. Petit à petit, Chloé se rend compte que six mois ont passé, et qu'elle les a oubliés. Elle découvre également que certaines choses incroyables sont arrivées pendant ce temps...

Critique:
Ce roman étant pour la jeunesse, et contenant un garçon dont toutes les filles rêvent, j'avais peur qu'il soit niais. Cependant, j'ai décidé de le tenter parce que le synopsis m'intéressait, et que j'aime bien la lectrice qui l'a enregistré. Je suis contente de ma lecture. J'ai trouvé l'histoire d'amour un peu trop facile, mais certaines choses se compliquent la concernant, la rendant moins simpliste.

Lorsque je lis un roman où le personnage principal est amnésique, je me demande toujours ce qui se passerait si cela m'arrivait. Comment réagirais-je? Comment se comporterait mon entourage? Je me dis surtout que j'aurais sûrement peur, que je serais perdue... J'ai donc compris le désarroi de Chloé. De plus, elle ne peut pas tout de suite se confier, ce qui empire sa situation.

À force d'aller à la pêche aux renseignements en tentant de paraître naturelle, Chloé finit par trouver un fil sur lequel tirer. Je trouve que c'est bien exploité parce que le lecteur avance à la même vitesse qu'elle, et il a tout le temps de supposer, d'imaginer... Lorsque l'héroïne commence à avoir des bribes de réponses (dont l'une donnée par madame Miller), le lecteur est (comme Chloé) perplexe.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts. Entre le désarroi de Chloé, ses questions, son désir de rattraper des bévues dont elle ne se souvient pas, ses relations avec ses parents, avec ses camarades, le lecteur a assez de matière pour ne pas s'ennuyer. Puis arrivent les rebondissements, et enfin, l'explication. Pour moi, tout est crédible, tout se tient. Malheureusement pour le monde, mais heureusement pour l'intrigue, quelque chose de ce genre est tout à fait plausible.

Ce roman m'ayant beaucoup plu, je lirai l'autre livre de Natalie D. Richards.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Woo Zeller pour les éditions Tantor Audio

Emily Woo Zeller fait partie des lecteurs que j'aime bien, mais dont je me méfie un peu, car elle m'a déçue sur certains livres. Ici, son interprétation m'a plu. Elle n'est pas trop sobre, ne se met pas à hurler comme une damnée, ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, ne crie pas en ayant l'air de se retenir... autant de choses déplaisantes que je l'ai entendue faire dans d'autres livres. Ici, elle joue le livre sans trop en faire, et met toujours le ton adéquat tant dans la narration que dans les dialogues.

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16 lectures

jeudi, 15 novembre 2018

Eleanor Oliphant va très bien, de Gail Honeyman.

Eleanor Oliphant va très bien

L'ouvrage:
2017. Eleanor Oliphant a trente ans. Elle est agent comptable dans une entreprise de design. Elle vit seule. Tous les mercredis soirs, elle a une conversation téléphonique avec sa mère. En peu de temps, son train-train quotidien va être bouleversé: elle et son collègue (Raymond) sauvent un homme, et elle rencontre... celui dont elle veut partager la vie.

Critique:
Après avoir entendu du bien de ce livre, j'ai voulu le tenter. Je suis contente de dire que je ne me retrouve pas (comme ça a été le cas) à aller dans le sens contraire de la plupart de ceux qui l'ont lu. Il m'a beaucoup plu. Pourtant, ça a mal commencé, parce qu'à la lecture du résumé, j'ai cru que c'était un livre amusant. Or, ce n'est pas du tout le cas. Certaines répliques ou situations prêtent parfois à rire, mais le cocasse n'est absolument pas le maître mot du roman. Donc, au début, j'ai un peu râlé, mais j'ai continué car je me suis rapidement attachée à Eleanor, et ai ressenti de la compassion pour elle. C'est un personnage peu commun, malgré la vie très routinière dans laquelle elle s'est installée. Elle a des idées très tranchées sur certaines choses, et semble savoir ce qu'elle veut dans la vie. J'ai été déçue de découvrir très vite que ses collègues se moquaient d'elle, et la considéraient comme une pauvre folle. Moi qui partage certaines de ses idées (sur les réceptions et les cadeaux de mariage, la cigarette, les repas de fêtes en entreprise, la ponctualité), je ne serais pas très étonnée que certains m'imaginent un peu comme ses collègues la voient. Elle est aussi très franche, et a parfois du mal à s'accommoder des codes sociaux.

