lundi, 5 juin 2017

Somewhere out there, d'Amy Hatvany.

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Somewhere out there

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
1980. Jennifer Walker, vingt ans, vit dans sa voiture avec ses deux filles: Brooke (quatre ans) et Natalie (six mois). Elle mendie et vole pour assurer leur subsistance. Un soir, elle se fait prendre une fois de trop à voler dans un magasin et est condamnée à de la prison. L'une des charges retenues contre elle est «mise en danger d'enfants». Gina, une assistante sociale à qui elle a déjà eu affaire, la convainc de céder ses droits parentaux afin que ses filles puissent être adoptées par des familles qui peuvent s'en occuper.

2015. Natalie Clark souhaite en savoir plus sur sa mère biologique. Elle entreprend donc des recherches.

Critique:
Amy Hatvany aborde certains thèmes avec finesse. Par exemple, elle montre qu'un être qui a souffert aura du mal à mener une vie normale. On sait cela, et parfois, on a envie de secouer certaines personnes, parce que chacun a des soucis dans la vie. Bien sûr, certains plus que d'autres. L'auteur donne un autre paramètre qu'il faut prendre en compte: le caractère de la personne. Ici, j'ai mis en regard les situations et l'attitude de Brooke et de Jennifer. J'ai souvent été agacée par Jennifer au cours de ma lecture. Elle vit des épreuves, mais il semble qu'elle ne sache jamais les gérer. Au début, elle mendie et vole, mais ne parle jamais de chercher un travail, ce qu'elle aurait dû faire dès qu'elle a été mise dehors par son compagnon. Ensuite, elle n'apprend pas vraiment de ses erreurs, puisqu'après que sa mère lui a donné un peu d'argent, elle passe quatre ou cinq jours à l'hôtel à déprimer. On me dira que je suis injuste, car Jennifer se sent rejetée de toutes parts, à ce moment-là, et ne peut même pas espérer revoir ses enfants... Je comprends cet argument, mais ce n'est pas en se lamentant dans son coin qu'on obtient quelque chose. On me dira que la jeune femme n'avait pas la force de se prendre en main, mais c'est justement ce qui la tire vers le bas... J'ai été agacée que tout au long de sa vie, elle ne veuille pas comprendre cela. Même après ce qu'elle a vécu, même à cinquante-cinq ans, on a l'impression qu'elle ne sait que s'enfermer dans une bulle de faux équilibre. Je ne suis pas d'accord avec celui qui lui dit qu'elle est forte, ayant réussi à construire sa vie, malgré les choses terribles par lesquelles elle est passée. J'éprouvais de la compassion pour elle, mais j'avais aussi envie de la secouer. Il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue qu'elle a construit son équilibre précaire grâce à la chance que lui a donnée Randy. C'est une bonne chose, certes, mais justement, tout le monde devrait pouvoir y avoir droit. Après, c'est à la personne de saisir cette chance ou pas. Parfois, je pensais (injustement, me dira-t-on) que Jennifer n'avait pas mérité cette chance.

À côté de cela, Brooke a vécu des choses assez dures, et n'a pas eu grand-monde pour l'aider. Elle s'est battue pour avoir une vie qui lui plaît, et n'a pas eu la chance de sa mère. Parfois, son attitude est pénible (voire détestable), mais je l'ai toujours excusée. Lorsqu'elle était enfant, personne ne lui a vraiment expliqué, personne n'a véritablement essayé de communiquer avec elle. Gina, l'assistante sociale, était plutôt sympathique, mais ne tentait pas de comprendre Brooke et de lui faire dire concrètement pourquoi elle agissait ainsi. Elle a dû se débrouiller seule. Même lorsqu'elle agit (que ce soit enfant ou adulte) d'une manière qui ne m'a pas forcément plu, je la comprenais et l'excusais, car les paramètres n'étaient pas les mêmes que ceux de Jennifer.

L'auteur explique très bien les motivations de ses personnages, ce qui fait qu'on les comprend, même si on n'est pas d'accord avec eux. Outre Jennifer, la mère (adoptive) de Natalie m'a agacée. Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir que ses actes auraient de telles répercussions, et elle était dans le ressenti davantage que dans le rationnel, mais je n'ai pas réussi à excuser son égoïsme. Je sais que je suis sévère envers elle et Jennifer, et qu'en plus, ces situations sont de celles dont on est incapable de dire comment on y ferait face. Mais je ne peux m'empêcher de désapprouver ces deux personnages.

