lundi, 27 février 2017

Derrière les portes, de B. A. Paris.

Derrière les portes

L'ouvrage:
Jack et Grace Angel sont mariés depuis un an. Jack est avocat. Ce jour-là, ils donnent une soirée dans leur grande et belle maison. Ils reçoivent des amis. Esther, la femme d'un collègue de Jack, rencontre Grace pour la première fois. Rien de négatif n'est dit, mais une petite gêne s'installe entre les deux femmes.

Critique:
Il n'est pas facile de faire un résumé qui attire le lecteur sans dévoiler un élément clé. D'ailleurs, la quatrième de couverture en dit trop. C'est vraiment dommage, car l'auteur amène très bien certains faits, mais la quatrième de couverture fait qu'on les sait déjà. J'en ai pris mon parti, et ai cherché les petits indices qui auraient été moins perceptibles si je n'avais pas su. L'alternance passé présent est également une bonne trouvaille, au début, car elle retarde un peu (mais pas à l'excès) ce que nous finissons par comprendre.
Une fois cette étape franchie, je pense que l'auteur aurait dû se passer de l'alternance. En effet, dans le passé, Grace fit plusieurs tentatives pour obtenir quelque chose (je le dis ainsi pour ne pas dévoiler un élément important), et à cause du présent, on sait qu'elle a échoué. Il aurait été plus palpitant qu'on découvre ses échecs.
Vers la fin, l'alternance ne m'a pas semblé pertinente, du moins, sous les intitulés «passé» et «présent». Que l'auteur ait souhaité gardé l'alternance pour que le lecteur découvre des éléments le plus tard possible, c'est son choix. Cependant, j'aurais préféré qu'elle mette des dates au lieu de «passé» et «présent». J'ai trouvé cela un peu confus. (Je ne mets pas d'exemples pour ne rien dévoiler.)

Grace est un personnage auquel on s'identifie facilement. Au cours du roman, on peut penser qu'elle aurait dû faire plutôt comme ceci ou comme cela, mais si cela nous arrivait, que ferions-nous? Parfois, on pensera peut-être qu'elle est idiote de croire que les choses pourraient s'arranger. Pour ma part, je l'ai comprise. Lorsqu'une situation est inextricable, on espère toujours. De plus, j'ai aimé la combativité de l'héroïne.

Encore un livre qui incite à faire attention aux apparences. Bien sûr, il ne faut pas se méfier de tout le monde, mais il faut garder à l'esprit qu'il existe des gens manipulateurs (même s'ils ne vont pas aussi loin que le personnage du roman). Malgré les petits défauts que j'ai pointés du doigt, j'ai passé un très bon moment avec ce roman à l'intrigue cohérente, ou rien n'est bâclé, même si, à un moment, Grace doit s'en remettre à la chance et espérer qu'une chose arrivera...

Je ne sais pas si les maladresses que j'ai trouvées sont dues à la traduction ou à l'auteur (sauf concernant l'une d'elles que j'ai vérifiée dans la VO). Voici quelques exemples. À un moment, Grace dit qu'elle pensait que Jack «ne l'avait même pas calculée». C'est du langage familier. Le reste du roman étant en langage courant, j'ai pensé que le traducteur ne savait pas que l'expression était familière. Après vérification, dans la VO, c'est «didn't even look my way», ce qui est bien du langage courant, et aurait pu être traduit par: «remarquée» au lieu de «calculée». Cette erreur m'a gênée, parce qu'elle signifie que des personnes ignorent dans quelle catégorie de langage vont certaines expressions.
J'ai aussi trouvé quelques erreurs de syntaxe. Je ne les ai pas toutes notées, mais par exemple: «Quelqu'un en qui il instillerait la peur quand et comment ça lui chanterait.» J'aurais dit «comme ça lui chanterait». C'est peut-être une erreur inconsciente due au fait qu'on dit souvent «quand et comment».