Au début, son besoin de routine, son affection pour la vodka, et sa toquade pour le musicien peuvent faire penser qu'elle n'est pas très équilibrée. Pourtant, malgré quelques failles, elle est très lucide. L'analyse qu'elle fait d'elle-même et de son comportement au chapitre 26 en est une preuve. Elle sait parfaitement pourquoi elle est ainsi, pourquoi elle a agi de telle manière en telle circonstance. Elle se doute aussi qu'elle est au pied du mur, et va devoir creuser tout cela. C'est justement ce qu'elle s'efforce de ne pas faire depuis des années. Voilà pourquoi elle préfère une certaine voie, et en veut presque à Raymond qui la pousse dans l'autre sens.

Gail Honeyman a créé un personnage qui se croit faible, mais est très fort. Eleanor a eu la force de repousser ce avec quoi elle ne voulait pas vivre, puis celle de l'accepter alors que le repousser devenait impossible. Elle est attendrissante, attachante, touchante. Dès le départ, j'ai trouvé dommage que ses collègues la voient comme une idiote à cause de son apparence et de ses propos parfois étranges. Au long du roman, elle évolue, une personne tente de mieux la connaître et ne s'enfuit pas, et notre héroïne trouve le courage d'affronter ce qu'elle avait juré d'enfouir au fond d'elle-même.

Eleanor joue à une sorte de jeu dans le bus: elle prend dix secondes pour examiner les gens, et va s'asseoir à côté de la personne qu'elle juge la plus saine. Moi, si je faisais cela, je choisirais la personne qui ne s'est pas renversé le flacon de parfum sur la tête. Hahaha, La Livrophile profite d'une chronique pour râler après les gens parfumés.

L'héroïne explique qu'elle aime beaucoup «Jane Eyre» et «Raison et sentiments». Dans sa vie (si j'ose dire) il y a une allusion au roman de Jane Austen. Il y a aussi quelque chose qui relie «Jane Eyre» à sa vie, mais j'avoue ne pas avoir compris pourquoi Gail Honeyman a souhaité faire ainsi. (Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, on découvre cela lorsqu'Eleanor lit la feuille qui s'est échappée de son dossier alors que ledit dossier se trouvait chez elle.)

Il y a deux petites choses que je n'ai pas comprises...

Afficher Attention, je dévoile des éléments clés.Masquer Attention, je dévoile des éléments clés.

La mère d'Eleanor lui fait comprendre qu'elle est le fruit d'un viol. Dans ce cas, comment Marianne est-elle née? La mère d'Eleanor a-t-elle à nouveau été violée, et ce viol a-t-il à nouveau engendré un enfant? C'est un peu étrange...
D'autre part, si Eleanor était attachée quand sa mère a déclenché l'incendie, qu'elle a réussi à se détacher, à sortir de la maison, puis à y retourner pour tenter de sauver Marianne, et qu'elle s'en est tirée, comment se fait-il que sa mère (qui n'avait qu'elle-même à sauver) soit morte? Elle est restée moins longtemps qu'Eleanor exposée aux flammes, puisqu'elle s'est enfuie sitôt l'incendie déclenché...

Un roman très sympathique, qui montre que quand on veut bien s'écouter et se faire aider, et que quand on tend la main au lieu d'imaginer que la personne en face est folle, les choses passent tout de suite mieux.

Éditeur: Fleuve.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Carine Leduc pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est le premier livre enregistré par cette lectrice bénévole que j'écoute. J'ai plusieurs fois repoussé cette lecture, parce que comme je pensais que le livre était drôle, je ne comprenais pas pourquoi la lectrice n'y mettait pas davantage de dynamisme. Après lui avoir enfin donné sa chance, je peux dire que j'ai beaucoup apprécié l'interprétation de Carine Leduc. Elle n'en fait pas trop, n'est pas trop sobre, ne force pas le trait pour donner des voix aux différents personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir. Ce qui m'a un peu moins plu, c'est qu'elle n'ait pas prononcé Oliphant totalement à la française.

