Renégats

L'ouvrage:
L'ordre des chevaliers de la Gabala a été créé pour combattre le mal. Ce sont des chevaliers triés sur le volet, qui, en plus de leur adresse et de leur force au combat, ont hérité d'armes magiques. Le sorcier Olater leur a ouvert le portail entre les deux mondes, et ils sont partis affronter le mal... sauf Mananan. Au dernier moment, celui-ci a reculé.
Aucun chevalier n'est revenu, et Mananan, prisonnier de son armure et de son heaume, erre dans la forêt à la recherche d'Olater, le seul capable de le délivrer.

Quelque chose de dangereux se prépare. D'étranges créatures colossales hantent la forêt, tuant et dévorant tous ceux qu'elles y trouvent.
De mystérieux chevaliers rouges, apparemment commandés par le roi, font régner la terreur. Ils disent combattre le mal, mais ils propagent la peur.

Pour échapper au diktat royal, des gens quittent les villes, et fuient dans toutes les directions. C'est ainsi que plusieurs personnages de Makta se retrouveront au coeur de la forêt.

Critique:
J'ai rarement l'occasion de lire des ouvrages de fantasy, et du coup, je ne sais toujours pas si j'apprécie le genre ou pas. Je n'ai pas aimé le cycle des princes d'ambre, de Roger Zelazny (je n'ai même pas pu finir le tome 1), et il paraît que c'est un incontournable du genre. Mon mari, qui s'y connaît mieux que moi en fantasy, m'a rassurée, après avoir essayé de le lire: il a lu des ouvrages qui l'ont bien plus passionné.

J'ai beaucoup aimé ce roman. D'abord, l'auteur sait nous plonger très vite dans son monde et dans les intrigues de ses personnages. On se retrouve aisément immergé dans l'univers que David Gemmell créé. Univers qui contient assez de repères pour qu'on puisse s'y retrouver, et assez de nouveauté par rapport à ce qu'on connaît pour nous dépayser, nous faire penser à autre chose. On ne met pas 10 pages à découvrir les règles et les spécificités d'un monde qui nous est totalement inconnu. L'auteur a su mêler connu et inconnu, ce qui fait qu'on se divertit.

Les personnages sont sympathiques et attachants. Là encore, ils ne sont pas de parfaits héros qui ne pensent et ne font que le bien. Ils seraient peu crédibles. Ils sont complexes. Le lecteur comprend leurs motivations, même s'il lui arrive de soupirer d'exaspération à cause de l'entêtement de certains.

Lentement, David Gemmell tisse une toile inextricable autour de ses personnages et de son lecteur. Cette forêt, théâtre de tous les moments importants du roman est fascinante. Elle est comme un vaste huis-clos. Ce contraste est une partie de ce qui captive le lecteur. En outre, la forêt est un lieu symbolique, qui tient souvent une place importante dans les romans de fantasy. Enfin, pour quelqu'un d'un peu imaginatif, une forêt, c'est mystérieux, c'est justement l'endroit où se croisent le bien et le mal.

Certaines choses m'ont déplu, mais je dois reconnaître qu'elles apportent force et crédibilité au roman. (Attention, passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.)
J'ai bien sûr été attristée de la mort d'Olater. Mais c'est ce qui a permis à Lamfada de devenir l'armurier.
J'ai trouvé qu'il y avait trop de morts de personnages sympathiques, mais cela apporte plus de crédibilité.

L'affrontement bien et mal est assez bien expliqué dans le roman. D'abord lorsque deux personnages s'entretiennent à ce sujet, mais aussi lorsque Mananan finit par découvrir le monde de l'autre côté du portail. Polus et lui s'affrontent et chacun expose son point de vue. Ils ne peuvent pas se comprendre. Bien sûr, le lecteur donnera raison à Mananan, mais les arguments de Polus quant au monde auquel il n'appartient plus sont intéressants.

Je me suis un peu ennuyée à partir du chapitre 15, car je trouvais que tout devenait prévisible. Depuis le début du roman, j'étais tenue en haleine, et soudain, tout se précisait, et on sait ce qui va se passer. Alors, on attend que l'auteur nous le raconte, mais on est beaucoup moins impatient de continuer sa lecture.
Néanmoins, ce genre de chose arrive beaucoup dans les romans de fantasy, me semble-t-il. Donc ma critique à ce sujet vient peut-être du fait que certains aspects du genre me plaisent moins.

Malgré certains points qui m'ont déplu, je recommande vivement ce livre, qui, à mon avis, vous fera passer d'agréables moments.

Éditeur: Mnémos.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Judith Repond pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a une voix basse et sobre. J'ai aimé son interprétation de ce roman. Elle a préféré ne pas se risquer à trop en faire, mais parfois, a tenté quelques intonations plus vives. Sa narration est très bonne, et sa manière d'interpréter, si elle est plutôt sobre, ne tombe absolument pas dans le monotone. Je lirai donc avec plaisir d'autres livres enregistrés par elle.

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