Winterkill, de C. J. Box.
À 07:06 par La Livrophile, dans la rubrique Romans policiers, thrillers, suspense
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L'ouvrage:
Joe Pickett, garde-chasse de la petite ville de Saddlespring, dans le Wyoming, est en train de faire sa ronde, lorsqu'il aperçoit quelqu'un qui tire sur un troupeau de wapitis. Il a dépassé la limite autorisée, et continue de tirer sur les bêtes. Joe arrête l'homme: c'est lamar Gardner, un employé de l'office des forêts. Lamar semble en transe, et explique que d'habitude, il n'arive jamais à atteindre les wapitis, alors que maintenant, il en profite. Pendant que Joe l'emmène au bureau du shérif, Lamar profite d'un moment de confusion pour menoter le garde-chasse à son volant, et prendre la fuite.
Lorsque Joe le retrouve, il est trop tard: il a été embroché sur un tronc d'arbre à l'aide de deux flèches, et on lui a tranché la gorge. Une enquête est ouverte.
Critique:
Malgré le fait que je suis maniaque, je n'ai pas écrit la critique du tome 2 de la série («La mort au fond du canyon»). J'ai été tellement déçue que je n'ai pas eu le courage de l'écrire. Je trouvais les personnages moins épais, moins crédibles que dans le tome 1. On ne voyait pas assez la famille de Joe à mon goût. L'énigme traînait... enfin, j'étais déçue de n'avoir pas grand-chose de positif à dire, et j'ai renoncé à écrire cette critique. Je trouve le tome 3 de la série plus réussi que le tome 2. D'abord, la famille de Joe est omniprésente. De ce fait, on voit agir et réagir les personnages, et on les retrouve dans toute leur complexité.
Par ailleurs, l'énigme ne traîne pas trop. Dès qu'on découvre le coupable du meurtre de Lamar et son mobile, on est entraîné dans une course-poursuite assez spectaculaire: Joe doit rattraper le second meurtrier, ainsi que le FBI et Melinda Strickland. La découverte des coupables ne fait pas que tout s'arrête comme dans certains thrillers où on se traîne péniblement jusqu'à la fin pour savoir qui a fait quoi. C. J. Box a su proposer une autre forme de suspense: on sait qui sont les coupables, mais rien n'est fini, et l'intérêt du lecteur ne diminue pas. Il y a même un moment où le lecteur, à l'instar de Joe, a peur que l'un des personnages, après avoir vu son monde bouleversé, ait franchi une limite, ait commis un acte qui l'aurait empêché de vivre normalement par la suite. Le contexte fait que le lecteur croit en cette théorie.
Le coup qui frappe la famille Pickett m'a presque fait regretter d'avoir souhaité la rencontrer plus souvent dans les romans, car c'est à cause de cela qu'on les côtoie plus que dans le tome 2. La famille Pickett est victime de la bêtise des gens, si on résume: d'abord de l'égoïsme d'une personne qui agit comme une enfant gâtée (étant donné qu'elle n'apprécie réellement sa fille que quand elle dort), et ensuite de l'égoïsme, de la bêtise, et de la folie d'une femme dangereuse.
Ce livre est un tournant dans la vie des Pickett, car les événements extérieurs finissent par affecter leur vie.
Malgré cette gravité, ce désespoir, il y a quelques parenthèses amusantes, notamment lorsque Lucy s'amuse à s'habiller exactement comme sa grand-mère...
On retrouve aussi Sheridan telle qu'elle était dans le tome 1: petite fille aimant énormément la nature, et ici, fascinée par la fauconnerie. Le contrasse entre Sheridan et Lucy est encore plus marqué que dans le tome 1.
Bref, je vous recommande ce livre, qui me semble plus fouillé, tant au niveau de l'intrigue que de l'épaisseur des personnages, que le tome 2.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Frantz pour les éditions Livraphone.
Depuis que Jacques Frantz, que j'ai d'abord connu en tant que comédien de doublage, enregistre pour les éditions Livraphone, je le retrouve toujours avec plaisir. Il sait être sobre quand il le faut, jouer quand il le faut. Il met son talent de comédien au service de la lecture à voix haute. Je lui adresserai seulement mon reproche récurrent: la prononciation des noms avec l'accent anglophone. Apparemment, il n'y a que moi qui doit trouver ça anti-naturel. 
D'autre part, s'il faut absolument prononcer C. J. Box à l'anglaise (personnellement, ça ne me dérange pas de le prononcer à la française), c'est Ci Djay, et non pas Ci Dji. Faites comme moi: prononcez Cé Ji. 
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