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53 lectures

lundi, 12 novembre 2018

The commitment, de Dan Savage.

The commitment

L'ouvrage:
Dan et Terry sont ensemble depuis dix ans. Ils ont un fils, DJ. La mère de Dan aimerait qu'il se marie. Dan est superstitieux, et craint que le mariage détruise leur relation. Terry, lui, allègue qu'il ne veut pas agir comme les hétérosexuels. De plus, ils vivent dans un état où le mariage de personnes du même sexe est illégal. S'ils se mariaient, ce serait au Canada. Ensuite, cela ne serait pas reconnu dans leur lieu de résidence.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout Dan Savage. Lorsque je me suis aperçue que ce livre était un témoignage (le narrateur parle de lui-même comme étant Dan Savage), j'ai fait des recherches. Cela m'a révélé pourquoi je ne le connaissais pas: il est connu aux États-Unis, et pas en France. En tout cas, après la lecture de «The commitment», je suis sûre de lire d'autres livres de lui, car ce témoignage m'a beaucoup plu. Il ne raconte pas seulement les hésitations du couple qui examine la question du mariage. Il analyse aussi les arguments des uns et des autres contre le mariage homosexuel, voire l'homosexualité. Je le trouve très posé (même lorsqu'il vilipende les homophobes), et j'aime beaucoup ses arguments qui sont les miens depuis longtemps.

L'auteur ne tombe jamais dans la lamentation. Le livre est placé sous le signe de l'humour. Bien sûr, il y a des passages graves, mais le rire est omniprésent. Par exemple, DJ ne veut pas que ses parents se marient parce que, pour lui, un homme doit épouser une femme. C'est quand même triste qu'un enfant de six ans pense ainsi, même si on se dit qu'en grandissant, il réfléchira et pourra changer d'avis. Mais lorsque DJ explique ses réticences, le texte n'est jamais larmoyant. Il y a même une scène très amusante où l'enfant tente de rouler des yeux en signe de désapprobation, et où Dan dit à Terry (qui ne peut voir DJ): «Il acquiesce.», provoquant les protestations indignées de l'enfant.

Ce que Dan mous décrit de sa famille m'a plu. Sa mère est un peu dirigiste, mais il est toujours évident qu'elle agit par amour. Là encore, certaines scènes sont à la fois graves et drôles. Par exemple, Judy argumente avec conviction en faveur du mariage de Dan et Terry, puis on se rend compte qu'il y avait davantage de tequilla que prévu dans son margarita... ;-)

Un témoignage tendre, grave, drôle, qui soulève d'importantes questions, un appel à la tolérance et à l'apaisement. À lire!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Paul Michael Garcia pour les éditions Blackstone audio.

Je connais peu ce comédien. J'ai beaucoup aimé son interprétation. Il rend parfaitement la gravité teintée d'humour de l'auteur. Il ne modifie pas trop sa voix pour les différents personnages, ce que j'ai apprécié. Sans efforts apparents, il rend le texte de manière naturelle. Il semblerait qu'il ait enregistré un autre livre de Dan Savage, mais il le lit avec une comédienne que je n'aime pas trop. À voir, donc...

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64 lectures

jeudi, 8 novembre 2018

Une femme entre nous, de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Une femme entre nous

L'ouvrage:
Richard Thompson, riche homme d'affaires, vient de quitter Vanessa en lui laissant très peu de biens. Celle-ci habite maintenant chez sa tante Charlotte, et travaille dans un magasin de vêtements. Richard doit se remarier. Vanessa veut absolument empêcher cela.