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.
Tout au long de ce roman, la tension est au rendez-vous. De ce fait, il n'est pas simple de le lire à voix haute. À mon avis, Maud Rudigoz en a fait un peu trop, surtout pour le rôle de Jack. Je pense qu'elle a d'abord été gênée parce qu'elle a voulu prendre une voix plus grave. Pour moi, le jeu est bien plus naturel quand le comédien ne modifie pas sa voix, même si certains y parviennent très bien. Donc, je pense qu'elle aurait dû moins forcer sur la voix grave. Elle ne l'est pas tant que ça, mais il m'a semblé que la comédienne n'était pas vraiment à l'aise avec.
Ensuite, il n'était pas facile de jouer Jack. Pour moi, elle l'a fait un brin trop souriant.
Je trouve qu'elle a bien joué Millie. Là encore, la partie n'était pas facile.
J'ai apprécié qu'elle prononce Grace sans faire le «r» à l'anglaise.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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jeudi, 23 février 2017

Sans feu ni lieu, de Fred Vargas.

Sans feu ni lieu

L'ouvrage:
Le tueur aux ciseaux a fait deux victimes. Louis Kehlweiler ne veut pas s'intéresser à cette affaire: il a dételé. Mais ses pensées l'y ramènent. Bientôt, il n'a plus le choix: la vieille Marthe lui demande de s'en mêler, car Clément Vauquer (qu'elle a presque élevé) est suspecté.

Critique:
J'ai la sensation de me répéter au fil des chroniques, mais je vais dire à nouveau que les intrigues de Fred Vargas ne seraient rien sans sa patte, sans les originalités dont sont parsemés ses romans. Ici, il y a (entre autres) le fait que la présence de Clément agace Louis et calme Marc, inversant les choses. On rira aussi de ce que la manière de parler de Clément semble contagieuse lorsque Marthe dit «par devers toi» sans vraiment s'en rendre compte, et que, plus tard, un autre personnage, pour plaisanter, emploie une autre formule propre au jeune homme. Dans les étrangetés, on trouvera le pari entre Louis et Pourchet concernant le mulet. Je faisais partie des ignares qui ignoraient la réponse à la question que se posait Pourchet. On trouvera également des raisonnements tirés par les cheveux, mais qui, finalement, se tiennent. Je pense surtout au napperon protège-fils.

Ensuite, il est plaisant de retrouver de bonnes vieilles habitudes. Ici, la baraque pourrie et ses cocasses habitants. Il m'a plu de retrouver le rite des coups de balai pour appeler l'un d'entre eux (ce qui évite, comme c'est expliqué à Louis, de s'égosiller). Il m'a plu de retrouver leurs loufoqueries, leurs disputes qui n'en sont pas vraiment, la façon de Lucien de s'exprimer par rapport à la première guerre. À un moment, ledit Lucien commet une bourde en toute conscience, et se met à la revendiquer. Il n'y a que sous la plume de Fred Vargas que cette scène pouvait être amusante.

L'intrigue est classique, mais elle ne m'a pas paru traîner, car elle est jalonnée de répliques amusantes, de scènes presque surréalistes, de ces drôleries dont je n'ai donné qu'un échantillon. De plus, tout se tient. Si les intrigues policières de Fred Vargas sont souvent classiques, elle ne se moque jamais de son lecteur, car rien n'est incohérent, les rebondissements sont vraisemblables. (Je mettrai un bémol pour «Dans les bois éternels» que j'ai moins aimé.) Ici, comme souvent, je n'ai rien deviné. Je pensais bien que le coupable désigné ne l'était pas, mais le doute qui plane parfois ne m'a pas dérangée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Allard.
Comme d'habitude, le comédien a su se fondre dans le style de l'auteur, et rendre les répliques et les situations sans exagération, ce qui aurait tout gâché.

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lundi, 20 février 2017

Imperfect birds, d'Anne Lamott.

Imperfect birds

L'ouvrage:
Elizabeth est une ancienne alcoolique. À présent, sa fille, Rosie a dix-sept ans et son comportement inquiète Elizabeth et James, son mari. Bientôt, ils la soupçonnent de se droguer...

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il montre jusqu'à quel point un être qu'on aime peut nous décevoir, jusqu'où on est obligé d'aller.. Si Elizabeth semble parfois trop molle face à Rosie, il est aisé de la comprendre. Elle se débat entre sa culpabilité (son passé contient de grosses erreurs), son besoin de croire qu'elle peut avoir confiance en sa fille, et le fait qu'elle se sous-estime. Rosie sait d'ailleurs où appuyer pour manipuler sa mère. D'un autre côté, l'adolescente n'est pas uniquement la pénible qui fait des esclandres pour rien et tente toutes sortes de drogues. Parfois, on entrevoit que sa duplicité la heurte, mais qu'elle ne se sent pas assez forte pour arrêter la machine infernale. Rosie met mal à l'aise, car elle va loin dans la dissimulation et la manipulation, mais on sent qu'elle est prise dans une tourmente qui la dépasse.
James semble plus dur, mais tout au long de la période des atermoiements d'Elizabeth, on sait que c'est lui qui a raison. Il veut prendre le taureau par les cornes, causer un mal pour un bien, réveiller Rosie.