Bien sûr, s'il en est une qui a encore moins d'excuses, et qu'il n'est pas facile de comprendre, même avec beaucoup d'ouverture d'esprit, c'est la mère de Jennifer. Il est intéressant de voir comme l'auteur montre différentes mères et leurs actes selon les situations dans lesquelles elles se trouvent et leur caractère.

J'aurais aimé un épilogue qui aurait précisé certaines choses. On se doute de la manière dont cela va tourner, mais il est au moins une chose dont j'aurais voulu avoir la certitude...

Ce livre m'a un peu rappelé «What was mine», d'Helen Klein Ross. On y parle d'enfants et de parents qui se cherchent, mais surtout, les deux romans ont été enregistrés à plusieurs voix. Dans les deux, on retrouve Cassandra Campbell et Rebekkah Ross. Enfin, dans «What was mine», avant d'être enlevée, Mia s'appelait Natalie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Simon and Schuster Audio.
Cassandra Campbell lit les chapitres narrés par Jennifer. Candace Thaxton lit ceux racontés du point de vue de Brooke, et Rebekkah Ross ceux du point de vue de Natalie.

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jeudi, 1 juin 2017

Je n'ai pas peur, de Niccolo Ammaniti.

Je n'ai pas peur

L'ouvrage:
Un jour, en jouant, Michele, neuf ans, se retrouve dans une maison abandonnée. En furetant, il découvre «un trou» dans lequel un enfant est retenu prisonnier.

__Critique:_
Peut-être attendais-je trop de ce roman. En tout cas, j'ai été déçue, malgré certaines qualités indéniables. Par exemple, les sentiments de Michele sont très bien analysés. Il est brutalement parachuté dans un monde où les adultes font sciemment le mal. Il doit l'assimiler, tout en aidant le petit prisonnier de son mieux. Il est très jeune, et n'a pas beaucoup de liberté de mouvements. Le revers de la médaille est que cela engendre des lenteurs. On voit beaucoup Michele avec ses parents, ou jouant avec ses amis. Dans tous les cas, il tente de se distraire pour ne pas penser à l'enfant prisonnier. C'est bien décrit, et on ressent bien la tension sous-jacente, mais cela m'a paru trop long.

Par opposition, la fin est trop rapide. J'aurais aimé davantage de détails. Que va-t-il arriver? Que vont devenir certains personnages? On se doute de certaines choses, mais pour moi, des réponses manquent. C'est d'autant plus frustrant que j'ai eu l'impression que le roman se traînait par moments. Là encore, je pense que l'auteur a souhaité quelque chose de brutal, un coup de poing. Certes, mais rien ne l'empêchait de donner quelques explications. Pour moi, la fin n'aurait pas perdu en force, elle en aurait même gagné.

Je n'ai pas pu m'attacher aux adultes. Certains sont un peu plus nuancés que d'autres, mais la raison de leur mauvaise action me les montre comme des enfants capricieux. Pour moi, ils n'ont aucune circonstance atténuante, même ceux qui, parfois, semblent se montrer un peu humains dans telle ou telle situation.

Ma déception quant à ce roman vient aussi, je pense, de ce que j'ai beaucoup aimé «Et je t'emmène», du même auteur. De ce fait, j'ai placé la barre très haut. J'ai retrouvé le style à la fois vif, très imagé, et souvent drôle, de Niccolo Ammaniti. J'ai également retrouvé sa capacité à dire certaines choses graves de manière légère, surtout que ces choses sont vues par un enfant. Cependant, je m'attendais à quelque chose de mieux.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Jacqueline Duperret fait partie des lecteurs que je retrouve avec plaisir. Elle lit un peu trop lentement pour moi, mais il me suffit d'accélérer le débit. D'autre part, sa lecture est vivante sans exagération. Enfin, elle ne tente pas de faire des accents très marqués pour les noms propres étrangers. Ici, elle a bien été obligée de prononcer Mikélé pour Michele, mais elle ne l'a pas fait de manière exagérée, ce qui, pour moi, aurait été ostentatoire et pas naturel.
D'autre part, il arrive que la BSR découpe certains chapitres jugés trop longs en plusieurs «plages». Lorsque cela arrive sur un livre enregistré par cette lectrice, elle indique clairement si le découpage suit la structure du livre ou s'il est dû à la BSR. Cela me facilite la vie, car lorsque je garde le livre, je lui rends sa structure originelle en collant les morceaux de chapitres découpés. Lorsqu'il n'est pas précisé si le découpage est artificiel ou s'il suit la structure du livre, je suis bien embêtée. Cela m'est arrivé récemment avec «Une autre idée du silence» de Robyn Cadwallader où les chapitres narrés par Sarah sont découpés. Une âme charitable a emprunté le livre papier à sa bibliothèque, et m'a donné la solution: le découpage suit la structure du livre. ;-)

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lundi, 29 mai 2017

Out of darkness, d'Ashley Hope Perez.