Critique:
J'ai souhaité lire ce roman parce que c'est un thriller psychologique, et parce qu'il est enregistré par Camille Lamache. Je me suis un peu méfiée en découvrant que Sarah Pekkanen était l'une des autrices, parce que j'ai commencé un livre d'elle que je n'ai pas pu terminer, le trouvant mièvre. Le résumé m'a interpellée. En gros, il dit au lecteur de ne pas ramener l'intrigue à quelque chose de vu et revu, et promet de bons rebondissements. Au début de ma lecture, je voyais surtout la banalité niée par le résumé. Un personnage me déplaisait, un autre m'agaçait, un autre attirait ma compassion, mais il me semblait savoir où allaient Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Cela ne m'a pas déplu. Le livre m'intéressait, malgré le fait que selon moi, il ne respectait pas les promesses clamées par le résumé. Et puis, les choses se sont corsées. Il y a, en effet, quelques rebondissements bien trouvés et bien amenés. Je n'en avais pressenti qu'un, très peu de temps avant que Vanessa n'y pense. L'un d'eux m'a beaucoup surprise, je ne m'y attendais absolument pas: cela m'a semblé très finement joué par les romancières. Bien sûr, le livre ne croule pas sous les rebondissements (cela gâcherait le tout), mais n'allez pas croire que les passages qui en sont exempts traînent. Ce n'est pas le cas. J'ai aimé que les écrivains prennent le temps d'explorer et d'exposer la psychologie des personnages, de revenir sur certaines choses, etc.

Les autrices ont pris un thème que nous connaissons bien, et l'ont étoffé, créant une intrigue qui pourrait sembler peu probable, mais qu'elles parviennent parfaitement à rendre vraisemblable. Elles prennent le soin de donner des explications, de bien pointer du doigt (sans que cela semble appuyé) ce que le lecteur ne doit pas oublier afin qu'il y repense à la lumière d'autres éléments. Pour moi, elles se sont très bien débrouillées. Je n'ai pas trouvé d'incohérences, et je pense que dans un récit de ce genre, il est difficile de ne pas en faire.

Je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, parce que mon avis orienterait ceux qui me lisent et n'ont pas encore lu ce roman dans certaines directions, et il ne le faut pas. En fait, j'aimerais dire beaucoup de choses, mais elles donneraient trop d'indications. Sachez donc que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Lizzie.

Comme je m'y attendais, Camille Lamache n'a pas démérité. Lorsque les chapitres sont racontés par Vanessa, il me semble qu'elle prend une voix légèrement plus rauque, davantage en accord (notamment grâce à la fêlure et à la pointe de désabusement qui transparaissent) avec ce que nous découvrons de Vanessa que celle qu'elle prend pour les chapitres à la troisième personne du singulier, qui montrent quelqu'un à un stade très différent.
D'autre part, la comédienne a toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de pleurer, de menacer, d'être en colère... Elle n'exagère pas les graves pour les rôles masculins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, je suis allergique à la musique dans les livres audio. Les éditions Lizzie en mettent parfois en début de chapitres. Ici, heureusement pour moi, il n'y en a pas. Par ailleurs, j'ai constaté que tous les livres de cet éditeur (du moins, c'est le cas pour ceux que j'ai lus, donc j'imagine que c'est ainsi pour tous) étaient présentés avec la même musique. Cela ne me déplaît pas. Je trouve que c'est une bonne idée. À terme, les lecteurs reconnaîtront l'éditeur avant d'entendre «Lizzie présente» grâce à cette musique récurrente. D'autre part, ce petit morceau ne me déplaît pas. Je reste allergique aux musiques en début de chapitres, bien sûr. ;-)

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100 lectures

lundi, 5 novembre 2018

Ensemble à minuit, de Jennifer Castle.

Ensemble à minuit

Note: Ce roman sort en français mercredi.