À partir du moment où Elizabeth décide de se faire confiance, elle franchit une étape, et elle aussi va très loin. Elle fait des choses dont je ne l'aurais pas crue capable, surtout que Rosie se moque d'elle et tente de la tourner en ridicule concernant l'une d'elles. Pendant ce calvaire qu'endure la famille, Anne Lamott rappelle, par de petites phrases, de petits faits, que ses membres s'aiment profondément. C'est justement ce qui apporte une dimension tragique à cette histoire. Ils s'aiment, et ne peuvent s'empêcher de se faire mal. Leur complexité est très bien exposée. Si Rosie fait des choses qui paraissent extrêmes, on peut espérer, au long du roman, qu'elle se rendra pleinement compte de la portée de ses actes. Anne Lamott évoque également, par bribes, des personnes qui, apparemment, ne s'en sortiront jamais. Je pense notamment à l'anecdote du tampax...

Remarque annexe:
J'aime beaucoup la comparaison que fait James lorsqu'il veut décrire l'addiction. Il dit que c'est comme danser avec un gorille de quatre-cents kilos. Au départ, cela prête à rire, mais l'image est très parlante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susan Denaker pour les éditions Books on tape.

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samedi, 18 février 2017

*Parutions Audiolib, mars 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 22 mars.

La Bibliothécaire La bibliothécaire, de Gudule, lu par Thomas Solivéres, 3h20.
Tous les soirs, devant sa fenêtre, Guillaume attend la jeune fille de l'immeuble d'en face. Qui est-elle et que fait-elle, toute seule dans la nuit ? Un soir, il se décide à la suivre et découvre que cette frêle jeune fille... c'est Ida, l'ancienne bibliothécaire... âgée de 84 ans ! Incroyable... En rédigeant ses mémoires, la vieille dame a fait renaître la jeune Ida. Et c’est en partant à sa poursuite que Guillaume et ses compagnons vont commencer un voyage fabuleux et étonnant en plein coeur de livres…

Journal d'un dégonflé 1 - Carnet de bord de Greg Heffley Journal d'un dégonflé 1 - Carnet de bord de Greg Heffley, deJeff Kinney, lu par Fabien Briche, 2h24.
Greg a 12 ans, un grand frère musicien qui lui fait des blagues, un petit frère qui le colle, un copain qu'il supporte histoire de ne pas être seul, des problèmes avec les filles qui pouffent à longueur de journée, des parents qui ne comprennent jamais rien à ce qu'il demande... Un jour, sa mère lui offre un journal intime, que Greg rebaptise en carnet de bord (hors de question de faire un truc de fille et d’écrire « Cher journal » par-ci, « Cher journal » par-là). Au moins, quand il sera célèbre, il pourra distribuer son carnet aux journalistes, plutôt que de répondre à leurs questions idiotes ! Comment trouver sa place à l’école sans trop se faire remarquer ? Comment épater les filles ? Comment se faire respecter ? Greg nous livre ses secrets et ses pensées au fil de son année scolaire.

Soy Luna 1 - Un nouveau départ; Soy Luna 2 - Seconde chance Soy Luna 1 - Un nouveau départ; Soy Luna 2 - Seconde chance, licence Walt Disney, lu par Clara Quilichini, 2h58.
Moi, c’est Luna ! Depuis que j’ai emménagé à Buenos Aires, ma vie a complètement changé. J’ai découvert l’endroit le plus cool de la terre : la piste de mes rêves. Car oui, j’adore le patin ! Entre les séances d’entraînement pour préparer la prochaine compétition, et ma rencontre avec Nina et Matteo, ce garçon prétentieux qui n’arrête pas de m’embêter, je n’ai plus une minute à moi !