Out of darkness

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
New London, Texas, septembre 1936. Beto et Cari (sept ans) quittent San Antonio pour vivre avec leur père, Henry Smith. Leur soeur, Naomi (dix-sept ans) n'est pas la fille d'Henry, mais les suit. Elle n'est pas à l'aise, car elle n'aime pas son beau-père. D'autre part, étant mexicaine, elle est rapidement victime de racisme.

Critique:
Ashley Hope Perez a construit une histoire autour de l'explosion de l'école de New London, en mars 1937. Elle a tout inventé (excepté l'explosion), en se basant sur des attitudes et des faits arrivés à cette époque. Son intrigue est bien menée, ses personnages sont creusés. Elle rappelle quelle forme prenait le racisme, à cette époque. Par exemple, Naomi n'a pas le droit d'aller faire ses courses à l'épicerie près de chez Henry, à moins qu'elle passe par une autre porte. Wash l'invite à aller s'approvisionner dans le coin de la ville où il habite. Cela ne pose pas de problème à l'épicier, mais il explique à Naomi qu'elle doit faire attention à ne pas trop se mêler à la communauté noire. Le racisme, profondément ancré dans les moeurs, ajouté au fait que certains ne veulent pas réfléchir et se remettre en question, conduit à des événements semblables à ceux décrits ici. Petit à petit, une spirale se met en place, se resserrant autour des personnages, se nourrissant d'éléments anodins qui prennent une importance démesurée...

La plupart des personnages sont attachants. La romancière montre leur aspiration à la vie, au bonheur, à la tranquillité. Avant la tempête, elle parsème son récit de scènes attendrissantes, parfois amusantes, comme ce qui touche aux tartes de madame Fuller.

L'histoire d'amour ne m'a pas déplu parce qu'elle est préparée, et que les deux personnages sont très sympathiques.

Au début, j'ai eu un peu de mal à cerner Naomi. C'est voulu. On se demande pourquoi elle est si hostile à son beau-père. Celui-ci ne plaît pas particulièrement, mais la dureté de la jeune fille interpelle. Puis, assez rapidement, l'auteur donne certains éléments. Henry est peut-être le seul personnage important que je n'ai pas apprécié. (D'autres sont détestables, mais ils sont secondaires.) Cependant, il n'est pas caricatural. Il y avait, et il y a toujours, des gens comme lui. L'époque tolérait certaines choses d'eux dont on ose espérer qu'elles n'auraient pas lieu aujourd'hui, mais rien n'est moins sûr.

Je ne sais pas trop quoi penser du pasteur Tom. Il est trop exalté, trop fanatique pour paraître sérieux. Dans son monde, les choses sont trop tranchées. Il n'est pas méchant, mais semble penser qu'il n'y a qu'une façon de faire. D'autre part, j'ai été choquée qu'il n'aide pas son prochain (en l'occurrence, sa prochaine) lorsque celle-ci se brûle le bras. Le seul à s'en préoccuper est Beto. Le pasteur voit bien la souffrance de l'adolescente, mais il ne lève pas le petit doigt, et continue de lui parler comme si de rien n'était.

Naomi, Wash, et Beto sont sûrement les personnages qui marqueront le plus le lecteur. Beto passe par plusieurs épreuves, il endure des choses qu'on ne le croirait pas capables de supporter, étant donné son caractère tendre.

Je ne sais pas si Ashley Hope Perez aurait pu inventer une autre fin. Si elle l'avait fait, il aurait fallu qu'elle écrive une suite. Cela aurait été une bonne idée. ;-) Je pense qu'elle a voulu marquer les esprits, et bien montrer que cela avait existé.
Je voudrais en dire plus sur ce roman, mais j'en dévoilerais trop.