L'ouvrage:
Kendall vient de passer un semestre à l'étranger. Elle est de retour chez elle, près de New York, pour les vacances de Noël. Elle décide d'aller passer la deuxième semaine à New York même chez son frère, Emerson.
Max habite quelques jours chez son grand-père pour s'en occuper, le temps qu'une nouvelle aide soit engagée. Max et Kendall se connaissent depuis l'été, mais ils ne gardent pas forcément un bon souvenir de la rencontre.
À un arrêt de bus, les deux adolescents sont témoins d'une dispute, puis d'un accident. Avec le recul, ils pensent qu'en intervenant lors de la querelle, ils auraient pu éviter l'accident. C'est alors qu'ils en discutent autour d'un café qu'une serveuse leur lance un défi: ils doivent faire sept bonnes actions envers des inconnus. Kendall ajoute que l'argent ne doit pas entrer en compte.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je l'ai lu tout de suite après «Nous rêvions juste de liberté», et c'était exactement ce qu'il me fallait pour sortir de quelque chose de si éprouvant. (Pour ceux qui se demanderaient pourquoi les deux chroniques sont si éloignées dans le temps, le livre d'Henri Loevenbruck était un service presse, et je publie les chroniques des services presse très vite après les avoir écrites.) Max et Kendall sont gentils et un peu perdus concernant certains aspects de leur vie. C'est dans ce contexte qu'ils voient cette dispute qui entraîne un terrible événement. Par la suite, Max explique que ce qu'ils ont fait (ne pas intervenir dans la dispute) est apparemment une façon commune de réagir. Personne ne veut intervenir lorsque des inconnus sont impliqués, pensant que d'autres vont le faire. C'est exactement ce que nos deux héros pensaient. Je ne savais pas qu'une théorie existait, et que cette façon d'agir (ou de ne pas agir) était devenue commune. C'est dommage, mais franchement, je me vois mal me mêler d'un conflit entre deux inconnus. Surtout que, comme c'est souligné et même montré dans le roman, certains peuvent rejeter assez rudement l'aide offerte.

J'ai apprécié la décision que prennent Max et Kendall après l'accident: aider des inconnus. Le livre alterne les chapitres où Kendall raconte et ceux où Max le fait. Une fois qu'ils ont eu affaire à quelqu'un, il y a un passage où la personne s'exprime. Certains personnages m'ont un peu serré le coeur, comme Bryan, le père de l'enfant que Kendall distrait.
À un moment, Max se demande s'ils ont vraiment aidé quelqu'un, et s'ils ne l'ont pas plutôt enfoncé. (Je parle de Winston.) J'ai compris son questionnement, et j'ai trouvé bien que Kendall et lui y réfléchissent.
J'ai apprécié que Cora refuse leur aide, surtout après avoir lu le passage où elle s'exprime.
Il y a aussi la fois où l'aide que Kendall apporte finit par lui déplaire. Il m'a plu que Jennifer Castle montre plusieurs exemples, et que tout ne soit pas toujours bien perçu par tous.
Après ce roman, je me demande si, lorsque je serai confrontée à ce genre de situations, j'oserai proposer mon aide. Je ne peux pas répondre...
En tout cas, je trouve sympathique un roman où deux adolescents décident d'être gentils, et d'aider des gens qui semblent en avoir besoin.

Certains trouveront peut-être les chassés-croisés amoureux un peu pénibles. Ils ne m'ont pas trop ennuyée, principalement parce que tout finit comme je le souhaitais.

Un joli roman qui soulève certaines questions sur la nature humaine.

Éditeur français: Casterman.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Je connais très peu James Fouhey. Le bon souvenir que j'ai de lui dans «Don't try to find me» n'a pas été contrarié. J'ai apprécié son interprétation, et l'entendrai à nouveau avec plaisir. Il a dû moduler un peu sa voix pour les passages narrés par des hommes autres que Max, et s'en est bien sorti.

Comme je l'ai dit dans une chronique récente, j'aime beaucoup Arielle Delisle. Ici, j'ai été un peu déçue qu'elle change à ce point sa voix pour certains passages narrés par des femmes autres que Kendall, mais elle y était obligée pour montrer un vrai contraste. Elle s'en tire assez bien.

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jeudi, 1 novembre 2018

Le poison de la vérité, de Kathleen Barber.

Le poison de la vérité

L'ouvrage:
Septembre 2015. La journaliste Poppy Parnell fait un podcast examinant le meurtre de Charles Buhrman, commis treize ans plus tôt. Le but de cette enquête est de prouver l'innocence de Warren Cave, qui, à l'époque, était le jeune voisin de la famille Buhrman. Le podcast fait de l'audience, chacun s'interroge: Lanie Buhrman a-t-elle réellement vu (comme elle le prétend) Warren abattre son père d'une balle? Poppy met en avant le fait qu'au départ, Lanie disait n'avoir rien vu. C'est par la suite qu'elle a déclaré ce qui a fini par être le seul élément qui accusait Warren.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'histoire est racontée par Josie, la soeur jumelle de Lanie. Son récit nous montre comment la famille réagit aux propos de Poppy et aux interviews qu'elle réalise concernant le meurtre. Les retours en arrière (qui sont brefs et imbriqués dans le récit du présent) montrent comment les choses ont pu se dégrader entre Lanie et les autres membres de la famille.

