What was mine

L'ouvrage:
Lucy Wakefield n'a pas pu avoir d'enfants. Son obsession était telle que son couple n'y a pas résisté.
Un jour, à Ikéa, elle tombe sur un bébé (elle saura plus tard que l'enfant s'appelle Natalie Featherstone) dont la mère s'est éloignée. Elle l'enlève.

Critique:
La façon dont l'auteur aborde le thème ne pourra pas laisser le lecteur indifférent. Le scénario rappelle un peu «Un enfant à soi». Cependant, j'ai été plus sévère envers Lucy qu'envers Jennifer. Si elle a élevé l'enfant (qu'elle a rebaptisée Mia) du mieux qu'elle a pu, si elle n'a jamais eu de mauvaises intentions envers elle, au départ, elle l'a enlevée pour satisfaire un désir égoïste. Elle l'a arrachée à des parents qui n'étaient pas parfaits, mais qui étaient normaux. D'ailleurs, elle ne savait rien d'eux. Pour moi, elle ne paie pas assez pour ce qu'elle a fait. Certes, elle paie et tire peut-être des leçons de ses déboires, mais pour moi, ce n'est pas assez. Tout au long du roman, elle se cherche des excuses. Il y a bien un moment où elle se rend compte que Marilyn (la vraie mère de l'enfant) a simplement eu un moment d'inattention, et qu'elle n'était pas forcément une mauvaise mère, mais cela ne l'empêche pas de continuer sa vie comme si de rien n'était. Je n'ai pas réussi à éprouver de la sympathie envers Lucy. Lorsqu'elle pensait que son but a toujours été d'élever un enfant, et pas de le maltraiter, et que donc, cela vaut mieux pour Mia que d'avoir été enlevée par un pédophile, j'avais envie de dire: «Il ne manquerait plus que ça! Bientôt, il faudra remercier Lucy en lui baisant les pieds pour cet enlèvement!»

Le roman est raconté de plusieurs points de vue. Helen Klein Ross a fait quelque chose que j'ai beaucoup apprécié: elle a fait en sorte que plusieurs s'expriment sur le sujet. Par exemple, la soeur de Lucy, lorsqu'elle apprend les faits, est choquée, et explique en quoi Lucy n'est qu'une sale égoïste qui ne supporte pas qu'on ne cède pas à ses caprices. C'est un peu comme ça que je vois Lucy. Pour moi, elle n'est pas vraiment dévouée à sa «fille», mais plutôt au fait que son secret ne puisse jamais être découvert. Ensuite, on a le point de vue de Wendy qui a vécu quelque chose de traumatisant, et qui, de ce fait, comprend Lucy. Comme je n'aime pas Lucy, et que je ne lui accorde pas les circonstances atténuantes, je ne vois pas trop en quoi ce que Wendy a été forcée de faire peut l'amener à comprendre Lucy. Je pense que c'est dans le sens où parfois, on commet de mauvaises actions contre son gré. C'est ce qui est arrivé à Wendy, mais certainement pas à Lucy!
Quant à la réaction des autres personnages, je la comprends. Je ne l'approuve pas forcément, mais je la comprends, car d'autres paramètres entrent en jeu.

J'aurais aimé que certaines choses soient davantage développées. Je ne peux pas dire lesquelles, car j'en dévoilerais trop sur l'intrigue... Ce roman m'est d'ailleurs assez dur à chroniquer, car j'aimerais parler d'éléments qui me forceraient à divulguer des moments clés de l'intrigue. En tout cas, si je n'ai pas aimé Lucy, si certaines choses peuvent paraître assez grosses (la scène de la clé est tellement surréaliste qu'elle en est comique), le thème est délicat, et c'est un livre (notamment les réactions des différents personnages) dont il serait très intéressant de discuter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Simon and Schuster Audio La distribution est:
Amanda Carlin: Lucy
Cassandra Campbell: Marilyn
Rebekkah Ross: Mia
Jonathan Todd Ross: Tom, Warren, Grant...
Julia Whelan: Wendy, Sheryl...
Je trouve dommage que Julia Whelan ait pris des voix si caricaturales pour ses rôles. Sheryl a l'air d'une pauvre vieille aigrie, l'accent de Wendy est exagéré, etc. Elle a sûrement fait cela parce qu'elle souhaitait que les auditeurs différencient bien ses rôles, mais j'ai trouvé cela plutôt horrible. Je préfère le parti qu'a pris Jonathan Todd Ross: il garde la même voix, tout en mettant le ton approprié. Julia Whelan tente bien de le mettre, mais c'est gâché par les différentes voix qu'elle prend.
Je connais bien Cassandra Campbell que j'aime beaucoup, même s'il lui arrive d'être un peu trop sobre.
Je connais peu Amanda Carlin, mais je pense que je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Quant à Rebekkah Ross, j'ai un peu de mal avec sa voix... En outre, elle la modifie pour faire les rôles masculins, ce qui, pour moi, n'arrange rien.