Un livre bien pensé, poignant, à lire pour ne pas oublier à quoi peut mener la bêtise de certains hommes, de certaines façons de penser.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benita Robledo et Lincoln Hoppe pour les éditions Listenning Library.
Benita Robledo a enregistré 90% du roman. Elle est bien entrée dans la peau des personnages, et a modifié sa voix sans exagérer. Elle prononce certains mots avec l'accent espagnol (notamment Beto et Cari). Cela ne m'a pas gênée, car elle le fait sans affectation.
Je connaissais Lincoln Hoppe pour l'avoir entendu dans «Say goodbye». J'avais gardé un bon souvenir de son interprétation. Ici, il n'a que de petites parties. Pour moi, sa lecture est naturelle.

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jeudi, 25 mai 2017

Les règles d'usage, de Joyce Maynard.

Les règles d'usage

L'ouvrage:
New York, 11 septembre 2001. Ce jour-là, Wendy, treize ans, est au collège depuis peu lorsqu'on apprend la destruction des tours du World Trade Center. La mère de l'adolescente, Janet, travaille dans l'une des tours, au quatre-vingt-septième étage. Les jours passent, et Janet ne revient pas. Alors que Wendy, Josh (son beau-père), et Louis (son demi-frère de quatre ans) tentent d'accepter qu'ils ne la reverront plus, Garett (le père biologique de la jeune fille) débarque de Californie et lui dit qu'elle doit venir vivre avec lui, puisque sa mère n'est plus là.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Le week-end» et «Les filles de l'ouragan», je pensais avoir fait une croix sur Joyce Maynard. J'ai essayé ce livre parce que la quatrième de couverture semblait intéressante, et parce qu'il a été enregistré par une lectrice que j'aime beaucoup. J'ai été très agréablement surprise par ce roman très juste.

Joyce Maynard raconte d'abord le désarroi que causèrent les attentats du 11 septembre. On sait que cela a été un énorme traumatisme, on se doute de la manière dont l'ont vécu les gens, mais le lire à travers l'histoire de monsieur et madame tout le monde le fait ressentir plus intensément, plus intimement.

Ensuite, l'auteur s'attache à montrer ce que j'appelle des gens normaux. Par les temps qui courent, c'est reposant, et cela donne un peu d'espoir. Je veux dire qu'avec toutes les histoires de détraqués qu'on voit dans le monde, on est content de lire un récit qui concerne des gens qui ne sont pas tordus, et ne songent pas uniquement à faire du mal à ceux qui, selon eux, ont une meilleure vie. Je caricature un peu, mais pas tant que ça. Certains diront peut-être que l'auteur exagère lorsque Wendy se lie d'amitié très facilement avec des gens rencontrés au hasard de ses pérégrinations. Moi-même, j'ai trouvé ça un peu gros, mais après tout, pourquoi pas? C'est réconfortant de ne pas toujours se méfier de tous. Bien sûr, dans le roman, ces rencontres ne finissent pas par cacher des tueurs fous, mais dans la vraie vie, on n'est jamais trop prudent...

J'ai été agacée que l'héroïne magnifie son père. Bien sûr, on la comprend, et je pense que mon agacement est subjectif. Cette remarque m'amène à un autre point. L'auteur montre des exemples de relations parents-enfants. Wendy a été bien élevée. Même si elle a ses moments de colère et de mauvaise foi, elle sait, au fond, ce qui est bien ou pas. Elle connaît les limites. Elle est déboussolée, se cherche, est rongée par les disputes qu'elle a pu avoir avec sa mère. Elle flirte avec certains interdits... Seulement, tout le monde n'aurait pas réagi comme elle finit par le faire. Là encore, certains diront que c'est un peu gros, que n'importe qui aurait profité d'avoir la liberté qu'a la jeune fille pour faire n'importe quoi. Il ne faut pas oublier sa bonne éducation, le fait qu'elle est responsabilisée. Il est plaisant de penser qu'il existe des gens comme elle.

Au long du roman, on voit d'autres exemples de parents et d'enfants. Tous ne font pas toujours ce qu'il faudrait, parfois parce qu'ils ne le peuvent pas, parfois parce qu'ils sont bornés et ne veulent pas se remettre en question.
Les événements donnent lieu à d'improbables rencontres. J'ai aimé le réveillon de Noël avec tous ces gens venus d'horizons différents, ayant été cabossés par la vie...