Dès le départ, j'ai pensé que ceux qui doutaient de la culpabilité de Warren avaient raison parce que Lanie avait commencé par dire n'avoir rien vu. Pourquoi, ensuite, a-t-elle dit avoir vu Warren?... Bien sûr, tout finit par être expliqué, et c'est logique. Seulement, je trouve Lanie assez ambiguë au long du roman. Dans le passé, elle commet des actes répréhensibles, et s'étonne d'en être punie par le départ de sa soeur. Quant au meurtre, après que nous savons tout, il est une chose concernant laquelle je doute de Lanie, à l'instar de Josie.

La narratrice m'a été sympathique, même si je n'ai pas été d'accord avec tous ses choix. Par exemple, elle commence par cacher la vérité à Caleb (l'homme qu'elle aime), et ne la lui révèle que parce qu'elle est prise à la gorge. Certes, le lecteur sait qu'elle voudrait la lui dire depuis un petit moment, mais les faits sont là.

Amélia et Ellen sont des personnages très sympathiques. Elles n'ont pas été épargnées par le meurtre et ce qui en découle, et se montrent toujours à la hauteur des situations épineuses qui se présentent à elles. Ellen semble parfois un peu frivole, mais sa famille peut compter sur elle.

Que dire de Poppy? C'est un rapace avide de scoops. Elle harcèle Josie et Lanie sans vergogne. Bien sûr, tous les journalistes ne peuvent pas être comme Rebekah Roberts (héroïne créée par Julia Dahl) qui, même lorsqu'elle est à l'affût, prend des gants, et n'est jamais méchante intentionnellement. Je me dis toujours qu'il est logique qu'un journaliste paraisse empressé, mais Poppy Parnell est davantage que cela. C'est une véritable charognarde. Elle nie le mal que son podcast peut faire à la famille Buhrman, et lorsqu'elle parvient à approcher Josie et Lanie, elle a la langue pendante à l'idée de ce qu'elle pourrait réussir à leur faire dire.

Pour moi, l'auteur ne traîne pas. Le tout n'est élucidé qu'à la fin, mais ce qui arrive entre temps ne m'a jamais semblé être du remplissage. Kathleen Barber expose la psychologie de ses personnages, pourquoi certains sont partis à un moment donné... Tout est bien exploré, les choses s'expliquent facilement, même quand un protagoniste n'admet pas ses raisons d'agir.

J'ai trouvé la fin trop rapide. Cela m'arrive de plus en plus. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire ou un épilogue disant comment se passent les choses pour Josie, Caleb, Amélia, Ellen et Lanie quelque temps après.

Il arrive souvent que je trouve des erreurs de syntaxe dans les romans. Parfois, je le signale dans ma chronique. Dans «Le poison de la vérité», non seulement je n'en ai pas remarqué, mais en plus, je tiens à remercier le traducteur, Jacques Colin, qui utilise «après que» avec l'indicatif.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Parra.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Lorsque j'ai vu «Le poison de la vérité» dans les «à paraître» d'Audible, tentée par le résumé, je suis allée écouter la voix de Sandra Parra sur l'un des tomes de «Les ailes d'émeraude», série qui ne me tente pas du tout. À l'écoute de l'extrait, j'ai pensé: «Bon, ça pourra aller, mais ce ne sera pas super.» En commençant «Le poison de la vérité», je me suis demandé comment j'avais pu avoir une pensée si tiède. En effet, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Sandra Parra. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et parvient à montrer tout un éventail d'émotions sans avoir l'air de larmoyer. Une amie pense que ma tiédeur initiale est due au fait que «Les ailes d'émeraude» est d'un genre totalement différent, et qu'en plus, cela ne m'attire pas du tout. En tout cas, je dis bien fort ici que je serais ravie d'entendre Sandra Parra sur d'autres livres!