La Quête d'Ewilan 1 - D'un monde à l'autreLa Quête d'Ewilan 1 - D'un monde à l'autre, de Pierre Bottero, lu par Kelly Marot, 5h35.
La vie de Camille, adolescente surdouée, bascule quand elle pénètre accidentellement dans l’univers de Gwendalavir avec son ami Salim. Là, des créatures, les Ts’liches, la reconnaissent sous le nom d’Ewilan et tentent de la tuer. Originaire de ce monde, elle est l’unique héritière d’un don prodigieux, le Dessin, qui peut s’avérer une arme fatale dans la lutte de son peuple pour reconquérir pouvoir, liberté et dignité. Épaulée par le maître d’armes de l’empereur et un vieil érudit, Camille apprend à maîtriser son pouvoir...

Miss Peregrine et les enfants particuliersMiss Peregrine et les enfants particuliers, de Ransom Riggs, lu par Benjamin Jungers, 8h41.
Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Percy Jackson 1 - Le Voleur de foudrePercy Jackson 1 - Le voleur de foudre, de Rick Riordan, lu par Benjamin Bollen, 11h6.
Percy Jackson n’est pas un garçon comme les autres. Ado perturbé, renvoyé de pension, il découvre un jour le secret de sa naissance et de sa différence: son père, qu’il n’a jamais connu, n’est autre que Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Placé pour sa protection dans un camp de vacances pour enfants « sangs mêlés » (mi-humains, mi-divins), Percy se voit injustement accusé d’avoir volé l’éclair de Zeus. Afin d’éviter une guerre fratricide entre les dieux de l’Olympe, il va devoir repartir dans le monde des humains, retrouver l’éclair et démasquer le vrai coupable… au péril de sa vie.

La Belle et la Bête - Histoire éternelleLa Belle et la Bête - Histoire éternelle, de Jennifer Donnelly, lu par Manon Azem, 6h44.
Belle, emprisonnée dans le château de la Bête, trouve un peu de réconfort dans la vaste bibliothèque de son geôlier. Jusqu’au jour où elle découvre un livre pas comme les autres, dans lequel elle est aspirée…

L'Epreuve 1 - Le LabyrintheL'Epreuve 1 - Le Labyrinthe, de James Dashner, lu par Adrien Larmande, 8h59.
Quand Thomas reprend connaissance, sa mémoire est vide, seul son nom lui est familier… Il se retrouve entouré d’adolescents dans un lieu étrange, à l’ombre de murs infranchissables. Quatre portes gigantesques, qui se referment le soir, ouvrent sur un labyrinthe peuplé de monstres d’acier. Chaque nuit, le plan en est modifié. Thomas comprend qu’une terrible épreuve les attend tous. Comment s’échapper par le labyrinthe maudit sans risquer sa vie ? Si seulement il parvenait à exhumer les sombres secrets enfouis au plus profond de sa mémoire…

Les petites reinesLes petites reines, de Clémentine Beauvais, lu par Rachel Arditi, 6h15.
À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé: destination la fameuse garden-party de l’Élysée ! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres ! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. Vraiment en vie !

Jeux de miroirs Jeux de miroirs, d'Eugen Ovidiu Chirovici, lu par Vincent Schmitt, 7h31.
Peter Katz, agent littéraire, reçoit le manuscrit d'un ancien étudiant de Princeton qui relate ses années à l'université, son histoire d'amour avec une étudiante et leurs relations avec Joseph Wieder, spécialiste en psychologie cognitive. Ce dernier a été assassiné sans mobile apparent. Or, le roman contient des détails sur ce meurtre mais il est inachevé et son auteur vient de mourir. Peter Katz, puis John Keller, journaliste, et Roy Freeman, ancien policier, tentent d’élucider ce mystère.

Désorientale Désorientale, de Négar Djavadi, lu par Lila Tamazit, 11h3.
Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: lestribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde. Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

On regrettera plus tardOn regrettera plus tard, d'Agnès Ledig, lu par Mathieu Buscatto et Isabelle Miller, 7h2.
Le jour où Valentine ouvre sa porte à un inconnu qui tient un enfant malade dans ses bras, elle ne s'attend pas à voir sa vie bouleversée. Le jour où Eric quitte sa roulotte pour aller trouver de l'aide chez sa voisine, il ne pensait pas faire un pas en avant vers la guérison du deuil de sa femme. Un roman plein d'humanité, qui (re)donne le sourire et le goût de la vie.