D'une manière générale, ce roman montre que quoi qu'il arrive, la vie continue, et que certains d'entre nous sont (comme le dirait Caroline) des cactus, car malgré les blessures et les traumatismes, nous continuons. L'auteur montre que rien n'est jamais fini. Je pense surtout à Todd en écrivant cela. Ce roman racontant des expériences est aussi un appel à la tolérance, à l'ouverture d'esprit. Les sentiments qu'elle décrit sont vrais.

Éditeur: Philippe Rey.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie beaucoup la manière de lire de Martine Moinat. Elle n'en fait jamais trop, mais n'est pas non plus trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité. Comme je suis pinailleuse, je dirai que je n'ai pas compris pourquoi elle prononce «Yosh» pour «Josh».

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lundi, 22 mai 2017

Dear girls above me, de Charlie McDowell.

Dear girls above me

L'ouvrage:
Charlie entend tout ce que disent et font ses voisines du dessus, Claire et Cathy, un peu plus de la vingtaine. Cela l'agace. Cependant, il ne peut pas y faire grand-chose. Étrangement, elles n'entendent rien de ce qui se passe chez lui: il leur a déjà hurlé de faire moins de bruit, et elles n'ont pas bronché. Ne pouvant les faire taire, il se met à les écouter. Il se désole tant de la stupidité de la plupart de leurs remarques, qu'il a l'idée d'en faire profiter les gens en les publiant sur Twitter et en les commentant.

Critique:
Ce livre serait basé sur une histoire vraie. Charlie McDowell a un blog où sont publiés les commentaires de ses voisines avec ses réponses. Je ne sais pas s'il a inventé ces jeunes filles ou si ce sont réellement ses voisines, mais ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que ce livre m'a plusieurs fois fait éclater de rire. Il y a les remarques de Claire et Cathy, mais également des scènes amusantes. Par exemple, l'inaptitude chronique des deux jeunes femmes à reconnaître Charlie. Pour parler d'une scène drôle en particulier, il y a celle du jeu du texto dans lequel Charlie se laisse entraîner dès sa première visite à ses «chères voisines». Quelqu'un choisit une phrase que le joueur doit envoyer par SMS. Ensuite, le joueur parcourt sa liste de contacts, et s'arrête lorsque la personne qui a choisi la phrase dit «stop». Je vous laisse imaginer ce que cela donne... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire de ce que j'appelle «la guerre de l'eau», du mémorable épisode de la préparation d'un plat en simultané, etc?

L'humour est parfois lourd. Par exemple, le fait que Charlie soit obligé de hurler d'une voix suraiguë pour s'adresser à son chien (Marvin) et l'explication qu'il donne à cela. En audio, c'est quand même drôle, parce que le lecteur est obligé de prendre cette voix suraiguë. Kirby Heyborne s'en tire très bien.
De plus, certaines remarques des filles sont tellement stupides (tout comme leur compréhension des chansons qu'elles écoutent) qu'on a du mal à croire en leur réalisme. C'est contrebalancé par les fous rires qu'elles occasionnent.
Charlie exagère lorsqu'il énonce avec certitude des clichés sur les filles en se basant sur ses voisines, mais juste après, son attitude illustre un cliché sur les hommes, voire un cliché sur les filles. ;-)
Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est: une bonne partie de rire! Je ne pense pas que l'auteur souhaite offenser qui que ce soit, il veut faire rire. D'ailleurs, il se moque beaucoup de lui-même dans ces pages, et nous invite à en faire autant.

Sous le rire, se cache quelque chose de plus grave. Charlie ne s'en aperçoit qu'à la fin, mais entendre les conversations de ses voisines influence son comportement. Il va cesser de stagner, va évoluer, se remettre en question sur certains points...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne pour les éditions Random house audio.
Je pense qu'il vaut mieux écouter ce texte, pas seulement pour la voix suraiguë que doit prendre le lecteur lorsque Charlie s'adresse à Marvin. Parfois, il y a des comiques de répétition qui passent bien mieux en audio, à mon avis. Par exemple, lorsque Charlie explique que les filles ont «the best idea everrrrrr!» toutes les heures. Cela n'a pas dû être simple à lire à voix haute, car il y a d'autres effets, certaines façons de parler... Kirby Heyborne s'en tire très bien. C'est un lecteur que j'apprécie, et je n'ai pas été déçue par sa prestation.

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