Un garçon convenable

L'ouvrage:
Inde, 1951.
Madame Rupa Mehra est ravie d'avoir trouvé un garçon convenable pour sa fille, Savita. Elle veut faire la même chose pour son autre fille, Lata. Cela ne sera pas aussi facile.

Critique:
La taille de ce roman peut effrayer. Pour ma part, à partir du moment où je m'y suis plongée, je ne l'ai pas lâché. Certains passages m'ont moins plu, mais ils ne sont pas nombreux, et ne sont pas mauvais. C'est ceux concernant les pères des personnages principaux qui font de la politique, et qui rencontrent forcément embûches et intrigues. Ces passages m'ont moins plu, parce que le sujet m'intéresse moins.
D'autre part, certains pourront avoir du mal à retenir qui est qui, sachant qu'il y a trois familles et ceux qui gravitent autour d'elles, et que certains frères ont des prénoms ressemblants. J'espère que cela ne vous arrêtera pas.

Vikram Seth parvient à dépeindre une société. Il la place dans un contexte historique. Il décrit la manière dont cela se passe dans certaines familles. L'importance de la position de chacun dans la société est montrée. Certes, madame Rupa Mehra est pénible, à vouloir marier ses enfants à de bons partis, mais au fond, elle est raisonnable. Elle agace surtout parce qu'elle n'est pas discrète, et se lamente ostensiblement à la moindre contrariété. Son père et elle offrent un spectacle à la fois amusant et exaspérant, à larmoyer pour n'importe quoi. On remarquera d'ailleurs que le père pleure (et ponctue ses sanglots de coups de canne rageurs) surtout au cinéma (peu soucieux de ceux qu'il dérange), devant des faits inventés. D'un autre côté, lorsqu'un triste événement se produit dans sa famille, il le traite avec indifférence, tant que ça ne le touche pas.

J'ai surtout apprécié les jeunes gens (sauf Arun et Meenakshi). Chacun se débat entre ses aspirations et ce qu'il lui semble devoir faire. Lata en est sûrement le meilleur exemple. Je n'ai pas approuvé son choix final, mais je l'ai compris. Il serait intéressant de connaître la suite pour savoir si les prédictions de Malati se réalisent.
Quant à Maan et Varun, ils paraissent quelque peu inconséquents, mais c'est plus complexe. Rachid m'a un peu surprise. Certaines de ses réactions sont extrêmes. Cependant, quand on y réfléchit, on se rend compte que c'est préparé. Bien sûr, on ne peut pas deviner ce qu'il finit par devenir, mais cela ne surprend pas forcément.

Meenakshi vient d'une famille aisée, et est la caricature de l'enfant gâtée. Elle n'a cure de sa fille. Parfois, l'envie la prend de jouer avec elle, alors, elle la réveille de sa sieste pour s'en désintéresser cinq minutes plus tard... Elle est ainsi dans tout le roman. Son mari, Arun, n'est pas beaucoup mieux.
Je ne parlerai pas de tous les personnages, mais chacun est intéressant.

Vikram Seth introduit quelques notes humoristiques dans un roman assez sérieux. Outre les débordements lacrimaux du père de madame Rupa Mehra, il y a le poisson d'avril de Pran, par exemple.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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