Satan était un ange

L'ouvrage:
François Pavin, quarante-sept ans, vient d'apprendre qu'il a une tumeur au cerveau. Ses jours sont comptés. Refusant de tenter un traitement qui ne ferait que prolonger sa vie de quelques mois, il fuit. Alors qu'il roule au hasard, il prend un jeune garçon, Paul, en stop.

Critique:
Malgré ma déception quant à «De force», j'ai voulu essayer le livre que l'auteur a écrit avant. J'ai retrouvé la magie de Karine Giébel. Ce roman n'est pas mon préféré, mais je l'ai beaucoup aimé.

Les personnages sont attachants. Chacun va connaître une sorte de parcours initiatique, et faire des choses dont il ne se serait pas cru capable. Chacun va découvrir, en lui-même, des ressources insoupçonnées. Chacun va parvenir à toucher l'autre. Ils se connaissent à peine, et la complicité qu'ils tissent pourrait paraître incongrue. Cependant, ici, cela ne l'est pas. Cette complicité ne va pas sans heurts. Les deux hommes se découvrent, et François doit s'adapter. Paul devient rapidement son ami, mais mieux connaître le jeune homme, c'est plonger dans des eaux troubles dont on ne ressort pas indemne.

L'auteur met en regard l'attitude de Paul et celle de François dans leur vie passée. Chacun a mal agi, les circonstances étaient différentes pour chacun. Le lecteur éprouvera divers sentiments contradictoires pour eux: compassion, répugnance...
On ne sait pas tout de suite quoi penser de Paul. On se doute bien que ce n'est pas quelqu'un au passé lisse. Dès le départ, il suscite un malaise diffus. À propos de ce personnage, on retrouve un thème déjà vu dans d'autres romans de Karine Giébel: l'idée qu'il y a toujours une possibilité de rédemption pour celui qui tente de s'en sortir. Mais bien sûr, il faut un minimum d'aide à cette personne. Voilà pourquoi je comprends ce qui est dit dans l'épilogue. Certains diront que c'était inévitable...

Karine Giébel s'y entend pour créer une ambiance oppressante, traversée d'instants de calme... avant une nouvelle tempête. Cette guerre des nerfs est très bien exposée, et le lecteur vivra au rythme des deux personnages principaux. Je suis contente, parce qu'à un moment, j'ai cru avoir trouvé quelque chose, mais je me suis trompée, ce qui m'a fait plaisir.

Service presse des éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Tavarès.
J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie le jeu. Ici, il s'est glissé dans la peau des personnages sans difficultés apparentes. Il a modifié sa voix, ce que je n'aime pas, habituellement. François Tavarès fait partie des rares qui peuvent le faire sans que cela paraisse artificiel. Son jeu est naturel, son interprétation est vivante, sans surjeu.

Comme pour «Les aventures improbables de Julie Dumont», l'éditeur audio a respecté la structure du livre: une piste est égale à un chapitre. En plus, il me semble que dans ce roman, il y avait moins de blancs que dans certains autres. Cela m'a fait plaisir, car je déteste les blancs. ;-)

Acheter « Satan était un ange » en téléchargement audio sur Amazon
Acheter « Satan était un ange » sur Amazon