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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150 lectures

lundi, 29 octobre 2018

Smoke, de Catherine McKenzie.

Smoke

L'ouvrage:
Dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 septembre, un feu prend près d'un petit village des Rocheuses. Les combattants du feu font leur possible. Elizabeth a été combattante du feu, mais a cessé afin de se consacrer davantage à son mariage. Aujourd'hui, elle travaille pour la police locale, et s'emploie donc à découvrir comment le feu a pris. Son patron a déjà un suspect en tête.
D'autre part, le soir du 1er septembre, la jeune femme est parvenue à convaincre son mari (Ben) qu'ils devaient divorcer.

Pendant ce temps, Mindy Mitchell, ancienne amie d'Elizabeth, sent que son fils, Angus, a des soucis. Elle cherche un moyen de l'aider à se confier.
Catherine McKenzie raconte six jours de la vie du petit village.

Critique:
Ce roman m'a davantage plu que «Les nouveaux voisins», car je n'ai pas de reproches à faire quant à l'agencement de l'intrigue, ou quant au retardement d'une révélation. D'abord, j'ai apprécié les personnages. On côtoie surtout Elizabeth et Ben, ainsi que Mindy et sa famille. Elizabeth est touchante, mais aussi très agaçante. Lorsqu'elle raconte sa dispute avec Mindy, j'ai plutôt pris le parti de cette dernière, parce que je ne vois pas pourquoi elle aurait dû se ranger à l'avis de son amie. J'ai aussi été très déçue lorsqu'Elizabeth raconte l'histoire des gâteaux sans sucre. Je trouve que ce qu'elle a fait à ce sujet est traître et irrespectueux. Ce n'est pas digne d'une véritable amitié. Elle a fait bien pire à son mari, ce qui explique pourquoi celui-ci n'a plus confiance en elle. Cependant, lors des six jours qui nous sont racontés ici, elle se remet sérieusement en question concernant son comportement envers lui. Elle analyse les raisons que Ben a de lui en vouloir, et reconnaît qu'elles sont valables. D'autre part, lorsqu'il s'agit de découvrir qui a mis le feu, elle ne saute pas sur le premier suspect venu.

J'ai trouvé Mindy plus sympathique. Il m'a semblé qu'elle était moins centrée sur elle-même, qu'elle savait davantage ce qu'était la vie. Bien sûr, il m'a paru étrange qu'elle soit amie avec Kate (qui est plutôt plate, cancanière, et pas très bien intentionnée), mais étant donné ce qui arrive à la fin, tout cela faisait son chemin dans la tête de Mindy. J'ai aussi été touchée par son amour pour ses enfants. Malgré sa maladresse et ses erreurs, c'est une bonne mère.

J'ai apprécié la manière dont se déroule l'intrigue. Après avoir planté le décor et montré le quotidien de nos deux héroïnes, l'auteur enchaîne les événements. Mindy découvre ce qui ne va pas avec Angus, et d'autres faits se combinent à cela pour précipiter sa famille dans le cauchemar. À l'instar de Mindy, je me doutais du nom de la personne qui détenait la clé de l'énigme. J'ai été un peu déçue, à la toute fin, d'apprendre que celui qui avait mis le feu ne soit pas celui que je soupçonnais, car j'aurais voulu que cette personne soit punie de manière drastique, et s'en souvienne pendant des années et des années.

J'ai aimé suivre Elizabeth et Mindy dans cette histoire qui est un tournant dans la vie de chacune.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Cassandra Campbell lit le prologue et les chapitres du point de vue de Mindy, Amy McFadden interprète les chapitres narrés par Elizabeth, et Dany Campbell lit les articles de journal et le chapitre raconté du point de vue de John.

Cassandra Campbell et Amy McFadden font partie des lecteurs que je préfère. Leur jeu est toujours vivant, naturel, approprié. Cela a été le cas ici.
J'aime moins Dany Campbell, mais les passages qu'il lit ne sont pas très longs, donc je n'ai pas été gênée.

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87 lectures

jeudi, 25 octobre 2018

La fourmi rouge, d'Émilie Chazerand.