Born to runBorn to run, de Bruce Springsteen, lu par Jacques Frantz, 19h21.
Freehold, New Jersey : Une enfance passée entre une grand-mère adulée, une mère qui n’avait d’yeux que pour le père, dépressif, parfois violent, qu’il n’a cessé d’aimer. La découverte du rock aux glorieuses heures des 60’s-70’s et le départ de ses parents conduisent Bruce, à 17 ans, à gagner sa vie tout seul en faisant des concerts, à s’imposer dans les petites salles, bars et campus du Jersey shore. Puis, le premier disque, les succès toujours fragiles, la ruine, la gloire, les amitiés fortes, la découverte de l’amour vrai et de la paternité. Son écriture se nourrit de sa vie, de celle des laissés pour compte de la crise industrielle, des victimes de la guerre du Vietnam mais aussi des espoirs d’une jeunesse qui veut changer le monde auxquelles il consacre ses plus belles chansons. Bruce Springsteen s’est, depuis 7 ans, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’honnêteté, l’humour et l’originalité qu’on retrouve dans ses chansons.

L'Ecrivain - Tahar Ben Jelloun - Entretien inédit par Jean-Luc HeesL'Ecrivain - Tahar Ben Jelloun, Entretien inédit par Jean-Luc Hees, 58 minutes.
Entre le Maroc et la France, Tahar Ben Jelloun a connu mille et un vies. Philosophe, poète, professeur, opposant politique, journaliste, psychothérapeute, écrivain, juré littéraire… Devenu auteur sans le vouloir, cette grande figure de la littérature nous raconte son parcours, ses engagements, les hasards qui l’ont menés au-devant de la scène littéraire. Depuis 1971, il a publié une cinquantaine d’oeuvres, dont Les amandiers sont morts de leurs blessures (recueil de poèmes qui lui a valu le prix de l’amitié franco-arabe en 1976), La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987), ou plus récemment Le Mariage de plaisir (Gallimard). Comment cet intellectuel multiculturel est-il arrivé à l’écriture ? Comment son parcours a-t-il façonné son oeuvre ? Quel regard porte-t-il sur la littérature ? Il aborde tout cela, et bien plus, au cours de ce passionnant entretien.

Opération Napoléons Opération Napoléon, d'Arnaldur Indridason, lu par Thierry Janssen, 10h8.
1945 : Un avion s’écrase dans le blizzard. Très vite, la glace du Vatnajökull l’engloutit. À l’intérieur, agents américains et officiers allemands ont compris. Ils vont mourir gelés, emportant avec eux l’un des plus lourds secrets du XXe siècle. Quand l’avion reparaît cinquante ans plus tard, il menace de faire de nouvelles victimes. Car le silence des morts s’achète parfois au prix de celui des vivants... Kristin, une avocate déterminée, se lance dans une enquête qui dévoilera des secrets historiques déconcertants.

Le Piège de la Belle au Bois dormantLe Piège de la Belle au Bois dormant, de Mary Higgins Clark et Alafair Burke, lu par Marcha Van Boven, 8h49.
La productrice de Suspicion, l’émission de télé-réalité spécialisée dans la reconstitution de cold cases, s’est laissée convaincre par Casey Carter, tout juste libérée de prison après une peine de quinze ans pour le meurtre de son fiancé, Hunter Raleigh. Si pour la presse et l’opinion publique Casey reste une criminelle, celle-ci continue de clamer son innocence, et Suspicion est sa seule chance de la prouver. Entre les nombreuses jalousies et rivalités que suscitaient les fiançailles de Casey et Hunter, héritier d’une des plus grandes fortunes américaines, etl’arrivée d’un jeune loup aux dents longues pour remplacer le précédent présentateur de Suspicion, l’enquête et l’émission de Laurie s’annoncent difficiles...

Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société, d'Idriss Aberkane, lu par Olivier Chauvel, 9h22.
Il existe des prodiges capables de calculer la racine soixante-treizième d'un nombre à cinq cents chiffres en moins de trois minutes. Ils ont pourtant le même cerveau que nous. Alors, comment font-ils, ceux qui pensent plus vite, qui se concentrent plus longtemps ou bien développent une mémoire phénoménale ? Ils utilisent leur cerveau de façon différente et harmonieuse, selon des principes « neuro-ergonomiques » : ainsi, de même que l'on pose des poignées sur des valises trop lourdes pour les soulever sans peine, on peut donner des poignées à nos objets mentaux pour les manipuler plus facilement. Dans cet ouvrage ambitieux, foisonnant d'exemples, Idriss Aberkane nous entraîne à la découverte de notre matière grise, nous révélant ses capacités et ses limites, ses points aveugles et ses ressorts inattendus.

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jeudi, 16 février 2017

Voici venir les rêveurs, d'Imbolo Mbue.

Voici venir les rêveurs

L'ouvrage:
Jende Jonga a réussi à quitter le Cameroun pour travailler en Amérique. Il espère pouvoir obtenir des papiers, travailler sérieusement, avoir une bonne situation, et être heureux avec sa femme (Neni) et leur fils (Liomi). Lorsqu'il parvient à décrocher l'emploi de chauffeur de Clark Edwards (banquier pour une entreprise de Wall Street), il pense que la chance lui sourit enfin.

Critique:
Ce livre rappelle, à travers tous ses personnages, que chacun voit les choses avec ses paramètres. Jende et Neni croient dur comme fer au rêve américain. Vince, qui y est né et que l'attitude de son père a aguerri, voit davantage ce qui sonne faux. Chacun a sa vérité, et aucune n'est fausse. Cindy m'a un peu agacée, parce que si je l'ai comprise, j'ai trouvé qu'elle ne savait que se lamenter. Certains de ses griefs sont justifiés, notamment le fait que Clark ne soit pas assez disponible pour ses enfants. D'autre part, on comprend son mal être lorsqu'elle se dévoile un peu à Neni. Certes, mais chacun a sa part de souffrance. Cindy reproche à Clark de ne pas s'occuper des enfants, mais c'est elle qui réagit le moins bien à la décision de Vince. Elle se montre généreuse avec Jende et Neni, mais elle peut également être absolument injuste consciemment.

Au début, on pourrait penser que cela va être cliché: les pauvres veulent une vie dorée, et les riches se paient le luxe d'être dépressifs. Seulement, ce n'est pas si simple. Vince, par exemple, n'est pas un jeune écervelé qui tourne en rond et se fiche de tous.

Certains évoluent d'une manière inattendue. Jende et Neni finissent par ne pas aller dans le même sens. Neni a une idée en tête et ne veut pas en démordre. Elle est tellement obnubilée par cela qu'elle envisage des solutions extrêmes, et en met même une en pratique. Je ne peux pas dire comment j'aurais réagi à sa place, mais son attitude m'a déplu. Elle ne parvient pas à voir la réalité en face. À un moment, Jende lui explique certaines choses, et elle ne veut pas les entendre. Elle tient à son raisonnement et ne veut pas en sortir. Jende fait un travail sur lui-même, rationalise, et veut saisir les bonnes choses qui peuvent l'être au lieu de courir après des chimères. Il faut avoir une grande force de caractère pour passer ce cap. En effet, si Neni m'exaspère, je comprends qu'elle ait du mal à accepter, qu'elle soit prête à sacrifier certaines choses. Seulement, elle ne sait même pas si ses sacrifices auraient des conséquences positives. À côté de cela, Fatou aimerait avoir l'opportunité qu'a son amie. Là encore, l'auteur montre que chacun réagit en fonction de son vécu et des circonstances. Pour Fatou, c'est une opportunité, une chance; pour Neni, c'est un malheur.

Clark évolue également. Il était sympathique, mais ensuite, il semble avoir tiré une leçon des épreuves vécues, et s'assouplit, revoit ses priorités.

Si l'histoire et la psychologie des personnages m'ont plu, j'ai également apprécié le décor. Imbolo Mbue décrit une ville où la vie n'est pas simple, elle parle du communautarisme, des préjugés (pas forcément méchants) que certains ont... Par exemple, Jende en a assez des personnes qui mélangent tous les pays d'Afrique, et pour qui le Cameroun, c'est comme le Sénégal. J'aime bien la manière dont il réplique, sur les conseils de son cousin Winston.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Je pense qu'il n'est pas facile de lire ce roman à voix haute en le jouant, mais sans le surjouer. Lorsque Jende et Neni s'emportent, par exemple, entre ce qu'ils disent et la manière dont ils le disent, il n'est pas simple d'être à la fois vivant et naturel. Julien Chatelet s'en sort très bien, à mon avis. De plus, il ne fait pas d'horribles voix (qui seraient peu crédibles) pour les rôles féminins. C'est un comédien que je retrouve avec plaisir sur les livres audio.

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