La fourmi rouge

L'ouvrage:
Vania Strudel, quinze ans, vit avec son père (Gottfried) qui est taxidermiste. Son meilleur ami (Pierre-Rachid, dit Pirach) habite dans le même immeuble qu'elle. Elle fait parfois du papy-sitting pour Rachel, une autre voisine, dont elle «garde» le père, Abraham. L'adolescente entre en Seconde. C'est alors qu'elle reçoit un mail d'un expéditeur anonyme qui l'exhorte à cesser de se retenir de vivre, à oser être elle-même, à cesser d'être insignifiante.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Émilie Chazerand a l'art de dépeindre des situations cocasses ou embarrassantes, de caser des répliques savoureuses au bon moment, de décrire des personnages auxquels on s'attache. Il n'y a aucun temps mort, aucun remplissage.

La jeune héroïne m'a un peu rappelé ce que j'étais quand j'avais son âge. Je n'étais pas harcelée par de méchantes filles et ignorée par d'autres, mais je n'étais pas vraiment populaire. À part cela, je n'étais pas aussi mûre qu'elle. Tour à tour agaçante (comme lors de sa dispute avec son père), drôle (lorsqu'elle pointe du doigt la bêtise de Charlotte, qu'elle bave devant Grégoire, qu'elle donne une petite leçon à Pirach, qu'elle se moque d'elle-même...), et attendrissante (lorsqu'elle raconte ce qui s'est passé avec sa mère), Vania est un personnage auquel on s'identifiera très facilement, et qui conquerra forcément les lecteurs. Elle s'accepte, assume ses failles, même si elle rechigne à en combler certaines, le tout avec un humour toujours à propos.
Ceux qui gravitent autour d'elle sont attachants. Son père est sûrement celui qui m'a le plus touchée parce qu'outre le fait qu'elle est injuste envers lui après son premier jour de lycée, on voit qu'il n'a pas eu une vie facile, et veut toujours faire plaisir, notamment à son ingrate de fille. ;-)
J'ai également beaucoup apprécié Pirach (même si presque dès le début, il s'attire les foudres de sa meilleure amie et celles du lecteur) ainsi que ses parents.
Rachel semble trop courir après le mâle, mais elle n'est pas antipathique.
Victoire est sympathique. Vania l'évoque dès le début, mais on découvre sa personnalité plus tard, lorsqu'elle a de longues conversations avec son amie. Je me suis demandé si la maladie dont elle souffre existait vraiment. D'après Wikipédia, cela existe, et en français (Vania ne donne le nom qu'en anglais) cela s'appelle la triméthylaminurie. Victoire semble moins adepte de l'autodérision et de l'humour corrosif que l'héroïne. C'est finalement elle qui tirera une leçon pertinente de ce qui leur arrive.

Ce livre, en plus d'être rédigé d'une plume vivante et fluide, pose certaines questions, parle de tolérance (pas seulement à travers Victoire). Vania se cherche, cherche sa place, et elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule. Émilie Chazerand incite son lecteur à profiter des bons moments (même lorsqu'il s'agit d'être méchante et de faire mordre la poussière (et la balayette) à la pouffiasse qui se moque de vous et vous martyrise depuis des années). Elle n'est pas une fervente adepte du pardon à tout prix, ce qui m'a plu. Son roman est très réaliste. J'ai beaucoup souri, ai eu quelques rires, et aussi de petites larmes d'émotion.
Et vous, saurez-vous qui a envoyé le mail de la vérité? J'ai lu une chronique dont la rédactrice avait trouvé dès le départ. Quant à moi, je ne l'ai deviné que lorsqu'un personnage s'est «révélé», si j'ose dire.

Je suis contente: pour une fois, je ne suis pas la seule à dire du mal d'un livre que tout le monde a aimé. J'applaudis Émilie Chazerand avec les autres!

Éditeur: Sarbacane.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maude Morel pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Je connais peu cette lectrice bénévole. J'ai apprécié son interprétation. Il y a un passage qu'il vaut mieux lire en audio, et que Maude Morel a très bien rendu: c'est toute la partie où notre héroïne a une incisive en moins. Elle zozote, et c'est très amusant, surtout lorsqu'elle est fâchée ou tente d'être sérieuse.

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